Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°43 - 01/04/2010

Editorial

 

"L'avenir du pays face à la violence économique mondiale"

Chaque jour de nouveaux licenciements sont annoncés : dix, vingt, cent et parfois mille emplois perdus, en une seule journée. Dix, vingt, cent et parfois mille chômeurs nouveaux pour une seule fermeture d’entreprise. Et dans le ressac de ces brutales ruptures d’industries, combien de faillites de petits indépendants ! Autant de drames quotidiens qui finissent muets et secs : dépossession du travail, de l’estime et de la dignité de soi, du statut professionnel et du niveau de vie ; adieu à la maison ! Et quoi des enfants ? de l’amour ? et enfin de tout ce qui fait que la vie s’appelait la vie ? Dans le fracas de l’économie mondiale, tout ce qui est humain dans l’être humain est détruit, bafoué, humilié, divisé. Et cette humiliation de l’être à des répercussions profondes sur les structures de la collectivité.

Malgré les aides économiques à l’entreprise, malgré les soutiens publics à la recherche et au développement, malgré les réductions de cotisation patronales à la sécurité sociale et les réductions d’impôts accordées par les gouvernements du pays, malgré les plans d’investissement et de relance, malgré les marchés d’Etat, malgré les plans de sauvetage et les recapitalisations publiques, l’économie mondiale assène ses coups. Violents, arrogants, ils sont tout d’abord vénaux ; il ne faut pas chercher plus loin. Ils n’ont d’autre légitimité que celle de la convoitise : avidité des cadres, fringale des actionnaires, insatiabilité des financiers. Considéré à l’échelle humaine et politique, ils n’ont aucune légitimité civique. Parce qu’ils sèment l’inégalité, ils sont tout le contraire de la démocratie ; ils divisent ses forces et ruinent son ressort intérieur. Assurément le contraire de l’humanisme : ces licenciements massifs sont les signes modernes d’un assujettissement renouvelé aux plus antiques traditions de sacrifices d’êtres humains à la vanité concupiscente des dieux et des géants qui dominent, de haut et de loin, la petite société humaine des êtres humains.

Ces licenciements soufflent une violence extrême sur le genre humain. Aucun principe de gouvernement de la cité humaine ne peut rendre cette violence seulement acceptable ! Elle fracture et rompt toutes les solidarités qui l’entravent. Elle bondit de scission en scission. Et pourtant ? Aucune politique humaine ne semble capable de maîtriser ces funestes furies et ces frénésies féroces de l’économie mondiale. La pauvreté – avant les corps abandonnés, dans les rues – s’amoncèle irréversiblement de l’Europe sur l’Europe et du monde sur le petit pays de la Belgique. Même annoncés, ces licenciements sont brutaux ; quand ils ne flairent pas le chantage à l’intervention publique, ils restent sans appel. Ils injectent dans le corps social tout entier un noir poison mythique : une obscure désespérance, un besoin infecté de revanche, un appel obnubilé à la vengeance, au schisme, à l’arrachement, à la déchirure. Même ceux qui n’en sont pas atteints dans leur chair finissent par en souffrir, par en trembler. La peur d’être touché hante les sueurs échevelées de leurs nuits. Et dans ce dérèglement à vif du règne de l’économie mondiale, la tension appelle la tension ; la blessure appelle la blessure ; la rupture appelle la rupture. Sous l’empire de la cupidité mondiale, la séparation est un mode de gouvernement des êtres humains, des entreprises, des Etats et des peuples.

La Wallonie cherche à s’en remettre. Aujourd’hui, la Flandre n’est pas épargnée. Effrayé par l’éclair qui déchire sa nuit souveraine, le lion rugit contre la libellule, la cigale, la chauve-souris. Au matin, il retourne ses crocs contre le chant du coq. Tout lui est bon pour se défaire de l’angoisse du lendemain ! Mais c’est oublier que la séparation n’annonce pas nécessairement les matins qui chantent. Le bouc émissaire a une fonction. Il cache les divisions internes de la collectivité ; c’est pourquoi la séparation d’avec le bouc émissaire n’annonce jamais qu’une division plus grande encore, de soi à soi. La scission culturelle du pays ne nous protègera pas de la violence économique mondiale

Mons, le 30 avril 2010
Roland de Bodt
Chercheur et écrivain
Président de Culture et Démocratie

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

Culture et Démocratie

 

L'Agenda :

 

Cycle de sept tables-rondes : Un enseignement en culture. De l'utopie à la réalité. Seconde table ronde : Pourquoi des projets Art et Ecole ?

Le 10 mai 2010, de 12h30 à 14h30, à la Communauté française
(Boulevard Léopold II 44 1080 Bruxelles - Local Lucien De Brouckère 4C124)

 

Utopie ou réalité, Culture et Démocratie défend le projet d’un "enseignement en culture".
Intégrer structurellement celle-ci dans les savoirs et les compétences de tous, à tous les niveaux de l'enseignement et encourager l'expression artistique sous toutes ses formes, voilà un enjeu démocratique essentiel !

Au cœur de la pratique pédagogique, à tous les degrés et dans tous les types d’enseignement, il faut construire des savoirs, des compétences et des pratiques culturelles et artistiques. Il faut, vite, et de manière structurelle, donner une nouvelle légitimité à ces champs de savoirs profondément négligés pour stimuler la créativité et l’inventivité que requiert, d’évidence, le monde contemporain.

Dans le prolongement du colloque « La culture au cœur de l’enseignement, un vrai défi démocratique », Culture et Démocratie organise sept tables-rondes. Elles se tiendront en 2010 et 2011 dans divers lieux de la Communauté française.

Leur objectif est d'approfondir la réflexion et le débat sur l’articulation culture/enseignement et d’aboutir, avec tous les participants, à des propositions concrètes. Au terme de ces rencontres, Culture et Démocratie présentera des propositions pour un nouveau contrat culturel pour l’enseignement.

Culture et Démocratie invite les acteurs de l’enseignement, de la formation et de la culture à ces rencontres : enseignants et leur direction, inspecteurs, étudiants, en particulier ceux qui se destinent à une carrière dans l’enseignement, opérateurs culturels et artistes, responsables de réseaux scolaires, administrations et membres des cabinets des ministères concernés.

Après inscription – vivement souhaitée pour des raisons de logistique - chaque participant recevra un portefeuille de textes et de documents préparatoires.

Programme de la seconde table-ronde :
Pourquoi des projets Art et Ecole ?



Les arts sont encore plus indispensables aux hommes et aux femmes que ce qu’il y a de meilleur dans la science et la technologie. … /… Nous sommes un animal dont le souffle de vie est celui des rêves parlés, peints, sculptés et chantés. Il n’y a ni ne saurait y avoir de communauté sur terre, si rudimentaires que soient ses moyens matériels, sans musique, sans quelque forme d’art graphique, sans ces récits de remémoration imaginaire que nous appelons mythe et poésie.
Georges Steiner, Grammaires de la création, Gallimard, Folio essais, Paris, 2001, p.313

Dans les suites de la première table-ronde qui visait à explorer le concept « culture » et son articulation avec l’enseignement, cette seconde rencontre a pour objectifs d’interroger les projets Art et Ecole.

Pour quelles raisons un décret "culture-école" a-t-il été adopté par la Communauté française ? Pourquoi des opérateurs culturels proposent-ils des projets artistiques aux établissements d’enseignement ? Pourquoi les écoles s’ouvrent-elles à ces partenariats ?

Des réponses seront apportées sous divers angles, à travers l’intervention du responsable de la Cellule Culture – Enseignement de la Communauté française, d’un directeur d’école, d’une opératrice culturelle et d’un professeur à l'Unité de recherche en communication de l’UCL.

Modérateur : Eddy Caekelberghs (journaliste)
Introduction : Sabine de Ville, vice-présidente de Culture et Démocratie
Intervenants :
Eric Frère (responsable de la Cellule Culture-Enseignement de la Communauté française)
Marc Brisson (Directeur de l’Ecole Saint Pierre - Anderlecht)
Sarah Colasse (directrice du Centre dramatique de Wallonie pour l’Enfance et la Jeunesse)
Thierry De Smedt (professeur à l'Unité de recherche en communication de l’UCL)

Plus d’informations :

Culture et Démocratie asbl – 0032 2 502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be -
www.cultureetdemocratie.be/fr

Adresse du jour : Communauté française
Boulevard Léopold II 44 1080 Bruxelles / Local Lucien De Brouckère 4C124

 

Culture pour tous, mouvement québécois en faveur de la démocratisation de la culture

Le jeudi 20 mai 2010, de 17h30 à 19h30, à La Maison du Livre (Rue de Rome 24-28– 1060 Bruxelles)

Né de la conviction profonde que les arts et la culture sont au cœur du développement social et économique, l’organisme québécois « Culture pour tous » (www.culturepourtous.ca) se positionne depuis 13 ans comme un acteur important en matière de médiation et de démocratisation culturelles, au cœur d’un réseau d’artistes, d’artisans et de travailleurs culturels engagés.

