Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°10 - 30/11/2006

La liberté d'expression en danger?

Fin septembre, l’opéra a fait la une des journaux allemands et européens : le débat ne portait pas sur la qualité de tel ou tel spectacle, mais bien sur la décision du Deutsche Oper de Berlin d’annuler les dernières représentations d’Idomeneo de Mozart par crainte de représailles des mouvements islamistes. Les craintes étaient basées sur le fait que dans cette production de Hans Neuenfels, Idoménée revient à la fin de l’opéra avec les têtes coupées de Jésus, Bouddha et Mahomet. La très grande majorité des médias, des responsables politiques et des artistes ont tranché : non à toute forme de censure, non à la limitation de la liberté d’expression pour des raisons religieuses ou idéologiques ! Mais y avait-il vraiment danger ? En tout cas, les organisations musulmanes d’Allemagne ont plaidé contre l’annulation, et en conclusion de cette tempête médiatique, Idomeneo a fini par être reprogrammé.

Cette histoire étrange appelle, me semble-t-il, trois commentaires. Le premier est que nous n’avons pas d’autre choix que de défendre la liberté d’expression étroitement liée aux droits de l’homme qui sont à la base de notre société démocratique. Cette liberté d’expression serait-elle en danger dans l’Union européenne, au moment même où elle est niée dans tant de pays à travers le monde où la parole libre peut être un danger de mort pour tant d’êtres humains ? Il est difficile d’évaluer les risques d’un affrontement sur le terrain artistique et culturel, même si nous devons constater une multiplication d’incidents, souvent provoqués par des groupuscules extrémistes, tantôt dans la mouvance islamiste, tantôt dans la mouvance de l’extrême droite.

Deuxième observation : il me semble que la décision du Deutsche Oper de retirer la production d’Idomeneo, aussi critiquable fût-elle, ne relève pas de la censure. Nos maisons d’opéra sont placées au service des artistes, certes, mais elles participent aussi de la vie des œuvres d’art. Réfléchissant sur mon travail à la Monnaie, je considère n’avoir jamais eu à « censurer » un artiste, mais j’ai souvent pris part aux discussions dramaturgiques ou esthétiques. Il m’est parfois arrivé de refuser un projet élaboré par une équipe de production, et même, exceptionnellement, de rompre un contrat en raison de profondes divergences de vues. Cela me semble normal dans le long processus qui mène les œuvres d’art vers leur réalisation publique. Il ne s’agit pas ici de censure. Il faudrait éviter la dérive qui consisterait à détourner le principe de la liberté d’expression et à priver les institutions culturelles de leurs responsabilités en la matière.

Troisième sujet de préoccupation, beaucoup plus grave celui-ci : nous voyons se développer au sein des élites intellectuelles de nos pays démocratiques un discours anti-Islam qui me semble catastrophique. Ce discours est injuste car il confond l’opinion de la majorité des personnes de religion musulmane avec celle d’une minorité, certes active et effrayante, d’extrémistes, de terroristes et, il faut le dire, de quelques chefs d’État. Il est insupportable car il combine l’arrogance et l’amnésie d’un Occident dont l’histoire est marquée par des violences innombrables commises au nom de la religion, de l’idéologie, de la race ou de la nation, jusqu’à l’horreur maximale que fut la Shoah. Enfin cette attitude est dangereuse car elle porte en elle les germes d’une diabolisation de l’autre, et ne peut conduire qu’à un renforcement des conflits.

Il me paraît absolument impossible de faire un choix entre notre attachement aux valeurs démocratiques et la nécessité impérieuse du dialogue entre les peuples et les cultures. La seule solution consiste à articuler ces deux dimensions, à écouter davantage ceux qui au sein du monde arabo-musulman cherchent à faire entendre une voix plurielle, à l’instar d’artistes tels que Naguib Mahfouz, Mahmoud Darwich, Tahar Ben Jelloun, Malek Chebel, Abbas Kiarostami, Moneim Adwan et tant d’autres qui s’inscrivent dans une tradition artistique exceptionnelle par sa qualité, son ouverture, sa tolérance et sa diversité.

Nous, citoyens européens, devons apprendre à remettre en cause nos propres clichés, à rechercher ce qui nous réunit autant que ce qui nous différencie, à calmer notre peur de l’autre. Dans ce processus, le monde artistique et culturel a une responsabilité de premier plan. Son action doit être basée sur la fermeté, la tolérance, la défense de nos valeurs, la liberté individuelle. Nous avons encore en mémoire le formidable concert donné en ce début de saison par Daniel Barenboim à la tête de son West-Eastern Divan Orchestra. Entre la caricature de l’autre et la recherche du dialogue, il n’y a pas à hésiter un seul instant !

Bernard Foccroulle

Editorial du Magazine de La Monnaie, n°72, décembre 2006-février 2007

Billet d'Humeur

Il y a des succès qui fâchent. Tout récemment, sur la première chaîne TV de notre très chère RTBf, une séquence très propre sur elle, avec Ministre à l’appui, nous détaillait « la merveille » que les Forges de Zeebrugge, actives à Herstal, sont en passe de mettre sur le marché : de jolies roquettes, efficaces, à précision métrique (frappes chirurgicales assurées), les plus sophistiquées que l’on connaisse à ce jour. La recherche renaît donc sous nos latitudes ! Il ne manque plus, pour que tout aille bien (et que tout le monde puisse se les offrir), qu’un nouvel apport financier de la Région wallonne. Quelques dizaines ou centaines de millions d’euros, je ne sais plus et peu importe. Curieusement, on les trouvera pour ces engins de mort, plus facilement que s’il s’agissait de l’enseignement, de la culture, ou de la lutte contre la pauvreté.
Nous aimerions vraiment que nos impôts servent à autre chose, à des recherches qui soient utiles au bien-être des populations ! Et fondamentalement humanistes.

Georges Vercheval

Ne manquez pas, à la rubrique Faits et opinions, la méditation barbare quant à l’usage de nos droits culturels, de Roland De Bodt.

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Art et Société
  • Art et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Art et Ecole
  • Dialogue interculturel
  • Accès à la culture
  • Pratiques culturelles et engagement

À vos agendas 

Activités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique

- DIALOGUE INTERCULTUREL

Séminaire européen : Art & Interculture

"Interculturel" peut apparaître comme un terme bateau, servant à définir une grande variété d’initiatives différentes dans leurs vocations, intentions et résultats. Des projets, des actions dans lesquels l’interculturel est une véritable rhétorique, et qui se définissent eux-mêmes comme interculturels pour espérer l’être. Dans le même temps, beaucoup d’initiatives contribuent positivement à la connaissance, à la vie en commun et aux échanges entre personnes et groupes de différentes cultures, mais ne se définissent pas comme "interculturelles".

Le projet ‘Interculture Map’ (INTI 2005-2006) avait comme objectif de voir ce qui se fait en Europe lorsque l’on dit qu’on fait de l’ « interculturel ». Les 4 partenaires du projet : Lai Momo (Italie), Multicultural Center Prague (République Tchèque), Agora (Espagne) et CBAI (Belgique) ont ainsi travaillé sur 5 champs - l’art, les médias, l’enseignement et la formation, la vie quotidienne et la recherche universitaire - où « l’interculturel » apparaît dans les objectifs poursuivis, dans l’intitulé de l’institution ou dans celui du projet. Des centaines de projets, d’acteurs, d’institutions ont été recensés et questionnés (voir www.interculturemap.org) pour ce work in progress qui a donné lieu à deux séminaires en juin 2006 à Huelva autour des actions concernant la vie quotidienne et en octobre 2006 à Prague à l’occasion d’un colloque ‘Libraries as gateways to the integration of immigrants in the EU’, consacré au rôle du livre dans l’intégration des migrants.

