Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°45 - 08/06/2010

Editorial

 

Ah, la campagne !

Ah la campagne ! Riante pour le promeneur aux premiers jours de l’été ! Un peu moins pour le producteur de lait et pas drôle du tout quand elle est électorale et imposée.
Beaucoup iront au bureau de vote avec des pieds de plomb. Certains envisagent ou prônent carrément l’abstention, mettant ainsi en cause (en question?) un droit démocratique conquis de haute lutte par les générations qui nous ont précédés.

Il est vrai que l'on ne se sent pas toujours "en démocratie", et que des décisions sont prises en contradiction flagrante avec l'opinion publique, sans débat parlementaire. C'est le cas pour l'envoi de militaires et de F16 en Afghanistan ! Que notre pays soit membre de l'OTAN interdirait-il l'exercice démocratique ? Que penser de l'attitude de notre représentant qui, lors du vote à l'ONU, s'abstient à propos de la nécessité d'une commission d'enquête internationale sur l'arraisonnement violent de bateaux voulant forcer le blocus de Gaza !

La démocratie doit se vivre ! Nous en sommes responsables ! Voter ne suffit évidemment pas. Les élus, souvent trop bien installés dans leurs certitudes, ont des comptes à rendre.

Le retour aux urnes est décidé et les politiques font face même si, pour la plupart, ils ne l'ont pas souhaité. Tout sourire sur les affiches, sérieux et responsables par ailleurs, ils - ou elles – sont parfois bien mal à l’aise devant les médias à l’affût de la « petite phrase » qui fera mousser l’information, où le communautaire garde la vedette. Le vrai problème est ailleurs ! Et ils – ou elles - se préparent à devoir choisir entre la rigueur et l’austérité - entre la peste et le choléra - pour retrouver l’insaisissable équilibre mis à mal par les apprentis-sorciers et les pirates de la finance.

Il faudra, disent-ils en chœur, redynamiser l'économie, dégager des priorités ! Celles-ci serviront-elles l'intérêt général ? Est-il permis de rêver à l'indispensable entretien des établissements scolaires, à des logements sociaux en suffisance, à la renaissance d'une SNCB en voie de parfaite décomposition ? À l'engagement d'éducateurs de rue, d'enseignants motivés, d'infirmières et d'infirmiers, de puéricultrices, de gardiens de prison et de quelques policiers bien sûr, mais aussi de nombreux jardiniers pour rendre la ville plus belle… Dans les feuillets électoraux glissés dans nos boîtes aux lettres, où sont les projets attentifs au cadre de vie, à la qualité de la vie, au vivre ensemble, à une éducation repensée, plus active, ouverte aux questions de société, et qui donne plus de place à l'art et à la culture. Pari impossible ? Parmi les douze finalistes du Concours Reine Elisabeth, il y avait six Coréens. Cela s'explique : en Corée, la musique est enseignée à l'école…

Mais enfin, ces questions-là ne sont pas du ressort du « fédéral » : la Belgique est régionalisée ! C’est vrai, et il n’en a rien à faire, le fédéral, de l’épanouissement de la personne !

J'irai quand même voter !

Georges Vercheval

Vice-président de Culture et Démocratie

 

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

Culture et Démocratie

 

Offre d'emploi :

 

L'asbl Culture et Démocratie (www.cultureetdemocratie.be) est à la recherche d'un(e) chargé(e) de coordination (CDI - temps plein – conditions ACS requises) pour gérer, en binôme avec l’autre membre de l’équipe, ses activités.

Description de la fonction :
Animation, coordination, travail en réseau, administration, communication, gestion.

- Gestion des activités :

Collaborer, avec l’équipe, les membres du bureau de l’asbl et le Conseil d'Administration, à la réalisation du projet global de l'association, à son évaluation et aux éventuelles remises en question suscitées par l'évolution de la société.
Elaborer les projets de l’association dans le cadre de son programme d’Education permanente (axe 3.1. du Décret Education permanente du 17 juillet 2003).
Assurer la mise en place et l’évaluation des activités de l’association, en collaboration avec l’équipe et les membres du bureau de l’asbl : organisation de rencontres, débats, colloques, séminaires, animation de groupes de travail, réalisation des publications, développement des outils de communication, etc.
Assurer la représentation extérieure de l’asbl.

- Gestion administrative et financière :

Assurer le suivi financier et comptable de l’asbl.
Assurer le suivi des dossiers administratifs et financiers, notamment la justification des subventions. Rechercher des financements.
Participer aux tâches administratives : mise à jour de bases de données, suivi du courrier…

Profil :

- Diplômé(e) en sciences sociales, sciences humaines ou communication (diplôme de l’enseignement supérieur ou universitaire) ou expérience dans un emploi similaire.
- Connaissances, intérêt, implication pour les thèmes abordés par l’association.
- Capacité à organiser son travail et à gérer les échéances.
- Sens de l'initiative et des responsabilités.
- Compétences rédactionnelles, excellente orthographe.
- Esprit d’équipe et sens de la collaboration.
- Aisance en communication.
- Bonne connaissance du paysage socioculturel et artistique en Communauté française et du secteur de l’Education permanente.
- Dynamisme, pro activité et polyvalence.
- Expérience de gestion et de coordination d’une asbl (notamment la gestion comptable et financière).
- Connaissance des logiciels informatiques courants.
- Une bonne maîtrise du français et la connaissance d'une ou de plusieurs autres langues est un atout !

Nous proposons :

- Un contrat à durée indéterminée à temps plein (statut ACS).
- Une fonction à responsabilité avec possibilité de développement personnel.
- Salaire : échelon 4.2 de la commission paritaire 329.02 (double pécule de vacances et chèques repas).
- Entrée en fonction le 1er octobre 2010.

Conditions ACS requises !

Procédure d’engagement :

Envoi de la candidature (lettre de motivation et CV) par courrier (70 Rue Emile Féron 1060 Bruxelles) ou par courriel (info@cultureetdemocratie.be) pour le 30/06/2010 au plus tard. Renseignements : 02 502 12 15.
Les candidat(e)s retenu(e)s seront invité(e)s à un entretien vers la mi-août 2010.

 

 

L'Agenda :

 

"Un enseignement en culture. De l'utopie à la réalité." Suite des tables-rondes.

 

Utopie ou réalité, Culture et Démocratie défend le projet d’un "enseignement en culture". Dans le prolongement du colloque « La culture au cœur de l’enseignement, un vrai défi démocratique », l'asbl organise des tables-rondes. Deux d’entre elles ont eu lieu ce printemps. Les autres se tiendront en automne 2010 et en 2011 dans divers lieux de la Communauté française. Leur objectif est d'approfondir la réflexion et le débat sur l’articulation culture/enseignement et d’aboutir, avec tous les participants, à des propositions concrètes. Au terme de ces rencontres, Culture et Démocratie présentera des propositions pour un nouveau contrat culturel pour l’enseignement.

 

- Programme de la troisième table-ronde :

 

La formation culturelle et artistique dans l’enseignement supérieur

Inscrire la formation artistique et culturelle dans la formation des enseignants devrait, avant tout, leur permettre de vivre cette expérience pour eux-mêmes, afin qu’ils en ressentent très intimement les avantages et les bienfaits. Cette formation devrait leur offrir la capacité de faire le lien entre ces activités artistiques et les enseignements qu’ils assurent. Elle devrait leur fournir une maîtrise de la conduite de projets en partenariat.

J.G. Carasso, Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?, Editions de l’attribut, Mercues, 2005, p.80-81

 

Etat des lieux à propos de la place de la culture dans l’enseignement supérieur.
Partages d’expériences et de pratiques, débat et propositions concrètes dans la perspective de la réforme de la formation des enseignants du fondamental.

Intervenants pressentis : un représentant de l’enseignement supérieur pédagogique, un représentant de l’enseignement universitaire, un représentant de l’enseignement artistique, Frédéric Janus (Haute Ecole de Namur – Catégorie sociale).
Date/lieu : 4 octobre 2010, Louvain-la-Neuve (à confirmer)


- Programme de la quatrième table-ronde :

 

La formation à la grammaire de l’image dans les cursus de formation obligatoire.

Teach europeans at a young age, in school, about Europe and about cinéma, about its own language and heritage of images, so they learn better how to see and differentiate. They are in a more educated position to understand and digest and cherish…/… with Sweden having the european leadership right now, we feel it ‘s a very good moment to bring this request to the attention of our goverments : establish the audiovisual language and grammar as an intégral part of the school curriculum and as e medium of communication

Wim Wenders, European culture forum, Bruxelles, septembre 2009.

 

Etat des lieux, inventaire des pratiques, rapports d’expériences. Ouvertures et impasses.
Quelle formation à l’image, pour qui, par quels intervenants et avec quelles compétences ?

