n°58
- 16/12/2011
Editorial
Et si les réponses aux impasses contemporaines
se trouvaient au cœur de la question culturelle ?
Parler de culture, c'est évoquer les héritages
culturels et artistiques qui nous fondent en questionnant
le mépris de nos sociétés pour la mémoire.
C'est aussi affirmer la puissance de la création contemporaine
qui dit ou interroge le monde.
Culture et Démocratie, fondée en 1993 par un
grand nombre de responsables culturels (dont Bernard Foccroulle,
Laurent Busine, Georges Vercheval...), interroge inlassablement
les articulations entre la culture et la démocratie.
Car c’est de culture, au sens large, dont nous parlons
quand nous évoquons la suprématie de l'individualisme,
la violence des rapports économiques et sociaux, les
difficultés de nos systèmes éducatifs
et le vacillement de nos systèmes de valeurs. Et la
question est au cœur de l'actualité.
Le jeudi 12 janvier 2012, de 9h15 à 13h00 un débat
se tiendra au Parlement bruxellois (rue du Lombard) à
propos des droits culturels, qui sont au cœur des droits
de l'homme. Un rendez-vous passionnant que les responsables
et les acteurs des mondes politique, culturel, artistique,
pédagogique et associatif ne devraient pas manquer.
En effet, après une introduction (par ses responsables
actuels), Culture et Démocratie vous proposera d'y
entendre Patrice Meyer-Bisch, docteur en philosophie, coordonnateur
de l’Institut interdisciplinaire d’éthique
et des droits de l'homme (IIEDH) et de la chaire UNESCO pour
les droits de l'homme et la démocratie de l’Université
de Fribourg (Suisse), maître d’Enseignement et
de Recherche. Patrice Meyer-Bisch inscrira les chantiers évoqués
par Culture et Démocratie dans un questionnement radical
sur la question des droits culturels.
L’inscription est gratuite mais, le nombre de places
(90) étant limité, elle est obligatoire ! Merci
de vous inscrire en envoyant un courriel à info@cultureetdemocratie.be
en précisant bien vos nom, prénom, adresse courriel,
fonction et organisme éventuel.
A bientôt !
L’équipe de Culture et Démocratie
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Politiques culturelles
- Culture et Solidarité (Art et Santé,
Art et Prison, CPAS)
- Culture et Ecole
- Interculturalité
- Culture et Citoyenneté
|
Culture et Démocratie
Agenda
Les droits culturels au cœur des droits de l'homme
Le jeudi 12 janvier 2012, de 9h15 à 13h00 au Parlement
bruxellois - rue du Lombard – 1000 Bruxelles (entrée
par le n°73, au centre d'accueil et d'information)
Fondée par un grand nombre de responsables culturels parmi
lesquels Bernard Foccroulle, Laurent Busine et Georges Vercheval,
Culture et Démocratie interroge inlassablement, depuis près
de vingt ans, les articulations entre la culture et la démocratie.
La question est au cœur de l'actualité. C’est
bien de culture au sens large dont nous parlons quand nous évoquons
la suprématie de l'individualisme, la violence des rapports
économiques et sociaux, les difficultés de nos systèmes
éducatifs et le vacillement de nos systèmes de valeurs.
Parler de culture, c'est évoquer les héritages culturels
et artistiques qui nous fondent en questionnant le mépris
de nos sociétés pour la mémoire, c'est affirmer
la puissance de la création qui dit ou interroge, autrement,
le monde.
Et si les réponses aux impasses contemporaines se trouvaient
au cœur de la question culturelle ?
Après une courte introduction par ses responsables
actuels, Culture et Démocratie vous propose d'entendre sur
ces questions :
Patrice Meyer-Bisch
docteur en philosophie, coordonnateur de l’Institut interdisciplinaire
d’éthique et des droits de l'homme (IIEDH) et de la
chaire UNESCO pour les droits de l'homme et la démocratie
de l’Université de Fribourg (Suisse), maître
d’Enseignement et de Recherche.
Il inscrira les chantiers évoqués par Culture et Démocratie
dans un questionnement radical sur la question des droits culturels.
Un rendez-vous passionnant que les responsables du monde politique,
culturel, artistique, pédagogique et associatif ne peuvent
pas manquer.
Infos :
L’inscription (gratuite) est obligatoire.
Le nombre de places étant limité (90 places), merci
de vous inscrire en envoyant un courriel à info@cultureetdemocratie.be
et en y précisant vos nom, prénom, adresse courriel,
fonction et organisme.
La vie de l'association
Un premier forum des chantiers
Cette première édition fut à la hauteur de
nos ambitions et nous nous en réjouissons. Le 5 décembre
dernier, à la Maison du Livre à Saint-Gilles,
une rencontre informelle mais dense, entre tous ceux qui font vivre
Culture et Démocratie au coeur ses diverses commissions.
Les porte-parole des commissions Art et santé, Art
et prison, Culture et Enseignement et Formation
culturelle des futurs travailleurs sociaux ont présenté
leurs objectifs, leurs réalisations - rencontres, formations,
publications - et leurs projets pour 2012. Dans la foulée,
les questions et les réflexions de la salle ont permis un
débat convivial et passionnant. L'occasion pour les familiers
de l'asbl et pour ceux qui venaient "aux nouvelles", de
s'informer sur notre travail concret et une raison - pourquoi pas
- de s'y engager.
Cette rencontre s'inscrit dans la volonté de rassembler
et de coordonner mieux encore l'ensemble des "chantiers"
auxquels l'asbl travaille au quotidien et de les inscrire dans la
question, désormais centrale pour Culture et Démocratie,
des droits culturels.
Culture oblige, les échanges se sont prolongés autour
d'un verre de vin et aux sons d'un remarquable duo de jazz.
Rendez-vous est donc pris pour la seconde édition !
A propos du statut de l’artiste
Commençons par le début : il n’existe
pas de statut de l’artiste dans notre pays. Et il est notoire
qu’une certaine insécurité juridique existe
pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’art, quelle
que soit leur discipline. L’application, ou l’interprétation
par l’ONEM de certaines dispositions relatives aux droits
de l’artiste, notamment en ce qui concerne le chômage,
pose problème car, même si la loi est respectée,
le fait que les arrêtés d’application n’ont
pas été pris, le flou domine… Des différences
d’interprétation existent même selon les régions.
Les artistes s’en inquiètent, à bon droit,
ainsi que les associations (Smart, par exemple) qui les prennent
en charge. Alter Echo a diffusé une vidéo par laquelle
une juriste expliquait la situation de manière convaincante.
Les syndicats et le Conseil national du Travail ont également
réagi et certains politiques s’en sont émus,
dont le groupe PS de la Chambre, via la députée Ozlem
Ozen, Fadila Laanan par un communiqué, et le Groupe Ecolo
qui dépose une proposition de loi en ce sens.
Culture et Démocratie a ainsi été invitée
à s’exprimer lors d’une rencontre organisée
par la Commission Culture du groupe Ecolo organisée le 12
décembre à Flagey. Notre association n’ayant
pas encore vraiment débattu de cette matière, nos
représentant ne s’y sont manifestés que de manière
succincte et à titre personnel. En réalité,
il était surtout important d’entendre ce qui allait
être dit : la proposition de loi et ses motivations,
d’une part, ainsi que les réactions du public. Les
participants, nombreux, motivés, très divers, n’ont
pas manqué de le faire, révélant la complexité
de la situation. Qu’est-ce qu’une commande, qu’est-ce
qu’un donneur d’ordre… ? Remise en cause,
contradictions diverses, demandes de précisions, ce fut particulièrement
enrichissant. Muriel Gerkens et Isabelle Meerhaege, à l’initiative
de cette rencontre-débat, ne pourront qu’en tenir compte.
Dossier Musée d’art moderne, suite …
Le mouvement Museesansmusee ne désarme pas et c’est
tant mieux. Il poursuit son travail de résistance et continue
à orchestrer, chaque premier mercredi du mois, une manifestation
de protestation contre la fermeture sine die des collections XXe
et XXIe siècles des Musées royaux des Beaux-arts de
Bruxelles.