Leurs objectifs et actions visent à favoriser l’appropriation des arts et de la culture par le plus grand nombre. « Culture pour tous » propose ainsi des initiatives encourageant l’accès et la participation à la création et à l’activité culturelle, telles que Les Journées de la culture, le Carnet de la culture (outil au service du milieu scolaire), le Parcours interculturel (initiative de valorisation des artistes professionnels issus de l’immigration), les colloques internationaux La Rencontre (forums internationaux pour réfléchir aux enjeux de la démocratisation culturelle), et des projets artistiques comme Les Convertibles, Art au travail et Je m'affiche pour la culture!.

Profitant de la visite d’Eva Quintas, directrice de projets au sein de l’organisme québécois, dans le cadre d’une mission de coopération en Communauté française, Culture et Démocratie et la Maison du Livre vous invitent à une rencontre autour de « Culture pour tous ». Les actions, objectifs, enjeux, réussites et impasses ainsi que la philosophie de ce projet seront présentés, suivis d’un temps d’échanges autour des questions que suscitent ce type d’initiative. La rencontre sera animée par Georges Vercheval, vice-président de Culture et Démocratie.

Plus d’informations :

Culture et Démocratie asbl – 0032 2 502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be -
www.cultureetdemocratie.be/fr

 

 

Les productions

 

Autour de la question de l’enseignement et de son rapport à la culture…
Cycle de deux conférences au Collège Belgique, les 11 et 18 mars dernier, par Michel Develay et François Ost.


Il faut ré-enchanter l’enseignement par la dimension artistique et culturelle, il faut mettre au cœur de la construction des savoirs, la créativité, l’esprit critique, l’expérimentation, l’inventivité et la pratique collective, il faut donner à tous un accès cognitif et matériel à toutes les formes de la création, celle d’ici et d’ailleurs, celle d’aujourd’hui et celle du passé. C’est à cette condition que l’on construira des adultes ouverts, inventifs, curieux, prêts à prendre le monde et à lui donner sens.

Introduites par Pierre Bartholomée, membre de l’Académie royale de Belgique, et Sabine de Ville, vice-présidente de Culture et Démocratie, les conférences de Michel Develay et de François Ost interrogeaient, chacune à leur manière, la question de la transmission. Ecoutez-les sur : http://www.cultureetdemocratie.be/fr/axes/culture_et_ecole/actions.html#cycle

 

 

Coups de cœur / Coup de griffe

 

Coups de coeur

Sous le silence de Ramsgate.

C'est un beau petit livre, avec des photographies de Valérie Adams-B et des textes de Luc Baba et Pascal Martin. Ramsgate : une des portes de l'Europe, un cul-de-sac. Les images nous la décrivent, dans une gamme de tons douce, harmonieuse. Elles n'ont pas le ton du "reportage". On peut même les trouver "détachées". Les textes les éclairent.

Ville de grillages, où le brouillard aussi a le goût de fer et de rouille.
Hautes mâchoires de cerbères.
Et tous les regards plantés à leur fenêtre portent un mirador.
Tous.
Un mirador désarmé.
Les uns prient Dieu, les autres la police.

Attente, lieux incertains, temps suspendu. Ombres errantes. La solitude. Celle que vivent tous ceux qui, dans le grand tourbillon migratoire, se retrouvent prisonniers d'une ville, d'un pays, d'une situation qu'ils ont acceptée parce qu'il n'y en avait pas d'autre. Certes, ce n'est Ceuta, Sangatte, ou Calais. C'est juste une porte d'entrée, ou de sortie. Le temps y est suspendu. Les images - le sable, les vagues, les bateaux à quai - cachent des sentiments contradictoires. La peur et la solitude pour les uns, la crainte du droit à la libre circulation chez les autres ! Le temps des migrants existe depuis toujours. Depuis mille ans, dix mille ans. Pour ceux qui le vivent aujourd'hui, de part et d'autre, c'est un choc. Inévitable, comme le juste partage.

C'est un grand marché d'humains
parlant des langues très vieilles, avec la gorge sèche.
Et un bruit. Jusque dans le crissement des pages d'un journal.
Trente encore se sont noyés.

Georges Vercheval

Information :
Sous le silence de Ramsgate. Valérie Adams-B. Textes (fr.) de Luc Baba et Pascal Martin. 120 p. 12 x 17 cm. Ed. Yellow Now - Angles vifs. Crisnée (Liège). 2009. www.yellownow.be

 

Coup de griffe

Sculpture et Démocratie

A l’heure où j’écris ces lignes, le citoyen qui est en moi s’interroge. Car il ne sait pas. Il
sent, plutôt, que la société pour et par laquelle il vit baigne dans le malaise. Il ne sait pas
s’il doit crier à la catastrophe comme certains (chaque époque a eu ses annonceurs
d’Apocalypse), ou s’il doit plutôt crier sa joie de vivre dans un pays en paix malgré tout.
Ce mal collectif que sa sensibilité palpe, est-il signe de guérison ou d’aggravement ?
Comment savoir ? La presse présente une actualité alarmante, mais elle échappe au
citoyen. Trop complexe, trop ambiguë, trop spécialisée, trop détaillée. Trop d’épisodes,
trop de noms, trop de sujets, trop de règles, trop d’information. Son cadre échappe à
l’homme commun.

Maintenant, ce cadre que nos élus ont pour responsabilité de gérer, leur échappe-t-il à eux
aussi ? Les capitaines du navire Belgique, s’ils tiennent toujours la barre, semblent en
tout cas avoir du mal à s’accorder sur un cap.

Quoi qu’il en soit, l’espace public appartient au citoyen, et il doit être libre de l’enrichir
de son art s’il le souhaite, autant qu’il est tenu de ne pas le souiller de ses détritus.

Lire la suite (avec les images)

Luc Broché
L’Hystéro-Collectif, Art Rue asbl
http://artrueasbl.weebly.com/jean-danonyme.html


Les bonnes pages

 

Franck Fischbach, Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation. Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 2009, p. 12-14

(…) Nous savons tous que nous avons un corps mais (…) bien que nous le sachions, au fond nous n’y croyons plus. Nous savons que nous avons un corps, mais nous ne croyons plus que nous sommes d’abord rien d’autre qu’un corps de chair. Nous savons que nous avons un corps comme nous savons que nous avons une maison avec un jardin ou une voiture avec climatiseur en série, mais nous ne sommes pas ce corps que nous avons, nous ne croyons pas en nous en tant que nous sommes ce corps-de-chair-là. En ce sens, nous avons perdu le corps comme (et en même temps que) nous avons perdu le monde (…).Cette « rupture du lien de l’homme et du monde » ou cette rupture avec la nature en tant que « corps inorganique de l’homme » (Marx) a pour conséquence de « faire de l’homme un voyant ». Et c’est bien une fois mis dans cette position de « voyants » que nous nous trouvons « frappés par quelque chose d’intolérable dans le monde ». Deleuze décrit clairement cette rupture de notre lien avec le monde et notre transformation en simples voyants comme une expérience de l’aliénation, et cela à plus d’un titre. D’abord parce que c’est en tant que voyants que nous sommes « frappés par quelque chose d’intolérable dans le monde et confrontés à quelque chose d’impensable dans la pensée » : les voyants que nous sommes devenus sont d’abord marqués par une expérience de la stupéfaction, l’intolérable nous saute à la figure et nous fige sur place. « La pensée, écrit Deleuze, subit une étrange pétrification, qui est comme son impuissance à fonctionner, (…) sa dépossession d’elle-même et du monde ». Et c’est là le second aspect de l’expérience de l’aliénation vécue par celui qui n’est plus qu’un voyant : après la stupeur et la « pétrification », l’aliénation est une expérience vécue de l’impuissance. Mais cette impuissance se dit d’abord comme « dépossession » : le voyant est dépossédé du monde, et cette perte du lien avec le monde lui apparaît en même temps comme un dépossession de lui-même au sens où il n’a plus aucune prise sur ce monde justement parce qu’il n’a plus de lien avec lui. Sa position même de voyant ou de spectateur d’un monde dont il est délié et qui s’impose à lui comme intolérable, comme l’intolérable même, lui signifie son impuissance complète, comme impuissance à la fois à penser encore un monde qui soit ou puisse être le sien et comme impuissance à réagir à l’intolérable et à agir sur ce monde-là, par exemple pour le transformer et le rendre tolérable. En éprouvant l’intolérable du monde, celui qui n’est plus que voyant, en même temps, « s’éprouve coincé » : coincé, celui qui se trouve « dans la position psychique du voyant » l’est pour autant qu’il « voit d’autant mieux et plus loin qu’il ne peut réagir, c’est-à-dire penser ». Depuis sa position de spectateur extérieur au monde, le voyant voit mieux et plus loin que jamais : c’est bien pourquoi il possède, aussi bien en extension qu’en intensité, une vue de l’intolérable comme on en a encore jamais eue jusqu’ici. Mais comme, en même temps, il ne croit plus ni en un autre monde, ni en la transformation de celui-ci, il est coincé, figé et pétrifié devant le spectacle de l’intolérable : spectateur pétrifié, il est aussi un spectateur impuissant à penser ce qu’il voit parce que la pensée, pour expérimenter sa propre puissance, doit-elle même appartenir au monde et penser sa propre appartenance au monde.

