Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°58 - 16/12/2011

Editorial

 

Et si les réponses aux impasses contemporaines se trouvaient au cœur de la question culturelle ?

Parler de culture, c'est évoquer les héritages culturels et artistiques qui nous fondent en questionnant le mépris de nos sociétés pour la mémoire. C'est aussi affirmer la puissance de la création contemporaine qui dit ou interroge le monde.

Culture et Démocratie, fondée en 1993 par un grand nombre de responsables culturels (dont Bernard Foccroulle, Laurent Busine, Georges Vercheval...), interroge inlassablement les articulations entre la culture et la démocratie. Car c’est de culture, au sens large, dont nous parlons quand nous évoquons la suprématie de l'individualisme, la violence des rapports économiques et sociaux, les difficultés de nos systèmes éducatifs et le vacillement de nos systèmes de valeurs. Et la question est au cœur de l'actualité.

Le jeudi 12 janvier 2012, de 9h15 à 13h00 un débat se tiendra au Parlement bruxellois (rue du Lombard) à propos des droits culturels, qui sont au cœur des droits de l'homme. Un rendez-vous passionnant que les responsables et les acteurs des mondes politique, culturel, artistique, pédagogique et associatif ne devraient pas manquer.

En effet, après une introduction (par ses responsables actuels), Culture et Démocratie vous proposera d'y entendre Patrice Meyer-Bisch, docteur en philosophie, coordonnateur de l’Institut interdisciplinaire d’éthique et des droits de l'homme (IIEDH) et de la chaire UNESCO pour les droits de l'homme et la démocratie de l’Université de Fribourg (Suisse), maître d’Enseignement et de Recherche. Patrice Meyer-Bisch inscrira les chantiers évoqués par Culture et Démocratie dans un questionnement radical sur la question des droits culturels.

L’inscription est gratuite mais, le nombre de places (90) étant limité, elle est obligatoire ! Merci de vous inscrire en envoyant un courriel à info@cultureetdemocratie.be en précisant bien vos nom, prénom, adresse courriel, fonction et organisme éventuel.

A bientôt !

L’équipe de Culture et Démocratie

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

Culture et Démocratie

Agenda

Les droits culturels au cœur des droits de l'homme

Le jeudi 12 janvier 2012, de 9h15 à 13h00 au Parlement bruxellois - rue du Lombard – 1000 Bruxelles (entrée par le n°73, au centre d'accueil et d'information)

Fondée par un grand nombre de responsables culturels parmi lesquels Bernard Foccroulle, Laurent Busine et Georges Vercheval, Culture et Démocratie interroge inlassablement, depuis près de vingt ans, les articulations entre la culture et la démocratie. La question est au cœur de l'actualité. C’est bien de culture au sens large dont nous parlons quand nous évoquons la suprématie de l'individualisme, la violence des rapports économiques et sociaux, les difficultés de nos systèmes éducatifs et le vacillement de nos systèmes de valeurs.
Parler de culture, c'est évoquer les héritages culturels et artistiques qui nous fondent en questionnant le mépris de nos sociétés pour la mémoire, c'est affirmer la puissance de la création qui dit ou interroge, autrement, le monde.

Et si les réponses aux impasses contemporaines se trouvaient au cœur de la question culturelle ?

Après une courte introduction par ses responsables actuels, Culture et Démocratie vous propose d'entendre sur ces questions :

Patrice Meyer-Bisch
docteur en philosophie, coordonnateur de l’Institut interdisciplinaire d’éthique et des droits de l'homme (IIEDH) et de la chaire UNESCO pour les droits de l'homme et la démocratie de l’Université de Fribourg (Suisse), maître d’Enseignement et de Recherche.
Il inscrira les chantiers évoqués par Culture et Démocratie dans un questionnement radical sur la question des droits culturels.

Un rendez-vous passionnant que les responsables du monde politique, culturel, artistique, pédagogique et associatif ne peuvent pas manquer.

Infos :

L’inscription (gratuite) est obligatoire.
Le nombre de places étant limité (90 places), merci de vous inscrire en envoyant un courriel à info@cultureetdemocratie.be et en y précisant vos nom, prénom, adresse courriel, fonction et organisme.

 

La vie de l'association

Un premier forum des chantiers

Cette première édition fut à la hauteur de nos ambitions et nous nous en réjouissons. Le 5 décembre dernier, à la Maison du Livre à Saint-Gilles, une rencontre informelle mais dense, entre tous ceux qui font vivre Culture et Démocratie au coeur ses diverses commissions. Les porte-parole des commissions Art et santé, Art et prison, Culture et Enseignement et Formation culturelle des futurs travailleurs sociaux ont présenté leurs objectifs, leurs réalisations - rencontres, formations, publications - et leurs projets pour 2012. Dans la foulée, les questions et les réflexions de la salle ont permis un débat convivial et passionnant. L'occasion pour les familiers de l'asbl et pour ceux qui venaient "aux nouvelles", de s'informer sur notre travail concret et une raison - pourquoi pas - de s'y engager.

Cette rencontre s'inscrit dans la volonté de rassembler et de coordonner mieux encore l'ensemble des "chantiers" auxquels l'asbl travaille au quotidien et de les inscrire dans la question, désormais centrale pour Culture et Démocratie, des droits culturels.

Culture oblige, les échanges se sont prolongés autour d'un verre de vin et aux sons d'un remarquable duo de jazz.

Rendez-vous est donc pris pour la seconde édition !

A propos du statut de l’artiste

Commençons par le début : il n’existe pas de statut de l’artiste dans notre pays. Et il est notoire qu’une certaine insécurité juridique existe pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’art, quelle que soit leur discipline. L’application, ou l’interprétation par l’ONEM de certaines dispositions relatives aux droits de l’artiste, notamment en ce qui concerne le chômage, pose problème car, même si la loi est respectée, le fait que les arrêtés d’application n’ont pas été pris, le flou domine… Des différences d’interprétation existent même selon les régions.

Les artistes s’en inquiètent, à bon droit, ainsi que les associations (Smart, par exemple) qui les prennent en charge. Alter Echo a diffusé une vidéo par laquelle une juriste expliquait la situation de manière convaincante. Les syndicats et le Conseil national du Travail ont également réagi et certains politiques s’en sont émus, dont le groupe PS de la Chambre, via la députée Ozlem Ozen, Fadila Laanan par un communiqué, et le Groupe Ecolo qui dépose une proposition de loi en ce sens.

Culture et Démocratie a ainsi été invitée à s’exprimer lors d’une rencontre organisée par la Commission Culture du groupe Ecolo organisée le 12 décembre à Flagey. Notre association n’ayant pas encore vraiment débattu de cette matière, nos représentant ne s’y sont manifestés que de manière succincte et à titre personnel. En réalité, il était surtout important d’entendre ce qui allait être dit : la proposition de loi et ses motivations, d’une part, ainsi que les réactions du public. Les participants, nombreux, motivés, très divers, n’ont pas manqué de le faire, révélant la complexité de la situation. Qu’est-ce qu’une commande, qu’est-ce qu’un donneur d’ordre… ? Remise en cause, contradictions diverses, demandes de précisions, ce fut particulièrement enrichissant. Muriel Gerkens et Isabelle Meerhaege, à l’initiative de cette rencontre-débat, ne pourront qu’en tenir compte.

Dossier Musée d’art moderne, suite …

Le mouvement Museesansmusee ne désarme pas et c’est tant mieux. Il poursuit son travail de résistance et continue à orchestrer, chaque premier mercredi du mois, une manifestation de protestation contre la fermeture sine die des collections XXe et XXIe siècles des Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles.

Non content de ne pas désarmer, le mouvement gagne désormais les établissements supérieurs d’art où les enseignants souvent artistes eux-mêmes et à la pointe du mouvement depuis son origine, et les étudiants se mobilisent pour donner à ces mercredis protestataires une dimension artistique parfaitement réjouissante.