Non content de ne pas désarmer, le mouvement gagne désormais
les établissements supérieurs d’art où
les enseignants souvent artistes eux-mêmes et à la
pointe du mouvement depuis son origine, et les étudiants
se mobilisent pour donner à ces mercredis protestataires
une dimension artistique parfaitement réjouissante.
Invention et créativité voire création au
service d’un mouvement qui interroge le statut, la place,
la fonction du musée dans la société contemporaine
et puis plus fondamentalement sa gouvernance. En effet, un arbitrage
aussi important que donner à voir ou soustraire au regard
du public des pans entiers d’une collection publique a été
dans ce cas précis, d’apèrs nos informations,
posé sans concertation, ni interne, ni externe.
Ce dossier crée l’opportunité d’un débat
passionnant sur le musée : comment conjuguer les impératifs
de gestion et de mobilisation nécessaire de ressources avec
le maintien d’une haute exigence artistique, intellectuelle
et didactique ? Comment en faire le lieu vivant et inventif
du partage de la mémoire et de la création, comment
y penser de manière critique le travail de transmission,
comment le faire évoluer sans céder aux seules sirènes
de l’événement et de l’industrie culturelle
plus soucieuse d’intérêt privé que de bien
public ?
Nous soutenons les interrogation et les actions de Museesansmusee.
Et nous vous proposons de le faire aussi en vous rendant sur le
site du même nom, en vous inscrivant au blog qui vous permettra
de mesurer l’avancée lente mais décisive de
la question dans la sphère politique et dans les supports
de presse et vous joignant aux mercredis protestataires à
venir. Celui de février marquera le premier anniversaire
du mouvement. Notez déjà ce rendez-vous. Il doit être
mémorable !
Culture et Démocratie et l’Europe de la culture
Nous sommes membres du réseau européen Culture Action
Europe et participons à ce titre, à la campagne We
are more lancée depuis plusieurs mois. Cette campagne a pour
objectif de mobiliser les citoyens européens pour peser sur
la Commission au seuil d’échéances budgétaires
cruciales. Il s’agit de réclamer le renforcement de
son programme Culture et une politique culturelle structurelle qui
fasse, au-delà de l’attention donnée aux industries
créatives, une part suffisante à la culture et aux
arts.
L’objectif de Culture Action Europe ?
Mobiliser 100.000 signatures européennes pour la pétition
qui sera adressée aux Ministres de la Culture qui se réuniront
en mai 2012 à Bruxelles.
Mobiliser dans chaque pays membre du réseau, les ministres
de la Culture et leurs homologues – emploi, économie,
éducation etc… - pour les engager à défendre
avec force le renforcement des programmes et des politiques culturelles
européennes et pour leur recommander de soutenir clairement
les artistes et la création.
Nous sommes donc partie prenante d’une plate-forme qui, avec
le RAB-BKO et plusieurs organisations culturelles francophones et
néerlandophones, préparent une démarche commune
auprès des deux Ministres de la Culture.
Et nous vous invitons à participer à cette opération
cruciale en un temps ou les gouvernements européens sont
clairement tentés de faire, pour raison de crise, des coupes
sombres dans les budgets culturels.
Nous pensons au contraire que c’est du côté
de la culture, de l’invention et de la création que
peuvent émerger des réponses nouvelles aux impasses
économiques du moment.
Un site pour vous informer et pour signer la pétition :
http://www.wearemore.eu
Productions
Journal 23 de Culture et Démocratie
Que fait la culture à la démocratie et que fait
la démocratie à la culture ?
Cette question est d’une actualité brûlante car,
nous le savons, ceux et celles qui font tomber les dictatures, ceux
et celles qui clament leur colère dans les rues du monde
questionnent les équilibres – ou les déséquilibres
- politiques, économiques et sociaux contemporains et en
appellent à une autre culture de la démocratie.
De la Grèce à l’Espagne, de New-York à
l’Italie en passant par l’Islande, ces indignations
actent le vacillement voire la faillite d’un monde gangrené
par le primat de l’intérêt singulier, l’oubli
des solidarités, le goût de l’immédiat
et du spectaculaire, le tout au financier et au marchand jusques
et y compris, très logiquement, dans la sphère culturelle.
Gardons-nous du simplisme et de la réduction. Rien ne va
de soi.
C'est sur ces mots de Sabine de Ville, qui signe l'édito,
que le Journal 23 de Culture et Démocratie s'ouvre.
En juin, Culture et Démocratie diffusait un message afin
de faire connaître à son réseau l'établissement,
au Carré de Moscou à Saint-Gilles, d'un campement
d'Indignés et d'inviter ses membres à aller à
la rencontre des personnes qui l'occupaient. Six mois plus tard,
elle propose aux lecteurs de son Journal dix regards différents,
complémentaires ou dissonants, sur cette année 2011
qui a vu poindre une contestation sociale d'un nouvel ordre : plus
radicale (?), alliant discours et pratique, usant des canaux de
diffusions qu'offrent le web, ...
Le journal est disponible gratuitement en version papier dans nos
locaux. Pour le commander et le recevoir par la poste, veuillez
faire un virement de trois euros (frais de port forfaitaire) sur
notre compte 523-0803666-96. En communication, veuillez indiquer
"Commande + 'Titre de la publication' + votre nom + adresse
postale". Une fois le versement effectué, veuillez nous
prévenir de votre commande en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be.
Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.
Pour le consulter en ligne, c'est ici.
Seconde édition de "Neuf essentiels pour déconstruire
le choc des civilisations"
A l'occasion de sa seconde édition, l'ouvrage Neuf essentiels
pour déconstruire le choc des civilisation, écrit
par Roland de Bodt, a été augmenté de trois
nouvelles notices. Son allure a également été
revue, afin de pouvoir le vendre moins cher. Il coûte désormais
3 euros...
"Neufs essentiels" est une initiative éditoriale
de l'asbl Culture et Démocratie qui consiste en la compilation,
introduite et commentée, de neuf notices bibliographiques
concernant des ouvrages incontournables pour qui veut s'informer
sur un sujet d'actualité touchant à la culture et/ou
à la démocratie.
En collaboration avec le projet Rives d’Europe,
Culture et Démocratie vous propose "Neuf essentiels
pour déconstruire le choc des civilisations". Cet ouvrage
contribue à rendre plus accessible aux citoyens, aux étudiants,
aux pédagogues, aux artistes, aux animateurs, aux travailleurs
sociaux, aux chercheurs, aux journalistes, aux mandataires politiques,
aux administrateurs publics, aux agents des services de proximité,
… et à tous ceux qui s’y intéresseront,
un des plus importants débats culturels de notre XXIe siècle.
Ce débat revendique avec urgence, pour le dialogue démocratique
et pour la culture de la paix, la reconnaissance de la place des
cultures d’expression arabe et des cultures d’expression
juive dans la formation culturelle de l’Europe.
Cet ouvrage est disponible dans nos locaux au prix
de 3€. Vous pouvez également le commander (6€ avec
les frais de port). Pour plus d'informations concernant les commandes,
voir la page "Contact"
de notre site.
Il est possible d’assister à des animations
autour de cette publication, par Roland De Bodt. Pour plus d'informations
sur ces animations, merci de nous contacter par email: info@cultureetdemocratie.be
Mention pour le virement: Neuf essentiels
Une version de cette seconde édition est consultable
en ligne :
ici.
Cahier 03 de Culture et Démocratie : L'indispensable révolution.
Culture et création au coeur de l'enseignement. (rappel)
Le Cahier 03 de Culture et Démocratie marque l’aboutissement
du travail de réflexion collective mené depuis plusieurs
années autour de la question de la place - insuffisamment
reconnue
aujourd’hui - de la culture, de l’art et de la création
dans les cursus d’enseignement obligatoire et d’enseignement
supérieur.
On y trouvera la synthèse des six tables rondes organisées
par Culture et Démocratie en 2010 et 2011 à la suite
du colloque de novembre 2008 (dont les actes firent matière
au Cahier 02 de Culture et démocratie). Assorties chacune
d’un commentaire critique, elles aboutissent à un corps
de propositions concrètes adressées aux responsables
politiques en charge de l’éducation
et de la formation et à tous les acteurs du système
éducatif.