Le séminaire qui se déroulera le 20 décembre 2006, de 9h30 à 16h30, au Centre Amazone (Rue du Méridien, 10 à 1210 Bruxelles) sera consacré aux pratiques artistiques. Il sera l’occasion de voir, d’entendre, de réfléchir sur ce qui constitue(rait) la dimension interculturelle d’une pratique, d’une production. Les intervenants à cette journée nous invitent à voir comment la rencontre, fortuite ou provoquée, des expressions, des mondes, des langues et des langages, des espaces et des temps, trouve dans la musique, dans les mots, dans les textes, dans les images, un lieu où concrétiser l’ « interculturel ».

Inscriptions gratuites : CBAI (Pina Manzella – 02/289 70 54 – pina.manzella@cbai.be)

Saleté

Saleté, de Robert Schneider au Théâtre de la Place des Martyrs, du 8 novembre au 16 décembre 2006.

Sad a étudié la philosophie et la littérature allemandes. Il vient d’Irak et vend des roses dans les restaurants. Ce spectacle nous parle de l'histoire de cet homme qui se retrouve confronté à la vie, à la merci de l’acheteur potentiel qui a peur de cet étranger et le méprise de toute l’épaisseur de son portefeuille.

Cette pièce est mise en scène par Francis D'Ostuni, assisté de Robert Canovo. Traduction : Claude Porcell. Distribution : avec Olivier Coyette.

Infos : 02/223 32 08 - theatre.martyrs@busmail.net - http://www.europictures.com/martyrs

- ACCES

La Public et la Culture à Bruxelles

Le Brussels Kunstenoverleg et le nouveau Brussels netwerk voor kunsteducatie en publieks-bemiddeling organisent une journée d’étude sur Publiek en Cultuur in Brussel (le public et la Culture à Bruxelles), le mercredi 13 décembre à Flagey.

La matinée sera consacrée à établir un profil du public culturel à Bruxelles sur base d’une enquête récente. L’après-midi fera le point sur la question de l’éducation à l’art et sur l’intervention des publics dans les pratiques bruxelloises. Ce sera également l’occasion de lancer officiellement le nouveau réseau bruxellois pour l’éducation à l’art et l’intervention des publics. Les débats se feront en néerlandais, sans traduction.

Infos : Anja Van Roy - 02/513 15 90 - anja@brusselskunstenoverleg.be

- ART ET SOLIDARITE

Sculptons la démocratie

Dans le cadre de la huitième édition de la Semaine de la Personne handicapée, le Centre culturel d’Evere organise une exposition sur la Démocratie, du 27 novembre au 3 décembre. Suite à une animation visant à sensibiliser à la démocratie les personnes handicapées, celles-ci en parlent au grand public, et en donnent leur vision. Cette exposition tournera ensuite à Bruxelles et dans toute la Wallonie.

www.centreculturel.be

Mer d'huile et café nwart

Le Centre Culturel de Schaerbeek organise, en collaboration avec l'Heure Atelier, La Gerbe, l'exposition Mer d'huile et café nwart du 1er décembre 2006 au 28 janvier 2007.

L'exposition présentera les travaux des participants à l'Heure Atelier, un centre d'expression et de créativité en psychiatrie. Leur diversité ne manque pas d'étonner ! S'y trouveront des gravures, dessins, peintures, sculptures, travaux d'écriture, cinéma, ainsi que des réalisations vidéo et des installations qui témoignent du travail de collaboration, d'ouverture à d'autres réseaux culturels et de décloisonnement auquel l'atelier tend depuis déjà plusieurs années.

Infos : 02/245 27 25 – www.culture1030.becentre.culturel@chello.be

25 ans de l'ADEPPI

L’ADEPPI (Atelier d’éducation permanente pour personnes incarcérées) souffle ses 25 bougies cette année. Pour marquer le coup, l’association organise une après-midi de concerts le 8 décembre, de 15h à 19h, au Botanique (Witloof bar).

L'ADEPPI a été créée en 1980 par des travailleurs occupés dans des associations de lutte contre l’exclusion sociale. Aujourd’hui, une équipe motivée et dynamique aide le détenu à établir un plan de détention après l’avoir informé des diverses possibilités de cours et de préformations existant en prison et préparant l’accès à des formations qualifiantes données à l’extérieur.
L’association développe aussi des actions culturelles qui font appel à la participation active des détenus : ateliers théâtraux, ateliers d’écriture, rédaction du Journal Inter-Prisons...

Infos : 02/223 47 02 – adeppi@skynet.be

Vrouwelijk meervoud/Féminin Pluriel

Flora, le Réseau pour la Formation et la Création d’Emploi avec des femmes organise, du 13 au 23 décembre 2006, l’exposition Vrouwelijk meervoud/Féminin Pluriel, au Beursschouwburg (Rue Orts, 20-28 à 1000 Bruxelles).

Elle est le fruit de la collaboration entre plus de 400 femmes « défavorisées » et demandeuses d'emploi, placées sous la direction artistique de Jan Vromman. L'exposition est conçue comme un creuset de milieux de vie, débordant de paroles, d'images et de sons. C'est aussi un forum de la diversité et un lieu de rencontre où se montre ce qui unit ces femmes : la pauvreté. Dix jours durant, ce thème actuel est le centre d'intérêt de toute une série d'ateliers et de débats. Le lieu d'exposition est un auditoire, espace public et plate-forme où s'exposent se confrontent les points de vue, talents et expériences.

Infos : www.florainfo.be - 02/204 06 40 - flora@florainfo.be

- PRATIQUES CULTURELLES

Zinneke

Le dimanche 3 décembre 2006, de 11h à 13h, l'asbl Zinneke organise un brunch-débat sur le thème de la Zinneke Parade 2008. De nombreuses idées ont déjà été proposées et il s'agira d'en discuter ensemble. Quelques exemples : Rouge, 60 ans de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, la solidarité, le mieux vivre ensemble, la générosité, le hasard, le chic en recyclage... Si vous en avez d'autres, n'hésitez pas à les soumettre en téléphonant au 0800/14201.

C'est quoi? est une journée de réflexion importante pour le projet Zinneke. Elle se déroulera le samedi 16 décembre, de 9h30 à 17h30, à l'Auberge de jeunesse Jacques Brel.
Après la phase d'évaluation de la Parade 2006, le processus « Zinneke en développement » est lancé. En ressortent plusieurs questions de fond liées à l'action sociale, artistique et urbaine de Zinneke. L'asbl voudrait les partager avec tous, partenaires, participants, membres, collaborateurs, administrateurs, curieux motivés...

Inscriptions :02/214 20 07 - info@zinneke.org

- ART ET SOCIETE

10 ans du Prix Régine Orfinger-Karlin

Le jeudi 7 décembre sera remis le Prix Régine Orfinger-Karlin 2006, organisé par la Ligue des droits de l'Homme. Ce prix récompensera le travail d'une personne ou d’une association oeuvrant à aider ou à protéger des groupes vulnérables (mineurs, étrangers, allocataires sociaux, malades mentaux...), qui s'est distinguée en mettant en évidence la nécessité de la résistance aux atteintes aux droits humains.