Invention et créativité voire création au service d’un mouvement qui interroge le statut, la place, la fonction du musée dans la société contemporaine et puis plus fondamentalement sa gouvernance. En effet, un arbitrage aussi important que donner à voir ou soustraire au regard du public des pans entiers d’une collection publique a été dans ce cas précis, d’apèrs nos informations, posé sans concertation, ni interne, ni externe.

Ce dossier crée l’opportunité d’un débat passionnant sur le musée : comment conjuguer les impératifs de gestion et de mobilisation nécessaire de ressources avec le maintien d’une haute exigence artistique, intellectuelle et didactique ? Comment en faire le lieu vivant et inventif du partage de la mémoire et de la création, comment y penser de manière critique le travail de transmission, comment le faire évoluer sans céder aux seules sirènes de l’événement et de l’industrie culturelle plus soucieuse d’intérêt privé que de bien public ?

Nous soutenons les interrogation et les actions de Museesansmusee. Et nous vous proposons de le faire aussi en vous rendant sur le site du même nom, en vous inscrivant au blog qui vous permettra de mesurer l’avancée lente mais décisive de la question dans la sphère politique et dans les supports de presse et vous joignant aux mercredis protestataires à venir. Celui de février marquera le premier anniversaire du mouvement. Notez déjà ce rendez-vous. Il doit être mémorable !

Culture et Démocratie et l’Europe de la culture

Nous sommes membres du réseau européen Culture Action Europe et participons à ce titre, à la campagne We are more lancée depuis plusieurs mois. Cette campagne a pour objectif de mobiliser les citoyens européens pour peser sur la Commission au seuil d’échéances budgétaires cruciales. Il s’agit de réclamer le renforcement de son programme Culture et une politique culturelle structurelle qui fasse, au-delà de l’attention donnée aux industries créatives, une part suffisante à la culture et aux arts.

L’objectif de Culture Action Europe ?

Mobiliser 100.000 signatures européennes pour la pétition qui sera adressée aux Ministres de la Culture qui se réuniront en mai 2012 à Bruxelles.

Mobiliser dans chaque pays membre du réseau, les ministres de la Culture et leurs homologues – emploi, économie, éducation etc… - pour les engager à défendre avec force le renforcement des programmes et des politiques culturelles européennes et pour leur recommander de soutenir clairement les artistes et la création.

Nous sommes donc partie prenante d’une plate-forme qui, avec le RAB-BKO et plusieurs organisations culturelles francophones et néerlandophones, préparent une démarche commune auprès des deux Ministres de la Culture.

Et nous vous invitons à participer à cette opération cruciale en un temps ou les gouvernements européens sont clairement tentés de faire, pour raison de crise, des coupes sombres dans les budgets culturels.

Nous pensons au contraire que c’est du côté de la culture, de l’invention et de la création que peuvent émerger des réponses nouvelles aux impasses économiques du moment.
Un site pour vous informer et pour signer la pétition : http://www.wearemore.eu

 

Productions

Journal 23 de Culture et Démocratie

Que fait la culture à la démocratie et que fait la démocratie à la culture ?
Cette question est d’une actualité brûlante car, nous le savons, ceux et celles qui font tomber les dictatures, ceux et celles qui clament leur colère dans les rues du monde questionnent les équilibres – ou les déséquilibres - politiques, économiques et sociaux contemporains et en appellent à une autre culture de la démocratie.

De la Grèce à l’Espagne, de New-York à l’Italie en passant par l’Islande, ces indignations actent le vacillement voire la faillite d’un monde gangrené par le primat de l’intérêt singulier, l’oubli des solidarités, le goût de l’immédiat et du spectaculaire, le tout au financier et au marchand jusques et y compris, très logiquement, dans la sphère culturelle.
Gardons-nous du simplisme et de la réduction. Rien ne va de soi.

C'est sur ces mots de Sabine de Ville, qui signe l'édito, que le Journal 23 de Culture et Démocratie s'ouvre.

En juin, Culture et Démocratie diffusait un message afin de faire connaître à son réseau l'établissement, au Carré de Moscou à Saint-Gilles, d'un campement d'Indignés et d'inviter ses membres à aller à la rencontre des personnes qui l'occupaient. Six mois plus tard, elle propose aux lecteurs de son Journal dix regards différents, complémentaires ou dissonants, sur cette année 2011 qui a vu poindre une contestation sociale d'un nouvel ordre : plus radicale (?), alliant discours et pratique, usant des canaux de diffusions qu'offrent le web, ...

Le journal est disponible gratuitement en version papier dans nos locaux. Pour le commander et le recevoir par la poste, veuillez faire un virement de trois euros (frais de port forfaitaire) sur notre compte 523-0803666-96. En communication, veuillez indiquer "Commande + 'Titre de la publication' + votre nom + adresse postale". Une fois le versement effectué, veuillez nous prévenir de votre commande en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be. Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.

Pour le consulter en ligne, c'est ici.

Seconde édition de "Neuf essentiels pour déconstruire le choc des civilisations"

A l'occasion de sa seconde édition, l'ouvrage Neuf essentiels pour déconstruire le choc des civilisation, écrit par Roland de Bodt, a été augmenté de trois nouvelles notices. Son allure a également été revue, afin de pouvoir le vendre moins cher. Il coûte désormais 3 euros...

"Neufs essentiels" est une initiative éditoriale de l'asbl Culture et Démocratie qui consiste en la compilation, introduite et commentée, de neuf notices bibliographiques concernant des ouvrages incontournables pour qui veut s'informer sur un sujet d'actualité touchant à la culture et/ou à la démocratie.

En collaboration avec le projet Rives d’Europe, Culture et Démocratie vous propose "Neuf essentiels pour déconstruire le choc des civilisations". Cet ouvrage contribue à rendre plus accessible aux citoyens, aux étudiants, aux pédagogues, aux artistes, aux animateurs, aux travailleurs sociaux, aux chercheurs, aux journalistes, aux mandataires politiques, aux administrateurs publics, aux agents des services de proximité, … et à tous ceux qui s’y intéresseront, un des plus importants débats culturels de notre XXIe siècle. Ce débat revendique avec urgence, pour le dialogue démocratique et pour la culture de la paix, la reconnaissance de la place des cultures d’expression arabe et des cultures d’expression juive dans la formation culturelle de l’Europe.

Cet ouvrage est disponible dans nos locaux au prix de 3€. Vous pouvez également le commander (6€ avec les frais de port). Pour plus d'informations concernant les commandes, voir la page "Contact" de notre site.

Il est possible d’assister à des animations autour de cette publication, par Roland De Bodt. Pour plus d'informations sur ces animations, merci de nous contacter par email: info@cultureetdemocratie.be

Mention pour le virement: Neuf essentiels

Une version de cette seconde édition est consultable en ligne : ici.

Cahier 03 de Culture et Démocratie : L'indispensable révolution. Culture et création au coeur de l'enseignement. (rappel)

Le Cahier 03 de Culture et Démocratie marque l’aboutissement du travail de réflexion collective mené depuis plusieurs années autour de la question de la place - insuffisamment reconnue
aujourd’hui - de la culture, de l’art et de la création dans les cursus d’enseignement obligatoire et d’enseignement supérieur.

On y trouvera la synthèse des six tables rondes organisées par Culture et Démocratie en 2010 et 2011 à la suite du colloque de novembre 2008 (dont les actes firent matière au Cahier 02 de Culture et démocratie). Assorties chacune d’un commentaire critique, elles aboutissent à un corps de propositions concrètes adressées aux responsables politiques en charge de l’éducation
et de la formation et à tous les acteurs du système éducatif.