Il y est question d’un enseignement obligatoire et d’un
enseignement supérieur profondément renouvelés
dans leurs paradigmes. Il y est question de temps retrouvé,
de transversalité, de pensée critique et de pensée
créative, d’anthropologie des savoirs scolaires, de
formation culturelle et artistique des maîtres, de professionnalisation
des médiateurs culturels, de résidences d’artistes,
d’accès matériel et cognitif aux expressions
artistiques, de pratiques collectives, de pratique artistique, d’invention,
d’écoles ateliers et d’écoles laboratoires.
Ce projet assume sereinement sa part d’utopie, souvent féconde
en matière d’éducation et indispensable aujourd’hui.
Le Cahier – 72 pages 21 x 17 cm - est en vente (en version
papier) dans nos locaux. Son prix est de cinq euros. Pour le commander
et le recevoir par la poste, veuillez faire un virement de huit
euros (cahier + frais de port forfaitaire) sur notre compte 523-0803666-96.
En communication, veuillez indiquer "Commande + 'Titre de la
publication' + votre nom + adresse postale". Une fois le versement
effectué, veuillez nous prévenir de votre commande
en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be.
Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.
Pour le consulter en ligne, cliquez ici.
Cahiers internationaux de Symbolisme (n°128-129-130) : "Penser
librement sous la censure" - édité par Culture
et Démocratie asbl et le Ciephum - Centre interdisciplinaire
d'Etudes philosophiques de l'Université de Mons. (rappel)
L’histoire montre clairement que l’absence de liberté
d’expression ne signifie heureusement pas que toutes les pensées
ou tous les écrits se conforment à la vérité
officielle. Parmi les textes plus libres, certains deviennent clandestins
et entrent en résistance, tandis que d’autres jouent
de l’équivoque pour ruser avec la censure, qu’elle
soit officiellement organisée par le pouvoir en place ou
qu’il s’agisse d’une conséquence de la
« bien-pensance » et du moralisme ambiant. Ces deux
formes de combat, que l’on peut rassembler sous les notions
de résistance et de subversion, sont les thématiques
abordées dans ce numéro des Cahiers internationaux
de symbolisme qui réunit certaines interventions du colloque
« Penser librement sous la censure » (UMons, 8-10 décembre
2009) organisé par l'Umons, l'Ulg, le Ciéphum, la
PAC et Culture et Démocratie asbl.
Textes de Claude Baurain, Gilbert Boss, Vincent Cartuyvels, Jean-Pierre
Cavaillé, Eckart Gillen, Pierre Gillis, Anne Herla, Hugues
Le Paige, Maria Luisa Malato, Christian Ruby, Yanic Samzun, Anne
Staquet et Georges Vercheval.
Le cahier est en vente dans nos locaux. Son prix est de dix-huit
euros. Pour le commander et le recevoir par la poste, veuillez faire
un virement de 21 euros (cahier + frais de port forfaitaire) sur
notre compte 523-0803666-96. En communication, veuillez indiquer
"Commande + 'Titre de la publication' + votre nom + adresse
postale". Une fois le versement effectué, veuillez nous
prévenir de votre commande en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be.
Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.
Vous pouvez également le commander auprès du Ciephum
(ciephum@umons.ac.be)
Coups
de cœur
La surdité, une chance !
La situation des personnes sourdes en Belgique francophone n’est
pas toujours facile. Cependant, la surdité recèle
de grandes richesses, que des jeunes sourds ont partagées
en organisant, le 19 novembre 2011, Pi Visual, un festival
d’arts visuels.
Ne pas ?
Être sourd, on en convient, n’est pas toujours chose
facile. C’est, au sens commun, ne pas entendre.
Ne pas entendre la télé, et déplorer qu’il
y ait si peu d’émissions sous-titrées ou interprétées
en langue des signes. Ne pas entendre l’annonce d’un
changement de voie sur un quai de gare. Ne pas, ou peu, ou difficilement,
communiquer avec les personnes entendantes qui ne font pas d’efforts.
Ne pas, ne pas…
Mais considérer la surdité comme une liste de « ne
pas… », c’est, sans s’en rendre compte,
construire le handicap. En effet, ce que les personnes sourdes ne
font pas, c’est entendre, mais elles font tout le reste. Elles
font même certaines choses avec un talent particulier, celles
qui touchent au visuel, comme l’architecture, le cinéma,
les arts vivants. Par ailleurs, les sourds font aussi quelque chose
que nous autres entendants ne faisons pas, ou peu d’entre
nous : communiquer en langue des signes. Être sourd,
c’est aussi ne pas être réveillé par les
voisins qui font trop de bruit, ne pas s’énerver aux
coups de klaxon, …
Être sourd, ce n’est pas moins bien ou mieux qu’être
entendant. C’est différent. Ce n’est pas au-dessus
ou en dessous, c’est à côté. Il nous faut
apprendre à penser la ressemblance : les sourds sont
comme nous, mais avec des différences ; ils sont différents
de nous, mais avec des points communs.
Le rapport entre sourds et entendants pose une question :
sommes-nous capables de différencier sans hiérarchiser ?
En l’occurrence, de reconnaître, d’accepter et
de valoriser que des êtres humains s’expriment avec
leurs mains et écoutent avec leurs yeux?
Dans son ensemble, la société ne s’en est pas
encore montrée capable. On considère souvent que le
handicap est dans la personne, dans sa déficience, sans se
rendre compte qu’il est causé ou aggravé par
les inadaptations sociales ou des préjugés. C’est
pourquoi le mot « handicapé » est bien choisi,
au sens où on est « handicapé par… ».
Par les modes de communication, par les bordures de trottoir, par
le regard des autres … Handicapé, ce n’est pas
un adjectif, c’est une voie passive qui s’oublie. La
voie active permettrait d’y voir mieux : nous handicapons,
par nos inadaptations, certaines personnes.
Et donc, pour les personnes sourdes, les inadaptations et manques
sont nombreux. La langue des signes a été reconnue
en 2003, par un décret, pas encore dans les faits. De plus
en plus de personnes l’apprennent et elle se répand
peu à peu, mais institutionnellement, elle n’a pas
la place qu’elle mérite. Légalement, les enseignants
qui donnent cours en école spécialisée ne sont
pas tenus de la connaître. Elle est peu présente médiatiquement
(seul le journal télévisé de la RTBF est interprété)
Faute de formation, il y a une pénurie d’interprètes
en langue des signes. Trouver un(e) interprète pour aller
chez le médecin, chez l’avocat, à la réunion
de parents, … relève trop souvent du parcours du combattant.
Côté emploi, les discriminations à l’embauche,
les refus d’entrée en formation, les difficultés
à octroyer un aménagement raisonnable ne facilitent
pas la vie. Enfin, l’implant cochléaire, s’il
peut offrir des chances supplémentaires à l’enfant,
est parfois présenté par le monde médical comme
une recette miracle qui guérirait de la surdité. Mais
à ne se concentrer que sur la déficience (l’oreille
à réparer), on aggrave parfois le handicap (les inadaptations).
La volonté thérapeutique coupe souvent les jeunes
enfants sourds de la langue des signes, qui leur est la plus naturelle
et leur permet un développement linguistique précoce.
Richesses
Mais être sourd, c’est également faire partie
d’une communauté linguistique et culturelle. C’est
un monde, avec ses us, ses coutumes, son histoire, ses héros.
Son humour, sa poésie, ses richesses, …
Mieux vaut enseigner les vertus que de condamner les vices,
disait Spinoza. Les sourds l’ont compris. Ils persévèrent
à montrer le positif de leur culture, à offrir le
gain sourd : la langue des signes, leurs talents, leur façon
de penser qui nous constitue, nous, comme des entendants, leur participation
à la diversité des cultures.
Un exemple parmi tant d’autres : des urgentistes français
ont sollicité l’aide de personnes sourdes pour concevoir
et enseigner un code de communication gestuel. Ce code, nommé
Toxcom, a pour but de pour pouvoir communiquer en situation d’urgence
où le bruit ambiant et les tenues de protection empêchent
la communication orale. Ici, les sourds ne sont pas handicapés,
mais experts dans un mode de communication utile pour la collectivité,
susceptible d’aider les urgentistes à sauver des vies
Il y a, à côté de choses à déplorer,
beaucoup de choses réjouissantes. Les jeunes sourds qui ont
organisé le festival Pi Visual ont souhaité
présenter et partager ces réjouissances.
