Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°50 - 19/01/2011

Editorial

 

Le 4 novembre dernier, une assemblée générale « élargie » de Culture et Démocratie se tenait aux Halles de Schaerbeek, pour réfléchir à la crise que traverse notre pays. En décembre, l’« appel contre le nationalisme et pour le dialogue » était lancé. En trois semaines, il allait rassembler près d’un millier de signatures (et cela continue) (1). « Artistes et intellectuels » s’y sont impliqués les premiers, bientôt rejoints par tous les convaincus de l’urgence d’une réaction citoyenne et responsable. Aussitôt publié et commenté dans Le Soir, l’appel a fait l’objet d’une émission sur la Première RTBf. Un tel mouvement – les néerlandophones nous avaient précédés - ne pouvait s’arrêter là. Il s’amplifie et se diversifie.

Nous reprenons ci-dessous le communiqué de la plateforme « Niet in onze naam / Pas en notre nom » qui annonce un évènement au KVS, le 21 janvier :

 

Le 21 janvier à Bruxelles au KVS (2), de 19 à 23 h : Solidariteit maakt een cultuur groot / La solidarité grandit une culture. En français et en néerlandais !

Solidariteit maakt een cultuur groot était le titre de l’appel par lequel, en automne, des artistes néerlandophones ont réagi contre « le nationalisme borné ». Au cours des semaines qui ont suivi, d’autres milieux ont vu le démarrage du mouvement pour la solidarité et contre le nationalisme : les syndicats, les étudiants (avec leurs batailles d’oreillers), les universitaires (avec le groupe Vooruit), Red de Solidariteit/Sauvons la solidarité… En décembre, l’association Culture et Démocratie lançait également un appel contre le nationalisme à l’adresse des artistes et intellectuels francophones.

Entre-temps, « La solidarité grandit une culture » a rallié d’autres initiatives visant à mettre sur pied ensemble un « mouvement de société » contre le nationalisme et pour le maintien de la sécurité sociale. C’est ainsi qu’est née la plate-forme « Niet in onze naam/Pas en notre nom ». L’événément du 21 janvier est, pour ses organisateurs, le début d’un « discours nouveau et d’ouverture qui est nécessaire, un discours où il est question de solidarité, de justice sociale et de diversité culturelle. »

 

Nous soutenons cet événement auquel – nous l’espérons - vous serez nombreux à participer.

(1) voir l’appel de Culture et Démocratie et la liste des signataires ci-dessous

(2) KVS : Arduinkaai 7 & Lakensestraat 146
1000 Bruxelles


Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

Culture et Démocratie

L'Agenda

"Un enseignement en culture. De l'utopie à la réalité." Suite et fin des tables-rondes.

Le 24 janvier 2011, de 12h30 à 14h30, à la Cambre - salle Steynen (21, abbaye de la cambre - site de l'abbaye, Bruxelles)

Sixième et dernière de la série des tables rondes organisées par Culture et Démocratie sur la problématique Culture(s) et Enseignement, cette rencontre sera consacrée aux pédagogies alternatives : Comment la question culturelle/artistique y est-elle appréhendée ? Ouvrent-elles en la matière, des pistes nouvelles, différentes ? Et si oui, que questionnent-elles dans la culture scolaire dominante ?

Au terme de ce cycle, Culture et Démocratie présentera un rapport de synthèse et formulera des propositions concrètes pour l’établissement d’un nouveau contrat culturel pour l’enseignement.


Programme de la sixième table-ronde
La culture et les écoles à pédagogie alternative

A condition de respecter un programme et un horaire minimum légalement fixés, chaque pouvoir organisateur jouit, pour son réseau d'enseignement, et même pour chaque institution d'enseignement, de la liberté d'aménager ses horaires et, sous réserve d'approbation ministérielle, en vue d'assurer le niveau des études, d'élaborer ses programmes. Chaque pouvoir organisateur est libre en matière de méthodes pédagogiques.

Loi de 29 mai 1959, art. 6

 

Modératrice : Sabine de Ville, vice-présidente de Culture et Démocratie

Intervenants :
Benoît Toussaint, professeur de français à l’école Périple en la demeure à Limerlé.
Henry Landroit, instituteur et fondateur de deux écoles : l’Ecole ouverte à Ohain et l’Autre école à Bruxelles.
Marcelle Clarinval-Le Boucher, ancienne professeure de philosophie et de français dans le secondaire à l’école Decroly et ancienne directrice de l’enseignement fondamental de l’école Decroly à Bruxelles
Eric Van der Aa, directeur de l’école Claire Vivre à Bruxelles.

 

Plus d’informations :
L’inscription est obligatoire. Chaque participant recevra au préalable un portefeuille d’extraits de texte visant à préparer les débats. Téléchargez le ici.

Culture et Démocratie asbl
Rue Emile Feron 70 – 1060 Bruxelles
Tél : 02 502 12 15 – info@cultureetdemocratie.be

 

Deux journées d’information et de sensibilisation au métier d’artiste intervenant en milieu de soin.

Lundi 31 janvier 2011 de 9h30 à 16h00 et mardi 1 février 2011, de 9h30 à 18h00 à l’Hôpital Psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu de Leuze-en-Hainaut (Avenue de Loudun 126, 7900 Leuze-en-Hainaut )

Depuis plusieurs années, des artistes sont présents dans les milieux de soin et proposent aux patients et à leurs proches un moment de partage et de créativité. En quoi consiste leur rôle ? Quelles sont les réflexions, la philosophie et l’éthique qui sous-tendent leur démarche ? Quelles sont leurs méthodes de travail ? Comment se passe leur rencontre avec le milieu de soin ? Quelle forme de cohabitation a-t-elle été privilégiée avec le personnel soignant ?

Le réseau « Art et Santé », coordonné par Culture et Démocratie, rassemble des artistes et des soignants afin d’encourager un développement structurel, durable et professionnel de projets artistiques en milieu de soin. Dans ce cadre, il organise deux journées de sensibilisation au métier d’artiste intervenant en milieu de soin.


Les objectifs sont d’informer et de susciter une réflexion sur le métier, sur le développement et l’intégration de projets culturels en milieu de soin afin de mieux comprendre et imaginer la place de l’artiste dans le secteur de la santé. Les questions de déontologie, de méthodes de travail, de(s) collaborations, de préparation psychologique, entre autres, seront abordées. A l’issue des deux journées, les participants auront obtenu des pistes d’actions et de réflexions pour développer leur projet. Au programme: discussions, échanges, témoignages, etc.

Ces deux journées s’adressent aux artistes qui développent ou souhaitent développer ou un projet artistique en milieu de soin, mais également aux médecins et au personnel soignant ouverts à la rencontre.

Infos pratiques :

Programme et invitation.

Attention réservation indispensable (paf : 30 euros, incluant également leslunchs et documentations) : christelle@cultureetdemocratie.be

 

 

Actions / Productions

Appel : « Refuser le nationalisme. Privilégier le dialogue » ! Près de 1000 signatures, déjà !

Vu la situation difficile que traverse notre pays, Culture et Démocratie en appelle aux artistes, intellectuels, responsables d'institutions culturelles mais également à toute personne soucieuse de culture et de démocratie, pour interpeller nos concitoyens, dont les politiques et autres décideurs… Il y a urgence !

Si vous partagez ses points de vue, nous vous demandons de signer cet appel sans délai, en nous envoyant un courriel (à appel@cultureetdemocratie.be) reprenant vos nom, prénom et fonction et précisant que vous êtes signataire.

A l'heure actuelle, nous avons récolté près de 1000 signatures !

La prochaine étape sera de fédérer nos efforts avec nos amis flamands et bruxellois, en vue d'autres actions, communes et citoyennes,

Lire l'appel.

Voir la liste des signataires.

Pour signer l'appel, il suffit d'envoyer un courriel à appel@cultureetdemocratie.be en précisant vos nom, prénom et fonction. Merci !

 

Portefeuille de textes à propos de la table ronde sur la culture dans les pédagogies alternatives

Dans le cadre du cycle de tables rondes organisé par Culture et Démocratie, les comptes-rendus des échanges ainsi que des portefeuilles de lectures sont mis en ligne. Le dernier portefeuille à consulter concerne la table ronde de ce lundi 24 janvier

Consultez ce portefeuille ici

Pour tous les portefeuilles et les comptes-rendus des tables-rondes, cliquer ici

 

Arts plastiques en prison

Avec le Réseau Art & Prison, Culture et Démocratie organisa en 2010 une journée d'information et de réflexion sur les arts plastiques en prison. Le rapport de cette journée est téléchargeable.

Bonne lecture !

 

 

Coups de cœur

Six milliards d'autres

Un projet de Yann Arthus-Bertrand, Sybille d’Orgeval et Baptiste Rouget-Luchaire, avec Solveig Risacher. À Tour & Taxis jusqu’au 3 avril 2011.

On connaît Yann Arthus-Bertrand pour sa « Terre vue du ciel » et pour « Home ». On le sait fasciné par la diversité des paysages de la planète, déterminé à la protéger d’elle-même et à alerter l’opinion sur l’urgence de changer nos habitudes, celles des Etats, et les nôtres...