Il y est question d’un enseignement obligatoire et d’un enseignement supérieur profondément renouvelés dans leurs paradigmes. Il y est question de temps retrouvé, de transversalité, de pensée critique et de pensée créative, d’anthropologie des savoirs scolaires, de formation culturelle et artistique des maîtres, de professionnalisation des médiateurs culturels, de résidences d’artistes, d’accès matériel et cognitif aux expressions artistiques, de pratiques collectives, de pratique artistique, d’invention, d’écoles ateliers et d’écoles laboratoires.
Ce projet assume sereinement sa part d’utopie, souvent féconde en matière d’éducation et indispensable aujourd’hui.

Le Cahier – 72 pages 21 x 17 cm - est en vente (en version papier) dans nos locaux. Son prix est de cinq euros. Pour le commander et le recevoir par la poste, veuillez faire un virement de huit euros (cahier + frais de port forfaitaire) sur notre compte 523-0803666-96. En communication, veuillez indiquer "Commande + 'Titre de la publication' + votre nom + adresse postale". Une fois le versement effectué, veuillez nous prévenir de votre commande en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be. Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.

Pour le consulter en ligne, cliquez ici.

Cahiers internationaux de Symbolisme (n°128-129-130) : "Penser librement sous la censure" - édité par Culture et Démocratie asbl et le Ciephum - Centre interdisciplinaire d'Etudes philosophiques de l'Université de Mons. (rappel)

L’histoire montre clairement que l’absence de liberté d’expression ne signifie heureusement pas que toutes les pensées ou tous les écrits se conforment à la vérité officielle. Parmi les textes plus libres, certains deviennent clandestins et entrent en résistance, tandis que d’autres jouent de l’équivoque pour ruser avec la censure, qu’elle soit officiellement organisée par le pouvoir en place ou qu’il s’agisse d’une conséquence de la « bien-pensance » et du moralisme ambiant. Ces deux formes de combat, que l’on peut rassembler sous les notions de résistance et de subversion, sont les thématiques abordées dans ce numéro des Cahiers internationaux de symbolisme qui réunit certaines interventions du colloque « Penser librement sous la censure » (UMons, 8-10 décembre 2009) organisé par l'Umons, l'Ulg, le Ciéphum, la PAC et Culture et Démocratie asbl.

Textes de Claude Baurain, Gilbert Boss, Vincent Cartuyvels, Jean-Pierre Cavaillé, Eckart Gillen, Pierre Gillis, Anne Herla, Hugues Le Paige, Maria Luisa Malato, Christian Ruby, Yanic Samzun, Anne Staquet et Georges Vercheval.

Le cahier est en vente dans nos locaux. Son prix est de dix-huit euros. Pour le commander et le recevoir par la poste, veuillez faire un virement de 21 euros (cahier + frais de port forfaitaire) sur notre compte 523-0803666-96. En communication, veuillez indiquer "Commande + 'Titre de la publication' + votre nom + adresse postale". Une fois le versement effectué, veuillez nous prévenir de votre commande en envoyant un mail à info@cultureetdemocratie.be. Nous vous enverrons la publication dans les plus brefs délais.

Vous pouvez également le commander auprès du Ciephum (ciephum@umons.ac.be)

 

Coups de cœur

La surdité, une chance !

La situation des personnes sourdes en Belgique francophone n’est pas toujours facile. Cependant, la surdité recèle de grandes richesses, que des jeunes sourds ont partagées en organisant, le 19 novembre 2011, Pi Visual, un festival d’arts visuels.

Ne pas ?

Être sourd, on en convient, n’est pas toujours chose facile. C’est, au sens commun, ne pas entendre.

Ne pas entendre la télé, et déplorer qu’il y ait si peu d’émissions sous-titrées ou interprétées en langue des signes. Ne pas entendre l’annonce d’un changement de voie sur un quai de gare. Ne pas, ou peu, ou difficilement, communiquer avec les personnes entendantes qui ne font pas d’efforts. Ne pas, ne pas…

Mais considérer la surdité comme une liste de « ne pas… », c’est, sans s’en rendre compte, construire le handicap. En effet, ce que les personnes sourdes ne font pas, c’est entendre, mais elles font tout le reste. Elles font même certaines choses avec un talent particulier, celles qui touchent au visuel, comme l’architecture, le cinéma, les arts vivants. Par ailleurs, les sourds font aussi quelque chose que nous autres entendants ne faisons pas, ou peu d’entre nous : communiquer en langue des signes. Être sourd, c’est aussi ne pas être réveillé par les voisins qui font trop de bruit, ne pas s’énerver aux coups de klaxon, …

Être sourd, ce n’est pas moins bien ou mieux qu’être entendant. C’est différent. Ce n’est pas au-dessus ou en dessous, c’est à côté. Il nous faut apprendre à penser la ressemblance : les sourds sont comme nous, mais avec des différences ; ils sont différents de nous, mais avec des points communs.

Le rapport entre sourds et entendants pose une question : sommes-nous capables de différencier sans hiérarchiser ? En l’occurrence, de reconnaître, d’accepter et de valoriser que des êtres humains s’expriment avec leurs mains et écoutent avec leurs yeux?

Dans son ensemble, la société ne s’en est pas encore montrée capable. On considère souvent que le handicap est dans la personne, dans sa déficience, sans se rendre compte qu’il est causé ou aggravé par les inadaptations sociales ou des préjugés. C’est pourquoi le mot « handicapé » est bien choisi, au sens où on est « handicapé par… ». Par les modes de communication, par les bordures de trottoir, par le regard des autres … Handicapé, ce n’est pas un adjectif, c’est une voie passive qui s’oublie. La voie active permettrait d’y voir mieux : nous handicapons, par nos inadaptations, certaines personnes.

Et donc, pour les personnes sourdes, les inadaptations et manques sont nombreux. La langue des signes a été reconnue en 2003, par un décret, pas encore dans les faits. De plus en plus de personnes l’apprennent et elle se répand peu à peu, mais institutionnellement, elle n’a pas la place qu’elle mérite. Légalement, les enseignants qui donnent cours en école spécialisée ne sont pas tenus de la connaître. Elle est peu présente médiatiquement (seul le journal télévisé de la RTBF est interprété)

Faute de formation, il y a une pénurie d’interprètes en langue des signes. Trouver un(e) interprète pour aller chez le médecin, chez l’avocat, à la réunion de parents, … relève trop souvent du parcours du combattant. Côté emploi, les discriminations à l’embauche, les refus d’entrée en formation, les difficultés à octroyer un aménagement raisonnable ne facilitent pas la vie. Enfin, l’implant cochléaire, s’il peut offrir des chances supplémentaires à l’enfant, est parfois présenté par le monde médical comme une recette miracle qui guérirait de la surdité. Mais à ne se concentrer que sur la déficience (l’oreille à réparer), on aggrave parfois le handicap (les inadaptations). La volonté thérapeutique coupe souvent les jeunes enfants sourds de la langue des signes, qui leur est la plus naturelle et leur permet un développement linguistique précoce.

Richesses

Mais être sourd, c’est également faire partie d’une communauté linguistique et culturelle. C’est un monde, avec ses us, ses coutumes, son histoire, ses héros. Son humour, sa poésie, ses richesses, …

Mieux vaut enseigner les vertus que de condamner les vices, disait Spinoza. Les sourds l’ont compris. Ils persévèrent à montrer le positif de leur culture, à offrir le gain sourd : la langue des signes, leurs talents, leur façon de penser qui nous constitue, nous, comme des entendants, leur participation à la diversité des cultures.

Un exemple parmi tant d’autres : des urgentistes français ont sollicité l’aide de personnes sourdes pour concevoir et enseigner un code de communication gestuel. Ce code, nommé Toxcom, a pour but de pour pouvoir communiquer en situation d’urgence où le bruit ambiant et les tenues de protection empêchent la communication orale. Ici, les sourds ne sont pas handicapés, mais experts dans un mode de communication utile pour la collectivité, susceptible d’aider les urgentistes à sauver des vies

Il y a, à côté de choses à déplorer, beaucoup de choses réjouissantes. Les jeunes sourds qui ont organisé le festival Pi Visual ont souhaité présenter et partager ces réjouissances.