Organisé dans le cadre de la Quinzaine pour l’égalité
des chances et de la diversité, ce festival avait pour
objectif de valoriser les talents de jeunes sourds et d’y
sensibiliser le grand public.
Concrètement, les jeunes ont tout d'abord organisé
un camp de formation pour s’initier ou se perfectionner dans
trois disciplines : la chorégraphie, mêlant danse
et langue des signes, la vidéo et le montage, et le mixage
de sons et de lumières. Ils ont présenté leurs
travaux lors de ce festival, et plus particulièrement lors
de la soirée festive qui permit aux danseurs de chauffer
la salle en montrant tout leur talent.
Les jeunes ont rassemblé du monde autour d’eux. L’asbl
Arts et culture et les ateliers Mommen ont organisé une exposition
d’artistes sourds et entendants, qui se sont rencontrés
sur le thème de l’identité sourde. Des courts-métrages
réalisés par les jeunes ont été présentés
: avec humour, ils expliquent le gain sourd et l’importance
de la langue des signes. La FBIA (fédération belge
d’improvisation théâtrale amateur) a répondu
présente à l’invitation à l’aventure
et organisé des ateliers de découverte de l’impro
en silence, ouverts aux sourds et aux entendants. Un spectacle d’impro
silencieuse a présenté le fruit de ces découvertes
et rencontres. Un moment de silence et d’expression. Après
le spectacle, quand le public, sourd et entendant, est venu demander
où s’inscrire, on s’est dit : pari gagné
!
Nombre des partenaires de ce festival ont exprimé le sentiment
que Pi Visual marquerait l’histoire sourde. Nous
l’espérons sincèrement.
Patrice Jabeneau
education.permanente@ffsb.be
02/644.69.01
Un petit coin d’Amérique Latine à Bruxelles
Rien n’annonce son existence. Seuls les connaisseurs
y ont accès. Pourtant, l’accueil y est chaleureux.
Exit le ciel brumeux de Belgique, place à l’ambiance
sud-américaine. La Maison de L’Amérique Latine
trace et continue son histoire dans les rues bruxelloises. Située
à côté de la maison communale d’Ixelles
(1), la CASA mérite que l’on
s’y arrête.
En 1923, la Chambre du Commerce belgo latino-américaine
était crée par un groupe d’industriels et d’hommes
d’affaires. Son objectif était de mettre en lien des
importateurs latino-américains et des industriels belges.
Sa création a été saluée avec beaucoup
d’enthousiasme par le Roi Albert Ier en personne. Dans la
foulée, la « Maison de l’Amérique Latine
» voit le jour le 20 mai 1923. L’objectif affiché
était d’étendre à d’autres personnes
les liens entre belges et latino-américains. Des colloques,
des conférences, des expositions se mettaient en place pour
promouvoir cet échange de culture.
A la demande des boursiers latinos présents dans les universités
belges, le Service Européen des Universitaires Latino-américains
(SEUL), émerge en 1964. Les années 1970 étant
marquées par l’arrivée massive de réfugiés
politiques, suite à ce qui se passait dans les pays du cône
sud, l’asbl développa des activités de solidarité
au sens politique et social. Cette volonté de rester solidaire
est toujours d’actualité.
Reconnue par le Ministère de la Fédération
Wallonie-Bruxelles comme Organisation Régionale d’éducation
permanente et comme Centre d’Expression et de créativité
(CEC), l’asbl est une terre d’accueil pour les étudiants.
Dans un esprit de tolérance, de solidarité, elle offre
une aide juridique aux sans-papiers. La Casa America Latina vit
au rythme des cours de langues (français, néerlandais
et espagnol), des activités culturelles (danses capoeira,
chorale Anaconda, atelier théâtre, ciné-club,
Yoga), des expositions, conférences et débats qu’elle
organise.
Conférence inédite à la Casa
28 avril 2011, les rues de Santiago (Chili) sont envahies par des
milliers d’étudiants qui réclament une éducation
publique gratuite, digne et de qualité. Sept mois plus tard,
le mouvement étudiant chilien est toujours présent.
Le 18 octobre dernier, l’asbl de la Maison d’Amérique
Latine permet aux principaux leaders étudiants chiliens de
s’exprimer au sein de son établissement. Afin de comprendre
l’histoire éducative du Chili, il faut se replacer
dans le contexte des années 1960 : quand Salvador Allende
arrive au pouvoir, il met en place un projet de loi appelé
ENU (Ecole Nationale Unie). Le président chilien veut permettre
l’octroi des bourses aux plus démunis et faciliter
l’accès à l’enseignement qu’a initié
son prédécesseur Eduardo Frei Montalva. Allende estime
que renforcer l’accès à l’éducation,
c’est permettre que le peuple soit « souverain ».
Il ne cache pas que le projet de l’ENU vise un déconditionnement
social. L’Eglise Catholique du Chili n’acceptera pas
de le suivre, jugeant « qu’il y manque l’héritage
catholique du peuple chilien ». La réforme éducative
sera suspendue quelques jours avant le coup d’Etat du 11 septembre
1973.
Dès son arrivée au pouvoir, le Général
Augusto Pinochet reprend en main le domaine éducatif. Ce
dernier est élaboré par les « Chicago Boys »
(surnoms des économistes chiliens formés aux USA).
Le dictateur fait voter la LOCE (Loi Organique Constitutionnelle
de l’Education) qui rend l’éducation du Chili
privative et remet aux municipalités la gestion de l’éducation
publique. Désormais, un élève issu d’une
classe privilégiée ira dans des écoles privées.
En revanche, les plus démunis n’auront droit qu’à
un établissement public souvent de mauvaise qualité,
les "bons" professeurs se réfugiant dans le privé,
plus rémunérateur. Quand le dictateur Pinochet quitte
le pouvoir en 1990, il donne l’ordre aux partis de gauche
de la concertation de ne pas toucher à la constitution qu’il
a mis en place et de ne pas réformer l’éducation
du Chili.
Ce 18 Octobre 2011, Camila Vallejo (présidente de la fédération
des Etudiants Chiliens-FECH), Francisco Figueroa (Vice-président
de la FECH), Giorgio Jackson (Président des Etudiants des
Universités Catholiques) et Gabril Iturra (Membre de la ACES-
Assemblée coordinatrice des Etudiants du Secondaire) exposaient,
à la Casa, les actions et intentions du mouvement étudiant
chilien 2011.
Dans le système éducatif du Chili, un étudiant
peut obtenir un prêt pour payer ses études. Mais il
devra le rembourser dès l’obtention de son diplôme,
et parfois jusqu’à quinze ans après. C’est
pourquoi les étudiants veulent que l’Etat reprenne
en charge le financement de l’éducation publique. Ils
veulent également que l’accès à l’éducation
soit plus large. Ils soulignent que ce combat est justifié,
et ancré dans le temps. Il y a eu des marches étudiantes
en 2001, 2006 et 2008. En face d’eux, les étudiants
ont un gouvernement de droite. La plupart des ministres étaient
des collaborateurs proches de la dictature. Le chef du gouvernement
chilien, Sebastian Pinera, a toutefois proposé la création
à l’horizon 2012 d’un Conseil Supérieur
de l’Education afin d’évaluer les lacunes du
système éducatif. Après plus de sept mois de
protestation pacifique, cette jeunesse est toujours soutenue par
89% de la population chilienne.
Sur son site internet, la Maison de l’Amérique Latine
relate la visite des leaders étudiants chiliens : http://www.america-latina.be/
Anémone Hubert
Étudiante stagiaire à Culture et Démocratie
(1) Maison de l’Amérique latine - SEUL
asbl, rue du collège, 27 à 1050 Ixelles
Lire au sujet des luttes estudiantines chiliennes
l'article de Camila Vallejo repris dans la rubrique Opinion
du Réseau.
Coup
de griffes
Solidarité étudiante en péril
Le Comité d’Action et Soutien aux sans-papiers (CAS)
fut créé, fin 2008, à l’ULB pour soutenir
la cause des sans-papiers présents sur le campus bruxellois.
Les étudiants, membres de ce comité, réclamaient
la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres
fermés et l’arrêt des expulsions. Un procès,
reliant deux affaires, durait depuis trois ans. Ce 28 octobre
2011, les huit militants étudiants ont été
condamnés à un mois d’emprisonnement avec
trois ans de sursis.
