Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°41 - 20/01/2010

Editorial

 

De la pauvreté au XXIe siècle

La crise économique n’est pas une malédiction tombée du ciel. Ni passion de l’orage, ni ombre de la foudre : elle est un résultat. Tangible, le résultat ! Un résultat longuement médité du système culturel conçu et mis au point par l’Olympe financier humain/inhumain.

Dans cette économie humaine/inhumaine, elle occupe une fonction stratégique. Elle est « la » crise. Dans ce système culturel, elle a une nécessité économique. L’utilité économique de la crise ? C’est une chose qui peut se mesurer dans les paradis fiscaux, en levant le secret bancaire. Est-elle inattendue ? « Qué néni ! Va d’jeu » ! Elle est aussi prévisible qu’un duo de pointes ou qu’un grand écart dans un ballet russe ! Elle prend de court, elle accélère, elle aveugle, elle dérobe, elle laisse sur le carreau : elle arrache en quelques heures ce qu’elle aurait convoité tout au long de l’année. Elle est « la » crise. Elle rend légitime ce qui ne l’était pas ; en cela, elle est un changement de régime. Elle entraîne l’Etat dans sa foulée ; elle n’est jamais démocratique ; elle règne exclusivement par la violence. Certains y voient de la séduction ! Elle est une belle figure de la rhétorique économique au service du patriarcat. Le patriarcat économique n’est pas un humanisme ; sa servante n’est pas humaniste. Il sacrifie l’être humain aux intérêts de quelques familles ; elle fauche comme la mort ! Allez, soyez « People » !

La pauvreté n’est pas une malédiction tombée du ciel. Ni peste, ni sécheresse : elle est un résultat. Et quel résultat ! Un résultat longuement médité du système culturel conçu et mis en œuvre par des êtres humains/inhumains au service de l’Olympe financier humain/inhumain. Ce sont des spécialistes rémunérés pour produire de la pauvreté sur une grande échelle (dans leur culture, ils disent : « du profit » !) Dans cette économie humaine/inhumaine, elle occupe une fonction stratégique. Elle est « la pauvreté ». Elle inspire l’effroi, elle hante les imaginaires comme la mort mais elle a une nécessité économique : elle est indispensable aux mouvements mondialisés de la concentration des capitaux du patriarcat économique. Son utilité économique peut se mesurer à l’aune des bilans consolidés de l’économie mondiale. Elle règne, violente ; elle ruine la démocratie de l’intérieur. Elle assèche les Etats. Le patriarcat économique n’est pas un humanisme ; il sacrifie l’être humain aux intérêts de quelques familles.

Voyez les pauvres avec leurs visages dévisagés ! Qui se cachent dans la ville, comme s’ils avaient, seuls, la responsabilité de leur pauvre pauvreté. Un petit nombre est dans la rue - et pourtant déjà tant – qui n’ont plus les moyens de se cacher.

Dans ces circonstances culturelles qui sont les nôtres au XXIe siècle, et parce que nous avons une bonne connaissance de ces mécanismes culturels par lesquels l’économie mondiale engendre massivement de la pauvreté dans le monde – et pas seulement au loin ! Aussi chez nous ! – que signifie alors : « lutter contre la pauvreté »* ? S’il ne s’agit pas d’en supprimer la cause première ? S’il ne s’agit pas de contester la légitimité culturelle d’un système qui institue la pauvreté, de quoi pourrait bien être formé un programme de « lutte [culturelle] contre la pauvreté » ?

Bonne année.


Roland de Bodt.

 

 

* A ce propos, le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale, actif au sein du Centre pour l’égalité des chances et de lutte contre le racisme, vient de publier son 5ème Rapport bisannuel « Lutte contre la pauvreté. Une contribution au débat et à l’action politiques », téléchargeable sur le site www.luttepauvrete.be

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

À vos agendas 

Consultez également l'agenda du site de Culture et Démocratie ...

 

 

Activité organisée par ou en collaboration avec Culture et Démocratie

 

 

Culture et Solidarité :

 

Artiste intervenant en milieu de soin. Rencontres et réflexions.

Lundi 25 et mardi 26 janvier 2010, de 9h30 à 16h30

A la Direction générale de la Culture – Communauté française (Boulevard Léopold II 44 à 1080 Bruxelles - Salle André Delvaux – 3A021)

Depuis plusieurs années, des artistes sont présents dans les milieux de soin et proposent au patient et à ses proches un moment de partage de créativité. En quoi consiste leur rôle ? Quelles sont les réflexions, la philosophie, l’éthique qui sous-tendent leur démarche ? Quelles sont leurs méthodes de travail ?

Le réseau « Art et Santé », coordonné par Culture et Démocratie, rassemble des artistes et soignants afin d’encourager un développement structurel, durable et professionnel de projets artistiques en milieu de soin. Dans ce cadre, il organise deux journées de réflexion autour de la question « Pourquoi et comment construire un projet artistique en milieu de soin ? ».

Les objectifs sont d’informer et de susciter une réflexion sur le métier, sur le développement et l’intégration de projets culturels en milieu de soin afin de mieux comprendre et imaginer la place de l’artiste dans le secteur de la santé. Les questions de déontologie, de méthodes de travail, des collaborations, de préparation psychologique, etc. seront abordées. A l’issue des deux journées, les participants auront pu découvrir de nouvelles pistes d’actions et de réflexions pour développer leur projet. Au programme: discussions, échanges, témoignages, etc. Ces deux journées s’adressent aux artistes qui souhaitent développer ou qui développent un projet artistique en milieu de soin.

 

Informations : Culture et Démocratie - 02/502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be

Le nombre de participants ayant atteint la limite maximale, les inscriptions ont malheureusement dû être clôturées…

 

 

Culture et Citoyenneté :

 

Plan culturel pour Bruxelles

Vendredi 29 janvier 2010, de 12h à 14h, au Centre culturel Jacques Franck (Chaussée de Waterloo 94 – 1060 Bruxelles)

A l’initiative du Réseau des Arts à Bruxelles et du Brussels Kunstoverleg, le secteur culturel bruxellois a mené, durant 2 ans, des réflexions, études et débats autour des enjeux et priorités pour l’activité artistique et culturelle à Bruxelles. Ils ont débouché sur la publication du Plan culturel pour Bruxelles. 120 acteurs culturels bruxellois y dévoilent des questions, exigences et ambitions concrètes formulées pour eux-mêmes, pour le secteur culturel dans son ensemble et pour la ville.

Afin de mieux cerner le contenu et objectifs du Plan culturel pour Bruxelles, Culture et Démocratie, le Réseau des Arts à Bruxelles, le Brussels Kunstoverleg et le Centre culturel Jacques Franck vous invitent à une rencontre-débat à ce sujet. Les propositions qui seront mises en œuvre dès 2010 autour de quatre chantiers seront également présentées, avec ensuite un temps d’échange pour réfléchir et discuter des actions prioritaires pour l’ensemble du secteur culturel à Bruxelles.

Attention, le programme commencera à 12 heures… précises !

12h00 : Accueil du Centre Culturel Jacques Franck et intro de Culture et Démocratie
12h10 : Intervention de Eric Corijn, sociologue et philosophe de la culture, professeur à la VUB
12h40 : Présentation du plan culturel
13h00 : Intervention de Julie de Groote (Présidente du Parlement francophone bruxellois et membre du Parlement de la Communauté française)
13h15 : Echanges
13h45 : Clôture

Informations et inscriptions : Culture et Démocratie - 02/502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be

Lire aussi dans la rubrique « Faits et opinions » de cette Lettre le discours de Bernard Boon Falleur, Président du Plan culturel pour Bruxelles.

 

 

Activités et évènements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique :

 

 

Culture et Citoyenneté :

 

Terrorism, de Oleg & Vladimir Presnyakov

Mise en scène : Olivier Coyette
Du 12 janvier au 6 février 2010, à 20h30 (relâche les dimanches et lundis) au Théâtre de Poche (Bruxelles)

« Les frères Presnyakov ont un goût pour l'humour noir et la provocation. Dans ce texte, créé pour la première fois en langue française, ils s'en donnent à cœur joie et sondent les sols et les sous-sols humains où la terreur prend racine. Ainsi l'intime et l'épique se voient-ils inextricablement mêlés. Il est dangereux de vivre, prendrez-vous le risque ? Ou serez-vous partisan de mesures de sécurité ? Jusqu'où ? A quel point ?