A cette occasion, il sera également rendu hommage à Régine Orfinger, décédée en décembre 2002 à l'âge de 91 ans. Toute sa vie, cette résistante, militante féministe et antiraciste a consacré ses talents de juriste à la création et à l'organisation de groupes de pression comme « A travail égal, salaire égal » ou encore le comité pour la dépénalisation de l'avortement, dans les années septante.

www.liguedh.be

Construisons ensemble un autre monde

Le Forum Social de Belgique organise le 16 décembre 2006, dans les locaux de l’IHECS (rue de l’Etuve, 58-60 à 1000 Bruxelles), une journée de rencontre entre associations, syndicats, citoyens. Actifs chacun dans son domaine (égalité, paix, environnement, droits de l’homme…), ils ont un objectif commun, le désir d’apporter des alternatives au modèle de mondialisation dominant et à ses conséquences désastreuses, actuelles ou à venir. Les décideurs politiques seront également invités à venir s’inspirer des réflexions de la journée.

Au programme : débats, ateliers, théâtre-action, formations, outils d’éducation, rencontres des acteurs locaux par région…

Infos : www.wsf.be - 02/250 12 68 – info@wsf.be

Coups de cœur

Présentation d'expériences intéressantes.

- PRATIQUES CULTURELLES

Vertige

Vertige est une asbl créée il y a 5 ans dans le but de rendre l’accès aux outils Internet et visuels accessibles à un maximum de publics. Loin des logiques commerciales, Vertige a ainsi développé une centaine de projets ; sites web, cd-Roms, vidéos, animations, et travaux imprimés (affiches et flyers, cartes de visites, etc.). Ses partenaires, plus que de simples clients, appartiennent majoritairement aux secteurs associatifs, humanitaires, artistiques, ONG, campagnes de sensibilisation dans les domaines de la Santé (planning familiaux, Fondation pour la Santé dentaire, Modus Vivendi, Ex aequo,…), artistes plasticiens, maisons d’édition, évènements.

« Notre but est de nous adapter aux besoins et aux moyens du projet, de l’association ou du message qui doit être diffusé. De plus, les sites Internet développés sont conçus pour permettre à l’association de devenir autonome dans la gestion et les mises à jour (CMS) ».

Par ailleurs, Vertige développe ses propres projets socioculturels, comme la création et la gestion du site « comedien.be », le site des arts du spectacle en Belgique francophone ». Il s’agit d’une communauté d’artistes professionnels sur le net, le site ayant pour mission de faire circuler l’information au sein du secteur et de favoriser l’insertion professionnelle. L’association organise également des formations pour artistes professionnels. Deux stages sont organisés prochainement pour des artistes professionnels: Stage jeu face caméra (deux fois 5 jours 26-30/12/06 et 2-6/01/07) et Stage créatif Voix et chansons (1-2-3 décembre 2006)

www.vertige.org

Caméra-etc

Caméra Enfants Admis travaille depuis 1979 dans le but d’initier le jeune public au langage télévisuel et cinématographique par le cinéma d’animation. Au fil des années, un deuxième objectif s’y est ajouté : pratiquer l’éducation à la citoyenneté par l’éducation aux médias. Puisque ses activités se sont étendues aux adultes depuis quelques années, l’asbl Caméra-etc a été créée parallèlement. En 2006, cette association a produit plusieurs courts-métrages à vocation sociale et culturelle, des films à message qui invitent le spectateur à réfléchir et à se positionner.

Parmi les récentes productions : Ma voisine et moi est une œuvre collective présentant de petits gestes pour de grandes économies d’énergie, mis en images par six dames, avec le Service Energie du CPAS d’Herstal ; Habiba, un documentaire expérimental étonnant, à la fois œuvre et portrait de six artistes du Créahm.

www.camera-etc.be

La FACQ : formation d'animateurs de Cirq' de Quartier

Depuis septembre 2005, l’Ecole du Cirque de Bruxelles, en collaboration avec le Centre de Formation d’Animateurs, propose la FACQ, Formation d’Animateurs de Cirq’ de Quartier, une formation qui s’adresse aux jeunes peu qualifiés (de plus de 18 ans et disponibles en journée, prioritairement issus du Quartier Maritime), intéressés par le secteur de l’animation et les Arts du Cirque. Elle comporte une palette de compétences en techniques d’expression, en Arts du Cirque et Arts Urbains, visant à préparer le jeune au métier d’animateur spécialisé dans le secteur social.

Il faut rappeler que depuis 25 ans, l’approche pédagogique de l’Ecole de Cirque de Bruxelles consiste à utiliser les Arts du Cirque comme un outil de développement de la personne, permettant d’explorer et développer le potentiel physique, créatif et relationnel de chacun. Ils contribuent ainsi au bien-être de la personne tout en développant son autonomie.

Concrètement, la FACQ est composée de trois modules débouchant sur trois qualifications : assistant en technique de cirque, animateur en technique de cirque, et animateur de Cirq’ de Quartier. Cette formation ouvre au travail dans l’animation d’espaces publics mais aussi dans l’encadrement d’enfants durant les vacances scolaires ou parascolaires, pour le compte d’organismes privés ou publics.

Infos : 02/640 15 71– www.ecoleducirquedebruxelles.be

Faits et opinions

Franchir la limite des droits culturels

Méditation barbare quant à l’usage de nos droits culturels

Je pensais pouvoir présenter ici une petite méditation qui porte sur l’exercice par nous-mêmes (les acteurs culturels) de nos propres droits à la culture. Cette réflexion m’est venue à la suite de conciliabules et travaux préparatoires à un projet dont l’appellation provisoire était « culture(s) pour tous ». Elle touche à la question de notre capacité à penser la culture(s). Elle touche à la question des limites que nous sommes amenés à reconnaître ou à admettre dans l’exercice de nos propres droits culturels.

Donc, si je voulais ramasser la question qui me paraît bien cristalliser ces préoccupations, je la formulerais de la manière suivante : Avons-nous la capacité culturelle de penser un projet culturel de la société – de la vie collective des êtres humains – qui s’arrache aux aveuglements de la raison économique ?

Avons-nous, intérieurement en nous-mêmes, la force de franchir cette limite et par cet élan de l’être humain de nous affranchir des aveuglements de la raison économique ? C'est-à-dire : avons-nous cultivé suffisamment en nous-mêmes la force intellectuelle, spirituelle et culturelle pour être en mesure de libérer notre pensée du joug dogmatique de la religion du veau d’or qui triomphe aujourd’hui ? Cette religion archaïque qui sacrifie quotidiennement des milliers d’êtres humains aux spéculations de la bourse et aux intérêts particuliers d’un nombre restreint d’entre nous dont l’avidité est un abîme. Nous avons, chaque jour, les démonstrations montrant combien cet intégrisme dogmatique de la raison économique étend sa tyrannie brutale et avide à toute la planète.

C'est-à-dire encore : Sommes-nous capables de libérer notre pensée afin d’exercer la souveraineté de nos droits culturels ? D’exercer la souveraineté de nos droits culturels de telle sorte à réduire la violence économique qui entraîne – ici même et aujourd’hui, et sous nos yeux, et sinon même avec notre propre contribution – l’humanité vers sa propre destruction ?
Où allons-nous trouver la force spirituelle dont nous avons besoin pour exercer la souveraineté de nos droits culturels sur la raison économique qui bafoue impunément les droits fondamentaux des êtres humains et les conditions de la vie humaine sur cette planète ? Quelle culture(s) pourra rétablir un usage pacifique de la raison qui puisse avoir raison de la raison économique ? Quelle culture(s) pourra reconnaître les droits universels de la raison humaine face aux abus de droits et aux crimes universellement commis et universellement couverts au nom de la raison économique ? Quelle culture(s) pourra donner au beau mot de « libertés » le sens émancipateur universel que la liberté économique a universellement brisé et avili dans le monde ? Quelle culture(s) pourra donner aux beaux mots de « droits fondamentaux » le sens émancipateur universel que le droit économique a universellement corrompu et humilié dans le monde ? Quelle culture(s) pourra donner au beau mot de « raison » le sens émancipateur universel que la raison économique a universellement méprisé et dévoyé dans le monde ? Avons-nous, nous les travailleurs des secteurs de la culture, la force intérieure, avons-nous la puissance intérieure de concevoir, d’architecturer, de revendiquer et d’exercer la souveraineté de nos droits culturels de telle sorte à fonder – non plus seulement dans les discours réconfortants, mais dans les faits et dans les pratiques quotidiennes – la souveraineté des droits fondamentaux sur l’aveugle tyrannie de la raison économique qui règne impunément dans le monde ?

