n°43
- 01/04/2010
Editorial
"L'avenir du pays face à la violence
économique mondiale"
Chaque jour de nouveaux licenciements sont annoncés
: dix, vingt, cent et parfois mille emplois perdus, en une
seule journée. Dix, vingt, cent et parfois mille chômeurs
nouveaux pour une seule fermeture d’entreprise. Et dans
le ressac de ces brutales ruptures d’industries, combien
de faillites de petits indépendants ! Autant de drames
quotidiens qui finissent muets et secs : dépossession
du travail, de l’estime et de la dignité de soi,
du statut professionnel et du niveau de vie ; adieu à
la maison ! Et quoi des enfants ? de l’amour ? et enfin
de tout ce qui fait que la vie s’appelait la vie ? Dans
le fracas de l’économie mondiale, tout ce qui
est humain dans l’être humain est détruit,
bafoué, humilié, divisé. Et cette humiliation
de l’être à des répercussions profondes
sur les structures de la collectivité.
Malgré les aides économiques à l’entreprise,
malgré les soutiens publics à la recherche et
au développement, malgré les réductions
de cotisation patronales à la sécurité
sociale et les réductions d’impôts accordées
par les gouvernements du pays, malgré les plans d’investissement
et de relance, malgré les marchés d’Etat,
malgré les plans de sauvetage et les recapitalisations
publiques, l’économie mondiale assène
ses coups. Violents, arrogants, ils sont tout d’abord
vénaux ; il ne faut pas chercher plus loin. Ils n’ont
d’autre légitimité que celle de la convoitise
: avidité des cadres, fringale des actionnaires, insatiabilité
des financiers. Considéré à l’échelle
humaine et politique, ils n’ont aucune légitimité
civique. Parce qu’ils sèment l’inégalité,
ils sont tout le contraire de la démocratie ; ils divisent
ses forces et ruinent son ressort intérieur. Assurément
le contraire de l’humanisme : ces licenciements massifs
sont les signes modernes d’un assujettissement renouvelé
aux plus antiques traditions de sacrifices d’êtres
humains à la vanité concupiscente des dieux
et des géants qui dominent, de haut et de loin, la
petite société humaine des êtres humains.
Ces licenciements soufflent une violence extrême sur
le genre humain. Aucun principe de gouvernement de la cité
humaine ne peut rendre cette violence seulement acceptable
! Elle fracture et rompt toutes les solidarités qui
l’entravent. Elle bondit de scission en scission. Et
pourtant ? Aucune politique humaine ne semble capable de maîtriser
ces funestes furies et ces frénésies féroces
de l’économie mondiale. La pauvreté –
avant les corps abandonnés, dans les rues – s’amoncèle
irréversiblement de l’Europe sur l’Europe
et du monde sur le petit pays de la Belgique. Même annoncés,
ces licenciements sont brutaux ; quand ils ne flairent pas
le chantage à l’intervention publique, ils restent
sans appel. Ils injectent dans le corps social tout entier
un noir poison mythique : une obscure désespérance,
un besoin infecté de revanche, un appel obnubilé
à la vengeance, au schisme, à l’arrachement,
à la déchirure. Même ceux qui n’en
sont pas atteints dans leur chair finissent par en souffrir,
par en trembler. La peur d’être touché
hante les sueurs échevelées de leurs nuits.
Et dans ce dérèglement à vif du règne
de l’économie mondiale, la tension appelle la
tension ; la blessure appelle la blessure ; la rupture appelle
la rupture. Sous l’empire de la cupidité mondiale,
la séparation est un mode de gouvernement des êtres
humains, des entreprises, des Etats et des peuples.
La Wallonie cherche à s’en remettre. Aujourd’hui,
la Flandre n’est pas épargnée. Effrayé
par l’éclair qui déchire sa nuit souveraine,
le lion rugit contre la libellule, la cigale, la chauve-souris.
Au matin, il retourne ses crocs contre le chant du coq. Tout
lui est bon pour se défaire de l’angoisse du
lendemain ! Mais c’est oublier que la séparation
n’annonce pas nécessairement les matins qui chantent.
Le bouc émissaire a une fonction. Il cache les divisions
internes de la collectivité ; c’est pourquoi
la séparation d’avec le bouc émissaire
n’annonce jamais qu’une division plus grande encore,
de soi à soi. La scission culturelle du pays ne nous
protègera pas de la violence économique mondiale
Mons, le 30 avril 2010
Roland de Bodt
Chercheur et écrivain
Président de Culture et Démocratie
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Politiques culturelles
- Culture et Solidarité (Art et Santé,
Art et Prison, CPAS)
- Culture et Ecole
- Interculturalité
- Culture et Citoyenneté
|
Culture et Démocratie
L'Agenda :
Cycle de sept
tables-rondes : Un enseignement en culture. De l'utopie à
la réalité. Seconde table ronde : Pourquoi des projets
Art et Ecole ?
Le 10 mai 2010, de 12h30 à 14h30, à la Communauté
française
(Boulevard Léopold II 44 1080 Bruxelles - Local Lucien De
Brouckère 4C124)
Utopie ou réalité, Culture et Démocratie défend
le projet d’un "enseignement en culture".
Intégrer structurellement celle-ci dans les savoirs et les
compétences de tous, à tous les niveaux de l'enseignement
et encourager l'expression artistique sous toutes ses formes, voilà
un enjeu démocratique essentiel !
Au cœur de la pratique pédagogique, à tous les
degrés et dans tous les types d’enseignement, il faut
construire des savoirs, des compétences et des pratiques
culturelles et artistiques. Il faut, vite, et de manière
structurelle, donner une nouvelle légitimité à
ces champs de savoirs profondément négligés
pour stimuler la créativité et l’inventivité
que requiert, d’évidence, le monde contemporain.
Dans le prolongement du colloque « La culture au cœur
de l’enseignement, un vrai défi démocratique
», Culture et Démocratie organise sept tables-rondes.
Elles se tiendront en 2010 et 2011 dans divers lieux de la Communauté
française.
Leur objectif est d'approfondir la réflexion et le débat
sur l’articulation culture/enseignement et d’aboutir,
avec tous les participants, à des propositions concrètes.
Au terme de ces rencontres, Culture et Démocratie présentera
des propositions pour un nouveau contrat culturel pour l’enseignement.
Culture et Démocratie invite les acteurs de l’enseignement,
de la formation et de la culture à ces rencontres : enseignants
et leur direction, inspecteurs, étudiants, en particulier
ceux qui se destinent à une carrière dans l’enseignement,
opérateurs culturels et artistes, responsables de réseaux
scolaires, administrations et membres des cabinets des ministères
concernés.
Après inscription – vivement souhaitée pour
des raisons de logistique - chaque participant recevra un portefeuille
de textes et de documents préparatoires.
Programme de la seconde table-ronde :
Pourquoi des projets Art et Ecole ?
Les arts sont encore plus indispensables aux hommes et aux femmes
que ce qu’il y a de meilleur dans la science et la technologie.
… /… Nous sommes un animal dont le souffle de vie est
celui des rêves parlés, peints, sculptés et
chantés. Il n’y a ni ne saurait y avoir de communauté
sur terre, si rudimentaires que soient ses moyens matériels,
sans musique, sans quelque forme d’art graphique, sans ces
récits de remémoration imaginaire que nous appelons
mythe et poésie.
Georges Steiner, Grammaires de la création, Gallimard, Folio
essais, Paris, 2001, p.313
Dans les suites de la première table-ronde
qui visait à explorer le concept « culture »
et son articulation avec l’enseignement, cette seconde rencontre
a pour objectifs d’interroger les projets Art et Ecole.
Pour quelles raisons un décret "culture-école"
a-t-il été adopté par la Communauté
française ? Pourquoi des opérateurs culturels proposent-ils
des projets artistiques aux établissements d’enseignement
? Pourquoi les écoles s’ouvrent-elles à ces
partenariats ?
Des réponses seront apportées sous divers
angles, à travers l’intervention du responsable de
la Cellule Culture – Enseignement de la Communauté
française, d’un directeur d’école, d’une
opératrice culturelle et d’un professeur à l'Unité
de recherche en communication de l’UCL.
Modérateur : Eddy Caekelberghs
(journaliste)
Introduction : Sabine de Ville, vice-présidente
de Culture et Démocratie
Intervenants :
Eric Frère (responsable de la Cellule Culture-Enseignement
de la Communauté française)
Marc Brisson (Directeur de l’Ecole Saint Pierre - Anderlecht)
Sarah Colasse (directrice du Centre dramatique de Wallonie pour
l’Enfance et la Jeunesse)
Thierry De Smedt (professeur à l'Unité de recherche
en communication de l’UCL)
Plus d’informations :
Culture et Démocratie asbl – 0032 2 502 12 15 –
info@cultureetdemocratie.be -
www.cultureetdemocratie.be/fr
Adresse du jour : Communauté française
Boulevard Léopold II 44 1080 Bruxelles / Local Lucien De
Brouckère 4C124
Culture pour tous,
mouvement québécois en faveur de la démocratisation
de la culture
Le jeudi 20 mai 2010, de 17h30 à 19h30, à La
Maison du Livre (Rue de Rome 24-28– 1060 Bruxelles)
Né de la conviction profonde que les arts et la culture
sont au cœur du développement social et économique,
l’organisme québécois « Culture pour tous
» (www.culturepourtous.ca)
se positionne depuis 13 ans comme un acteur important en matière
de médiation et de démocratisation culturelles, au
cœur d’un réseau d’artistes, d’artisans
et de travailleurs culturels engagés.