La terreur érigée en système, c'est bien ce "terrorisme" dont parlent les frères P., observateurs aigus de leurs contemporains, à qui ils tendent ici le miroir tranchant de la fiction pour se regarder vivre en riant d'effroi. Car ce qui est montré est drôle et fait peur : nous enlevons tous nos chaussures dans les aéroports. Est-ce le premier pas vers... ? En tous cas un signe. Le signe d'un monde qui a tendance à marcher sur la tête, où les amants s'habillent afin de mieux se mettre à nu, où les grands-mères s'affranchissent de leur progéniture, où la collègue du bureau se pend dans le local du psychologue...

Farce noire où des lambeaux d'humanité surgissent des décombres d'un monde tétanisé par la peur, par l'envie de sécurité et de mesures de prudence, "Terrorism" interroge nos besoins d'assurance.

Mais si l'on peut s'assurer contre d'éventuels risques, peut-on se rassurer d'être vivant ? Comment s'en assurer ? »

Olivier Coyette

Infos et réservations : reservation@poche.be ou 02/649.17.27.

 

La culture vous emballe...un peu, beaucoup, passionnément ?

Prenez 5 minutes pour venir déballer votre avis devant une caméra dans la caravane "La culture vous emballe ?" Votre contribution sera intégrée (peut-être) dans un court film réalisé par C-Paje…

En bonus : animation théâtrale et boissons chaudes !

Les différents rdv :
21/01 - 11h30>15h : Atrium de la Communauté française (Bxls)
22/01 - 8h>11h30 : Brocante Saint-Pholien (Outremeuse, Lg)
23/01 - 13h>16h : Place Tivoli (à coté de la Place du Marché, Lg)
23/01 - 21h30>00h : Trans-barbantes, festival Off des Transardentes (Lg)

Info : C-paje asbl - 04/223.58.71 - cecile@c-paje.net
http://www.c-paje.net/mailing/laculturevousemballe.htm

 

Belga Bordeelo

de Frédérique Lecomte (Théâtre de la Réconciliation)
Du 22 janvier au 24 janvier, à la Maison Folie Mons

Le manège.mons/ Maison Folie et Victoria Deluxe à Gand s’unissent pour vous présenter un spectacle rassemblant sur scènes 15 citoyens montois et gantois, comme un pont jeté au-dessus de la frontière linguistique et régionale…

Infos :
Manège
065 39 59 39
tickets@lemanege-mons.be
www.maisonfoliemons.be

Représentations à Gand : du 28 au 30 janvier 2010 (infos / réservations : +32 (0)9 324 80 26)

 

Reconquista !

Le vendredi 22 janvier 2010 à 20 heures, au Cerisier (20, rue du Cerisier, 7033 Cuesmes)

Une fois encore, le capitalisme est parvenu à s’en sortir. Sur le dos de la collectivité, sans aucune contrepartie, en toute impunité, et au prix de catastrophes sociales dont la liste funeste ne cesse de s’allonger. Malgré la crise, rien n’a changé. Devant l’énormité de ce qui se produisait, on s’est pourtant pris à espérer un sursaut. Le réveil des assoupis. Bernique : tout reprend comme avant. Business as usual.

Comment expliquer que nous restions à ce point inertes, sans réaction proportionnée à la gravité de ce monstrueux et criminel tour de passe-passe ? Allons-nous indéfiniment ravaler notre indignation et laisser faire en attendant la prochaine bulle ? Ce dont nous avons besoin, c’est d’une rupture claire avec la logique infernale du capitalisme et de ses porteurs de valises. Une rupture imposée par l’ensemble de la société à sa minorité parasite

Reconquista ! La reconquête politique, sociale, idéologique, culturelle, passe aussi par les mots. Le Collectif le Ressort propose dans ce livre, paru aux éditions du Cerisier et de l’Unité Populaire, 25 textes pour se réapproprier le sens des mots et tenter de dégager des pistes d’alternatives concrètes pour passer, enfin, de la résistance à la contre-attaque.

 

Infos : theatredesrues@skynet.be

 

Rencontres Irisées 2010

Le CBCS et l’Agence Alter, en collaboration avec la CLASS, la FIAS-ACFI et La Maison du Livre, ont le plaisir de vous inviter aux Rencontres irisées de rentrée politique :

- la première, le 25 janvier 2010, laissera la parole à Monsieur Le Ministre Emir Kir, chargé de l'action sociale, de la formation professionnelle et des relations internationales à la commission communautaire française (CoCoF);
Modérateurs : Manu Deloeul et Julien Winkel (Agence Alter)

- la deuxième, le 1er février 2010, recevra Madame La Ministre Evelyne Huytebroeck, chargée de l'aide aux personnes handicapées (CoCoF), de la jeunesse et de l'aide à la jeunesse (Communauté française).
Modérateurs : Ariane Hassid (CLASS) et Daniel Therasse (FIAS-ACFI)

- la troisième, le 1er mars 2010, nous permettra de dialoguer avec Monsieur le Ministre Christos Doulkeridis, Ministre-Président du Collège de la CoCoF, chargé du budget (CoCoF) et du logement (Région).
Modérateurs : Thomas Lemaigre (Agence Alter) et Alain Willaert (CBCS)

Infos :
Les rendez-vous sont fixés à La Maison du Livre, rue de Rome 24, à 1060 Bruxelles. De 12h à 14h. Des boissons et sandwiches sont prévus.
L'entrée est gratuite, mais l'inscription est obligatoire. N'hésitez pas à vous inscrire dès aujourd'hui via sdevlesaver@cbcs.be ou au 02/511 89 59 (CBCS asbl).

 

Penser le futur : Scénarios pour demain

Du 31 janvier au 14 février 2010, à la Maison Folie de Mons

Penser le futur. Une idée folle ? Pas pour la Maison Folie, qui vous invite à venir découvrir et échanger des idées, des expériences, pour mieux penser les comportements de demain. Ils vous mettront à contribution, car le futur vous appartient !
Cette saison sera axée sur "l’après-pétrole", et plus particulièrement sur les transports et la mobilité de demain.

Infos : http://www.maisonfoliemons.be/+-Penser-le-Futur-+

 

Université Populaire de Saint-Gilles – Programme des activités

- mercredi 3 février (18H00-21H00) : conférence de Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac-France, sur "la longue marche de la société civile". Auteur de « Démocratie contre Capitalisme », Editions La Dispute, 2005.

- mardi 23 février (18H00-21H00) : conférence (reportée) de Christian Arnsperger et Paul Lannoye « sur la décroissance »

- mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 mars (CFS, formation intensive de 9H00 à 17H00) : formation d’animateurs d’ateliers philo, par Michel Tozzi, Professeur émérite en sciences de l'éducation, Université Montpellier 3, Président de l’Université populaire de Narbonne. Auteur de « penser par soi-même », une initiation à la philosophie (2002). Cette formation pourra déboucher sur l’animation d’un café philo à l’UP, d’ateliers philo ou de philo pour enfants.

- mardi 9 mars (18H00-21H00) : séminaire (CFS) d’analyse de texte de Yann Moulier Boutang

- mercredi 17 mars (18H00-21H00) : conférence de Yann Moulier Boutang « sur le capitalisme cognitif », Professeur des Universités en sciences économiques, et de l’Université de Technologie de Compiègne

Infos : http://www.universitepopulaire.be/

 

Capital Confiance

Ecriture et mise en scène: Transquinquennal + Groupe TOC
Du 23 février au 06 mars 2010 à 20h30. Les mercredis à 19h30. Grand Varia, Bruxelles.

Après s’être nourris des réflexions d’experts qu’ils ont artistiquement rendues au cours de «Levées de fonds» et avec l’aide de «chevaliers blancs», Transquinquennal et le Groupe TOC entament leur CAPITAL CONFIANCE. Les deux collectifs bruxellois qui ont un esprit commun et des pratiques théâtrales différentes élaborent un spectacle avec, comme point de départ, les thèmes de LA crise et de LA confiance, cette dernière étant, paraît-il, la condition sine qua non de la croissance. Et comme tout le monde le sait, sans croissance, on ne grandit pas…

Info : http://www.varia.be/fr/les-spectacles/capital-confiance2/


Culture et Solidarité :

 

Belgique Sauvage

Le 24 janvier 2010 et le 14 février 2010, au Nova

Un « thema » au Nova sur les luttes de l’extrême gauche en Belgique depuis 1945

"Dissidences" est une revue indépendante qui consacre deux numéros par an autour de dossiers thématiques et pluridisciplinaires sur les mouvements révolutionnaires (la lutte armée, les avant-gardes artistiques et politiques, Mai 68...). Dans le cadre de son nouveau numéro, "La Belgique sauvage. L'extrême gauche en Belgique francophone depuis 1945", le Nova propose un cycle de débats et projections autour de trois dimensions des luttes dans notre pays : ouvrières ; immigrées/sans-papiers ; culturelles. L'objectif est de porter un regard historique à partir de notre situation actuelle, en s'interrogeant sur la mémoire de ces expériences et sur leur actualité.