Aujourd’hui, avec ses 6 milliards d’autres, il aborde les grandes questions de civilisation. Au plus près de l’humain et en 40 questions qui vont de la famille, de la transmission des valeurs, du premier souvenir de l’enfance au métier que l’on pratique, aux grandes peurs, à l’exil, à la notion de liberté, à la nécessité (ou à l’impossibilité) de pardonner… Pour cela, ses collaborateurs – photographes, cinéastes, preneurs de son, interprètes (essentiels) - sont allés à la rencontre de « l’autre », interrogeant 5600 personnes dans 78 pays. Hommes, femmes, jeunes, âgés, paysans, citadins, artistes, ouvriers, commerçantes (pas de politiques, de militaires, ou d’hommes d’affaires), ils ont répondu. Face caméra.

Le résultat ? Une exposition mouvante où l’on est confronté au visage, à la parole de l’autre. C’est brutal, généreux, fascinant. Une mosaïque géante (10 panneaux de 105 portraits murmurants) occupe la première salle. Selon un rythme apparemment aléatoire, un des visages grandit et ses mots nous parviennent (traduits en français d’un côté de la salle, en néerlandais de l’autre). Parole d’homme ou de femme à propos de la vie, de la mort – Comment on fait, tout seul ? - ou d’une catastrophe (dite) naturelle…, mais le changement climatique est dans tous les esprits - Je n’y pensais pas auparavant, dit une femme, dans un rire nerveux. Maintenant j’ai peur de mourir… Tout traduit en mots, en phrases ou par un silence (gorge nouée), une chanson (sud-américaine), un rap (à l’accent maghrébin). A la question « qu’aimeriez-vous dire aux gens qui vont vous entendre », un jeune propose que ce soit une autre question : qu’est-ce que tu as fait de bien dans ta vie ? Je veux dire : pas en terme de réussite ou de geste extraordinaire … Simplement : de bien ?

On aura intérêt à ne pas se laisser happer par cette mosaïque, car le plus fort est à venir : vingt salles de projection où chaque dimension du projet est abordée ! On est tenté de passer vite (il y en a trop…), puis on se laisse prendre. Des heures. Et on ne sent pas le temps passer !

Certains portraits sont très personnels, et les réponses approfondies, voire intimes. Les victimes de la guerre, les témoins du climat y sont évidemment présents. Mais la famille aussi : – L’humain doit aller au-delà de la famille, de l’ethnie… / - Avec les traditions qu’elle m’impose, la famille est une prison. Je la fuis - / - Dès mes 10 ans, j’ai fait partie d’un gang (à Los Angeles). Je me droguais. Mon père y était et se droguait aussi. Je dois briser cette chaîne / Et les Premiers souvenirs - Quand je suis né, mon père était à la guerre (de Corée). Chaque soir, ma mère me donnait sa photo à embrasser. Quand il est revenu, je ne l’ai pas reconnu. Je le rejetais. / - L’anniversaire de mes 4 ans : la rue, la maison, la sensation qu’à 4 ans on est grand ! Et que la vie commence ! / - Je voulais être un garçon, car mon père me disait que jamais je ne pourrais être son fils… / Pardonner : - Je pardonne tout, sauf la trahison / - Je suis tentée de tout pardonner. Au point que c’en est inquiétant… /- Je peux pardonner à celui qui a tué ma famille (au Rwanda) s’il me le demande à moi-même, pas s’il s’agit d’un pardon adressé à l’Etat, ou à Dieu… / Après la guerre (en ex-Yougoslavie) : Personne n’est heureux aujourd’hui. Les gens ne vivront pas assez longtemps pour que justice leur soit rendue.

Nous arrêterons là. Même l’exposition ne peut tout dire. Ce qui importe, c’est que le visiteur de l’exposition se retrouvant face à « l’autre », dans le métro ou ailleurs, pose sur lui, ou sur elle, un autre regard, différent.

Georges Vercheval

 

p. s. : « Être Belge » est une mission nouvelle qui s’est ajoutée au concept original. Réalisée dans l’urgence par Nic Balthazar, elle fait suite au défi que lui a lancé par Yann Arthus-Bertrand à Paris, le 13 juin dernier (élections en Belgique) et concerne 10 millions de néerlandophones, francophones, germanophones, en quête d’identité... Des images et des mots pour que l’on se comprenne mieux, et pour que l’on connaisse aussi ce demandeur d’asile qui, descendu du train à la gare du Nord, un jour, y passera 8 mois…

En pratique : Tour & Taxis, avenue du Port, 86 C 1000 Bruxelles. Jusqu’au 3 avril 2011. Lundi –vendredi : 9 – 17 h. Samedis, dimanches, jours fériés : 10 – 19 h. Réservation obligatoire pour les écoles : 02 549 60 49 ou tour-taxis@6milliardsdautres.be www.6milliardsdautres.be

 

Un musée au bout des doigts

Ça a commencé il y a deux ans, avec "Circulez, il n'y a rien à voir ", une formation proposée par l’asbl Sel Bleu démontrant les possibilités d'accès à la culture pour les déficients visuels. Pour Valérie Formery, conservatrice du Musée Ianchelevici, où la sculpture prédomine, il y avait matière à réflexion ! La rencontre avec Kimberley Parée, licenciée en histoire, titulaire d’un DEA didactique option Histoire de l'Art orienté sur la question de la déficience visuelle dans le socio-culturel, a été déterminante.

Kimberley est non-voyante. Avec son ergothérapeute, elle a appris à se repérer dans le musée. Avec Valérie Formery, elle a discuté de la vie de Ianchelevici, approfondi l’étude de son oeuvre. Ensemble, elles ont envisagé les interprétations possibles, mis en place les outils multisensoriels pour pallier le sens déficient de la vue, organisé les visites-test avec un public de volontaires, non-voyants ou mal-voyants, qui ont pu valider les divers aménagements.

Si d’autres musées proposent déjà des visites adaptées, il est intéressant de noter ce que propose le Musée Ianchelevici.

1. Aménagement spécifique des salles : repérage podotactile au sol, dans tout le musée.
2. Les marbres blancs peuvent être touchés avec des gants, les bronzes à mains nues.
3. La contextualisation des commentaires passe par le son, le sensitif, la manipulation d’outils, l'olfactif voire le gustatif !
4. Le quatrième élément est essentiel : les visites tactiles se font sur les œuvres originales, dans les salles du musée, et non dans des salles spécifiques ou sur des reproductions.
5. La différence est intégrée jusque dans l'équipe porteuse du projet, puisque Kimberley est elle même non-voyante.

Que ce soit pour des groupes de déficients visuels ou des voyants souhaitant vivre les œuvres autrement, le musée souhaite que ces visites soient une occasion de vivre ensemble la différence.

Le projet a été élaboré en partenariat avec l’œuvre des « Amis des aveugles » de Ghlin dont les conseils ont été essentiels. Il bénéficie du soutien du CPAS et de la Plate-forme d’intégration de la personne handicapée de la Ville de La Louvière.

 

Georges Vercheval

 

Musée Ianchelevici, 21, place Communale, 7100 La Louvière. Mardi - dimanche de 14 à 18 h. Visites pour déficients visuels : deuxièmes week-ends du mois, samedi et dimanche de 14 à 18 h. Groupes : sur rendez-vous. 064 28 25 30 www.musee.ianchelevici.be (page adaptée).

 

 

Les bonnes pages

Extraits de Gracchus Baboeuf, Le Manifeste des Plébéiens, Mille et une nuits, 2010.

 

Depuis 1793, les principes inscrits dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de l'an I sont détruits et ceux qui les défendent réprimés. En octobre 1795, Gracchus Baboeuf (1760-1797) a compris que l'avènement du Directoire mène à la fin de la tentative démocratique. Dans son journal, le Tribun du Peuple, il revendique l'idéal d'Égalité et de « bonheur commun ». Bientôt accusé de conspiration, il sera arrêté et exécuté sur ordre du Directoire.

 

(...)

Le terme des temporisations est passé. Nous ne sommes plus dans des moments où l'on puisse attendre. On dit qu'il faut laisser refaire l'opinion publique. Elle est trop faite. Le Peuple sent trop l'excès de ses maux ; il ne peut les supporter davantage. Pour le secourir, il n'est de plus prompt remède que de le mettre aux prises avec ses ennemis, avec tous ceux qui sont la cause de tout ce qu'il souffre.

Vouloir le faire attendre, c'est demander que chaque jour ajoute à la force destructive qui dépeuple notre pays avec des progrès effroyablement rapides, qui envoie chacun de nous, tour à tour, à la mort, dans des angoisses lentes et terribles...

Malheur à qui est froid et prêche la patience à la vue de ce désastreux spectacle. (…)

On voit chez vous le grand effet de la morale du jour, dont les admirables maximes sont : paix, concorde, calme, repos, malgré que nous mourions presque tous de de faim ; mais il est définitivement arrêté, après six ans d'efforts pour conquérir la liberté et le bonheur, que le Peuple aura le dessous ; il est conclu qu'il faut tout sacrifier à la tranquillité du petit nombre ; la majeure portion n'est ici bas que pour ses menus plaisirs. Elle doit tout souffrir et ne pas se plaindre ; elle ne doit contrarier en rien la classe prédestinée, qui ne doit pas entendre même le moindre murmure, alors qu'il lui plait de prendre tous le moyens de rayer bientôt, du rang des vivants, les trois quarts de la multitude.