Leurs objectifs et actions visent à favoriser l’appropriation
des arts et de la culture par le plus grand nombre. « Culture
pour tous » propose ainsi des initiatives encourageant l’accès
et la participation à la création et à l’activité
culturelle, telles que Les Journées de la culture, le Carnet
de la culture (outil au service du milieu scolaire), le Parcours
interculturel (initiative de valorisation des artistes professionnels
issus de l’immigration), les colloques internationaux La Rencontre
(forums internationaux pour réfléchir aux enjeux de
la démocratisation culturelle), et des projets artistiques
comme Les Convertibles, Art au travail et Je m'affiche pour la culture!.
Profitant de la visite d’Eva Quintas, directrice de projets
au sein de l’organisme québécois, dans le cadre
d’une mission de coopération en Communauté française,
Culture et Démocratie et la Maison du Livre vous invitent
à une rencontre autour de « Culture pour tous ».
Les actions, objectifs, enjeux, réussites et impasses ainsi
que la philosophie de ce projet seront présentés,
suivis d’un temps d’échanges autour des questions
que suscitent ce type d’initiative. La rencontre sera animée
par Georges Vercheval, vice-président de Culture et Démocratie.
Plus d’informations :
Culture et Démocratie asbl – 0032 2 502 12 15 –
info@cultureetdemocratie.be -
www.cultureetdemocratie.be/fr
Les productions
Autour de la question de l’enseignement et de son rapport
à la culture…
Cycle de deux conférences au Collège Belgique, les
11 et 18 mars dernier, par Michel Develay et François Ost.
Il faut ré-enchanter l’enseignement par la dimension
artistique et culturelle, il faut mettre au cœur de la construction
des savoirs, la créativité, l’esprit critique,
l’expérimentation, l’inventivité et la
pratique collective, il faut donner à tous un accès
cognitif et matériel à toutes les formes de la création,
celle d’ici et d’ailleurs, celle d’aujourd’hui
et celle du passé. C’est à cette condition que
l’on construira des adultes ouverts, inventifs, curieux, prêts
à prendre le monde et à lui donner sens.
Introduites par Pierre Bartholomée, membre de l’Académie
royale de Belgique, et Sabine de Ville, vice-présidente de
Culture et Démocratie, les conférences de Michel Develay
et de François Ost interrogeaient, chacune à leur
manière, la question de la transmission. Ecoutez-les sur
: http://www.cultureetdemocratie.be/fr/axes/culture_et_ecole/actions.html#cycle
Coups de cœur / Coup de griffe
Coups de coeur
Sous le silence
de Ramsgate.
C'est un beau petit livre, avec des photographies de Valérie
Adams-B et des textes de Luc Baba et Pascal Martin. Ramsgate : une
des portes de l'Europe, un cul-de-sac. Les images nous la décrivent,
dans une gamme de tons douce, harmonieuse. Elles n'ont pas le ton
du "reportage". On peut même les trouver "détachées".
Les textes les éclairent.
Ville de grillages, où le brouillard aussi a le goût
de fer et de rouille.
Hautes mâchoires de cerbères.
Et tous les regards plantés à leur fenêtre portent
un mirador.
Tous.
Un mirador désarmé.
Les uns prient Dieu, les autres la police.
Attente, lieux incertains, temps suspendu. Ombres errantes. La
solitude. Celle que vivent tous ceux qui, dans le grand tourbillon
migratoire, se retrouvent prisonniers d'une ville, d'un pays, d'une
situation qu'ils ont acceptée parce qu'il n'y en avait pas
d'autre. Certes, ce n'est Ceuta, Sangatte, ou Calais. C'est juste
une porte d'entrée, ou de sortie. Le temps y est suspendu.
Les images - le sable, les vagues, les bateaux à quai - cachent
des sentiments contradictoires. La peur et la solitude pour les
uns, la crainte du droit à la libre circulation chez les
autres ! Le temps des migrants existe depuis toujours. Depuis mille
ans, dix mille ans. Pour ceux qui le vivent aujourd'hui, de part
et d'autre, c'est un choc. Inévitable, comme le juste partage.
C'est un grand marché d'humains
parlant des langues très vieilles, avec la gorge sèche.
Et un bruit. Jusque dans le crissement des pages d'un journal.
Trente encore se sont noyés.
Georges Vercheval
Information :
Sous le silence de Ramsgate. Valérie Adams-B. Textes (fr.)
de Luc Baba et Pascal Martin. 120 p. 12 x 17 cm. Ed. Yellow Now
- Angles vifs. Crisnée (Liège). 2009. www.yellownow.be
Coup de griffe
Sculpture et
Démocratie
A l’heure où j’écris ces lignes, le citoyen
qui est en moi s’interroge. Car il ne sait pas. Il
sent, plutôt, que la société pour et par laquelle
il vit baigne dans le malaise. Il ne sait pas
s’il doit crier à la catastrophe comme certains (chaque
époque a eu ses annonceurs
d’Apocalypse), ou s’il doit plutôt crier sa joie
de vivre dans un pays en paix malgré tout.
Ce mal collectif que sa sensibilité palpe, est-il signe de
guérison ou d’aggravement ?
Comment savoir ? La presse présente une actualité
alarmante, mais elle échappe au
citoyen. Trop complexe, trop ambiguë, trop spécialisée,
trop détaillée. Trop d’épisodes,
trop de noms, trop de sujets, trop de règles, trop d’information.
Son cadre échappe à
l’homme commun.
Maintenant, ce cadre que nos élus ont pour responsabilité
de gérer, leur échappe-t-il à eux
aussi ? Les capitaines du navire Belgique, s’ils tiennent
toujours la barre, semblent en
tout cas avoir du mal à s’accorder sur un cap.
Quoi qu’il en soit, l’espace public appartient au citoyen,
et il doit être libre de l’enrichir
de son art s’il le souhaite, autant qu’il est tenu de
ne pas le souiller de ses détritus.
Lire
la suite (avec les images) …
Luc Broché
L’Hystéro-Collectif, Art Rue asbl
http://artrueasbl.weebly.com/jean-danonyme.html
Les bonnes pages
Franck Fischbach, Sans objet. Capitalisme,
subjectivité, aliénation. Librairie philosophique
J. Vrin, Paris, 2009, p. 12-14
(…) Nous savons tous que nous avons un corps mais (…)
bien que nous le sachions, au fond nous n’y croyons plus.
Nous savons que nous avons un corps, mais nous ne croyons plus que
nous sommes d’abord rien d’autre qu’un corps de
chair. Nous savons que nous avons un corps comme nous savons que
nous avons une maison avec un jardin ou une voiture avec climatiseur
en série, mais nous ne sommes pas ce corps que nous avons,
nous ne croyons pas en nous en tant que nous sommes ce corps-de-chair-là.
En ce sens, nous avons perdu le corps comme (et en même temps
que) nous avons perdu le monde (…).Cette « rupture du
lien de l’homme et du monde » ou cette rupture avec
la nature en tant que « corps inorganique de l’homme
» (Marx) a pour conséquence de « faire de l’homme
un voyant ». Et c’est bien une fois mis dans cette position
de « voyants » que nous nous trouvons « frappés
par quelque chose d’intolérable dans le monde ».
Deleuze décrit clairement cette rupture de notre lien avec
le monde et notre transformation en simples voyants comme une expérience
de l’aliénation, et cela à plus d’un titre.
D’abord parce que c’est en tant que voyants que nous
sommes « frappés par quelque chose d’intolérable
dans le monde et confrontés à quelque chose d’impensable
dans la pensée » : les voyants que nous sommes devenus
sont d’abord marqués par une expérience de la
stupéfaction, l’intolérable nous saute à
la figure et nous fige sur place. « La pensée, écrit
Deleuze, subit une étrange pétrification, qui est
comme son impuissance à fonctionner, (…) sa dépossession
d’elle-même et du monde ». Et c’est là
le second aspect de l’expérience de l’aliénation
vécue par celui qui n’est plus qu’un voyant :
après la stupeur et la « pétrification »,
l’aliénation est une expérience vécue
de l’impuissance. Mais cette impuissance se dit d’abord
comme « dépossession » : le voyant est dépossédé
du monde, et cette perte du lien avec le monde lui apparaît
en même temps comme un dépossession de lui-même
au sens où il n’a plus aucune prise sur ce monde justement
parce qu’il n’a plus de lien avec lui. Sa position même
de voyant ou de spectateur d’un monde dont il est délié
et qui s’impose à lui comme intolérable, comme
l’intolérable même, lui signifie son impuissance
complète, comme impuissance à la fois à penser
encore un monde qui soit ou puisse être le sien et comme impuissance
à réagir à l’intolérable et à
agir sur ce monde-là, par exemple pour le transformer et
le rendre tolérable. En éprouvant l’intolérable
du monde, celui qui n’est plus que voyant, en même temps,
« s’éprouve coincé » : coincé,
celui qui se trouve « dans la position psychique du voyant
» l’est pour autant qu’il « voit d’autant
mieux et plus loin qu’il ne peut réagir, c’est-à-dire
penser ». Depuis sa position de spectateur extérieur
au monde, le voyant voit mieux et plus loin que jamais : c’est
bien pourquoi il possède, aussi bien en extension qu’en
intensité, une vue de l’intolérable comme on
en a encore jamais eue jusqu’ici. Mais comme, en même
temps, il ne croit plus ni en un autre monde, ni en la transformation
de celui-ci, il est coincé, figé et pétrifié
devant le spectacle de l’intolérable : spectateur pétrifié,
il est aussi un spectateur impuissant à penser ce qu’il
voit parce que la pensée, pour expérimenter sa propre
puissance, doit-elle même appartenir au monde et penser sa
propre appartenance au monde.