On commence à mieux saisir en quoi peut consister l’aliénation comprise comme perte du monde, comme perte du lien avec le monde : elle tout entière dans l’expérience que nous faisons de nous-mêmes comme spectateurs impuissants à penser et à agir, coincés dans la position de ceux qui voient mieux que jamais le monde comme intolérable, mais pétrifiés devant le spectacle de cet intolérable. L’impuissance vient ici de ce que cet intolérable, plus visible que jamais, n’est en revanche plus pensable en tant que monde par une pensée qui a rompu ses liens avec le monde, qui s’est déliée du monde. Cette « pensée » qui n’appartient plus au monde n’a plus droit de cité que comme la « faculté » d’un sujet hors-monde, simple spectateur d’un monde qu’il est impuissant à penser autant qu’il est incapable d’y agir.

 

Notices bibliographiques

Les propositions de Roland de Bodt

Hurstel, Jean – Une nouvelle utopie culturelle en marche ? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe

Hurstel, Jean – Une nouvelle utopie culturelle en marche ? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe – Toulouse (France), Editions de l’attribut, collection « la culture en questions », 2009, 139 pages, ISBN : 978.2.916002.14.9

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un essai que l’auteur consacre à l’action et à la politique culturelles ; écrit principalement au départ de la situation française mais tout en réservant de nombreuses références d’actions culturelles à d’autres pays européens. En effet, depuis de nombreuses années, Jean Hurstel connaît la Belgique francophone : il a soutenu et s’est impliqué très tôt dans les premières démarches de théâtre action, notamment à Seraing et plus tard avec la Formation des Comédiens-animateurs (Liège). Il est aujourd’hui Président des Halles de Schaerbeek. Animateurs de plusieurs projets culturels innovés au cours de quarante dernières années dans le nord-est de la France, tels que par exemple La Laiterie à Strasbourg ; il est également fondateur de Banlieues d’Europe, qu’il préside. Il s’agit d’un réseau européen qui réunit régulièrement des associations culturelles plutôt progressistes travaillant en prise directe avec les populations des banlieues, des quartiers… Jean Hurstel est l’auteur d’une étude qui a profondément influencé la politique des centres culturels en Communauté française de Belgique, consacrée à « trois modèles d’action culturelle » (Ministère de la culture, 1978). Il est également l’auteur de livres non-conformistes et dont la lecture est toujours aussi vivifiante et recommandée : « Jeunes au bistrot, cultures sur macadam » (Syros, 1984), « Chroniques culturelles barbares » (Syros, 1988), « Réenchanter la ville » (L’Harmattan, 2006). La collection « La culture en questions » propose à son catalogue plusieurs ouvrages intéressants parce qu’ils suscitent le débat à propos des formes de l’action et de la politique culturelles : « La culture pour qui ? », « Nos enfants ont-ils droit à l’art et la culture ? », plus récemment « Internet un séisme dans la culture ? ». Les Editions de l’attribut proposent également une autre collection consacrée aux thèmes « culture et société » ; également des « hors collections » intéressants. Nous aurons prochainement l’occasion de revenir vers ces publications. Pour le présent ouvrage : une mise en page sobre et régulière, un caractère un peu petit mais lisible, un papier confortable, dos carré collé, prix annoncé autour de 13 euro. – Commentaire : Jean Hurstel face à Jean Hurstel – Ici Hurstel l’auteur et là Hurstel l’acteur. Par cet étonnant face à face avec lui-même, Jean Hurstel fait droit aux contradictions archétypales dans lesquelles l’action et les politiques culturelles semblent aujourd’hui prises et aux prises. Ainsi, les lignes de tensions du débat contemporain apparaissent, se dessinent, opèrent ; elles peuvent fonder ou prolonger une grande explication collective. La langue est toujours aussi feuilletée, elle s’offre plusieurs couches de sens aux plis savoureux. Cela ne manque ni de ton, ni de souffle, ni de rythme, ni de couleur. C’est souvent drôle, même lorsque c’est sérieux ou peut-être surtout si ce l’est. La mise en scène, les choix de quelques personnages secondaires, la forme dialoguée garantissent un effet de distanciation : une sorte de dramatisation dédramatisée qui sert utilement le projet rédactionnel : « Une époque s’achève, une autre commence. Sans la confrontation nécessaire des réflexions, des opinions, des positions, nous disparaîtrons, nous sombrerons dans l’indifférence générale d’une société dite ‘libérale’, d’un conservatisme triomphant, d’une société sécuritaire et totalitaire en marche. » (page 140). Toutes sortes de déconstructions impertinentes et bien venues : « la crise n’est pas seulement financière, elle est également une crise des finalités et des modes d’intervention » (page 51) ; nombreux démontages stimulants de nos postures d’animateurs culturels de bonnes volontés. Enfin quatre propositions sont soumises à l’examen : « 1. Seule la conjonction des alternatives culturelles peut assurer un nouvel élan, un autre mouvement ; 2. Ce n’est qu’en élargissant notre action à de nouvelles couches de population en passant d’une politique exclusive de l’offre à celle de la demande que nous réussirons ; 3. La société de la connaissance promise ne se limite pas à l’éducation, mais engage aussi la création, la créativité générale et non restreinte des populations ; 4. La protection et la promotion de la diversité culturelle passent par la reconnaissance des différences culturelles, mais pas au détriment d’une lutte acharnée contre les croissantes inégalités et exclusions sociales. » (page 126). D’accord ou pas d’accord, Jean Hurstel ouvre la donne actuelle ! [Mons (Belgique, le 30 avril 2010, Roland de Bodt] – Publics concernés : Animateurs, artistes, administrateurs publics, mandataires politiques, journalistes, étudiants et enseignants dans les domaines de l’art et des politiques publiques – Mots clés : action culturelle ; alterculturels ; demande culturelle ; démocratisation de la culture ; démocratie culturelle ; éducation populaire ; mouvements alternatifs ; nouveaux mouvements sociaux ; offre culturelle ; politique culturelle ; politique culturelle européenne ; réseaux culturels européens ; utopie politique. – Adresse web : des éditeurs : www.editions-attribut.fr ; de l’auteur : non communiquée. – Contenu : Sommaire (5) – Avertissement (7) – Préambule théâtral (9) – Acte I – Scène 1 : La très glorieuse figure du militant du théâtre populaire (13) – Scène 2 : Quarante huit ans plus tard (17) – Scène 3 : Rendez-vous chez Monsieur l’Adjoint à la culture d’une métropole régionale (23) – Acte II – Scène 1 : Petit film documentaire sur la genèse houleuse, turbulente de la politique culturelle (27) – Scène 2 : Les malheurs d’une utopie culturelle centenaire (33) – Scène 3 : Le Blog de l’intermittent prolétaire en colère (43) – Scène 4 : De l’offre à la demande (49) – Scène 5 : Les Alternatifs vous parlent (53) – Acte III – Scène 1 : De l’utopie politique (59) – Scène 2 : Les utopies urbaines/échappées belles 1 (73) – Scène 3 : Les utopies en friche/échappées belles 2 (81) – Scène 4 : Les utopies périphériques/échappées belles 3 (93) – Scène 5 : Utopiques européennes (109) – Epilogue : Les utopiques générales / compte rendu de la réunion de crise des groupes d’action alterculturels (125)

 

Corm, Georges – L’Europe et le mythe de l’Occident, la construction d’une histoire

Corm, Georges – L’Europe et le mythe de l’Occident, la construction d’une histoire – Paris (France), Editions La Découverte, collection « cahiers libres », 2009, 319 pages, ISBN: 978.2.7071.5707.2