Et dans le vertigineux « contre la montre » qui précipite la planète vers la destruction de l’humanité, je ne sais pas si et comment je vais trouver en moi la force spirituelle d’exercer la souveraineté des mes droits culturels sur la puissance économique mondiale. C’est un aveu d’impuissance devant la sauvagerie criminelle de la raison économique.

Et il me semble d’une part que nous pouvons partir de cet aveu d’impuissance pour la conduite de nos travaux. Et que, d’autre part, dans le projet de revendiquer « la culture pour tous » nous pourrions faire alors une place à cette interrogation : comment exercer la souveraineté de nos droits culturels en s’arrachant aux aveuglement de la raison économique ?

Et peut-être serait-il utile de reconnaître que nous ne savons pas – à ce stade seulement, car cela ne préjuge pas des forces que nous pourrions constituer ! – par quel mécanismes culturels inouïs, nous pourrons accéder à l’exercice culturel souverain de nos droits culturels. Accéder à cette souveraineté culturelle de la culture(s) de telle sorte à garantir, par exemple et simplement le droit à la vie de notre génération et de ceux qui viennent demain après nous…
Mais si nous ne savons pas, cela ne signifie pas que nous ne puissions y penser. Car nous savons que l’imagination est créatrice. Et cette conviction peut nous amener à penser « comment nous arracher aux aveuglements présents ? » Penser à cette fin, c’est déjà faire place à la puissance spirituelle dont nous allons avoir besoin pour franchir la limite, pour accéder aux territoires des droits culturels et pour y arpenter de nouveaux chemins de libertés.

Mons, le 26 novembre 2006

Roland de Bodt
Chercheur et écrivain

Dernières nouvelles

Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations…

- ART ET SOCIETE

Démocratie et Courage

Démocratie et Courage est un projet qui existe déjà en France et en Allemagne. Il est proposé en Belgique par la CNAPD (Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) et le MRAX (Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie).

Il s'agit d'un programme de citoyenneté active, un espace de parole et d’expérimentation pour des jeunes. Concrètement, des jeunes (entre 18 et 30 ans) reçoivent une formation de deux week-ends basée sur des méthodes d’éducation participative et d’animation créative. Cette formation porte sur l’éducation anti-raciste et citoyenne. Une fois formés, ceux-ci deviennent animateurs citoyens bénévoles et interviennent dans des écoles, des maisons de jeunes et des associations sur les thèmes du racisme, des discriminations et de l’exclusion. La prochaine formation aura lieu les week-ends suivants : du 8 au 10 décembre 2006 et du 26 au 28 janvier 2007.

Démocratie et Courage, ce sont des animateurs volontaires qui viennent, par équipe de deux, sur demande, dans les classes, maisons de jeunes, de quartier… Ils tentent, par des mises en situation et des jeux interactifs, de sensibiliser les jeunes à différentes thématiques de la citoyenneté active (racisme et discriminations).

Infos : CNAPD – Nathalie Preudhomme (02/640 52 62 – cnapd.nathalie@skynet.be)

Des tambours sur l'oreille d'un sourd

La plate-forme Bigoudis propose le livre Des tambours dans l’oreille d’un sourd – Récits et contre-expertises de la réforme du décret sur l’Education permanente 2001-2006.

Bigoudis est un groupe d’usagers qui a mené un travail de réflexion sur la mise en œuvre du décret sur l'Education permanente de 2003. Le livre reflète les thématiques abordées lors de ces débats et présente 260 pages de récits d’analyses, de réflexions, de contre-expertises et de propositions relatives au secteur associatif et aux débats qui le traversent (salariat, chômage, subventions, rapport à l’Etat, public cible, évaluation…). Il s’adresse aux usagers, bénévoles, employés et employeurs de l’éducation permanente.

www.bigoudis.org

Semaine d'Action contre le racisme - mars 2007

Appel aux partenaires

La deuxième Semaine d’Action contre le racisme, organisée par le MRAX en collaboration avec Média Animation, se déroulera du 16 au 25 mars 2007, dans toute la Belgique. Il s’agira de rassembler toutes les forces possibles pour faire de ce projet un rendez-vous annuel mémorable et incontournable qui toucherait un public de plus en plus large. C’est pourquoi le MRAX et Média Animation vous invitent à répondre présent à cette nouvelle édition qui s’annonce prometteuse ! Rejoignez ce nouveau collectif et proposez une activité ayant pour objectif de faire reculer le racisme. Car on n’en veut plus !

Vous êtes invité(e) à contribuer à la réalisation d’une programmation plurielle et riche (exposition, spectacle, humour, conférence, débat, animation, musique, concours…), organisée conjointement dans vos espaces mais aussi dans d’autres lieux !

La date limite pour proposer une action est le 19 janvier 2007. www.contreleracisme.be (rubrique partenaire)

Concours La Créativité contre le racisme

Vous avez des choses à dire, à raconter sur la question du vivre ensemble, du racisme, des discriminations... Vous avez un regard original, engagé, généreux, indigné, décalé ? Vous avez une idée de scénario, vous disposez d’un stylo, d’une caméra, d’un micro ou d’un ordinateur ? Vous êtes débutant, amateur, professionnel... ? Le MRAX et Média Animation lancent un concours de créativité contre le racisme. Il est ouvert à tous.

Les meilleures œuvres seront publiées, exposées ou projetées lors de la semaine d’actions contre le racisme en mars 2007. Il est indispensable de s’inscrire avant le 31 décembre 2006.
Si vous avez besoin d’un soutien technique, l’asbl Média-Animation accompagnera la réalisation des meilleurs projets. Dans ce cas, pré-sélection sur base d’un scénario et d’une lettre de motivation à envoyer avant le 1er décembre à : info@media-animation.be ou à l'asbl Média Animation.

www.contreleracisme.be (rubrique concours)

Coup de chapeau

L'action ‘Coup de chapeau’ est le fruit d'une collaboration entre la Fondation Roi Baudouin et la RTBF. Son but est de mettre en lumière des exemples d'actions positives, ainsi que celles et ceux qui les mènent.

Tout au long de la saison 2006-2007, la RTBF et la Fondation Roi Baudouin vous invitent à faire connaître des personnes, des groupes ou des associations dont vous admirez l'engagement bénévole envers les autres et qui méritent à vos yeux un ‘coup de chapeau’. A peu près tous les domaines de l’engagement citoyen sont concernés et le champ d’action est très large : implication dans le quartier, environnement, culture, jeunesse, sport, relations interculturelles, rapprochement entre les générations…

Chaque lundi, de septembre 2006 à juin 2007, une rubrique de l'émission Au quotidien (sur la Une de 18h45 à 19h25) sera consacrée à ces personnes méritant un coup de chapeau. Chaque mardi matin, l'émission Appelez, on est là (sur VivaCité) consacrera également une séquence à la personne ou au groupe mis à l'honneur. Au total, une quarantaine d'initiatives seront ainsi présentées au grand public.

N’importe qui peut proposer une personne ou un groupe engagé dans une action citoyenne et bénévole afin de le mettre à l’honneur de la cadre de cette opération. N’hésitez pas à soumettre vos propositions.