Intervenants pressentis: un représentant des Grignoux pour le projet « Ecran large sur tableau noir », un membre du Conseil Supérieur de l’Education aux Médias, Vincent Cartuyvels (historien de l’art et directeur de l’Ecole Supérieure Le 75), Marc-Emmanuel Melon (chargé de cours - Département des Arts et sciences de la communication – Ulg)
Date/lieu : 25 octobre 2010, Les Grignoux (à confirmer)

 

- Programme de la cinquième table-ronde :

 

La formation des médiateurs culturels et des artistes intervenants

Remontant aux années 80 dans son utilisation au sein du musée, le terme médiation peut être étudié comme un symptôme, à la fois, de l’évolution de la société et de celle de l’institution. Les médiateurs ne se résument plus aux seuls éducateurs de profession, qui auraient pour rôle de rendre compréhensible un ensemble, non communicant par essence, à un public sans clefs d’appréhension de cet ensemble. L’institution musée représente une source ambiguë d’expériences multiples, d’éducation tout au long de la vie, dont les dynamiques varient considérablement selon les conditions de la visite. La formation des médiateurs représente donc un aspect crucial de cette aide au développement de la personne.

Marie-Clarté O’Neill, adjointe de la directrice des études de l’Institut National du Patrimoine (INP ), chargée de la formation initiale des conservateurs, chargée d’enseignement en médiation à l’École du Louvre

 

Qu’est-ce que la médiation culturelle ? Qu’est-ce qu’un artiste intervenant ? Quels objectifs ? Quelle formation pour ces professionnels ?
Quelle place dans l’enseignement obligatoire pour les artistes professionnels ?
Ouvertures et impasses actuelles.

Intervenants pressentis: Centre de Formation des Musiciens intervenants de Lille 3, Coordinatrice du Réseau européen des services éducatifs des Opéras : parler des spécificités et diversité des tendances en Europe, Fernand Colin (Musées Société en Wallonie)
Date/lieu : 29 novembre 2010, Mons (à confirmer)

Plus d’informations :

Culture et Démocratie asbl – 0032 2 502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be -
www.cultureetdemocratie.be/fr

 

Les productions

 

Le Journal de Culture et Démocratie n°21, spécial Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.


Après deux numéros spéciaux consacrés au droit à l’épanouissement culturel, le Journal de Culture et Démocratie revient avec comme thème central la lutte contre la pauvreté et l‘exclusion sociale, en écho (critique) à l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pour inspirer – peut-être – la présidence belge… Découvrez-le - déjà! - dans sa version électronique.

Parallèlement, nous vous invitons à découvrir le mémorandum du Service de lutte contre la pauvreté à l’adresse du monde politique, en vue des élections toutes proches…

 

"Neuf Essentiels pour déconstruire le choc des civilisations", neuf notices bibliographiques rédigées, rassemblées et introduites par Roland de Bodt.

 

« Neufs essentiels pour » est une initiative éditoriale de l'asbl Culture et Démocratie qui consiste en la compilation, introduite et commentée, de neuf notices bibliographiques concernant des ouvrages incontournables pour qui veut s'informer sur un sujet d'actualité qui touche à la culture et/ou à la démocratie.

En collaboration avec le projet Rives d’Europe, Culture et Démocratie vous propose « Neuf essentiels pour déconstruire le choc des civilisations ». Cet ouvrage contribue à rendre plus accessible aux citoyens, aux étudiants, aux pédagogues, aux artistes, aux animateurs, aux travailleurs sociaux, aux chercheurs, aux journalistes, aux mandataires politiques, aux administrateurs publics, aux agents des services de proximité, … et à tous ceux qui s’y intéresseront, un des plus importants débats culturels de notre XXIe siècle. Celui qui revendique avec urgence, pour le dialogue démocratique et pour la culture de la paix : la reconnaissance de la place des cultures d’expression arabe et des cultures d’expression juive dans la formation culturelle de l’Europe.

La publication sera prochainement en vente, consultez-la dès maintenant en version "écran" !

 

Coups de cœur / Opinion

 

Coups de coeur

Le Gsara asbl

Né avec l'apparition de la vidéo en Belgique dans les années septante, le GSARA asbl poursuit les idéaux de ses fondateurs en intervenant dans le champ de l'action sociale, en défendant des valeurs progressistes et en proposant une réflexion constamment questionnée sur l’image et ses représentations. Il a pour vocation, par le biais de l'audiovisuel et des technologies de la communication, d'agir en vue d'une plus grande participation citoyenne aux enjeux politiques, sociaux, économiques et culturels de la société civile. Reconnu comme mouvement d’éducation permanente, il a pour mission principale d’entretenir une réflexion sur l'image et les médias, l'éthique et les représentations qu'ils génèrent.

Structuré en quatre entités fédérées (Bruxelles, Liège, le Hainaut et l’Axe central) et tenant compte de l'évolution des médias et de ses implications sur les citoyens, le GSARA asbl s'est donné les finalités suivantes:

- Effectuer un travail de proximité autour des 4 thématiques d’action -l’éducation aux et par les médias ; la collecte de la mémoire ; le développement du dialogue interculturel ; le développement d’une démocratie et d’une citoyenneté active - en faisant connaître les moyens audiovisuels, en partageant les connaissances et les méthodes, en proposant des programmes d’animation et de formation aux outils de la vidéo, de la radio, de la photo et de l’informatique.

- Organiser des festivals tels que « Filmer à tout prix » à Bruxelles.

- Réaliser, produire et coproduire des films à caractère pédagogique, éducatif, social et politique en partenariat avec le monde associatif, culturel et social ainsi que des films documentaires de création.

- Fournir différents services favorisant le développement de notre projet pédagogique par le prêt, l’installation et la mise à disposition de matériel auprès d’autres structures associatives nécessitant notre soutien. Assurer la diffusion des différents produits réalisés par notre mouvement.

- Soutenir, via son Atelier de Production, des documentaristes professionnels ou amateurs soucieux de faire partager un regard sur le monde et de nouvelles formes d’écriturescinématographiques.

- Développer des grandes campagnes d’information et de communication afin de sensibiliser le grand public aux sujets de société qui nous préoccupent.

Infos :

info@gsara.be
http://www.gsara.be/spip.php

 

Prix des Musées / Museum Prijs

Ces prix, organisés à l’initiative de l’OKV – Openbare Kunstbezit Vlaanderen et avec le mécénat du Cabinet d’avocats Linklaters, sont décernés pour la 5ème année consécutive !

Après la « nomination », par un jury de plusieurs centaines de personnes, de cinq musées dans chacune des régions du pays - Vlaanderen, Wallonie et Bruxelles-Brussel - un jury final désigne les lauréats : un musée par région. Il est à remarquer qu’au-delà des qualités intrinsèques à tout musée, ce jury attache une attention particulière à « l’accessibilité » : accueil, services éducatifs performants, attention accrue pour les malentendants, malvoyants, handicapés, publics fragilisés.

La proclamation des lauréats 2010 s’est tenue le 1er juin au Musée Belvue, un des musées lauréats de 2009. Des prix du public et prix des enfants sont également attribués.


Les lauréats 2010 :

- CINEMATEK, Bruxelles. La Cinémathèque royale de Belgique est l’un des secrets les mieux gardés de Belgique… Fondée par Jacques Ledoux en 1938, elle rassemble une très importante collection de films et réunit de nombreux éléments ayant trait à l’art cinématographique. Aujourd’hui, la Cinémathèque figure dans le « top mondial » absolu avec plus de 60 000 films différents, 54 000 ouvrages et éditions périodiques, 25 000 affiches et des millions de coupures de presse. CINEMATEK est le nouveau nom qui a lui a été « affectueusement » donné !
Il est à remarquer que le prix couronne davantage la cinémathèque pour sa collection de films et son intense activité, que le musée du cinéma (matériel ancien et précurseur) qui lui est associé. www.cinematek.be

- In Flanders Fields Museum, Ieper. Vous vous plongez dans l’ambiance de la « Grande Guerre » de 1914-1918 dans une ville qui en a tellement souffert. Ce musée interactif vous donne l’impression de participer vous-même à l’Histoire, en tant que soldat, infirmière, habitant d’Ypres… Vous découvrez de vos propres yeux et oreilles les ravages subis par toute une région, l’horreur de la guerre : des combats et des tueries inutiles pour quelques mètres de sol. Le musée évoque toutefois aussi l’espoir et la reconstruction de cette ville détruite que fut Ypres. La succession intense d’objets historiques, de textes, d’évocations sonores et lumineuses, de documentaires, de maquettes … suscite beaucoup d’émotion. www.inflandersfields.be

- Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, Lessines. L’hôpital Notre-Dame à la Rose, fondé en 1242, est un endroit unique. Il se distingue non seulement par son extraordinaire beauté, mais aussi pour sa grande valeur artistique, architecturale, médicale et sociale. Remarquablement bien conservé, il bénéficie d’une restauration intelligente. A côté de l’établissement se trouvent un jardin de cloître, une chapelle et une infirmerie, une ferme et un jardin peuplé de plantes médicinales, un cimetière et une glacière. Une grande partie des meubles, des archives, des œuvres d’art et des collections d’instruments médicaux, conservées grâce à la présence des religieuses qui ont soigné les malades pendant sept siècles, jusqu’en 1980, ont été sauvées par une équipe de passionnés, historiens de l’art et de scientifiques et sont aujourd’hui exposées au public. www.notredamealarose.com

Prix du Public :

- Musée de la Banque Nationale de Belgique, Bruxelles. La Banque Nationale abrite un musée depuis 1982. Entièrement rénové en 2002, sa surface d’exposition a pratiquement été doublée. Le thème central est « la monnaie ». Au fil des 15 salles, la présentation se veut à la fois interactive et éducative. Mais ceci ne constitue que la partie la plus visible de l’offre éducative proposée par la Banque Nationale. Le musée de la Banque permet de se familiariser avec l’histoire des moyens de paiement, le rôle et l’importance de l’argent dans l’économie, les tâches et activités de la Banque Nationale dans le nouveau cadre européen, les caractéristiques des billets en euros et finalement la monnaie comme phénomène culturel. www.nbbmuseum.be

- Le Musée en plein air Bokrijk, Genk. Le Domaine de Bokrijk, ce sont 550 hectares de sensations pures. Les bois sont l’endroit rêvé pour jouer, se promener et vivre des aventures en plein air. Mais il y a plus... beaucoup plus. Le Musée en plein air compte trois villages qui représentent chacun une région : la Hesbaye, la Campine et la Flandre orientale et occidentale. Chacune a sa personnalité, son angle d’approche, ses expériences et ses activités. Les jeunes pourront découvrir comment leurs ancêtres vivaient, où ils habitaient, ce qu’ils faisaient, quels étaient leurs rapports avec les animaux, comment ils se déplaçaient, etc... www.bokrijk.be

- Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, Lessines. Le public a plébiscité ce musée qui, déjà lauréat du Prix, réalise ainsi un « doublé » !