Il n'est pas temps d'échauffer les esprits, dites-vous. Nous avons un gouvernement, il faut lui donner le temps de marcher. - Je dis que le Peuple n'a pas le temps davantage de périr de faim, de se passer de bois et de vêtements ; je dis qu'il a vendu ses dernières nippes pour manger ; qu'il ne peut plus manger, parce qu'il n'a plus rien à vendre, et que cependant, chaque jour, le prix de tous les objets d'absolue nécessité devient de plus en plus inabordable ; je dis que ceci ne peut subsister, et qu'il est déjà permis de se plaindre du gouvernement, s'il n'a pas tout de suite les moyens de faire cesser ce cruel état de choses ; je dis qu'il est permis, à son défaut, de chercher de tels moyens et de les indiquer. (…)

S'il ne s'agissait, pour faire crouler les mauvais gouvernement, que d'attendre qu'ils soient mauvais, et d'attendre la défaveur de l'opinion sur eux, d'abord cela serait commode ; il n'y aurait rien du tout à faire pour aider leur renversement, il suffirait de la patience, et il y a longtemps qu'il n'y aurait que de bons gouvernements dans l'univers ; la France ne serait pas restée quatorze siècles sous la verge de fer du monarchisme, et nous n'étranglerions pas la faim, sous l'atroce barbarie du patriarcat, depuis quinze mois.

L'opinion fut et sera toujours la maîtresse du monde. Rien de plus vrai que cet axiome. Mais quand vous avez été le tirer chez Maximilien Robespierre, qui, soit dit en passant, en savait aussi long que vous et moi, il me paraît que vous n'auriez pas dû négliger ce qu'il y ajoute : « Que, comme toutes les reines, elle est courtisée et souvent trompée... Que les despotes visibles ont besoin de cette souveraine invisible, pour affermir leur propre puissance, et qu'ils n'oublient rien pour faire sa conquête... Que le sort du Peuple est à plaindre, quand il n'est endoctriné que par ceux qui ont intérêt à le perdre ; et que ses agents, devenus ses maîtres par le fait, se constituent encore ses précepteurs» (…)

Il est plus que temps. Il est temps que le Peuple, foulé et assassiné, manifeste, d'une manière plus grande, plus solennelle, plus générale qu'il n'a jamais été fait, sa volonté, pour que non seulement les signes, les accessoires de la misère, mais la réalité, la misère elle-même soient anéanties. Que le peuple proclame son Manifeste. Qu'il y définisse la démocratie comme il entend l'avoir et telle que, d'après les principes purs, elle doit exister. Qu'il prouve que la démocratie est l'obligation de remplir, par ceux qui ont trop, tout ce qui manque à ceux qui n'ont point assez ! que tout le déficit qui se trouve dans la fortune des derniers, ne procède que de ce que les autres les ont volés. Volé légitimement, si l'on veut ; c'est-à-dire, à l'aide des lois de brigands, qui, sous les derniers régimes comme sous les plus anciens, ont autorisé tous les larcins ; à l'aide de lois, telles que toutes celle qui existent en ce moment ; à l'aide de lois, d'après lesquelles je suis forcé, pour vivre, de démeubler chaque jour mon ménage, de porter, chez tous les voleurs qu'elles protègent, jusqu'au dernier haillon qui me couvre ! Que le Peuple déclare qu'il entend avoir la restitution de tous ces vols, de ces honteuses confiscations de riches sur les pauvres. (…) Nous voulons, par le rétablissement de la démocratie, d'abord, que nous haillons, nos vieux meubles, nous rentrent, et que ceux qui nous les ont pris soient mis à l'avenir dans l'impuissance de recommencer de pareils attentats. (...)

 

Le Réseau

Opinion

Combien de morts faut-il pour atteindre le seuil du silence ?

Communiqué de presse de la CNAPD du 14/01/11

Voilà plus d’une semaine maintenant que l’on entend chez nous les clameurs de la rue venues d’Afrique du Nord ; les appels des jeunes maghrébins à un présent décent et un avenir envisageable, une aspiration à laquelle ce jeune qui s’est immolé ne croyait plus, rejoint par ces plus de 40 morts qui ne pourront désormais plus y croire.

Voilà plus d’une semaine aussi que se font entendre les bruits des canons ; seule réponse des autorités face à des citoyens condamnés au silence.

En réponse à ces bruits de colère et de violence, les États européens hésitent entre le silence et le verbiage gêné d’appel à la « retenue » et de « regret » face aux violences. Deux registres d’un même comportement : la complaisance ; ou en tout cas d’un comportement reflétant une indifférence insoutenable.

Ainsi, sur le site du Ministère belge des Affaires étrangères, on se contente de rappeler que les régions touristiques ne sont pas touchées…

Les événements tragiques qui se passent en ce moment en Afrique du Nord (Tunisie, Algérie et précédemment au Sahara Occidental) et leur non-condamnation par nos responsables, nous rappellent - si besoin en était - que les leçons allègrement données par les dirigeants européens sur la démocratie et les droits de l’Homme ne témoignent pas d’un attachement sans borne à ces fondements de notre société, mais d’une rhétorique éthérée à destination uniquement d’hommes d’État avec lesquels nous ne sommes pas en commerce.

Nous voulons pourtant continuer à croire à la sincérité des discours occidentaux sur les appels à la liberté, au respect de la vie et à l’égalité de tous les individus. Pour cela, il nous faut enfin entendre un message de condamnation clair et sans détour de cette répression sanglante. Il nous faut entendre instamment un appel décidé et volontaire au respect des libertés fondamentales. Il nous faut entendre aussi un soutien aux demandes légitimes formulées par la population.

Par respect pour les morts, par respect pour toutes les populations opprimées, par respect pour les valeurs que nous sommes censés défendre.

Notre silence n’a que trop duré depuis des décennies.

 

Pour la CNAPD
Isabelle Grippa, présidente

 

Ndlr 1 : en ce 18 décembre, on peut s’inquiéter de ce que le gouvernement provisoire, nouvellement formé, comporte de nombreux anciens responsables du régime. Ils ne représentent ni celui qui s’est immolé par le feu, ni la jeunesse du pays.

Ndlr 2 : un journaliste, sur nos antennes radio, évoquait hier d’un « risque de contagion dans la région ». Lapsus ? Ne voulait-il pas dire « espoir de contagion ? »

Ndlr 3 : Baboeuf (voir texte plus haut) disait en substance que le danger est que... "Aprés une révolution, l'Ancien s'arrange toujours pour s'emparer du Nouveau : rien ne change... que les apparences..."

 

Est-il besoin de s'indigner de l'état du monde ?

Qui ne voit pas qu’il est désastreux ? Encore est-il supportable pour ceux qui le voient, mais qu’en est-il pour ceux qui le vivent ? Écrire ce que l’on voit, écrire ce que l’on vit est-il le signe d’un « engagement » ? Affirmer, pour le voir ou pour le vivre, que les idées fondatrices de la Révolution française de 1789 n’existent que dans de rares endroits, et bien souvent partiellement ou temporairement, ne serait pas simplement observable ? Une constatation incontestable ?

S’indigner de cela, le crier, le clamer, le hurler dans les rues, sur des scènes, dans des livres, le publier, est-ce de l’engagement ? Ajouter que le déroulement tragique des XIXe et XXe siècles montre qu’il est hors de perspective de voir et de vivre ces idées hors d’une société fondée sur le socialisme, est-ce de l’engagement ?

Si la réponse à ce questionnement est oui, alors, oui, soyons pour des maisons d’édition engagées. Et soyons pour qu’elles s’en félicitent. Même si les détenteurs de l’idéologie libérale dominante se servent de la notion pour les discréditer, les marginaliser, les confiner dans le registre de l’utopie. Ce sont pourtant ceux-là, qui, par un engagement qu’ils nient, entendent cacher l’évidence, et qui s’y entendent foutrement bien. À la tête d’une formidable armada de banalisation, de distraction, de divertissement, de propagande dont ils usent en un subtil, savant et coûteux mélange, ils dominent les esprits, les colonisent, les aveuglent. En fait, ce sont eux les champions toutes catégories de l’engagement. Et avec l’aplomb qui caractérise la duplicité, ils parviennent à le masquer, à l’anodiser. D’une habile tartufferie, ils se revendiquent du bon sens et du naturel éternel pour mieux pointer du doigt les « engagés » qui, eux, se réfèrent à l’observation, à l’analyse, à la critique, au libre-examinisme, à la dialectique. Travail d’orfèvre de manipulateurs vertigineusement riches et méchants.

« Mais j’imagine que l’action la plus révolutionnaire dans laquelle on peut s’engager, c’est… de raconter la vérité. » (Howard Zinn, in Karl Marx, le retour, éd. Agone, 2002.) Voilà sans doute ce qu’ils veulent empêcher qu’on lise. Aujourd’hui, plus que jamais, publier une littérature – de romans, surtout de romans – qui expose son penchant pour l’analyse critique vous réduit à coup sûr à l’état d’agents politiques au service de visées idéologiques se dissimulant derrière la fiction, au grand détriment de la littérature. Instrumentaliser sournoisement l’art littéraire, quelle indignité !