Infos : www.coupdechapeau.be ou Fondation Roi Baudouin (Anne-Françoise Genel - genel.a@kbs-frb.be - www.kbs-frb.be)

- ART ET SOLIDARITE

T-Event, formations en techniques du spectacle du CPAS de La Louvière

Parallèlement au maraîchage biologique et à l'entretien des jardins, le CPAS de La Louvière a développé en 2001, à Bois-du-Luc, une formation en techniques du spectacle. Devenue entreprise de formation par le travail (EFT) reconnue par la Région wallonne en 2004, T-Event s'est spécialisée dans la formation des bénéficiaires du revenu d'intégration et de demandeurs d'emploi, au métier d'aide régisseur. Outre les opportunités de travail qu'elle propose aux stagiaires, T-Event offre ses services à la population à travers la location et l'installation, pour des événements, de matériel mobile d'éclairage et de sonorisation.

Infos : CPAS de La Louvière (Valérie Lossignol – 064/88 52 85 – valerie.lossignol@lalouviere-cpas.be) ou T-Event (064/54 89 96 – t-event@lalouviere-cpas.be)

Félicienne, Jules, Robert et les autres

Depuis 1979, le Créahm (Créativité et handicap mental) permet à des handicapés mentaux de travailler dans des ateliers exclusivement dédiés à la création. Au fil des ans, ces ateliers, dirigés par d’excellents professionnels, ont permis de voir des personnalités éclore dans divers domaines : théâtre, musique, arts plastiques. C’est à ces derniers qu’est consacré l'ouvrage, Félicienne, Jules, Robert et les autres. Celui-ci met en scène les 20 ans d’existence du Créahm.

Le livre est disponible au Créahm (02/537 78 02).

- DIALOGUE INTERCULTUREL

Initiation aux littératures africaines

Ce cycle de 30 heures de cours, réparti du 16 janvier au 3 avril 2007, est proposé par la Coopération par l’Education et la Culture (CEC), une ONG spécialisée dans la diffusion des créations culturelles vivantes issues du continent africain et de sa diaspora.

Afin de valoriser le patrimoine que représente sa bibliothèque spécialisée en littératures africaines, CEC organise depuis 7 ans un cycle de cours d’initiation aux littératures africaines.
Le cours, assuré par Jean-Pierre Jacquemin, est conçu comme une ouverture aux littératures orales et principalement aux textes dits modernes (roman, poésie, théâtre) francophones, anglophones et lusophones.

Inscriptions : CEC (Stéphanie Levecq – 02/217 90 71 - info@cec-ong.org)

- PRATIQUES CULTURELLES

Mise en place d’une plate-forme « Petits lieux »

Les représentants de divers « petits lieux » culturels (La Ferme de la Dîme, Le Jardin de ma sœur, L’Atelier de la Dolce Vita, Le Petit Chapeau Rond Rouge, L’Os à Moelle, Le Théâtre littéraire de la Clarencière, Le Cabaret aux Chansons, L’Espace Théâtral Scarabaeus) se sont réunis récemment pour discuter d’un projet de mise en réseau.

Ils ont établi les principaux critères d’adhésion au réseau :
1) Avoir un lieu d’activités ;
2) Etre une association d’initiative privée (et pas un centre culturel) ;
3) Avoir une programmation régulière (minimum 10 spectacles par an) ;
4) Avoir une démarche professionnelle au niveau de la programmation et des choix artistiques ;
5) Accorder une attention particulière à l’accueil des artistes et du public.

Même si les intérêts divergent quelque peu d’un lieu à l’autre, ils ont pu mettre en exergue des objectifs communs qui donneraient à la « plate-forme » toute sa légitimité. Le but serait d’unir les forces afin d’avoir plus d’impact auprès des pouvoirs publics d’une part, et des médias d’autre part. En ce sens, ils souhaitent notamment jouir d’une meilleure visibilité via la création d’une brochure qui rassemblerait les programmations des divers « petits lieux » culturels belges.

Tout représentant d’un « petit lieu » culturel belge qui correspond aux 5 critères mentionnés plus haut est cordialement invité à rejoindre la plate-forme.

Infos : fabienne.govaerts@skynet.be

Sept lauréats pour les 20 ans de la fondation Spes

Pour la vingtième année consécutive, la Fondation Spes, association de mécénat privé en faveur de la culture, vient de décerner ses bourses annuelles d'encouragement à sept artistes belges pour la réalisation d’un projet de création touchant aux arts plastiques, à la musique, à la littérature, à la poésie ou à la création textile. Plus de 140 artistes belges ont ainsi été aidés depuis 1987 à progresser dans leur parcours.

Les bourses 2007, qui ont été portées à 8.500 € chacune pour les vingt ans de Spes, sont attribuées au poète Pascal Leclercq (pour un large travail autour d’un recueil de poèmes intitulé Le Bâton), à l’auteur littéraire Hugues Robaye (pour le développement de la nouvelle revue de culture et de société MaYaK), au compositeur et pianiste de jazz Casimir Liberski (pour un cycle de cours particuliers auprès de grands maîtres du jazz à New York), au violoncelliste Nicolas Deletaille (pour un projet d’enregistrement de la sonate pour arpeggione et pianoforte de Schubert), aux photographes Armyde Peignier (pour l’édition d’un livre photographique Ellipse consacré à son travail sur le paysage et l’enfance) et Jan Keteleer (JanKé, pour sa participation à une exposition muséale à Cracovie à l’occasion de l’année européenne 2008 des dialogues multiculturels), et à la créatrice textile Valéria Nagy (pour un projet de reconversion d’une ancienne papeterie en espace d’art et d’artisanat textile à Leuze-en-Hainaut).

Infos : www.spes.be

Nouveaux sites à consulter !

www.adcei.org: L’ADCEI (Association pour le Développement Culturel Européen et International) vous propose sa nouvelle lettre électronique.

www.plurio.net est le nouveau Portail culturel de la Grande Région composée de la Wallonie, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, le Luxembourg et la Lorraine.

Pour ne pas rester sur sa faim

Un choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie »

Œuvres de Walter BENJAMIN, en trois tomes distincts dans une traduction de Maurice DE GANDILLAC, Pierre RUSCH et Rainer ROCHLITZ

BENJAMIN, Walter (1892/1940) – Œuvres, en trois tomes distincts dans une traduction de Maurice DE GANDILLAC, Pierre RUSCH et Rainer ROCHLITZ – Collection « folio essai » numéro 372 (tome 1), 373 (tome 2) et 374 (tome 3) – Gallimard – Paris – France – 2000 – 400, 459, 482 pages – ISBN : 2.07.040666.0 ; 2.07.040667.9 ; 2.07.040668.7.

Présentation : Il s’agit de la réédition – et, dans un tiers des cas, de la première édition – en langue française, présentée en trois tomes distincts, d’une partie significative de l’œuvre de Walter BENJAMIN dans une traduction de Maurice DE GANDILLAC, Pierre RUSCH et Rainer ROCHLITZ. Au fil des trois volumes proposés, l’édition comporte une présentation générale qui est due à la signature de Rainer ROCHLITZ, une chronologie synthétique des événements de la vie de l’auteur, une bibliographie très complète, un index des noms et des œuvres. Walter BENJAMIN a consacré sa vie à trois axes de recherches : la philosophie du langage, la philosophie de l’art et la philosophie de l’histoire. Outre ses travaux, sur BAUDELAIRE, GIDE, GOETHE, KAFKA ET PROUST, certains textes ont connu un retentissement plus important lors des premières éditions en langue française : L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique ; Qu’est-ce que le théâtre épique ? ; Paris, capitale du XIXe siècle ; Problèmes de sociologie du langage. Voici plus de vingt ans que les éditions françaises n’avaient plus rendu accessibles les œuvres de Walter BENJAMIN. Au début des années 1980, les éditions DENOËL et GONTHIER avaient publiés, dans la collection « Médiations », deux tomes sous le nom générique de « Essais ». L’édition nouvelle, en format poche, proposée par GALLIMARD est assortie d’un appareil de notes et d’outils nettement plus confortable. Papier grands tirages et dos carré collé, prix accessible.

