n°41
- 20/01/2010
Editorial
De la pauvreté au XXIe siècle
La crise économique n’est pas une malédiction
tombée du ciel. Ni passion de l’orage, ni ombre
de la foudre : elle est un résultat. Tangible, le résultat
! Un résultat longuement médité du système
culturel conçu et mis au point par l’Olympe financier
humain/inhumain.
Dans cette économie humaine/inhumaine, elle occupe
une fonction stratégique. Elle est « la »
crise. Dans ce système culturel, elle a une nécessité
économique. L’utilité économique
de la crise ? C’est une chose qui peut se mesurer dans
les paradis fiscaux, en levant le secret bancaire. Est-elle
inattendue ? « Qué néni ! Va d’jeu
» ! Elle est aussi prévisible qu’un duo
de pointes ou qu’un grand écart dans un ballet
russe ! Elle prend de court, elle accélère,
elle aveugle, elle dérobe, elle laisse sur le carreau
: elle arrache en quelques heures ce qu’elle aurait
convoité tout au long de l’année. Elle
est « la » crise. Elle rend légitime ce
qui ne l’était pas ; en cela, elle est un changement
de régime. Elle entraîne l’Etat dans sa
foulée ; elle n’est jamais démocratique
; elle règne exclusivement par la violence. Certains
y voient de la séduction ! Elle est une belle figure
de la rhétorique économique au service du patriarcat.
Le patriarcat économique n’est pas un humanisme
; sa servante n’est pas humaniste. Il sacrifie l’être
humain aux intérêts de quelques familles ; elle
fauche comme la mort ! Allez, soyez « People »
!
La pauvreté n’est pas une malédiction
tombée du ciel. Ni peste, ni sécheresse : elle
est un résultat. Et quel résultat ! Un résultat
longuement médité du système culturel
conçu et mis en œuvre par des êtres humains/inhumains
au service de l’Olympe financier humain/inhumain. Ce
sont des spécialistes rémunérés
pour produire de la pauvreté sur une grande échelle
(dans leur culture, ils disent : « du profit »
!) Dans cette économie humaine/inhumaine, elle occupe
une fonction stratégique. Elle est « la pauvreté
». Elle inspire l’effroi, elle hante les imaginaires
comme la mort mais elle a une nécessité économique
: elle est indispensable aux mouvements mondialisés
de la concentration des capitaux du patriarcat économique.
Son utilité économique peut se mesurer à
l’aune des bilans consolidés de l’économie
mondiale. Elle règne, violente ; elle ruine la démocratie
de l’intérieur. Elle assèche les Etats.
Le patriarcat économique n’est pas un humanisme
; il sacrifie l’être humain aux intérêts
de quelques familles.
Voyez les pauvres avec leurs visages dévisagés
! Qui se cachent dans la ville, comme s’ils avaient,
seuls, la responsabilité de leur pauvre pauvreté.
Un petit nombre est dans la rue - et pourtant déjà
tant – qui n’ont plus les moyens de se cacher.
Dans ces circonstances culturelles qui sont les nôtres
au XXIe siècle, et parce que nous avons une bonne connaissance
de ces mécanismes culturels par lesquels l’économie
mondiale engendre massivement de la pauvreté dans le
monde – et pas seulement au loin ! Aussi chez nous !
– que signifie alors : « lutter contre la pauvreté
»* ? S’il ne s’agit pas d’en supprimer
la cause première ? S’il ne s’agit pas
de contester la légitimité culturelle d’un
système qui institue la pauvreté, de quoi pourrait
bien être formé un programme de « lutte
[culturelle] contre la pauvreté » ?
Bonne année.
Roland de Bodt.
* A ce propos, le Service de lutte contre
la pauvreté, la précarité et l'exclusion
sociale, actif au sein du Centre pour l’égalité
des chances et de lutte contre le racisme, vient de publier
son 5ème Rapport bisannuel « Lutte contre la
pauvreté. Une contribution au débat et à
l’action politiques », téléchargeable
sur le site www.luttepauvrete.be
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Politiques culturelles
- Culture et Solidarité (Art et Santé,
Art et Prison, CPAS)
- Culture et Ecole
- Interculturalité
- Culture et Citoyenneté
|
À vos agendas
Consultez également l'agenda
du site de Culture et Démocratie ...
Activité organisée par ou en collaboration
avec Culture et Démocratie
Culture et Solidarité :
Artiste intervenant en milieu de soin. Rencontres et réflexions.
Lundi 25 et mardi 26 janvier 2010, de 9h30 à 16h30
A la Direction générale de la Culture – Communauté
française (Boulevard Léopold II 44 à 1080 Bruxelles
- Salle André Delvaux – 3A021)
Depuis plusieurs années, des artistes sont présents
dans les milieux de soin et proposent au patient et à ses
proches un moment de partage de créativité. En quoi
consiste leur rôle ? Quelles sont les réflexions, la
philosophie, l’éthique qui sous-tendent leur démarche
? Quelles sont leurs méthodes de travail ?
Le réseau « Art et Santé », coordonné
par Culture et Démocratie, rassemble des artistes et soignants
afin d’encourager un développement structurel, durable
et professionnel de projets artistiques en milieu de soin. Dans
ce cadre, il organise deux journées de réflexion autour
de la question « Pourquoi et comment construire un projet
artistique en milieu de soin ? ».
Les objectifs sont d’informer et de susciter une réflexion
sur le métier, sur le développement et l’intégration
de projets culturels en milieu de soin afin de mieux comprendre
et imaginer la place de l’artiste dans le secteur de la santé.
Les questions de déontologie, de méthodes de travail,
des collaborations, de préparation psychologique, etc. seront
abordées. A l’issue des deux journées, les participants
auront pu découvrir de nouvelles pistes d’actions et
de réflexions pour développer leur projet. Au programme:
discussions, échanges, témoignages, etc. Ces deux
journées s’adressent aux artistes qui souhaitent développer
ou qui développent un projet artistique en milieu de soin.
Informations : Culture et Démocratie -
02/502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be
Le nombre de participants ayant atteint la limite maximale,
les inscriptions ont malheureusement dû être clôturées…
Culture et Citoyenneté :
Plan culturel pour Bruxelles
Vendredi 29 janvier 2010, de 12h à 14h, au Centre culturel
Jacques Franck (Chaussée de Waterloo 94 – 1060 Bruxelles)
A l’initiative du Réseau des Arts à Bruxelles
et du Brussels Kunstoverleg, le secteur culturel bruxellois a mené,
durant 2 ans, des réflexions, études et débats
autour des enjeux et priorités pour l’activité
artistique et culturelle à Bruxelles. Ils ont débouché
sur la publication du Plan culturel pour Bruxelles. 120 acteurs
culturels bruxellois y dévoilent des questions, exigences
et ambitions concrètes formulées pour eux-mêmes,
pour le secteur culturel dans son ensemble et pour la ville.
Afin de mieux cerner le contenu et objectifs du Plan culturel pour
Bruxelles, Culture et Démocratie, le Réseau des Arts
à Bruxelles, le Brussels Kunstoverleg et le Centre culturel
Jacques Franck vous invitent à une rencontre-débat
à ce sujet. Les propositions qui seront mises en œuvre
dès 2010 autour de quatre chantiers seront également
présentées, avec ensuite un temps d’échange
pour réfléchir et discuter des actions prioritaires
pour l’ensemble du secteur culturel à Bruxelles.
Attention, le programme commencera à 12 heures… précises
!
12h00 : Accueil du Centre Culturel Jacques Franck et intro de Culture
et Démocratie
12h10 : Intervention de Eric Corijn, sociologue et philosophe de
la culture, professeur à la VUB
12h40 : Présentation du plan culturel
13h00 : Intervention de Julie de Groote (Présidente du Parlement
francophone bruxellois et membre du Parlement de la Communauté
française)
13h15 : Echanges
13h45 : Clôture
Informations et inscriptions : Culture et Démocratie
- 02/502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be
Lire aussi dans la rubrique « Faits et opinions » de
cette Lettre le discours de Bernard Boon Falleur, Président
du Plan culturel pour Bruxelles.
Activités et évènements à venir,
liés à la culture dans un esprit démocratique
:
Culture et Citoyenneté :
Terrorism, de Oleg & Vladimir Presnyakov
Mise en scène : Olivier Coyette
Du 12 janvier au 6 février 2010, à 20h30 (relâche
les dimanches et lundis) au Théâtre de Poche (Bruxelles)
« Les frères Presnyakov ont un goût pour l'humour
noir et la provocation. Dans ce texte, créé pour la
première fois en langue française, ils s'en donnent
à cœur joie et sondent les sols et les sous-sols humains
où la terreur prend racine. Ainsi l'intime et l'épique
se voient-ils inextricablement mêlés. Il est dangereux
de vivre, prendrez-vous le risque ? Ou serez-vous partisan de mesures
de sécurité ? Jusqu'où ? A quel point ?