Cher éditeur présent ou à venir, ne vous avisez surtout pas par les temps qui courent d’avancer que votre envie profonde est de persévérer dans la voie de la littérature prolétarienne. Obscénité ! Ringardise bolchevique ! Etc. Vouloir parler d’une classe en voie de coma dépassé ? Ah, ah ! Et pourtant : « Il y a trente pour cent d’ouvriers en France ! […] Six millions cinq cent mille ! Eh bien, grâce à la culture, vingt-cinq pour cent ont disparu ! Ils ne sont plus dans nos imaginaires, ils ne sont plus à la télévision, ils ne sont plus dans le théâtre, ils ne sont plus au cinéma. La condition ouvrière, Mesdames et Messieurs, a disparu ! » (Franck Lepage, in l’Éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu, éd. du Cerisier, 2007.) Grâce à la culture… Et grâce à la politique, ils ont aussi disparu du reste, des lieux de décision, des parlements et des gouvernements. Voilà pour qui il faut une édition engagée : pour les disparus de la modernité.

Dans le film de Jean-Luc Godard, Je vous salue Marie, Joseph est sur le point d’avoir l’audace de poser la main sur le ventre arrondi et nu de Marie. Surgit, tel un beau diable, l’archange Gabriel. Il empoigne Joseph et le bat cruellement. Joseph, dans un râle : « Mais pourquoi ? » Gabriel fait une pause, lève les yeux au plafond, rien ne vient… Alors, il frappe à nouveau en hurlant : « Parce que ! » C’est à mourir de rire.

Parce que : Voilà pourquoi, il faut une édition engagée ! Paraphrasons Godard : déposons notre paluche en une douce caresse sur l’arrondi ventru de la mappemonde et, sans attendre Gabriel, sans lever les yeux au ciel, mais en portant le regard droit à hauteur d’homme, clamons sereinement : Par-ce-que !

Jean Delval
Carte blanche publiée dans
Salut et Fraternité, n° 72, janvier-mars 2011

 

 

L'Agenda

Conférences, colloques, débats, rencontres, séances d'informations...

Chômage et précarités, l’Europe vue d’en bas. Une conférence de Catherine Pozzo di Borgo.

Jeudi 20 janvier 2011 à 20h45 au Petit théâtre Mercelis

L’un des grands problèmes auxquels l’Europe doit faire face aujourd’hui est la persistance d’un chômage de masse. Pour tenter d’enrayer ce mouvement, les gouvernements mettent en place diverses mesures dont aucune, jusqu’à présent, n’a fait la preuve de son efficacité. Le film montre, à travers les témoignages de chômeurs et de travailleurs sociaux, comment ces mesures sont de plus en plus coercitives (réduction des allocations chômage, obligation de rechercher activement un emploi, voire même d’accepter n’importe quel travail à n’importe quel prix). L’étude comparative menée sur quatre pays - la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et l’Allemagne - permet de voir comment ces dispositifs, largement orchestrés depuis Bruxelles, ont pour objet non pas tant d’éradiquer le chômage que de faire baisser encore les bas salaires et accroître la précarité du travail. Un film documentaire qui s’inscrit dans un débat malheureusement très actuel : la remise en cause des systèmes de protection sociale dans de nombreux pays européens.

Infos :

Lieu : Petit théâtre mercelis – 13, Rue Mercelis à 1050 Bruxelles
Renseignements : Harmony vander Straeten – 02/274.15.50
hvanderstraeten@sireas.be
www.lesitinerrances.com
Entrée libre

 

Quel musée pour l'art contemporain ? - Rencontre de l'ALPAC :

Le jeudi 27 janvier,18h30, au MAMAC (Musée d'art moderne et d'art contemporain, Parc de la Boverie, 3, 4020 Liège)

Table ronde avec, entre autres, Bart de Baere, Virginie Devillez et Enrico Lunghi.

Infos :

http://www.alpac.be/presentation.htm

alpac@gmail.com

Paf : entre 2 et 5 euros

 

Journée « Art et Petite Enfance » du CDWEJ– 7e édition

Le samedi 29 janvier 2011, 10h, au CDWEJ.

Rendez-vous attendu tant par le public familial que par le réseau des professionnels de la Petite Enfance, la Journée « Art & Petite Enfance » se dédouble pour mieux prendre sa place au cœur de ses modules consacrés aux plus petits, à savoir les modules « Art et Petite Enfance » et « La marionnette chez les tout-petits ».

Les Journées « Art et Petite Enfance » - samedi 29 janvier et samedi 19 février - créent des espaces de rencontre reliant les différentes expériences artistiques et pédagogiques.

L’image est au cœur de cette première journée : la peinture, la couleur et la lumière pour offrir le monde aux tout-petits, pour porter un regard, pour entrer en relation…

Infos :

Lieux : CDWEJ & Bibliothèque Communale de Strépy-Bracquegnies – rue des Canadiens, 83 – 7110 Strépy-Bracquegnies

Rens. & réservations : 064/66 57 07 – info@cdwej.bewww.cdwej.be

 

Les Troisièmes rencontres "maternelle" : Pour que la maternelle fasse école Dès la maternelle relever le défi de la culture pour tous dans les apprentissages.

Le 29 janvier 2011, Bourse du travail (3, rue du Château d'Eau, 75011 Paris)

Entrer à l'école maternelle c'est s'engager dans une aventure où chacun va construire son chemin singulier. Mais les travaux universitaires et pédagogiques convergent pour montrer que cette aventure n'est possible qu'à certaines conditions et que l'école maternelle ne profite pas à tous de la même manière. Pourtant on sait désormais qu'il n'y a pas de fatalité à la difficulté scolaire. Quelles priorités se donner pour affirmer un projet fort de démocratisation ? Quelle conception des savoirs à transmettre dès l'école maternelle ? Quels contenus pour tous ? Quelle articulation entre contenus de savoir et modalités de transmission ? Ces questions seront au coeur des travaux des troisièmes rencontres « Pour que la maternelle fasse école » Quelle culture transmettre à l'école maternelle ?

Définir des contenus d'apprentissage, c'est mettre en oeuvre des conceptions des savoirs et de la culture permettant aux élèves de faire sens sur leur vie. A l'école maternelle, et pour reprendre une formule de Bachelard, « il ne s'agit pas d'acquérir une culture mais d'en changer », c'est-à-dire à partir d'objets culturels clairement identifiés, accessibles aux élèves en fonction de leur âge, les engager dans un rapport au monde qui les transforme, les émancipe de leurs origines, leur ouvre des horizons nouveaux. Si l'école maternelle veut remplir sa mission, elle doit leur permettre d'apprendre à affronter la complexité, d’acquérir des techniques, des habitudes de travail efficientes. Elle doit les confronter à d'autres formes de cultures que celles qui leur sont familières, leur faire partager des références communes, un patrimoine commun.

C'est la définition des priorités qu'il faut mettre en travail pour que les élèves les moins en connivence culturelle avec l'école ne restent pas sur le bord du chemin.

La transmission du savoir est un élément important de la culture, A l'école maternelle, l'entraînement des élèves à questionner, réfléchir, argumenter sont autant de priorités car ces pratiques ne sont pas partagées par tous et sont indispensables à l'autonomie de pensée et d'action. L'accompagnement des élèves doit favoriser l'engagement individuel en même temps que la confrontation aux autres afin que chacun puisse affirmer une pensée singulière en construction. La prise de risque nécessaire à l'entrée dans les apprentissages est alors rendue possible dans un climat où l'erreur devient moteur, où la solidarité l'emporte sur la compétition, où le pari est fait de la réussite de tous.

Comme les années passées, les rencontres croiseront des apports de chercheurs, des pratiques et des stratégies éducatives menées dans l'école comme autant d'alternatives opératoires aux logiques ségrégatives.

Plus d'infos :

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Groupe Français
d’Education Nouvelle
14, Avenue Spinoza
94200 IVRY
01 46 72 53 17
gfen@gfen.asso.fr
www.gfen.asso.fr

 

Du capitalisme pulsionnel à l'économie de la Sublimation - Conférence de Bernard Stiegler

Le lundi 31 janvier, à 20h, à la Maison Folie de Mons.

Philosophe de formation, élève de Jacques Derrida, Bernard Stiegler est directeur de l'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Georges Pompidou. Selon lui, la crise que nous vivons est bien plus qu’une crise économique. C’est la crise d’un modèle, celui du consumérisme, de la « jetabilité », qui a atteint ses limites. Avec la révolution numérique, il voit émerger un autre modèle organisationnel : « l’économie de la contribution », basée sur des investissements personnels et collectifs.

Infos :

+32 (0)65 39 59 39

www.lemanege.com - www.maisonfoliemons.be

Entrée libre !

 

Cap vers une Europe créative !

Le 31 janvier 2011, de 13h à 14, au Botanique

Une séance d'information sur le Programme Culture et ses enjeux européens.

Infos et réservations : benedicte.debrouwer@cfwb.be

 

Drogues : Lois, usages et politiques publiques. L'interdit en question.

Le 8 février 2011, à 20h, à l'Espace Senghor

Où en sommes-nous, aujourd'hui, par rapport à la réalité sociale de l'usage des drogues ? Comment comprendre l'essor du commerce de la drogue ? Quels processus conduisent des millions de personnes à suspendre l'idéal normatif d'une société sans drogues, pour s'adonner aux plaisirs psychotropes ? Comment comprendre les atermoiements des politiques publiques lorsqu'elles maintiennent la prohibition tout en affirmant des impératifs de Santé publique ?

Telles sont quelques-unes des questions abordées par Michel Kokoreff dans son dernier ouvrage : "la drogue est-elle un problème ?". Elles contribuent à relancer le débat public sur l'opportunité d'envisager des alternatives à l'interdit pénal en matière de drogues.