Prix des enfants :

- Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire, Bruxelles. A l'occasion de l'Exposition Universelle de 1910, un jeune officier, Louis Leconte, rassemble une collection de quelque neuf cents objets destinés à illustrer le passé militaire de la Belgique. Devant le succès remporté par cette exposition, les autorités décident de conserver la collection, de l'exposer dans les locaux délaissés par l'Ecole Militaire à l'Abbaye de la Cambre et de la confier à Louis Leconte. Ainsi naît le Musée de l'Armée. www.klm-mra.be

- Le Musée en plein air Bokrijk, Genk. Les enfants ont choisi ce musée, tout comme le public adulte. Ce n’est sans doute pas un hasard.

- Musée de Groesbeek-De Croix, Namur. Ancien hôtel de maître du XVIIIe siècle qui porte le nom de ses anciens propriétaires. On y trouve l'atmosphère d'une demeure aristocratique du siècle des Lumières. La décoration intérieure s'intègre à l'architecture et les collections rassemblées mettent en valeur les arts, les artistes et les artisans qui firent autrefois honneur aux Namurois. Mobilier, argenterie, faïences, porcelaines, verres, cristaux, peintures et sculptures. Un jardin d'inspiration baroque apporte une note de verdure à l'harmonie de l'ensemble. www.ville.namur.be

 

Cédric Gerbehaye au Botanique

Cédric Gerbehaye est un jeune photographe. Plus précisément un journaliste qui se sert de son appareil photographique pour parler du monde. Sans la contrainte des impératifs rédactionnels. Après le Moyen-Orient il y a quelque temps (Irak, Turquie, Liban, Palestine, Israël), il s’intéresse désormais au Congo où il a passé de longs mois dans des conditions difficiles. Son exposition Congo in Limbo – le Congo dans les limbes… - est visible en ce moment au Botanique, rue Royale à Bruxelles. Ses images questionnent tant la réalité sociale que les conflits armés qui se perpétuent, déstabilisent le pays et, surtout, occasionnent de terribles souffrances à la population civile. Pour autant, il ne se considère pas comme un photographe de guerre !

C.G. : « Je n'aime pas cette image. J'ai photographié la guerre mais je m'intéresse à la culture populaire, à la musique, à la boxe, au catch, toutes choses bien vivantes à Kinshasa. Le fleuve Congo me passionne parce qu'il relie deux grandes régions, les deux limbes du pays, l'est et l'ouest, le swahili et le lingala. Je m'intéresse à la gestion des ressources naturelles, au secteur minier avec les mines d'or de l'Ituri, à celles du Katanga, à ce Congo plus riche, tourné vers l'Afrique australe où part le minerai, et qui est celui où il y a le plus de Belges après Kinshasa. J'ai aussi travaillé là où MSF accueille 140 enfants soldats sortant de la brousse, des gamins de 10 à 17 ans venant de diverses milices et factions… ». « Avant d'être un photographe, je suis un être humain. Que je photographie un général, un soldat, un humanitaire, une personne qui souffre, un enfant-soldat, je le fais de la même manière. Je m'intéresse à la personne pour ce qu'elle "est" » . Si, de cette manière, Cédric Gerbehaye constitue des « archives » à propos du Congo, en travaillant sur le long terme (7 séjours en RDC, déjà), il n’a pas pour autant la prétention de présenter un travail complet sur le sujet… Il lui faudrait pour cela, dit-il, cinq ou dix ans encore !

A voir au Botanique du 10 juin au 8 aout 2010.

Plus d’infos : www.congoinlimbo.com ou http://www.botanique.be/cgi?usr=44vt78sefb&lg=fr&pag=877&tab

(Remarque : le magazine de photographie VIEW, à paraître dans les prochain jours, publie les images de Cédric Gerbehaye, en même temps que d’autres reportages, en Afrique notamment, et qu’un dossier sur le thème important de « L’eau » à travers le monde).

À signaler, au Botanique également et dans le même temps, l’exposition de Jessica Hilltout à propos des enfants qui, à travers toute l’Afrique, rêvent d’une autre vie, à travers le mythe du football. D’actualité !

Et puis encore, au Musée Belvue, 7, Place des Palais, Bruxelles, du 10 juin au 12 septembre, l’exposition du collectif de photographes Nadaar sur le thème « Facing Brussels » ! (Nadaar : Eric De Mildt, Tim Dirven, Nick Hannes, Jan Locus, Dieter elemans, Loïc Delvaux, Marine Dricot, Philippe Herbet, Jimmy Kets, Wim Knapen, Alain Schroeder)

 

Opinion - Spéciale élections

Réformer notre culture(s) de la solidarité

Alors ? Dimanche, nous allons voter ! De part et d’autre de la frontière linguistique, les démocrates s’interrogent : ces élections de quoi sont-elles le signe ? Vont-elles sonner le glas de la nation ? rompre définitivement la solidarité entre flamands et francophones ? prononcer d’un geste l’éclatement du pays ? Peut-être !

Alors, ces élections prennent une saveur improbable ; pour l’avenir de la Belgique, elles se révèleraient « historiques » : jour de deuil national ? jour de fête des communautés ? C’est selon l’humeur de chacun ! Tous ont le sentiment que le temple de la nation chavire sur ses bases. Certains y croient. D’autres le souhaitent. Beaucoup se méfient. La plupart sont perdus et se fâchent : c’est à n’y rien comprendre ! Et au moment où plus rien ne semble fiable, on s’égare d’illusions, on court aux mirages qui dansent à l’horizon et on se réveille en sueur pour échapper aux spectres qui surgissent insaisissables dans la brume du petit matin (1). Devant les catastrophes qui s’annoncent, chacun ressent intimement combien la politique est impuissante à nommer la réalité. C’est là aussi notre condition présente. Tous les nationalismes – qu’ils soient belge, flamand, français, germanique, wallon, bruxellois –, tous les raidissements enflammés sur la question de l’identité nationale ne sont que les signes de notre impuissance politique, c'est-à-dire qu’ils sont les manifestations de notre incapacité citoyenne à faire face aux réalités et aux violences auxquelles nous sommes soumis, à présent. La gestion de la cité ressemble à un théâtre d’ombres, un jeu de miroirs où le reflet est vendu pour la chose même ! Vanités des apparences ! C’est regarder la houle sans considérer l’économie des profondeurs ! Et défaire la Belgique qu’est-ce que cela changera à l’essentiel de nos vies ?