La terreur érigée en système, c'est bien ce
"terrorisme" dont parlent les frères P., observateurs
aigus de leurs contemporains, à qui ils tendent ici le miroir
tranchant de la fiction pour se regarder vivre en riant d'effroi.
Car ce qui est montré est drôle et fait peur : nous
enlevons tous nos chaussures dans les aéroports. Est-ce le
premier pas vers... ? En tous cas un signe. Le signe d'un monde
qui a tendance à marcher sur la tête, où les
amants s'habillent afin de mieux se mettre à nu, où
les grands-mères s'affranchissent de leur progéniture,
où la collègue du bureau se pend dans le local du
psychologue...
Farce noire où des lambeaux d'humanité surgissent
des décombres d'un monde tétanisé par la peur,
par l'envie de sécurité et de mesures de prudence,
"Terrorism" interroge nos besoins d'assurance.
Mais si l'on peut s'assurer contre d'éventuels risques,
peut-on se rassurer d'être vivant ? Comment s'en assurer ?
»
Olivier Coyette
Infos et réservations : reservation@poche.be
ou 02/649.17.27.
La culture vous
emballe...un peu, beaucoup, passionnément ?
Prenez 5 minutes pour venir déballer votre avis devant une
caméra dans la caravane "La culture vous emballe ?"
Votre contribution sera intégrée (peut-être)
dans un court film réalisé par C-Paje…
En bonus : animation théâtrale et boissons chaudes
!
Les différents rdv :
21/01 - 11h30>15h : Atrium de la Communauté française
(Bxls)
22/01 - 8h>11h30 : Brocante Saint-Pholien (Outremeuse, Lg)
23/01 - 13h>16h : Place Tivoli (à coté de la Place
du Marché, Lg)
23/01 - 21h30>00h : Trans-barbantes, festival Off des Transardentes
(Lg)
Info : C-paje asbl - 04/223.58.71 - cecile@c-paje.net
http://www.c-paje.net/mailing/laculturevousemballe.htm
Belga Bordeelo
de Frédérique Lecomte (Théâtre de la
Réconciliation)
Du 22 janvier au 24 janvier, à la Maison Folie Mons
Le manège.mons/ Maison Folie et Victoria Deluxe à
Gand s’unissent pour vous présenter un spectacle rassemblant
sur scènes 15 citoyens montois et gantois, comme un pont
jeté au-dessus de la frontière linguistique et régionale…
Infos :
Manège
065 39 59 39
tickets@lemanege-mons.be
www.maisonfoliemons.be
Représentations à Gand : du 28 au 30 janvier 2010
(infos / réservations : +32 (0)9 324 80 26)
Reconquista !
Le vendredi 22 janvier 2010 à 20 heures, au Cerisier
(20, rue du Cerisier, 7033 Cuesmes)
Une fois encore, le capitalisme est parvenu à s’en
sortir. Sur le dos de la collectivité, sans aucune contrepartie,
en toute impunité, et au prix de catastrophes sociales dont
la liste funeste ne cesse de s’allonger. Malgré la
crise, rien n’a changé. Devant l’énormité
de ce qui se produisait, on s’est pourtant pris à espérer
un sursaut. Le réveil des assoupis. Bernique : tout reprend
comme avant. Business as usual.
Comment expliquer que nous restions à ce point inertes,
sans réaction proportionnée à la gravité
de ce monstrueux et criminel tour de passe-passe ? Allons-nous indéfiniment
ravaler notre indignation et laisser faire en attendant la prochaine
bulle ? Ce dont nous avons besoin, c’est d’une rupture
claire avec la logique infernale du capitalisme et de ses porteurs
de valises. Une rupture imposée par l’ensemble de la
société à sa minorité parasite
Reconquista ! La reconquête politique, sociale, idéologique,
culturelle, passe aussi par les mots. Le Collectif le Ressort propose
dans ce livre, paru aux éditions du Cerisier et de l’Unité
Populaire, 25 textes pour se réapproprier le sens des mots
et tenter de dégager des pistes d’alternatives concrètes
pour passer, enfin, de la résistance à la contre-attaque.
Infos : theatredesrues@skynet.be
Rencontres Irisées
2010
Le CBCS et l’Agence Alter, en collaboration avec la CLASS,
la FIAS-ACFI et La Maison du Livre, ont le plaisir de vous inviter
aux Rencontres irisées de rentrée politique :
- la première, le 25 janvier 2010, laissera la parole à
Monsieur Le Ministre Emir Kir, chargé de l'action sociale,
de la formation professionnelle et des relations internationales
à la commission communautaire française (CoCoF);
Modérateurs : Manu Deloeul et Julien Winkel (Agence Alter)
- la deuxième, le 1er février 2010, recevra Madame
La Ministre Evelyne Huytebroeck, chargée de l'aide aux personnes
handicapées (CoCoF), de la jeunesse et de l'aide à
la jeunesse (Communauté française).
Modérateurs : Ariane Hassid (CLASS) et Daniel Therasse (FIAS-ACFI)
- la troisième, le 1er mars 2010, nous permettra de dialoguer
avec Monsieur le Ministre Christos Doulkeridis, Ministre-Président
du Collège de la CoCoF, chargé du budget (CoCoF) et
du logement (Région).
Modérateurs : Thomas Lemaigre (Agence Alter) et Alain Willaert
(CBCS)
Infos :
Les rendez-vous sont fixés à La Maison du Livre, rue
de Rome 24, à 1060 Bruxelles. De 12h à 14h. Des boissons
et sandwiches sont prévus.
L'entrée est gratuite, mais l'inscription est obligatoire.
N'hésitez pas à vous inscrire dès aujourd'hui
via sdevlesaver@cbcs.be
ou au 02/511 89 59 (CBCS asbl).
Penser le futur : Scénarios pour demain
Du 31 janvier au 14 février 2010, à la Maison
Folie de Mons
Penser le futur. Une idée folle ? Pas pour la Maison Folie,
qui vous invite à venir découvrir et échanger
des idées, des expériences, pour mieux penser les
comportements de demain. Ils vous mettront à contribution,
car le futur vous appartient !
Cette saison sera axée sur "l’après-pétrole",
et plus particulièrement sur les transports et la mobilité
de demain.
Infos : http://www.maisonfoliemons.be/+-Penser-le-Futur-+
Université
Populaire de Saint-Gilles – Programme des activités
- mercredi 3 février (18H00-21H00) : conférence de
Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique
d'Attac-France, sur "la longue marche de la société
civile". Auteur de « Démocratie contre Capitalisme
», Editions La Dispute, 2005.
- mardi 23 février (18H00-21H00) : conférence (reportée)
de Christian Arnsperger et Paul Lannoye « sur la décroissance
»
- mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 mars (CFS, formation intensive
de 9H00 à 17H00) : formation d’animateurs d’ateliers
philo, par Michel Tozzi, Professeur émérite en sciences
de l'éducation, Université Montpellier 3, Président
de l’Université populaire de Narbonne. Auteur de «
penser par soi-même », une initiation à la philosophie
(2002). Cette formation pourra déboucher sur l’animation
d’un café philo à l’UP, d’ateliers
philo ou de philo pour enfants.
- mardi 9 mars (18H00-21H00) : séminaire (CFS) d’analyse
de texte de Yann Moulier Boutang
- mercredi 17 mars (18H00-21H00) : conférence de Yann Moulier
Boutang « sur le capitalisme cognitif », Professeur
des Universités en sciences économiques, et de l’Université
de Technologie de Compiègne
Infos : http://www.universitepopulaire.be/
Capital Confiance
Ecriture et mise en scène: Transquinquennal + Groupe TOC
Du 23 février au 06 mars 2010 à 20h30. Les mercredis
à 19h30. Grand Varia, Bruxelles.
Après s’être nourris des réflexions d’experts
qu’ils ont artistiquement rendues au cours de «Levées
de fonds» et avec l’aide de «chevaliers blancs»,
Transquinquennal et le Groupe TOC entament leur CAPITAL CONFIANCE.
Les deux collectifs bruxellois qui ont un esprit commun et des pratiques
théâtrales différentes élaborent un spectacle
avec, comme point de départ, les thèmes de LA crise
et de LA confiance, cette dernière étant, paraît-il,
la condition sine qua non de la croissance. Et comme tout le monde
le sait, sans croissance, on ne grandit pas…
Info : http://www.varia.be/fr/les-spectacles/capital-confiance2/
Culture et Solidarité :
Belgique Sauvage
Le 24 janvier 2010 et le 14 février 2010, au Nova
Un « thema » au Nova sur les luttes de l’extrême
gauche en Belgique depuis 1945
"Dissidences" est une revue indépendante qui consacre
deux numéros par an autour de dossiers thématiques
et pluridisciplinaires sur les mouvements révolutionnaires
(la lutte armée, les avant-gardes artistiques et politiques,
Mai 68...). Dans le cadre de son nouveau numéro, "La
Belgique sauvage. L'extrême gauche en Belgique francophone
depuis 1945", le Nova propose un cycle de débats et
projections autour de trois dimensions des luttes dans notre pays
: ouvrières ; immigrées/sans-papiers ; culturelles.