Les faits :
16 octobre 2008 : Cinquante-quatre personnes
sans-papiers d’origine afghanes et irakiennes occupent le
bâtiment du CGRA (Commissariat Général aux
réfugiés et apatrides). La police bruxelloise a
ordre de les en déloger après trente jours de grève
de la faim. Des étudiants du CAS sont là pour soutenir
les sans-papiers mais les choses s’emballent avec la police.
Résultat: trois étudiants seront poursuivis dans
le procès dit du « CGRA », accusés de
rébellion pour s’être assis à terre
en signe de protestation, pour matériels cassés
et pour incitation à l’émeute.
15 avril 2009 : Vingt-et-un membres du CAS sont
présents sur le site de Tour & Taxis lors du lancement
de la campagne des libéraux européens. Leur but
est d'interpeller la ministre Turtelboom (Open VLD) sur la politique
qu’elle mène en tant que ministre de l’immigration
et plus spécialement sur le sort réservé
aux sans-papiers qui squattent l'ULB . Depuis un an, en effet,
ils attendent une circulaire concernant leur situation . Les membres
du CAS font irruption dans la salle en scandant « no border,
no nations, stop déportation ! » Ils sont emmenés
par les policiers sur le parking de Tour et Taxis. Quinze d’entre
eux sont arrêtés administrativement. Dans la confusion,
six autres membres du CAS foncent sur les policiers afin qu’ils
relâchent leurs amis. L’un des policiers tombe, se
fracturant le tibia. Ce dernier se retrouvera en incapacité
de travail. Les six étudiants sont alors arrêtés
judiciairement et emmenés au commissariat de police de
la zone Ixelles pour vingt-quatre heures de détention préventive.
Par la suite, la police et le commissaire divisionnaire de Bruxelles
se porteront partie civile dans le procès dit «des
libéraux».
Un procès, deux affaires :
Fin décembre 2009, les procès du « CGRA »
et des « libéraux » seront liés car
il s’avère qu’un des membres du CAS est poursuivi
dans les deux affaires. Le dossier est renvoyé en correctionnelle.
Le juge précise alors que personne n’est inculpé
faute d’éléments et l’ensemble des charges
pour « violences contre un agent de police » est abandonné
mais il retient la charge pour rébellion. Des étudiants
de l’ULB publient une lettre de soutien aux divers membres
du CA S par laquelle ils dénoncent, un procédé
de fichages durant des actions menées sur le campus même
: mise sur écoute des téléphones portables,
établissement d’une mailing list sous surveillance
pour les différents membres du CAS. Parallèlement,
d’éminents professeurs en droit de l’ULB et
de la VUB publient une missive de soutien aux militants étudiants.
La première date butoir de ce procès, qui dure depuis
deux ans, est fixée au 3 mars 2010. Ce jour-là,
des policiers fichent les personnes assistant ou couvrant le procès.
Le fichier est destiné au commissariat de Bruxelles alors
que la police est partie civile dans le procès. et doit
conserver une attitude partiale. Le bâtonnier les a rappelés
à l'ordre. Ce procédé illégal a été
dénoncé par la ligue des droits de l’homme
de Belgique.
Un procès « pour l’exemple »
:
Comme le rappelle la Ligue des droits de l’Homme dans un
communiqué de presse à l’issue du verdict
des huit militants du CAS : « tant le verdict disproportionné
que l’acharnement judiciaire qui l’a permis, constituent
un pas supplémentaire dans la tendance lourde à
criminaliser et à museler la contestation sociale en la
menaçant insidieusement de poursuites et condamnations
judiciaires ». Pour la Ligue, le simple fait de judiciariser
cette manifestation de solidarité, certes perturbatrice,
mais pacifique, posait déjà question quant à
la restriction du champ d’expression de la solidarité.
Le juge en charge du dossier, bien que le procureur du Roi ait
requis un acquittement pour les étudiants et que le parquet
renonçait aux poursuites pénales, a condamné
les étudiants pour « rébellion ».
Ce n'est pas la première fois qu'un procès d’étudiants
sympathisants de la cause sans-papiers se déroule en Belgique.
Un autre s’est tenu en 2003 à Bruxelles. Les charges
retenues étaient la rébellion, la destruction de
clôture et concernaient des actions menées en 1998
à Bruxelles. Les faits étaient donc similaires et
mettaient en cause dix-huit membres de collectifs contre l’expulsion
des sans-papiers. Sept d’entre eux ont été
condamnés à des peines de prison de huit jours à
deux mois, assorties d’un sursis d’un an.
Ce second verdict vient affaiblir une fois de plus la solidarité
étudiante. Le CAS a cessé d'exister. Avant de mener
des actions pacifiques pour une cause louable, les étudiants
devront maintenant mesurer les risques de telles actions. Le juge
a choisi de garder le motif de rébellion à l’encontre
de ces huit jeunes dont l’objectif était la solidarité
étudiante. La Belgique a un gouvernement, mais a-t-elle
réellement une justice ?
Anémone Hubert
Étudiante stagiaire à Culture et Démocratie
Des liens Internet si vous avez raté l’affaire
des étudiants du CAS :
http://www.liguedh.be/espace-presse/116-communiques-de-presse-2011/1277-la-justice-casse-le-cas-six-fois-un-mois-de-prison-
http://www.lejim.info/spip/spip.php?breve1152
http://www.cemab.be/print.php?id=8982
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/104769/proces-des-resistants-aux-expulsions.html
Les bonnes pages
Extraits de : Jean Claude
Michéa, L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions
modernes, Climats, 2006, p.39-50.
Le mouvement qui, depuis trente ans, transforme
l'École dans un sens toujours identique, peut maintenant
être saisi dans sa triste vérité historique.
Sous la double invocation d'une « démocratisation
de l'enseignement» (ici un mensonge absolu) et de la «nécessaire
adaptation au monde moderne» (ici une demi-vérité),
ce qui se met effectivement en place, à travers toutes
ces réformes également mauvaises, c'est l'École
du Capitalisme total, c'est-à-dire l'une des bases
logistiques décisives à partir desquelles les plus
grandes firmes transnationales – une fois achevé,
dans ses grandes lignes, le processus de leur restructuration
– pourront conduire avec tout l'efficacité voulue
la guerre économique mondiale du XXIe siècle.(...)
Tout d'abord, il est évident qu'un tel système
devra conserver un secteur d'excellence, destiné à
former, au plus haut niveau, les différentes élites
scientifiques, techniciennes et managériales qui seront
de plus en plus nécessaires à mesure que la guerre
économique mondiale deviendra plus dure et plus impitoyable.
Ces pôles d'excellence – aux conditions
d'accès forcément très sélectives
– devront continuer à transmettre de façon
très sérieuse (c'est-à-dire probablement,
quant à l'essentiel, sur le modèle de l'école
classique) non seulement des savoirs sophistiqués et créatifs,
mais également (quelles que soient, ici ou là, les
réticences positivistes de tel ou tel défenseur
du système) ce minimum de culture et d'esprit critique
sans lequel l'acquisition et la maîtrise effective de ces
savoirs n'ont aucun sens ni, surtout, aucune utilité véritable.
Pour les compétences techniques moyennes – celles
dont la Commission européenne estime qu'elles ont «une
demi-vie de dix an, le capital intellectuel se dépréciant
de 7% par an, tout en s'accompagnant d'une réduction correspondante
de l'efficacité de la main d'œuvre» - le problème
est assez différent. Il s'agit, en somme, de savoirs
jetables – aussi jetables que les humains qui en sont
le support provisoire – dans la mesure où, s'appuyant
sur des compétences plus routinières, et adaptés
à un contexte technologique précis, ils cessent
d'être opérationnels sitôt que ce contexte
est lui-même dépassé. Or, depuis la révolution
informatique, ce sont là des propriétés qui,
d'un point de vue capitaliste, ne présentent plus que des
avantages. Un savoir utilitaire et de nature essentiellement algorithmique-
c'est-à-dire qui ne fait pas appel de façon décisive
à l'autonomie et à la créativité de
ceux qui l'utilisent – est en effet un savoir qui, à
la limite, peut désormais être appris seul,
c'est-à-dire chez soi, sur un ordinateur et avec le
didacticiel correspondant. En généralisant
, pour les compétences intermédiaires, la pratique
de l'enseignement multimédia à distance, la classe
dominante pourra donc faire d'une pierre deux coups. D'un côté,
les grandes firmes (Olivetti, Philips, Siemens, Ericsson etc.)
seront appelés «à vendre leurs produits sur
le marché de l'enseignement continu que régissent
les lois de l'offre et de la demande». De l'autre, des dizaines
de milliers d'enseignants (et on sait que leur financement représente
la part principale des dépenses de l'Éducation nationale)
deviendront parfaitement inutiles et pourront être licenciés,
ce qui permettra aux États d'investir la masse salariale
économisée dans des opérations plus profitables
pour les grandes firmes internationales.