Organisé dans le cadre de la Quinzaine pour l’égalité des chances et de la diversité, ce festival avait pour objectif de valoriser les talents de jeunes sourds et d’y sensibiliser le grand public.
Concrètement, les jeunes ont tout d'abord organisé un camp de formation pour s’initier ou se perfectionner dans trois disciplines : la chorégraphie, mêlant danse et langue des signes, la vidéo et le montage, et le mixage de sons et de lumières. Ils ont présenté leurs travaux lors de ce festival, et plus particulièrement lors de la soirée festive qui permit aux danseurs de chauffer la salle en montrant tout leur talent.

Les jeunes ont rassemblé du monde autour d’eux. L’asbl Arts et culture et les ateliers Mommen ont organisé une exposition d’artistes sourds et entendants, qui se sont rencontrés sur le thème de l’identité sourde. Des courts-métrages réalisés par les jeunes ont été présentés : avec humour, ils expliquent le gain sourd et l’importance de la langue des signes. La FBIA (fédération belge d’improvisation théâtrale amateur) a répondu présente à l’invitation à l’aventure et organisé des ateliers de découverte de l’impro en silence, ouverts aux sourds et aux entendants. Un spectacle d’impro silencieuse a présenté le fruit de ces découvertes et rencontres. Un moment de silence et d’expression. Après le spectacle, quand le public, sourd et entendant, est venu demander où s’inscrire, on s’est dit : pari gagné !

Nombre des partenaires de ce festival ont exprimé le sentiment que Pi Visual marquerait l’histoire sourde. Nous l’espérons sincèrement.

Patrice Jabeneau
education.permanente@ffsb.be
02/644.69.01

Un petit coin d’Amérique Latine à Bruxelles

Rien n’annonce son existence. Seuls les connaisseurs y ont accès. Pourtant, l’accueil y est chaleureux. Exit le ciel brumeux de Belgique, place à l’ambiance sud-américaine. La Maison de L’Amérique Latine trace et continue son histoire dans les rues bruxelloises. Située à côté de la maison communale d’Ixelles (1), la CASA mérite que l’on s’y arrête.

En 1923, la Chambre du Commerce belgo latino-américaine était crée par un groupe d’industriels et d’hommes d’affaires. Son objectif était de mettre en lien des importateurs latino-américains et des industriels belges. Sa création a été saluée avec beaucoup d’enthousiasme par le Roi Albert Ier en personne. Dans la foulée, la « Maison de l’Amérique Latine » voit le jour le 20 mai 1923. L’objectif affiché était d’étendre à d’autres personnes les liens entre belges et latino-américains. Des colloques, des conférences, des expositions se mettaient en place pour promouvoir cet échange de culture.

A la demande des boursiers latinos présents dans les universités belges, le Service Européen des Universitaires Latino-américains (SEUL), émerge en 1964. Les années 1970 étant marquées par l’arrivée massive de réfugiés politiques, suite à ce qui se passait dans les pays du cône sud, l’asbl développa des activités de solidarité au sens politique et social. Cette volonté de rester solidaire est toujours d’actualité.

Reconnue par le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles comme Organisation Régionale d’éducation permanente et comme Centre d’Expression et de créativité (CEC), l’asbl est une terre d’accueil pour les étudiants. Dans un esprit de tolérance, de solidarité, elle offre une aide juridique aux sans-papiers. La Casa America Latina vit au rythme des cours de langues (français, néerlandais et espagnol), des activités culturelles (danses capoeira, chorale Anaconda, atelier théâtre, ciné-club, Yoga), des expositions, conférences et débats qu’elle organise.

Conférence inédite à la Casa

28 avril 2011, les rues de Santiago (Chili) sont envahies par des milliers d’étudiants qui réclament une éducation publique gratuite, digne et de qualité. Sept mois plus tard, le mouvement étudiant chilien est toujours présent. Le 18 octobre dernier, l’asbl de la Maison d’Amérique Latine permet aux principaux leaders étudiants chiliens de s’exprimer au sein de son établissement. Afin de comprendre l’histoire éducative du Chili, il faut se replacer dans le contexte des années 1960 : quand Salvador Allende arrive au pouvoir, il met en place un projet de loi appelé ENU (Ecole Nationale Unie). Le président chilien veut permettre l’octroi des bourses aux plus démunis et faciliter l’accès à l’enseignement qu’a initié son prédécesseur Eduardo Frei Montalva. Allende estime que renforcer l’accès à l’éducation, c’est permettre que le peuple soit « souverain ». Il ne cache pas que le projet de l’ENU vise un déconditionnement social. L’Eglise Catholique du Chili n’acceptera pas de le suivre, jugeant « qu’il y manque l’héritage catholique du peuple chilien ». La réforme éducative sera suspendue quelques jours avant le coup d’Etat du 11 septembre 1973.

Dès son arrivée au pouvoir, le Général Augusto Pinochet reprend en main le domaine éducatif. Ce dernier est élaboré par les « Chicago Boys » (surnoms des économistes chiliens formés aux USA). Le dictateur fait voter la LOCE (Loi Organique Constitutionnelle de l’Education) qui rend l’éducation du Chili privative et remet aux municipalités la gestion de l’éducation publique. Désormais, un élève issu d’une classe privilégiée ira dans des écoles privées. En revanche, les plus démunis n’auront droit qu’à un établissement public souvent de mauvaise qualité, les "bons" professeurs se réfugiant dans le privé, plus rémunérateur. Quand le dictateur Pinochet quitte le pouvoir en 1990, il donne l’ordre aux partis de gauche de la concertation de ne pas toucher à la constitution qu’il a mis en place et de ne pas réformer l’éducation du Chili.

Ce 18 Octobre 2011, Camila Vallejo (présidente de la fédération des Etudiants Chiliens-FECH), Francisco Figueroa (Vice-président de la FECH), Giorgio Jackson (Président des Etudiants des Universités Catholiques) et Gabril Iturra (Membre de la ACES- Assemblée coordinatrice des Etudiants du Secondaire) exposaient, à la Casa, les actions et intentions du mouvement étudiant chilien 2011.

Dans le système éducatif du Chili, un étudiant peut obtenir un prêt pour payer ses études. Mais il devra le rembourser dès l’obtention de son diplôme, et parfois jusqu’à quinze ans après. C’est pourquoi les étudiants veulent que l’Etat reprenne en charge le financement de l’éducation publique. Ils veulent également que l’accès à l’éducation soit plus large. Ils soulignent que ce combat est justifié, et ancré dans le temps. Il y a eu des marches étudiantes en 2001, 2006 et 2008. En face d’eux, les étudiants ont un gouvernement de droite. La plupart des ministres étaient des collaborateurs proches de la dictature. Le chef du gouvernement chilien, Sebastian Pinera, a toutefois proposé la création à l’horizon 2012 d’un Conseil Supérieur de l’Education afin d’évaluer les lacunes du système éducatif. Après plus de sept mois de protestation pacifique, cette jeunesse est toujours soutenue par 89% de la population chilienne.

Sur son site internet, la Maison de l’Amérique Latine relate la visite des leaders étudiants chiliens : http://www.america-latina.be/

Anémone Hubert
Étudiante stagiaire à Culture et Démocratie


(1) Maison de l’Amérique latine - SEUL asbl, rue du collège, 27 à 1050 Ixelles

Lire au sujet des luttes estudiantines chiliennes l'article de Camila Vallejo repris dans la rubrique Opinion du Réseau.

 

Coup de griffes

Solidarité étudiante en péril

Le Comité d’Action et Soutien aux sans-papiers (CAS) fut créé, fin 2008, à l’ULB pour soutenir la cause des sans-papiers présents sur le campus bruxellois. Les étudiants, membres de ce comité, réclamaient la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres fermés et l’arrêt des expulsions. Un procès, reliant deux affaires, durait depuis trois ans. Ce 28 octobre 2011, les huit militants étudiants ont été condamnés à un mois d’emprisonnement avec trois ans de sursis.