Info :

http://www.dissidences.net/

Le programme complet du cycle :

http://www.nova-cinema.org:80/index.php?page=prog/117/02dissidence.fr.htmµ

Les autres cycles du Nova :

http://www.nova-cinema.org/index.php?page=prog/00cover.fr.htm

 

Exposition « L’enfer me ment » au Palais de Justice de Charleroi

Du 18 au 28 janvier prochain du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h, dans la salle des pas perdus du Palais.

Créée en 2007 à l’initiative de l’Asbl Autrement (Service d’aide aux détenus de Bruxelles I), cette exposition présente des photographies réalisées dans différentes prisons en Région wallonne et à Bruxelles par cinq artistes renommés : Jane Evelyn Atwood, Jean-Marc Bodson, Michel Vanden Eeckhoudt, Gaël Turine et Hugues De Wurstemberger.

Leur travail, mieux qu’un long discours, questionne sur les réalités du monde carcéral et les conditions de détention.

N.B. : voir aussi, plus loin, notre information à propos de "Un homme debout", un spectacle sur le même sujet, en mars, au Théâtre de l'Ancre à Charleroi.

 

Salon de la documentation et des outils pédagogiques

Le mardi 26 janvier 2010 de 10h à 15h, à la Maison des Sports de la Province de Liège

Venez découvrir, pour la première fois réunies à Liège, les différentes ressources documentaires et pédagogiques qui pourraient vous être utiles dans le cadre de vos recherches, animations, cours et autres activités professionnelles.

Le Réseau Santédoc vous y présentera : outils pédagogiques, livres et revues, dossiers de presse, brochures, jeux, répertoires, DVD… sur des thématiques variées concernant la santé et les problématiques de société

Info : www.santedoc.be

 

Les SDF descendent dans la rue pour exiger une baisse du prix de l’alcool !

Le 24 janvier 2010 à Bruxelles, une manifestation organisée par le Collectif Manifestement.

Si l'on exclut de l’entreprise et du débat les SDF (s'ils existent!) qui refusent consciencieusement de (ré)intégrer le « système », si l'on rappelle que les membres de toute « population » constitutive du tissu social (fût-il décousu, rapiécé, râpé ou totalement effiloché) marquent leur inscription dans le « système » par l’identification et la défense de leurs « intérêts corporatistes », et si l’on admet que les SDF constituent une « population » reconnaissable, entre autres, à la part importante prise en moyenne par l’alcool dans les dépenses courantes de ses membres, il suit qu’une manifestation de SDF réclamant une baisse du prix de l’alcool s’inscrit parfaitement dans la logique du « système » dont on leur reproche (variante : on les plaint) d’avoir décroché et qu’on espère les voir (variante : les aide à) (ré)intégrer.

Au cœur du projet, il y a donc la volonté / le pari / la nécessité de revoir à la hausse le statut des SDF classiquement défini par la négative : ne pourraient-ils pas aussi être des acteurs de leur propre émancipation, qui s’emparent de l’espace public pour faire valoir leurs revendications ?

L’objectif de (ré)insertion ne peut-il être pensé qu’en termes socio-économiques, c’est-à-dire d’accession (illusoire le plus souvent) à un travail ? La lutte contre les inégalités sociales ne passe-t-elle pas aussi par un combat contre la société du mépris et de l'humiliation, contre la tyrannie de la performance obligée et de l’autonomie obligatoire, contre l'idéologie du mérite et de la faute, contre la fabrication de la honte et de la culpabilité ?

Faire l’objet d’aide sociale et être sujet politique, est-ce incompatible ? Peut-on bénéficier d’« aide » et prétendre au « superflu » ? L’état de besoin extrême rend-il indécent, ou inepte, ou coupable, l’état de désir ? User de son droit à l’assistance diminue-t-il le droit à la parole ?

Et une manifestation est toujours une prise de parole et la parole des SDF est cela même
qu’un paternalisme radical à leur endroit risque toujours inconsciemment de confisquer.
Au cœur du projet, il y a la volonté / le pari / la nécessité de ne pas préjuger du contenu de cette parole, quand bien même il touche un sujet aussi éminemment problématique que l’alcool.

Et une manifestation est toujours aussi une opération de visibilité, l’occasion, non d’être vu à son insu, évité du regard ou pointé du doigt, mais de se montrer, de s’affirmer, de s'imposer à la vue : d’être, une fois, regardé en face.

Et une manifestation est toujours aussi une montée en puissance, ce qui, s’agissant de personnes radicalement dépourvues de pouvoirs, constitue déjà en soi un renversement, tout infime soit-il, de la réalité.

Et une manifestation est toujours aussi une accélération du réel, comme le mouvement subitement incontrôlable et parfaitement fugitif d'une « fête ».

Et ce sera la fête le 24 janvier 2010 !

Le Collectif Manifestement

Intéressé(e), intrigué(e), interloqué(e) ? : http://www.manifestement.be/2010/concept.htm
Tous les détails sur la manifestation : http://www.manifestement.be/2010/index.htm
Réactions : contact@manifestement.be

 

Un homme debout

Texte : Jean-Marc Mahy et Jean-Michel Van den Eeyden
Mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden

Du mardi 2 au samedi 6 mars 10 à 20h30, L'Ancre (Charleroi)

À 36 ans, Jean-Marc Mahy commençait enfin sa vie. En prison depuis l’âge de 17 ans, l’autonomie, la liberté, la société : tout lui était étranger, ayant (selon ses propres dires) « vécu comme un assisté durant près de 20 années, derrière les barreaux ».

Son urgence aujourd’hui ? Faire en sorte que d’autres jeunes ne connaissent jamais son expérience, que d'anciens détenus s’en sortent une fois « sortis ». Ses outils ? La rencontre et la parole. Parler de son parcours, de son vécu, de la prison, d’un avenir possible dans une société qu’il aimerait « plus solidaire, plus à l’écoute », moins fabrique à exclusion et à marginalisation, une société, aussi, où la solution carcérale serait davantage instructive et constructive que sanitaire, sécuritaire et destructrice.

Dans une forme proche de la performance (où le filtre du personnage n’existe pas), le metteur en scène Jean-Michel Van den Eeyden offre ici une autre dimension à cette parole singulière et généreuse, en lui adjoignant d’autres points de vue et regards, grâce au travail du vidéaste flamand Kurt d’Haeseleer.

Un hommage, également, à une certaine détermination ou force de vie, qui nous donne le courage de rester, quels que soient les obstacles, « un homme debout ».

Infos :
Théâtre de l’Ancre
Rue de Montigny 122
6000 Charleroi
info@ancre.be

 

 

La Belle Échappée – Regards dans l’art hors normes

Du 4 février au 7 mars 2010, au Château de Seneffe

L’AFrAHM asbl (association francophone d’aide aux handicapés mentaux) vous invite à visiter l’exposition « La Belle Échappée – Regards dans l’art hors normes » qui se tiendra du 4 février au 7 mars 2010 dans l’Orangerie du Château de Seneffe.

Cette exposition regroupe une centaine d’œuvres réalisées par des artistes handicapés mentaux. Elles ont en commun que l'on y rencontre un certain regard : profond, dur, fuyant, interrogateur, ironique, halluciné, doux, triste, absent… Certains effrayent, d’autres rassurent, intriguent, suscitent le sourire… Des yeux humains, dont l’expression varie d’une toile à l’autre ! Traduisent-ils un état d’âme ? En sont-ils les fenêtres ? On pourrait le croire. Tournés vers l’extérieur, à l’affût de « choses à voir », ils n’en laissent pas moins transparaître leur monde interne. Le spectateur ne peut y être indifférent. Un des objectifs de cette exposition est d'ailleurs d’amener le visiteur à se poser des questions sur le regard qu'il porte, lui-même, sur ces personnes "autres", "différentes"…

A l’occasion de cet événement, 10 ateliers – Créahm-Bxl, Campagn’Art, Ateliers du 94, L’Atelier 17, Home André Livemont, La Pommeraie, La Maisonnée, Le Tandem, CEC La Hesse et le Centre de Hemptinne – et 3 musées belges – Madmusée, Art&Marges et Dr Guislain – nous dévoilent leurs trésors, soigneusement choisis en fonction du thème et de leurs qualités intrinsèques.

Infos : http://www.afrahm.be/?action=nieuws_detail&nieuws=24&titel=Exposition+%22La+Belle+Echapp%C3%A9e+-+Regards+dans+l%27art+hors+normes%22

 

Quels enjeux pour l’Europe sociale ?