Restent enfin, bien sur, les plus nombreux ; ceux qui
sont destinés par le système à demeurer inemployés
(ou à être employés de façon précaire
et flexible, par exemple dans les différents emplois
McDo) en partie parce que, selon les termes choisis de
l'OCDE, «ils ne constitueront jamais un marché rentable»
et que leur «exclusion de la société s'accentuera
à mesure que d'autres vont continuer à progresser.»
(…) Il est clair, en effet, que la transmission coûteuse
de savoirs réels - et, a fortiori, critiques -,
tout comme l'apprentissage des comportements civiques élémentaires
ou même, tout simplement, l'encouragement à la droiture
et à l'honnêteté, n'offrent ici aucun
intérêt pour le système, et peuvent même
représenter, dans certaines circonstances politiques, une
menace pour sa sécurité. C'est évidemment
pour cette école du grand nombre que l'ignorance devra
être enseignée de toutes les façons concevables.
Or c'est là une activité qui ne va pas de soi, et
pour laquelle les enseignants traditionnels ont jusqu'ici, malgré
certains progrès, été assez mal formés.
L'enseignement de l'ignorance impliquera donc nécessairement
qu'on rééduque ces derniers, c'est-à-dire
qu'on les oblige à «travailler autrement»,
sous le despotisme éclairé d'une armée puissante
et bien organisée d'experts en «sciences de l'éducation».
(...)
Naturellement, les objectifs ainsi assignés à ce
qui restera de l'École publique supposent, à plus
ou moins long terme, une double transformation décisive.
D'une part celle des enseignants, qui devront abandonner leur
statut actuel de sujets supposés savoir afin d'endosser
celui d'animateurs de différentes activités
d'éveil ou transversales, de sorties pédagogiques
ou de forums de discussion (conçus, cela va de
soi, sur le modèle des talk-shows télévisés)
; animateurs qui seront préposés, par ailleurs,
afin d'en rentabiliser l'usage, à diverses tâches
matérielles ou d'accompagnement psychologique. D'autre
part, celle de l'École en lieu de vie, démocratique
et joyeux, à la fois garderie citoyenne – dont l'animation
de fêtes (anniversaire de l'abolition de l'esclavage, naissance
de Victor Hugo, Halloween, …) pourra avec profit
être confiée aux associations de parents les plus
désireuses de s'impliquer – et espace libéralement
ouvert à tous les représentants de la cité
(militants associatifs, militaires en retraite, chefs d'entreprise,
jongleurs et cracheurs de feu etc.) comme à toutes les
marchandises technologiques et culturelles que les grandes firmes,
devenues désormais partenaires explicites de «l'acte
éducatif», jugeront excellent de vendre aux différents
participants. Je pense qu'on aura également l'idée
de placer, à l'entrée de ce grand parc
d'attractions scolaire, quelque dispositifs électroniques
très simples, chargés de détecter l'éventuelle
présence d'objets métalliques.
-------------------------------------------------------------------
Pour un bel hommage à l'objet livre : http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk
Le Réseau
Opinion
Une rubrique « ouverte » dans laquelle
nous publions soit des textes proposés par certains de
nos lecteurs, soit des textes « cueillis » çà
et là.
En l’occurrence, le texte qui suit nous paraît
singuliérement intéressant, car, malgré certaines
différences marquantes, ce qui y est décrit à
propos du Chili évoque bien les dangers qui nous menacent,
tant dans notre pays que dans d’autres démocraties
européennes...
Quand le mythe néolibéral chilien vacille*
Le 5 novembre 2010 était élue à
la tête de la FECH (Fédération des étudiants
chiliens), une étudiante en géographie de 23 ans :
Camila Vallejo. Ses trois objectifs : repositionner la FECH sur
l’enjeu national de l’éducation, revendiquer
une éducation publique gratuite, digne et de qualité,
et replacer le rôle deleadership de la femme. Sept mois
après la première manifestation, la principale leader
étudiante du Chili analyse la situation du mouvement étudiant
2011.
* Texte publié avec l’aimable autorisation
du directeur du Monde Diplomatique Chilien, Monsieur de la Fuente.
Après d’exténuantes occupations de lycées
et d’universités, d’innombrables grèves
et manifestations, un premier constat s’impose : au-delà
de l’avenir du mouvement, ces quelques semaines ont permis
de mettre en lumière les profondes contradictions du système
politique et économique chilien. Il est temps d’effectuer
une première évaluation de ce que nous avons déjà
obtenu, et de ce pour quoi il nous faut encore nous battre.
Le mythe du modèle chilien — fondé sur
une croissance économique durable, une baisse de la pauvreté
et des institutions stables — s’est brisé
lorsque nous, étudiants, sommes descendus dans la rue pour
exiger des réformes structurelles dans l’éducation.
Si un constat rassemble tous ceux qui ont participé au
mouvement, c’est le suivant : notre pays n’était
pas préparé pour affronter l’une des mobilisations
les plus importantes de notre histoire récente.
D’emblée, le consensus tacite selon lequel nous
disposions d’une éducation inclusive favorisant la
mobilité sociale — une idée fondamentale
en régime néolibéral — s’est
effondré. Pendant très longtemps, le système
éducatif chilien, jugé « moderne »,
a été montré en exemple : il permettait,
disait-on, de toucher de plus en plus de gens, sans perdre en
qualité, de sorte que la majorité de la population
pouvait espérer, grâce à lui, améliorer
ses revenus. Mais ce qu’on ne disait pas, c’est que
ce modèle chilien ne constituait que l’une des composantes
du système néolibéral imposé au pays
il y a trente ans et que, par conséquent, son développement
avait pour objectif principal la consolidation économique
et sociale de l’ordre en place.
Sur le plan économique, à travers la soumission
de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur
aux logiques de profit, à travers la fuite vers les banques
privées des fonds liés au financement du système
et, de manière générale, à travers
la marchandisation du processus éducatif. Sur le plan social,
également, parce que le mythe de l’éducation
offrait une justification au modèle néolibéral :
il faisait miroiter la possibilité d’une mobilité
sociale au sein même d’un système économique
excluant, interdisant toute solidarité.
Pendant trente ans, la légitimation des privatisations,
de la pauvreté et des inégalités a été
la même : l’espoir individuel d’ascension
sociale à travers l’accès à l’éducation
supérieure. « Faire des efforts pour arriver
jusqu’à l’université » ou
« économiser de l’argent pour se payer
la fac » : une litanie bien connue de la plupart
des Chiliens, qui voyaient dans leurs enfants et dans les infinies
possibilités que leur offrait le marché de l’éducation
un moyen de cesser d’être ce qu’ils étaient.
Mais il y a une limite à tout, et les faits parlent d’eux-mêmes.
Le mythe a commencé à s’effondrer lorsque
nous avons cessé de croire que l’éducation
assurait la mobilité sociale ; lorsqu’il est
devenu évident que, contrairement à leurs prétentions,
les collèges privés subventionnés ne garantissaient
pas l’accès à l’éducation supérieure ;
lorsque l’endettement lié à l’éducation
des enfants a commencé à absorber la quasi-totalité
des revenus familiaux ; lorsque les diplômes universitaires
se sont vus dévalorisés par la dérégulation
du marché ; et quand l’obtention d’un
bon emploi a cessé d’être le meilleur moyen
d’obtenir un bon salaire.