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’une compilation argumentaire qui me paraît assez essentielle dans l’ensemble des travaux publiés par l’auteur ; il déconstruit ici nos mythologies culturelles de l’Europe et de l’Occident. L’œuvre de Georges Corm est prolifique et, depuis ces huit dernières années, elle connaît un approfondissement remarquable, une plus grande densité et un réel déploiement de propositions qui étaient précédemment énoncée sans trop d’appui. Il est l’auteur d’une somme publiée sous le titre « Le proche Orient éclaté » à laquelle il assure une actualisation régulière, chez Gallimard, collection « Folio/histoire ». Certains de ces ouvrages ont déjà été commentés sous cette rubrique dans la Lettre de Culture et Démocratie : notamment « Orient-Occident la fracture imaginaire » publié aux éditions de La Découverte, et accessible dans la collection « Essais Poche, numéro 196 » ainsi que « L’Europe et l’Orient » aux mêmes éditions et dans la même collection ; tous trois vivement recommandés ; récemment, il publie également « La Question religieuse au XXIe siècle, géopolitique et crise de la postmodernité » aux mêmes éditions, déjà accessible dans la même collection. Economiste et historien libanais, il participe à de nombreux débats publics auxquels il offre de stimulantes mises en perspectives à la fois culturelles, historiques et philosophiques. Il semble que sa démarche éditoriale prenne pleinement en charge la nécessaire pédagogie de la déconstruction de nos mythes et de nos postures bien-pensantes. Le présent volume n’est pas encore disponible en collection de poche mais cela ne saurait tarder : papier de grande diffusion, bouffant, grand caractère lisible, une mise en page bien structurée qui facilite le cheminement au fil du livre, dos carré collé. Prix annoncé autour de vingt-trois euro. – Commentaire : Le Grand commentaire de Georges Corm – C’est probablement un des plus intéressants livres de ce début du XXIe siècle. A l’appui des thèses de son « Orient-Occident, la fracture imaginaire », écrit au lendemain de l’attentat des deux tours du World Trade Center à New York, Georges Corm entreprend ici un travail de fond. Il s’agit de constituer l’inventaire des arguments et des faits qui permettent, à travers trois siècles d’histoire moderne, de démonter les mythologies et les postures adoptées par l’Europe occidentale. Il s’agit ensuite d’en assurer la présentation d’une manière suffisamment pédagogique pour que ce grand commentaire rende les arguments opérationnels. Opérationnels ? Pour transformer le regard du lecteur et éventuellement pour modifier sa propre position dans le monde. Le projet éditorial est bien là : « décloisonner, libérer et ouvrir la pensée européenne » (page 303). A cette fin, il brosse ce grand tableau : comment et en vue de quels intérêts nous inventons-nous en permanence une histoire bien-pensante de l’Occident et de l’Europe dans le monde ? Comment accommodons-nous les narrations des événements de l’histoire ? Comment omettons-nous les faits que nous avons commis parce qu’ils nous dérangent ? Comment oublions-nous presque systématiquement les actes que nous posons, nous-mêmes, et qui ne correspondent pas à l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes ? Il nous invite donc à découvrir – et éventuellement à participer à – une grande explication culturelle essentielle en ce début de siècle : Occidental, Européen, qui sommes-nous dans le monde ? De quelles valeurs nous revendiquons-nous ? Quels actes posons-nous ? Quelles cohérences cultivons-nous entre les valeurs et les actes de l’Europe ? entre les valeurs et les actes de l’Occident ? Et ce grand déshabillage de notre culture de l’Occident rend visible les mythes de civilisation qui nous hantent. Quelle autre visée poursuit-il sinon de nous aider à abandonner ces masques bien-pensants ? Ces masques et ces postures de bonne volonté qui, en réalité, nous empêchent d’accéder à notre histoire occidentale, à notre identité européenne plurielle. Si la démonstration est rigoureuse, elle n’est jamais gratuitement à charge, ce que certains lecteurs avaient reproché à la rédaction de « Orient-Occident, la fracture imaginaire ». On découvre donc ici la grande cohérence d’un auteur qui travaille, avec persévérance sur une période longue, au progrès de l’Humanité ; qui amplifie et qui nourrit ces travaux d’utilité publique au fur et à mesure de ses travaux, à la fois critiques et progressistes. A tous ceux qui souhaitent un autre projet politique européen, un véritable projet humaniste européen, il ouvre une des portes les plus décisives : celle de reconnaître publiquement les réalités – les intérêts et les enjeux – qui forgent de l’intérieur le mythe féroce, les doubles jeux et les deux visages de la civilisation occidentale. Car c’est peu contestable en relisant l’histoire des XIXe et XXe siècles européens : « On a du mal à concilier ces violences et ces cruautés avec les clichés de l’Europe ou de l’Occident comme lieux privilégiés de l’émergence de la raison et de l’humanisme universel » (page 15). A lire de toute urgence pour se libérer des mythes qui nous aveuglent ! [Mons (Belgique), le 30 avril 2010, Roland de Bodt]. – Publics : Tous publics dès le secondaire supérieur. Particulièrement, tous les « alter-convaincus » qui manquent d’arguments, tous les « alter-sceptiques » à défaut d’argument, tous les lecteurs qui considèrent qu’une argumentation méticuleuse et critique est la première condition des progrès de l’entendement humain. Toutes vocations pédagogiques. – Mots clés : Europe ; Occident ; Orient ; Siècle des lumières ; – Adresses web des éditeurs : www.editionsladecouverte.fr ; de l’auteur : www.georgescorm.comContenu : Introduction – L’Europe : exceptionnelle ou incontournable dans l’histoire contemporaine ? – Analyser l’axiome de la puissance ordonnatrice de la notion d’Occident (7) – La responsabilité des discours philosophiques et métaphysiques dans les tourments du monde (11) – Histoire de l’Europe et histoire du monde (14) – L’ambiguïté des nouveaux déploiements militaires de l’Europe dans le monde (18) – La crise de la culture au XXIe siècle et les nouvelles formes de terrorisme (20) – Ni europhobie ni europhilie (23) – 1. Les fonctions dogmatiques et mythologiques du concept « Occident » – Aux origines de la pensée occidentaliste (25) – La dogmatique de l’occidentalité ou la machine à fabriquer de l’altérité radicale (30) – Le manifeste aryen d’Ernest Renan (33) – La nécessité d’un ennemi massif pour la vie du mythe (36) – La « mythi-déologie » ou le besoin de racines et de pureté des origines (40) – La cristallisation des idées utopiques et des visions contradictoires du monde (44) – Contestations occidentales du discours occidentaliste (47) – L’équation mythologique : « Europe = modernité = Occident = avenir du monde » (50) – L’idée européenne : mythe ou réalité ? (53) – 2. Stylisation de l’histoire européenne et construction du mythe de l’occidentalité – La fonction d’historialisation transcendante (59) – Le rôle du mythe des croisades dans la mémoire européenne (61) – Les équivoques du concept de civilisation dans les cultures européennes (66) – Les contradictions du choix des différents moments fondateurs (69) – Un remarquable exemple de stylisation historique chez François Guizot (71) – Le Moyen Âge chrétien érigé en mythe des origines de l’Occident chez Jacques Le Goff (73) – La recherche du miracle occidental dans le christianisme ou dans la déchristianisation ? (75) – Les nuances fondamentales de Braudel et Morazé sur la civilisation occidentale (79) – Aux origines de la révolution galiléenne (82) – L’héritage complexe du christianisme institutionnalisé (85) – Le mythe de l’individualisme européen (88) – Retour sur le génie du christianisme (93) – La réalité de la fragmentation de l’Europe et du développement inégal de ses Etats (96) – Le miracle de la modernité européenne est-il une exception dans l’Histoire ? (99) – 3. Les germes complexes de la puissance future de l’Europe – Le rôle oublié des cités italiennes et de la papauté (101) – La naissance du grand capitalisme dès le XIIe siècle (104) – Le goût de l’exploration encouragé par l’Eglise (107) – La fertilisation des cultures européennes par les autres cultures (112) – Les nouvelles visions du monde aux origines de la modernité européenne (116) – Idéalisation et historialisation du capitalisme industriel (119) – Le mythe de la double révolution scientifique et capitaliste en Europe (122) – Magnification et démonisation de la figure du bourgeois capitaliste (125) – L’importance des flux migratoires dans le succès économique (128) – Déchirements de l’histoire européenne et mythe de l’unité de l’Occident (131) – 4. De Mozart à Hitler, que s’est-il passé ? – La face glorieuse oubliée de l’Europe : la musique (137) – L’importance de la musique sacrée et de l’opéra au siècle des Lumières (140) – La Flûte enchantée de Mozart, sommet de la face glorieuse de l’Europe (143) – De la flûte enchantée à La Damnation de Faust : la rupture (147) – La fin du miracle musical en Europe (151) – Le « mystère » de la rupture nazie dans l’histoire de l’Europe (154) – Les explications partielles et contraintes du nazisme (155) – La pauvreté de la contextualisation historique du nazisme (158) – La légitimation du nazisme comme barrage au communisme et au bolchevisme (161) – L’introspection apocalyptique prémonitoire de Thomas Mann en 1914 (165) – Karl Polanyi, analyste lucide des rapports entre libéralisme économique et fascisme (167) – 5. Le choc des visions du monde en Europe – L’Allemagne, grande absente de l’expansion de l’Europe dans le monde (171) – Thomas Mann et Friedrich Nietzsche ou le dégoût de la civilisation occidentale (175) – Oswald Spengler ou la dénonciation de la vieillesse spirituelle de l’Europe occidentale (179) – L’équation fatale de la décadence selon Spengler (183) – L’universalité de l’homme ou la spécificité des communautés organiques ? (185) – La germanophilie philosophique et le succès foudroyant de la pensée de Nietzsche (188) – Le retour déguisé de la scolastique dans l’élaboration des philosophies du XIXe siècle et leurs exégèses (193) – L’exportation en Russie des tourments du siècle romantique : slavophiles contre occidentaux (197) – Dostoïevski et l’âme des peuples (201) – Guerres civiles féroces, montée du nazisme, déflagration mondiale (205) – 6. Chronique européenne d’un judéocide annoncé (209) – La crise de la pensée allemande et la généralisation de la pensée anti-Lumières (210) – Le judaïsme considéré comme propagateur du matérialisme moderne (213) – L’anthropologie raciale forge l’image négative moderne du judaïsme (216) – Un contexte qui inspire la naissance de l’idéologie sioniste (221) – La modernité littéraire tombe dans la nostalgie de l’ordre ancien (223) – Le juif, bouc émissaire des passions philosophiques et politiques du XIXe siècle (226) – L’image obsédante du Juif au centre du délire hitlérien (228) – La phobie paranoïaque à l’encontre du Juif cosmopolite et du bolchevisme (232) – Le succès d’Hitler rendu possible par la dégradation de l’univers mental européen (235) – 7. Le monde du XXIe siècle forgé par l’histoire de l’Europe – Echec de l’Europe gaullienne (239) – L’affirmation du néolibéralisme anglo-saxon triomphant (242) – L’univers intellectuel de la guerre froide et la constitution militaire de l’Occident à travers l’Otan (246) – Les derniers soubresauts de la pensée progressiste (250) – La fin du mythe russe et le triomphe du néo-conservatisme américain (253) – La domination occidentale du monde : un bilan impossible ? (255) – Les désordres du tiers monde : barbarie endogène ou résultat des mêmes facteurs qui ont ébranlé l’Europe ? (260) – Les déchirements des élites hors d’Europe (264) – Le Moyen-Orient au cœur du nouveau choc des visions du monde (267) – 8. Où va l’Europe dans les affaires du monde ? – Une vision appauvrie et toujours narcissique du rôle de l’Europe et de l’Occident (275) – Des comportements qui font gravement obstacle à l’universalisation des valeurs démocratiques (280) – L’autisme et l’aveuglement des décideurs occidentaux (283) – Agressivité verbale et harcèlement du monde sous couvert d’un idéalisme creux (285) – L’anthropologie politique des monothéismes comme légitimation des interventions de puissance géopolitiques au Moyen Orient (288) – L’effet pervers de la dogmatique occidentale en matière de justice internationale (291) – La thèse perverse de la toute puissance d’un lobby juif (293) – Conclusion : Une Europe libérée de ses mythes et de ses chaînes intellectuelles – Trancher le dilemme de l’Europe face aux Etats-Unis (299) – Décloisonner, libérer et ouvrir la pensée européenne (303) – Bibliographie (309) – Table (317)