Jeudi 4 février 2010 à 19h30 au Restaurant de l'asbl FOR.E.T

L’année 2009 a été une année de changements importants pour l’Union européenne : adoption du Traité de Lisbonne, élection d’un nouveau Parlement, nomination d’une nouvelle Commission, désignation d’un Président et d’une Ministre des Affaires étrangères. Par ailleurs, l’UE et les Etats-membres ont du prendre position par rapport à deux crises majeures : la crise économique et financière d’une part et, d’autre part, les défis environnementaux discutés à Copenhague en décembre dernier. Lors d’une conférence organisée par le Centre du Libre Examen sur l’état de l’Europe sociale et ses perspectives pour les années à venir, Denis Stokkink (président du Centre régional du Libre Examen et du Think Tank européen Pour la Solidarité) analysera cette évolution et dressera un bilan des politiques européennes.

Info :
Restaurant de l'asbl FOR.E.T.
Boulevard de la 2ème Armée Britannique, 27
1190 Forest
P.A.F. : 20 euros (repas compris)
Réservation et paiement sur le compte 068-0684480-75 au plus tard le vendredi 27 janvier 2010.

 

 

Interculturalité :

 

MADE IN BELGIUM

Du 22 janvier au 3 mars 2010, à l’Atelier de Globe Aroma

Les 3, 4 et 5 septembre 2009, des habitants du Petit-Château ont emmené les visiteurs en voyage vers le paradis belge. Un voyage en canot sur le canal à Bruxelles, avec de vrais pirates et de vrais belges. Sur un terrain vague du port de Bruxelles, ils ont été gâtés avec un repas préparé par des cuisiniers du monde entier, accueillis par des hôtes et de la musique interprétée en direct à la Table Cuisine.

L’expo MADE IN BELGIUM montre une sélection des photos de la représentation.

Pendant le vernissage (le 22 janvier de 18h à 24h), il y aura également un court-métrage et de la musique live…

Info :

Globe Aroma team
Cellebroersstraat 16 rue des Alexiens
1000 Brussel
02/511.21.10
info@globearoma.be
www.globearoma.be

 


Politique culturelle :

 

L’artiste et ses intermédiaires.

Le 23/02/2010, dès 14h, à la Maison du Peuple de Saint-Gilles

Smart présente sa dernière publication « L’artiste et ses intermédiaires ».

En trois temps. Tout d’abord une présentation générale de l’ouvrage. Ensuite deux interventions sur des questions plus spécifiques. L’une sur « le rôle du producteur. L’artiste et ses intermédiaires dans le secteur du cinéma », l’autre sur « les fonctions socio-économiques des intermédiaires du travail artistiques ».

 

Info et inscription (obligatoire) :

Julie De Boe
dbj@ubik.be
02/542 10 67

Programme complet

 

La Rencontre de Pécs : Crise économique : quel devenir pour les politiques culturelles locales ?

Du 3 au 6 mars 2010, à Pécs (Hongrie)

Face à la situation économique difficile que connaissent les états et les collectivités territoriales, l’association européenne « Les rencontres » propose une réflexion sur les politiques culturelles locales en temps de crise.

La Rencontre de Pécs sera ainsi l’occasion de faire un premier bilan sur les effets de la crise, et d’analyser les perspectives qui s’offrent aux politiques culturelles locales. Il s’agira de mener une première réflexion commune, afin de permettre un échange de bonnes pratiques, d’élaborer ensemble des propositions en faveur du maintien du développement culturel et de réaffirmer l’importance, dans une vision à long terme, du rôle des collectivités territoriales.

Cette rencontre sera ponctuée d’activités culturelles, dans le cadre du programme Pécs 2010 Capitale européenne de la culture.

Info : pecs2010@lesrencontres.eu

 

Coups de cœur

 

Un Prix Nobel en faveur du travail de groupe.

 

Elinor Ostrom, professeure à l'Université d'Indiana, n'était pas très connue, jusqu'ici. Le Prix Nobel d’économie, qu'elle a reçu en octobre 2009, la reconnaît enfin pour la recherche originale qu’elle poursuit depuis plusieurs décennies à propos de la gestion des "biens communs", une dénomination qui couvre des réalités telles que les réserves d'eaux souterraines, les systèmes d’irrigation, les eaux poissonneuses, les prairies et bois communs.

Le plus souvent, ces "biens communs" sont gérés par l’Etat. Il arrive malheureusement que cette gestion soit négligente et qu'elle s’accompagne de l’épuisement des biens. L’alternative est alors de remettre leur organisation au marché et de les privatiser, de sorte que chaque propriétaire soit responsable de sa partie. C’est ce qui se produit aujourd’hui, notamment avec des plages ou des pans entiers de la forêt amazonienne. Cependant, selon Elinor Ostrom, les économistes politiques sont allés beaucoup trop loin ! Leur extrême spécialisation les a rendus aveugles aux autres domaines de la vie, comme la dynamique sociale dans la société, la manière dont des gens peuvent travailler ensemble, et ce que la motivation peut rapporter comme bénéfice économique…!

La recherche de Elinor Ostrom s'oriente vers la gestion collective, une troisième et tout autre façon de traiter cette question qui met l’économie à nouveau en contact avec la vie sociale concrète des gens. Via cette recherche empirique, elle en arrive à constater que l’économie est beaucoup plus efficace si on laisse de tels biens communs être gérés par le groupe. Il peut s’agir de sociétés indigènes amenées à gérer collectivement les bois et les prairies. Mais ce peut aussi être le cas pour des systèmes très modernes, comme des blocs d’appartements, ou l’eau potable commune…

Wolfgang Sachs, sociologue et chercheur à l’Institut Wuppertal en Allemagne, a été agréablement surpris de l’attribution du prix à Ostrom : « elle est en réalité une économiste dissidente qui, pendant plus de 20 ans, a fourni un travail très important sans recevoir pour autant la moindre attention (…). Elle introduit un paradigme entièrement nouveau, à savoir l’économie comme relation et l’économie en communauté. Elle se concentre sur une économie de collaboration au lieu d’une économie de concurrence et arrive par des recherches empiriques à la conclusion que cette approche est souvent plus rentable, ce qui va totalement à l’encontre de la pensée économique néoclassique. De plus, c’est la première fois qu’une femme reçoit le Prix Nobel d’économie, et ce n’est pas trop tôt ! »

n. b. : après les prix Nobel attribués il y a peu à Paul Krugman et à Joseph Stiglitz, qui ont plaidé pour la liberté de l'accès aux œuvres et au savoir, ce nouveau Prix est un bon signe…!

 

Prix de la Citoyenneté 2009

 

Bruxelles, le 17 novembre 2009. La Fondation P&V a attribué ses Prix de la Citoyenneté 2009 à deux associations belges qui luttent de manière exemplaire contre l’intolérance et les discriminations en Belgique. Sensibiliser, éduquer, agir sont les missions que remplissent "Les Territoires de la Mémoire", en Communauté française et "Kif Kif" en Communauté flamande.

Depuis 2005, le Prix de la Citoyenneté est décerné à des personnes, des initiatives ou des organisations de Belgique ou de l’étranger qui s’investissent pour une société ouverte, démocratique et tolérante.

 

L’éducation à la tolérance : une priorité pour les deux lauréats 2009 !

 

Le jury du Prix de la Citoyenneté de la Fondation P&V était composé d’une trentaine de personnalités issues des milieux économique, culturel, social et médiatique, de tout le pays. Il a choisi cette année de mettre à l’honneur deux associations qui, au départ d’initiatives de citoyens engagés, veillent par leurs actions à diffuser des valeurs de tolérance, de solidarité et de dialogue.

En temps de crise, l’histoire l’a trop souvent prouvé, on assiste à une montée des extrémismes et des replis identitaires. Le jury a, au contraire, délibérément souhaité mettre l'accent sur ceux qui, par leur origine culturelle ou sociale, se sont retrouvés au ban de la société.

Les Territoires de la Mémoire et Kif Kif mènent des actions concrètes, un travail d’information et de sensibilisation et d’éducation à la citoyenneté, innovant et exemplaire, auprès des jeunes et de l’ensemble de la population.

La plateforme interculturelle Kif Kif s’est donné pour mission de sensibiliser les citoyens et les pouvoirs publics sur le sort des minorités; elle utilise des moyens de communication innovants pour informer, éveiller les consciences et changer les mentalités afin de mieux vivre ensemble. L’association, basée à Anvers, dispose d’une antenne à Bruxelles et à Gand et est active dans toute la Communauté flamande. Elle lutte contre les inégalités de manière dynamique, efficace et professionnelle. Elle fait appel à des volontaires et s’adresse principalement aux jeunes.