Ce n’est pas un hasard si ce sont des problèmes
dans le système éducatif qui ont donné naissance
à ces mobilisations : celui-ci cristallise toutes
les contradictions du système libéral. Et faut-il
vraiment s’étonner que, lorsqu’on commence
à interroger l’une des justifications centrales du
système politique et économique, tout le
reste commence à chanceler ?
Le problème local mute alors en problème structurel,
tandis que l’enracinement politique des revendications étudiantes
s’approfondit. On nous accuse d’être « trop
idéologisés » — et de tout
un tas de défauts similaires. Mais ni le gouvernement ni
le Parlement ne proposent de solutions pour sortir du conflit.
De sorte que le problème touche désormais aux fondements
de la démocratie chilienne.
En vingt ans de Concertation (1),
les institutions politiques chiliennes n’avaient jamais
été placées dans une telle situation. La
nécessité de la réconciliation nationale (2),
la politique du consensus et le mode de scrutin binominal ont
longtemps empêché de discuter des problèmes
de fond. Un statu quo confortable se maintenaitainsi au pouvoir.
Et tout était fait pour que, surtout, rien ne change (3).
Ce modèle a permis de maintenir un calme artificiel, au
prétexte de protéger notre transition vers la démocratie.
Mais il n’a pu faire face à la nécessité
de transformations politico-sociales, laissant la voie libre à
la droite et à M. Sebastián Piñera.
La suite, on la connaît. Le mythe de la démocratie
chilienne a commencé à s’effriter lorsque
le Chili s’est aperçu que, pas plus que vingt années
de Concertation, la droite au pouvoir n’allait parvenir
à résoudre les difficultés les plus urgentes
de notre pays. Il ne s’agissait plus de se demander qui
prendrait la tête des institutions démocratiques,
mais de constater que ces dernières constituaient, dans
les faits, le cœur du problème.
Les mobilisations ont démontré une chose que beaucoup
de secteurs signalaient depuis le retour de la démocratie :
le contrat qu’on nous a imposé pour réguler
les rapports sociaux n’a pratiquement laissé aucun
pouvoir à la population (4).
En effet, si le Chili était réellement un pays démocratique,
il n’aurait pas été nécessaire de mener
plus de six mois de mobilisation pour que les revendications des
étudiants — soutenus par 75 % de la population —
soient entendues.
La classe politique dans son ensemble se voit remise en question.
Le Parlement n’offre pas les garanties nécessaires
pour permettre un débat représentatif sur les préoccupations
populaires. Le pouvoir exécutif a perdu toute légitimité,
avec un président si bas dans les sondages que, dans d’autres
pays, il aurait déjà remis sa démission.
Le secteur patronal observe avec désespoir que ses combines
et ses sources de profit facile sont menacées. Pendant
ce temps, un peuple se réveille et se mobilise de façon
unitaire en prenant conscience que ses droits sont inaliénables.
Jour après jour, manifestation après manifestation,
cacerolazo après cacerolazo (5),
le mythe du Chili tombe en ruines. Les grands consensus nationaux
vacillent et le peuple se rend compte qu’un Chili différent
de celui qu’on lui a imposé durant des années
de tyrannie et de Concertation est possible. Le peuple chilien
a compris que ce qu’on lui présentait comme une vérité
n’était qu’un mythe, et s’aperçoit
que ce mythe porte un nom : néolibéralisme.
Nous continuerons à nous battre pour satisfaire les demandes
légitimes de la majorité. Nous savons qu’il
nous reste encore un long chemin pour atteindre nos objectifs.
Mais nous pouvons au moins nous réjouir d’avoir réussi
à ébranler le pays, d’avoir contribué,
en tant qu’étudiants, à casser les mythes
qui nous interdisaient de penser un pays différent. Et
d’avoir contribué à initier le printemps du
peuple chilien.
Camila Vallejo
présidente de la Fédération d’étudiants
de
l’Université du Chili (Fech).
Article publié dans l’édition
chilienne
du Monde diplomatique, novembre 2011.
Traduit par Victor de la Fuente
(1) NDLR : une alliance de centre-gauche entre
démocrates-chrétiens, socialistes et socio-démocrates
au pouvoir de la fin de la dictature, en 1990, jusqu’à
l’élection de M. Sebastián Piñera,
en 2010.
(2) NDLR : après dix-sept ans de dictature.
(3) Lire Hervé Kempf, « Au Chili, le printemps
des étudiants », Le Monde diplomatique, octobre 2011.
(4) Lire Victor de la Fuente, « En finir (vraiment)
avec l’ère Pinochet », La valise diplomatique,
24 août 2011.
(5) Manifestation au cours de laquelle chacun frappe sur des casseroles.
L'Agenda
Rencontre
A la recherche des bonnes questions concernant la coopération
culturelle Nord/Sud - Table ronde.
Le 22 décembre 2011, 12h30 – 14h00, au Bronks
(15-17 rue du Marché aux Porcs à 1000 Bruxelles)
Quand les arts rencontrent la coopération au développement,
différentes pratiques fleurissent, chacunes avec leur propre
accent : artistique, éducatif, citoyen, économique,
...
La plateforme interdisciplinaire et interculturelle Corban explore
et approfondit, depuis 2005, au travers d'ateliers, de recherches
et de créations, la coopération artistique entre
le Nord et le Sud. L'idée d'organiser une table ronde est
née du fait que la plateforme rencontrait, à chaque
projet, toute une série de problèmes pratiques résultant
eux-mêmes de difficiles questions morales et de frustrations.
Nous sommes conscients de ce que les politiques concernant la
coopération au développement (et au développement
culturel en particulier), ainsi que la politique internationale
des arts, sont fragmentées. Cela a comme effet sur le secteur
que peu d'acteurs connaissent le travail des autres...
Cette table ronde rassemblera donc des artistes et/ou des coordinateurs
de projets afin de cartographier la diversité qui existe
en ce domaine. Ce sera l'occasion d'aiguiser, dans la confrontation,
nos propres objectifs et pratiques.
Infos :
A 20h30, un spectacle
gratuit est proposé aux participants à la table
ronde.
http://www.corban.be/
Réservation (table ronde et spectacle) à info@corban.be
Spectacle
Ets Beest - spectacle pour enfants au MAC's
Le mercredi 21 décembre à 13h30, au MAC's (82,
rue Sainte-Louise, à 7301 Hornu)
Le MAC’s accueille dans le cadre de son exposition consacrée
à Michel François un
spectacle/performance intitulé «Ets Beest»
interprété par une danseuse et un musicien.
Ce spectacle évoque la relation étroite entre le
geste et la trace qui en résulte. Ces questions, développées
dans le travail de Michel François, seront ici appréhendées
à travers le physique. Une danseuse bouge, étendue
sur une immense feuille de papier. Dans ses mains, des morceaux
de fusain dessinent la trace de ses mouvements. A l’issue
du spectacle, les enfants s’approprieront les morceaux de
fusain et improviseront leur propre danse, à même
le papier.
Info :
Prix : 10€ pour un enfant et un adulte
Réservation obligatoire
Tel: +32(0)65/613.881 - E-mail: reservations@grand-hornu.be
Expositions
Georges Vercheval - L'ordre des choses - Expostions de
ses photographies (1958-1988)
Du 21 janvier au 20 mai 2012, au Musée de la Photographie
de Charleroi (11 Av. Paul Pastur, à 6032 Charleroi)
La fondation en 1987 du Musée de la Photographie de Charleroi
a quelque peu éclipsé l’œuvre photographique
de Georges Vercheval. L’implication dans le projet muséal
du photographe et de son épouse, Jeanne, a occulté
en effet un travail entamé au début des années
soixante et que peu de gens ont perçu dans son ensemble,
n’ayant souvent qu’une vision fragmentaire de certains
chapitres, telles les séries des Terrils ou des Fenêtres.
Construit par thématiques, et essentiellement réalisé
en noir et blanc, le travail de Georges Vercheval ne forme pas
pour autant une œuvre éparse. Une même cohérence
formelle relie ces séries, leur conférant une approche
originale, qu’il s’agisse du regard porté sur
le paysage, l’espace urbain, la géométrisation
de l’objet ou la capture du temps.
Un ouvrage de 160 pages abondamment illustré accompagnera
l’exposition. Il reprend des textes de Pool Andries, Xavier
Canonne, Emmanuel d’Autreppe et Christine De Naeyer.
