Culture & Démocratie

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Historique

Bernard Foccroulle

La genèse

En octobre 1993, à l’initiative de Bernard Foccroulle, quelques dizaines d’artistes et de responsables d’institutions culturelles – bruxellois, flamands et wallons – soucieux de redonner à l’art et à la culture une place centrale dans la société, fondent le collectif « Culture et Démocratie / Kunst en Democratie ». Cet élan d’enthousiasme est le résultat d’une inquiétude partagée quant à l’avenir de la culture (son financement) et à la fragilité du tissu démocratique dans notre pays. Le groupe porteur, composé de bénévoles et sans structure permanente, communique à la presse, en septembre 1993, un Manifeste fondateur en cinq points auquel se rallieront quelque deux cents signataires issus des milieux culturels, sociaux et politiques.

Les fondements

Dans son Manifeste (PDF), « Culture et Démocratie / Kunst en Democratie » affirme avec force l’importance des arts et de la culture pour le développement d’une société considérée comme exclusivement préoccupée des aspects matériels du bien-être. Elle s’inquiète d’une recrudescence de l’intolérance et du racisme ainsi que d’autres formes d’exclusion.

Ses principales revendications sont alors :

  • L’augmentation du volume global du financement public de la culture;
  • La revalorisation du rôle des villes et communes en matière de décision «culturelle»;
  • La sensibilisation aux différentes formes d’expression artistique dans les programmes de l’enseignement (du maternel au supérieur);
  • L’émergence de collaborations concrètes entre les communautés linguistiques (ce qui implique la fin des blocages politiques et institutionnels);
  • Le rappel de ce que les activités artistiques sont créatrices d’emplois et contribuent à un meilleur environnement social et économique.

Une association

Le 28 janvier 1994, réuni au Théâtre National, le collectif se constitue en association et se dote de statuts. Il élit un conseil d’administration sous la présidence d’Eliane De Wilde, directrice des Musées royaux des Beaux-Arts1 et constitue un Bureau. Des réunions d’information publiques se tiennent successivement à Anvers, Bruxelles et La Louvière. Elles initient une campagne de sensibilisation à propos des dépenses culturelles des villes et communes qui se poursuit jusqu’aux élections communales d’octobre 1994. Ces revendications, ainsi que des actions symboliquement fortes, notamment un soutien déterminé aux assiégés de Sarajevo (concert de solidarité à La Monnaie le 9 mars 1994) attirent l’attention du grand public.

Développement, professionnalisation, autonomie

De 1996 à 2000, l’association collabore activement à l’organisation de la campagne Art 23 (art et émancipation sociale) de la Fondation Roi Baudouin. Celle-ci lui permet d’engager deux permanents (un néerlandophone, une francophone2), ce qui lui donne la possibilité de développer de nouveaux projets. De nouvelles actions sont lancées… mais le soutien de la Fondation n’est accordé qu’à titre ponctuel. De ce fait, et vu l’impasse due aux blocages politiques et institutionnels qui persistent, l’association est amenée, en 1998, à se scinder en deux structures linguistiquement séparées. La décision, prise à regret, s’avère d’un intérêt stratégique, des financements publics étant désormais accessibles. La professionnalisation des associations est désormais assurée. Kunst en Democratie en bénéficie rapidement, Culture et Démocratie un peu plus tard. Cependant, en 2010, Kunst en Democratie change de nom, devenant Dēmos. L’asbl « coupole », jusque-là maintenue, est dissoute la même année. Des liens étroits sont cependant maintenus.

Ainsi, si Culture et Démocratie est active depuis 1993, c’est en 1998 qu’elle se constitue en tant qu’asbl autonome pour la partie francophone du pays. En 2000, après un dialogue constructif avec Rudy Demotte, alors ministre de la Culture de la Communauté française, l’association obtient un subside interdisciplinaire et peut engager une coordinatrice, laquelle convainc la Fondation CERA de soutenir certains de ses projets. Ce soutien ponctuel permet l’engagement d’une deuxième personne. L’association bénéficie dès lors d’une meilleure liberté d’action et les projets se diversifient. Le réseau s’élargit (via la diffusion d’un journal et d’une lettre électronique, la création d’un site Internet, l’organisation de débats et de conférences, une visibilité dans la presse). Ces actions justifient un soutien accru de la Communauté française tandis que via la question de l’accès à la culture pour tous, la Fondation CERA souhaite que dans les activités développées par l’association soit accordée une attention particulière aux publics marginalisés. Dans ce même esprit, en 2004 et 2007 et conjointement avec Kunst en Democratie, l’association reçoit des ministres fédéraux de l’Intégration sociale (une idée de Johan Vande Lanotte, mise en application par Marie Arena, puis par Christian Dupont) une mission d’évaluation quant à l’utilisation du subside octroyé pour l’épanouissement culturel (et sportif) de leurs usagers à tous les CPAS du pays.

Les défis de l’éducation permanente

Reconnue pleinement comme association d’Éducation permanente en 2010 (après deux années de convention), Culture & Démocratie en reçoit l’essentiel de ses moyens financiers dont l’octroi est conditionné à un cahier des charges exigeant.

Des axes ou des chantiers, des actions et des productions

Culture & Démocratie se conçoit comme un lieu de réflexion et d’action, de débat et d’information. Une de ses postures a été de ne pas initier de projets sur le terrain. Les actions menées par Culture & Démocratie se structurent autour de divers axes apparaissant comme prioritaires : culture et enseignement / culture et citoyenneté / politiques culturelles / interculturalité / culture et solidarité / art et prison / art et santé / sensibilisation et formation à la culture des futurs travailleurs sociaux.

Un réseau très ouvert, un espace de débat

Le public de l’association est essentiellement composé d’acteurs culturels, d’enseignants, d’étudiants, de travailleurs sociaux, d’animateurs socioculturels, d’artistes, de décideurs politiques, de fonctionnaires des administrations publiques… Sans exclusive.