Les faits :

16 octobre 2008 : Cinquante-quatre personnes sans-papiers d’origine afghanes et irakiennes occupent le bâtiment du CGRA (Commissariat Général aux réfugiés et apatrides). La police bruxelloise a ordre de les en déloger après trente jours de grève de la faim. Des étudiants du CAS sont là pour soutenir les sans-papiers mais les choses s’emballent avec la police. Résultat: trois étudiants seront poursuivis dans le procès dit du « CGRA », accusés de rébellion pour s’être assis à terre en signe de protestation, pour matériels cassés et pour incitation à l’émeute.

15 avril 2009 : Vingt-et-un membres du CAS sont présents sur le site de Tour & Taxis lors du lancement de la campagne des libéraux européens. Leur but est d'interpeller la ministre Turtelboom (Open VLD) sur la politique qu’elle mène en tant que ministre de l’immigration et plus spécialement sur le sort réservé aux sans-papiers qui squattent l'ULB . Depuis un an, en effet, ils attendent une circulaire concernant leur situation . Les membres du CAS font irruption dans la salle en scandant « no border, no nations, stop déportation ! » Ils sont emmenés par les policiers sur le parking de Tour et Taxis. Quinze d’entre eux sont arrêtés administrativement. Dans la confusion, six autres membres du CAS foncent sur les policiers afin qu’ils relâchent leurs amis. L’un des policiers tombe, se fracturant le tibia. Ce dernier se retrouvera en incapacité de travail. Les six étudiants sont alors arrêtés judiciairement et emmenés au commissariat de police de la zone Ixelles pour vingt-quatre heures de détention préventive. Par la suite, la police et le commissaire divisionnaire de Bruxelles se porteront partie civile dans le procès dit «des libéraux».

Un procès, deux affaires :

Fin décembre 2009, les procès du « CGRA » et des « libéraux » seront liés car il s’avère qu’un des membres du CAS est poursuivi dans les deux affaires. Le dossier est renvoyé en correctionnelle. Le juge précise alors que personne n’est inculpé faute d’éléments et l’ensemble des charges pour « violences contre un agent de police » est abandonné mais il retient la charge pour rébellion. Des étudiants de l’ULB publient une lettre de soutien aux divers membres du CA S par laquelle ils dénoncent, un procédé de fichages durant des actions menées sur le campus même : mise sur écoute des téléphones portables, établissement d’une mailing list sous surveillance pour les différents membres du CAS. Parallèlement, d’éminents professeurs en droit de l’ULB et de la VUB publient une missive de soutien aux militants étudiants.
La première date butoir de ce procès, qui dure depuis deux ans, est fixée au 3 mars 2010. Ce jour-là, des policiers fichent les personnes assistant ou couvrant le procès. Le fichier est destiné au commissariat de Bruxelles alors que la police est partie civile dans le procès. et doit conserver une attitude partiale. Le bâtonnier les a rappelés à l'ordre. Ce procédé illégal a été dénoncé par la ligue des droits de l’homme de Belgique.

Un procès « pour l’exemple » :

Comme le rappelle la Ligue des droits de l’Homme dans un communiqué de presse à l’issue du verdict des huit militants du CAS : « tant le verdict disproportionné que l’acharnement judiciaire qui l’a permis, constituent un pas supplémentaire dans la tendance lourde à criminaliser et à museler la contestation sociale en la menaçant insidieusement de poursuites et condamnations judiciaires ». Pour la Ligue, le simple fait de judiciariser cette manifestation de solidarité, certes perturbatrice, mais pacifique, posait déjà question quant à la restriction du champ d’expression de la solidarité. Le juge en charge du dossier, bien que le procureur du Roi ait requis un acquittement pour les étudiants et que le parquet renonçait aux poursuites pénales, a condamné les étudiants pour « rébellion ».

Ce n'est pas la première fois qu'un procès d’étudiants sympathisants de la cause sans-papiers se déroule en Belgique. Un autre s’est tenu en 2003 à Bruxelles. Les charges retenues étaient la rébellion, la destruction de clôture et concernaient des actions menées en 1998 à Bruxelles. Les faits étaient donc similaires et mettaient en cause dix-huit membres de collectifs contre l’expulsion des sans-papiers. Sept d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison de huit jours à deux mois, assorties d’un sursis d’un an.

Ce second verdict vient affaiblir une fois de plus la solidarité étudiante. Le CAS a cessé d'exister. Avant de mener des actions pacifiques pour une cause louable, les étudiants devront maintenant mesurer les risques de telles actions. Le juge a choisi de garder le motif de rébellion à l’encontre de ces huit jeunes dont l’objectif était la solidarité étudiante. La Belgique a un gouvernement, mais a-t-elle réellement une justice ?

Anémone Hubert
Étudiante stagiaire à Culture et Démocratie

 

Des liens Internet si vous avez raté l’affaire des étudiants du CAS :
http://www.liguedh.be/espace-presse/116-communiques-de-presse-2011/1277-la-justice-casse-le-cas-six-fois-un-mois-de-prison-
http://www.lejim.info/spip/spip.php?breve1152
http://www.cemab.be/print.php?id=8982
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/104769/proces-des-resistants-aux-expulsions.html

 

 

Les bonnes pages

Extraits de : Jean Claude Michéa, L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Climats, 2006, p.39-50.

Le mouvement qui, depuis trente ans, transforme l'École dans un sens toujours identique, peut maintenant être saisi dans sa triste vérité historique. Sous la double invocation d'une « démocratisation de l'enseignement» (ici un mensonge absolu) et de la «nécessaire adaptation au monde moderne» (ici une demi-vérité), ce qui se met effectivement en place, à travers toutes ces réformes également mauvaises, c'est l'École du Capitalisme total, c'est-à-dire l'une des bases logistiques décisives à partir desquelles les plus grandes firmes transnationales – une fois achevé, dans ses grandes lignes, le processus de leur restructuration – pourront conduire avec tout l'efficacité voulue la guerre économique mondiale du XXIe siècle.(...)

Tout d'abord, il est évident qu'un tel système devra conserver un secteur d'excellence, destiné à former, au plus haut niveau, les différentes élites scientifiques, techniciennes et managériales qui seront de plus en plus nécessaires à mesure que la guerre économique mondiale deviendra plus dure et plus impitoyable.

Ces pôles d'excellence – aux conditions d'accès forcément très sélectives – devront continuer à transmettre de façon très sérieuse (c'est-à-dire probablement, quant à l'essentiel, sur le modèle de l'école classique) non seulement des savoirs sophistiqués et créatifs, mais également (quelles que soient, ici ou là, les réticences positivistes de tel ou tel défenseur du système) ce minimum de culture et d'esprit critique sans lequel l'acquisition et la maîtrise effective de ces savoirs n'ont aucun sens ni, surtout, aucune utilité véritable.

Pour les compétences techniques moyennes – celles dont la Commission européenne estime qu'elles ont «une demi-vie de dix an, le capital intellectuel se dépréciant de 7% par an, tout en s'accompagnant d'une réduction correspondante de l'efficacité de la main d'œuvre» - le problème est assez différent. Il s'agit, en somme, de savoirs jetables – aussi jetables que les humains qui en sont le support provisoire – dans la mesure où, s'appuyant sur des compétences plus routinières, et adaptés à un contexte technologique précis, ils cessent d'être opérationnels sitôt que ce contexte est lui-même dépassé. Or, depuis la révolution informatique, ce sont là des propriétés qui, d'un point de vue capitaliste, ne présentent plus que des avantages. Un savoir utilitaire et de nature essentiellement algorithmique- c'est-à-dire qui ne fait pas appel de façon décisive à l'autonomie et à la créativité de ceux qui l'utilisent – est en effet un savoir qui, à la limite, peut désormais être appris seul, c'est-à-dire chez soi, sur un ordinateur et avec le didacticiel correspondant. En généralisant , pour les compétences intermédiaires, la pratique de l'enseignement multimédia à distance, la classe dominante pourra donc faire d'une pierre deux coups. D'un côté, les grandes firmes (Olivetti, Philips, Siemens, Ericsson etc.) seront appelés «à vendre leurs produits sur le marché de l'enseignement continu que régissent les lois de l'offre et de la demande». De l'autre, des dizaines de milliers d'enseignants (et on sait que leur financement représente la part principale des dépenses de l'Éducation nationale) deviendront parfaitement inutiles et pourront être licenciés, ce qui permettra aux États d'investir la masse salariale économisée dans des opérations plus profitables pour les grandes firmes internationales.