L’économie mondiale en deviendrait-elle plus humaine ? Le sacrifice des êtres humains, l’épuisement des ressources naturelles, la destruction des conditions de la vie sur terre cesseront-ils ? Serons-nous moins terrorisés par les désordres économiques et technologiques mondiaux ? La Bourse renoncera-t-elle à jouir du tremblement de nos chairs, pour son bon plaisir ? Renoncera-t-elle à abuser nos enfants, à corrompre leurs chances d’avenir, pour son seul profit ? Ses spéculations seront-elles, enfin, classées parmi les crimes contre l’humanité ? Et ces spéculations dévastatrices seront-elles sanctionnées par la justice des êtres humains avant qu’elles ne laissent l’humanité pour morte, au bord de la route ? Résolument aujourd’hui, les véritables problèmes ne sont pas ethniques mais éthiques ! Comme tant d’autres Etats dans le monde, notre pays « mosaïque » se trouve aux prises d’un bouleversement culturel sans précédent. En moins d’un demi-siècle, nous avons connu une transformation radicale de nos modes de vie. Et cette révolution culturelle n’a pas encore trouvé, dans l’ordre politique, une expression construite et significative, un diagnostic communément admis, des hypothèses de travail pour s’atteler à réduire les causes du mal plus que d’en accommoder les symptômes. Quant au fond : depuis cinquante années, c’est notre culture de la solidarité humaine qui est en cause, qui est mise en crise.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, nos grands-parents avaient adopté des mécanismes nationaux de solidarité pour assurer la sûreté de chaque individu : c’était l’invention de la sécurité sociale ! Avant d’être traduit par des mesures politiques, réglementaires ou par des dispositions économiques, le besoin de cette solidarité nationale a donc été ressenti, réfléchi et imaginé ; il a par conséquent été conçu dans l’ordre de la culture avant d’accoucher ses principes dans l’ordre du droit. Car la création de la sécurité sociale ne répondait pas seulement à des questions d’existence concrète, comme l’assurance en cas d’accidents de travail, les plans de pension, l’assurance maladie ou les congés payés, etc. Pour nos grands-parents, elle répondait aussi – et probablement d’abord ! – à des nécessités existentielles et philosophiques nouvelles. Après la découverte des camps de concentration du régime nazi et de leur industrie d’extermination, après les images de la destruction nucléaire des populations civiles d’Hiroshima, la création de la sécurité sociale manifestait un choix culturel porté collectivement par et pour des préoccupations éthiques ; un engagement du pays entier qui traduisait les exigences culturelles de ses populations. Par exemple ? L’exigence de reconnaître « l’égale dignité » du genre humain ! Celle d’attribuer un autre statut et une autre attention à l’enfance. Celle d’une plus grande égalité civile et politique entre les femmes et les hommes, etc. Cette culture de la solidarité nationale était imprégnée par les rêves et les espérances d’une génération ; elle porte les couleurs des expériences de vie de celles et de ceux qui avaient subi dans leur chair, dans leur cœur et dans leur esprit, les violences arbitraires du régime fasciste. « Ils avaient connu la guerre ! » C’était assez dire ! C’est pourquoi le modèle de la sécurité sociale belge, adopté en 1945, est tout entier façonné de cette « matière » culturelle.

Il porte effectivement la marque des pratiques humaines où il a été conçu : il y a cinquante ans, l’espérance moyenne de vie approchait les septante ans, la période de vie professionnelle s’étalait sur quarante ans au moins et souvent même quarante- cinq années de travail rémunéré. C'est-à-dire près des deux tiers de la vie ! Chaque travailleur était à charge de la société pendant vingt-cinq ou trente ans dont quinze à vingt années à charge de ses parents et en moyenne cinq à dix ans à charge des fonds de pension. Les dépenses de santé restaient modestes et mesurées. C’est dans ce contexte d’après-guerre et en raison de cette culture du travail, du monde à reconstruire et de ce mode de vie moderne, qu’il parut judicieux de construire le système de la solidarité sociale nationale sur le travail, lui-même. En regard de la situation historique, caractérisée encore – et ce n’est pas le moindre des facteurs à prendre en considération – par un faible chômage, cette invention de la solidarité sociale fondée sur le travail était un considérable progrès pour les populations de l’Etat belge.

Aujourd’hui, en 2010, ce système de solidarité sociale est totalement inadapté à nos réalités de vie : nos enfants ont une espérance de vie de quatre-vingt ans au moins et peut-être au-delà. Qu’ils étudient ou non, ils restent pratiquement vingt- cinq ans à charge de leurs parents et parfois plus. Le travail rémunéré dans de bonnes conditions se raréfie. Malgré de régulières purges en direction de l’aide sociale, le chômage ne cesse d’augmenter. Le recours systématique au chômage et aux statuts fragilisés des travailleurs est devenu une des premières ressources de profit pour les entreprises. Tous nos enfants risquent de connaître des périodes, plus ou moins longues, de chômage dans leur vie. Ils travailleront peut-être vingt-cinq ou trente ans. C'est-à-dire près d’un tiers seulement de leur vie ! Ils vivront à charge des fonds de pension et de l’assurance maladie pendant près de trente années. Et parfois quarante ans ! C'est-à-dire à peu près autant sinon plus que leur vie professionnelle ! Les maladies dont les populations souffrent trouvent leurs origines dans des problèmes de société qui sont pratiquement sans rapport avec le travail et qui se révèlent d’une ampleur nouvelle : la mauvaise qualité de l’air, le bombardement des ondes, la généralisation de l’industrie nucléaire civile et militaire, la mauvaise qualité de l’eau, la consommation extensive de pétrole, une alimentation de moins en moins naturelle, altérée par des pesticides ou des engrais qui agissent sur l’organisme comme des poisons, et que dire encore des viandes et des produits de la pêche ; encore et toujours le tabac, l’alcool, les drogues diverses, sans parler de la surconsommation de médicaments et de traitements médicaux qui génèrent, eux-mêmes, quantité d’affections secondaires, etc. Tous ces exemples montrent que notre culture de la solidarité sociale nationale ne peut plus être fondée sur le seul travail ! Que cela n’a plus aucun sens dans le monde tel qu’il est à présent. Que la maintenir dans cet état est irresponsable. Tout ceci démontre qu’un des plus importants enjeux culturels de notre début de XXIe siècle, consiste à inventer d’urgence une nouvelle culture, de nouvelles formes de la solidarité humaine.
Et pour ne pas rester sans proposition opérative à court terme : ne serait-il pas pertinent, par exemple, d’amplifier l’utilisation du principe « pollueur/payeur » ? Et, qu’en vertu de cette règle, les taxes actuellement perçues par l’Etat sur les consommations de pétrole sous toutes ses formes, sur l’aviation, sur le transport routier, sur l’alcool, sur les pesticides, sur les engrais, sur le tabac, sur les médicaments eux-mêmes, sur les gsm, sur les consommations de téléphonie portable, sur toutes les technologies qui démultiplient l’utilisation des ondes, sur l’activité et les consommations nucléaires civiles et militaires, sur les médicaments, les consommations hospitalières et l’ingénierie médicale, soient prioritairement affectées au financement des soins de santé ? Et dans ce contexte, que ne soient prélevés sur le travail salarié ou indépendant, que des parts plus proportionnées à l’effet évaluable du travail sur les besoins en soins de santé des travailleurs ? Et ce n’est ici qu’une facette du problème, l’autre volet consisterait, à titre d’exemple, à renforcer le financement public de la prévention culturelle à la santé par un usage plus intensif des médecines douces, des diverses formes d’accompagnement, de conseils diététiques, de soins et de soutien – notamment pour les difficultés de l’âme ou pour l’apprentissage et l’usage du corps – qui peuvent améliorer considérablement le niveau de la santé publique et réduire en proportion les frais médicaux ou le recours aux traitements médicaux classiques. C’est profondément un changement de culture pour modifier notre rapport à notre corps et à notre santé qui pourra influer de manière significative sur les dépenses de santé.

En ce qui concerne le chômage, dernier exemple et de la même manière, les taxes prélevées actuellement par l’Etat sur le bénéfice des entreprises – ou sur une marge bénéficiaire brute à calculer – ne devraient-elles pas prioritairement être affectées au financement de l’assurance chômage ? Est-ce aux travailleurs de payer le chômage qui ne profite qu’aux employeurs ?
Ainsi, nous devons l’admettre : faute de réinventer notre culture de la sécurité sociale depuis cinquante ans, la question se pose effectivement aujourd’hui de la cohésion nationale entre les flamands et les francophones. Mais cette question dépasse largement le débat communautaire, car même si nous divisons la Belgique, chaque communauté devra procéder à une révolution culturelle d’ampleur pour garantir une culture de la sécurité sociale adaptée aux réalités de vie de ses populations. Alors avant de nous séparer, inventons une manière plus juste de vivre ensemble et établissons ensemble les principes par lesquels refonder aujourd’hui notre culture de la solidarité nationale. Et si une plus grande autonomie des communautés peut être trouvée, c’est préalablement là dans cette démarche d’invention culturelle qu’on la découvrira.

 

Roland de Bodt
Chercheur et écrivain
Mons (Belgique), le 5 juin 2010.

(1) J’emprunte les images à plusieurs scènes de « Hamlet » de Shakespeare

 

Les bonnes pages

 

D. Bensaïd, Le scandale permanent, in Démocratie dans quel état ?, Paris, La Fabrique, 2009, p. 27-29

 

Fin de l’onde longue expansive de l’après-guerre, révélations sur l’ampleur du Goulag, déchirure cambodgienne, puis révolution iranienne et début de la réaction néolibérale : vers le milieu des années 1970, la scène mondiale commença à pivoter. Les protagonistes de la guerre froide – capitalisme contre communisme, impérialisme contre libération nationale – s’effaçaient devant une nouvelle affiche annonçant à grand tapage le combat du siècle entre Démocratie et Totalitarisme. Comme sous la restauration monarchique, la démocratie sans phrases était censée donner un semblant de légitimité bonasse au dénouement d’un interminable Thermidor. Pourtant, aujourd’hui comme hier, les libéraux victorieux gardaient une secrète méfiance envers le spectre de la souveraineté populaire qui s’agite sous la surface lisse du formalisme démocratique . «J’ai pour les institutions démocratiques un goût de tête, confiait Tocqueville, mais je suis aristocratique par l’instinct, c’est-à-dire que je méprise et crains la foule. J’aime à fond la liberté, le respect des droits, mais non la démocratie.» (1) La peur des masses et la passion de l’ordre, tel est bien le fond de l’idéologie libérale, pour qui le terme de démocratie n’est en somme que le faux nez du despotisme marchand et de sa concurrence non faussée.