L'objectif est de porter un regard historique à partir de
notre situation actuelle, en s'interrogeant sur la mémoire
de ces expériences et sur leur actualité.
Info :
http://www.dissidences.net/
Le programme complet du cycle :
http://www.nova-cinema.org:80/index.php?page=prog/117/02dissidence.fr.htmµ
Les autres cycles du Nova :
http://www.nova-cinema.org/index.php?page=prog/00cover.fr.htm
Exposition « L’enfer me ment » au Palais de Justice
de Charleroi
Du 18 au 28 janvier prochain du lundi au vendredi de 8h30 à
12h30 et de 13h30 à 16h, dans la salle des pas perdus du
Palais.
Créée en 2007 à l’initiative de l’Asbl
Autrement (Service d’aide aux détenus de Bruxelles
I), cette exposition présente des photographies réalisées
dans différentes prisons en Région wallonne et à
Bruxelles par cinq artistes renommés : Jane Evelyn Atwood,
Jean-Marc Bodson, Michel Vanden Eeckhoudt, Gaël Turine et Hugues
De Wurstemberger.
Leur travail, mieux qu’un long discours, questionne sur les
réalités du monde carcéral et les conditions
de détention.
N.B. : voir aussi, plus loin, notre information à propos
de "Un homme debout", un spectacle sur le même sujet,
en mars, au Théâtre de l'Ancre à Charleroi.
Salon de la documentation et des outils pédagogiques
Le mardi 26 janvier 2010 de 10h à 15h, à la Maison
des Sports de la Province de Liège
Venez découvrir, pour la première fois réunies
à Liège, les différentes ressources documentaires
et pédagogiques qui pourraient vous être utiles dans
le cadre de vos recherches, animations, cours et autres activités
professionnelles.
Le Réseau Santédoc vous y présentera : outils
pédagogiques, livres et revues, dossiers de presse, brochures,
jeux, répertoires, DVD… sur des thématiques
variées concernant la santé et les problématiques
de société
Info : www.santedoc.be
Les SDF descendent dans la rue pour exiger une baisse du prix de
l’alcool !
Le 24 janvier 2010 à Bruxelles, une manifestation organisée
par le Collectif Manifestement.
Si l'on exclut de l’entreprise et du débat les SDF
(s'ils existent!) qui refusent consciencieusement de (ré)intégrer
le « système », si l'on rappelle que les membres
de toute « population » constitutive du tissu social
(fût-il décousu, rapiécé, râpé
ou totalement effiloché) marquent leur inscription dans le
« système » par l’identification et la
défense de leurs « intérêts corporatistes
», et si l’on admet que les SDF constituent une «
population » reconnaissable, entre autres, à la part
importante prise en moyenne par l’alcool dans les dépenses
courantes de ses membres, il suit qu’une manifestation de
SDF réclamant une baisse du prix de l’alcool s’inscrit
parfaitement dans la logique du « système » dont
on leur reproche (variante : on les plaint) d’avoir décroché
et qu’on espère les voir (variante : les aide à)
(ré)intégrer.
Au cœur du projet, il y a donc la volonté / le pari
/ la nécessité de revoir à la hausse le statut
des SDF classiquement défini par la négative : ne
pourraient-ils pas aussi être des acteurs de leur propre émancipation,
qui s’emparent de l’espace public pour faire valoir
leurs revendications ?
L’objectif de (ré)insertion ne peut-il être
pensé qu’en termes socio-économiques, c’est-à-dire
d’accession (illusoire le plus souvent) à un travail
? La lutte contre les inégalités sociales ne passe-t-elle
pas aussi par un combat contre la société du mépris
et de l'humiliation, contre la tyrannie de la performance obligée
et de l’autonomie obligatoire, contre l'idéologie du
mérite et de la faute, contre la fabrication de la honte
et de la culpabilité ?
Faire l’objet d’aide sociale et être sujet politique,
est-ce incompatible ? Peut-on bénéficier d’«
aide » et prétendre au « superflu » ? L’état
de besoin extrême rend-il indécent, ou inepte, ou coupable,
l’état de désir ? User de son droit à
l’assistance diminue-t-il le droit à la parole ?
Et une manifestation est toujours une prise de parole et la parole
des SDF est cela même
qu’un paternalisme radical à leur endroit risque toujours
inconsciemment de confisquer.
Au cœur du projet, il y a la volonté / le pari / la
nécessité de ne pas préjuger du contenu de
cette parole, quand bien même il touche un sujet aussi éminemment
problématique que l’alcool.
Et une manifestation est toujours aussi une opération de
visibilité, l’occasion, non d’être vu à
son insu, évité du regard ou pointé du doigt,
mais de se montrer, de s’affirmer, de s'imposer à la
vue : d’être, une fois, regardé en face.
Et une manifestation est toujours aussi une montée en puissance,
ce qui, s’agissant de personnes radicalement dépourvues
de pouvoirs, constitue déjà en soi un renversement,
tout infime soit-il, de la réalité.
Et une manifestation est toujours aussi une accélération
du réel, comme le mouvement subitement incontrôlable
et parfaitement fugitif d'une « fête ».
Et ce sera la fête le 24 janvier 2010 !
Le Collectif Manifestement
Intéressé(e), intrigué(e), interloqué(e)
? : http://www.manifestement.be/2010/concept.htm
Tous les détails sur la manifestation : http://www.manifestement.be/2010/index.htm
Réactions : contact@manifestement.be
Un homme debout
Texte : Jean-Marc Mahy et Jean-Michel Van den Eeyden
Mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden
Du mardi 2 au samedi 6 mars 10 à 20h30, L'Ancre (Charleroi)
À 36 ans, Jean-Marc Mahy commençait enfin sa vie.
En prison depuis l’âge de 17 ans, l’autonomie,
la liberté, la société : tout lui était
étranger, ayant (selon ses propres dires) « vécu
comme un assisté durant près de 20 années,
derrière les barreaux ».
Son urgence aujourd’hui ? Faire en sorte que d’autres
jeunes ne connaissent jamais son expérience, que d'anciens
détenus s’en sortent une fois « sortis ».
Ses outils ? La rencontre et la parole. Parler de son parcours,
de son vécu, de la prison, d’un avenir possible dans
une société qu’il aimerait « plus solidaire,
plus à l’écoute », moins fabrique à
exclusion et à marginalisation, une société,
aussi, où la solution carcérale serait davantage instructive
et constructive que sanitaire, sécuritaire et destructrice.
Dans une forme proche de la performance (où le filtre du
personnage n’existe pas), le metteur en scène Jean-Michel
Van den Eeyden offre ici une autre dimension à cette parole
singulière et généreuse, en lui adjoignant
d’autres points de vue et regards, grâce au travail
du vidéaste flamand Kurt d’Haeseleer.
Un hommage, également, à une certaine détermination
ou force de vie, qui nous donne le courage de rester, quels que
soient les obstacles, « un homme debout ».
Infos :
Théâtre de l’Ancre
Rue de Montigny 122
6000 Charleroi
info@ancre.be
La Belle Échappée – Regards dans l’art
hors normes
Du 4 février au 7 mars 2010, au Château de Seneffe
L’AFrAHM asbl (association francophone d’aide aux handicapés
mentaux) vous invite à visiter l’exposition «
La Belle Échappée – Regards dans l’art
hors normes » qui se tiendra du 4 février au 7 mars
2010 dans l’Orangerie du Château de Seneffe.
Cette exposition regroupe une centaine d’œuvres réalisées
par des artistes handicapés mentaux. Elles ont en commun
que l'on y rencontre un certain regard : profond, dur, fuyant, interrogateur,
ironique, halluciné, doux, triste, absent… Certains
effrayent, d’autres rassurent, intriguent, suscitent le sourire…
Des yeux humains, dont l’expression varie d’une toile
à l’autre ! Traduisent-ils un état d’âme
? En sont-ils les fenêtres ? On pourrait le croire. Tournés
vers l’extérieur, à l’affût de «
choses à voir », ils n’en laissent pas moins
transparaître leur monde interne. Le spectateur ne peut y
être indifférent. Un des objectifs de cette exposition
est d'ailleurs d’amener le visiteur à se poser des
questions sur le regard qu'il porte, lui-même, sur ces personnes
"autres", "différentes"…
A l’occasion de cet événement, 10 ateliers
– Créahm-Bxl, Campagn’Art, Ateliers du 94, L’Atelier
17, Home André Livemont, La Pommeraie, La Maisonnée,
Le Tandem, CEC La Hesse et le Centre de Hemptinne – et 3 musées
belges – Madmusée, Art&Marges et Dr Guislain –
nous dévoilent leurs trésors, soigneusement choisis
en fonction du thème et de leurs qualités intrinsèques.
Infos : http://www.afrahm.be/?action=nieuws_detail&nieuws=24&titel=Exposition+%22La+Belle+Echapp%C3%A9e+-+Regards+dans+l%27art+hors+normes%22
Quels enjeux pour l’Europe sociale ?