Par ses actions et ces multiples canaux d’information dont son remarquable site web, l’association stimule la participation et l’intégration des minorités. C’est ainsi par exemple qu’elle met en valeur les talents et la créativité des jeunes d’origines diverses via son prix annuel « Kif Kif Awards » ou qu’elle organise des formations et des bourses à l’emploi afin d’encourager l’embauche de jeunes allochtones.

Le Centre d'Education à la Tolérance et à la Résistance Les Territoires de la Mémoire veille à prévenir et à éviter les dérapages de notre société. Il s'oppose à toute forme de xénophobie et de racisme. L’étude de l'histoire et en particulier celle de la montée des extrémismes en Europe au XXème siècle et le développement de l'esprit critique sont deux éléments indissociables pour faire de notre société un modèle plus tolérant et humain. L’association entretient la mémoire du passé, tout en restant ouverte sur le présent et tournée vers l’avenir.

Expositions, publications, matériel didactique, actions et campagnes de grandes qualités sont menées avec beaucoup de professionnalisme. L’équipe mène, en amont, un important travail d’éducation et de sensibilisation en Communauté française et en Europe (contribution à la Fédération européenne des centres de mémoire).

 

Sources Internet

- Les Territoires de la Mémoire : http://www.territoires-memoire.be/
- Kif Kif : www.kifkif.be
- La Fondation P&V : www.fondationpv.be

 

Faits et opinions

 

Un manifeste pour le respect et la défense des savoirs traditionnels

Le Manifeste pour l'avenir des systèmes de connaissance, lancé à l'Unesco, défend le respect de la souveraineté des connaissances traditionnelles. Ce texte, rédigé par des personnalités du monde entier, appelle à un changement de paradigme.

Le monde contemporain est encore profondément influencé par la révolution intellectuelle des Lumières. Cette période a notamment marqué le passage de l'obscurantisme à la connaissance rationnelle et donné à l'homme une véritable foi dans le progrès. Dès lors, la science et la technique sont pour lui le moyen de se détacher de la nature et plus encore, de la maîtriser. Certains penseurs défendent même l'idée d'une opposition entre nature et culture.

C'est pour proposer un autre paradigme que celui qui domine actuellement les sociétés occidentales que le "Manifeste pour l'avenir des systèmes de connaissance" a été lancé. Le monde regorge de connaissances multiples, très approfondies mais souvent ignorées. Ces systèmes de connaissance traditionnels jouent pourtant un rôle essentiel. Il nous faut sortir de notre ethnocentrisme et de l' occidentalocentrisme ambiant pour apprendre de ces savoirs, analyse Walter Erdelen, vice-directeur général pour les Sciences naturelles à l'Unesco, lors de la conférence de lancement du Manifeste pour l'avenir des systèmes de connaissance. Le texte, promu par Vandana Shiva, écrivaine, physicienne et figure du courant altermondialiste, et Claudio Martini, président du gouvernement de la région Toscane (Italie), a été signé par de nombreux universitaires et personnalités du monde entier.

Se défaire du paradigme dominant

Le texte défend une autre manière de penser le monde : la crise actuelle est liée à une idée démodée du monde et du savoir, analyse Vandana Shiva.

Notre civilisation techno scientifique a transformé l'homme en une machine contrainte à consommer, explicite Danielle Mitterrand, présidente de France Libertés. Nous devons retourner au principe de frugalité. Claude Levi-Strauss, récemment disparu, dénonçait l'occidentalisme triomphant. Cet homme nous a montré qu'il n'y avait pas de hiérarchie entre les cultures, que les autres n'étaient pas inférieures à la nôtre sous prétexte qu'elles n'étaient pas parvenues au progrès, à notre progrès. La soi-disant avance de la culture occidentale est mesurée par rapport à nos propres critères. Notre foi dans le progrès nous a conduit à un pillage insensé de la planète, à une rupture de l'équilibre naturel… L'humanisme n'est pas le résultat de la technologie et du progrès, l'humanisme c'est la reconnaissance de la diversité des cultures.

Un point de vue partagé par José Gualinga, représentant du peuple Kichwa de Sarayaki, en Amazonie équatorienne : le système dominant a toujours cherché à hiérarchiser et classer les savoirs indigènes. La science a de tout temps voulu avoir raison, nous avons dû combattre cette manière de voir les choses. La modernisation des sociétés a supposé des changements pour améliorer notre vie. L'effet a été contraire, cela a détruit les bases de ce qui nous était nécessaire. Nous ne comprenons pas cette idée qui consiste à détruire pour atteindre quelque chose.

Apprendre des savoirs ancestraux

Au contraire, les auteurs du Manifeste luttent contre une uniformité de la pensée et appellent à apprendre des différentes cultures qui ont su s'adapter, évoluer avec leur environnement. Le savoir traditionnel et indigène a été exclu et est encore méprisé de nos jours. Pourtant, l'idée que certaines personnes (les experts) détiennent le savoir et que le reste de la population ne sait rien est dépassée. Nous ne croyons plus au fait que les experts vont apporter la solution à la crise, estime Vandana Shiva. Qui mieux qu'un agriculteur qui observe quotidiennement ses semences connaît les problèmes qui y sont liés ? Sans renier l'apport de la science actuelle, les auteurs du texte estiment que les savoirs traditionnels doivent être intégrés à la connaissance scientifique.

Au moment où les discussions internationales sur le climat nous poussent au pessimisme, les savoirs locaux nous donnent des raisons d'être optimistes. Les Inuits vivent dans un milieu hostile et se transmettent leurs connaissances de génération en génération. Dans les îles Salomon, les villageois savent se protéger de violents ouragans, des tsunamis. Lors des dernières intempéries dans ces îles du Pacifique, alors que l'on craignait un désastre humain, il n'y a pas eu une seule victime.

Protéger le savoir traditionnel

Preuve de la valeur des savoirs ancestraux ? L'appropriation de ces connaissances par des sociétés commerciales… La biopiraterie est d'ailleurs dénoncée par les auteurs du manifeste. Tout au long du processus de modernisation, les peuples indigènes ont souffert. On a violé nos droits, nos libertés. On nous a exclus et aujourd'hui on prend nos savoirs pour en tirer profit. Le système actuel fait que les entreprises ont des droits. Les peuples comme nous, la nature n'en ont pas. La nature est pillée, nos savoirs sont appropriés par d'autres, dénonce José Gualinga.

Vandana Shiva précise : aujourd'hui près de 730 brevets sont dans les mains de cinq entreprises, qui privatisent des connaissances traditionnelles. Il faut défendre les savoirs ancestraux comme un bien public. Les peuples doivent conserver le droit d'utiliser leurs connaissances.


Sophie Fabrégat
www.actu-environnement.com

Discours de Bernard Boon Falleur, Président du Plan culturel pour Bruxelles, prononcé à l’occasion des vœux 2010 du Réseau des Arts de Bruxelles et du Brussels Kunstenoverleg

Chers amis,

Nos deux réseaux m’ont demandé de vous adresser quelques mots. Ils m’ont demandé de prendre da la distance avec mes fonctions de président – porte parole du Plan Culturel pour partager avec vous, aujourd’hui, quelques réflexions et opinions plus personnelles. Ils ont été prudents.* Ils m’ont autorisé à le faire quelques minutes avant de retourner dare dare dans mon rôle initial.

Je fais donc appel à votre bienveillante attention pour vous livrer rapidement quatre considérations ou prises de position plus personnelles qui n’engagent en rien les réseaux:
1. L’interculturalité
2. Les relations entre les mondes culturel et politique
3. L’esthétique de la ville
4. Une réflexion citoyenne sur notre vraie ligne de fracture

 

1. Oui, j’ai choisi le camp du dialogue interculturel. Bruxelles, à l’instar d’autres métropoles mondiales, vivra sa multiculturalité dans ce dialogue ou ne sera rien. A Bruxelles, ce dialogue interculturel génère et générera une culture propre qui façonnera progressivement cette ville.

Et vous ne devez pas penser que je suis naïf. Je sais très bien qu’il y a deux camps. Les deux camps sont présents dans le secteur culturel bruxellois. Il y a dans cette salle ceux qui croient résolument que Bruxelles est une ville francophone et qu’elle devrait le rester dans le domaine culturel. Et d’autres qui pensent qu’à tout instant, avec tous les moyens possibles, il faut faire progresser la présence et la culture flamande à Bruxelles comme une ligne de front.

Tout en ayant du respect pour les uns et les autres, je pense qu’ils se trompent profondément. J’ai choisi mon camp.