La Liaison Antiprohibitionniste recommande vivement la lecture de cet ouvrage et vous convie à participer à une rencontre débat avec l'auteur. Il s'agira d'une occasion unique d'aborder la question de la légitimité de la loi avec cet éminent sociologue français.

Michel Kokoreff est professeur de sociologie à l'université de Nancy 2 et membre du Laboratoire lorrain de science sociale (LASURES). Il a notamment publié aux éditions Payot : « La Force des quartiers : de la délinquance à l'engagement politique et Sociologie des émeutes ».

Infos :

Entrée gratuite, mais inscription souhaitée.

Contact : Bruno Valkenners : 0478/991897 - la@skynet.be

 

(IN)CAPACITES - Colloque de la Commission Psychiatrie et Droits Humains.

Le vendredi 11 février 2011, de 9h à 16h30, à l'Université de Mons.


Quels sont les statuts d’ (in)capacités reconnus en droit? Comment envisage-t-on les réponses par rapport aux statuts d’incapacités rencontrés sur le terrain ?

Une journée de formation sur les différents statuts de capacités et d’incapacités organisée par la Commission « Psychiatrie et droits humains » de la Ligue des droits de l’Homme asbl.

Infos :

Adresse du jour :

Salle Vésale 025
Centre Vésale
Campus Plaine de Nimy
Université de Mons
Avenue du Champ de Mars, 3
7000 Mons

P.A.F. : 30 € (15 €)

Programme : www.liguedh.be

Inscription, infos : osebasoni@liguedh.be

 

L'habit ne fait pas le moi ? - Journée d'études et d'expressions des Ateliers de l'insu

Le samedi 12 février 2011, à la Roseraie (Bruxelles)

Aux Ateliers de l’Insu, nous ne cessons d’interroger les voies de l’expression, qu’elles passent par l’argile, la danse, la peinture, le collage, la voix, …

Nous cherchons à faire monter l’expression vers la parole, à la rendre créatrice, à lui donner de l'étoffe et à la faire styliste.

Infos :

Programme : http://www.insu.be/documents/folder-journee-des-habits-fevrier-2011.pdf

www.insu.be

 

 

Spectacles, concerts, films...

PRODUCT

Jusqu' au 29 janvier 2011 à 20h30, au Poche (Bruxelles)

de Mark Ravenhill
Mise en scène Olivier Coyette
Avec Edwige Baily et Olivier Coyette

Tremblez spectateurs ! Voilà un auteur qui fait peur !

S’il est un auteur qui se devait d’être programmé sur la scène du Poche, c’est bien Mark Ravenhill. Jeune loup de la scène londonienne, dans la lignée des auteurs en colère tels que Sarah Kane (cave) ou Enda Walsh (Disco Pigs, Chatroom), Ravenhill cultive volontiers le scandale pour dénoncer avec crudité notre société de consommation et nos compromissions politiques.

Un producteur rêve de monter un film sulfureux. Sur scène on le voit tantôt illuminé, tantôt furieux, tantôt la larme à l’œil, «vivre» son scénario en le racontant à une jeune actrice qu’il veut convaincre que le rôle EST pour elle… C’est l’histoire délirante d’une jeune femme dont l’amant a été tué dans l’attentat du 11 septembre commandité par Al Qaïda. Lors d’un voyage en avion, elle rencontre un homme «basané» dont elle va tomber éperdument amoureuse… S’ensuit une série de séquences follement surréalistes où la jeune femme rencontre Ben Laden et sa clique, voit s’entreposer chez elle des explosifs et se retrouve dans un drame cornélien où il lui faut choisir entre patrie et amour…
Ce film – dont on ignore le titre – a tous les ingrédients d’une série B : amour, peur, suspens, actualité, monstres, gentils, méchants,…

Un spectacle qui nous montre à quel point même les pires drames politiques sont récupérés par la société de consommation pour faire d’une tragédie un objet hollywoodien parfaitement consommable.

Auteur de théâtre émergeant des années 90, Mark Ravenhill est l’un des dramaturges les plus controversés de sa génération mais aussi l’un des plus célèbres. Il intrigue et dérange à la fois, toujours à la limite, interrogeant sans relâche la société britannique sur ses valeurs et ses travers. Le succès inattendu de Shopping and fucking en 1996 le propulse sur le devant de la scène, il est suivi de Mother clap’s Molly house qui lui apporte la consécration. Il est l’auteur d’innombrables autres pièces dont Handbag, Some explicit polaroids, The cut, Ravenhill for breakfast, Citizenship,…

Infos :

reservation@poche.be / www.poche.be
Bois de la Cambre
1a, Chemin du Gymnase
1000- Bruxelles

Un tarif préférentiel est octroyé aux lecteurs de cette Lettre. A savoir : 12€ (au lieu de 15€) pour les personnes de plus de 26 ans et 7,5€ (au lieu de 10€) pour les personnes de moins de 26 ans. Il suffira de citer "culture et démocratie" lors de la réservation au 02/649.17.27.

 

The Armed Man: A mass for Peace

Le 22 janvier 2011, 20h, au Conservatoire Royal de Bruxelles.

La Clinique d'Hémato-Oncologie du CHU Brugmann développe un large projet d'accompagnement multiculturel des patients et de leurs familles hospitalisés dans l'unité. Ce projet initié à l'aide du Plan National Cancer a été développé autour de quatre axes principaux: la formation des soignants, l'amélioration du lieu d'accueil, l'accès facilité à l'information et la mise en place d'une cellule multidisciplinaire d'accompagnement.

Les subsides arrivant à leur terme, elle organise un Concert Philanthropique au Conservatoire Royal de Bruxelles le 22 Janvier afin de pérenniser ce projet.

L'oeuvre de Karl Jenkins, compositeur gallois, intitulée The Armed Man: A mass for Peace sera interprétée par le choeur de la Sennane (ensemble d'adultes et d'enfants) et son accompagnement de musiciens.

Infos :

Johanna Maccioni
Psychologue
Hémato-Oncologie
CHU Brugmann
024773509

 

Sur la route... par la Cie Les Colporteurs

Les 21 et 22 janvier 2011 à 20h et le 23 janvier à 16h au Halles de Schaerbeek.

Un duo émouvant nourri d’audace et de tendresse. Sur la route… est un magnifique dialogue des corps entre un homme blessé et une femme funambule. Le duo qu’ils créent est une subtile chorégraphie de l’équilibre.

C’est aussi pour Antoine Rigot, funambule et victime d’un accident en mai 2000, une nouvelle étape dans la réinvention de son art. Dans cette démarche, Sur la route… nous parle du fil d’une manière infiniment personnelle, bien au-delà du simple exercice de virtuosité. Le parallèle est frappant avec « Oedipe sur la route » d’Henry Bauchau qui leur a été une source d’inspiration. Lorsqu’Oedipe prend la route, c’est pour tenter, après la tragédie, de reprendre différemment le fil de sa vie, de retrouver un équilibre rompu. La limpide, rebelle et éclairante Antigone s’impose dans ce voyage. Ils comprendront qu’ils ne pouvaient le faire qu’ensemble.

Infos pratiques

www.lescolporteurs.com

Halles de Schaerbeek, 22 rue Royale Sainte-Marie. www.halles.be
Tarifs : 7 euros par personne pour les groupes à partir de 10 personnes
(accompagnateur gratuit)
Contact : Anne-Sophie Noël au 02/227 59 53

 

Rue du Croissant

Texte : Philippe Blasband
Avec : Mohamed Ouachen

Du 25 au 29 janvier et du 1 au 5 février 2011, à 20h30, aux Tanneurs (Bruxelles)

Erika, Martine, Rachid, Augustine, Dylan, Hector, Anne, Amélia, André, Désirée mais aussi Tchoupi le chat et encore bien d’autres. Leur point commun ? Tous habitent Rue du Croissant, une rue bruxelloise typique, c'est-à-dire atypique, voire - si le mot existait - « utypique ». La rue du Croissant en effet est une sorte d'utopie parce que ceux qu'elle accueille et qu'elle agrège viennent de partout. Comment donner à entendre cette diversité absolue des existences tout en rendant compte de leur étroit voisinage ? Comment articuler le monde avec la scène ? En d'autres termes, comment faire en sorte que ce qui arrive, arrive à tous, et cependant appelle et requiert le témoignage de chacun ? Philippe Blasband a ingénieusement résolu le problème. En effet, il met en scène non pas l'événement lui-même, mais cette part de l'événement, seule susceptible de voyager d'une habitation à l'autre sans jamais s'y établir et de traverser les cloisons sans les abattre. Que s'est-il passé Rue du Croissant ? Un accident, une agression, un attentat ou simplement un cri, un râle, un rire ? En tout cas, tous ont entendu quelque chose, la même chose et autre chose. Ce sont les versions successives de ce bruit qui a littéralement couru que Mohamed Ouachen interprète sur scène en un monologue virtuose qui parcourt à la vitesse du son une multitude de personnages différents. Une performance – c'est le cas de le dire – in-ouïe ! N'hésitez pas à en parler à vos voisins

Infos et réservations : reservation@lestanneurs.be ou 02/512.17.84

 

Historia Abierta

Mise en scène : Lorent Wanson assisté de Miguel Bregante
Avec : Emilio Ciriza, Carla Huenchún, Felipe Lagos, Karen Mena, Fernando Pérez, Carolina Pizarro, Lorena Ramírez

Du 3 au 19 février 2011, à 20h30, au Poche (Bruxelles)

Après la création d'Africare à Kisangani (présenté au Poche en 2007), un spectacle où Lorent Wanson nous plongeait dans les mythes et les réalités du Congo, c'est le Chili et son histoire qui servent cette fois de toile de fond au nouveau spectacle du metteur en scène.