Restent enfin, bien sur, les plus nombreux ; ceux qui sont destinés par le système à demeurer inemployés (ou à être employés de façon précaire et flexible, par exemple dans les différents emplois McDo) en partie parce que, selon les termes choisis de l'OCDE, «ils ne constitueront jamais un marché rentable» et que leur «exclusion de la société s'accentuera à mesure que d'autres vont continuer à progresser.» (…) Il est clair, en effet, que la transmission coûteuse de savoirs réels - et, a fortiori, critiques -, tout comme l'apprentissage des comportements civiques élémentaires ou même, tout simplement, l'encouragement à la droiture et à l'honnêteté, n'offrent ici aucun intérêt pour le système, et peuvent même représenter, dans certaines circonstances politiques, une menace pour sa sécurité. C'est évidemment pour cette école du grand nombre que l'ignorance devra être enseignée de toutes les façons concevables. Or c'est là une activité qui ne va pas de soi, et pour laquelle les enseignants traditionnels ont jusqu'ici, malgré certains progrès, été assez mal formés. L'enseignement de l'ignorance impliquera donc nécessairement qu'on rééduque ces derniers, c'est-à-dire qu'on les oblige à «travailler autrement», sous le despotisme éclairé d'une armée puissante et bien organisée d'experts en «sciences de l'éducation». (...)

Naturellement, les objectifs ainsi assignés à ce qui restera de l'École publique supposent, à plus ou moins long terme, une double transformation décisive. D'une part celle des enseignants, qui devront abandonner leur statut actuel de sujets supposés savoir afin d'endosser celui d'animateurs de différentes activités d'éveil ou transversales, de sorties pédagogiques ou de forums de discussion (conçus, cela va de soi, sur le modèle des talk-shows télévisés) ; animateurs qui seront préposés, par ailleurs, afin d'en rentabiliser l'usage, à diverses tâches matérielles ou d'accompagnement psychologique. D'autre part, celle de l'École en lieu de vie, démocratique et joyeux, à la fois garderie citoyenne – dont l'animation de fêtes (anniversaire de l'abolition de l'esclavage, naissance de Victor Hugo, Halloween, …) pourra avec profit être confiée aux associations de parents les plus désireuses de s'impliquer – et espace libéralement ouvert à tous les représentants de la cité (militants associatifs, militaires en retraite, chefs d'entreprise, jongleurs et cracheurs de feu etc.) comme à toutes les marchandises technologiques et culturelles que les grandes firmes, devenues désormais partenaires explicites de «l'acte éducatif», jugeront excellent de vendre aux différents participants. Je pense qu'on aura également l'idée de placer, à l'entrée de ce grand parc d'attractions scolaire, quelque dispositifs électroniques très simples, chargés de détecter l'éventuelle présence d'objets métalliques.

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Pour un bel hommage à l'objet livre : http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk

Le Réseau

Opinion

Une rubrique « ouverte » dans laquelle nous publions soit des textes proposés par certains de nos lecteurs, soit des textes « cueillis » çà et là.

En l’occurrence, le texte qui suit nous paraît singuliérement intéressant, car, malgré certaines différences marquantes, ce qui y est décrit à propos du Chili évoque bien les dangers qui nous menacent, tant dans notre pays que dans d’autres démocraties européennes...

Quand le mythe néolibéral chilien vacille*

Le 5 novembre 2010 était élue à la tête de la FECH (Fédération des étudiants chiliens), une étudiante en géographie de 23 ans : Camila Vallejo. Ses trois objectifs : repositionner la FECH sur l’enjeu national de l’éducation, revendiquer une éducation publique gratuite, digne et de qualité, et replacer le rôle deleadership de la femme. Sept mois après la première manifestation, la principale leader étudiante du Chili analyse la situation du mouvement étudiant 2011.

* Texte publié avec l’aimable autorisation du directeur du Monde Diplomatique Chilien, Monsieur de la Fuente.


Après d’exténuantes occupations de lycées et d’universités, d’innombrables grèves et manifestations, un premier constat s’impose : au-delà de l’avenir du mouvement, ces quelques semaines ont permis de mettre en lumière les profondes contradictions du système politique et économique chilien. Il est temps d’effectuer une première évaluation de ce que nous avons déjà obtenu, et de ce pour quoi il nous faut encore nous battre.

Le mythe du modèle chilien — fondé sur une croissance économique durable, une baisse de la pauvreté et des institutions stables — s’est brisé lorsque nous, étudiants, sommes descendus dans la rue pour exiger des réformes structurelles dans l’éducation. Si un constat rassemble tous ceux qui ont participé au mouvement, c’est le suivant : notre pays n’était pas préparé pour affronter l’une des mobilisations les plus importantes de notre histoire récente.

D’emblée, le consensus tacite selon lequel nous disposions d’une éducation inclusive favorisant la mobilité sociale — une idée fondamentale en régime néolibéral — s’est effondré. Pendant très longtemps, le système éducatif chilien, jugé « moderne », a été montré en exemple : il permettait, disait-on, de toucher de plus en plus de gens, sans perdre en qualité, de sorte que la majorité de la population pouvait espérer, grâce à lui, améliorer ses revenus. Mais ce qu’on ne disait pas, c’est que ce modèle chilien ne constituait que l’une des composantes du système néolibéral imposé au pays il y a trente ans et que, par conséquent, son développement avait pour objectif principal la consolidation économique et sociale de l’ordre en place.

Sur le plan économique, à travers la soumission de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur aux logiques de profit, à travers la fuite vers les banques privées des fonds liés au financement du système et, de manière générale, à travers la marchandisation du processus éducatif. Sur le plan social, également, parce que le mythe de l’éducation offrait une justification au modèle néolibéral : il faisait miroiter la possibilité d’une mobilité sociale au sein même d’un système économique excluant, interdisant toute solidarité.

Pendant trente ans, la légitimation des privatisations, de la pauvreté et des inégalités a été la même : l’espoir individuel d’ascension sociale à travers l’accès à l’éducation supérieure. « Faire des efforts pour arriver jusqu’à l’université » ou « économiser de l’argent pour se payer la fac » : une litanie bien connue de la plupart des Chiliens, qui voyaient dans leurs enfants et dans les infinies possibilités que leur offrait le marché de l’éducation un moyen de cesser d’être ce qu’ils étaient.

Mais il y a une limite à tout, et les faits parlent d’eux-mêmes. Le mythe a commencé à s’effondrer lorsque nous avons cessé de croire que l’éducation assurait la mobilité sociale ; lorsqu’il est devenu évident que, contrairement à leurs prétentions, les collèges privés subventionnés ne garantissaient pas l’accès à l’éducation supérieure ; lorsque l’endettement lié à l’éducation des enfants a commencé à absorber la quasi-totalité des revenus familiaux ; lorsque les diplômes universitaires se sont vus dévalorisés par la dérégulation du marché ; et quand l’obtention d’un bon emploi a cessé d’être le meilleur moyen d’obtenir un bon salaire.

Ce n’est pas un hasard si ce sont des problèmes dans le système éducatif qui ont donné naissance à ces mobilisations : celui-ci cristallise toutes les contradictions du système libéral. Et faut-il vraiment s’étonner que, lorsqu’on commence à interroger l’une des justifications centrales du système politique et économique, tout le
reste commence à chanceler ?