Mais pour nous, opérateurs culturels, ce n’est pas seulement une question de dialogue entre flamands, francophones, turcs et marocains… Même s’il est d'un autre ordre, ce dialogue est également nécessaire entre le monde culturel et l’enseignement, entre le monde culturel et le monde politique, le monde culturel et le monde des affaires. Chacun de ceux-ci a en quelque sorte sa propre culture. C’est tellement facile de la critiquer, de la mépriser ou, tout simplement de l’ignorer… Aussi, dans ce domaine, j’ai choisi mon camp.

 

2. Ceci m’amène à partager avec vous une brève réflexion sur les relations entre le monde culturel et le monde politique.

Dans ma très courte vie culturelle - même pas dix ans - j’ai vu un peu de tout :


· des acteurs culturels très éloignés du monde politique, voire fermés à celui-ci : nous les purs, éloignez de nous cette turpitude.
· des acteurs culturels totalement inféodés au monde politique.
· des politiciens qui se prennent pour des acteurs culturels.
· des acteurs culturels qui se prennent pour des politiciens.
· et enfin quelques acteurs du monde culturel et politique se mouvant dans une objectivité relationnelle, dans laquelle les résultats obtenus dépendent plus de la valeur des personnes, des projets, des arguments que des heures de présence aux innombrables réceptions.

 

Mon expérience dans le monde culturel et celle au Barreau (j’ai été avocat durant huit ans) m’ont profondément persuadé que la culture est si importante qu’elle exige, et cela vaut aussi pour la Justice, une « éthique relationnelle » entre les acteurs culturels et les acteurs politiques, une éthique relationnelle fondée sur deux piliers :

· une distance respectueuse ;
· la liberté du désaccord et du débat, même sur la place publique c’est-à-dire dans la presse.

 

C’est une matière qui nous concerne tous. C’est tellement tentant pour l’acteur politique, généreux pourvoyeur de fonds, de considérer que le monde culturel lui doit respect et allégeance. Nous ne sommes jamais totalement à l’abri du chantage financier. Et c’est tellement facile pour l’acteur culturel de critiquer le politique. Non, distance respectueuse.

En ce qui concerne la liberté de désaccord et de débat, nos deux réseaux jouent un rôle essentiel. Notre force, notre crédibilité, notre dynamisme sont beaucoup plus grands si le débat est mené et appuyé par un ensemble d’acteurs culturels plutôt que par un acteur culturel isolé. Maintenant que les deux réseaux gagnent de plus en plus en crédibilité grâce à la qualité de leurs actions, les dirigeants de nos grandes maisons culturelles devraient – plus que par le passé – les prendre en compte.

 

3. Ma troisième réflexion porte sur l’esthétique dans la ville.

Tout au long de l’élaboration du plan culturel, à travers mille rencontres, une pensée m’est revenue sans cesse : cette ville a besoin comme de pain d’esthétique et d’équilibre.

L’esthétique est un curieux animal. Sa création est un processus a-démocratique : on ne crée pas la Vénus de Milo ou un bâtiment de Mies van de Rohe par quarante voix pour et dix voix contre ! Sa présence et sa diffusion dans l’espace public est par contre la chose la plus démocratique qui soit : une ville, une place, une rue est belle ou laide pour l’ensemble de ses habitants.

Même si nous avons vu ces dernières années quelques initiatives positives dans ce domaine, cette ville a encore un long chemin à parcourir. Cela demandera à tous les responsables beaucoup de travail et beaucoup d’humilité. Je salue à ce propos la nomination d’un bouwmeester à Bruxelles et lui adresse tous mes vœux de succès dans cette tâche particulièrement ardue.

 

4. Permettez-moi enfin de vous livrer une réflexion citoyenne, ou plutôt une conviction citoyenne, qui n’est pas directement liée à la vie culturelle bruxelloise mais qui s’est encore renforcée chez moi au cours de ces deux dernières années de participation au plan culturel. Dans cette ville, dans ce pays tellement curieux et tellement attachant, la ligne de fracture n’est pas entre deux langues ou deux communautés culturelles, ou à Bruxelles entre plusieurs communautés socio-culturelles. Non, et je le dis avec force et colère. La faille est dans chacune de nos communautés (et je parle de toutes les communautés présentes à Bruxelles), entre ceux qui luttent en permanence pour l’entente, le vivre-ensemble, l’intérêt commun et les tenants de la séparation, du rejet de l’autre et du repli sur soi.

Cette lutte n’a rien d’extraordinaire. Elle est au contraire d’une banalité désespérante, en tout cas sur quatre plans :


· elle est aussi vieille que l’humanité et s’étend sur l’ensemble de la planète ;
· comme un cancer, elle doit, pour se fixer, trouver un terrain favorable : la différence, la différence sociale, religieuse, ethnique, linguistique…
· Cette lutte est toujours en partie basée sur un mensonge, parfois très grossier, parfois plus subtil.
Dans le registre des mensonges grossiers : tous les jeunes immigrants sont des voleurs, tous les belges sont racistes, tous les musulmans sont des terroristes potentiels.
Dans un registre plus subtil, notre conflit belgo-belge est champion ! Depuis quarante ans nous entendons cet argumentaire sois disant rationnel, non-émotif :

- historiquement, nous nous sommes réunis car nous nous comprenions, nous nous entendions
- aujourd’hui, on ne se comprend plus ou on ne s’entend plus ;
- donc il faut se séparer.

Le mensonge est évident…mais il n’est pas là où on pense. On ne ment pas quand on dit qu’on ne se comprend pas ou qu’on ne s’entend pas. On ment quand on dit qu’on s’est mis historiquement ensemble parce qu’on se comprenait et qu’on s’entendait. Citez-moi une communauté humaine en Europe qui s’est mise ensemble parce qu’elle s’entendait. Non, on se met ensemble par nécessité, par souci d’efficacité. Et, pour ce faire, on apprend à se supporter, à se connaître, se comprendre et parfois à s’entendre. Et même dans notre société colossalement riche d’aujourd’hui, dans laquelle nous avons pu nous permettre tous les gaspillages, nous devons garder ce même souci d’efficacité parce que les besoins sont immenses.

· enfin, dans cette lutte, la thèse de la séparation, du rejet de l’autre, entraîne toujours un coût exorbitant. Et à la fin, quelle qu’ait été l’ampleur du coût ou de la destruction, il faut toujours un noyau d’hommes et de femmes qui retrouvent le chemin de l’entente et de la construction commune.

 

Encore une fois, comme vous pouvez le sentir, j’ai choisi mon camp, toujours dans le respect de mes adversaires. Mais comprenez moi bien. Je ne suis pas naïf. Je n’ai pas la nostalgie d’un passé belge. Pas de naïveté, pas de nostalgie. Mais la conscience aiguë que nous avons sur ce plan un immense privilège et un immense devoir :

· l’immense privilège, même s’il est parfois douloureux, d’avoir connu et de connaître cette lutte dans notre histoire, dans nos familles, dans nos tripes ;
· l’immense devoir de la conclure de la manière la plus constructive possible, dans l’entente et la recherche du bien commun, afin de faire de cette conclusion un exemple au moment précis où l’Europe souffre de toutes parts en son sein des signes avant coureurs de tant de conflits identitaires.

Voilà. Assez parlé à la première personne. Je retourne à mon rôle qui m’a été assigné par les deux réseaux.

Avant de vous quitter, laissez-moi, en paraphrasant la vision de la ville contenue dans le plan culturel, vous souhaiter une année d’accueil, une année de liens entre tous les bruxellois, une année de débat, une année des réseaux.

Bernard Boon Falleur

* Les éléments en italique ont été prononcés en néerlandais. Nous les avons traduits.


Dernières nouvelles

 

Culture et Citoyenneté :

 

Carte blanche – Culture avec C comme Crise

Le 16 décembre 2009, Le Soir publiait une carte blanche, signée par un collectif de représentants du monde de la culture, qui remettait en cause la décision de l’administrateur général de la RTBF de proposer une programmation pour « un large public, et non pas pour initiés ». Ce texte rappelle, dans un contexte de crise, les dangers de verser dans une culture de masse.

Lire ici la carte blanche.

 

A films ouverts - Concours de courts métrages

Un concours proposé par Média Animation dans le cadre de la Journée Internationale de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (21 mars).

Le thème retenu pour l’édition 2010 du Concours de Créativité Contre le Racisme s'intitule :
Interculturalité : clefs contre le racisme ?

Au travers de ce concours, Média Animation proposera aux participants de réaliser :
- soit des courts métrages (moins de 8 min) ;
- soit des très courts-métrages (moins de 1 min).