Jeudi 4 février 2010 à 19h30 au Restaurant de
l'asbl FOR.E.T
L’année 2009 a été une année
de changements importants pour l’Union européenne :
adoption du Traité de Lisbonne, élection d’un
nouveau Parlement, nomination d’une nouvelle Commission, désignation
d’un Président et d’une Ministre des Affaires
étrangères. Par ailleurs, l’UE et les Etats-membres
ont du prendre position par rapport à deux crises majeures
: la crise économique et financière d’une part
et, d’autre part, les défis environnementaux discutés
à Copenhague en décembre dernier. Lors d’une
conférence organisée par le Centre du Libre Examen
sur l’état de l’Europe sociale et ses perspectives
pour les années à venir, Denis Stokkink (président
du Centre régional du Libre Examen et du Think Tank européen
Pour la Solidarité) analysera cette évolution et dressera
un bilan des politiques européennes.
Info :
Restaurant de l'asbl FOR.E.T.
Boulevard de la 2ème Armée Britannique, 27
1190 Forest
P.A.F. : 20 euros (repas compris)
Réservation et paiement sur le compte 068-0684480-75 au plus
tard le vendredi 27 janvier 2010.
Interculturalité :
MADE IN BELGIUM
Du 22 janvier au 3 mars 2010, à l’Atelier de Globe
Aroma
Les 3, 4 et 5 septembre 2009, des habitants du Petit-Château
ont emmené les visiteurs en voyage vers le paradis belge.
Un voyage en canot sur le canal à Bruxelles, avec de vrais
pirates et de vrais belges. Sur un terrain vague du port de Bruxelles,
ils ont été gâtés avec un repas préparé
par des cuisiniers du monde entier, accueillis par des hôtes
et de la musique interprétée en direct à la
Table Cuisine.
L’expo MADE IN BELGIUM montre une sélection des photos
de la représentation.
Pendant le vernissage (le 22 janvier de 18h à 24h), il y
aura également un court-métrage et de la musique live…
Info :
Globe Aroma team
Cellebroersstraat 16 rue des Alexiens
1000 Brussel
02/511.21.10
info@globearoma.be
www.globearoma.be
Politique culturelle :
L’artiste et ses intermédiaires.
Le 23/02/2010, dès 14h, à la Maison du Peuple
de Saint-Gilles
Smart présente sa dernière publication « L’artiste
et ses intermédiaires ».
En trois temps. Tout d’abord une présentation générale
de l’ouvrage. Ensuite deux interventions sur des questions
plus spécifiques. L’une sur « le rôle du
producteur. L’artiste et ses intermédiaires dans le
secteur du cinéma », l’autre sur « les
fonctions socio-économiques des intermédiaires du
travail artistiques ».
Info et inscription (obligatoire) :
Julie De Boe
dbj@ubik.be
02/542 10 67
Programme
complet
La Rencontre de Pécs : Crise économique : quel devenir
pour les politiques culturelles locales ?
Du 3 au 6 mars 2010, à Pécs (Hongrie)
Face à la situation économique difficile que connaissent
les états et les collectivités territoriales, l’association
européenne « Les rencontres » propose une réflexion
sur les politiques culturelles locales en temps de crise.
La Rencontre de Pécs sera ainsi l’occasion de faire
un premier bilan sur les effets de la crise, et d’analyser
les perspectives qui s’offrent aux politiques culturelles
locales. Il s’agira de mener une première réflexion
commune, afin de permettre un échange de bonnes pratiques,
d’élaborer ensemble des propositions en faveur du maintien
du développement culturel et de réaffirmer l’importance,
dans une vision à long terme, du rôle des collectivités
territoriales.
Cette rencontre sera ponctuée d’activités culturelles,
dans le cadre du programme Pécs 2010 Capitale européenne
de la culture.
Info : pecs2010@lesrencontres.eu
Coups de cœur
Un Prix Nobel en faveur du travail de groupe.
Elinor Ostrom, professeure à l'Université d'Indiana,
n'était pas très connue, jusqu'ici. Le Prix Nobel
d’économie, qu'elle a reçu en octobre 2009,
la reconnaît enfin pour la recherche originale qu’elle
poursuit depuis plusieurs décennies à propos de la
gestion des "biens communs", une dénomination qui
couvre des réalités telles que les réserves
d'eaux souterraines, les systèmes d’irrigation, les
eaux poissonneuses, les prairies et bois communs.
Le plus souvent, ces "biens communs" sont gérés
par l’Etat. Il arrive malheureusement que cette gestion soit
négligente et qu'elle s’accompagne de l’épuisement
des biens. L’alternative est alors de remettre leur organisation
au marché et de les privatiser, de sorte que chaque propriétaire
soit responsable de sa partie. C’est ce qui se produit aujourd’hui,
notamment avec des plages ou des pans entiers de la forêt
amazonienne. Cependant, selon Elinor Ostrom, les économistes
politiques sont allés beaucoup trop loin ! Leur extrême
spécialisation les a rendus aveugles aux autres domaines
de la vie, comme la dynamique sociale dans la société,
la manière dont des gens peuvent travailler ensemble, et
ce que la motivation peut rapporter comme bénéfice
économique…!
La recherche de Elinor Ostrom s'oriente vers la gestion collective,
une troisième et tout autre façon de traiter cette
question qui met l’économie à nouveau en contact
avec la vie sociale concrète des gens. Via cette recherche
empirique, elle en arrive à constater que l’économie
est beaucoup plus efficace si on laisse de tels biens communs être
gérés par le groupe. Il peut s’agir de sociétés
indigènes amenées à gérer collectivement
les bois et les prairies. Mais ce peut aussi être le cas pour
des systèmes très modernes, comme des blocs d’appartements,
ou l’eau potable commune…
Wolfgang Sachs, sociologue et chercheur à l’Institut
Wuppertal en Allemagne, a été agréablement
surpris de l’attribution du prix à Ostrom : «
elle est en réalité une économiste dissidente
qui, pendant plus de 20 ans, a fourni un travail très important
sans recevoir pour autant la moindre attention (…). Elle introduit
un paradigme entièrement nouveau, à savoir l’économie
comme relation et l’économie en communauté.
Elle se concentre sur une économie de collaboration au lieu
d’une économie de concurrence et arrive par des recherches
empiriques à la conclusion que cette approche est souvent
plus rentable, ce qui va totalement à l’encontre de
la pensée économique néoclassique. De plus,
c’est la première fois qu’une femme reçoit
le Prix Nobel d’économie, et ce n’est pas trop
tôt ! »
n. b. : après les prix Nobel attribués il y a peu
à Paul Krugman et à Joseph Stiglitz, qui ont plaidé
pour la liberté de l'accès aux œuvres et au savoir,
ce nouveau Prix est un bon signe…!
Prix de la Citoyenneté 2009
Bruxelles, le 17 novembre 2009. La Fondation P&V a attribué
ses Prix de la Citoyenneté 2009 à deux associations
belges qui luttent de manière exemplaire contre l’intolérance
et les discriminations en Belgique. Sensibiliser, éduquer,
agir sont les missions que remplissent "Les Territoires de
la Mémoire", en Communauté française et
"Kif Kif" en Communauté flamande.
Depuis 2005, le Prix de la Citoyenneté est décerné
à des personnes, des initiatives ou des organisations de
Belgique ou de l’étranger qui s’investissent
pour une société ouverte, démocratique et tolérante.
L’éducation à la tolérance :
une priorité pour les deux lauréats 2009 !
Le jury du Prix de la Citoyenneté de la Fondation P&V
était composé d’une trentaine de personnalités
issues des milieux économique, culturel, social et médiatique,
de tout le pays. Il a choisi cette année de mettre à
l’honneur deux associations qui, au départ d’initiatives
de citoyens engagés, veillent par leurs actions à
diffuser des valeurs de tolérance, de solidarité et
de dialogue.
En temps de crise, l’histoire l’a trop souvent prouvé,
on assiste à une montée des extrémismes et
des replis identitaires. Le jury a, au contraire, délibérément
souhaité mettre l'accent sur ceux qui, par leur origine culturelle
ou sociale, se sont retrouvés au ban de la société.
Les Territoires de la Mémoire et Kif Kif mènent des
actions concrètes, un travail d’information et de sensibilisation
et d’éducation à la citoyenneté, innovant
et exemplaire, auprès des jeunes et de l’ensemble de
la population.
La plateforme interculturelle Kif Kif s’est donné
pour mission de sensibiliser les citoyens et les pouvoirs publics
sur le sort des minorités; elle utilise des moyens de communication
innovants pour informer, éveiller les consciences et changer
les mentalités afin de mieux vivre ensemble. L’association,
basée à Anvers, dispose d’une antenne à
Bruxelles et à Gand et est active dans toute la Communauté
flamande. Elle lutte contre les inégalités de manière
dynamique, efficace et professionnelle. Elle fait appel à
des volontaires et s’adresse principalement aux jeunes.