Sur le théâtre d’ombres du siècle finissant, deux abstractions – Démocratie et Totalitarisme – étaient donc censées en découdre, au prix d’un refoulement des contradictions à l’œuvre derrière chaque majuscule.(2) (…)

Par une des ironies dont l’histoire est prodigue, la démocratie parut triompher de son double maléfique au moment même où les conditions qui avaient pu faire passer pour consubstantielles les libertés publiques et la libre entreprise commençaient à se défaire. Pendant les trente glorieuses, les noces ordo-libérales de la démocratie parlementaire et de l’«économie sociale de marché» semblaient promettre un avenir de prospérité et de progrès illimités, conjurant du même coup le retour du spectre qui depuis 1848 n’avait jamais cessé de hanter le monde. Mais après la crise de 1973-1974, le retournement de l’onde expansive d’après guerre a sapé les fondements de ce que d’aucuns appelèrent le compromis fordiste (ou keynésien) et l’Etat social (ou «providence»).

Avec la débâcle du despotisme bureaucratique et du socialisme réellement inexistant, le signifiant flottant de démocratie devient alors synonyme d’Occident victorieux, d’Etats-Unis triomphants, de marché libre et de concurrence non faussée. Au même moment, une attaque en règle contre les solidarités et les droits sociaux, une offensive sans précédent de privatisation du monde, réduisaient comme peau de chagrin l’espace public. Se confirmait ainsi la crainte exprimée naguère par Hannah Arendt de voir la politique elle-même, en tant que pluralité conflictuelle, disparaître complètement du monde au profit d’une gestion prosaïque des choses et des êtres.

 

(1) New York Daily Tribune, 25 juin 1853
(2) Voir Enzo Traverso, Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat. Paris, Points Seuil, 2001

 

Le Réseau

Opinion

 

La question du vote : Ne pas jeter la démocratie avec l’eau du bain !

Carte blanche parue dans Le Soir, le 26 mai 2010, en réaction aux récents appels à ne pas aller voter publiés sur le web et sur des sites sociaux :

 

La question du vote : Ne pas jeter la démocratie avec l’eau du bain !

 

Les appels à ne pas aller voter en juin prochain se multiplient sur le Net, sur les réseaux sociaux… pour envoyer un signal aux « politiques qui se moquent de nous ». Fait nouveau : ils n’émanent pas seulement des « suspects habituels » : les anti- ou contre-tout, mais aussi d’un segment de la population de gens actifs, impliqués, que l’on ne saurait qualifier, a priori, d’antipolitiques.

S’il frappe les esprits, le « message » que l’on souhaite adresser de la sorte aux responsables du pays est avant tout symbolique, bien davantage que politique. Mais surtout, il est inopérant. Se dérober à l’obligation de vote ne permet en rien de peser sur la réalité politique que l’on critique : même en cas d’abstention massive, celle-ci n’influera pas sur les formules de majorités envisageables à l’issue du scrutin, ni sur le programme de gouvernement que la coalition qui sortira des négociations postélectorales se donnera.

Certes, la crise de confiance à l’égard du personnel politique est réelle, concrète, palpable : elle affleure dans les propos ou dans les silences, dans le désintérêt, dans le ras-le-bol… Il est indéniable que la plupart des citoyens de ce pays en ont plus qu’assez de voir des considérations proprement politiciennes l’emporter sur le sens politique de l’intérêt général.

Paradoxalement, pourtant, ce qui s’exprime dans une partie des appels au boycott des prochaines élections, c’est autant un profond besoin de politique qu’un hurlement antipolitique. C’est particulièrement vrai au moment où la crise financière, économique, écologique et sociale repose la question de la primauté du politique sur l’économique.

Ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est davantage, c’est que les citoyens disposent aujourd’hui des moyens techniques de l’exprimer à l’échelle de l’espace public en soi qu’est Internet. Ils disposent aussi d’un niveau culturel en moyenne plus élevé qu’hier pour se faire entendre. Et, processus démocratique d’individualisation aidant, ils se sentent ou se revendiquent (plus) autonomes et égaux dans leurs relations aux autres : ils supportent donc de plus en plus mal l’exercice de l’autorité publique. Ils n’hésitent dès lors plus à se poser en instance de contre-pouvoir en rejetant le magistère de la parole que croit pouvoir toujours détenir une certaine élite politique et médiatique.

Cela ne veut pas dire qu’une parole citoyenne vaut ipso facto une parole journalistique ou politique. Ou qu’il faille encenser automatiquement toute forme de contre-pouvoir. Mais la vieille représentation mentale et sociale du fossé entre élites lettrées « qui savent », et « masses ignorantes » ne correspond plus, depuis longtemps, aux nuances du réel social. Et les organisations d’éducation permanente parient sur la capacité critique et la volonté d’émancipation des publics.

Il ne s’agit pas pour autant, à nos yeux, de substituer la démocratie directe ou participative à la démocratie parlementaire représentative. Celle-ci reste néanmoins perfectible, sans cesse à remettre sur le métier, au nom de droits à approfondir, à élargir, à créer. Ceci, bien entendu, à côté d’autres initiatives en faveur d’une démocratie renforcée ; celles de la société civile, des citoyens, des associations par exemple. Les signataires de ce texte n’ont de cesse de s’y employer.

Dans cette conception dynamique, plurielle et pluraliste de la démocratie, nous sommes toutefois convaincus du rôle central de la et du politique. Car pour faire aboutir des avancées démocratiques, pour transformer la société, le passage par la représentation politique des intérêts en présence, et par le débat politique est indispensable. Les lois émancipatrices ont été et resteront adoptées par des majorités politiques, dont la composition est fonction, au premier chef, du résultat des élections, donc du vote.

Il est de la responsabilité de tous les acteurs, représentants ou candidats politiques, société civile et citoyens de prendre conscience que le vote, en dépit de ses limites, constitue à ce jour, dans le cadre de nos institutions, le mode de participation citoyenne le plus efficace au service du bien commun, du contrat social dont il est justement une des articulations essentielles.
C’est aussi la responsabilité des médias d’information, acteurs puissants, même si fragiles, de la société dite de la connaissance.

Aussi déplorable que puisse être, parfois, le « spectacle » politique, il importe de pouvoir prendre ses distances à l’égard de la tentation « événementielle ». Par ses choix dans la sélection, la hiérarchisation et la communication (l’emballage) de l’information politique, le système médiatique tend à dramatiser excessivement, à privilégier le choc de l’instant, la joute électoraliste ou les « sorties » des uns et des autres, au détriment des réalisations moins éclatantes de la politique sur le moyen ou long terme.

Or, le gouvernement de la chose publique fait partie de l’activité politique au moins autant, si pas davantage, que la lutte démocratique pour le pouvoir. Choisir de surexposer en permanence la dimension conflictuelle de la politique – tout en déniant, de surcroît, à cette conflictualité son caractère légitime, comme c’est trop souvent le cas – c’est rendre la démocratie borgne. Avec les conséquences que cela peut avoir sur la vision générale de la politique et, à terme, de la démocratie.

A l’heure où certains agitent le spectre d’une implosion de notre pays, nous en appelons à un sursaut de conscience démocratique et invitons chacune et chacun à exercer pleinement et en toute liberté philosophique et politique non seulement son droit, mais aussi son devoir de responsabilité, par le vote réfléchi, et donc à peser individuellement et collectivement sur l’avenir du pays et de ses institutions.


Pour le Conseil supérieur de l’éducation permanente : YANIC SAMZUN (Présence et Action culturelles) ; THIERRY DEMANET (ECO VIE) ; FREDERIC LIGOT (CIEP/MOC); CATHERINE STERCQ (Lire et Ecrire) ; GUY BRICTEUX (Centre Libéral d’Action et de Réflexion sur l’Audiovisuel) ; BENOIT ALBERT (Justice et Paix Justice et Paix) ; HAFIDA BACHIR (Vie Féminine) ; JEAN BLAIRON (RTA) ; PHILIPPE BODART (ALTEO) ; Eliane DEPROOST (Centre d’Action laïque) ; CHRISTINE KULAKOWSKI (Centre Bruxellois d’Action interculturelle) ; Rébéka MUTOMBO (Association Socialiste de la Personne Handicapée) ; SERGE NOEL (Centre Socialiste d’Education Permanente) ; SYLVIE PINCHART (Femmes Prévoyantes Socialistes) ; ANNE SPITALS (Fédération des Centres de planning familiaux FPS) ; ANNICK THYRE (Centre d’Education Populaire André Genot) ; RENAUD BELLEN (Groupement Socialiste d’Action et de Réflexion sur l’Audio- visuel) ; GEORGE BARBE (Ligue Libérale des Pensionnés) ; STEPHAN GRAWEZ (Média Animation) ; GEOFFROY CARLY (Centre d’entrainement aux Méthodes d’Education Actives) ; DIDIER JOLY (Solidarités Nouvelles Bruxelles) ; ERIC NICOLAS (GRACQ) ; BRIGITTE LAURENT (ACRF) ;MARC FICHER (Nature et Progrès) ; Vincent DECOORBYTER (CRISP).

 

 

L'Agenda

Consultez également l'agenda du site de Culture et Démocratie ...

 

Conférences, colloques, débats, rencontres, séances d'informations...