Historia Abierta mêle passé, présent et futur pour un message de portée universelle. Invité par le Centre d'arts scéniques Matucana 100 de Santiago du Chili où il avait présenté Africare en 2008, Lorent Wanson a passé trois ans entre la Belgique et le Chili pour ce projet construit sur base de témoignages et d'ateliers d'improvisation avec des acteurs qu'il a confrontés à leur propre histoire, à leurs arbres généalogiques et à leurs rêves.

Mélangeant le chant, la danse, la projection vidéo, Historia Abierta réunit sept comédiens, trois artistes visuels chiliens de renom, deux compositeurs, un dramaturge, deux chorégraphes, un chœur et des musiciens, pour donner vie à un ambitieux spectacle multiforme qui, après deux mois de représentations à Santiago, est présenté en Europe au Théâtre Le Manège de Mons (du 18 au 23 janvier), au Phénix/Scène Nationale de Valenciennes, au Théâtre de Poche et au Centre Culturel de Soignies.

Dans une production qui aura fait se croiser pas moins de 80 personnes, Lorent Wanson choisit de faire parler les trentenaires, une génération porteuse d'Histoire. Mais Historia Abierta ne peut se résumer à un spectacle sur le Chili: c'est avant tout une réponse à la question de l'identité et au rapport à l'Histoire. « Je voudrais que le personnage principal d'Historia Abierta soit le spectateur, que le fait qu'on raconte ces histoires parfois très simples puisse amener le public à se dire qu'il a lui aussi des histoires à raconter. », nous explique Lorent Wanson. « Les ruptures [racontées dans le spectacle] peuvent correspondre à des coups d'état militaires et à des tremblements de terre mais ça comprend aussi des ruptures amoureuses, la mort d'enfants et tout ce qui nous fait passer à autre chose. »

Infos :

reservation@poche.be / www.poche.be
Bois de la Cambre
1a, Chemin du Gymnase
1000- Bruxelles

Un tarif préférentiel est octroyé aux lecteurs de cette Lettre. A savoir : 12€ (au lieu de 15€) pour les personnes de plus de 26 ans et 7,5€ (au lieu de 10€) pour les personnes de moins de 26 ans. Il suffira de citer "culture et démocratie" lors de la réservation au 02/649.17.27.

 

Complicités - Aujourd'hui, je suis content d'être ensemble.

Du 3 au 8 février 2011, à 20h30, au Varia (Bruxelles)

Déclinaisons circassiennes, petites perles et dérapages (in)contrôlés pour 11 artistes handicapés mentaux et 7 artistes complices en Piste.

Avec Complicités, le spectateur est invité à dépasser les frontières qui séparent la norme de l'anormal, l'ordinaire de l'extraordinaire, la différence de l'indifférence, le rêve de la réalité, mais aussi les frontières qui séparent la parole du geste, la piste du public... Une création pour rêveurs, tendres fous et Don Quichotte des Pistes, prêts à tout pour atteindre l'inaccessible étoile. Un spectacle brut, instantané de coïncidences, à découvrir 'ici et maintenant'.


Infos et réservations : www.varia.be / 02 640 82 58 / reservation@varia.be

 

Et que cela ne vous empêche pas d'aller voter dimanche...

Une réalisation collective de : Alixe Constant, Philippe Constant, Jean Delval, Hélène De Wilde, Danièle Ricaille et Jean-Maurice Rosier.

Les 15 et 16 février 2011, au Moderne (Liège).

A force de servir contre le totalitarisme
On a fait de la démocratie un régime parfait
Une sorte de finalité de l’histoire
On a réduit ainsi le politique à un conflit moral
Celui du bien, la démocratie, contre les forces du mal : dictatures hier, terrorisme aujourd’hui
Et on n’a pas vu l’épuisement, le dépérissement et l’assouplissement de l’idéal démocratique
Du rêve d’une société basée sur l’égalité
On est passé à des joutes oratoires et à des procédures parlementaires sanctionnées ou non par le rituel électoral
La crise financière a montré les limites du jeu démocratique et son impuissance à juguler le pourvoir de la puissance économique
Et les media de se lamenter sur le faible intérêt des citoyens pour les scrutins électoraux…

Aujourd’hui, le libéralisme, le capitalisme et l’économie de marché ont envahi l’essentiel de l’espace, toutes classes sociales confondues. Ils ont conjointement réussi à vider la démocratie politique de la majorité de ses substances et s’entendent avec une extraordinaire, passionnante et fascinante capacité à en polir l’apparence.

Infos :

Le Moderne, 1 rue Ste-Walburge. 4000 Liège - 04/ 225 13 14

 

 

Expositions, évènements

Exposition des stages créatifs de Vie féminine

Jusqu'au 30 janvier 2011, Centre culturel de Schaerbeek (rue de Locht, 91/93, 1030 Schaerbeek)

Vie féminine organise depuis 2009 des ateliers artistiques intitulés ‘Un monde couleurs femmes’. Proposer cette démarche artistique, c’était d’abord permettre à des personnes d’aborder un univers parfois très éloigné de leur quotidien.

C’est aussi donner aux participantes l’occasion de se découvrir autrement, d’explorer des modes d’accès à l’expression culturelle, de poser un regard différent sur le monde qui les entoure, de prendre le temps de rencontrer l’autre autrement et de se connecter à soi-même, de se découvrir des capacités, voire des talents insoupçonnés, de se mettre en risque en exposant son travail au regard des autres.

Utilisée dans le cadre spécifique d’une démarche d’éducation permanente, la créativité peut allier chemin individuel et dimension collective et politique.

Infos :
Vie féminine: 02/227 13 00
www.viefeminine.be
Entrée libre

 

La grève de 60

Jusqu'au 13 mars 2011, Bâtiment de l'OM Quai Louva, 1 à 4100 Ougrée (Seraing)

En 2010, c'est le 50e anniversaire de la grève de 1960.

La FGTB Liège-Huy-Waremme a saisi cette occasion pour organiser une exposition exceptionnelle avec un objectif unique : dresser le constat que, 50 ans plus tard, les revendications de l'époque sont toujours d'actualité.

Elle est organisée dans un lieu chargé d'histoire, un lieu symbolique pour toute la sidérurgie liégeoise : l'OM, c'est-à-dire l'usine Ougrée - Marihaye.

Accompagnés d'un guide, les visiteurs effectueront un parcours ludique et didactique à travers les grands faits de l'histoire sociale et économique de notre pays, de 1830 à nos jours.

Cette exposition interactive, accessible à tous, fait appel aux dernières technologies pour faire découvrir de manière spectaculaire les différentes facettes de cet important mouvement social.

Infos et réservations : 04/221 95 05

!!! Retrouvez une exposition sur le même thème, jusqu'au 11 février 2011, à l'Université populaire de Saint-Gilles... ( info : 02/5520357)

 

Editions en résitance ! - Face au populisme, face au prêt-à-penser de l'édition de masse, entrez en résistance

Jusqu'au 12 mars 2011, Au Comptoir (20, en Neuvice, 4000 Liège)

Autour des éditions du Cerisier, carte blanche à Jean Delval

Objets choisis par des auteurs publiés aux éditions du Cerisier, témoignant de leur relation avec l'éditeur. Oeuvres de Joseph Ghin, Serge Poliart et Simon Chapelle. /// En rayons : éditions Aden, El Batia moûrt soû,Territoires de la Mémoire.

Rencontre avec deux auteurs des éditions du Cerisier, le samedi 26 février à 16 h : François Scalzo pour le Train du Nord et Olinda Slongo pour Et elle a voulu sa part, cette roche obscure… Deux récits d'ouvriers d'origine italienne, l'unà la FN de Herstal, l'autre dans les charbonnages et la sidérurgie à Seraing, racontant leur immigration. .

Le samedi 12 mars à 16 h, rencontre autour de la Mémoire aux alouettes de Paul Meyer et Anne Michotte avec des illustrations de Merkeke. Un scénario de film confrontant le souvenir à la mémoire,Toni Santocono (auteur de Rue des Italiens), resté en Belgique, et Nino Seviroli
(homme de théâtre), retourné dans sa Sicile natale.

Infos : 04 250 26 50

 

La Conscience du paysage - une exposition de Cécile Massart.

Du 3 février au 27 mars 2011 à l'espace architecture La Cambre Horta

Le CIVA inaugure l’année 2011 avec une exposition consacrée à l’artiste belge Cécile Massart.

« Cécile Massart, loin de toute préoccupation « culturelle », ce mélange retors de vanité créatrice et lucrative, s’affronte avant toutes choses à ce qui menace de nous détruire. La dévastation nucléaire, à coup sûr, en serait l’accomplissement final. Mais que pouvons-nous faire, entre exigences techno-économiques et aspirations écologiques, leur progression et leur régression également nécessaires et impossibles ? Sa réponse renoue en acte avec la force de l’art : faire percevoir le réel insu et invu, manifester ce qui reste occulté dans ses menaces, la mort en tête, le faire voir autrement, c’est-à-dire de façons autres – en l’occurrence, les déchets nucléaires.