Par ses actions et ces multiples canaux d’information dont
son remarquable site web, l’association stimule la participation
et l’intégration des minorités. C’est
ainsi par exemple qu’elle met en valeur les talents et la
créativité des jeunes d’origines diverses via
son prix annuel « Kif Kif Awards » ou qu’elle
organise des formations et des bourses à l’emploi afin
d’encourager l’embauche de jeunes allochtones.
Le Centre d'Education à la Tolérance et à
la Résistance Les Territoires de la Mémoire veille
à prévenir et à éviter les dérapages
de notre société. Il s'oppose à toute forme
de xénophobie et de racisme. L’étude de l'histoire
et en particulier celle de la montée des extrémismes
en Europe au XXème siècle et le développement
de l'esprit critique sont deux éléments indissociables
pour faire de notre société un modèle plus
tolérant et humain. L’association entretient la mémoire
du passé, tout en restant ouverte sur le présent et
tournée vers l’avenir.
Expositions, publications, matériel didactique, actions
et campagnes de grandes qualités sont menées avec
beaucoup de professionnalisme. L’équipe mène,
en amont, un important travail d’éducation et de sensibilisation
en Communauté française et en Europe (contribution
à la Fédération européenne des centres
de mémoire).
Sources Internet
- Les Territoires de la Mémoire : http://www.territoires-memoire.be/
- Kif Kif : www.kifkif.be
- La Fondation P&V : www.fondationpv.be
Faits et opinions
Un manifeste pour le respect et la défense des savoirs traditionnels
Le Manifeste pour l'avenir des systèmes de connaissance,
lancé à l'Unesco, défend le respect de la souveraineté
des connaissances traditionnelles. Ce texte, rédigé
par des personnalités du monde entier, appelle à un
changement de paradigme.
Le monde contemporain est encore profondément influencé
par la révolution intellectuelle des Lumières. Cette
période a notamment marqué le passage de l'obscurantisme
à la connaissance rationnelle et donné à l'homme
une véritable foi dans le progrès. Dès lors,
la science et la technique sont pour lui le moyen de se détacher
de la nature et plus encore, de la maîtriser. Certains penseurs
défendent même l'idée d'une opposition entre
nature et culture.
C'est pour proposer un autre paradigme que celui qui domine actuellement
les sociétés occidentales que le "Manifeste pour
l'avenir des systèmes de connaissance" a été
lancé. Le monde regorge de connaissances multiples, très
approfondies mais souvent ignorées. Ces systèmes de
connaissance traditionnels jouent pourtant un rôle essentiel.
Il nous faut sortir de notre ethnocentrisme et de l' occidentalocentrisme
ambiant pour apprendre de ces savoirs, analyse Walter Erdelen, vice-directeur
général pour les Sciences naturelles à l'Unesco,
lors de la conférence de lancement du Manifeste pour l'avenir
des systèmes de connaissance. Le texte, promu par Vandana
Shiva, écrivaine, physicienne et figure du courant altermondialiste,
et Claudio Martini, président du gouvernement de la région
Toscane (Italie), a été signé par de nombreux
universitaires et personnalités du monde entier.
Se défaire du paradigme dominant
Le texte défend une autre manière de penser le monde
: la crise actuelle est liée à une idée démodée
du monde et du savoir, analyse Vandana Shiva.
Notre civilisation techno scientifique a transformé l'homme
en une machine contrainte à consommer, explicite Danielle
Mitterrand, présidente de France Libertés. Nous devons
retourner au principe de frugalité. Claude Levi-Strauss,
récemment disparu, dénonçait l'occidentalisme
triomphant. Cet homme nous a montré qu'il n'y avait pas de
hiérarchie entre les cultures, que les autres n'étaient
pas inférieures à la nôtre sous prétexte
qu'elles n'étaient pas parvenues au progrès, à
notre progrès. La soi-disant avance de la culture occidentale
est mesurée par rapport à nos propres critères.
Notre foi dans le progrès nous a conduit à un pillage
insensé de la planète, à une rupture de l'équilibre
naturel… L'humanisme n'est pas le résultat de la technologie
et du progrès, l'humanisme c'est la reconnaissance de la
diversité des cultures.
Un point de vue partagé par José Gualinga, représentant
du peuple Kichwa de Sarayaki, en Amazonie équatorienne :
le système dominant a toujours cherché à hiérarchiser
et classer les savoirs indigènes. La science a de tout temps
voulu avoir raison, nous avons dû combattre cette manière
de voir les choses. La modernisation des sociétés
a supposé des changements pour améliorer notre vie.
L'effet a été contraire, cela a détruit les
bases de ce qui nous était nécessaire. Nous ne comprenons
pas cette idée qui consiste à détruire pour
atteindre quelque chose.
Apprendre des savoirs ancestraux
Au contraire, les auteurs du Manifeste luttent contre une uniformité
de la pensée et appellent à apprendre des différentes
cultures qui ont su s'adapter, évoluer avec leur environnement.
Le savoir traditionnel et indigène a été exclu
et est encore méprisé de nos jours. Pourtant, l'idée
que certaines personnes (les experts) détiennent le savoir
et que le reste de la population ne sait rien est dépassée.
Nous ne croyons plus au fait que les experts vont apporter la solution
à la crise, estime Vandana Shiva. Qui mieux qu'un agriculteur
qui observe quotidiennement ses semences connaît les problèmes
qui y sont liés ? Sans renier l'apport de la science actuelle,
les auteurs du texte estiment que les savoirs traditionnels doivent
être intégrés à la connaissance scientifique.
Au moment où les discussions internationales sur le climat
nous poussent au pessimisme, les savoirs locaux nous donnent des
raisons d'être optimistes. Les Inuits vivent dans un milieu
hostile et se transmettent leurs connaissances de génération
en génération. Dans les îles Salomon, les villageois
savent se protéger de violents ouragans, des tsunamis. Lors
des dernières intempéries dans ces îles du Pacifique,
alors que l'on craignait un désastre humain, il n'y a pas
eu une seule victime.
Protéger le savoir traditionnel
Preuve de la valeur des savoirs ancestraux ? L'appropriation de
ces connaissances par des sociétés commerciales…
La biopiraterie est d'ailleurs dénoncée par les auteurs
du manifeste. Tout au long du processus de modernisation, les peuples
indigènes ont souffert. On a violé nos droits, nos
libertés. On nous a exclus et aujourd'hui on prend nos savoirs
pour en tirer profit. Le système actuel fait que les entreprises
ont des droits. Les peuples comme nous, la nature n'en ont pas.
La nature est pillée, nos savoirs sont appropriés
par d'autres, dénonce José Gualinga.
Vandana Shiva précise : aujourd'hui près de 730 brevets
sont dans les mains de cinq entreprises, qui privatisent des connaissances
traditionnelles. Il faut défendre les savoirs ancestraux
comme un bien public. Les peuples doivent conserver le droit d'utiliser
leurs connaissances.
Sophie Fabrégat
www.actu-environnement.com
Discours de Bernard Boon Falleur, Président du Plan culturel
pour Bruxelles, prononcé à l’occasion des vœux
2010 du Réseau des Arts de Bruxelles et du Brussels Kunstenoverleg
Chers amis,
Nos deux réseaux m’ont demandé de vous adresser
quelques mots. Ils m’ont demandé de prendre da
la distance avec mes fonctions de président – porte
parole du Plan Culturel pour partager avec vous, aujourd’hui,
quelques réflexions et opinions plus personnelles. Ils ont
été prudents.* Ils m’ont autorisé
à le faire quelques minutes avant de retourner dare dare
dans mon rôle initial.
Je fais donc appel à votre bienveillante attention pour
vous livrer rapidement quatre considérations ou prises de
position plus personnelles qui n’engagent en rien les réseaux:
1. L’interculturalité
2. Les relations entre les mondes culturel et politique
3. L’esthétique de la ville
4. Une réflexion citoyenne sur notre vraie ligne de fracture
1. Oui, j’ai choisi le camp du dialogue
interculturel. Bruxelles, à l’instar d’autres
métropoles mondiales, vivra sa multiculturalité dans
ce dialogue ou ne sera rien. A Bruxelles, ce dialogue interculturel
génère et générera une culture propre
qui façonnera progressivement cette ville.
Et vous ne devez pas penser que je suis naïf. Je sais
très bien qu’il y a deux camps. Les deux camps sont
présents dans le secteur culturel bruxellois. Il y a dans
cette salle ceux qui croient résolument que Bruxelles est
une ville francophone et qu’elle devrait le rester dans le
domaine culturel. Et d’autres qui pensent qu’à
tout instant, avec tous les moyens possibles, il faut faire progresser
la présence et la culture flamande à Bruxelles comme
une ligne de front.
Tout en ayant du respect pour les uns et les autres, je pense qu’ils
se trompent profondément. J’ai choisi mon camp.