On commence à mieux saisir en quoi peut consister l’aliénation
comprise comme perte du monde, comme perte du lien avec le monde
: elle tout entière dans l’expérience que nous
faisons de nous-mêmes comme spectateurs impuissants à
penser et à agir, coincés dans la position de ceux
qui voient mieux que jamais le monde comme intolérable, mais
pétrifiés devant le spectacle de cet intolérable.
L’impuissance vient ici de ce que cet intolérable,
plus visible que jamais, n’est en revanche plus pensable en
tant que monde par une pensée qui a rompu ses liens avec
le monde, qui s’est déliée du monde. Cette «
pensée » qui n’appartient plus au monde n’a
plus droit de cité que comme la « faculté »
d’un sujet hors-monde, simple spectateur d’un monde
qu’il est impuissant à penser autant qu’il est
incapable d’y agir.
Notices bibliographiques
Les propositions de Roland de Bodt
Hurstel, Jean – Une nouvelle utopie culturelle en marche
? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe
Hurstel, Jean – Une nouvelle utopie culturelle en marche
? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe
– Toulouse (France), Editions de l’attribut, collection
« la culture en questions », 2009, 139 pages, ISBN :
978.2.916002.14.9
Présentation : Il s’agit de l’édition
originale en langue française d’un essai que l’auteur
consacre à l’action et à la politique culturelles
; écrit principalement au départ de la situation française
mais tout en réservant de nombreuses références
d’actions culturelles à d’autres pays européens.
En effet, depuis de nombreuses années, Jean Hurstel connaît
la Belgique francophone : il a soutenu et s’est impliqué
très tôt dans les premières démarches
de théâtre action, notamment à Seraing et plus
tard avec la Formation des Comédiens-animateurs (Liège).
Il est aujourd’hui Président des Halles de Schaerbeek.
Animateurs de plusieurs projets culturels innovés au cours
de quarante dernières années dans le nord-est de la
France, tels que par exemple La Laiterie à Strasbourg ; il
est également fondateur de Banlieues d’Europe, qu’il
préside. Il s’agit d’un réseau européen
qui réunit régulièrement des associations culturelles
plutôt progressistes travaillant en prise directe avec les
populations des banlieues, des quartiers… Jean Hurstel est
l’auteur d’une étude qui a profondément
influencé la politique des centres culturels en Communauté
française de Belgique, consacrée à «
trois modèles d’action culturelle » (Ministère
de la culture, 1978). Il est également l’auteur de
livres non-conformistes et dont la lecture est toujours aussi vivifiante
et recommandée : « Jeunes au bistrot, cultures sur
macadam » (Syros, 1984), « Chroniques culturelles barbares
» (Syros, 1988), « Réenchanter la ville »
(L’Harmattan, 2006). La collection « La culture en questions
» propose à son catalogue plusieurs ouvrages intéressants
parce qu’ils suscitent le débat à propos des
formes de l’action et de la politique culturelles : «
La culture pour qui ? », « Nos enfants ont-ils droit
à l’art et la culture ? », plus récemment
« Internet un séisme dans la culture ? ». Les
Editions de l’attribut proposent également une autre
collection consacrée aux thèmes « culture et
société » ; également des « hors
collections » intéressants. Nous aurons prochainement
l’occasion de revenir vers ces publications. Pour le présent
ouvrage : une mise en page sobre et régulière, un
caractère un peu petit mais lisible, un papier confortable,
dos carré collé, prix annoncé autour de 13
euro. – Commentaire : Jean Hurstel face à
Jean Hurstel – Ici Hurstel l’auteur et là Hurstel
l’acteur. Par cet étonnant face à face avec
lui-même, Jean Hurstel fait droit aux contradictions archétypales
dans lesquelles l’action et les politiques culturelles semblent
aujourd’hui prises et aux prises. Ainsi, les lignes de tensions
du débat contemporain apparaissent, se dessinent, opèrent
; elles peuvent fonder ou prolonger une grande explication collective.
La langue est toujours aussi feuilletée, elle s’offre
plusieurs couches de sens aux plis savoureux. Cela ne manque ni
de ton, ni de souffle, ni de rythme, ni de couleur. C’est
souvent drôle, même lorsque c’est sérieux
ou peut-être surtout si ce l’est. La mise en scène,
les choix de quelques personnages secondaires, la forme dialoguée
garantissent un effet de distanciation : une sorte de dramatisation
dédramatisée qui sert utilement le projet rédactionnel
: « Une époque s’achève, une autre commence.
Sans la confrontation nécessaire des réflexions, des
opinions, des positions, nous disparaîtrons, nous sombrerons
dans l’indifférence générale d’une
société dite ‘libérale’, d’un
conservatisme triomphant, d’une société sécuritaire
et totalitaire en marche. » (page 140). Toutes sortes de déconstructions
impertinentes et bien venues : « la crise n’est pas
seulement financière, elle est également une crise
des finalités et des modes d’intervention » (page
51) ; nombreux démontages stimulants de nos postures d’animateurs
culturels de bonnes volontés. Enfin quatre propositions sont
soumises à l’examen : « 1. Seule la conjonction
des alternatives culturelles peut assurer un nouvel élan,
un autre mouvement ; 2. Ce n’est qu’en élargissant
notre action à de nouvelles couches de population en passant
d’une politique exclusive de l’offre à celle
de la demande que nous réussirons ; 3. La société
de la connaissance promise ne se limite pas à l’éducation,
mais engage aussi la création, la créativité
générale et non restreinte des populations ; 4. La
protection et la promotion de la diversité culturelle passent
par la reconnaissance des différences culturelles, mais pas
au détriment d’une lutte acharnée contre les
croissantes inégalités et exclusions sociales. »
(page 126). D’accord ou pas d’accord, Jean Hurstel ouvre
la donne actuelle ! [Mons (Belgique, le 30 avril 2010, Roland de
Bodt] – Publics concernés : Animateurs,
artistes, administrateurs publics, mandataires politiques, journalistes,
étudiants et enseignants dans les domaines de l’art
et des politiques publiques – Mots clés : action culturelle
; alterculturels ; demande culturelle ; démocratisation de
la culture ; démocratie culturelle ; éducation populaire
; mouvements alternatifs ; nouveaux mouvements sociaux ; offre culturelle
; politique culturelle ; politique culturelle européenne
; réseaux culturels européens ; utopie politique.
– Adresse web : des éditeurs
: www.editions-attribut.fr
; de l’auteur : non communiquée. –
Contenu : Sommaire (5) – Avertissement (7)
– Préambule théâtral (9) – Acte
I – Scène 1 : La très glorieuse figure du militant
du théâtre populaire (13) – Scène 2 :
Quarante huit ans plus tard (17) – Scène 3 : Rendez-vous
chez Monsieur l’Adjoint à la culture d’une métropole
régionale (23) – Acte II – Scène 1 : Petit
film documentaire sur la genèse houleuse, turbulente de la
politique culturelle (27) – Scène 2 : Les malheurs
d’une utopie culturelle centenaire (33) – Scène
3 : Le Blog de l’intermittent prolétaire en colère
(43) – Scène 4 : De l’offre à la demande
(49) – Scène 5 : Les Alternatifs vous parlent (53)
– Acte III – Scène 1 : De l’utopie politique
(59) – Scène 2 : Les utopies urbaines/échappées
belles 1 (73) – Scène 3 : Les utopies en friche/échappées
belles 2 (81) – Scène 4 : Les utopies périphériques/échappées
belles 3 (93) – Scène 5 : Utopiques européennes
(109) – Epilogue : Les utopiques générales /
compte rendu de la réunion de crise des groupes d’action
alterculturels (125)
Corm, Georges – L’Europe et le mythe de l’Occident,
la construction d’une histoire
Corm, Georges – L’Europe et le mythe de l’Occident,
la construction d’une histoire – Paris (France),
Editions La Découverte, collection « cahiers libres
», 2009, 319 pages, ISBN: 978.2.7071.5707.2
Présentation : Il s’agit de l’édition
originale en langue française d’une compilation argumentaire
qui me paraît assez essentielle dans l’ensemble des
travaux publiés par l’auteur ; il déconstruit
ici nos mythologies culturelles de l’Europe et de l’Occident.