Les Assises de l'Intercuturalité : genre, origine, religion... à la croisée des discriminations ?, débat organisé par le CPCP

Le 10 juin 2010, à 18h30, Boulevard Anspach, 6, 1000 Bruxelles

Dans le cadre des Assises de l'Interculturalité, le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation (CPCP) relance la question des discriminations croisées par l'éclairage de nombreux invités tels que Patrick CHARLIER, coordinateur au Centre pour l'Égalité des Chances et la lutte contre le Racisme et François HAENECOUR, juriste spécialisé en « discriminations croisées » au MRAX.

Information et réservation au 02/23801 25 ou par courriel à karagoz@cpcp.be

 

Quel présent pour la critique sociale ?

Les 10-11 juin 2010 à l’Université de Liège, Institut des Sciences Humaines et Sociales, 7 Boulevard du Rectorat, bat. B.31, 4000 Liège

Ce colloque abordera la critique sociale sous les 4 axes principaux que sont l’activisme politique, la lutte syndicale, l’engagement associatif et l’économie solidaire. Les nouvelles luttes syndicales, l'engagement politique et partisan, la force critique de l’engagement associatif, la défense des droits fondamentaux et les théories critiques sont autant des thèmes proposés dans les différents ateliers. Ce colloque est largement ouvert au monde associatif qui y sera représenté à l'occasion d'une table ronde et de plusieurs stands.

Infos pratiques et programme

 

La gauche et la décroissance avec Paul Ariès

Le 15 juin, 19h, à l’espace Magh (rue du Poinçon 17, 1000 Bruxelles)

PAC, Régionale de Bruxelles, vous convie à une conférence débat avec Paul Ariès, auteur du livre "La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance", rédacteur au journal la Décroissance. Débat animé par Jean Cornil.

20 % des humains s'approprient 86 % des ressources naturelles. Notre mode de vie occidental n'est tout simplement pas généralisable. Si 6 milliards d'humains adoptaient notre mode de vie, une Terre ne suffirait pas. Faut-il se réserver les fruits de la croissance et condamner le Sud ?
Peut-on croire à une croissance économique infinie dans un monde fini ? Qu'est-ce que le développement durable à la Nicolas Hulot ? Qu'est-ce que le capitalisme vert à la Claude Allègre et à la Laurence Parisot ? Que proposent les savants-fous prêts à adapter la planète aux besoins du productivisme ? Comment vivrons nos enfants ? Que peut-on proposer comme alternatives ? Pourquoi la croissance économique bleue, rose, rouge ou verte n'est-elle pas la solution ? Faut-il être fiers de nos gros avions, de nos TGV, de nos JO ? Que proposent les objecteurs de croissance et autres antiproductivistes ? Et si cette crise globale était aussi une chance pour l'humanité ?

Une occasion de renouer avec le sens des limites.
Une occasion d'en finir avec le "toujours plus".
Une occasion de ralentir et de relocaliser nos activités.
Une occasion de choisir la coopération contre la concurrence.
Une occasion de développer le « prendre soin » contre la société du mépris.

Peut-on aller vers une société de la gratuité grâce au versement d'un revenu garanti sans aucune contrepartie ?

Infos :

http://www.pac-bruxelles.be/
Téléphone: 02 511 88 26
Tarif : 2 euro

 

Plan culturel pour Bruxelles, Etat des lieux des Groupes de travail

Le mardi 29 juin, à 9h, au Grand Foyer de la Monnaie, (Place de la Monnaie, 1000 Bruxelles)

Depuis la publication du Plan culturel pour Bruxelles, en septembre 2009, le Brussels Kunstenoverleg et le Réseau des Arts à Bruxelles ont lancé quatre groupes de travail en vue de la réalisation de quelques propositions prioritaires. Depuis le mois de janvier, les groupes de travail se sont réunis mensuellement afin de concrétiser les projets.

Le mardi 29 juin, les deux réseaux organisent une demi-journée d’information où chaque groupe de travail viendra présenter l’état d’avancement de son projet. Un temps de discussion et de débat est prévu après chaque présentation afin de recueillir les réactions des participants.

Cette rencontre permettra d’informer les acteurs culturels et les partenaires de la vie culturelle bruxelloise et de créer les liens nécessaires entre les différents groupes de travail en vue d’une meilleure collaboration dans le cadre de la mise en œuvre du Plan culturel pour Bruxelles.

Pour plus d'informations et pour l’inscription, contacter (avant le 25 juin)

lissa@reseaudesartsabruxelles.be

 

What's next in the Internet ?

Le 30 Juin 2010, de 9h30 à 17h00, à la Cité auditorium, Luxembourg Ville

Une conférence internationale sur le potentiel d'Internet pour le secteur culturel

Quelle est la prochaine grande tendance dans Internet ? Quelle valeur ajoutée apporte Internet aux acteurs culturels ? Comment peut-on mesurer le succès de son site ?

Des experts de l’Angleterre, des Pays-Bas, de l’Australie et de l’Europe essayeront de trouver des réponses pertinentes sur ces questions lors de la conférence et engageront un débat avec le public.

Si vous vous intéressez aux questions concernant Internet et sa meilleure utilisation dans le secteur culturel, vous êtes les bienvenus à la conférence. L'événement est organisé par plurio.net en coopération avec le réseau global des portails culturels Culturemondo.

L’entrée est gratuite. Cependant, les organisateurs vous prient de bien vouloir vous inscrire à la conférence afin d'assurer votre participation:

Infos :
Anika Gerstner
téléphone: 00352 46 49 46 28
e-mail : stagiaire.plurio@culture.lu

 

Congrès du GFEN : Tous capables. Du défi aux actes... les pratiques en question.

Du 6 au 9 juillet 2010, à Saint-Ouen (France)

Une période difficile, un contexte accablant. Déferlante destructrice de nombreux acquis sociaux et vision terne de l'avenir se conjuguent pour entretenir le repli sur soi, le renoncement à agir sur le cours des choses. Sur le terrain éducatif, la dégradation de la situation amène les acteurs à reparler de handicap socio-culturel ! L'aggravation des conditions de travail et l'accumulation des prescriptions usent psychiquement les enseignants, contribuent à leur isolement, à la perte de sens de leur engagement professionnel.

Le fatalisme participe à l'asservissement des perdants qui, isolés, constatent leur impuissance. Pourtant, dans ce contexte difficile, tous n'ont pas renoncé à affirmer des valeurs, à faire la preuve qu'il n'y a pas de fatalité à l'échec, à l'exclusion, à la normalisation des esprits. La résignation n'est pas inéluctable. En différents lieux, dans des champs différents, des pistes de réflexion et d'action continuent à être explorées. D'autres possibles existent ! Il est indispensable de penser et d'agir avec les autres. Ensemble, nous sommes plus forts que nous l'imaginons ....

Reprendre la main sur les affaires qui nous concernent, c'est toute l'ambition de ce congrès pour que continuent à s'inventer, sur tous les champs de l'éducation, de la création, du travail social, des alternatives solidaires et émancipatrices.

Infos :

Groupe Français d'Education Nouvelle
14 avenue Spinoza - 94200 Ivry Sur Seine
www.gfen.asso.fr
gfen@gfen.asso.fr

Lieu du congrès :
Ecole élémentaire
14 rue Alexandre Bachelet - St Ouen (93)

Programme

 

 

Spectacles, concerts, films...

Un homme est un Homme

de René Georges
Mise en scène de René Georges & Salifou Kientega (Burkina Faso)
Avec : Ansou Diedhiou (Sénégal), Afazali Dewaele (Rwanda/Belgique),
Charles Watara (Burkina Faso)

Du 1er au 19 juin 2010 au Théâtre de Poche de Bruxelles (Chemin du Gymnase 1, 1000 Bruxelles)


« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! »

« Un homme est un Homme » est une création théâtrale Nord /Sud sur l’immigration. 6 créateurs venus de cinq pays différents (Burkina Faso, Sénégal, Tchad, Belgique, et France), une enquête approfondie de près de deux ans, une immersion réelle, une quarantaine de témoignages de migrants économiques, trois comédiens interrogeant leurs propres vies. Des représentations prévues en Belgique mais aussi au Burkina Faso, au Sénégal, au Niger, au Mali, en Côte d’Ivoire…

Avec "Un homme est un Homme", nous suivons le récit hallucinant de trois Africains en partance pour le rêve blanc. En Afrique, les gens les appellent des aventuriers... Il y a Afazali, le plus jeune, un rasta tout droit sorti des ombres électriques de Ouagadougou, Ansou, l'aîné d'une famille, quittant un village paumé et oublié du Sénégal, Charles, le plus expérimenté des trois, sorte de Bukowski à la sauce africaine qui passe sa vie à zoner dans les maquis et rêve d'une ultime traversée, après bien des échecs. L'objectif de ces trois hommes: prendre un bateau et mettre les pieds en Europe, afin de trouver ce travail tant rêvé qui plus tard les feront revenir au pays les mains pleines et l'honneur retrouvé. Ils sont prêts à tout pour cela. Malgré la solidarité qui les unit un seul réussira à passer à travers les épreuves que sont la traversée du désert et de la mer, la misère, l'abandon, la faim et la soif, les jets de pierres, les crachats et l’humiliation. Où qu’ils passent ces hommes ne sont jamais les bienvenus...