Mais pour nous, opérateurs culturels, ce n’est
pas seulement une question de dialogue entre flamands, francophones,
turcs et marocains… Même s’il est d'un autre
ordre, ce dialogue est également nécessaire entre
le monde culturel et l’enseignement, entre le monde culturel
et le monde politique, le monde culturel et le monde des affaires.
Chacun de ceux-ci a en quelque sorte sa propre culture. C’est
tellement facile de la critiquer, de la mépriser ou, tout
simplement de l’ignorer… Aussi, dans ce domaine,
j’ai choisi mon camp.
2. Ceci m’amène à partager
avec vous une brève réflexion sur les relations entre
le monde culturel et le monde politique.
Dans ma très courte vie culturelle - même pas dix
ans - j’ai vu un peu de tout :
· des acteurs culturels très éloignés
du monde politique, voire fermés à celui-ci : nous
les purs, éloignez de nous cette turpitude.
· des acteurs culturels totalement inféodés
au monde politique.
· des politiciens qui se prennent pour des acteurs culturels.
· des acteurs culturels qui se prennent pour des politiciens.
· et enfin quelques acteurs du monde culturel et politique
se mouvant dans une objectivité relationnelle, dans laquelle
les résultats obtenus dépendent plus de la valeur
des personnes, des projets, des arguments que des heures de présence
aux innombrables réceptions.
Mon expérience dans le monde culturel et celle au Barreau
(j’ai été avocat durant huit ans) m’ont
profondément persuadé que la culture est si importante
qu’elle exige, et cela vaut aussi pour la Justice, une «
éthique relationnelle » entre les acteurs culturels
et les acteurs politiques, une éthique relationnelle
fondée sur deux piliers :
· une distance respectueuse ;
· la liberté du désaccord et du débat,
même sur la place publique c’est-à-dire dans
la presse.
C’est une matière qui nous concerne tous. C’est
tellement tentant pour l’acteur politique, généreux
pourvoyeur de fonds, de considérer que le monde culturel
lui doit respect et allégeance. Nous ne sommes jamais totalement
à l’abri du chantage financier. Et c’est tellement
facile pour l’acteur culturel de critiquer le politique. Non,
distance respectueuse.
En ce qui concerne la liberté de désaccord et
de débat, nos deux réseaux jouent un rôle essentiel.
Notre force, notre crédibilité, notre dynamisme sont
beaucoup plus grands si le débat est mené et appuyé
par un ensemble d’acteurs culturels plutôt que par un
acteur culturel isolé. Maintenant que les deux réseaux
gagnent de plus en plus en crédibilité grâce
à la qualité de leurs actions, les dirigeants de nos
grandes maisons culturelles devraient – plus que par le passé
– les prendre en compte.
3. Ma troisième réflexion porte
sur l’esthétique dans la ville.
Tout au long de l’élaboration du plan culturel, à
travers mille rencontres, une pensée m’est revenue
sans cesse : cette ville a besoin comme de pain d’esthétique
et d’équilibre.
L’esthétique est un curieux animal. Sa création
est un processus a-démocratique : on ne crée pas la
Vénus de Milo ou un bâtiment de Mies van de Rohe par
quarante voix pour et dix voix contre ! Sa présence et sa
diffusion dans l’espace public est par contre la chose la
plus démocratique qui soit : une ville, une place, une rue
est belle ou laide pour l’ensemble de ses habitants.
Même si nous avons vu ces dernières années
quelques initiatives positives dans ce domaine, cette ville a encore
un long chemin à parcourir. Cela demandera à tous
les responsables beaucoup de travail et beaucoup d’humilité.
Je salue à ce propos la nomination d’un bouwmeester
à Bruxelles et lui adresse tous mes vœux de succès
dans cette tâche particulièrement ardue.
4. Permettez-moi enfin de vous livrer une réflexion
citoyenne, ou plutôt une conviction citoyenne, qui n’est
pas directement liée à la vie culturelle bruxelloise
mais qui s’est encore renforcée chez moi au cours de
ces deux dernières années de participation au plan
culturel. Dans cette ville, dans ce pays tellement curieux et tellement
attachant, la ligne de fracture n’est pas entre deux langues
ou deux communautés culturelles, ou à Bruxelles entre
plusieurs communautés socio-culturelles. Non, et je le
dis avec force et colère. La faille est dans chacune de nos
communautés (et je parle de toutes les communautés
présentes à Bruxelles), entre ceux qui luttent en
permanence pour l’entente, le vivre-ensemble, l’intérêt
commun et les tenants de la séparation, du rejet de
l’autre et du repli sur soi.
Cette lutte n’a rien d’extraordinaire. Elle est au
contraire d’une banalité désespérante,
en tout cas sur quatre plans :
· elle est aussi vieille que l’humanité et s’étend
sur l’ensemble de la planète ;
· comme un cancer, elle doit, pour se fixer, trouver un terrain
favorable : la différence, la différence sociale,
religieuse, ethnique, linguistique…
· Cette lutte est toujours en partie basée sur
un mensonge, parfois très grossier, parfois plus subtil.
Dans le registre des mensonges grossiers : tous les jeunes immigrants
sont des voleurs, tous les belges sont racistes, tous les musulmans
sont des terroristes potentiels.
Dans un registre plus subtil, notre conflit belgo-belge est champion
! Depuis quarante ans nous entendons cet argumentaire sois disant
rationnel, non-émotif :
- historiquement, nous nous sommes réunis car nous
nous comprenions, nous nous entendions
- aujourd’hui, on ne se comprend plus ou on ne s’entend
plus ;
- donc il faut se séparer.
Le mensonge est évident…mais il n’est pas là
où on pense. On ne ment pas quand on dit qu’on ne se
comprend pas ou qu’on ne s’entend pas. On ment quand
on dit qu’on s’est mis historiquement ensemble parce
qu’on se comprenait et qu’on s’entendait. Citez-moi
une communauté humaine en Europe qui s’est mise ensemble
parce qu’elle s’entendait. Non, on se met ensemble par
nécessité, par souci d’efficacité. Et,
pour ce faire, on apprend à se supporter, à se connaître,
se comprendre et parfois à s’entendre. Et même
dans notre société colossalement riche d’aujourd’hui,
dans laquelle nous avons pu nous permettre tous les gaspillages,
nous devons garder ce même souci d’efficacité
parce que les besoins sont immenses.
· enfin, dans cette lutte, la thèse de la séparation,
du rejet de l’autre, entraîne toujours un coût
exorbitant. Et à la fin, quelle qu’ait été
l’ampleur du coût ou de la destruction, il faut toujours
un noyau d’hommes et de femmes qui retrouvent le chemin de
l’entente et de la construction commune.
Encore une fois, comme vous pouvez le sentir, j’ai choisi
mon camp, toujours dans le respect de mes adversaires. Mais comprenez
moi bien. Je ne suis pas naïf. Je n’ai pas la nostalgie
d’un passé belge. Pas de naïveté,
pas de nostalgie. Mais la conscience aiguë que nous avons sur
ce plan un immense privilège et un immense devoir :
· l’immense privilège, même s’il
est parfois douloureux, d’avoir connu et de connaître
cette lutte dans notre histoire, dans nos familles, dans nos tripes
;
· l’immense devoir de la conclure de la manière
la plus constructive possible, dans l’entente et la recherche
du bien commun, afin de faire de cette conclusion un exemple au
moment précis où l’Europe souffre de toutes
parts en son sein des signes avant coureurs de tant de conflits
identitaires.
Voilà. Assez parlé à la première personne.
Je retourne à mon rôle qui m’a été
assigné par les deux réseaux.
Avant de vous quitter, laissez-moi, en paraphrasant la vision de
la ville contenue dans le plan culturel, vous souhaiter une année
d’accueil, une année de liens entre tous les bruxellois,
une année de débat, une année des réseaux.
Bernard Boon Falleur
* Les éléments en italique ont été
prononcés en néerlandais. Nous les avons traduits.
Dernières nouvelles
Culture et Citoyenneté :
Carte blanche – Culture avec C comme Crise
Le 16 décembre 2009, Le Soir publiait une carte blanche,
signée par un collectif de représentants du monde
de la culture, qui remettait en cause la décision de l’administrateur
général de la RTBF de proposer une programmation pour
« un large public, et non pas pour initiés ».
Ce texte rappelle, dans un contexte de crise, les dangers de verser
dans une culture de masse.
Lire
ici la carte blanche.
A films ouverts - Concours de courts métrages
Un concours proposé par Média Animation dans le cadre
de la Journée Internationale de l'ONU pour l'élimination
de la discrimination raciale (21 mars).
Le thème retenu pour l’édition 2010 du Concours
de Créativité Contre le Racisme s'intitule :
Interculturalité : clefs contre le racisme ?
Au travers de ce concours, Média Animation proposera aux
participants de réaliser :
- soit des courts métrages (moins de 8 min) ;
- soit des très courts-métrages (moins de 1 min).
Un jury, composé de professionnels du cinéma, de
responsables associatifs et de personnes actives dans la communication
décernera un prix par catégorie. D’ores et déjà,
Philippe Reynaerts (Directeur de Wallimage) a accepté d’en
assurer la présidence.
