Culture & Démocratie

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Carte Blanche

Les droits culturels, base d’une culture des droits humains

Quel imaginaire les « Droits de l’Homme » véhiculent-ils aujourd’hui ? Comment ce référentiel politique et culturel résonne-t-il dans nos existences ? Qu’en est-il de cet anniversaire ? Rappel autosatisfait d’un texte capital qui énumère les droits universels de tous et de toutes ou, au contraire, l’occasion d’un questionnement vigilant sur l’effectivité de ces droits aujourd’hui ?

Ces droits dits universels ne sont-ils pas devenus implicitement, une manière d’établir une frontière entre eux et nous ? Nous, qui avons ratifié la Déclaration universelle, qui aurions la charge d’y veiller et qui serions en ordre ; contrairement à eux, les autres, chez qui ces droits sont bafoués, les libertés fondamentales, les droits sociaux et culturels attaqués et la démocratie déniée.

Des déviants identifiables
Certes, les atteintes aux droits humains sont légion dans nombre d’États qui poursuivent, au mépris de la démocratie, les opposant.es politiques, les intellectuel.les, les journalistes et les artistes. Les atteintes sont nombreuses, aussi, dans le champ économique et social, là où corruption massive et confiscation de la richesse nationale sont à l’œuvre. Il nous est facile de stigmatiser ces gouvernements ouvertement ou insidieusement autoritaires, d’organiser un cordon sanitaire contre tel mouvement mobilisant une idéologie dangereuse et de sanctionner tel pays qui recule sur des principes intangibles à nos yeux.

Les droits humains repris dans la Déclaration de 1948 définissent « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelle et effective ».

Des signes d’alerte
Est-ce bien, aujourd’hui, le fondement des politiques mises en œuvre par notre gouvernement et par l’Europe ? Les signes se multiplient pour nous assurer du contraire et nous alerter. L’inégale répartition des richesses ; la pauvreté croissante – plus de deux mille personnes à la rue à Bruxelles ! ; les nouvelles aliénations dans l’univers du travail – perte de sens, pressions, épuisements ; l’action des institutions publiques de plus en plus soumise à une économie mondiale débridée, aux dépens de la protection et de l’intérêt des populations ; l’indigence de notre politique migratoire ; les discriminations liées au genre ou à l’origine ; le peu de volonté et de courage politiques déployés pour corriger ces déséquilibres sont autant de signes d’un écart croissant par rapport au respect de la Déclaration universelle des droits humains.

Plus grave, ce glissement observable dans nos pays « donneurs de leçon » encourage les initiatives « décomplexées » ici et ailleurs.

Un devoir de lutte et de résistance
En cette année anniversaire, nous rappelons que, y compris dans les sociétés occidentales qui se targuent de les observer, ces droits universels formulent pour toutes et tous, où qu’ils soient, les conditions d’une vie digne. Ils sont donc, plus que jamais, un outil puissant de lutte et de résistance.

Les droits culturels, consacrés à l’article 27 de la Déclaration universelle, parents pauvres des droits humains, souvent oubliés, sont pourtant essentiels. Ils garantissent l’accès à l’éducation et la participation à la diversité des vies culturelles. Ils appellent à un travail sur les significations et sur les imaginaires. Ils postulent une ouverture à la diversité culturelle, une protection et un enrichissement de cette diversité culturelle et du patrimoine commun. Ils sont le socle de la dignité due à tous les êtres humains, la base d’une culture des droits humains.

Agissons, là où nous sommes, pour promouvoir une culture des libertés et des droits fondamentaux. Ce qui a rendu la formulation des droits universels indispensable en 1948 – l’horreur du nazisme et de la guerre – semble se répéter : la guerre est là – en Syrie, au Yémen, en Afghanistan, au Nigeria… –, les replis nationalistes se multiplient, la violence se banalise et se systématise.

Les fondements de notre culture
Puisque les Droits humains constituent un des fondements intangibles de notre culture politique, nous pouvons et nous devons nous opposer à la Loi quand la Loi ou l’action gouvernementale les bafoue. Nous pouvons nous en saisir pour forcer l’avènement d’une société équitable et respectueuse de toutes et de tous.

Célébrer, c’est bien. Agir et lutter, c’est mieux.

-> Carte blanche diffusée sur le Soir +