Commentaire : Permettez-moi de revenir sur un événement important dans l’édition de poche – concernant la culture(s) et la démocratie – et auquel nous n’avons pu réserver une place suffisante, jusqu’à ce jour. Walter BENJAMIN est un témoin important de cette époque qui voit monter le fascisme en Europe, entre deux guerres. C’est pourquoi son propos ne reste jamais strictement réservé à l’espace philosophique des initiés. Il est tout autant littéraire et souvent politique, ce en quoi il est accessible au plus grand nombre. Tout n’est pas facilement accessible, il faut le reconnaître. Mais l’édition est confortablement conduite, présentée, annotée et clairement distribuée. Elle facilite – c’est, je crois, un parti pris – l’entrée dans les écrits de BENJAMIN, par diverses portes : un thème, une période, un auteur commenté. Les notes utiles et les outils clairement conçus (Bibliographie, chronologie et index) qui sont mis à notre disposition par les éditeurs offrent un intérêt concret. Voici une démarche éditoriale « aidante » qui reflète un soin particulier pour l’auteur. Beau travail ! Quel plaisir ! Comme en atteste la bibliographie réunie à cette occasion, peu d’œuvres – qui soient si proches de nous – ont reçu un commentaire international aussi soutenu, ces cinquante dernières années. A juste titre, BENJAMIN a reçu l’accueil réservé aux plus grands auteurs du vingtième siècle. Le matériel réuni par les éditions Gallimard, à l’occasion de cette publication au format poche, semble ainsi en bon ordre pour une édition future dans la Bibliothèque de la Pléiade ! Après la publication du volume BRECHT consacré aux « écrits sur le théâtre » (numéro 470), les écrits de BENJAMIN offriraient un regard complémentaire sur les enjeux de cette époque politiquement violente. On regrettera que l’édition nouvelle ne propose pas quelques photos de cette figure intellectuelle emblématique des résistances de son temps, aux côtés notamment d’autres de ses contemporains tels que par exemple BRECHT, ADORNO, SCHOLEM, HESSE, RILKE, ARENDT. On découvre avec plaisir les inédits. On attend avec impatience l’édition de la correspondance. Plusieurs textes constituent des « essentiels » pour la compréhension des questions culturelles qui traversent et caractérisent les œuvres d’art de cette période où de grands pays d’Europe basculent aveuglément, sous les régimes fascistes. Beaucoup de points de vue critiques restent pertinents. A travers les temps qui passent cette pertinence culturelle ne s’essouffle pas ; on peut même se demander si elle ne s’affermit pas chaque jour d’avantage face aux moments « autoritaires » et « sécuritaires » que nous traversons, nous-mêmes. En relisant certains textes, j’ai aussi trouvé des correspondances thématiques avec les écrits d’Edouard BOND. A creuser ? Je recommande vivement [Mons, Belgique, Roland de Bodt, le 20 novembre 2006]

Publics : pour les « accros » dès le secondaire supérieur ; sinon après et tout le restant de la vie. Recommandé pour les artistes, les enseignants dans les domaines de la littérature, de l’histoire, de la politique, de la poétique et de la morale ; pour les animateurs sociaux et culturels, les journalistes critiques – Mots clés : Brecht – Critique littéraire – critique politique – fascisme – Fuchs – Gide – Goethe – Green – histoire du XXe siècle – imitation – Kafka – langage – œuvre d’art – philosophie – photographie – poétique – Proust – roman – sociologie du langage – surréalisme – théâtre épique – Valéry – violence. Adresses Web : voir le site des éditions Gallimard ou de la collection « Folio, essais».

Contenu : TOME 1 : Présentation par Rainer ROCHLITZ (7) – Chronologie de Walter BENJAMIN (51) – Bibliographie de Walter BENJAMIN en langue française – I. Traductions de textes de BENJAMIN en français (53) – II. Etudes sur Walter BENJAMIN en langue française (59) – III. Recueils et numéros spéciaux (86) – IV. Catalogues (87) – Œuvres (89) – 1. Deux poèmes de Friedrich HÖLDERLIN, « Courage de poète » et « Timidité » (91) – 2. La vie des étudiants (125) – 3. Sur le langage en général et sur le langage humain (142) – 4. L’Idiot de DOSTOÏEVSKI (166) – 5. Sur la peinture, ou : Signe et tache (172) – 6. Sur le programme de la philosophie qui vient (179) – 7. Destin et caractère (198) – 8. Critique de la violence (210) – 9. La tâche du traducteur (244) – 10. Fragment théologico-politique (263) – 11. Annonce de la revue Angelus Novus (266) – 12. Les Affinités électives de GOETHE (274) – Sources (397) – Table des matières (399).

TOME 2 : 1. Kitsch onirique (7) – 2. Gottfried KELLER (11) à l’occasion d’une édition critique de ses oeuvres – 3. Conversation avec André GIDE (30) – « La Tour » de Hugo VON HOFMANNSTHAL (41) – 5. Hachisch à Marseille (49) – 6. GOETHE (59) – 7. Adrienne MESURAT (109) – 8. Le Surréalisme, le dernier instantané de l’intelligentsia européenne (113) – L’image proustienne (135) – 10. Robert WALSER (156) – 11. Johann Peter HEBEL (162) – 12. Julien GREEN (170) – 13. Un marginal sort de l’ombre, à propos des « employés » de S. KRACAUER (179) – 14. La crise du roman, à propos de « Berlin Alexanderplatz » de DÖBLIN (189) – 15. Théories du fascisme allemand, à propos de l’ouvrage collectif « Guerre et Guerriers » publiés sous la direction d’Ernst JÜNGER (198) – 16. Contre un chef-d’œuvre à propos du livre de Max KOMMERELL « L’écrivain comme guide dans la littérature classique allemande » (216) – 17. Karl KRAUS (228) – 18. Histoire littéraire et science de la littérature (274) – 19. Franz KAFKA : Lors de la construction de la muraille de Chine (284) – 20. Petite histoire de la photographie (295) – 21. Paul VALERY, pour son soixantième anniversaire (322) – 22. Le caractère destructeur (330) – 23. Œdipe ou : le mythe raisonnable (333) – 24. Brèves ombres <I> (340) – Brèves ombres <II> (349) – 25. KIERKEGAARD, la fin de l’idéalisme philosophique (355) – 26. Sur le pouvoir d’imitation (359) – 27. Expérience et pauvreté (364) – 28. La position sociale de l’écrivain français (373) – 29. Franz KAFKA, pour le dixième anniversaire de sa mort (410) – Sources (455) – Table des matières (457).

TOME 3 : 1. Problèmes de sociologie du langage, un compte rendu collectif (7) – 2. Paris, capitale du XIXe siècle (44) – 3. L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, première version de 1935 (67) – 4. Le conteur, réflexion sur l’œuvre de Nicolas LESKOV (114) – 5. André GIDE et son nouvel adversaire (152) – 6. Eduard FUCHS, collectionneur et historien (170) – 7. Commentaires de quelques poèmes de BRECHT (226) – 8. L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (269) – 9. Qu’est-ce que le théâtre épique ? (317) – 10. Sur quelques thèmes baudelairiens (329) – 11. Les régressions de la poésie de Carl Gustav JOCHMANN (391) – 12. Sur le concept d’histoire (427) – Sources (445) – Index des noms et des œuvres (447) – Table des matières (481).