Un jury, composé de professionnels du cinéma, de responsables associatifs et de personnes actives dans la communication décernera un prix par catégorie. D’ores et déjà, Philippe Reynaerts (Directeur de Wallimage) a accepté d’en assurer la présidence.

L’originalité de ce concours – ouvert à tous – est aussi d’être multi-supports. En effet, les courts métrages pourront non seulement être réalisés à partir d’un tournage classique (caméra), mais aussi à partir d’un GSM ou d’un appareil photo numérique.

Les inscriptions à ce Concours sont à envoyer à Média Animation pour le 22 janvier 2010.
La remise des œuvres est fixée au 22 février 2010.

Des séances « prix du public » seront organisées en partenariat avec une dizaine de lieux décentralisés. La remise des prix et une dernière séance de « Vote du Public » seront organisées le dimanche 21 mars à Bruxelles. Cet événement coïncidera avec la Journée Internationale de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale.

Infos :

100 avenue E. Mounier
1200 Bruxelles
Tél : 02 256 72 33
www.afilmsouverts.be
concours@afilmsouverts.be

 

L'Image de la ville. Bruxelles et ses photographes des années 1850 à nos jours

Aimez-vous Bruxelles ? Au point de vouloir retrouver son passé à travers ses images ? Si c'est le cas, l'ouvrage "L'Image de la Ville. Bruxelles et ses photographes des années 1850 à nos jours", publié aux éditions CFC, ne vous décevra pas. L'auteure, Danielle Leenaerts, nous convie à un dialogue éclairant entre l'évolution de la ville et celle de la photographie.

Si l'ouvrage est de type "scientifique", ce qui se vérifie à travers une terminologie "histoire de l'art" et par les termes techniques liés à la photographie, ancienne notamment, les non-spécialistes s'en affranchiront pourtant sans peine ! Ils apprendront à se glisser dans les pas des photographes et découvriront des parcours très divers, en fonction de l'œuvre et de la personnalité des auteurs représentés.

Il y est question, successivement, des premières missions photographiques à vocation d'inventaire patrimonial, des cercles d'amateurs et de leurs revues, des mouvements pictorialistes, modernistes, surréalistes, des adeptes de la "subjektive", des photographes passionnés d'architecture, de quelques photoreporters et notamment de ceux qui osèrent photographier clandestinement entre 1940 et 1944, sous l'occupation. L'ouvrage se conclut logiquement par des photographes contemporains - "nouveaux documentaires" ou tentés par le "portrait urbain" - qui proposent les visions personnelles que leur inspire la ville.

Sans prétendre à être exhaustif, l'ouvrage est donc ouvert et les multiples visages de Bruxelles, ainsi révélés, sont à la fois étranges et familiers. On s'étonnera notamment de découvrir une ville traversée de façon pittoresque par la Senne, qui n'était pas encore enfouie sous les boulevards du centre. On retrouvera les petites rues pleines de vie, et les impasses aujourd'hui disparues sous la pioche des démolisseurs. On constatera, par contre, que le temps n'a pas trop bouleversé le climat de certains autres lieux, tels la Place des Martyrs…

Danielle Leenaerts, Docteur en Histoire de l'Art, chargée de cours à l'ULB, est l'auteure de cet ouvrage de 192 pages 29 x 22 cm, richement illustré. CFC- Editions, Collection Lieux de mémoire ; place des Martyrs, 14, 1000 Bruxelles www.cfc-editions.be

 

Culture et Ecole :

 

Une information du Gouvernement de la Communauté française, dans le cadre du Décret
« Culture-Enseignement » : le Programme d’Actions Concerté 2009-2012.

 

La Ministre de l'Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet, et la Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, Fadila Laanan, ont fait adopter par le gouvernement de la Communauté française, ce jeudi, le Programme d’Actions Concerté 2009-2012 dans le cadre du Décret « Culture-Enseignement ».

Depuis 2006, le Gouvernement incite, à travers ce Décret, les écoles et les opérateurs culturels à collaborer pour mener conjointement des projets impliquant activement les élèves et les enseignants. Ces projets, nombreux et variés, concernent le théâtre, les arts numériques, les ateliers d’écriture, les arts plastiques, la danse ou encore la musique. En plus de susciter de nombreuses vocations, ces initiatives inscrivent progressivement la culture dans le parcours éducatif de chaque
enfant, favorisant ainsi son émancipation en l‘aidant à développer sa créativité, son imaginaire et en éveillant sa sensibilité. Elles constituent également une vitrine importante pour les artistes de la Communauté française, ainsi qu’une manière dynamique et intelligente de préparer les enfants d’aujourd’hui à devenir les spectateurs de demain, en leur donnant le goût de la culture, en suscitant leur curiosité et leur ouverture à la culture.

Soutenu par la Communauté française à hauteur de 2 millions d’euros par an sur une durée de 3 ans, le Programme d’Actions Concerté, mis sur pied dans le cadre de ce décret « Culture-Enseignement », consiste en un exposé des actions à mettre sur pied, des stratégies à mener et des propositions relatives aux collaborations ou aux partenariats qu’il s’agira de développer en la matière.

Quatre types de collaborations entre les écoles et les opérateurs culturels y sont définis : À savoir :

1. Les projets « culture-école » : Collaborations durables.

Ces projets lient un opérateur culturel et un enseignant ou une école durant une année scolaire. Soutenus par la Communauté française à raison de 350.000 euros, ces projets concernent 106 établissements scolaires, tous réseaux confondus.

2. Les projets « culture-école » : Collaborations ponctuelles.

Ces projets lient un opérateur culturel et un enseignant ou une école durant un semestre maximum. Soutenus par la Communauté française à raison de 50.000 euros par semestre, ces projets concernent une cinquantaine d’établissements scolaires.

3. Les activités organisées en « régie directe » par la Cellule Culture- Enseignement.

Il s’agit d’actions menées chaque année par la Cellule Culture-Enseignement du Ministère de la Communauté française à destination d’élèves de l’enseignement secondaire et fondamental. Parmi celles-ci : le Prix des lycéens du Cinéma, Lis-nous une histoire, Journalistes en herbe ou encore,
dernier né, les Quartz de la Chanson.

4. Les collaborations entre les écoles et les opérateurs culturels fondées sur des partenariats privilégiés.

Les partenariats privilégiés font l’objet de conventions de partenariat entre le Gouvernement de la Communauté française et des opérateurs culturels, à raison d’un aide totale de 270.000 euros. Parmi ces partenaires privilégiés figurent, par exemple, l’ASBL Grignoux, l’ASBL Atelier de Lecture ou encore l’ASBL Pierre de Lune.

En marge de ces activités, la Cellule Culture-Enseignement met de nombreux outils pédagogiques à disposition du monde de l’enseignement, notamment via son site www.culture-enseignement.cfwb.be

Contacts

- Eric ETIENNE - Porte-parole de Marie-Dominique Simonet
eric.etienne@gov.cfwb.be
0473/75.62.18

- Pascal SAC - Porte-parole de Fadila Laanan
Cabinet de la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de
l’Égalité des chances de la Communauté française
Place Surlet de Chokier, 15-17 - 1000 Bruxelles
Tél. : +32/(0)2/801.70.11
Gsm : +32/(0)477/252.285
Courriel : pascal.sac@cfwb.be
Internet : www.laanan.cfwb.be

 

 

Culture et Solidarité :

 

Article – Les plasticiens et l’environnement

Le 6 janvier dernier, Claude Lorent signait dans La Libre Belgique un article rappelant le travail de nombreux plasticiens contemporains qui associent leurs pratiques au respect de la planète. Lire ici l’article.

 

Culture, art et travail social : un rendez-vous à ne pas manquer. Labiso, cahier 103-104

Comment valoriser l’intérêt d’une approche culturelle dans le travail social d’aujourd’hui ? La logique de l’Etat social actif fait peser une pression croissante sur les épaules des travailleurs sociaux pour plus d’intégration, plus d’insertion et plus de contrôle. Pour s’en libérer autant que pour affirmer l’importance des droits culturels à côté des droits économiques et sociaux, certains cherchent, innovent et introduisent l’art et la culture dans leurs pratiques. Au sein de l’asbl Culture et Démocratie, un groupe de formateurs explore depuis quelques années les enjeux de cette évolution pour la formation des travailleurs sociaux.

Cahier à découvrir en ligne : http://www.labiso.be:80/?page=VisualiserContenuOuvrage&Id=1575&display=cover

Ou à télécharger en version pdf ici.

Interculturalité :

 

Poze III , ateliers, concours, expo

Du 7/01/10 au 26.09.2010

Dans le cadre du Festival Africa et de l’Été de la Photographie 2010, aura lieu le projet Pôze III sur le thème de la vie africaine à Bruxelles. Participez au concours !