Ces vies nous renvoient à la nôtre bien entendu, et nous questionnent sur le sens de l'existence, le partage, et l'avenir que nous mettrons dans un mot : humain.

Infos et réservations :

info@poche.be

Réservations: 02/649 17 27

 

SIF ou Sans Identité Fixe, Spectacle amateur adulte de l’asbl Douzerome

Le samedi 12 et lundi 14 juin à 20h00 au Centre Culturel Jacques Franck

Et voilà que l’atelier se termine pour le groupe amateur adultes du DouzeRome ! Au programme ? Deux représentations du spectacle préparé durant l’année académique. La thématique ? Les identités dans notre société contemporaine. Le défi ? Réaliser ensemble une création collective sur ce thème et vivre tout le processus de la préparation d’un spectacle. Nos inspirations ? Amine Maalouf, Samuel Beckett et tant d’autres,... « SIF ou Sans Identité Fixe » est un spectacle écrit et mis en scène par Caroline Safarian à partir des improvisations réalisées par les participants durant l’atelier. Ce spectacle posera des questions mais n’aura pas la prétention d’offrir de réponses... Cet humour tantôt piquant tantôt burlesque sera au rendez-vous pour vous faire voyager dans les méandres des identités...

Avec Samuelle Dupuis, Valérie Piret, Soizick Martin, Olivier Bopp, Caroline Goffaux, Christophe Springael, Raphaël Cecchi, Maria Larranaga, Floriane Heine, Yvette Scheerlink-Jockin et France


Infos :

02/53890 20
ccfj01@brutele.be

 

Dem Dikk ( Aller retour)

un film de Karine Birgé (Belgique_2010_52')

Le mardi 22 juin, 20h30, au Vendôme

En wolof, « dem dikk » signifie aller retour. C'est aussi le nom des bus qui sillonnent Dakar.
D'un groupe de jeunes Dakarois pris entre petits boulots et débrouilles, se détache Pape Diop. Pape qui met un point d'honneur à ne pas être « dans la théorie », qui refuse de devenir un «blanc raté », qui arrive à faire de son mode de survie une revendication... lui, « l'ambassadeur de tous ceux qui n'ont jamais eu la chance de partir ».

Au fil des confrontations entre Pape et la réalisatrice venue d'Europe, l'inégalité tranchante apparaît et avec elle le ressac d'une politique migratoire basée sur l'exclusion.
« Nous fréquentons les frontières, non pas comme signes et facteurs de l'impossible, mais comme lieux du passage et de la transformation ». Edouard Glissant


Info et réservation :

info@cvb-videp.be - 02/221 10 50

 

A quatre pas d’ici

Le vendredi 18 juin - 19h - Châtillon Sur Seine, au Théâtre Gaston Bernard, Place du 8 mai 1945 / Le dimanche 20 juin - 19h – Genlis, à l’Espace Culturel Paul Orssaud, 3 rue Jean Jaurès / Le mardi 22 juin - 20h – Beaune, au Théâtre de Beaune, 64 rue Lorraine / Mercredi 23 juin - 19h – Dijon, dans les Jardins du Conseil général de la Côte-d’Or, 53 bis rue de la Préfecture.

Un projet de l’association Itinéraires Singuliers et du théâtre du Fil.

Quatre branches lointaines d’une même famille du spectacle se retrouvent à l’invitation d’une aïeule commune - grande dame du cirque - pour une rencontre unique et des retrouvailles inattendues. Les univers, les différences, les imaginaires, les richesses, les sensibilités de chacun réunis sur la même scène se croisent et témoignent d’une humanité déployée qui révèle de l’unicité de chaque être sur scène et au delà...

De décembre 2009 à juin 2010, le Théâtre du Fil a mené des ateliers avec des habitants et des travailleurs sociaux de quatre villes du Département de la Côte-d’Or : Dijon, Beaune, Châtillon/Seine et Genlis. A quatre pas d’ici restitue le travail mené par le Théâtre du Fil avec presque 40 personnes autour du thème « Entre deux ».

Infos :
Tarif 3 € / Entrée libre le mercredi 23 juin à Dijon
Réservation/information : Itinéraires Singuliers : 03.80.41.37.84 / contact@itinerairessinguliers.com

 

 

Expositions, évènements

Fiz’art

Du 26/06/10 au 28/06/10, de 10h à 18h, à l’Espace Saint-Dominique (rue Michel Massart, à Crisnée)

Des artistes contemporains belges reconnus partagent les cimaises avec les élèves de l’école Saint-Dominique. Une centaine d’œuvres originales côtoieront les créations des enfants de maternelles et primaires

Info :
http://www.fizart.be
0475/533461
alainbronckart@passeurdart.be

Le carton d'invitation

 

Mémoires d'Orient - Du Hainaut à Héliopolis

Jusqu'au 17 octobre 2010, au Musée royal de Mariemont

L’exposition traite des contacts, des échanges et des interactions entre le Hainaut historique et l’Orient (comprenant notamment l’Égypte, le Proche-Orient, l’Afrique du Nord et la Turquie).
Des divinités orientales romanisées (Mithra, Isis et Sérapis...), le rêve de "libération" des lieux saints en terres orientales (Croisades), les récits de voyageurs occidentaux comme le montois G. Lengherand, les entreprises hainuyères implantées en Orient (Baume & Marpent en Egypte...) ne sont que quelques-uns des thèmes abordés à Mariemont.

Pour évoquer ces différents aspects, sont présentées non seulement des œuvres provenant de musées belges et étrangers (antiquités romaines, manuscrits, livres précieux…) mais aussi des pièces remarquables qui font partie du patrimoine religieux (reliques, tableaux, …), des monnaies, médailles, ou encore des représentations d’importantes manifestations folkloriques inscrites au patrimoine immatériel de l’humanité.

Infos :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique
064 21 21 93
info@musee-mariemont.be

 

Le monde à l’envers, exposition d’art brut de la collection abcd, Paris

Jusqu’au 12/09/2010, au Musée du Docteur Guislain

L’exposition présente une sélection étendue de la Collection abcd de Paris. Cette collection privée comporte des œuvres de premier ordre de grands maîtres internationaux de l’art brut tels qu’Adolf Wölfli, Henry Darger, Martin Ramirez et Alexandr Lobanov. La collection fut mise sur pied par le cinéaste français Bruno Decharme et est maintenant montrée pour la première fois en Belgique. Decharme fut fasciné par l’art brut en 1977. Après avoir été confronté à la collection Dubuffet, il se mit à rassembler lui-même ce type d’œuvre à partir des années quatre-vingt. Outre les réalisations issues des principales collections pionnières signées e.a. Dubuffet, Prinzhorn et Morgenthaler, il jettera son dévolu également sur de jeunes talents, encore inconnus ouvrant de nouvelles perspectives au concept de l’‘art brut’.

Infos :

Museum Dr. Guislain
Jozef Guislainstraat 43
9000 Gand
09/216.35.95
info@museumdrguislain.be

 

Le parcours du migrant, nouveau parcours au Bois du Cazier

La visite « Le parcours du migrant » se déroule en trois parties. L'activité débute par une visite guidée où, à partir d'objets, de photographies ou de reconstitutions, le guide évoque l'immigration ouvrière dans le passé. La catastrophe de Marcinelle, le 8 août 1956, a coûté la vie à 262 mineurs originaires de 12 pays. Ce rappel permet de remonter dans le temps à la recherche des premiers déplacements de population et de cette notion d’ « étranger ». On évoque ensuite le traité de 1946 entre les Gouvernements belge et italien mais aussi ceux qui ont suivi avec d’autres pays, de 1956 à 1970.

La deuxième partie est une animation où, à partir de 4 cartes d’identité de personnes de nationalité étrangère mais travaillant au Bois du Cazier, les participants doivent imaginer des parcours de vie. L’exercice fait émerger les idées ou stéréotypes sur l’immigration d’aujourd'hui. Il permet d’évoquer les causes du départ et les motivations de celui-ci.

Pour terminer la visite, un débat permet de réfléchir sur la problématique de l’intégration et de repartir avec des idées concrètes pour favoriser celle-ci.

Informations pratiques :

Le Bois du Cazier
80, rue du Cazier
6001 Marcinelle
071/298 938 / 071/29.89.30
reservation@leboisducazier.be

 

 

Dernières nouvelles

 

Concours / Appels

La Raffinerie / Charleroi/Danses propose un projet pédagogique

Vous souhaitez développer un projet de sensibilisation artistique ( danse contemporaine, hip-hop, flamenco, théâtre, cirque, yoga, pluridisciplinaire : arts plastiques, rythme, chant, musique, écriture) dans votre établissement basé à Bruxelles ?

La Raffinerie / Charleroi/Danses, Centre chorégraphique de la Communauté française vous propose un projet pédagogique avec des artistes durant toute l’année scolaire.

Intéressés ?

Contactez, avant le 15 juin 2010, Barbara Rufin ( barbara@charleroi-danses.be ) ou
Silvia Ubieta ( silvia@charleroi-danses.be, 0478 73 25 46 ).