[…] Depuis 1994, l’objectif, « Un site archive », est devenu l’axe des interventions de l’artiste (travaux, reportages, expositions, projets conférences). « Le sujet, écrit-elle, traite de la mémorisation, de l’archivage, de l’identification, du stockage des déchets radioactifs et des installations nucléaires démantelées dans le paysage. Le travail actuel est résolument tourné vers une lutte contre le camouflage de ces sites et un engagement pour le marquage. » Donc : rendre lisible par des marqueurs des lieux enterrés de déchets radioactifs qui échappent au temps humain de quelques générations. Façon de déterrer ce qui enterre le terrifiant : par archives, sculptures, architectures : archisculptures !

[…] Ainsi, son projet cherche des façons de marquer pour relier ce qui s’est trouvé délié dans le temps (les déchets abandonnés et en voie de disparition visible par disparition de leur archive) et délié dans la culture (la technique industrielle sans aucun rapport avec l’art autonomisé). Le libre jeu de l’immaîtrisable immatériel (les déchets radioactifs) est situé par le libre jeu de l’art (architecture gravée) et de la technique (bunkers enfouis) qui laissent une chance d’à-venir au monde, un futur humainement vivable de la terre. » (extrait du texte d’Eric Clemens pour l’art même, numéro à paraître)

Infos :

CIVA hors les murs
Espace-Architecture La Cambre Horta
19bis place Flagey – 1050 Bruxelles _ Tél. + 32 2 642 24 50 – fax : + 32 2 642 24 55
info@civa.bewww.civa.be

 

6 milliards d’Autres

Jusqu' au 3 avril 2011 à Bruxelles (Tour & Taxis).

L’expo-vidéo nomade du célèbre photographe et écologiste Yann Arthus-Bertrand est en Belgique.

Depuis plus de dix ans, Yann Arthus-Bertrand («Vu du Ciel», «Home») a survolé la planète afin de dresser un portrait de celle-ci, au travers de photographies aériennes. Ces années de voyages et de survols de la planète lui ont apporté une vision globale du monde et de ses frontières. Cependant, très vite, Yann Arthus- Bertrand a senti que quelque chose manquait : la parole de l’homme.

Recueillir l’expérience et la philosophie de vie des habitants du monde à travers des interviews
filmées fut donc l’étape suivante. Tel est l’objectif de «6 milliards d’Autres», réalisé par Sibylle d’Orgeval et Baptiste Rouget-Luchaire.

Cette exposition dont la tournée à été lancée à Paris en 2009, est aujourd’hui présentée au grand public belge. L’exposition s’installera à Tour & Taxis (Bruxelles) jusqu'au 3 avril 2011.

Infos : www.6milliardsdautres.be

 

Exposition: 1210-2010 Marolles, terre d’accueil

Jusqu'au 30 avril 2011 à la Porte de Hal (Bruxelles)

De 1210…

De tout temps, le quartier des Marolles a lutté contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Chaque époque a tenté d’apporter des solutions en créant des fondations, des hospices, des hôpitaux, un atelier de charité, une « pauvre école » ou des associations. Certaines de ces tentatives ont rapidement avorté, d’autres sont devenues de véritables institutions. Dès le XIIe siècle, ce souci s’est traduit par l’établissement de la léproserie Saint-Pierre, de l’hôpital Saint-Jean, puis de nombreux hospices pour pauvres passants ou pour personnes âgées, ainsi que d’institutions accueillant les enfants. Parallèlement à ces lieux d’hébergement et de soins, d’autres formes d’assistance et d’aide ont vu le jour. Parmi elles, la « Table des Pauvres » avait pour but de répertorier et d’aider les indigents ayant droit aux secours, initiative qui conserve toute sa pertinence !

Objets de la vie quotidienne, instruments médicaux, documents iconographiques, cartographie, archives, sculptures et découvertes archéologiques vous invitent à entrer dans le monde très vaste de l’aide aux plus démunis et, par là, de l’aide à autrui.

…à 2010

À la lumière de cette longue histoire, ne manquez pas le cycle de conférences sur l’actualité des thèmes de l’exposition : l’enfant, l’adulte et la personne âgée, parce que, aujourd’hui encore, la pauvreté n’épargne aucune étape de la vie.


Infos:

Prix d’entrée: 5 € / 4 € / 1,50 €. Gratuit pour les -13 ans en visite familiale

Porte de Hal – Musées Royaux d’Art et d’Histoire
Boulevard du Midi – 1000 Bruxelles
Tél.: 02/534 15 18
E-mail: portedehal@mrah.be
www.mrah.be

 

 

Dernières nouvelles

Concours / Appels / Pétitions / Offres d'emploi

Appel à Projets Found Footage

Délai : 14 février 2011.

L’atelier jeunes cinéastes lance son 2e appel à projet pour une série de courts-métrages expérimentaux finalisés en numérique.

 

Point de départ: le found footage.

Ligne de fuite: la vôtre.

Enjeu: l’expérimentation, le cinéma.

 

“found footage” est le terme anglais (littéralement « métrage trouvé ») désignant la récupération d’images et de sons dans le but d’en changer le sens en les plaçant dans un nouveau contexte et de produire un nouveau film.


Plus d'infos : http://ajcnet.be

109 rue du fort - 1060 Bruxelles / tél. +32 2 534 45 23

 

Appel à projets courts-métrages documentaires

Délai : 15 Février 2011

Une proposition du Centre Vidéo de Bruxelles (CVB) et de l'Atelier Jeunes Cinéastes (AJC!)

Une photographie servira de source d'inspiration pour un projet de film documentaire d'une durée de 15 à 20 minutes. Il s'agit de se servir de cette image comme d'une ouverture pour déployer votre proposition. Vous pourrez partir d'un détail, d'une sensation, de la partie ou du tout, d'un rapport de forme ou d'évocation, d'une idée ressentie...

A l'affut de nouvelles formes d'écriture, les coproducteurs engagent les auteurs à penser le monde à travers des projets conviant librement les formes poétiques, documentaires, expérimentales, issues du réel. Est attendu qu'ils s'appuient sur un regard personnel, original et engagé.

6 projets seront sélectionnés et mis en production par le CVB et l'AJC!
Les producteurs mettront à disposition des projets un atelier d'écriture et un scriptdoctoring, le matériel de tournage et de post-production, un accompagnement tout au long de la production et un budget pour les frais directs de chaque film.

L'appel à projets est ouvert à tous et spécialement aux étudiants et anciens étudiants des écoles de cinéma, d'audiovisuel, de photographie, d'arts visuels, d'animation, de médias ou de communication, toutes sections comprises. Les projets proposés peuvent être individuels ou collectifs.

Dépôt des projets par courriel : appel@ajc-cvb.be et en 7 exemplaires papier au Centre Vidéo de Bruxelles, 111 rue de la Poste, 1030 Bruxelles, avant le 15/02/2011.

Le jury sera composé de 2 représentants du CVB et de l'AJC!, d'un/e réalisateur/trice indépendant/e, un/une représentant/e de l'ERG

 

Appel à textes

Délai : 20 février 2011

Suite au premier chapitre réussi de la Fabrique des écritures organisé dans le cadre du 10ème Salon du livre et des cultures, le CLAE (Comité de liaison des associations d'étrangers) lance un nouvel un appel à textes pour la prochaine édition, qui se déroulera les 18, 19 et 20 mars 2011

Sont invitées toutes les personnes qui seraient intéressées à faire parvenir au CLAE un écrit, dans la forme de son choix, par courrier ou par courriel, sur CD, sur DVD, ou tout autre support. La date limite d’envoi des textes est fixée au 20 février 2011.

Toutes les formes littéraires d’écriture (poésie, prose, etc.) anciennes, contemporaines ou en devenir sont acceptées. Tous les styles d’écritures seront retenus (textes, textes photographiques, peintures, collages, calligraphies, graph, graffitis, vidéo écritures, vidéo graffiti, SMS, etc.). Ils doivent s’inscrire dans la philosophie générale de la manifestation et parvenir dans des dimensions qui permettent ensuite d’être exposées.

Toutes les œuvres seront présentées sur le site internet du CLAE (www.clae.lu) et exposées au prochain Salon du livre et des cultures. Seront invitées, les personnes qui ont présenté des projets. Si elles le souhaitent, elles pourront lire ou dire leur création.

Les conditions de participation sont libres, sans aucune limite d’âge, de nationalité et les textes peuvent venir d’autres pays. Les projets présentés à la Fabrique des écritures peuvent être réalisés dans la langue choisie par l’auteur. Ils doivent être signés et accompagnés d’un nom, d’une adresse de contact et, si possible, d’une adresse mail ou d’un numéro de téléphone.

Les projets qui sont envoyés doivent être signés et accompagnés d’un nom, d’une adresse de contact et si possible d’une adresse mail ou d’un numéro de téléphone.

Les projets peuvent nous être envoyés par e-mail : contact@clae.lu ou à l’adresse postale suivante : CLAE, La Fabrique des écritures, 26 rue de Gasperich, L-1617 Luxembourg.

 

Appel à participation sur le thème « Migrations »

Délai : 31 mars 2011

Vous êtes étudiant, vous souhaitez vous investir dans un projet culturel dans le cadre des activités de votre association, à titre purement individuel ou en lien avec vos études, le thème « Migrations » vous intéresse ?

L'université de Lille vous invite à prendre part à la réflexion menée cette année par son Espace Culture sur ce sujet.