Le problème local mute alors en problème structurel, tandis que l’enracinement politique des revendications étudiantes s’approfondit. On nous accuse d’être « trop idéologisés » — et de tout un tas de défauts similaires. Mais ni le gouvernement ni le Parlement ne proposent de solutions pour sortir du conflit. De sorte que le problème touche désormais aux fondements de la démocratie chilienne.

En vingt ans de Concertation (1), les institutions politiques chiliennes n’avaient jamais été placées dans une telle situation. La nécessité de la réconciliation nationale (2), la politique du consensus et le mode de scrutin binominal ont longtemps empêché de discuter des problèmes de fond. Un statu quo confortable se maintenaitainsi au pouvoir. Et tout était fait pour que, surtout, rien ne change (3).

Ce modèle a permis de maintenir un calme artificiel, au prétexte de protéger notre transition vers la démocratie. Mais il n’a pu faire face à la nécessité de transformations politico-sociales, laissant la voie libre à la droite et à M. Sebastián Piñera.

La suite, on la connaît. Le mythe de la démocratie chilienne a commencé à s’effriter lorsque le Chili s’est aperçu que, pas plus que vingt années de Concertation, la droite au pouvoir n’allait parvenir à résoudre les difficultés les plus urgentes de notre pays. Il ne s’agissait plus de se demander qui prendrait la tête des institutions démocratiques, mais de constater que ces dernières constituaient, dans les faits, le cœur du problème.

Les mobilisations ont démontré une chose que beaucoup de secteurs signalaient depuis le retour de la démocratie : le contrat qu’on nous a imposé pour réguler les rapports sociaux n’a pratiquement laissé aucun pouvoir à la population (4). En effet, si le Chili était réellement un pays démocratique, il n’aurait pas été nécessaire de mener plus de six mois de mobilisation pour que les revendications des étudiants — soutenus par 75 % de la population — soient entendues.

La classe politique dans son ensemble se voit remise en question. Le Parlement n’offre pas les garanties nécessaires pour permettre un débat représentatif sur les préoccupations populaires. Le pouvoir exécutif a perdu toute légitimité, avec un président si bas dans les sondages que, dans d’autres pays, il aurait déjà remis sa démission. Le secteur patronal observe avec désespoir que ses combines et ses sources de profit facile sont menacées. Pendant ce temps, un peuple se réveille et se mobilise de façon unitaire en prenant conscience que ses droits sont inaliénables.

Jour après jour, manifestation après manifestation, cacerolazo après cacerolazo (5), le mythe du Chili tombe en ruines. Les grands consensus nationaux vacillent et le peuple se rend compte qu’un Chili différent de celui qu’on lui a imposé durant des années de tyrannie et de Concertation est possible. Le peuple chilien a compris que ce qu’on lui présentait comme une vérité n’était qu’un mythe, et s’aperçoit que ce mythe porte un nom : néolibéralisme.

Nous continuerons à nous battre pour satisfaire les demandes légitimes de la majorité. Nous savons qu’il nous reste encore un long chemin pour atteindre nos objectifs. Mais nous pouvons au moins nous réjouir d’avoir réussi à ébranler le pays, d’avoir contribué, en tant qu’étudiants, à casser les mythes qui nous interdisaient de penser un pays différent. Et d’avoir contribué à initier le printemps du peuple chilien.

Camila Vallejo
présidente de la Fédération d’étudiants de
l’Université du Chili (Fech).

Article publié dans l’édition chilienne
du Monde diplomatique, novembre 2011.
Traduit par Victor de la Fuente


(1) NDLR : une alliance de centre-gauche entre démocrates-chrétiens, socialistes et socio-démocrates au pouvoir de la fin de la dictature, en 1990, jusqu’à l’élection de M. Sebastián Piñera, en 2010.

(2) NDLR : après dix-sept ans de dictature.

(3) Lire Hervé Kempf, « Au Chili, le printemps des étudiants », Le Monde diplomatique, octobre 2011.

(4) Lire Victor de la Fuente, « En finir (vraiment) avec l’ère Pinochet », La valise diplomatique, 24 août 2011.

(5) Manifestation au cours de laquelle chacun frappe sur des casseroles.

 

L'Agenda

Rencontre

A la recherche des bonnes questions concernant la coopération culturelle Nord/Sud - Table ronde.

Le 22 décembre 2011, 12h30 – 14h00, au Bronks (15-17 rue du Marché aux Porcs à 1000 Bruxelles)

Quand les arts rencontrent la coopération au développement, différentes pratiques fleurissent, chacunes avec leur propre accent : artistique, éducatif, citoyen, économique, ...

La plateforme interdisciplinaire et interculturelle Corban explore et approfondit, depuis 2005, au travers d'ateliers, de recherches et de créations, la coopération artistique entre le Nord et le Sud. L'idée d'organiser une table ronde est née du fait que la plateforme rencontrait, à chaque projet, toute une série de problèmes pratiques résultant eux-mêmes de difficiles questions morales et de frustrations.

Nous sommes conscients de ce que les politiques concernant la coopération au développement (et au développement culturel en particulier), ainsi que la politique internationale des arts, sont fragmentées. Cela a comme effet sur le secteur que peu d'acteurs connaissent le travail des autres...

Cette table ronde rassemblera donc des artistes et/ou des coordinateurs de projets afin de cartographier la diversité qui existe en ce domaine. Ce sera l'occasion d'aiguiser, dans la confrontation, nos propres objectifs et pratiques.

Infos :
A 20h30, un spectacle gratuit est proposé aux participants à la table ronde.
http://www.corban.be/
Réservation (table ronde et spectacle) à info@corban.be

Spectacle

Ets Beest - spectacle pour enfants au MAC's

Le mercredi 21 décembre à 13h30, au MAC's (82, rue Sainte-Louise, à 7301 Hornu)

Le MAC’s accueille dans le cadre de son exposition consacrée à Michel François un
spectacle/performance intitulé «Ets Beest» interprété par une danseuse et un musicien.

Ce spectacle évoque la relation étroite entre le geste et la trace qui en résulte. Ces questions, développées dans le travail de Michel François, seront ici appréhendées à travers le physique. Une danseuse bouge, étendue sur une immense feuille de papier. Dans ses mains, des morceaux de fusain dessinent la trace de ses mouvements. A l’issue du spectacle, les enfants s’approprieront les morceaux de fusain et improviseront leur propre danse, à même le papier.

Info :
Prix : 10€ pour un enfant et un adulte
Réservation obligatoire
Tel: +32(0)65/613.881 - E-mail: reservations@grand-hornu.be

 

Expositions

Georges Vercheval - L'ordre des choses - Expostions de ses photographies (1958-1988)

Du 21 janvier au 20 mai 2012, au Musée de la Photographie de Charleroi (11 Av. Paul Pastur, à 6032 Charleroi)

La fondation en 1987 du Musée de la Photographie de Charleroi a quelque peu éclipsé l’œuvre photographique de Georges Vercheval. L’implication dans le projet muséal du photographe et de son épouse, Jeanne, a occulté en effet un travail entamé au début des années soixante et que peu de gens ont perçu dans son ensemble, n’ayant souvent qu’une vision fragmentaire de certains chapitres, telles les séries des Terrils ou des Fenêtres.

Construit par thématiques, et essentiellement réalisé en noir et blanc, le travail de Georges Vercheval ne forme pas pour autant une œuvre éparse. Une même cohérence formelle relie ces séries, leur conférant une approche originale, qu’il s’agisse du regard porté sur le paysage, l’espace urbain, la géométrisation de l’objet ou la capture du temps.

Un ouvrage de 160 pages abondamment illustré accompagnera l’exposition. Il reprend des textes de Pool Andries, Xavier Canonne, Emmanuel d’Autreppe et Christine De Naeyer.