Info : http://www.museephoto.be/
Exposition de Pascal Tassini
Jusqu'au 25 février 2012, au MADMusée (Parc
d'Avroy, à 4000 Liège)
Pascal Tassini est une personnalité phare des ateliers
artistiques du Créahm à Liège. Artiste aux
multiples facettes, il y développe depuis une quinzaine
d’années un univers cohérent et sensible
au travers de peintures, écritures, modelages, assemblages
et créations textiles. L’ensemble de
son oeuvre est condensée, dans l’espace des ateliers,
sous la forme d’une phénoménale
installation à l’aspect organique et tentaculaire
(la Cabane), faite essentiellement de tissus noués.
Depuis 2006, Pascal Tassini s’immerge totalement et de
manière remarquée dans le travail
textile, élaborant principalement autour du thème
du mariage de multiples coiffes baroques
et tenues de noces.
L’exposition de cette oeuvre surprenante – littéralement
extravagante – s’accompagne d’un
catalogue monographique richement illustré.
Info :
04-222.32.95 / info@madmusee.be
/ www.madmusee.be
Dernières nouvelles
Appel
L'Institut Cardijn à la recherche de ses anciens !
A l’occasion de ses 90 ans, l’Institut Cardijn de
Louvain-la-Neuve organise les 28, 29 et 30 mars prochains le Festif’Art,
Culture et Travail social, colloque durant lequel il souhaiterait
aussi retrouver un maximum d’anciens étudiants.
Afin de mettre à jour les coordonnées tant personnelles
que professionnelles des assistants sociaux qui ont fréquenté
les bancs de l’établissement, un formulaire est disponible
en ligne à l’adresse www.institutcardijn.be/anciens.
N’hésitez pas à réagir dès maintenant
; vous disposerez ainsi de toutes les informations liées
aux trois journées d’animations, de tables rondes
et de conférences.
Enfin, l’Institut Cardijn est à la recherche de
photos, de films voire d’anecdotes vécues lors de
la formation. Ceux-ci peuvent être envoyés à
paul.verjans@helha.be
ou à Paul Verjans, 10 Rue de l’Hocaille, 1348 Louvain-la-Neuve.
Formation
Formation Res Urbis 2012
L’Association Marcel Hicter (FMH) organise depuis 10 ans
le cycle de formation “Res Urbis” destiné aux
acteurs culturels et socioculturels bruxellois souhaitant renforcer
leur capacité en gestion de projet ainsi que leurs connaissances
des politiques européennes en matière culturelle.
Le programme comprend 5 journées de formation organisées
du 30 mars au 14 mai 2012 à Bruxelles.
Cette formation est gratuite. Son accès est réservé
à une douzaine de participants chaque année. La
sélection des participants est effectuée sur base
d’un dossier de candidature.
Pour plus d’informations sur le programme et la méthodologie
de la formation, veuillez consulter notre site internet : http://www.fondation-hicter.org/spip.php?rubrique20
La date limite de dépôt des dossiers de candidature
est fixée au 15 février 2012. Les candidatures doivent
être envoyées soit par courrier à l’adresse
suivante :
Association Marcel Hicter - Res Urbis
27 rue du Belvédère
B-1050 Bruxelles
soit par email : Brigitte.spineux@fondation-hicter.org
Pour toute information complémentaire, contactez Brigitte
Spineux au 02/641 89 80
Publications
Gérard De Coninck et Guy Lemire, Etre directeur de
prison. Regards croisés entre la Belgique et le Canada,
Éditions L'Harmattan, Paris, 2011
Collection : Criminologie ; série : Champ pénitentiaire
ISBN : 978-2-296-55225-8 - 24,50 € - 246 pages
Si les ouvrages sur les prisons ne manquent pas, l'échange
de deux amis directeurs de prison - l'un belge et l'autre canadien
- sur leurs expériences est original à plus d'un
titre. Ils n'adoptent pas la posture d'une confession mais livrent
une réflexion constructive basée sur des constats
graves et urgents. C'est de la souffrance pénitentiaire
dont ils témoignent mais aussi d'une volonté de
sortir le monde carcéral des ornières, des solutions
à la mode et de l'habitude ou de l'indifférence.
Alors que tout sépare ces deux directeurs - les pays,
leurs histoires et personnalités, la période de
direction - ils dénoncent les lacunes importantes d'une
même voix tout en proposant des adaptations légales
et réglementaires, faisant une place importante aux droits
de la personne détenue, aux attentes du personnel de surveillance
pénitentiaire. Leur posture n'est ni larmoyante ni revancharde
mais celle de théoriciens/praticiens qui plaident pour
une prison plus humaine et de dernier recours.
S'il est légitime qu'un jeune puisse être attiré
par la fonction complexe de directeur de prison, les auteurs insistent
sur l'importance de la connaissance de soi et de sa résistance
face au stress ou aux conflits. Ils pensent qu'un directeur ne
peut pas se contenter d'être le gardien de la loi car, en
paraphrasant Michel Crozier, la prison ne se gouverne pas par
décret ! Le respect des personnes importe autant, sinon
davantage, que l'application de la loi. Au risque de contrarier
certains responsables, les techniques de gestion ne doivent pas
devenir des outils privilégiés qui ne servent finalement
qu'à entretenir l'illusion de l'ordre.
Les auteurs :
Gérard De Coninck arpente le monde des
prisons depuis le début des années 1970. Il y fut
chercheur, responsable de la formation des surveillants et, à
60 ans, directeur dans deux prisons belges.
Guy Lemire a débuté sa carrière
professionnelle dans les Services correctionnels du Canada en
1963 où il assuma la charge de directeur de l'établissement
pénitentiaire de Cowansville, de 1972 à 1976. Il
devint professeur à l'École de criminologie de l'Université
de Montréal puis directeur de l'École de 1995 à
2001.
Eliane Gubin et Claudine Marissal, Jeanne Vercheval, un engagement
social et féministe. Une publication de l'Institut
pour l’égalité des femmes et des hommes et
le Centre d’Archives pour l’Histoire des Femmes. 220
pages.
Au début des années 1970, un nouveau féminisme
défraie la chronique en Belgique. Des femmes contestent
joyeusement et bruyamment les inégalités de sexe
et rêvent d’une société fondée
sur l’égalité pour toutes et tous. Jeanne
Vercheval est parmi elles.
Après avoir milité dans des organisations communistes
et pacifistes, elle se lance avec ardeur dans l’action féministe.
Initiatrice des Marie Mineur en Wallonie, elle participe au Petit
livre rouge des femmes, à l’organisation de la première
journée des femmes qui rassemble des milliers de femmes
à Bruxelles et à la lutte pour la dépénalisation
de l’avortement.
« Le boulot qu’on a fait était indispensable
à l’époque où on l’a fait. C’était
une vague normale, presque ordinaire (…) L’histoire
nous avait tracé un chemin et on l’a pris »
expliquera Jeanne Vercheval (1).
À travers le parcours d’une militante, le livre
Jeanne Vercheval : un engagement social et féministe
revient sur le féminisme des années 1970 et sur
des revendications qui, quarante ans plus tard, gardent toute
leur raison d’être.
Cet ouvrage complète la collection de biographies réalisées
par l’Institut pour l’égalité des femmes
et des hommes en collaboration avec le Centre d’Archives
pour l’Histoire des Femmes dont les deux premiers volumes
étaient dédiés à Eliane Volgel-Polsky
et Miet Smet. Comprendre leurs luttes pour l’égalité
et les resituer dans un contexte historique permet une mise en
perspective intéressante pour les combats encore à
mener aujourd’hui.
La publication Jeanne Vercheval : un engagement social et
féministe, ainsi que les deux premiers volumes : Eliane
Vogel-Polsky, une femme de conviction et Miet Smet, Trois décennies
de politique d'égalité des chances, peuvent être
commandés gratuitement sur le site de l’Institut
(http://igvm-iefh.belgium.be)
ou par téléphone au 02 233 42 65.
(1) Jeanne Vercheval, un engagement social
et féministe, 2011, p207
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70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Courriel : info@cultureetdemocratie.be
Cette lettre d'information a été réalisée
par Baptiste De Reymaeker, Georges vercjheval et Sabine de Ville
grâce au soutien de la Communauté française.
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