 

Le Réseau

 

Opinion

 

Los Caminos de la memoria

Une question s'impose. Devant la quantité incommensurable de réalisations de tous genres et de tous formats, doit-on encore soutenir le 7ème art ? Que faire de toutes ces productions, fictions ou documentaires qui s'entassent dans les files d'attentes des salles de cinéma ou dans les grilles horaires télévisuelles ? Sans parler des formats courts qui trouvent encore très difficilement de lucarne ? Des voix s'élèvent pour suggérer de limiter l'accès aux mécanismes de soutien public, voire de s'attaquer à la racine du problème, et de ne plus remplir le réservoir de prétendants cinéastes fraîchement formés par les écoles de cinéma.

La disette entraîne toujours les conflits. Même s'il y a eu une augmentation des montants d'aides, celle-ci n'a pas suivi l'accroissement du nombre de demandes. Pas assez de sous, trop de films produits, pas assez d'écrans libres pour les programmer. Surtout pas assez de public pour les regarder. Faut-il miser sur la rareté pour augmenter la plus-value ? Ou privilégier la diversité pour élargir le nombre de spectateurs potentiels ?

Faire du cinéma une industrie plus rentable n'est certes pas synonyme de faire un cinéma de qualité. Ne tombons pas dans le piège des « cost plus », des « win-win » et des lois du marché libéral. Il ne s'agit pas de gains, mais d'éducation. Le cinéma est vecteur d'apprentissage, de sensibilisation et d'humanisation. Préservons ses quelques qualités, et renforçons-les, plutôt que de les sacrifier sur l'autel de la rentabilité.

Et en ce jour du 14 avril, ces propos sont renforcés avec la sortie en salles d'un film sur un événement du passé, la dictature franquiste, dans lequel on éprouve tout ce qui fait la magie du cinéma, sensations, compréhensions, émotions. Ce film, c'est Los Caminos de la memoria de José-Luis Peñafuerte.

Dimitra Bouras
Rédactrice en chef
www.cinergie.be
dimitra.bouras@cinergie.be

Et si Magritte avait été flamand !

« Il est du devoir de la famille, de la société et de l'Etat d'assurer à l'enfant et à l'adolescent, en priorité absolue, le droit à la vie, à la santé, ..........., à la culture, ........, ils doivent également les défendre contre toute forme de négligence, de discrimination, ..... ».
(article 227 de la Constitution européenne)

Aujourd'hui, un enfant qui visite, avec son école, la maison de James Ensor à Ostende, peut le faire GRATUITEMENT. Même chose pour le musée Paul Delvaux à Saint-Idesbald.
En revanche, le récent musée Magritte de Bruxelles lui en coûtera 2 euros d'entrée .... et la maison de Magritte (rue Esseghem, 135 à Jette), lui en coûtera 6 euros d'entrée et par groupe de 12 enfants ! Rares sont les classes qui ne comptent que 12 enfants!
La Communauté Française serait-elle moins généreuse que la Communauté Flamande dans la répartition de leurs subsides respectifs?

Beaucoup d'enseignants se posent la question lorsqu'il s'agit d'expliquer cette « discrimination » aux parents.

Il n'est plus à démontrer que l'accès à toute forme culturelle et artistique est une formidable solution pour canaliser la violence, pour acquérir une sérénité indispensable à l'équilibre de chacun.

A quand la GRATUITE de tous les musées de Belgique ?

Véronique L.

 

L'Agenda

Consultez également l'agenda du site de Culture et Démocratie ...

 

Conférences, colloques, débats, rencontres, séances d'informations...

Soirée autour de la « Civilité puérile » d’Erasme

Le samedi 15 mai 2010, 19h, à la maison d’Erasme (Anderlecht)


“La principale partie de la civilité consiste à savoir fermer les yeux sur les défauts d’autrui”


La Maison d’Érasme inaugure un projet à partir de la ‘Civilité puérile’ d’Érasme. Ce petit ouvrage, écrit en 1530 à l’intention des enfants, est l’un des textes fondateurs de notre civilisation occidentale : le premier traité de savoir-vivre de l’époque moderne. Ce texte, à la base de la ‘Civilisation des mœurs’, comme l’appelait le sociologue Norbert Elias, sera un axe de réflexion central au musée pour les prochaines années, car il nous offre la possibilité d’élaborer un humanisme contemporain.

L’artiste Françoise Schein est venue le 6 mars nous présenter son oeuvre sur les droits de l’homme. Nous poursuivons ce cheminement en sa compagnie en invitant plusieurs penseurs autour du thème de la civilité. Le conservateur Alexandre Vanautgaerden introduira la soirée en présentant le traité d’Érasme, puis Hélène Merlin-Kajman présentera une réflexion sur les rapports qu’entretiennent ‘civilité, autorité et pouvoir’. Françoise Schein évoquera ensuite les ‘Droits humains et le savoir-vivre’.

Depuis 1789, deux siècles ont passé qui ont vu les hommes tenter de mieux vivre ensemble, ajoutant au texte fondateur de la Révolution française deux nouveaux chapitres en 1948 et 2000. Cependant, au vu de notre relative incapacité à nous entendre et nous respecter, ne devrions-nous pas réactiver pour la jeunesse la lecture du texte d’Érasme sur la civilité ? Ces droits modernes envisagent-ils vraiment le rapport à l’autre et le vrai savoir-vivre dont nous parlait Érasme ?

Le texte de la Charte des Droits Fondamentaux Européens de 2000 envisage six grandes thématiques, celui d’Érasme en 1530 en envisage sept : vers quelle société mènent-ils chacun ? Marianne Mesnil soumettra cette notion de la civilité à la confrontation de la civilisation occidentale avec l’Orient, d’un point de vue anthropologique.

La soirée se terminera par deux présentations de projets menés à partir de l’idée de la civilité et des droits de l’homme, l’un issu de l’Observatoire de l’éducation, l’autre entrepris par Françoise Schein.

La soirée sera rythmée par des interludes musicaux de la violoncelliste Sigrid Vandenbogaerde
qui jouera, notamment, des compositions de Solange Labbé, qui collabore au projet général sur la civilité.


Infos :

Intervenants : Alexandre Vanautgaerden (Anderlecht, Maison d’Érasme), Hélène Merlin-Kajman (Paris III-Sorbonne nouvelle), Françoise Schein (Paris, artiste), Marianne Mesnil (Bruxelles,
ULB), Sigrid Vandenbogaerde (Bruxelles, musicienne) et Solange Labbé (Bruxelles, compositrice).

Maison d’Érasme

Rue du Chapitre, 31
1070 BRUXELLES
Réservation : 02 / 521 13 83
info@erasmushouse.museum

 

Infoday sur le programme européen Culture

Le 17 mai 2010, au Bâtiment Charlemagne (rue de la Loi, 170, 1000 Bruxelles)

Quelles sont les possibilités européennes de financement dans le domaine de la
Culture? Quelles sont les dernières nouvelles du programme Culture? Comment mettre
toutes les chances de son côté pour voir son projet sélectionné? Comment trouver des
partenaires européens?

Cette journée d'information vous est proposée par la Commission européenne et
l'Agence Exécutive Education, Audiovisuel & Culture, qui s'occupe de la gestion
quotidienne de la majeure partie du programme Culture.

Inscription : http://eacea.ec.europa.eu/culture/events/infoday_culture_2010_fr.php

 

Le Théâtre des Tanneurs aux enseignants…

Le 18 mai 2010, à 17h, au Théâtre des Tanneurs (Bruxelles)

Depuis janvier 2010, le Théâtre les Tanneurs a changé de direction. C’est à présent David Strosberg, comédien et metteur en scène de formation, qui détermine la ligne artistique du théâtre.

Manifestant une forte envie d’intensifier les liens entre le Théâtre les Tanneurs et les écoles, il mettra donc un point d’honneur à ce que l’initiation au théâtre contemporain se fasse de manière pratique et ludique.

Le 18 mai à 17 heures, le Théâtre les Tanneurs accueillera les enseignants qui le souhaitent. David Strosberg leur présentera la saison 2010-2011 et discutera avec eux de l'intérêt pédagogique de chacun des spectacles. Si vous désirez faire connaissance avec le Théâtre les Tanneurs, son nouveau directeur et ses projets pédagogiques, vous êtes les bienvenus à cette rencontre !

Infos :
Responsable Ecoles : Patricia Balletti / patricia@lestanneurs.be / 02/213 70 53
Réservation souhaitée auprès de Marie Pastor / stagiaire@lestanneurs.be / 02/512 17 84
http://www.lestanneurs.be/

 

Le "care" au cœur de la solidarité.

Le mercredi 19 mai 2010, 19h30, à Bruxelles Laïque asbl ( Avenue de Stalingrad, 18, 1000 Bruxelles).

Notre modèle de développement est basé sur une séparation des activités marchandes et non-marchandes, seules les premières étant valorisées. Or, des activités primordiales pour la survie de notre société - comme le soin aux plus vulnérables - échappent aux valeurs productivistes. Ainsi les métiers et les activités liés aux soins et au souci des autres (le care) sont méprisés, dévalorisés, invisibles...

Les femmes sont les premières à être touchées par cette situation. Quels sont les effets sur leur travail, leur autonomie, leur qualité de vie ? Qu'est-ce que le care nous apprend de l'état de santé de la solidarité et de la justice sociale ?

Avec Florence Degavre, Economiste et docteure en Sciences sociales de l'Institut d'Etudes du Développement de l'UCL

Infos : bruxelles.laique@laicite.be

 

Les Echanges de midi autour de l’interculturel

D'avril à novembre 2010, de 12h à 14h30, dans les locaux de l’Interfédé, rue Marie-Henriette 19/21, 5000 Namur

Six modules conférence-échange proposés par le Centre d'action interculturelle de la province de Namur et le Service provincial d'action sociale, destinés aux travailleurs du secteur socioculturel réalisant une pratique professionnelle auprès du public issu de l'immigration

Les deux prochains échanges :

- Quelle place pour les signes religieux dans l’état laïque, par Edouard Delruelle, Directeur adjoint au CECLR

Le 20 mai 2010

Le port de signes religieux continue à faire débat. La question est sensible et met en jeu de manière contradictoires des notions fondamentales toutes liées aux droits de l’homme et l’organisation de la société : libertés, respect des identités, laïcité, égalité des droits. Et si le voile cachait un autre débat ? L’évolution des représentations de l’islam dans la société et les conceptions des relations entre les genres dans un contexte multiculturel génèrent des questionnements. Des pistes et balises seront évoquées autour de cette question sensible.


- Les sans-papiers parmi nous : cadre de séjour et vie quotidienne, par Rix Depasse et Coralie Hublau, du CIRE

Le 11 juin 2010

Jusque fin 2009, la régularisation des sans-papiers a occupé les esprits et mobilisé du monde. On peut espérer que la phase en cours réglera certaines situations. Cependant, des sans-papiers poursuivent leur vie dans la société. Ce module permettra de mieux connaître cette population, les stratégies de survie par rapport au logement, à la scolarité ou au travail. D’autre part, il s’agira de mettre en évidence les perspectives à envisager maintenant pour une régularisation plus complète.

Informations :

Inscription obligatoire: 8 euros (collation comprise)
C.A.I. Namur
rue Docteur Haibe 2 – 5002 SAINT-SERVAIS
secretariatcai@cainamur.be
Fax: 081 73 04 41
Personnes de contact :
Liliana Gomez : 081 71 35 28
Ghislaine De Block : 081 71 35 27

 

Deux conférences au CAL de Waremme...

On nous ment !

Le jeudi 20 mai à 19h

« Sommes-nous manipulés? » Face à la complexité du monde et à l'incertitude du lendemain, nous sommes nombreux à formuler diverses théories du complot susceptibles d'élucider ce qui semble inexplicable, peu probable ou totalement injuste. Jérôme Jamin est politologue à l'Ulg et auteur de l'ouvrage "L'imaginaire du complot". La conférence portera sur la part de vérité mais aussi de manipulation qui anime - et fait la force - des théories du complot.


Censures.org !

Mardi 25 mai à 13h30

Professeur à temps plein depuis 1998 au département des arts et sciences de la communication, titulaire de cours portant sur les domaines des institutions culturelles, de l'édition et des théories critiques de l'information, Pascal Durand a écrit près d'une quinzaine de livres touchant à ces trois registres, dont plusieurs sur la censure dans les médias. Parmi ceux-ci, notamment, « La censure invisible » (Arles, Actes Sud, 2006) et « Les nouveaux mots du pouvoir » (Bruxelles, Aden, 2007).

 

Infos :

waremme@calliege.be - 019 33 84 50

 

 

Spectacles, concerts,...

CHATROOM

Jusqu’au 22 mai 2010, à 20h30, au Poche (Chemin du Gymnase 1, 1000 Bruxelles)

Dans un cyberespace, 6 ados se retrouvent sur un site de chat dont l'objet est la discussion de « sujets coriaces »:

« ... On est des somnambules attendant que les choses se passent plutôt que d'agir pour qu'elles bougent. Ce serait tellement génial d'accomplir quelque chose d'important. D'avoir une véritable cause à défendre. »

Quête d'une « cause » ou simple envie de partager? Détresse ou jeu de pouvoir? Cette comédie aux dialogues courts et rythmés nous plonge dans une spirale de manipulation alimentée par l'ennui et la frustration de ces six adolescents... Deux d'entre eux se liguent pour pousser celui qui, de prime abord semble plus faible, à commettre un acte irréparable. Entre rire et larmes, très vite, ils le conduisent vers une impasse... Impasse à laquelle l'auteur réserve aux spectateurs une issue pour le moins surprenante.

«Je suis à l'âge... on est à l'âge où on doit défendre des choses, d'accord? Pour moi, c'est pas de se faire des potes, jouer au flipper ou aller au Mc Do griller des clopes et causer du dernier cd merdique... C'est une putain de perte de temps. C'est maintenant qu'il faut faire chier et se démarquer des autres. On est des jeunes! Ça voulait dire quelque chose avant. Ça parlait de rébellion, de révolution, non? A part les Punks, qu'est-ce que les jeunes ont fait ces trente dernières années? Que dalle! »

Bien au-delà de toutes spéculations sur les bienfaits ou méfaits des sites de chat, Chatroom est l'histoire puissante d'un acte ultime de rébellion adolescente.

Infos et réservations :

info@poche.be

Réservations: 02/649 17 27

 

Un homme est un Homme

de René Georges
Mise en scène de René Georges & Salifou Kientega (Burkina Faso)
Avec : Ansou Diedhiou (Sénégal), Afazali Dewaele (Rwanda/Belgique),
Charles Watara (Burkina Faso)

Du 1er au 19 juin 2010 au Théâtre de Poche de Bruxelles (Chemin du Gymnase 1, 1000 Bruxelles)


« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! »

« Un homme est un Homme » est une création théâtrale Nord /Sud sur l’immigration. 6 créateurs venus de cinq pays différents (Burkina Faso, Sénégal, Tchad, Belgique, et France), une enquête approfondie de près de deux ans, une immersion réelle, une quarantaine de témoignages de migrants économiques, trois comédiens interrogeant leurs propres vies. Des représentations prévues en Belgique mais aussi au Burkina Faso, au Sénégal, au Niger, au Mali, en Côte d’Ivoire…

Avec "Un homme est un Homme", nous suivons le récit hallucinant de trois Africains en partance pour le rêve blanc. En Afrique, les gens les appellent des aventuriers... Il y a Afazali, le plus jeune, un rasta tout droit sorti des ombres électriques de Ouagadougou, Ansou, l'aîné d'une famille, quittant un village paumé et oublié du Sénégal, Charles, le plus expérimenté des trois, sorte de Bukowski à la sauce africaine qui passe sa vie à zoner dans les maquis et rêve d'une ultime traversée, après bien des échecs. L'objectif de ces trois hommes: prendre un bateau et mettre les pieds en Europe, afin de trouver ce travail tant rêvé qui plus tard les feront revenir au pays les mains pleines et l'honneur retrouvé. Ils sont prêts à tout pour cela. Malgré la solidarité qui les unit un seul réussira à passer à travers les épreuves que sont la traversée du désert et de la mer, la misère, l'abandon, la faim et la soif, les jets de pierres, les crachats et l’humiliation. Où qu’ils passent ces hommes ne sont jamais les bienvenus...

Ces vies nous renvoient à la nôtre bien entendu, et nous questionnent sur le sens de l'existence, le partage, et l'avenir que nous mettrons dans un mot : humain.

Infos et réservations :

info@poche.be

Réservations: 02/649 17 27

 

 

Expositions, évènements

Métamorphoses. Un autre regard. Exposition de photographies

Jusqu’au 20 mai 2010, de 9h à 17h, à Louvain-la-neuve (Forum des halles)

De la réalité palpable à l’image…
Passer de l’autre côté du miroir.
Questionner avec la lumière,
les ombres, la couleur,
avec ses noirs, et ses blancs.


Exposition de photographies réalisée par l’atelier d’écriture photographique de l’Université des Aînés de Louvain-La-Neuve, animé par Jean-Luc Tillière.

Renseignements :

www.uclouvain.be/culture
www.atelphot.info

 

Micronomics/City Mind

Les samedi 8 et 15 mai 2010 à Bruxelles

Avez-vous déjà imaginé utiliser les rues, les places et les parcs de votre ville, pour fabriquer, faire, enseigner, apprendre, échanger ou montrer quelque chose ? Ou travailler sur des choses comme… utiliser des espace vides pour cultiver des aliments, se débarrasser des déchets que nous produisons en faisant et mangeant, ou juste pour parler des étapes pour préparer un bon repas ? A quand remonte votre dernier pique-nique dans la ville ?

Micronomics essaie toutes ces choses et même plus. Encore deux samedis du mois de Mai 2010, pour rassembler une grande variété d’initiatives qui utilisent l’espace urbain comme lieu d’expression, d’expérience et de débat. Cela va des jardins urbains à des projets de vélo en passant par des initiatives de quartiers, de bricolage, à des actions pour soutenir le droit des citoyens de couleurs de peau, d’orientations sexuelles et de classes sociales différentes. Ce qu’ils ont en commun, c’est leur caractère spontané et informel, leur structure non-hiérarchique, et le fait qu’elles sont urbaines, non en pas en dépit de la ville, mais à cause de la ville.

La caravane « Micronocmics » contient : des toilettes sèches, des jardins mobiles, une machine à faire de la soupe et de la sauce, un digesteur de biogas, et tous ceux qui ont envie de s’y joindre. Elle s’arrêtera dans 2 lieux symboliques de la ville :

- 8 mai, Micronomics va à l’ouest, dans le quartier populaire Molenbeek, lié avec les activités locales, les zinnodes et les molenbeekois.

- 15 mai, nous amène au sud-ouest, dans une place symbolique, Flagey, le cœur de la vie culturelle d’Ixelles, mais également au centre des discussions infinies de ce qu’un espace public devrait être.

Micronomics est convaincu que l’espace public urbain doit être utilisé, et c’est exactement ce qu’il se passera. Le dernier jour de ce mois, l’action bruxelloise sera liée par des initiatives similaires autour de l’espace public à Londres, Paris, Berlin, Göteborg et Istanbul, pour faire une journée d’action internationale pour l’espace public.

Contacter City Mine(d) : info@citymined.org

 

Parcours d’Artistes 2010 ( aussi au CPAS de Saint-Gilles ! )

Le CPAS a le plaisir de vous inviter à visiter les expositions du « Parcours d’Artistes 2010 ». Depuis sa création, « Parcours d’Artistes » est un événement majeur qui permet de rencontrer les artistes sur leur lieu de travail, de mieux comprendre leur démarche, et de découvrir des talents. Parcours d’Artistes apporte donc un autre regard sur Saint-Gilles et les cultures qui la traversent.

Cette année, 204 ateliers ouvriront leurs portes et 153 d’entre eux présenteront leur univers dès la nocturne le 7 mai de 20 heures à minuit, jusqu’au dernier week-end de mai. 350 artistes seront réunis en 176 lieux répartis sur l’ensemble de la commune !

Pour l’édition 2010, une grande exposition est organisée dans les bâtiments du CPAS. Vous pourrez y découvrir les résultats de l’atelier photo encadré pour le CPAS par l’asbl Photogallery, avec la collaboration de l’asbl Article 27 ainsi qu’une exposition réalisée par le CREAHM, une association qui œuvre depuis 25 ans (dont 23 années passées à Saint-Gilles) à développer les talents artistiques des personnes handicapées mentales en arts plastiques et en art de la scène.


Infos :

http://www.stgillesculture.irisnet.be/parcours_2010/index_fr.php

CPAS de Saint-Gilles
Rue du Fort, 25
1060 Saint-Gille
02 600 57 30

 

 

Festivals,...

Kosmopolite Art Tour

Du 7 au 15 mai 2010

Attention les yeux ! Après son passage à Amsterdam, le festival "street art" Kosmopolite Art Tour débarque à Bruxelles ! Il fait en effet escale dans la capitale belge du 7 au 15 mai 2010, avant de continuer son chemin vers Paris.

Au programme : plus de 40 artistes venus des quatre coins du monde pour réaliser ensemble plusieurs fresques murales géantes dans divers endroits de la ville. Mais aussi des expositions de peinture, une soirée vidéo débat, un cinéclub...
Soit un des plus grands festivals street art encore jamais organisé à Bruxelles !

Info :
www.kosmo-art-tour.com

 

"Namur en Mai" Le Festival des Arts forains

Du 13 au 16 mai 2010 dans les rues et sur les places de Namur

Le Festival des Arts forains, créé à Namur en mai 1996, a pour projet la mise en évidence du meilleur de la création contemporaine belge et internationale, inspirée de l'histoire saltimbanque et du spectacle forain…

Pendant le week-end de l'Ascension - 4 jours et 4 nuits ! et dans le décor somptueux du centre de Namur, comédiens et bateleurs, marchands de rêve et d’illusion, vous emmènent avec plus de 50 spectacles à la recherche de l’émotion et du vrai plaisir de la Fête !..

Info :
http://www.artsforains.com/

 

De la Lune à la Scène - Mini-festival pour petites formes artistiques à Pierre de Lune - 10ème édition !

Du 19 au 27 mai 2010, Au Botanique et au Théâtre de la Balsamine

Durant toute la saison, 20 classes maternelles, primaires et secondaires ont bénéficié d’un projet Art à l’Ecole à Pierre de Lune, autour du thème « Regard(s) ».

Accueillant un artiste en classe au cœur d’un partenariat avec leur enseignant, les élèves ont pu explorer les langages artistiques contemporains et vivre un véritable processus de création dans une démarche évolutive.

Le mois de mai est le temps de l’aboutissement, de la présentation d’une petite forme et de la valorisation de ces projets. Temps de la rencontre et du regard entre artistes, enfants, jeunes et enseignants, entre amateurs et professionnels. Un regard en mouvement qui traversera l’espace pour redonner l’essence du projet Art à l’Ecole à Pierre de Lune en quelques instants d’éternité. Moments à la fois fragiles et vibrants, ces présentations sont ouvertes au monde.

« Emergences » : De la Lune à la Scène… du Théâtre – les 19, 20 et 21 au Botanique

Deux journées festives se dérouleront au Botanique, permettant aux 9 groupes des ateliers Théâtre à l’Ecole de présenter leur recherche sur une scène professionnelle. Dans un esprit festif, les publics pourront échanger leurs regards sur des pratiques différenciées dans le cadre d'un parcours artistique convivial.

Ecoles partenaires : Ecole Arc-en-ciel de Forest, Centre scolaire Pré des Agneaux d’Auderghem, Centre Scolaire Notre-Dame de la Sagesse de Ganshoren, Institut Dominique Pire de Bruxelles-Ville, Communauté Educative Sainte-Geneviève d’Etterbeek, Collège du Sacré-Cœur de Ganshoren, Institut Notre-Dame d’Anderlecht.

« Traversées » : De la Lune à la Scène… de la Danse – le 27 mai au Théâtre de la Balsamine

Cette journée particulière sera réservée à la Danse à l’Ecole, au Théâtre de la Balsamine. Avec le soutien de Charleroi-Danses, 13 classes présenteront une séquence chorégraphique, un moment d’atelier, un extrait du parcours…
Documents vidéo et invités, danseurs professionnels ou acteurs du projet Art à l’Ecole seront présents de manière active pour une vision partagée de cette journée : avec entre autres, Bénédicte Mottard, le collectif Solo Conversations et Mike Alvarez …

Ecoles partenaires : Ecole Arc-en-ciel de Forest, Ecole Clair Vivre d’Evere, La Nouvelle Ecole de St-Josse, Ecole N°7 de Molenbeek-St-Jean, Ecole Decroly d’Uccle, Ecole Escale de Woluwé-St-Lambert, Institut de la Providence de Woluwé-St-Lambert.

Info :
Entrée libre.
Infos complémentaires, horaires détaillés et réservations : 02/218.79.35- www.pierredelune.be

 

L’art et les tout-petits

Du 19 au 30 mai 2010, à Charleroi

Pour sa 9ème édition, cet événement dédié aux tout-petits se transforme en quinzaine Petite enfance. Il élargit son propos aux enfants de 0 à 6 ans et à tous ceux qui les accompagnent. Il prend place à l’Eden, à l’Ancre, au Palais des Beaux-Arts, au Musée des Beaux-Arts, au Foyer Culturel de Montigny-le-Tilleul, à la Bibliothèque de l’UT, au B.P.S.22 et au Musée de la Photographie.

Infos et programme :
http://www.laguimbarde.be/art_et_les_tout_petits_2010.pdf

 

 

Dernières nouvelles

 

Concours / Appels

Museum Prijs / Prix des Musées 2010

Le Prix des Musées récompense un musée wallon, un musée bruxellois et un musée flamand d’un prix de 10.000 EUR chacun. Au cours des 4 dernières années, ce prix prestigieux a remis 150.000 euros aux musées gagnants. Cette année, le Prix des Musées fête son 5e anniversaire.
L'accessibilité des lieux, la pédagogie, l'ouverture à tous les publics et l’implication de ceux-ci sont les principaux critères de sélection pour l’attribution de ce Prix organisé à l’initiative du magazine Openbaar Kunstbezit Vlaanderen et du cabinet d’avocats Linklaters.

Cinq musées, pour chacune des trois régions, ont été présélectionnés cette année. Pour la Flandre : In Flanders Field Museum, Ieper ; Museum Dhondt-Dhaenens, Deurle ; Museum Mayer Van den Bergh, Antwerpen ; Museum voor Oudere Technieken, Grimbergen ; Provinciaal Gallo-Romeins Museum, Tongeren.

A Bruxelles, Cinematek ; le Musée Horta ; le Musée Magritte ; Le Musée de la Banque nationale de Belgique ; le Musée et le Jardin Van Buuren.

En Wallonie, le Musée de la Vie wallonne à Liège ; le Grand Curtius à Liège ; le Musée de Groesbeeck-De Croix à Namur ; le Musée de la Rose à Lessines ; la Fondation Folon à La Hulpe.

Il est à remarquer que cette liste comprend de nombreux musées récemment ouverts - ou ré-ouverts ! Il appartient maintenant au jury final de sélectionner les lauréats, un dans chaque région. Cette sélection du Prix des Musées 2010 sera annoncée le 1er juin prochain à Bruxelles.

Parallèlement au Prix des Musées proprement dit, le public peut également voter pour son musée préféré (quel qu'il soit ! et dans les trois régions) dans le cadre du Prix du Public. Les trois musées gagnants se verront décerner 2 500 euros, à investir dans l'accessibilité de leur musée. Il y a aussi le Jury des enfants qui, par leurs votes, offrir un prix supplémentaire, le « Prix du Musée préféré des enfants ».

Le public et les enfants peuvent faire entendre leur voix jusqu'au 28 mai 2010 inclus, en votant sur le site Internet www.prixdesmusees.be.

 

Etre plus qu'un simple spectateur, devenir programmateur!

Un challenge pour des jeunes de 15 à 30 ans désireux de s'engager dans l'organisation d'un évènement social et culturel.

Vous êtes jeune ? Vous aimez les challenges ? Peut-être serez-vous intéressé(e)s par celui que vous proposent Bruxelles Laïque asbl et la Confédération parascolaire ? Faire partie du groupe chargé de la réalisation, de la promotion et de la production du festival Regards Croisés !
Ce groupe sera autonome avec un cahier de charges à remplir, des échéances et un engagement à respecter. Il aura à sa disposition un budget, des moyens techniques, un cadre de travail, l'accompagnement de professionnels pour réaliser l'édition 2011 de Regards Croisés.
Ce challenge n'exige aucune condition particulière, sinon d'avoir entre 15 et 30 ans, d'aimer les défis, d'avoir envie de rencontrer d'autres jeunes, de s'engager avec eux dans un projet de découvertes, d'échanges et de coopération à travers la culture, le cinéma et les arts. Un festival citoyen, culturel et artistique par des jeunes pour des jeunes.

Durant le premier trimestre 2011 aura lieu au Théâtre National la quatrième édition de Regards Croisés, un festival parascolaire du film documentaire réalisé par des jeunes pour d'autres jeunes, avec l'encadrement, le soutien technique et financier de Bruxelles Laïque asbl et de la Confédération Parascolaire. Pendant deux jours, des jeunes croiseront leurs regards, leurs opinions, leurs cultures, leurs visions du monde avec d'autres jeunes à travers des films, des débats, de la musique, du théâtre et d'autres expressions artistiques.

Envie de participer ?
Envoyez un mail à bruxelles.laique@laicite.be
Téléphonez au 02/ 289 69 00 ou écrivez à
BRUXELLES LAÏQUE
Festival REGARDSCROISÉS
18-20 avenue de Stalingrad
1000 Bruxelles
DATE LIMITE D'INSCRIPTION : 15 JUILLET 201


Experts : appel à manifestations d’intérêt

L'Agence Exécutive Education, Audiovisuel et Culture lance un appel à manifestations d'intérêt afin de recevoir des candidatures en vue de la constitution d'une liste d'experts pour la gestion des programmes communautaires dans les domaines de l’éducation, l’audiovisuel, la culture, la jeunesse et la citoyenneté.

Date limite ? 30 juin 2013

Infos : http://eacea.ec.europa.eu/about/call_experts/call_experts_2007_fr.php

 

 

Formations

Les vacances d’été approchent, les Rencontres Pédagogiques aussi... 15 ateliers pour changer l'école et changer la société

Du 17 au 22 août 2010

Une envie de vous former et d’échanger vos expériences de travail? Un besoin de vous ressourcer avant le début du mois de septembre ? Une envie de mettre l’école et l’éducation en mouvement ?

ChanGements pour l’égalité, mouvement sociopédagogique, organise du 17 au 22 aout 2010 15 ateliers (3 - 6 jours) à destination des acteurs de l'éducation.

D’autres activités, telles qu'une soirée jeu pédagogique, des rencontres débats, une librairie spécialisée, sont également proposées.

Infos :
ChanGements pour l'égalité
mouvement sociopédagogique
Chaussée de Haecht, 66
1210 Bruxelles
Tél. : 02 218 34 50
fax : 02 218 49 67
info@changement-egalite.be
www.changement-egalite.be

 


Sites web

Site web d’une revue culturelle :"Mouvement", qui en est déjà à son 55iem numéro… A découvrir ! http://www.mouvement.net/site.php

Revivez ou découvrez les activités 2009-2010 organisées par l’UP de Bruxelles
http://www.videobaz.be/category/universite-populaire-de-bxl/

La Culture, c’est ?… Visionnez cette amusante vidéo produite par C-paje…
http://vimeo.com/10229133

 

 

Pétitions

Les peuples ou les marchés financiers ? Les gouvernements et l’UE doivent choisir !

Après avoir été sauvés par les États, voilà que les banques et les marchés financiers attaquent les États. Les déséquilibres d’avant la crise et ayant conduit à celle-ci n’ont pas été dépassés. Les États ont sauvé les banques sans se donner les moyens de les contrôler, ils ont restauré la puissance des marchés financiers en renonçant à les réguler et sans développer productions, recherches et services socialement et écologiquement utiles, sans relancer l’emploi et la justice sociale, sans augmenter les recettes publiques.

Pour les populations, c’est la double peine. Après des années de dégradation en raison des politiques néolibérales, elles subissent les effets directs de la crise financière (chômage, récession) et sont maintenant touchées par la régression sociale que les gouvernements entendent leur imposer. Les plus vulnérables - et notamment les femmes, les jeunes, les migrants, les précaires - déjà très durement touchés, seront plongés dans des situations encore plus dramatiques.

Les gouvernements doivent rompre avec la logique : « La dette pour les États, la ceinture pour les peuples, les profits pour la finance ». C’est avec une autre logique qu’il devient possible de trouver des solutions.

 

Lire la suite de la pétition et éventuellement la signer

 

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Cette lettre d'information a été réalisée par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker,Georges Vercheval, et Roland de Bodt, grâce au soutien de la Communauté française.