L’originalité de ce concours – ouvert à
tous – est aussi d’être multi-supports. En effet,
les courts métrages pourront non seulement être réalisés
à partir d’un tournage classique (caméra), mais
aussi à partir d’un GSM ou d’un appareil photo
numérique.
Les inscriptions à ce Concours sont à envoyer à
Média Animation pour le 22 janvier 2010.
La remise des œuvres est fixée au 22 février
2010.
Des séances « prix du public » seront organisées
en partenariat avec une dizaine de lieux décentralisés.
La remise des prix et une dernière séance de «
Vote du Public » seront organisées le dimanche 21 mars
à Bruxelles. Cet événement coïncidera
avec la Journée Internationale de l'ONU pour l'élimination
de la discrimination raciale.
Infos :
100 avenue E. Mounier
1200 Bruxelles
Tél : 02 256 72 33
www.afilmsouverts.be
concours@afilmsouverts.be
L'Image de la ville. Bruxelles et ses photographes des années
1850 à nos jours
Aimez-vous Bruxelles ? Au point de vouloir retrouver son passé
à travers ses images ? Si c'est le cas, l'ouvrage "L'Image
de la Ville. Bruxelles et ses photographes des années 1850
à nos jours", publié aux éditions CFC,
ne vous décevra pas. L'auteure, Danielle Leenaerts, nous
convie à un dialogue éclairant entre l'évolution
de la ville et celle de la photographie.
Si l'ouvrage est de type "scientifique", ce qui se vérifie
à travers une terminologie "histoire de l'art"
et par les termes techniques liés à la photographie,
ancienne notamment, les non-spécialistes s'en affranchiront
pourtant sans peine ! Ils apprendront à se glisser dans les
pas des photographes et découvriront des parcours très
divers, en fonction de l'œuvre et de la personnalité
des auteurs représentés.
Il y est question, successivement, des premières missions
photographiques à vocation d'inventaire patrimonial, des
cercles d'amateurs et de leurs revues, des mouvements pictorialistes,
modernistes, surréalistes, des adeptes de la "subjektive",
des photographes passionnés d'architecture, de quelques photoreporters
et notamment de ceux qui osèrent photographier clandestinement
entre 1940 et 1944, sous l'occupation. L'ouvrage se conclut logiquement
par des photographes contemporains - "nouveaux documentaires"
ou tentés par le "portrait urbain" - qui proposent
les visions personnelles que leur inspire la ville.
Sans prétendre à être exhaustif, l'ouvrage
est donc ouvert et les multiples visages de Bruxelles, ainsi révélés,
sont à la fois étranges et familiers. On s'étonnera
notamment de découvrir une ville traversée de façon
pittoresque par la Senne, qui n'était pas encore enfouie
sous les boulevards du centre. On retrouvera les petites rues pleines
de vie, et les impasses aujourd'hui disparues sous la pioche des
démolisseurs. On constatera, par contre, que le temps n'a
pas trop bouleversé le climat de certains autres lieux, tels
la Place des Martyrs…
Danielle Leenaerts, Docteur en Histoire de l'Art, chargée
de cours à l'ULB, est l'auteure de cet ouvrage de 192 pages
29 x 22 cm, richement illustré. CFC- Editions, Collection
Lieux de mémoire ; place des Martyrs, 14, 1000 Bruxelles
www.cfc-editions.be
Culture et Ecole :
Une information du Gouvernement de la Communauté française,
dans le cadre du Décret
« Culture-Enseignement » : le Programme d’Actions
Concerté 2009-2012.
La Ministre de l'Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet,
et la Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé
et de l’Égalité des chances, Fadila Laanan,
ont fait adopter par le gouvernement de la Communauté française,
ce jeudi, le Programme d’Actions Concerté 2009-2012
dans le cadre du Décret « Culture-Enseignement ».
Depuis 2006, le Gouvernement incite, à travers ce Décret,
les écoles et les opérateurs culturels à collaborer
pour mener conjointement des projets impliquant activement les élèves
et les enseignants. Ces projets, nombreux et variés, concernent
le théâtre, les arts numériques, les ateliers
d’écriture, les arts plastiques, la danse ou encore
la musique. En plus de susciter de nombreuses vocations, ces initiatives
inscrivent progressivement la culture dans le parcours éducatif
de chaque
enfant, favorisant ainsi son émancipation en l‘aidant
à développer sa créativité, son imaginaire
et en éveillant sa sensibilité. Elles constituent
également une vitrine importante pour les artistes de la
Communauté française, ainsi qu’une manière
dynamique et intelligente de préparer les enfants d’aujourd’hui
à devenir les spectateurs de demain, en leur donnant le goût
de la culture, en suscitant leur curiosité et leur ouverture
à la culture.
Soutenu par la Communauté française à hauteur
de 2 millions d’euros par an sur une durée de 3 ans,
le Programme d’Actions Concerté, mis sur pied dans
le cadre de ce décret « Culture-Enseignement »,
consiste en un exposé des actions à mettre sur pied,
des stratégies à mener et des propositions relatives
aux collaborations ou aux partenariats qu’il s’agira
de développer en la matière.
Quatre types de collaborations entre les écoles et les opérateurs
culturels y sont définis : À savoir :
1. Les projets « culture-école » : Collaborations
durables.
Ces projets lient un opérateur culturel et un enseignant
ou une école durant une année scolaire. Soutenus par
la Communauté française à raison de 350.000
euros, ces projets concernent 106 établissements scolaires,
tous réseaux confondus.
2. Les projets « culture-école » : Collaborations
ponctuelles.
Ces projets lient un opérateur culturel et un enseignant
ou une école durant un semestre maximum. Soutenus par la
Communauté française à raison de 50.000 euros
par semestre, ces projets concernent une cinquantaine d’établissements
scolaires.
3. Les activités organisées en « régie
directe » par la Cellule Culture- Enseignement.
Il s’agit d’actions menées chaque année
par la Cellule Culture-Enseignement du Ministère de la Communauté
française à destination d’élèves
de l’enseignement secondaire et fondamental. Parmi celles-ci
: le Prix des lycéens du Cinéma, Lis-nous une histoire,
Journalistes en herbe ou encore,
dernier né, les Quartz de la Chanson.
4. Les collaborations entre les écoles et les opérateurs
culturels fondées sur des partenariats privilégiés.
Les partenariats privilégiés font l’objet de
conventions de partenariat entre le Gouvernement de la Communauté
française et des opérateurs culturels, à raison
d’un aide totale de 270.000 euros. Parmi ces partenaires privilégiés
figurent, par exemple, l’ASBL Grignoux, l’ASBL Atelier
de Lecture ou encore l’ASBL Pierre de Lune.
En marge de ces activités, la Cellule Culture-Enseignement
met de nombreux outils pédagogiques à disposition
du monde de l’enseignement, notamment via son site www.culture-enseignement.cfwb.be
Contacts
- Eric ETIENNE - Porte-parole de Marie-Dominique Simonet
eric.etienne@gov.cfwb.be
0473/75.62.18
- Pascal SAC - Porte-parole de Fadila Laanan
Cabinet de la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de
la Santé et de
l’Égalité des chances de la Communauté
française
Place Surlet de Chokier, 15-17 - 1000 Bruxelles
Tél. : +32/(0)2/801.70.11
Gsm : +32/(0)477/252.285
Courriel : pascal.sac@cfwb.be
Internet : www.laanan.cfwb.be
Culture et Solidarité :
Article – Les plasticiens et l’environnement
Le 6 janvier dernier, Claude Lorent signait dans La Libre Belgique
un article rappelant le travail de nombreux plasticiens contemporains
qui associent leurs pratiques au respect de la planète. Lire
ici
l’article.
Culture, art et travail social : un rendez-vous à ne pas
manquer. Labiso, cahier 103-104
Comment valoriser l’intérêt d’une approche
culturelle dans le travail social d’aujourd’hui ? La
logique de l’Etat social actif fait peser une pression croissante
sur les épaules des travailleurs sociaux pour plus d’intégration,
plus d’insertion et plus de contrôle. Pour s’en
libérer autant que pour affirmer l’importance des droits
culturels à côté des droits économiques
et sociaux, certains cherchent, innovent et introduisent l’art
et la culture dans leurs pratiques. Au sein de l’asbl Culture
et Démocratie, un groupe de formateurs explore depuis quelques
années les enjeux de cette évolution pour la formation
des travailleurs sociaux.
Cahier à découvrir en ligne : http://www.labiso.be:80/?page=VisualiserContenuOuvrage&Id=1575&display=cover
Ou à télécharger en version pdf ici.
Interculturalité :
Poze III , ateliers, concours, expo
Du 7/01/10 au 26.09.2010
Dans le cadre du Festival Africa et de l’Été
de la Photographie 2010, aura lieu le projet Pôze III sur
le thème de la vie africaine à Bruxelles. Participez
au concours !