L’œuvre de Georges Corm est prolifique et, depuis ces
huit dernières années, elle connaît un approfondissement
remarquable, une plus grande densité et un réel déploiement
de propositions qui étaient précédemment énoncée
sans trop d’appui. Il est l’auteur d’une somme
publiée sous le titre « Le proche Orient éclaté
» à laquelle il assure une actualisation régulière,
chez Gallimard, collection « Folio/histoire ». Certains
de ces ouvrages ont déjà été commentés
sous cette rubrique dans la Lettre de Culture et Démocratie
: notamment « Orient-Occident la fracture imaginaire »
publié aux éditions de La Découverte, et accessible
dans la collection « Essais Poche, numéro 196 »
ainsi que « L’Europe et l’Orient » aux mêmes
éditions et dans la même collection ; tous trois vivement
recommandés ; récemment, il publie également
« La Question religieuse au XXIe siècle, géopolitique
et crise de la postmodernité » aux mêmes éditions,
déjà accessible dans la même collection. Economiste
et historien libanais, il participe à de nombreux débats
publics auxquels il offre de stimulantes mises en perspectives à
la fois culturelles, historiques et philosophiques. Il semble que
sa démarche éditoriale prenne pleinement en charge
la nécessaire pédagogie de la déconstruction
de nos mythes et de nos postures bien-pensantes. Le présent
volume n’est pas encore disponible en collection de poche
mais cela ne saurait tarder : papier de grande diffusion, bouffant,
grand caractère lisible, une mise en page bien structurée
qui facilite le cheminement au fil du livre, dos carré collé.
Prix annoncé autour de vingt-trois euro. –
Commentaire : Le Grand commentaire de Georges Corm –
C’est probablement un des plus intéressants livres
de ce début du XXIe siècle. A l’appui des thèses
de son « Orient-Occident, la fracture imaginaire »,
écrit au lendemain de l’attentat des deux tours du
World Trade Center à New York, Georges Corm entreprend ici
un travail de fond. Il s’agit de constituer l’inventaire
des arguments et des faits qui permettent, à travers trois
siècles d’histoire moderne, de démonter les
mythologies et les postures adoptées par l’Europe occidentale.
Il s’agit ensuite d’en assurer la présentation
d’une manière suffisamment pédagogique pour
que ce grand commentaire rende les arguments opérationnels.
Opérationnels ? Pour transformer le regard du lecteur et
éventuellement pour modifier sa propre position dans le monde.
Le projet éditorial est bien là : « décloisonner,
libérer et ouvrir la pensée européenne »
(page 303). A cette fin, il brosse ce grand tableau : comment et
en vue de quels intérêts nous inventons-nous en permanence
une histoire bien-pensante de l’Occident et de l’Europe
dans le monde ? Comment accommodons-nous les narrations des événements
de l’histoire ? Comment omettons-nous les faits que nous avons
commis parce qu’ils nous dérangent ? Comment oublions-nous
presque systématiquement les actes que nous posons, nous-mêmes,
et qui ne correspondent pas à l’idée que nous
nous faisons de nous-mêmes ? Il nous invite donc à
découvrir – et éventuellement à participer
à – une grande explication culturelle essentielle en
ce début de siècle : Occidental, Européen,
qui sommes-nous dans le monde ? De quelles valeurs nous revendiquons-nous
? Quels actes posons-nous ? Quelles cohérences cultivons-nous
entre les valeurs et les actes de l’Europe ? entre les valeurs
et les actes de l’Occident ? Et ce grand déshabillage
de notre culture de l’Occident rend visible les mythes de
civilisation qui nous hantent. Quelle autre visée poursuit-il
sinon de nous aider à abandonner ces masques bien-pensants
? Ces masques et ces postures de bonne volonté qui, en réalité,
nous empêchent d’accéder à notre histoire
occidentale, à notre identité européenne plurielle.
Si la démonstration est rigoureuse, elle n’est jamais
gratuitement à charge, ce que certains lecteurs avaient reproché
à la rédaction de « Orient-Occident, la fracture
imaginaire ». On découvre donc ici la grande cohérence
d’un auteur qui travaille, avec persévérance
sur une période longue, au progrès de l’Humanité
; qui amplifie et qui nourrit ces travaux d’utilité
publique au fur et à mesure de ses travaux, à la fois
critiques et progressistes. A tous ceux qui souhaitent un autre
projet politique européen, un véritable projet humaniste
européen, il ouvre une des portes les plus décisives
: celle de reconnaître publiquement les réalités
– les intérêts et les enjeux – qui forgent
de l’intérieur le mythe féroce, les doubles
jeux et les deux visages de la civilisation occidentale. Car c’est
peu contestable en relisant l’histoire des XIXe et XXe siècles
européens : « On a du mal à concilier ces violences
et ces cruautés avec les clichés de l’Europe
ou de l’Occident comme lieux privilégiés de
l’émergence de la raison et de l’humanisme universel
» (page 15). A lire de toute urgence pour se libérer
des mythes qui nous aveuglent ! [Mons (Belgique), le 30 avril 2010,
Roland de Bodt]. – Publics : Tous publics
dès le secondaire supérieur. Particulièrement,
tous les « alter-convaincus » qui manquent d’arguments,
tous les « alter-sceptiques » à défaut
d’argument, tous les lecteurs qui considèrent qu’une
argumentation méticuleuse et critique est la première
condition des progrès de l’entendement humain. Toutes
vocations pédagogiques. – Mots clés
: Europe ; Occident ; Orient ; Siècle des lumières
; – Adresses web des éditeurs : www.editionsladecouverte.fr
; de l’auteur : www.georgescorm.com
– Contenu : Introduction – L’Europe
: exceptionnelle ou incontournable dans l’histoire contemporaine
? – Analyser l’axiome de la puissance ordonnatrice de
la notion d’Occident (7) – La responsabilité
des discours philosophiques et métaphysiques dans les tourments
du monde (11) – Histoire de l’Europe et histoire du
monde (14) – L’ambiguïté des nouveaux déploiements
militaires de l’Europe dans le monde (18) – La crise
de la culture au XXIe siècle et les nouvelles formes de terrorisme
(20) – Ni europhobie ni europhilie (23) – 1. Les fonctions
dogmatiques et mythologiques du concept « Occident »
– Aux origines de la pensée occidentaliste (25) –
La dogmatique de l’occidentalité ou la machine à
fabriquer de l’altérité radicale (30) –
Le manifeste aryen d’Ernest Renan (33) – La nécessité
d’un ennemi massif pour la vie du mythe (36) – La «
mythi-déologie » ou le besoin de racines et de pureté
des origines (40) – La cristallisation des idées utopiques
et des visions contradictoires du monde (44) – Contestations
occidentales du discours occidentaliste (47) – L’équation
mythologique : « Europe = modernité = Occident = avenir
du monde » (50) – L’idée européenne
: mythe ou réalité ? (53) – 2. Stylisation de
l’histoire européenne et construction du mythe de l’occidentalité
– La fonction d’historialisation transcendante (59)
– Le rôle du mythe des croisades dans la mémoire
européenne (61) – Les équivoques du concept
de civilisation dans les cultures européennes (66) –
Les contradictions du choix des différents moments fondateurs
(69) – Un remarquable exemple de stylisation historique chez
François Guizot (71) – Le Moyen Âge chrétien
érigé en mythe des origines de l’Occident chez
Jacques Le Goff (73) – La recherche du miracle occidental
dans le christianisme ou dans la déchristianisation ? (75)
– Les nuances fondamentales de Braudel et Morazé sur
la civilisation occidentale (79) – Aux origines de la révolution
galiléenne (82) – L’héritage complexe
du christianisme institutionnalisé (85) – Le mythe
de l’individualisme européen (88) – Retour sur
le génie du christianisme (93) – La réalité
de la fragmentation de l’Europe et du développement
inégal de ses Etats (96) – Le miracle de la modernité
européenne est-il une exception dans l’Histoire ? (99)
– 3. Les germes complexes de la puissance future de l’Europe
– Le rôle oublié des cités italiennes
et de la papauté (101) – La naissance du grand capitalisme
dès le XIIe siècle (104) – Le goût de
l’exploration encouragé par l’Eglise (107) –
La fertilisation des cultures européennes par les autres
cultures (112) – Les nouvelles visions du monde aux origines
de la modernité européenne (116) – Idéalisation
et historialisation du capitalisme industriel (119) – Le mythe
de la double révolution scientifique et capitaliste en Europe
(122) – Magnification et démonisation de la figure
du bourgeois capitaliste (125) – L’importance des flux
migratoires dans le succès économique (128) –
Déchirements de l’histoire européenne et mythe
de l’unité de l’Occident (131) – 4. De
Mozart à Hitler, que s’est-il passé ? –
La face glorieuse oubliée de l’Europe : la musique
(137) – L’importance de la musique sacrée et
de l’opéra au siècle des Lumières (140)
– La Flûte enchantée de Mozart, sommet de la
face glorieuse de l’Europe (143) – De la flûte
enchantée à La Damnation de Faust : la rupture (147)
– La fin du miracle musical en Europe (151) – Le «
mystère » de la rupture nazie dans l’histoire
de l’Europe (154) – Les explications partielles et contraintes
du nazisme (155) – La pauvreté de la contextualisation
historique du nazisme (158) – La légitimation du nazisme
comme barrage au communisme et au bolchevisme (161) – L’introspection