Info : http://www.museephoto.be/

Exposition de Pascal Tassini

Jusqu'au 25 février 2012, au MADMusée (Parc d'Avroy, à 4000 Liège)

Pascal Tassini est une personnalité phare des ateliers artistiques du Créahm à Liège. Artiste aux
multiples facettes, il y développe depuis une quinzaine d’années un univers cohérent et sensible
au travers de peintures, écritures, modelages, assemblages et créations textiles. L’ensemble de
son oeuvre est condensée, dans l’espace des ateliers, sous la forme d’une phénoménale
installation à l’aspect organique et tentaculaire (la Cabane), faite essentiellement de tissus noués.

Depuis 2006, Pascal Tassini s’immerge totalement et de manière remarquée dans le travail
textile, élaborant principalement autour du thème du mariage de multiples coiffes baroques
et tenues de noces.

L’exposition de cette oeuvre surprenante – littéralement extravagante – s’accompagne d’un
catalogue monographique richement illustré.

Info :

04-222.32.95 / info@madmusee.be / www.madmusee.be

 

Dernières nouvelles

Appel

L'Institut Cardijn à la recherche de ses anciens !

A l’occasion de ses 90 ans, l’Institut Cardijn de Louvain-la-Neuve organise les 28, 29 et 30 mars prochains le Festif’Art, Culture et Travail social, colloque durant lequel il souhaiterait aussi retrouver un maximum d’anciens étudiants.

Afin de mettre à jour les coordonnées tant personnelles que professionnelles des assistants sociaux qui ont fréquenté les bancs de l’établissement, un formulaire est disponible en ligne à l’adresse www.institutcardijn.be/anciens. N’hésitez pas à réagir dès maintenant ; vous disposerez ainsi de toutes les informations liées aux trois journées d’animations, de tables rondes et de conférences.

Enfin, l’Institut Cardijn est à la recherche de photos, de films voire d’anecdotes vécues lors de la formation. Ceux-ci peuvent être envoyés à paul.verjans@helha.be ou à Paul Verjans, 10 Rue de l’Hocaille, 1348 Louvain-la-Neuve.


Formation

Formation Res Urbis 2012

L’Association Marcel Hicter (FMH) organise depuis 10 ans le cycle de formation “Res Urbis” destiné aux acteurs culturels et socioculturels bruxellois souhaitant renforcer leur capacité en gestion de projet ainsi que leurs connaissances des politiques européennes en matière culturelle.

Le programme comprend 5 journées de formation organisées du 30 mars au 14 mai 2012 à Bruxelles.

Cette formation est gratuite. Son accès est réservé à une douzaine de participants chaque année. La sélection des participants est effectuée sur base d’un dossier de candidature.

Pour plus d’informations sur le programme et la méthodologie de la formation, veuillez consulter notre site internet : http://www.fondation-hicter.org/spip.php?rubrique20

La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 15 février 2012. Les candidatures doivent être envoyées soit par courrier à l’adresse suivante :

Association Marcel Hicter - Res Urbis
27 rue du Belvédère
B-1050 Bruxelles

soit par email : Brigitte.spineux@fondation-hicter.org

Pour toute information complémentaire, contactez Brigitte Spineux au 02/641 89 80

Publications

Gérard De Coninck et Guy Lemire, Etre directeur de prison. Regards croisés entre la Belgique et le Canada, Éditions L'Harmattan, Paris, 2011

Collection : Criminologie ; série : Champ pénitentiaire
ISBN : 978-2-296-55225-8 - 24,50 € - 246 pages

Si les ouvrages sur les prisons ne manquent pas, l'échange de deux amis directeurs de prison - l'un belge et l'autre canadien - sur leurs expériences est original à plus d'un titre. Ils n'adoptent pas la posture d'une confession mais livrent une réflexion constructive basée sur des constats graves et urgents. C'est de la souffrance pénitentiaire dont ils témoignent mais aussi d'une volonté de sortir le monde carcéral des ornières, des solutions à la mode et de l'habitude ou de l'indifférence.

Alors que tout sépare ces deux directeurs - les pays, leurs histoires et personnalités, la période de direction - ils dénoncent les lacunes importantes d'une même voix tout en proposant des adaptations légales et réglementaires, faisant une place importante aux droits de la personne détenue, aux attentes du personnel de surveillance pénitentiaire. Leur posture n'est ni larmoyante ni revancharde mais celle de théoriciens/praticiens qui plaident pour une prison plus humaine et de dernier recours.

S'il est légitime qu'un jeune puisse être attiré par la fonction complexe de directeur de prison, les auteurs insistent sur l'importance de la connaissance de soi et de sa résistance face au stress ou aux conflits. Ils pensent qu'un directeur ne peut pas se contenter d'être le gardien de la loi car, en paraphrasant Michel Crozier, la prison ne se gouverne pas par décret ! Le respect des personnes importe autant, sinon davantage, que l'application de la loi. Au risque de contrarier certains responsables, les techniques de gestion ne doivent pas devenir des outils privilégiés qui ne servent finalement qu'à entretenir l'illusion de l'ordre.

Les auteurs :

Gérard De Coninck arpente le monde des prisons depuis le début des années 1970. Il y fut chercheur, responsable de la formation des surveillants et, à 60 ans, directeur dans deux prisons belges.

Guy Lemire a débuté sa carrière professionnelle dans les Services correctionnels du Canada en 1963 où il assuma la charge de directeur de l'établissement pénitentiaire de Cowansville, de 1972 à 1976. Il devint professeur à l'École de criminologie de l'Université de Montréal puis directeur de l'École de 1995 à 2001.

Eliane Gubin et Claudine Marissal, Jeanne Vercheval, un engagement social et féministe. Une publication de l'Institut pour l’égalité des femmes et des hommes et le Centre d’Archives pour l’Histoire des Femmes. 220 pages.

Au début des années 1970, un nouveau féminisme défraie la chronique en Belgique. Des femmes contestent joyeusement et bruyamment les inégalités de sexe et rêvent d’une société fondée sur l’égalité pour toutes et tous. Jeanne Vercheval est parmi elles.

Après avoir milité dans des organisations communistes et pacifistes, elle se lance avec ardeur dans l’action féministe. Initiatrice des Marie Mineur en Wallonie, elle participe au Petit livre rouge des femmes, à l’organisation de la première journée des femmes qui rassemble des milliers de femmes à Bruxelles et à la lutte pour la dépénalisation de l’avortement.

« Le boulot qu’on a fait était indispensable à l’époque où on l’a fait. C’était une vague normale, presque ordinaire (…) L’histoire nous avait tracé un chemin et on l’a pris » expliquera Jeanne Vercheval (1).

À travers le parcours d’une militante, le livre Jeanne Vercheval : un engagement social et féministe revient sur le féminisme des années 1970 et sur des revendications qui, quarante ans plus tard, gardent toute leur raison d’être.

Cet ouvrage complète la collection de biographies réalisées par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes en collaboration avec le Centre d’Archives pour l’Histoire des Femmes dont les deux premiers volumes étaient dédiés à Eliane Volgel-Polsky et Miet Smet. Comprendre leurs luttes pour l’égalité et les resituer dans un contexte historique permet une mise en perspective intéressante pour les combats encore à mener aujourd’hui.

La publication Jeanne Vercheval : un engagement social et féministe, ainsi que les deux premiers volumes : Eliane Vogel-Polsky, une femme de conviction et Miet Smet, Trois décennies de politique d'égalité des chances, peuvent être commandés gratuitement sur le site de l’Institut (http://igvm-iefh.belgium.be) ou par téléphone au 02 233 42 65.

(1) Jeanne Vercheval, un engagement social et féministe, 2011, p207

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D'avance, merci !

Culture et Démocratie
70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15

Courriel : info@cultureetdemocratie.be

 

Cette lettre d'information a été réalisée par Baptiste De Reymaeker, Georges vercjheval et Sabine de Ville grâce au soutien de la Communauté française.