Infos :

La Raffinerie
Rue de Manchester 21, 1080 Bruxelles
www.charleroi-danses.be

 

L’exposition Artkunst

En 2008, plusieurs artistes du quartier Maritime ont fait appel au soutien du Centre Communautaire Maritime pour organiser une exposition d'Art contemporain dans ses locaux récemment inaugurés. Le lieu, entièrement rénové en 2008, offre une architecture très moderne. Sa grande salle de 700 m² représente un lieu d'exposition idéal pour des œuvres contemporaines monumentales. L'originalité et la beauté du lieu, avec ses grandes baies vitrées fait penser à certains espaces New-Yorkais.

Une artiste du quartier, Yolanda Sanchez y de Vera prit la coordination artistique en main et, grâce à la participation de nombreux partenaires publics et privés, la première édition de l'exposition CCM ArtKunst a eu lieu au mois de décembre 2008. La deuxième édition, un an plus tard, a connu un beau succès et le concept a acquis une certaine notoriété.

Pour l’édition 2011, la volonté reste de créer une exposition ouverte à la diversité. L’appel à projet est lancé en priorité aux artistes du quartier Maritime et de Molenbeek mais les artistes résidant ailleurs sont aussi les bienvenus ! Un des objectifs du projet est en effet de nourrir le dynamisme artistique de notre commune grâce aux échanges avec l’extérieur.

Artkunst se veut aussi divers par les disciplines visées (peinture, sculpture, céramique, photographie, installation vidéo, etc.) que par l’origine culturelle des artistes sélectionnés. L’édition 2009 comptait 12 artistes d’origines et de langues très variées : latino-américaine, arménienne, togolaise, américaine, espagnole, marocaine et belges.

L’exposition Artkunst a également pour vocation de faciliter l’accès à l’art contemporain aux habitants du quartier et de créer un espace artistique s’inscrivant dans le projet de cohésion sociale local. A cet effet, une série d’activités et animations seront organisées autour des œuvres exposées.

Infos :

clôture de l’appel à candidatures le 15 juillet.

Le Centre Communautaire Maritime:
Mottard Myriam
Rue Vandenboogaerde, 93 à 1080 Molenbeek-Saint-Jean
02/421.16.01
mottard.ccm@hotmail.com

Commissaire de l'exposition:
Yolanda Sanchez y de Vera,
Habitante et artiste du quartier Maritime
Rue de l’Escaut, 22 à 1080 Molenbeek-Saint-Jean
Tel : 0485/42.10.61
Mail : yolanda@yolanda-sanchez.com
www.yolanda-sanchez.com

 

 

Formations

Les vacances d’été approchent, les Rencontres Pédagogiques aussi... 15 ateliers pour changer l'école et changer la société

Du 17 au 22 août 2010

Une envie de vous former et d’échanger vos expériences de travail? Un besoin de vous ressourcer avant le début du mois de septembre ? Une envie de mettre l’école et l’éducation en mouvement ?

ChanGements pour l’égalité, mouvement sociopédagogique, organise du 17 au 22 aout 2010 15 ateliers (3 - 6 jours) à destination des acteurs de l'éducation.

D’autres activités, telles qu'une soirée jeu pédagogique, des rencontres débats, une librairie spécialisée, sont également proposées.

Infos :

ChanGements pour l'égalité
mouvement sociopédagogique
Chaussée de Haecht, 66
1210 Bruxelles
Tél. : 02 218 34 50
fax : 02 218 49 67
info@changement-egalite.be
www.changement-egalite.be

 

Agent de développement et de médiation interculturelle.

Vous vivez la dimension multiculturelle bruxelloise. Vous êtes amenés à travailler des situations inédites et complexes sur le plan humain et/ou institutionnel. Vous souhaitez devenir un multiplicateur social de l’interculturel :

en développant des compétences, en acquérant des grilles d’analyse et en construisant des outils au service de l’interculturel ;
en vous formant dans un groupe hétérogène (qui devient un réseau de réflexions et d’échanges) autour des questions et des enjeux des migrations et de l’interculturalité.

La formation s’adresse à toute personne (demandeur d’emploi, militant associatif, volontaire, professionnel, …) engagée dans le champ du travail social et culturel bruxellois et porteuse d’une expérience multiculturelle, qui ressent la nécessité de développer son expertise interculturelle.

Infos :

http://www.cbai.be/page/63/

 

Formation de Comédien Animateur Spécialisé en Théâtre Action

Vos capacités de création artistique ne demandent qu’à se développer ?
Vous désirez interpeller ?
Vous avez envie d’exercer un métier dans l’animation théâtrale?
Vous cherchez une formation solide, reconnue par la Communauté Française de Belgique ?

Le comédien-animateur spécialisé en théâtre-action (CASTA) est un professionnel, à la fois de l’animation et du théâtre, qui accompagne la création collective, produit et diffuse des spectacles réalisés avec des publics diversifiés. L’objectif de son action est de révéler le vécu et l'imaginaire des personnes, mais aussi les failles de la société, en s'attachant notamment à mettre en lumière la parole de ceux qui sont écartés par le système socioéconomique. Son travail s’inscrit dans la démarche du théâtre-action.

Infos :

Jean Koerver, coordinateur
jean.k@acteursdelombre.be
04-344 58 88

Centre du Théâtre Action
www.theatre-action.be

 


Sites web / Publications

Le Répondeur :

http://lerepondeur.over-blog.com/

LE REPONDEUR est un journal culturel citoyen. Son objet est de re-mettre en question les arts, les institutions et les artistes ; de les interpeller sur leur mode de fonctionnement et ceux des autres. Contre-pouvoir nécessaire d’un système culturel qui n’en connaît pas.

LE REPONDEUR est un trimestriel gratuit, auto-financé, auquel tout le monde peut participer : les propos devant être fondés et liés au thème (choisi au préalable) du numéro.

LE REPONDEUR est un objet amené à évoluer avec le concours de tous et que vous pouvez soutenir par vos dons ou en vous abonnant : 10 € pour 4 numéros, frais d'envoi compris (Nous contacter via le mail du journal : revuelerepondeur@yahoo.fr)

LE REPONDEUR invite ceux qui souhaitent écrire dans le journal, mener une enquête, y participer d’une manière ou d’une autre, à nous contacter via le mail du journal : revuelerepondeur@yahoo.fr.

LE REPONDEUR invite tous ceux qui souhaitent réagir aux articles à laisser un message sur le répondeur du journal : 0495790708. Nous éditerons certains d’entre eux dans le numéro suivant en dernière page.

Ne tournez pas le dos à la démocratie, le 13 juin votez!

Dans la foulée de la carte blanche parue dans le Soir, les organisations d'éducation permanente spécialisée dans l'audio-visuel ont réalisé un clip de 40 secondes intitulé:" Ne tournez pas le dos à la démocratie, le 13 juin votez!". Ce clip sera diffusé à la RTBF, sur RTL et sur l'ensemble des télés locales à partir du 5 juin. Vous pouvez d'ores et déjà le visionner en allant sur le lien: http://www.vimeo.com/12175082

La revue Démocratie publie un numéro spécial élection.

Découvrez l’interview de Vincent De Coorebyter qui fait le point sur les conflits linguistiques qui déchirent notre petit pays… http://www.revue-democratie.be:80/

ALMANACH SOLDES FINS DE SÉRIES en 2010, c’est QUOI ?

142 pages de talent : graphistes, illustrateurs, journalistes sur la brèche, écrivains et photographes en liberté, philosophes … Réalisé entre Paris et Bruxelles, Soldes paraît une fois l’an. Retour du magazine culte des années 80 ? L’ère discount a des racines profondes et se nourrit de la philosophie du Sud. Il reste tout à découvrir de la pauvreté. Celle qu'on craint et qu'on cache. Celle que le minimalisme avait réduite à l'esthétisme. Soldons encore ! Soldons seulement ! SOLDES pas mode, juste nouveau ! Ovni graphique et utopique ! Parole aux sages et aux fous ! Pop et intello, scientifique et intuitif, créatif et transgénérationnel, SOLDES ALMANACH regarde les étoiles et les crottes du nez … tous les printemps !

 

Infos :

soldesfinsdeseries@gmail.com
www.almanach-soldes.net

 

 

Pétitions

Quelles réponses à la crise sociale ?, pétition à l'initiative de la FCSS

"Aujourd'hui, seule une approche radicalement préventive permettra de faire face aux problèmes de précarité et de pauvreté. Il est possible de fabriquer moins de pauvres. A la condition de moins privilégier les riches. Il est possible de casser moins de gens. A la condition de garantir à chacun, dès le départ, l'accès à l'épanouissement et à la réussite".

A la veille des élections législatives, des représentants des secteurs de l'action sociale, de l'insertion et de la santé s'associent à des responsables syndicaux pour interpeller les partis politiques sur les réponses à apporter à la crise sociale. Lire l'analyse/les propositions et signer la pétition en ligne... :

http://www.lapetition.be/en-ligne/quelles-rponses-la-crise-sociale-7277.html

Les signatures recueillies seront présentées aux responsables des partis politiques et aux interlocuteurs sociaux.

 

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D'avance, merci !

Culture et Démocratie
70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11

Courriel : info@cultureetdemocratie.be

Cette lettre d'information a été réalisée par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker,Georges Vercheval et Roland de Bodt, grâce au soutien de la Communauté française.