Bruxellois passionnés par l’Afrique, photographes
amateurs ou non, vous êtes invités à participer
au projet Pôze III. Prenez votre appareil et faites partager
vos images de la vie africaine, au sens large. Le quotidien, les
petits événements de la communauté, les fêtes…
Des appareils jetables sont mis gratuitement à votre disposition
afin d’immortaliser ces moments. Des ateliers photos sont
organisés à partir de janvier 2010.
Un jury de professionnels du monde de la photographie sélectionnera
les images les plus abouties qui seront exposées au Palais
des Beaux-Arts du 25.06 au 26.09.2010 inclus. Des prix offerts par
Sony distingueront les six meilleurs lauréats. Inscription
obligatoire avant le 24.05.
Infos :
Ateliers photo gratuits et ouvert à tous les jeudis 21.01,
04.02, 18.02, 04.03, 18.03, 01.04, 15.04, 29.04, 13.05, 27.05, de
17:00 à 19:00 et les samedis 30.01, 27.02, 13.03, 17.04 et
29.05, de 10:00 à 12:00.
BOZAR STUDIOS
10 Rue Royale - 1000 Bruxelles
Vincen Beeckman - +32 (0)495 15 73 29 - poze@bozar.be
www.bozar.be
Sites et newsletter :
- Le site de l’éducation permanente fait peau neuve
et la nouvelle version du site est désormais en ligne à
l’adresse suivante : http://www.educationpermanente.cfwb.be/
- http://www.vraiment.eu
, un site pour sortir du prêt-à-penser…
- Le Bulletin électronique du Comité pour l’Annulation
de la Dette du Tiers Monde
http://www.cadtm.org:80/spip.php?page=imprimer&id_article=108
peut arriver directement dans votre boîte à courriel,
il suffit de vous inscrire à leur mailng sur : https://listes.domainepublic.net/listinfo/bulletin-cadtm
- http://www.tousmobil.acrf.be/
Un site pour faire du bien à votre portefeuille en faisant
du bien à l’environnement et pour rencontrer des gens
qui empruntent les mêmes chemins que vous…
- http://clustart.be/
est le site portail d’un initiative originale (Clust’art)
des Ateliers d’Art Contemporains qui vise à soutenir
administrativement et financièrement des projets professionnels
d’artistes à Liège et en Wallonie… Artistes
wallons aux prétentions professionnelles, vous avez jusqu’au
20 mars pour rentrer un projet… Bonne chance !
- www.artetsante.be
: Depuis 2005, le réseau Art et Santé, coordonné
par l'asbl Culture et Démocratie, rassemble des artistes
et soignants afin de créer des passerelles et de renforcer
des liens entre le secteur de la santé et le secteur culturel.
Les projets qu'il met en oeuvre visent à promouvoir le bien-fondé
des activités artistiques et culturelles en milieu de soin.
Animé par un souci constant de mise en relation des acteurs
concernés, d'échange de pratiques, de partage de réflexions,
de relais de l'information ... le réseau "Art et Santé"
a créé un site Internet ainsi qu’une lettre
électronique.
Pour ne pas rester sur sa faim
Les propositions de Roland de Bodt :
DEVILLEZ, Virginie – Le retour à l’ordre.
Art et politique en Belgique 1918-1945, Bruxelles (Belgique),
Editions Labor et Dexia Banque, 2002, 431 pages, ISBN : 2.8040.1793.1
Présentation : Il s’agit de l’édition
originale en langue française de la thèse de doctorat
de l’auteur présentée à l’Université
libre de Bruxelles, sous la direction de José Gotovitch qui
signe la préface du volume. Docteur en histoire, Virginie
Devillez est aujourd’hui chef de travaux aux Musées
Royaux des Beaux-arts de Belgique. A l’occasion de l’ouverture
du Musée Magritte (2009), elle participe à la rédaction
de plusieurs ouvrages, dont le catalogue officiel du Musée.
Elle participe également en 2007 à un ouvrage publié
par La Lettre volée consacré aux « formes contemporaines
de l’art engagé ». Grand format cartonné,
abondamment illustré, mise en page claire et aérée,
papier fort et mat, petit caractère lisible, relié
au fil, prix non communiqué. – Commentaire
: Je ne suis pas sûr que le livre soit toujours accessible
dans le commerce de première main ; il l’est certainement
dans les librairies de livres d’occasion. A ne pas rater.
Pour le domaine des arts plastiques, Virginie Devillez nous offre
une histoire de l’institution culturelle belge entre la grande
guerre (1914/1918) et la fin de la seconde guerre mondiale (1939/1945).
La démarche présente un très grand intérêt
puisqu’elle reconstitue une narration assez minutieuse et
largement documentée de cette institution à plusieurs
têtes : ministère, musées royaux, associations
d’artistes, partis politiques, … Si la période
1918/1929 est peu documentée ; par contre, l’auteur
nous propose une reconstitution rigoureuse de l’histoire de
l’art traversée par la première grande crise
économique mondiale (1929), traversée par la montée
des populismes et du fascisme qui minent les relations humaines
et sociales de l’ensemble des populations de l’Europe
et par la résistance politique que certains mouvements lui
opposent (1933/1939), soumise à la « nazification »
des institutions de la Belgique par les occupants et illustrée
par les tentatives de résistance assumées par certaines
personnalités (1939/1945). L’artiste est au cœur
de la recherche de Virginie Devillez, l’artiste et son statut,
dans cette société bouleversée par les crises
et la guerre. L’artiste qui est confronté à
une institution culturelle avec laquelle il entretient des relations
multiples et contradictoires : y solliciter des aides, en contester
les décisions, en transformer la politique, … Tout
l’intérêt de cette démarche vue d’aujourd’hui
– face aux montées actuelles du populisme, face à
une nouvelle crise financière mondiale – est de nous
permettre de prendre les mesures des processus sociaux et politiques
et des réponses adoptées, à cette époque,
par l’institution culturelle. Elle permet de construire une
réelle perspective historique – de sortir d’une
logique d’amalgames hasardeux, à courtes vues –
et de comparer ces situations historiques, ces mécanismes
et ces réponses, sur base de faits concrets, accessibles
dans leurs ressemblances et aussi identifiables dans leurs différences.
Les annexes présentent sous forme de tableau un ensemble
de données économiques relatives à l’utilisation
des budgets de l’Etat et à la politique d’achat
du département des Beaux-Arts, durant cette période.
C’est une mine de renseignements utiles, un remarquable catalogue
d’œuvres et de documents photographiques qui témoignent
de cette période qui recèle d’importantes leçons
de vie, tant sociale que politique. [Mons (Belgique), le 18 janvier
2010, Roland de Bodt]. – Publics : Comme
l’ouvrage doit être cher – ce que la qualité
de sa façon justifie pleinement – il faudrait qu’il
soit accessible dans toutes les bibliothèques publiques.
– Mots clé : art plastique –
art vivant – expositions internationales – nazisme –
politique culturelle belge, entre deux guerres – seconde guerre
mondiale – Adresses Web : non communiquées.
– Contenu : Avant propos, par Axel Miller
(5) – Préface, par José Gotovitch (7) –
Introduction (11) – Le temps des crises (14) – 1. Splendeurs
et misères de l’administration des Beaux-Arts –
Ministres et fonctionnaires (16) – Acquisitions, expositions
et inquisition (21) – 2. Les Beaux-Arts en dépression
– 1929-1932 : les années noires (41) – 3. Conclusions
: de la nécessité d’agir (59) – Le temps
des espoirs et des doutes (62) – 1. Les enseignements de l’exposition
universelle de Bruxelles, 1935 (65) – La consécration
de l’Art moderne (66) – « Quand les trois arts
se donnent la main » (70) – Conclusions : Bruxelles
1935, une expérience pilote (82) – 2. Les leçons
et les déceptions de l’exposition internationale de
Paris, 1937 – La revalorisation des Arts industriels et de
leur enseignement (87) – Les lendemains qui déchantent
(109) – Conclusions : une politique à deux vitesses
(128) – 3. Les congés payés et l’émergence
d’une « volonté culturelle » – Le
rôle social des musées (129) – « Pour une
politique des Beaux-Arts » (137) – 4. Conclusions (153)
– Les temps sombres, 1940/45 (156) – 1. Les arts «
occupés » – « En art comme en politique,
la révolution est à droite » (159) – Les
nouvelles instances culturelles (175) – Retour à la
« normalité » (186) – La germanisation
en douce (219) – Conclusions (259) – 2. Les fausses
continuités (261) – Le nouvel ordre culturel (262)
– L’Art politique (293) – Conclusion (339) –
Epilogue (343) – Conclusion (347) – Notes (353) –
Annexes (387) – Aperçu des sources et bibliographie
(403) – Lieux de conservation et crédits photographiques
des illustrations (413) – Abréviations (417) –
Index (419) – Tables des matières (429)
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Cette lettre d'information a été réalisée
par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker et Georges Vercheval, grâce
au soutien de la Communauté française de Belgique.
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