Bruxellois passionnés par l’Afrique, photographes amateurs ou non, vous êtes invités à participer au projet Pôze III. Prenez votre appareil et faites partager vos images de la vie africaine, au sens large. Le quotidien, les petits événements de la communauté, les fêtes… Des appareils jetables sont mis gratuitement à votre disposition afin d’immortaliser ces moments. Des ateliers photos sont organisés à partir de janvier 2010.

Un jury de professionnels du monde de la photographie sélectionnera les images les plus abouties qui seront exposées au Palais des Beaux-Arts du 25.06 au 26.09.2010 inclus. Des prix offerts par Sony distingueront les six meilleurs lauréats. Inscription obligatoire avant le 24.05.

Infos :
Ateliers photo gratuits et ouvert à tous les jeudis 21.01, 04.02, 18.02, 04.03, 18.03, 01.04, 15.04, 29.04, 13.05, 27.05, de 17:00 à 19:00 et les samedis 30.01, 27.02, 13.03, 17.04 et 29.05, de 10:00 à 12:00.

BOZAR STUDIOS
10 Rue Royale - 1000 Bruxelles
Vincen Beeckman - +32 (0)495 15 73 29 - poze@bozar.be
www.bozar.be

 

Sites et newsletter :

 

- Le site de l’éducation permanente fait peau neuve et la nouvelle version du site est désormais en ligne à l’adresse suivante : http://www.educationpermanente.cfwb.be/

- http://www.vraiment.eu , un site pour sortir du prêt-à-penser…

- Le Bulletin électronique du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde
http://www.cadtm.org:80/spip.php?page=imprimer&id_article=108 peut arriver directement dans votre boîte à courriel, il suffit de vous inscrire à leur mailng sur : https://listes.domainepublic.net/listinfo/bulletin-cadtm

- http://www.tousmobil.acrf.be/ Un site pour faire du bien à votre portefeuille en faisant du bien à l’environnement et pour rencontrer des gens qui empruntent les mêmes chemins que vous…

- http://clustart.be/ est le site portail d’un initiative originale (Clust’art) des Ateliers d’Art Contemporains qui vise à soutenir administrativement et financièrement des projets professionnels d’artistes à Liège et en Wallonie… Artistes wallons aux prétentions professionnelles, vous avez jusqu’au 20 mars pour rentrer un projet… Bonne chance !

- www.artetsante.be : Depuis 2005, le réseau Art et Santé, coordonné par l'asbl Culture et Démocratie, rassemble des artistes et soignants afin de créer des passerelles et de renforcer des liens entre le secteur de la santé et le secteur culturel. Les projets qu'il met en oeuvre visent à promouvoir le bien-fondé des activités artistiques et culturelles en milieu de soin. Animé par un souci constant de mise en relation des acteurs concernés, d'échange de pratiques, de partage de réflexions, de relais de l'information ... le réseau "Art et Santé" a créé un site Internet ainsi qu’une lettre électronique.

 

Pour ne pas rester sur sa faim

Les propositions de Roland de Bodt :

DEVILLEZ, Virginie – Le retour à l’ordre. Art et politique en Belgique 1918-1945, Bruxelles (Belgique), Editions Labor et Dexia Banque, 2002, 431 pages, ISBN : 2.8040.1793.1

 

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française de la thèse de doctorat de l’auteur présentée à l’Université libre de Bruxelles, sous la direction de José Gotovitch qui signe la préface du volume. Docteur en histoire, Virginie Devillez est aujourd’hui chef de travaux aux Musées Royaux des Beaux-arts de Belgique. A l’occasion de l’ouverture du Musée Magritte (2009), elle participe à la rédaction de plusieurs ouvrages, dont le catalogue officiel du Musée. Elle participe également en 2007 à un ouvrage publié par La Lettre volée consacré aux « formes contemporaines de l’art engagé ». Grand format cartonné, abondamment illustré, mise en page claire et aérée, papier fort et mat, petit caractère lisible, relié au fil, prix non communiqué. – Commentaire : Je ne suis pas sûr que le livre soit toujours accessible dans le commerce de première main ; il l’est certainement dans les librairies de livres d’occasion. A ne pas rater. Pour le domaine des arts plastiques, Virginie Devillez nous offre une histoire de l’institution culturelle belge entre la grande guerre (1914/1918) et la fin de la seconde guerre mondiale (1939/1945). La démarche présente un très grand intérêt puisqu’elle reconstitue une narration assez minutieuse et largement documentée de cette institution à plusieurs têtes : ministère, musées royaux, associations d’artistes, partis politiques, … Si la période 1918/1929 est peu documentée ; par contre, l’auteur nous propose une reconstitution rigoureuse de l’histoire de l’art traversée par la première grande crise économique mondiale (1929), traversée par la montée des populismes et du fascisme qui minent les relations humaines et sociales de l’ensemble des populations de l’Europe et par la résistance politique que certains mouvements lui opposent (1933/1939), soumise à la « nazification » des institutions de la Belgique par les occupants et illustrée par les tentatives de résistance assumées par certaines personnalités (1939/1945). L’artiste est au cœur de la recherche de Virginie Devillez, l’artiste et son statut, dans cette société bouleversée par les crises et la guerre. L’artiste qui est confronté à une institution culturelle avec laquelle il entretient des relations multiples et contradictoires : y solliciter des aides, en contester les décisions, en transformer la politique, … Tout l’intérêt de cette démarche vue d’aujourd’hui – face aux montées actuelles du populisme, face à une nouvelle crise financière mondiale – est de nous permettre de prendre les mesures des processus sociaux et politiques et des réponses adoptées, à cette époque, par l’institution culturelle. Elle permet de construire une réelle perspective historique – de sortir d’une logique d’amalgames hasardeux, à courtes vues – et de comparer ces situations historiques, ces mécanismes et ces réponses, sur base de faits concrets, accessibles dans leurs ressemblances et aussi identifiables dans leurs différences. Les annexes présentent sous forme de tableau un ensemble de données économiques relatives à l’utilisation des budgets de l’Etat et à la politique d’achat du département des Beaux-Arts, durant cette période. C’est une mine de renseignements utiles, un remarquable catalogue d’œuvres et de documents photographiques qui témoignent de cette période qui recèle d’importantes leçons de vie, tant sociale que politique. [Mons (Belgique), le 18 janvier 2010, Roland de Bodt]. – Publics : Comme l’ouvrage doit être cher – ce que la qualité de sa façon justifie pleinement – il faudrait qu’il soit accessible dans toutes les bibliothèques publiques. – Mots clé : art plastique – art vivant – expositions internationales – nazisme – politique culturelle belge, entre deux guerres – seconde guerre mondiale – Adresses Web : non communiquées. – Contenu : Avant propos, par Axel Miller (5) – Préface, par José Gotovitch (7) – Introduction (11) – Le temps des crises (14) – 1. Splendeurs et misères de l’administration des Beaux-Arts – Ministres et fonctionnaires (16) – Acquisitions, expositions et inquisition (21) – 2. Les Beaux-Arts en dépression – 1929-1932 : les années noires (41) – 3. Conclusions : de la nécessité d’agir (59) – Le temps des espoirs et des doutes (62) – 1. Les enseignements de l’exposition universelle de Bruxelles, 1935 (65) – La consécration de l’Art moderne (66) – « Quand les trois arts se donnent la main » (70) – Conclusions : Bruxelles 1935, une expérience pilote (82) – 2. Les leçons et les déceptions de l’exposition internationale de Paris, 1937 – La revalorisation des Arts industriels et de leur enseignement (87) – Les lendemains qui déchantent (109) – Conclusions : une politique à deux vitesses (128) – 3. Les congés payés et l’émergence d’une « volonté culturelle » – Le rôle social des musées (129) – « Pour une politique des Beaux-Arts » (137) – 4. Conclusions (153) – Les temps sombres, 1940/45 (156) – 1. Les arts « occupés » – « En art comme en politique, la révolution est à droite » (159) – Les nouvelles instances culturelles (175) – Retour à la « normalité » (186) – La germanisation en douce (219) – Conclusions (259) – 2. Les fausses continuités (261) – Le nouvel ordre culturel (262) – L’Art politique (293) – Conclusion (339) – Epilogue (343) – Conclusion (347) – Notes (353) – Annexes (387) – Aperçu des sources et bibliographie (403) – Lieux de conservation et crédits photographiques des illustrations (413) – Abréviations (417) – Index (419) – Tables des matières (429)

 

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Cette lettre d'information a été réalisée par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker et Georges Vercheval, grâce au soutien de la Communauté française de Belgique.