1995-2005, Dix ans d’action artistique avec la revue Cassandre

ROMEAS, Nicolas et DE SAINT-DO, Valérie (dir .) – 1995-2005, Dix ans d’action artistique avec la revue Cassandre – Préface de Robert ABIRACHED – Coédition : Cassandre-Horschamp et les éditions de l’Amandier – Paris – France – 2006 – 269 pages + Tables – ISBN : 2.915695.54.7 (distributeur belge : les Editions du Cerisier, Cuesmes)

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un « hors série », c'est-à-dire d’un livre consacré au dixième anniversaire de et par la revue Cassandre. L’édition propose un regroupement de contributions et d’entretiens attentivement glanés au fil des soixante numéros publiés au cours des dix dernières années. L’ensemble est ordonné selon sept thématiques différentes qui relèvent de l’art, de la politique, du témoignage, des figures et des formes, du proche et du lointain. Ces contributions concernent notamment le théâtre de rue, dans les prisons, dans les quartiers, art et exclusions, les festivals, les scènes nationales, les régions, la profession du théâtre et d’autres domaines artistiques tels que le cinéma, les arts plastiques… Outre la préface qui est signée par Robert ABIRACHED, de très nombreuses personnalités connues et moins connues se trouvent, de la sorte associées, à la démarche festive : c’est le dixième anniversaire de la revue Cassandre ! Nombreuses illustrations d’œuvres choisies. Belle architecture de la mise en page. Livre de grand format, papier satiné, relié au fil.

Commentaire : Permettez-moi de revenir sur ce très bel ouvrage qui a déjà fait l’objet d’une recommandation de la part de culture(s) et démocratie. De quoi s’agit-il ? Voici donc l’objet de contrebande (page 11) et de feu (photo, page 12) que s’offre l’équipe de la revue Cassandre – de son propre aveu « la belle emmerdeuse » (page 8) – pour fêter ses dix ans en ville (voir les images de la ville pages 55, 123 et 137). Une sorte de grand survol de dix années d’engagement culturel pour la défense des arts et de la culture dans une perspective démocratique en France et en Europe. Cela devrait nous intéresser ! Ce choix de contributions exigeantes quant à la poétique des arts, à l’éthique du théâtre et à la politique culturelle, ouvre aussi sur une rhétorique de l’image particulièrement expressive. Voici une démarche qui a du cœur et de l’âme : que veut Cassandre ? Les lumières, citoyennes ! Que veut Cassandre ? Les lumières, citoyens ! Que veut Cassandre ? Les lumières, Majesté ! Ainsi sourd une tension dramatique salvatrice aux portes de la « Ville lumière » (couverture et œuvre pages 110 et 195) : la rue en un remous de pas, de torses et de dos d’où sont tendus des bras (…) la rue en or, la rue en rouge, au fond des soirs (Verhaeren, la révolte). Et cette passion tentaculaire (photo, page 187) ne demande qu’à s’étendre jusqu’à nous ici, dans nos campagnes hallucinées (photo, page 87). Par un judicieux alliage d’énergie, de ruptures et de sens, la mise en scène des textes, soignée page à page, atteste de la puissance de travail d’une équipe et de la cohérence d’une démarche éditoriale impliquée dans le temps présent (photo, page 257). Cassandre c’est ici ! Cassandre c’est maintenant ! Traduction : Abonnez-vous ici ! Abonnez-vous maintenant ! Il est en effet grand temps de donner à la revue Cassandre l’espace nécessaire pour faire retentir ses mélopées et son cri dans notre Communauté française de Belgique. Parce qu’elle chante et qu’elle crie en Europe et pas seulement en France, pas seulement à Paris. Mais aussi en France, et aussi à Paris. Cela devrait nous intéresser, encore. C'est-à-dire : qu’elle crie et chante pour nous aussi ; elle est une source pour retrouver l’élan de s’impliquer dans l’action lorsque tout paraît éteint autour de nous. Les grandes revues sont, pour nous, comme des sources d’eau vive. Au côté d’Alternatives théâtrales, on devrait trouver la revue Cassandre dans les bibliothèques publiques, dans les centres culturels, dans les théâtres, dans les écoles d’art, dans les académies, dans les CEC, dans les administrations publiques de la culture, dans les CPAS… Eh quoi ? Où en sommes-nous ? Où en êtes vous ? Lisons ! Lisons Cassandre ! NB : Dans le cadre des campagnes pour les élections présidentielles, en France, la revue Cassandre propose de signer un appel pour la reconnaissance de la dimension culturelle dans les politiques publiques. Voyez le site : www.horschamp.org [Mons, Belgique, Roland de Bodt, le 20 novembre 2006]

Publics : Tous ceux qui en ont marre des événements culturels à la mode et des cocktails dînatoires de la bonne société, des barnums médiatiques pour décrocher la lune, du chacun pour soi culturel, ceux qui craignent pour l’état général de la culture, dans notre pays de plus en plus « sécuritaire ». Les profs lorsqu’ils considèrent l’enseignement comme un art, leurs étudiants lorsqu’ils sont impertinents et rebelles à dessein, les journalistes s’ils exercent un point de vue critique sur le monde, les animateurs sociaux et culturels qui privilégient le travail de terrain ; les femmes et les hommes politiques qui n’ont pas encore renoncé tout à fait à cultiver un projet de société à dimension humaine. Pour tous ceux pour lesquels la culture est un métier et un travail. Ah ! Mots clés : arts de la rue – art et coopération internationale – art et différence – art et société – art et prisons – Cinéma – danse – éducation populaire – festivals – formation aux arts – institution culturelle – opéra – politique culturelle – pratiques artistiques – pratiques culturelles – politiques de ville – scènes nationales – socialisation par les arts – théâtre et politique – théâtre et exclusion. Adresse web : www.horschamp.org