Expositions (photo, vidéo...), débats, témoignages, nouvelles, articles de réflexion, concerts... : vos propositions nous intéressent.

Le Bureau des Initiatives Culturelles de l'univeristé vous accompagne dans le montage de vos projets : retrait des dossiers, méthodologie, informations pratiques, soutien financier. L’Espace Culture accueillera et valorisera les projets retenus.

Adressez-nous vos projets avant le 31 mars : initiatives-culturelles@univ-lille1.fr

 

David contre Goliath...

Suite à la diffusion on ne peut plus populaire du film « Water Makes Money » sous forme de plus de 200 projections (en salles) et plus de 1000 DVD à ce jour, le groupe français VEOLIA, critiqué dans le film, a déposé une plainte contre le film à Paris pour « diffamation ». A l'heure actuelle, il n'est pas encore très clair ce qu'on nous reproche concrètement. Néanmoins, ce qu'à déjà obtenu le groupe c'est que le ministère public français a accédé à la demande de Veolia et a transmis l'affaire à un juge d'instruction. Celui-ci va à présent lancer une enquête policière avec l'aide d'une commission rogatoire étendue à l'Allemagne.

Il peut s'écouler un certain temps avant l'ouverture du procès. Pour l'instant, le film peut encore être montré et ARTE n'a pas renoncé à la diffusion de la version télévisée du documentaire prévue à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau le 22 mars 2011 à 20h15. Néanmoins, il n'est pas exclu que le film soit interdit à la diffusion ou à la projection à l'avenir.

Les tentatives de bannir de la société les films qui leur déplaisent ne sont pas chose nouvelle chez Veolia. Le groupe s'était déjà adressé à l'organisme audiovisuel allemand NDR en 2005, lorsque Leslie Franke et Herdolor Lorenz avaient osé faire la lumière sur la pratique des contrats secrets pour la privatisation partielle des centres de distribution des eaux à Berlin dans un film coproduit avec la NDR («Wasser unterm Hammer», en français « Eau, service public à vendre »). La multinationale avait même réussi, selon ses propres déclarations, à faire interdire la diffusion du film en accord avec Volker Herres, le rédacteur en chef du groupe audiovisuel allemand ARD, alors qu'il n'y avait absolument aucune preuve que le documentaire contenait des erreurs.

Sachant pertinemment ce qui peut se passer lorsqu'on passe au crible les pratiques d'une multinationale, l'équipe a fait retourner dans tous les sens et vérifier presque chaque mot contenu dans Water Makes Money par des avocats d'Hambourg et Paris. Toutes les informations ont également été vérifiées par ARTE. Cependant, le succès de la plainte de Veolia et de l'interdiction de diffusion sur les écrans de télévision et de cinéma ne se fera pas que sur terrain judiciaire.

Ce sera un véritable combat de David contre Goliath. Même si nous gagnons en première instance, Veolia peut encore aller en deuxième instance et faire appel à d'autres recours s'il n'y a pas de pression de l'opinion publique. Pour Veolia, les coûts de ce type de procédure ne représentent presque rien. Pour Leslie Franke et Herdolor Lorenz, en revanche, le risque financier qui se décuple à chaque recours pourrait conduire à la ruine.

Et c'est pourquoi nous voulons lancer un appel : ne laissez pas dans l'ombre les attaques de Veolia contre « Water Makes Money » ! Empêchez les grands groupes d'étouffer les critiques faites à l'encontre de leurs pratiques commerciales !

Diffusez autant que possible les infos sur ces attaques contre la liberté de la presse par le biais de vos réseaux ! Utilisez vos contacts avec la presse pour faire éclater l'affaire au grand jour !
Si vous êtes membre de la presse, commandez un exemplaire de presse et informez le public de l'affaire !

Le film « Water Makes Money » a encore le droit d'être diffusé et montré : mettez des bâtons dans les roues à Veolia ! Il faut que les informations contenues dans ce film soient rendues encore plus publiques. Organisez une projection du film ! Si vous avez déjà vu WMM, offrez le DVD ! Aidez-nous à renforcer la diffusion du film le plus possible !

Leslie Franke, Herdolor Lorenz et Achille Du Genestoux ont d'ores et déjà des honoraires d'avocats élevés ainsi que de nombreux frais à payer pour faire face à cette plainte.Toute projection, tout DVD commandé et tout don destiné aux honoraires d'avocats que vous pouvez faire en haut à droite sur notre site (http://www.watermakesmoney.com ) peuvent contribuer à atténuer les conséquences financières de cette affaire.

Nous vous tiendrons bien évidemment informés de la suite des événements. Si vous n'êtes pas encore abonné à notre liste de diffusion, écrivez-nous à film@watermakesmoney.org

L'équipe de Water Makes Money

 

C-paje engage !

C-paje est un Collectif pour la Promotion de l'Animation Jeunesse Enfance. C'est une Organisation de Jeunesse proposant des activités et services aux divers professionnels de l'animation... http://www.c-paje.net/home.asp

Offres d'emploi :
http://www.c-paje.net/mailing/charge-cra.pdf
http://www.c-paje.net/mailing/charge-equipe-projets.pdf

 

Formations /Ateliers

Atelier d'improvisation théâtrale

Le Service Participation Sociale, Culturelle et Sportive du CPAS de Forest organise un atelier pour adultes désireux de « se mettre en mouvement »

En improvisation théâtrale, comme l’écrivain face à sa page blanche, les « jouteurs » construisent ensemble une histoire, brique par brique, avec pour seuls matériaux leur corps, leurs émotions, leur imaginaire et leur ouverture.

Les bases de l’impro sont l’écoute, l’acceptation, la co-construction, le respect mutuel, … le tout dans un esprit ludique et convivial !

10 lundis matins de 9h00 à 12h00.

24/01, 31/01, 07/02, 14/02, 21/02, 28/02, (pause congé de Carnaval), 14/03, 21/03, 28/03, 04/04/2011 + représentation publique

Par Florence Pire de l’asbl Ex-pression (www.ex-pression.be)

Contact :

Jacqueline Dutillieux, coordinatrice culturelle du CPAS.

02/340.31.61 ou 0478/782.214

 

Entre secret professionnel et contrôle, une éthique pour éclairer les missions du travail social

La Fédération des Centres de Service Social et la Fédération des Centres de Service Social Bicommunautaires ont le plaisir de vous convier à leur module de form-action

De trop nombreux exemples dans l'actualité des dix dernières années nous montrent qu'aux yeux de certaines autorités publiques, les missions du travail social ne se distinguent guère d'une fonction de contrôle ou de répression ; on ignore ainsi leur spécificité, de même que ses méthodes et son éthique professionnelle. Des travailleurs sociaux se trouvent de ce fait de plus en plus souvent confrontés à une mainmise du répressif sur le social et à des pressions toujours plus fortes et plus nombreuses de la part des autorités soucieuses de les amener tantôt à contrôler tantôt à dénoncer plutôt qu'à accompagner et aider des personnes en difficulté.

Infos :

Khamisa Achargui FCSS – Rue Gheude, 49 - 1070 Bruxelles Khamisa.achargui@fcss.be

 

Nouveau lieu

L’Académie royale de Belgique s’enrichit d’un nouvel outil !

Dexia Banque, on le sait, est « l’héritière du Crédit communal de Belgique » qui, avec son département Pro Civitate, a joué en son temps un rôle culturel ambitieux, rassemblant une collection prestigieuse, apportant une aide à l’édition dans différents domaines de la recherche, et constituant une bibliothèque documentaire spécialisée dans le domaine de l’histoire des communes de Belgique. Créée au début des années 1960, et régulièrement enrichie de nombreuses acquisitions, cette bibliothèque était fréquentée par de nombreux chercheurs jusqu’en 2008, date à laquelle elle a hélas cessé d’être accessible. Une situation regrettable qui est aujourd’hui résolue !

L’Académie royale de Belgique nous informe de ce que cette bibliothèque, fermée au public depuis 2008, lui a désormais été confiée. Elle occupe un kilomètre de ses rayons, soit 40.000 livres, 18.000 monographies, 3.000 périodiques, des plans, et une collection exceptionnelle de cartes postales relatives aux communes belges (d’avant les fusions). Elle sera à nouveau ouverte aux lecteurs dès le mois de janvier 2001 ! Le catalogue électronique est intégré au catalogue Pallas, accessible via le site de l’Académie royale de Belgique (« La Bibliothèque » - « Catalogue »).

 


Sites web

ACT

ACT, comme Art Culture Transmission est un organisme de formation indépendant, à but non lucratif.

Créé par l’équipe de La Scène, qui publie aussi La Lettre du Spectacle, Le Jurisculture et CultureMédias, des guides et des ouvrages thématiques, et organise notamment les Biennales Internationales du Spectacle de Nantes, ACT’ bénéficie d’un fort ancrage dans les réalités de la filière culturelle et permet de profiter d’un réseau professionnel exceptionnel.

Ce nouvel organisme de formation est destiné aux professionnels du spectacle vivant, de tous champs artistiques, exerçant au sein d’entreprises culturelles :

- théâtres et salles de spectacles ;
- festivals ;
- compagnies et structures de production ;
- organismes et collectivités publiques ;
- musées et lieux patrimoniaux

Les formations ont lieu à Paris, Nantes et Reims.

http://www.lesformations-act.com/

 

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70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
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Cette lettre d'information a été réalisée par Baptiste De Reymaeker et Georges Vercheval grâce au soutien de la Communauté française.