apocalyptique prémonitoire de Thomas Mann en 1914 (165) –
Karl Polanyi, analyste lucide des rapports entre libéralisme
économique et fascisme (167) – 5. Le choc des visions
du monde en Europe – L’Allemagne, grande absente de
l’expansion de l’Europe dans le monde (171) –
Thomas Mann et Friedrich Nietzsche ou le dégoût de
la civilisation occidentale (175) – Oswald Spengler ou la
dénonciation de la vieillesse spirituelle de l’Europe
occidentale (179) – L’équation fatale de la décadence
selon Spengler (183) – L’universalité de l’homme
ou la spécificité des communautés organiques
? (185) – La germanophilie philosophique et le succès
foudroyant de la pensée de Nietzsche (188) – Le retour
déguisé de la scolastique dans l’élaboration
des philosophies du XIXe siècle et leurs exégèses
(193) – L’exportation en Russie des tourments du siècle
romantique : slavophiles contre occidentaux (197) – Dostoïevski
et l’âme des peuples (201) – Guerres civiles féroces,
montée du nazisme, déflagration mondiale (205) –
6. Chronique européenne d’un judéocide annoncé
(209) – La crise de la pensée allemande et la généralisation
de la pensée anti-Lumières (210) – Le judaïsme
considéré comme propagateur du matérialisme
moderne (213) – L’anthropologie raciale forge l’image
négative moderne du judaïsme (216) – Un contexte
qui inspire la naissance de l’idéologie sioniste (221)
– La modernité littéraire tombe dans la nostalgie
de l’ordre ancien (223) – Le juif, bouc émissaire
des passions philosophiques et politiques du XIXe siècle
(226) – L’image obsédante du Juif au centre du
délire hitlérien (228) – La phobie paranoïaque
à l’encontre du Juif cosmopolite et du bolchevisme
(232) – Le succès d’Hitler rendu possible par
la dégradation de l’univers mental européen
(235) – 7. Le monde du XXIe siècle forgé par
l’histoire de l’Europe – Echec de l’Europe
gaullienne (239) – L’affirmation du néolibéralisme
anglo-saxon triomphant (242) – L’univers intellectuel
de la guerre froide et la constitution militaire de l’Occident
à travers l’Otan (246) – Les derniers soubresauts
de la pensée progressiste (250) – La fin du mythe russe
et le triomphe du néo-conservatisme américain (253)
– La domination occidentale du monde : un bilan impossible
? (255) – Les désordres du tiers monde : barbarie endogène
ou résultat des mêmes facteurs qui ont ébranlé
l’Europe ? (260) – Les déchirements des élites
hors d’Europe (264) – Le Moyen-Orient au cœur du
nouveau choc des visions du monde (267) – 8. Où va
l’Europe dans les affaires du monde ? – Une vision appauvrie
et toujours narcissique du rôle de l’Europe et de l’Occident
(275) – Des comportements qui font gravement obstacle à
l’universalisation des valeurs démocratiques (280)
– L’autisme et l’aveuglement des décideurs
occidentaux (283) – Agressivité verbale et harcèlement
du monde sous couvert d’un idéalisme creux (285) –
L’anthropologie politique des monothéismes comme légitimation
des interventions de puissance géopolitiques au Moyen Orient
(288) – L’effet pervers de la dogmatique occidentale
en matière de justice internationale (291) – La thèse
perverse de la toute puissance d’un lobby juif (293) –
Conclusion : Une Europe libérée de ses mythes et de
ses chaînes intellectuelles – Trancher le dilemme de
l’Europe face aux Etats-Unis (299) – Décloisonner,
libérer et ouvrir la pensée européenne (303)
– Bibliographie (309) – Table (317)
Le Réseau
Opinion
Los Caminos
de la memoria
Une question s'impose. Devant la quantité incommensurable
de réalisations de tous genres et de tous formats, doit-on
encore soutenir le 7ème art ? Que faire de toutes ces productions,
fictions ou documentaires qui s'entassent dans les files d'attentes
des salles de cinéma ou dans les grilles horaires télévisuelles
? Sans parler des formats courts qui trouvent encore très
difficilement de lucarne ? Des voix s'élèvent pour
suggérer de limiter l'accès aux mécanismes
de soutien public, voire de s'attaquer à la racine du problème,
et de ne plus remplir le réservoir de prétendants
cinéastes fraîchement formés par les écoles
de cinéma.
La disette entraîne toujours les conflits. Même s'il
y a eu une augmentation des montants d'aides, celle-ci n'a pas suivi
l'accroissement du nombre de demandes. Pas assez de sous, trop de
films produits, pas assez d'écrans libres pour les programmer.
Surtout pas assez de public pour les regarder. Faut-il miser sur
la rareté pour augmenter la plus-value ? Ou privilégier
la diversité pour élargir le nombre de spectateurs
potentiels ?
Faire du cinéma une industrie plus rentable n'est certes
pas synonyme de faire un cinéma de qualité. Ne tombons
pas dans le piège des « cost plus », des «
win-win » et des lois du marché libéral. Il
ne s'agit pas de gains, mais d'éducation. Le cinéma
est vecteur d'apprentissage, de sensibilisation et d'humanisation.
Préservons ses quelques qualités, et renforçons-les,
plutôt que de les sacrifier sur l'autel de la rentabilité.
Et en ce jour du 14 avril, ces propos sont renforcés avec
la sortie en salles d'un film sur un événement du
passé, la dictature franquiste, dans lequel on éprouve
tout ce qui fait la magie du cinéma, sensations, compréhensions,
émotions. Ce film, c'est Los Caminos de la memoria
de José-Luis Peñafuerte.
Dimitra Bouras
Rédactrice en chef
www.cinergie.be
dimitra.bouras@cinergie.be
Et si Magritte
avait été flamand !
« Il est du devoir de la famille, de la société
et de l'Etat d'assurer à l'enfant et à l'adolescent,
en priorité absolue, le droit à la vie, à la
santé, ..........., à la culture, ........, ils doivent
également les défendre contre toute forme de négligence,
de discrimination, ..... ».
(article 227 de la Constitution européenne)
Aujourd'hui, un enfant qui visite, avec son école, la maison
de James Ensor à Ostende, peut le faire GRATUITEMENT. Même
chose pour le musée Paul Delvaux à Saint-Idesbald.
En revanche, le récent musée Magritte de Bruxelles
lui en coûtera 2 euros d'entrée .... et la maison de
Magritte (rue Esseghem, 135 à Jette), lui en coûtera
6 euros d'entrée et par groupe de 12 enfants ! Rares sont
les classes qui ne comptent que 12 enfants!
La Communauté Française serait-elle moins généreuse
que la Communauté Flamande dans la répartition de
leurs subsides respectifs?
Beaucoup d'enseignants se posent la question lorsqu'il s'agit d'expliquer
cette « discrimination » aux parents.
Il n'est plus à démontrer que l'accès à
toute forme culturelle et artistique est une formidable solution
pour canaliser la violence, pour acquérir une sérénité
indispensable à l'équilibre de chacun.
A quand la GRATUITE de tous les musées de Belgique ?
Véronique L.
L'Agenda
Consultez également l'agenda
du site de Culture et Démocratie ...
Conférences, colloques, débats, rencontres, séances
d'informations...
Soirée
autour de la « Civilité puérile » d’Erasme
Le samedi 15 mai 2010, 19h, à la maison d’Erasme
(Anderlecht)
“La principale partie de la civilité consiste à
savoir fermer les yeux sur les défauts d’autrui”
La Maison d’Érasme inaugure un projet à partir
de la ‘Civilité puérile’ d’Érasme.
Ce petit ouvrage, écrit en 1530 à l’intention
des enfants, est l’un des textes fondateurs de notre civilisation
occidentale : le premier traité de savoir-vivre de l’époque
moderne. Ce texte, à la base de la ‘Civilisation des
mœurs’, comme l’appelait le sociologue Norbert
Elias, sera un axe de réflexion central au musée pour
les prochaines années, car il nous offre la possibilité
d’élaborer un humanisme contemporain.
L’artiste Françoise Schein est venue le 6 mars nous
présenter son oeuvre sur les droits de l’homme. Nous
poursuivons ce cheminement en sa compagnie en invitant plusieurs
penseurs autour du thème de la civilité. Le conservateur
Alexandre Vanautgaerden introduira la soirée en présentant
le traité d’Érasme, puis Hélène
Merlin-Kajman présentera une réflexion sur les rapports
qu’entretiennent ‘civilité, autorité et
pouvoir’. Françoise Schein évoquera ensuite
les ‘Droits humains et le savoir-vivre’.
Depuis 1789, deux siècles ont passé qui ont vu les
hommes tenter de mieux vivre ensemble, ajoutant au texte fondateur
de la Révolution française deux nouveaux chapitres
en 1948 et 2000. Cependant, au vu de notre relative incapacité
à nous entendre et nous respecter, ne devrions-nous pas réactiver
pour la jeunesse la lecture du texte d’Érasme sur la
civilité ? Ces droits modernes envisagent-ils vraiment le
rapport à l’autre et le vrai savoir-vivre dont nous
parlait Érasme ?
Le texte de la Charte des Droits Fondamentaux Européens
de 2000 envisage six grandes thématiques, celui d’Érasme
en 1530 en envisage sept : vers quelle société mènent-ils
chacun ? Marianne Mesnil soumettra cette notion de la civilité
à la confrontation de la civilisation occidentale avec l’Orient,
d’un point de vue anthropologique.
La soirée se terminera par deux présentations de
projets menés à partir de l’idée de la
civilité et des droits de l’homme, l’un issu
de l’Observatoire de l’éducation, l’autre
entrepris par Françoise Schein.
La soirée sera rythmée par des interludes musicaux
de la violoncelliste Sigrid Vandenbogaerde
qui jouera, notamment, des compositions de Solange Labbé,
qui collabore au projet général sur la civilité.
Infos :
Intervenants : Alexandre Vanautgaerden (Anderlecht, Maison
d’Érasme), Hélène Merlin-Kajman (Paris
III-Sorbonne nouvelle), Françoise Schein (Paris, artiste),
Marianne Mesnil (Bruxelles,
ULB), Sigrid Vandenbogaerde (Bruxelles, musicienne) et Solange Labbé
(Bruxelles, compositrice).
Maison d’Érasme
Rue du Chapitre, 31
1070 BRUXELLES
Réservation : 02 / 521 13 83
info@erasmushouse.museum
Infoday sur
le programme européen Culture
Le 17 mai 2010, au Bâtiment Charlemagne (rue de la Loi,
170, 1000 Bruxelles)
Quelles sont les possibilités européennes de financement
dans le domaine de la
Culture? Quelles sont les dernières nouvelles du programme
Culture? Comment mettre
toutes les chances de son côté pour voir son projet
sélectionné? Comment trouver des
partenaires européens?
Cette journée d'information vous est proposée par
la Commission européenne et
l'Agence Exécutive Education, Audiovisuel & Culture,
qui s'occupe de la gestion
quotidienne de la majeure partie du programme Culture.
Inscription : http://eacea.ec.europa.eu/culture/events/infoday_culture_2010_fr.php
Le Théâtre
des Tanneurs aux enseignants…
Le 18 mai 2010, à 17h, au Théâtre des Tanneurs
(Bruxelles)
Depuis janvier 2010, le Théâtre les Tanneurs a changé
de direction. C’est à présent David Strosberg,
comédien et metteur en scène de formation, qui détermine
la ligne artistique du théâtre.
Manifestant une forte envie d’intensifier les liens entre
le Théâtre les Tanneurs et les écoles, il mettra
donc un point d’honneur à ce que l’initiation
au théâtre contemporain se fasse de manière
pratique et ludique.
Le 18 mai à 17 heures, le Théâtre les Tanneurs
accueillera les enseignants qui le souhaitent. David Strosberg leur
présentera la saison 2010-2011 et discutera avec eux de l'intérêt
pédagogique de chacun des spectacles. Si vous désirez
faire connaissance avec le Théâtre les Tanneurs, son
nouveau directeur et ses projets pédagogiques, vous êtes
les bienvenus à cette rencontre !
Infos :
Responsable Ecoles : Patricia Balletti / patricia@lestanneurs.be
/ 02/213 70 53
Réservation souhaitée auprès de Marie Pastor
/ stagiaire@lestanneurs.be / 02/512 17 84
http://www.lestanneurs.be/
Le "care"
au cœur de la solidarité.
Le mercredi 19 mai 2010, 19h30, à Bruxelles Laïque
asbl ( Avenue de Stalingrad, 18, 1000 Bruxelles).
Notre modèle de développement est basé sur
une séparation des activités marchandes et non-marchandes,
seules les premières étant valorisées. Or,
des activités primordiales pour la survie de notre société
- comme le soin aux plus vulnérables - échappent aux
valeurs productivistes. Ainsi les métiers et les activités
liés aux soins et au souci des autres (le care) sont méprisés,
dévalorisés, invisibles...
Les femmes sont les premières à être touchées
par cette situation. Quels sont les effets sur leur travail, leur
autonomie, leur qualité de vie ? Qu'est-ce que le care nous
apprend de l'état de santé de la solidarité
et de la justice sociale ?
Avec Florence Degavre, Economiste et docteure en Sciences sociales
de l'Institut d'Etudes du Développement de l'UCL
Infos : bruxelles.laique@laicite.be
Les Echanges
de midi autour de l’interculturel
D'avril à novembre 2010, de 12h à 14h30, dans
les locaux de l’Interfédé, rue Marie-Henriette
19/21, 5000 Namur
Six modules conférence-échange proposés par
le Centre d'action interculturelle de la province de Namur et le
Service provincial d'action sociale, destinés aux travailleurs
du secteur socioculturel réalisant une pratique professionnelle
auprès du public issu de l'immigration
Les deux prochains échanges :
- Quelle place pour les signes religieux dans l’état
laïque, par Edouard Delruelle, Directeur adjoint au CECLR
Le 20 mai 2010
Le port de signes religieux continue à faire débat.
La question est sensible et met en jeu de manière contradictoires
des notions fondamentales toutes liées aux droits de l’homme
et l’organisation de la société : libertés,
respect des identités, laïcité, égalité
des droits. Et si le voile cachait un autre débat ? L’évolution
des représentations de l’islam dans la société
et les conceptions des relations entre les genres dans un contexte
multiculturel génèrent des questionnements. Des pistes
et balises seront évoquées autour de cette question
sensible.
- Les sans-papiers parmi nous : cadre de séjour et vie quotidienne,
par Rix Depasse et Coralie Hublau, du CIRE
Le 11 juin 2010
Jusque fin 2009, la régularisation des sans-papiers a occupé
les esprits et mobilisé du monde. On peut espérer
que la phase en cours réglera certaines situations. Cependant,
des sans-papiers poursuivent leur vie dans la société.
Ce module permettra de mieux connaître cette population, les
stratégies de survie par rapport au logement, à la
scolarité ou au travail. D’autre part, il s’agira
de mettre en évidence les perspectives à envisager
maintenant pour une régularisation plus complète.
Informations :
Inscription obligatoire: 8 euros (collation comprise)
C.A.I. Namur
rue Docteur Haibe 2 – 5002 SAINT-SERVAIS
secretariatcai@cainamur.be
Fax: 081 73 04 41
Personnes de contact :
Liliana Gomez : 081 71 35 28
Ghislaine De Block : 081 71 35 27
Deux conférences
au CAL de Waremme...
On nous ment !
Le jeudi 20 mai à 19h
« Sommes-nous manipulés? » Face à la
complexité du monde et à l'incertitude du lendemain,
nous sommes nombreux à formuler diverses théories
du complot susceptibles d'élucider ce qui semble inexplicable,
peu probable ou totalement injuste. Jérôme Jamin est
politologue à l'Ulg et auteur de l'ouvrage "L'imaginaire
du complot". La conférence portera sur la part de vérité
mais aussi de manipulation qui anime - et fait la force - des théories
du complot.
Censures.org !
Mardi 25 mai à 13h30
Professeur à temps plein depuis 1998 au département
des arts et sciences de la communication, titulaire de cours portant
sur les domaines des institutions culturelles, de l'édition
et des théories critiques de l'information, Pascal Durand
a écrit près d'une quinzaine de livres touchant à
ces trois registres, dont plusieurs sur la censure dans les médias.
Parmi ceux-ci, notamment, « La censure invisible » (Arles,
Actes Sud, 2006) et « Les nouveaux mots du pouvoir »
(Bruxelles, Aden, 2007).
Infos :
waremme@calliege.be -
019 33 84 50
Spectacles, concerts,...
CHATROOM
Jusqu’au 22 mai 2010, à 20h30, au Poche (Chemin
du Gymnase 1, 1000 Bruxelles)
Dans un cyberespace, 6 ados se retrouvent sur un site de chat dont
l'objet est la discussion de « sujets coriaces »:
« ... On est des somnambules attendant que les choses se
passent plutôt que d'agir pour qu'elles bougent. Ce serait
tellement génial d'accomplir quelque chose d'important. D'avoir
une véritable cause à défendre. »
Quête d'une « cause » ou simple envie de partager?
Détresse ou jeu de pouvoir? Cette comédie aux dialogues
courts et rythmés nous plonge dans une spirale de manipulation
alimentée par l'ennui et la frustration de ces six adolescents...
Deux d'entre eux se liguent pour pousser celui qui, de prime abord
semble plus faible, à commettre un acte irréparable.
Entre rire et larmes, très vite, ils le conduisent vers une
impasse... Impasse à laquelle l'auteur réserve aux
spectateurs une issue pour le moins surprenante.
«Je suis à l'âge... on est à l'âge
où on doit défendre des choses, d'accord? Pour moi,
c'est pas de se faire des potes, jouer au flipper ou aller au Mc
Do griller des clopes et causer du dernier cd merdique... C'est
une putain de perte de temps. C'est maintenant qu'il faut faire
chier et se démarquer des autres. On est des jeunes! Ça
voulait dire quelque chose avant. Ça parlait de rébellion,
de révolution, non? A part les Punks, qu'est-ce que les jeunes
ont fait ces trente dernières années? Que dalle! »
Bien au-delà de toutes spéculations sur les bienfaits
ou méfaits des sites de chat, Chatroom est l'histoire puissante
d'un acte ultime de rébellion adolescente.
Infos et réservations :
info@poche.be
Réservations: 02/649 17 27
Un homme est
un Homme
de René Georges
Mise en scène de René Georges & Salifou Kientega
(Burkina Faso)
Avec : Ansou Diedhiou (Sénégal), Afazali Dewaele (Rwanda/Belgique),
Charles Watara (Burkina Faso)
Du 1er au 19 juin 2010 au Théâtre de Poche de
Bruxelles (Chemin du Gymnase 1, 1000 Bruxelles)
« Si la solidarité devient un délit, nous
demandons à être poursuivis pour ce délit !
»
« Un homme est un Homme » est une création théâtrale
Nord /Sud sur l’immigration. 6 créateurs venus de cinq
pays différents (Burkina Faso, Sénégal, Tchad,
Belgique, et France), une enquête approfondie de près
de deux ans, une immersion réelle, une quarantaine de témoignages
de migrants économiques, trois comédiens interrogeant
leurs propres vies. Des représentations prévues en
Belgique mais aussi au Burkina Faso, au Sénégal, au
Niger, au Mali, en Côte d’Ivoire…
Avec "Un homme est un Homme", nous suivons le récit
hallucinant de trois Africains en partance pour le rêve blanc.
En Afrique, les gens les appellent des aventuriers... Il y a Afazali,
le plus jeune, un rasta tout droit sorti des ombres électriques
de Ouagadougou, Ansou, l'aîné d'une famille, quittant
un village paumé et oublié du Sénégal,
Charles, le plus expérimenté des trois, sorte de Bukowski
à la sauce africaine qui passe sa vie à zoner dans
les maquis et rêve d'une ultime traversée, après
bien des échecs. L'objectif de ces trois hommes: prendre
un bateau et mettre les pieds en Europe, afin de trouver ce travail
tant rêvé qui plus tard les feront revenir au pays
les mains pleines et l'honneur retrouvé. Ils sont prêts
à tout pour cela. Malgré la solidarité qui
les unit un seul réussira à passer à travers
les épreuves que sont la traversée du désert
et de la mer, la misère, l'abandon, la faim et la soif, les
jets de pierres, les crachats et l’humiliation. Où
qu’ils passent ces hommes ne sont jamais les bienvenus...
Ces vies nous renvoient à la nôtre bien entendu, et
nous questionnent sur le sens de l'existence, le partage, et l'avenir
que nous mettrons dans un mot : humain.
Infos et réservations :
info@poche.be
Réservations: 02/649 17 27
Expositions, évènements
Métamorphoses. Un autre regard.
Exposition de photographies
Jusqu’au 20 mai 2010, de 9h à 17h, à Louvain-la-neuve
(Forum des halles)
De la réalité palpable à
l’image…
Passer de l’autre côté du miroir.
Questionner avec la lumière,
les ombres, la couleur,
avec ses noirs, et ses blancs.
Exposition de photographies réalisée par l’atelier
d’écriture photographique de l’Université
des Aînés de Louvain-La-Neuve, animé par Jean-Luc
Tillière.
Renseignements :
www.uclouvain.be/culture
www.atelphot.info
Micronomics/City Mind
Les samedi 8 et 15 mai 2010 à Bruxelles
Avez-vous déjà imaginé utiliser les rues,
les places et les parcs de votre ville, pour fabriquer, faire, enseigner,
apprendre, échanger ou montrer quelque chose ? Ou travailler
sur des choses comme… utiliser des espace vides pour cultiver
des aliments, se débarrasser des déchets que nous
produisons en faisant et mangeant, ou juste pour parler des étapes
pour préparer un bon repas ? A quand remonte votre dernier
pique-nique dans la ville ?
Micronomics essaie toutes ces choses et même plus. Encore
deux samedis du mois de Mai 2010, pour rassembler une grande variété
d’initiatives qui utilisent l’espace urbain comme lieu
d’expression, d’expérience et de débat.
Cela va des jardins urbains à des projets de vélo
en passant par des initiatives de quartiers, de bricolage, à
des actions pour soutenir le droit des citoyens de couleurs de peau,
d’orientations sexuelles et de classes sociales différentes.
Ce qu’ils ont en commun, c’est leur caractère
spontané et informel, leur structure non-hiérarchique,
et le fait qu’elles sont urbaines, non en pas en dépit
de la ville, mais à cause de la ville.
La caravane « Micronocmics » contient : des toilettes
sèches, des jardins mobiles, une machine à faire de
la soupe et de la sauce, un digesteur de biogas, et tous ceux qui
ont envie de s’y joindre. Elle s’arrêtera dans
2 lieux symboliques de la ville :
- 8 mai, Micronomics va à l’ouest, dans le quartier
populaire Molenbeek, lié avec les activités locales,
les zinnodes et les molenbeekois.
- 15 mai, nous amène au sud-ouest, dans une place symbolique,
Flagey, le cœur de la vie culturelle d’Ixelles, mais
également au centre des discussions infinies de ce qu’un
espace public devrait être.
Micronomics est convaincu que l’espace public urbain doit
être utilisé, et c’est exactement ce qu’il
se passera. Le dernier jour de ce mois, l’action bruxelloise
sera liée par des initiatives similaires autour de l’espace
public à Londres, Paris, Berlin, Göteborg et Istanbul,
pour faire une journée d’action internationale pour
l’espace public.
Contacter City Mine(d) : info@citymined.org
Parcours d’Artistes 2010 ( aussi
au CPAS de Saint-Gilles ! )
Le CPAS a le plaisir de vous inviter à visiter les expositions
du « Parcours d’Artistes 2010 ». Depuis sa création,
« Parcours d’Artistes » est un événement
majeur qui permet de rencontrer les artistes sur leur lieu de travail,
de mieux comprendre leur démarche, et de découvrir
des talents. Parcours d’Artistes apporte donc un autre regard
sur Saint-Gilles et les cultures qui la traversent.
Cette année, 204 ateliers ouvriront leurs portes et 153 d’entre
eux présenteront leur univers dès la nocturne le 7
mai de 20 heures à minuit, jusqu’au dernier week-end
de mai. 350 artistes seront réunis en 176 lieux répartis
sur l’ensemble de la commune !
Pour l’édition 2010, une grande exposition est organisée
dans les bâtiments du CPAS. Vous pourrez y découvrir
les résultats de l’atelier photo encadré pour
le CPAS par l’asbl Photogallery, avec la collaboration de
l’asbl Article 27 ainsi qu’une exposition réalisée
par le CREAHM, une association qui œuvre depuis 25 ans (dont
23 années passées à Saint-Gilles) à
développer les talents artistiques des personnes handicapées
mentales en arts plastiques et en art de la scène.
Infos :
http://www.stgillesculture.irisnet.be/parcours_2010/index_fr.php
CPAS de Saint-Gilles
Rue du Fort, 25
1060 Saint-Gille
02 600 57 30
Festivals,...
Kosmopolite Art Tour
Du 7 au 15 mai 2010
Attention les yeux ! Après son passage à Amsterdam,
le festival "street art" Kosmopolite Art Tour débarque
à Bruxelles ! Il fait en effet escale dans la capitale belge
du 7 au 15 mai 2010, avant de continuer son chemin vers Paris.
Au programme : plus de 40 artistes venus des quatre coins du monde
pour réaliser ensemble plusieurs fresques murales géantes
dans divers endroits de la ville. Mais aussi des expositions de
peinture, une soirée vidéo débat, un cinéclub...
Soit un des plus grands festivals street art encore jamais organisé
à Bruxelles !
Info :
www.kosmo-art-tour.com
"Namur en Mai" Le Festival
des Arts forains
Du 13 au 16 mai 2010 dans les rues et sur les places de Namur
Le Festival des Arts forains, créé à Namur
en mai 1996, a pour projet la mise en évidence du meilleur
de la création contemporaine belge et internationale, inspirée
de l'histoire saltimbanque et du spectacle forain…
Pendant le week-end de l'Ascension - 4 jours et 4 nuits ! et dans
le décor somptueux du centre de Namur, comédiens et
bateleurs, marchands de rêve et d’illusion, vous emmènent
avec plus de 50 spectacles à la recherche de l’émotion
et du vrai plaisir de la Fête !..
Info :
http://www.artsforains.com/
De la Lune à la Scène
- Mini-festival pour petites formes artistiques à Pierre
de Lune - 10ème édition !
Du 19 au 27 mai 2010, Au Botanique et au Théâtre
de la Balsamine
Durant toute la saison, 20 classes maternelles, primaires et secondaires
ont bénéficié d’un projet Art à
l’Ecole à Pierre de Lune, autour du thème «
Regard(s) ».
Accueillant un artiste en classe au cœur d’un partenariat
avec leur enseignant, les élèves ont pu explorer les
langages artistiques contemporains et vivre un véritable
processus de création dans une démarche évolutive.
Le mois de mai est le temps de l’aboutissement, de la présentation
d’une petite forme et de la valorisation de ces projets. Temps
de la rencontre et du regard entre artistes, enfants, jeunes et
enseignants, entre amateurs et professionnels. Un regard en mouvement
qui traversera l’espace pour redonner l’essence du projet
Art à l’Ecole à Pierre de Lune en quelques instants
d’éternité. Moments à la fois fragiles
et vibrants, ces présentations sont ouvertes au monde.
« Emergences » : De la Lune à la Scène…
du Théâtre – les 19, 20 et 21 au Botanique
Deux journées festives se dérouleront au Botanique,
permettant aux 9 groupes des ateliers Théâtre à
l’Ecole de présenter leur recherche sur une scène
professionnelle. Dans un esprit festif, les publics pourront échanger
leurs regards sur des pratiques différenciées dans
le cadre d'un parcours artistique convivial.
Ecoles partenaires : Ecole Arc-en-ciel de Forest, Centre scolaire
Pré des Agneaux d’Auderghem, Centre Scolaire Notre-Dame
de la Sagesse de Ganshoren, Institut Dominique Pire de Bruxelles-Ville,
Communauté Educative Sainte-Geneviève d’Etterbeek,
Collège du Sacré-Cœur de Ganshoren, Institut
Notre-Dame d’Anderlecht.
« Traversées » : De la Lune à
la Scène… de la Danse – le 27 mai au Théâtre
de la Balsamine
Cette journée particulière sera réservée
à la Danse à l’Ecole, au Théâtre
de la Balsamine. Avec le soutien de Charleroi-Danses, 13 classes
présenteront une séquence chorégraphique, un
moment d’atelier, un extrait du parcours…
Documents vidéo et invités, danseurs professionnels
ou acteurs du projet Art à l’Ecole seront présents
de manière active pour une vision partagée de cette
journée : avec entre autres, Bénédicte Mottard,
le collectif Solo Conversations et Mike Alvarez …
Ecoles partenaires : Ecole Arc-en-ciel de Forest, Ecole Clair Vivre
d’Evere, La Nouvelle Ecole de St-Josse, Ecole N°7 de Molenbeek-St-Jean,
Ecole Decroly d’Uccle, Ecole Escale de Woluwé-St-Lambert,
Institut de la Providence de Woluwé-St-Lambert.
Info :
Entrée libre.
Infos complémentaires, horaires détaillés et
réservations : 02/218.79.35- www.pierredelune.be
L’art et les tout-petits
Du 19 au 30 mai 2010, à Charleroi
Pour sa 9ème édition, cet événement
dédié aux tout-petits se transforme en quinzaine Petite
enfance. Il élargit son propos aux enfants de 0 à
6 ans et à tous ceux qui les accompagnent. Il prend place
à l’Eden, à l’Ancre, au Palais des Beaux-Arts,
au Musée des Beaux-Arts, au Foyer Culturel de Montigny-le-Tilleul,
à la Bibliothèque de l’UT, au B.P.S.22 et au
Musée de la Photographie.
Infos et programme :
http://www.laguimbarde.be/art_et_les_tout_petits_2010.pdf
Dernières nouvelles
Concours / Appels
Museum Prijs / Prix des Musées 2010
Le Prix des Musées récompense un musée wallon,
un musée bruxellois et un musée flamand d’un
prix de 10.000 EUR chacun. Au cours des 4 dernières années,
ce prix prestigieux a remis 150.000 euros aux musées gagnants.
Cette année, le Prix des Musées fête son 5e
anniversaire.
L'accessibilité des lieux, la pédagogie, l'ouverture
à tous les publics et l’implication de ceux-ci sont
les principaux critères de sélection pour l’attribution
de ce Prix organisé à l’initiative du magazine
Openbaar Kunstbezit Vlaanderen et du cabinet d’avocats Linklaters.
Cinq musées, pour chacune des trois régions, ont
été présélectionnés cette année.
Pour la Flandre : In Flanders Field Museum, Ieper ; Museum Dhondt-Dhaenens,
Deurle ; Museum Mayer Van den Bergh, Antwerpen ; Museum voor Oudere
Technieken, Grimbergen ; Provinciaal Gallo-Romeins Museum, Tongeren.
A Bruxelles, Cinematek ; le Musée Horta ; le Musée
Magritte ; Le Musée de la Banque nationale de Belgique ;
le Musée et le Jardin Van Buuren.
En Wallonie, le Musée de la Vie wallonne à Liège
; le Grand Curtius à Liège ; le Musée de Groesbeeck-De
Croix à Namur ; le Musée de la Rose à Lessines
; la Fondation Folon à La Hulpe.
Il est à remarquer que cette liste comprend de nombreux
musées récemment ouverts - ou ré-ouverts !
Il appartient maintenant au jury final de sélectionner les
lauréats, un dans chaque région. Cette sélection
du Prix des Musées 2010 sera annoncée le 1er juin
prochain à Bruxelles.
Parallèlement au Prix des Musées proprement dit,
le public peut également voter pour son musée préféré
(quel qu'il soit ! et dans les trois régions) dans le cadre
du Prix du Public. Les trois musées gagnants se verront décerner
2 500 euros, à investir dans l'accessibilité de leur
musée. Il y a aussi le Jury des enfants qui, par leurs votes,
offrir un prix supplémentaire, le « Prix du Musée
préféré des enfants ».
Le public et les enfants peuvent faire entendre leur voix jusqu'au
28 mai 2010 inclus, en votant sur le site Internet www.prixdesmusees.be.
Etre plus qu'un simple spectateur, devenir programmateur!
Un challenge pour des jeunes de 15 à 30 ans désireux
de s'engager dans l'organisation d'un évènement social
et culturel.
Vous êtes jeune ? Vous aimez les challenges ? Peut-être
serez-vous intéressé(e)s par celui que vous proposent
Bruxelles Laïque asbl et la Confédération parascolaire
? Faire partie du groupe chargé de la réalisation,
de la promotion et de la production du festival Regards Croisés
!
Ce groupe sera autonome avec un cahier de charges à remplir,
des échéances et un engagement à respecter.
Il aura à sa disposition un budget, des moyens techniques,
un cadre de travail, l'accompagnement de professionnels pour réaliser
l'édition 2011 de Regards Croisés.
Ce challenge n'exige aucune condition particulière, sinon
d'avoir entre 15 et 30 ans, d'aimer les défis, d'avoir envie
de rencontrer d'autres jeunes, de s'engager avec eux dans un projet
de découvertes, d'échanges et de coopération
à travers la culture, le cinéma et les arts. Un festival
citoyen, culturel et artistique par des jeunes pour des jeunes.
Durant le premier trimestre 2011 aura lieu au Théâtre
National la quatrième édition de Regards Croisés,
un festival parascolaire du film documentaire réalisé
par des jeunes pour d'autres jeunes, avec l'encadrement, le soutien
technique et financier de Bruxelles Laïque asbl et de la Confédération
Parascolaire. Pendant deux jours, des jeunes croiseront leurs regards,
leurs opinions, leurs cultures, leurs visions du monde avec d'autres
jeunes à travers des films, des débats, de la musique,
du théâtre et d'autres expressions artistiques.
Envie de participer ?
Envoyez un mail à bruxelles.laique@laicite.be
Téléphonez au 02/ 289 69 00 ou écrivez à
BRUXELLES LAÏQUE
Festival REGARDSCROISÉS
18-20 avenue de Stalingrad
1000 Bruxelles
DATE LIMITE D'INSCRIPTION : 15 JUILLET 201
Experts : appel à manifestations d’intérêt
L'Agence Exécutive Education, Audiovisuel et Culture lance
un appel à manifestations d'intérêt afin de
recevoir des candidatures en vue de la constitution d'une liste
d'experts pour la gestion des programmes communautaires dans les
domaines de l’éducation, l’audiovisuel, la culture,
la jeunesse et la citoyenneté.
Date limite ? 30 juin 2013
Infos : http://eacea.ec.europa.eu/about/call_experts/call_experts_2007_fr.php
Formations
Les vacances d’été
approchent, les Rencontres Pédagogiques aussi... 15 ateliers
pour changer l'école et changer la société
Du 17 au 22 août 2010
Une envie de vous former et d’échanger vos expériences
de travail? Un besoin de vous ressourcer avant le début du
mois de septembre ? Une envie de mettre l’école et
l’éducation en mouvement ?
ChanGements pour l’égalité, mouvement sociopédagogique,
organise du 17 au 22 aout 2010 15 ateliers (3 - 6 jours) à
destination des acteurs de l'éducation.
D’autres activités, telles qu'une soirée jeu
pédagogique, des rencontres débats, une librairie
spécialisée, sont également proposées.
Infos :
ChanGements pour l'égalité
mouvement sociopédagogique
Chaussée de Haecht, 66
1210 Bruxelles
Tél. : 02 218 34 50
fax : 02 218 49 67
info@changement-egalite.be
www.changement-egalite.be
Sites web
Site web d’une revue culturelle
:"Mouvement", qui en est déjà à
son 55iem numéro… A découvrir ! http://www.mouvement.net/site.php
Revivez ou découvrez les activités
2009-2010 organisées par l’UP de Bruxelles
http://www.videobaz.be/category/universite-populaire-de-bxl/
La Culture, c’est ?… Visionnez cette
amusante vidéo produite par C-paje…
http://vimeo.com/10229133
Pétitions
Les peuples ou les marchés financiers
? Les gouvernements et l’UE doivent choisir !
Après avoir été sauvés par les États,
voilà que les banques et les marchés financiers attaquent
les États. Les déséquilibres d’avant
la crise et ayant conduit à celle-ci n’ont pas été
dépassés. Les États ont sauvé les banques
sans se donner les moyens de les contrôler, ils ont restauré
la puissance des marchés financiers en renonçant à
les réguler et sans développer productions, recherches
et services socialement et écologiquement utiles, sans relancer
l’emploi et la justice sociale, sans augmenter les recettes
publiques.
Pour les populations, c’est la double peine. Après
des années de dégradation en raison des politiques
néolibérales, elles subissent les effets directs de
la crise financière (chômage, récession) et
sont maintenant touchées par la régression sociale
que les gouvernements entendent leur imposer. Les plus vulnérables
- et notamment les femmes, les jeunes, les migrants, les précaires
- déjà très durement touchés, seront
plongés dans des situations encore plus dramatiques.
Les gouvernements doivent rompre avec la logique : « La dette
pour les États, la ceinture pour les peuples, les profits
pour la finance ». C’est avec une autre logique qu’il
devient possible de trouver des solutions.
Lire
la suite de la pétition et éventuellement la signer
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Fax : 02/512 69 11
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Cette lettre d'information a été réalisée
par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker,Georges Vercheval, et Roland
de Bodt, grâce au soutien de la Communauté française.
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