Contenu : Préface, une agora dans la cité, par Robert Abirached (5) – La belle emmerdeuse, par Nicolas Roméas (8) – Profession contrebandiers ? par Val érie de Saint-Do (11) – Art et politique – L’art est politique, par Nicolas Roméas (13) – De la sociologie au théâtre, fidélités et trahisons, entretien avec Patrick Champagne (14) – Manants et saltimbanques, entretien avec Alain Rey (17) – L’aventure du langage, entretien avec Jean Bojko et Armand Gatti (19) – L’art dans l’arène sociale, entretien avec Didier Lapeyronnie (22) – Art comes from the futures, entretien avec Edward Bond (24) – Une (éventuelle) absence de politique culturelle, entretien avec Luc Carton (28) – L’art qui cache la forêt, entretien avec Jean-Claude Amara (30) – Malcolm et les kids, entretien avec Mohamed Rouabhi (32) – Vingt trois notes préliminaires sur le théâtre engagé, par Edward Bond (34) – La suffisance des dominants, entretien avec Pierre Bourdieu (38) – Modèle et recyclages, entretien avec Jean Duvignaud (40) – Travailler politiquement, entretien avec Thomas Hirschhorn (42) – On n’est pas sorti de l’église ! Entretien avec Christian Boltanski (43) – La démission du politique, entretien avec Jean-Henri Roger (44) – Culture administrée, par Jean Caune (45) – L’ « exception artistique » en actes, entretien avec Brian Holmes (46) – L’esprit collabobo, par Julien Blaine (48) – L’autre renaissance, par David Langlois-Mallet (50) – Tintin en Aillagonie (carnet intime), par Sylvie Clidière, Stéphane Ripoche et Valérie de Saint-Do (52) – Petit abécédaire des ruines et chantiers de l’art, par Myriam Bloedé, Thomas Hahn, Jean Christophe Poisson, Stéphane Ripoche, Nicolas Roméas, Valérie de Saint-Do, Michel Thion, Samuel Wahl (56) – Les papillons de l’institution, entretien avec Jacques Cohen (60) – La coopérative non alignée, entretien avec Christophe Yggdre (62) – Dans le quartier sur le vif, par Mélina Chenu-Ponchin et Valérie de Saint-Do (63) – Soixante ans d’histoire non autorisée en trois heures, entretien avec Franck Lepage (64) – Grands témoins (66) – L’artiste en régisseur, par Pascal Ory (67) – Les quatorze obstacles, par Jacques Livchine (68) – Le théâtre en actes par Renata Scant (69) – Utopie et réalités du théâtre considéré comme service public, entretien avec Pascal Ory (70) – La Belle aventure, entretien avec Sonia Debeauvais (74) – Les enfants du cartel, entretien avec Hubert Gignoux (78) – Le laboratoire central, entretien avec Alain Crombecque (82) – Histoire d’un couple difficile, entretien avec Jean Gabriel Carasso et Jean Claude Lallias (84) – Quelques mots d’un héritage, par Giorgio Strehler (88) – Règne de la monoforme, par Peter Watkins (89) – (Re)politiser nos vies, entretien avec Francis Jeanson (90) – Des dossiers et des hommes, entretien avec Robert Abirached (92) – Gabriel Monnet : un parcours, par Raymonde Temkine (96) – Et sur cette pierre je bâtirai mon théâtre… entretien avec Pierre Debauche (98) – D’ingénieux chimistes, entretien avec Philippe Avron (100) – Les regardeurs ne font plus les tableaux, par Valérie de Saint-Do (102) – Les politiques publiques en musique, par Michel Thion (104) – Postures et impostures, entretien avec Michel del Castillo (106) – Les archéologues feront-ils de vieux os ? par Valérie de Saint-Do (108) – Villes et campagnes (110) – La faute à Gutenberg, par Patrick Bouchain (111) – Un phare allumé dans la ville, entretien avec Nadine Varoutsikos (112) – Ethnologue et saltimbanques, entretien avec Maurice Born (114) – Exclure l’exclusion, propos choisis de Maurice Born (116) – Les douze se montent à Mantes, entretien avec le Collectif 12 (118) – Passage de témoin, par Myriam Bloedé (120) – Evrybody, par Thomas Hahn (122) – Les sous sols de l’histoire entretien de Patrick Bouchain (124) – Le frigo ne ronronne pas, entretien de Gabi Farage (126) – Juste une manière de faire du théâtre, entretien avec Georges Buisson (128) – Les « meufs » relèvent le défi, par Thomas Hahn (130) – Refusés et délaissés, par Valérie de Saint-Do (132) – Mémoire à l’œuvre, par Laurent Grisel (134) – Ceux qui manquent, entretien avec Guy Benisty (136) – Sculpter l’histoire (dans les souterrains), entretien avec Chris Even et Jean Starck (138) – Trop de politique au théâtre, entretien avec Christophe Adriani, Laurent Klajnbaum et Jean Louis Sagot-Duvauroux (142) – Le théâtre de rue a 33 ans, déjà vieux ? par Jacques Livchine (144) – Un sculpteur hors les murs, par Joël Crasmesnil (146) – La scène itinérante, par Alix de Morant (148) – L’homme qui réveille les volcans, entretien avec Gérard Guyon (150) – L’art frais de la campagne, par Céline Delavaux (152) – Germinations, boutures, etc. entretien avec Pascal Faucompré (154) – Bussang toujours débout par Anne Montfort (156) – Le blues de l’(éternel) amateur, entretien de Olivier Perrier (157) – La tournée des granges, par Dominique Machabert (158) – Arts en difficultés (160 ) – Pour des bâtis de la subversion, par Joël Kerouanton (161) – Le mur et la fenêtre, entretien avec Gérard Lorcy (162) – Probabilité de présence en un endroit donné, par Jean Christophe Poisson (166) – Agir avec le théâtre, entretien avec Paul Biot, François Roux et Hata Vigé (168) – Dehors ! Circulez ! Par Jean Pierre Chrétien Goni (171) – Contribution à la multiplication des comètes, par Charles Sztulcman (174) – Ecrire à la folie, par Céline Delavaux (178) – Toléré du bout des clefs, par Valérie de Saint-Do (180) – Formes et figures (182) – Agir avec, par Catherine Diverrès (183) – Le théâtre espace de la mémoire au présent, entretien avec Hervé Lalardoux (184) – Six points sur l’opéra, par Heiner Müller (186) – Corps à corps (de texte), entretien avec Bakary Sangaré (188) – Rencontre avec un homme remarquable : Peter Brook (193) – Voyage en Woyzecke, par Myriam Bloedé (196) – Le mythe et le temps, entretien avec Henry Bauchau (198) – La déferlande flamande, par Jean Marc Lachaud (200) – Le corps distingué, entretien avec La Ribot (202) – Habiter poétiquement le monde, entretien avec Philippe Tancelin (204) – Le mot chien aboie-t-il ? par Armand Gatti (206) – Une danse mineure, par Roei Amit et Myriam Bloedé (208) – Un cinéma insoumis, entretien avec Jean Louis Comolli (210) – Comprendre, critiquer, transmettre, entretien avec Hector Vilche (212) – Choses vues, choses dites, entretien avec Jean Jourdheuil (214) – Valeska, sorcière mal aimée, par Myriam Bloedé (216) – Si loin, si proches (218) – Eux et nous, par Paul Biot (219) – Voyageur de l’esprit, entretien avec Gabriel Garran (220) – Page blanche pour toute cendre, entretien avec Marie Virolle (222) – La dernière scène punk, entretien de Jérôme Hankins (224) – L’architecture organique de Pontedera, entretien avec Luca Dini (226) – Le lieu de l’échange, entretien avec Stéphane Olivier, Pierre Sartenaer, Willy Thomas et Mieke Verdin (228) – L’art de transmettre, entretien avec Armand Delcampe (230) – Les bicyclettes de l’agit-prop, entretien avec Subodh Pattanaik (232) – Une pitoyable tragédie, entretien avec Daniele Alboretti (234) – Zorro et les apprentis zapatistes, entretien de Christine Pellicane (236) – Le front du refus (et de la reconstruction) entretien avec Aminata Traoré (238) – Une martienne chez les Pharaons, entretien avec Karima Mansour (242) – Perdre le nord pour retrouver le sud, entretien avec Carpanin Marimoutou (244) – Tropismes atypiques, entretien avec Koudbi Koala et Patrick Lavaud (246) – Art versus dollar, par Irène Sadowska Guillon (248) – Sur le ring américain, entretien avec Arthur Miller (250) – Guerra en tournée, par Myriam Bloedé (252) – Bond l’africain, entretien avec Eva Doumbia et Binda Ngazolo (256) – Travelling en Voïvodine, par Myriam Bloedé (258) – Couvercle de la répression et mur de l’indifférence, entretien avec Kazem Shahryari (260) – Pain de jouvence, entretien avec Peter Schuman (262) – Saut par-dessus les barbellés, par Olivier Claude (264) – Possibilité d’existence d’un théâtre mexicain, par Irène Sadowska Guillon (266) – Danser à Medellin, par Thomas Hahn (268) – Postface : La disparition du critique entre réel et inactuel (271) – Table des matières.

Culture et Démocratie
60, rue de la Concorde - 1050 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11
Courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be

Cette lettre d'information a été réalisée par Séverine Monniez, Marie Poncin et Georges Vercheval, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim ».