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À vos agendasActivités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique - ART ET SOLIDARITE Art sans margesLe Centre de Recherche et de Diffusion « Art en marge » et Culture et Démocratie organisent une rencontre-débat « Art sans marges », le jeudi 11 janvier 2007, de 18h à 22h, chez « Art en marge », rue Haute 312 – 1000 Bruxelles - www.artenmarge.be). L'asbl Art en Marge - Centre de Recherche et de Diffusion d'art outsider - défend depuis sa création en 1986 des artistes qui ne s'inscrivent pas dans le circuit culturel officiel. Ces créateurs autodidactes – également appelés " outsiders ", travaillent isolément ou dans des ateliers créatifs pour personnes malades ou handicapées mentales. Par des expositions, des publications et une collection qui compte à ce jour plus de 1500 oeuvres d'artistes belges et internationaux, le Centre présente au public des oeuvres qui sont des alternatives saisissantes à nos évidences culturelles. En 2006, Art en Marge fête ses 20 années d’activités et, à cette occasion, ajoute un S au mot Art et s’aventure dans une programmation qui part à la découverte d’autres disciplines. La rencontre-débat organisée dans le cadre de l’exposition « L’art sans marges - Qu’est-ce qu’elle a ta gueule ? », proposée par l’artiste plasticien Jacques Lennep autour du thème du visage, de la figure, s’adresse aux acteurs qui se confrontent à ces expressions issues de la marginalité. Des artistes, des animateurs d’atelier, un journaliste, un psychiatre, un psychanalyste et un directeur de musée d’art contemporain témoigneront de leur vision, de leur approche ou de leur lecture de cet art. Programme : Le débat sera modéré par Georges Vercheval, président de Culture et Démocratie. L‘entrée est gratuite, mais le nombre de places étant limité, elle sera réservée aux personnes qui se seront annoncées. Inscriptions : Culture et Démocratie
(cultureetdemocratie@scarlet.be
- 02/502 12 15) - ART ET SOCIETE L'Art au SénatA l'exception des sénateurs, des membres du personnel de l'institution et des journalistes, peu de gens savent que les couloirs, salles de réunion et salons du Sénat abritent une collection d’œuvres d'art importante, et très diversifiée, ces oeuvres revêtant également un intérêt historique et politique. Elles sont, chacune à leur manière, étroitement mêlées à l'histoire de la démocratie belge. À l'initiative de la commission Art au Sénat, des visites guidées artistiques seront organisées, le vendredi soir et le samedi, du 20 janvier au 3 mars 2007. Sous la conduite d'un guide, les groupes de visiteurs pourront découvrir le patrimoine artistique de la Haute Assemblée. Bien que la collection ne puisse être considérée comme représentative de l'art en Belgique, le parcours proposé offrira aux visiteurs un aperçu original de l'art belge des 175 années écoulées. Ils pourront ainsi admirer des oeuvres réalisées notamment par Louis Gallait, Thomas Vinçotte, Jakob Smits, James Ensor, Valerius de Saedeleer, Léon Spilliaert, Georges Minne, Paul Delvaux, Henri-Victor Wolvens, François Schuiten, Dan Van Severen, Paul Mariën, Jacques Charlier, Jean-Pierre Ransonnet. Ces visites guidées gratuites seront organisées sur demande à l'intention de groupes de 16 personnes maximum. À cette occasion, le Sénat, les Éditions Racine et les Éditions Lannoo ont publié un ouvrage présentant cent oeuvres d'art majeures de la collection. Ce livre coûte 20 €. Il est en vente au Sénat (M. De Meerleer, rue de Louvain 7, 1000 Bruxelles, 02 501 73 65). - PRATIQUES CULTURELLES Mieux vaut l'art que jamais (suite et fin)L'exposition d'œuvres de la collection des Centres d'Expression et de Créativité de la Communauté française, sélectionnées par le plasticien Johan Muyle, à l'occasion du trentième anniversaire des CEC, prend ses quartiers au Centre culturel Jacques Franck (chaussée de Waterloo, 94 à 1060 Bruxelles), du 15 décembre au 7 janvier 2007. « Derrière le sigle CEC se cache un dispositif relevant du Service de l'Education permanente.Depuis les années septante, les Centres d'expression et de créativité sont le creuset de pratiques socio-artistiques sur base de projets, quels que soit la discipline : arts plastiques, stylisme, écriture, son, théâtre, arts du cirque, cinéma d'animation,... adultes ou enfants, valides ou handicapés, aisés ou fragilisés, les publics sont aussi divers que les ateliers, implantés sur tout le territoire de la Communauté française. En région rurale comme en zone urbaine, les CEC participent à la dynamique culturelle de proximité.» Formation « Découverte et premiers pas »Kalame est une association d'animateurs d'ateliers d'écriture qui a pour objectifs à la fois d'informer sur le secteur et de favoriser la formation continuée des animateurs. Kalame a élaboré, avec le Service Formation des Cadres culturels de la Communauté française, un programme de formation intitulé « Découverte et premiers pas » qui aura lieu chaque lundi entre le 15 janvier et le 19 mars. L'objectif de cette formation est de donner aux participants des outils, non pas pour animer des ateliers, mais pour en concevoir, en accueillir, en organiser et en faire la promotion. En effet, l'expérience des animateurs d'ateliers d'écriture de Kalame montre clairement que la qualité du travail effectué dépend aussi des partenaires (professeurs, bibliothécaires, animateurs divers...) qui « accueillent » ces ateliers et leur connaissance spécifique du secteur. Cette formation est également destinée à des personnes qui animent déjà mais désirent mieux appréhender le secteur dans sa globalité. Il reste encore quelques places pour participer à cette formation. Infos : Service Formations des Cadres culturels
de la Communauté française – Pascal Claude (02/413
24 71) ou www.fcc.cfwb.be Présentation de la Revue Art&Fact 25 et projection du « best off » du Festival du Film lourd et d'essaiA l'occasion de la sortie de la revue Art&Fact n°25 consacrée à la création hors norme, Art&Fact et le Mad (Musée d’art différencié) organise la projection d'une série de films rassemblés par Bouli Lanners, le réalisateur d'Ultranova, le vendredi 19 janvier 2007, à 19h, au Madmusée (Parc d'Avroy), en présence du réalisateur et de Lémi Cétol. Depuis le début des années 1990, au sein du Festival du Film lourd et d'essai, puis du Festival de Kanne, Bouli Lanners s'est passionné pour des films délaissés par le circuit traditionnel. Au fur et à mesure de rencontres et de recherches souvent hasardeuses, il a découvert, puis organisé la diffusion de films « expérimentaux », « spontanés » ou « lourds » parmi lesquels il nous propose ses coups de cœur. Cet événement est jumelé au vernissage de deux expositions organisées par le Madmusée : des mots, une présentation d’œuvres des collections permanentes sur le thème de l'écriture, et Les jouets de Franco Bellucci, la toute première présentation des objets qu'il crée au Centre Basaglia à Livourne en 1999. La Revue Art&Fact n°25, Hors normes, rassemble des articles de Laurent Danchin, Erwin Dejasse, Brigitte Van Den Bossche, Jecques Lennep, Bouli Lanners... Coups de cœurPrésentation d'expériences intéressantes. - ACCES Répertoire des ateliers créatifs bruxellois – Article 27L‘asbl Article 27 se donne pour mission de sensibiliser et de faciliter l'accès à toute forme de culture pour toute personne vivant une situation sociale et/ou économique difficile. Elle a créé un répertoire rassemblant les propositions d’ateliers créatifs d’une cinquantaine d’institutions ou associations culturelles bruxelloises. Celles-ci sont regroupées par communes et proposent des ateliers pour enfants, adolescents et/ou adultes. L’offre de disciplines artistiques couverte par les ateliers est très large : du cinéma aux arts plastiques, en passant par le chant, le stylisme, la céramique, la création de costume, la danse. Les associations ont été sélectionnées en fonction de leur projet pédagogique (souci de toucher tous les publics, ateliers animés par des artistes professionnels…) ainsi qu’en fonction du coût de leur activités (maximum 200 € pour la poursuite d’un cycle d’ateliers dans une association). Il constitue un outil pour les travailleurs sociaux dans leur travail de sensibilisation à la culture : il leur permet de répondre de manière adaptée aux demandes culturelles et artistiques de leur public. www.article27.be – rubrique outils Faits et opinions« Bruxelles et la réalité du surréalisme. Réflexions d’un Bruxellois néerlandophone sur la vie culturelle de notre ville »Le 16 octobre 2006, une rencontre débat « Vivre ensemble dans la ville. La culture à Bruxelles : Urbaine ? Interculturelle ? Intercommunautaire ? » a été organisée à la Maison du Spectacle-la Bellone, en collaboration avec Culture et Démocratie et Zinneke asbl/vzw. Le compte-rendu se trouve sur le site Internet de Culture et Démocratie (www.cdkd.be - rubrique pratiques culturelles – actions). Voici ci-dessous l'intervention de Geert Cochez, coordinateur de Brussels Kunstenoverleg. Il était une fois Bruxelles 2000, Bruxelles ville européenne de la culture. Une année charnière puisque, pour la première fois, les diverses autorités bruxelloises avaient décidé de soutenir conjointement un projet culturel d’envergure. C’était aussi la première fois que le secteur culturel était mobilisé à une telle échelle pour un projet bilingue et intercommunautaire. La Zinneke Parade faisait également sa première apparition. Où en sommes-nous aujourd’hui, cinq ans après Bruxelles 2000? Les choses ont-elles beaucoup bougé dans le secteur de la culture? Avons-nous progressé ou, au contraire, régressé ? Une dynamique indéniable, celle du dialogue intersectoriel, s’est instaurée après Bruxelles 2000. Les acteurs culturels, tant du côté néerlandophone que du côté francophone, ont pris progressivement conscience que la collaboration pouvait être bénéfique. Ou, mieux encore, que dans une ville complexe comme Bruxelles, le secteur culturel avait la responsabilité de gérer délibérément cette réalité urbaine. C’est ainsi que naquirent le Brussels Kunstenoverleg et le Réseau des Arts à Bruxelles. Ces deux initiatives aspirent à créer, par le biais de la concertation et de la réflexion, un secteur culturel et une politique de la culture répondant au caractère multiculturel, international et, partant, plurilinguistique de la pratique artistique dans notre ville. Si ces deux réseaux visent une collaboration étroite, leur approche respective ne se fait pas toujours à la même vitesse. Les membres du Brussels Kunstenoverleg et du Réseau des Arts à Bruxelles n’ont tenu leur première assemblée plénière commune qu’à la fin du mois d’octobre 2006… BRXLBRAVO est le projet le plus marquant né de la concertation
sectorielle. Cet événement associe un maximum d’artistes
bruxellois dans la mise sur pied d’une fête des arts
fondée sur une approche conjointe dépassant clairement
les clivages communautaires. Après un premier essai lancé
en février 2005, nous nous préparons à accueillir
la deuxième édition au mois de mars 2007. BRXLBRAVO
est la petite sœur de la Zinneke Parade, devenue au fil des
ans un réseau étendu, un réseau qui a su contourner,
à grande échelle, les frontières communautaires. Cependant, la politique ne suit pas. Ou pas encore ! Bruxelles compte plus de quarante responsables politiques de la culture sur son territoire, un nombre impressionnant de ministres et une kyrielle d’échevins. A aucun moment, ces ‘corps constitués’ ne se sont rencontrés pour procéder à un échange de vues en la matière ! C’est regrettable, à tout le moins. Jamais non plus, nous n’avons assisté à une concertation entre les commissions culturelles de la VGC et la Cocof. En 2005, les présidents des assemblées de la VGC et de la Cocof, Jean-Luc Vanraes et Christos Doulkeridis, annonçaient avec enthousiasme un accord de collaboration entre les deux institutions. Un an et demi après, le projet n’a toujours pas franchi le stade de la théorie. Nos ministres communautaires de la Culture, Fadila Laanan et Bert Anciaux, planchent actuellement sur un accord culturel entre les communautés – ou c’est du moins ce qu’ils nous laissent entendre régulièrement. Mais, pour l’instant, nous restons sur notre faim. L’accord, en 2005, en faveur d’une gestion co-communautaire du centre artistique Flagey était un prologue prometteur mais se révéla, dès le premier acte, une entreprise hasardeuse. Dans le secteur de l’art, le rapprochement entre artistes de culture ou d’expression différente est on ne peut plus naturel. Ces différences sont considérées comme une richesse. Mais qu’en est-il dans les autres secteurs du non-marchand ? Notre législation en matière d’enseignement exclut par définition tout rapprochement entre l’enseignement néerlandophone et francophone. Dans l’école que j’ai fréquentée, une ligne de peinture blanche tracée sur le sol séparait la cour de récréation en deux zones, l’une pour la section néerlandophone, l’autre pour la section francophone. Et vous n’aviez pas intérêt à franchir cette frontière ! Dans le domaine socioculturel, les connexions semblent faire plutôt
l’exception que la règle. La vie associative est, traditionnellement,
fortement liée à une communauté bien que, là
aussi, de plus en plus de ponts aient été jetés
ces dernières années, comme l’illustre Bruxelles
en Couleurs. Cette approche a toutefois fait l’objet d’un
rapport négatif de la part de la Cocof : les budgets de la
Cohésion Sociale, précise la loi, doivent être
attribués à des initiatives francophones unilingues.
Dans ce cas, mieux vaudrait parler de cohésion monocommunautaire
! À Bruxelles, Flamands et Francophones vivent davantage dans des mondes ‘séparés’ que ‘différents’. Pas vraiment différents mais non communicants. Cette ‘apartheid’ est une caractéristique plus essentielle que la différence culturelle. Nous vivons séparés parce que la Belgique législative a scindé les matières personnalisables. Cette construction s’est traduite par l’apparition de deux mondes distincts. Bruxelles est une ville multiculturelle mais, contrairement à de nombreuses autres (grandes) villes aux cultures métissées, elle n’est pas ségrégative sur le plan spatial. Nous côtoyons l’Autre. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs dans une ville mondiale grande comme un mouchoir de poche ? Mais Bruxelles reste cependant une ville fortement ségrégative sur le plan mental. Chaque communauté gravite dans les limites de ses propres réseaux. Les habitués du café De Walvis (aujourd’hui disparu) ne sont pas (devenus) des clients de la maison de thé marocaine située en face. Demandez à 100 Bruxellois flamands et à 100 Bruxellois francophones de désigner leurs lieux de restauration favoris en ville. Vous aurez à coup sûr deux listes complètement différentes. Demandez à toute la Flandre et à toute la Wallonie d’élire leur plus grand belge, l’une optera pour un missionnaire et l’autre choisira un chansonnier. Même notre histoire, nous la vivons différemment. Et c’est bien triste ! Lorsque je parcours l’hebdomadaire francophone Zone 02, je m’étonne toujours de connaître à peine ces Wallons et Bruxellois francophones ‘connus’. Et que dire du fait qu’il existe un ‘Zone zéro-deux’ et un ‘Zone nul-twee’ au contenu différent ? Faut-il en conclure que les récits de la version néerlandophone ou francophone n’ont aucun intérêt pour la ville dans son ensemble ? Pourquoi Télé Bruxelles et tvbrussel ne font-elles jamais de télé ensemble? Il ne faut pas toujours rejeter la faute sur les autres. Je peux, moi aussi, faire mon mea culpa. Ma bibliothèque compte principalement des livres en néerlandais et les ouvrages en anglais surpassent largement ceux en français. Si je fais de temps à autre une incursion dans des théâtres francophones, je dois bien avouer que c’est grâce au kunstenFESTIVALdesArts qui me sert de fil conducteur. Et si j’ai beaucoup de contacts avec des collègues francophones au niveau professionnel, mon cercle d’amis est fortement néerlandophone et comporte malheureusement… peu de gens de couleurs. Je ne connais pas par cœur la date de la fête de la Communauté française pas plus que le début du Ramadan. Et ce dernier point m’amène au véritable défi pour cette ville : imaginer non pas comment Bruxellois flamands et francophones doivent nouer des liens mais bien comment anciens et nouveaux belges doivent cohabiter dans cette région ? Le modèle de deux communautés linguistiques officielles dotées d’une représentation politique propre ne correspond pas à la réalité démographique de la ville. Rien que dans le secteur culturel, ce modèle a pour effet de faire l’impasse sur bon nombre d’expressions culturelles allochtones qui échappent ainsi au circuit officiel subventionné des Communautés flamande et française. Alors, sur quelle voie poursuivre? La caste politique semble incapable de trouver sa place dans la réalité d’une ville métissée et d’accepter la nécessité de vivre ensemble dans la diversité. Soulignons cependant quelques bonnes intentions d’un certain nombre de politiques. Par rapport à l’avant-Bruxelles 2000, des discussions positives entre le secteur culturel et les hommes politiques bruxellois semblent possibles aujourd’hui. Mais lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre ces bonnes résolutions, la machine politique s’enraye. Le système politique, trop souvent bâti sur le passé, reste sourd face à l’avenir. Le débat politique est hostile par nature et l’identité et la vision de l’un tentent de supplanter celles de l’autre. Dans le système électoral actuel, monter au créneau pour sa communauté est payant. Et en conséquence à la complexité du contexte institutionnel bruxellois, l’absurdité est devenue la norme et le surréalisme une réalité de tous les jours. Rares sont ceux qui prennent de la distance pour s’en apercevoir. Et plus rares ceux qui s’y attaquent. S’il faut vraiment que le parlement débatte de l’ordre dans lequel il faut hisser les drapeaux des différentes autorités, alors je trouve qu’il vaut mieux ne pas les sortir de leur armoire. Lorsque des acteurs du secteur culturel se disent favorables à une reconnaissance d’une culture et d’une identité culturelle bruxelloises propres, ils reçoivent trop souvent le même accueil. Comme si nous étions de farouches partisans du modèle d’une Communauté bruxelloise unique qui neutralise le rôle des communautés flamande et française à Bruxelles. La réalité est plus nuancée. Personnellement,
je ne suis pas favorable à un transfert total des compétences
culturelles à la Région. Non seulement parce qu’il
s’agit d’un scénario irréaliste nécessitant
une réforme fondamentale de l’État qui va à
l’encontre de la tendance dominante, mais surtout parce qu’il
pousserait Bruxelles à se replier sur elle-même. En
tant que plus grande ville de notre territoire, il importe que nous
maintenions le lien avec les régions limitrophes. Bruxelles a besoin d’une politique culturelle transcommunautaire. En plus d’une politique légitime émanant de chaque communauté, encourageons une vision partagée de la vie culturelle à Bruxelles, où la culture n’est pas uniquement considérée comme une matière ‘communautaire’, mais également comme une matière ‘commune’. Veillons à gratifier le secteur d’une meilleure adéquation des politiques menées par les diverses autorités en mettant en place un modèle de concertation et de collaboration qui en soit le garant. Quant à savoir quel modèle s’y prête
le mieux, il y a matière à discussion : activer la
culture au sein de la Commission communautaire commune ? Transférer
la compétence du secteur culturel bicommunautaire à
la Région ? Mettre sur pied une nouvelle communauté
bruxelloise dotée de compétences culturelles propres
? Créer un accord de collaboration fort entre la Communauté
flamande et la Communauté française? Conclure un accord
spécifique sur Bruxelles ?… Il me semble dès lors que la question essentielle est de se demander ce que nous pouvons faire en tant que secteur culturel : 1) Nous devons poursuivre sur le terrain culturel dans la direction empruntée et veiller, en tant qu’acteurs de la culture dans la ville, à faciliter davantage les échanges intercommunautaires et interculturels et les collaborations. 2) Comment créer une image de la culture partagée pour notre ville ? Comment souhaitons-nous compléter l’offre de Bruxelles en matière de tourisme culturel? Comment mettre en place une communication culturelle à la fois coordinatrice et plurilinguistique ? 3) Pouvons-nous intensifier encore la collaboration entre les réseaux culturels du côté néerlandophone et du côté francophone? Et comment promouvoir le maillage interculturel en dépassant les clivages des deux communautés linguistiques officielles? Dans son ouvrage intitulé ‘Interculturele intoxicaties’, Erwin Jans fait également un brillant plaidoyer en faveur d’une consommation volontaire et immodérée de la diversité. 4) Je conclus en mentionnant Jude Bloomfield, chercheuse dans le domaine de la culture urbaine et spécialisée dans l'interculturalisme. Elle souligne l’intérêt de parvenir à des ‘espaces sociaux partagés’ (shared spaces) et le rôle que les artistes et le secteur culturel peuvent jouer à cet égard. Selon elle, il faut parvenir à une transformation interculturelle de nos institutions culturelles. ‘Repenser’ notre terrain d’action et pour cela créer le lien avec le monde universitaire et la politique urbaine. Elle encourage l’exploration d’éléments qui évoluent sous le radar (scouting below the radar), soit une quête d’autres connaissances et d’autres formes d’expressions culturelles dans les communautés allochtones. Mais il faut aussi rechercher des talents interculturels, des gens qui réussissent à jeter des ponts et peuvent servir d’interprètes entre les diverses communautés culturelles. Ces pratiques existent à Bruxelles, le tout est de les multiplier sans modération. Bref, le travail ne manque pas. Dernières nouvellesActualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations… - PRATIQUES CULTURELLES BRXLBRAVO à la recherche de bénévoles et/ou de stagiairesPour la mise en place de la prochaine fête des arts à Bruxelles, les 2, 3 et 4 mars 2007, BRXLBRAVO est à la recherche de bénévoles et/ou stagiaires et/ou collaborateurs enthousiastes d'institutions participantes désireux de s'investir dans cette aventure. L'asbl recherche idéalement des candidats maîtrisant le français, le néerlandais et l'anglais et jouissant d'une formation en relations publiques, communication, ou assimilée. Vous pouvez les aider dès maintenant, pour un travail de communication (brochure, site web, dossier de presse, diffusion, distribution...) ou d'aide à la production de projet, ou lors du week-end BrxlBravo, les 2, 3 et 4 mars 2007. La fête des arts à Bruxelles, c'est quoi ? Une fête entièrement dédiée aux arts dans une ville bouillonnante de talents et de défis. Durant trois jours, partout dans la ville, à l’intérieur comme à l’extérieur, assistez à une multitude d’événements dans une explosion de couleurs, musique, danse, théâtre,... ! Un pass unique vous permet d’accéder à tout. Bruxelles : percutante, effrontée, impertinente, éclatante ! - ART ET SOCIETE 50 ans des Traités de Rome - Concours de photographies au SénatLe 25 mars 2007, les Traités de Rome auront exactement cinquante ans. Ces traités sont la base de l’Europe unie dont beaucoup rêvaient déjà à cette époque. Pour souligner l'importance de ce cinquantième anniversaire, le Sénat organise un concours de photographies. Le thème de cette compétition sera "l'Europe", considérée à partir de ses populations, de ses Institutions,.. et même de sa gastronomie ! Le concours est ouvert à tous, photographes professionnels, amateurs, jeunes photographes. L'échéance pour la remise des envois est le 2 février 2007. Inscriptions et règlement sur www.senat.be Remise du prix Régine Orfinger-Karlin au collectif Flexblues et à son porte-parole : Bob le précaireLa Ligue des droits de l'Homme a remis ce 7 décembre son 6eme prix Régine Orfinger-Karlin, récompensant une association ou une personne s'étant distinguée par son action en faveur de la promotion des droits humains. Le prix a été remis à "Bob le précaire", représentant et porte-parole du collectif Flexblues. Ils sont primés pour l'action originale et décalée qu'ils ont menée, avec succès, contre le travail précaire en 2006. En décembre 2005, une enquête est commandée par la fondation Free pour évaluer "l'esprit d'entreprendre" des jeunes Wallons et Bruxellois. L'institut de sondage qui a remporté l'appel d'offres embauche alors 40 jeunes, étudiants ou chômeurs, dans des conditions déplorables. Pas de contrat de travail, une rémunération forfaitaire correspondant, au vu du nombre d’heures nécessaires pour réaliser les enquêtes, à un salaire horaire de 4 €, pas de prises en charge des frais liés à l'activité demandée et la possibilité pour l'employeur de considérer comme "invalide" le travail effectué, donc de ne pas le rémunérer, direction n'hésitant pas à pousser au travail au noir… Autant d'éléments particulièrement révélateurs de la précarité de ce travail. Face à l'isolement des travailleurs engendrant un rapport de force biaisé avec l'employeur, un certain nombre de personnes se sont fait engager dans l'intention de provoquer un mouvement d'un nouveau genre. Ce mouvement, appuyé par le collectif Flexblues et représenté par Bob le précaire, personnage sans sexe ni nationalité, organise une rétention des résultats de l'enquête et négocie avec l'employeur sans jamais qu'aucun participant ne soit identifié formellement – Bob est multi-identitaire : il est chaque travailleur. Inédite, à la fois visible et invisible, anonyme et collective, cette initiative, en (re)créant du lien social entre salariés, leur a permis d’obtenir satisfaction quant à leurs revendications légitimes. Cette action novatrice, contre une situation exceptionnellement précaire, a fait preuve d'une efficacité redoutable. Le combat que mène Bob le précaire est celui de la résistance aux atteintes de plus en plus nombreuses aux droits économiques et sociaux. C'est pourquoi la Ligue des droits de l'Homme lui a remis, lors d'une cérémonie au Musée national de la Résistance, le prix Régine Orfinger-Karlin, doté d’un montant de 2000 €. Cette somme permettra à Bob le précaire et au collectif qui le représente d'inscrire leurs actions sur le long terme et de les étendre à de nouveaux secteurs économiques à forte précarisation ajoutée. - ART ET ECOLE Carrefour de la cultureL’objectif de cet espace internet proposé sur le site www.enseignement.be est de mettre en relation les enseignants de toutes disciplines qui intègrent des activités culturelles dans leur pratique pédagogique quotidienne. Concrètement, les professeurs ont la possibilité d’y déposer des fiches descriptives de séquences, dans un esprit de partage et d’échange. Ils peuvent également signaler succinctement des manifestations susceptibles d’intéresser leurs collègues, indiquer des adresses de sites où ils présenteraient des activités de leurs élèves, annoncer des événements artistiques réalisés par ceux-ci. Nous espérons ainsi multiplier les contacts entre les deux mondes complémentaires que sont celui des arts et de la culture d’un côté, et celui de l’enseignement, de l’autre. Quel que soit leur développement, tous les projets sont les bienvenus: il n'est pas nécessaire qu'il s'agisse d'une activité longue, ou mettant en action de nombreux intervenants, ou ayant débouché sur une production spectaculaire. http://www.enseignement.be/prof/espaces/sec/culture/index.asp "Creative Ways to Mozart "Comment susciter l'intérêt de la génération iPod pour la musique de Mozart ? Comment combiner le hip-hop et l'opéra? Dans "Creative Ways to Mozart", la publication de RESEO retrace une année de démarches créatives en Europe pour attirer les jeunes à l’opéra. Le Réseau Européen des Services Educatifs d'Opéra explore les différentes approches de l'opéra et de l'éducation mises en oeuvre par ses membres (cinquante maisons d'opéra dans 19 pays européens). Ce projet a pu être mené à bien grâce au soutien du programme cadre Culture 2000 de la Commission européenne et de FEDORA, par le biais du Fonds Rolf Liebermann. Cette publication est disponible sur simple commande. - ACCES Plan des Musées de BruxellesLa troisième édition du Plan des Musées de Bruxelles vient de sortir. Il est publié par le Conseil bruxellois des Musées, en collaboration avec la STIB. Il s'agit d'un outil indispensable et très pratique pour les amateurs de culture et les touristes qui désirent découvrir la capitale. Les 83 musées localisés sur le Plan témoignent d'une incroyable richesse et variété. On retrouve les grands classiques, comme le Musée du Cinquantenaire, les Musées royaux des Beaux-Arts ou le Musée de l'Afrique, mais également des musées insoupçonnés qui méritent certainement le détour : le site archéologique de Bruxella 1238, le musée interactif Scientastic, le Musée de l'Informatique ou le Musée de la Banque Nationale. Cette troisième édition présente aussi seize « nouveaux » musées tels que l'intime Maison-Atelier Géo De Vlamynck, la magnifique collection d'horloges du Clockarium, le singulier Musée d'Art Fantastique ou l'Aquarium public de Bruxelles. Ce plan est trilingue (français, néerlandais et anglais) et gratuit. Il est disponible dans les musées de Bruxelles, dans les gares principales et les services du tourisme (Grand-Place – 02/513 89 40). - DIALOGUE INTERCULTUREL Haïti – Matériel de théâtre et de peinture – Appel aux donsLa Compagnie Nife de théâtre et d'arts visuels représentée par l'artiste haïtien Jean-Marc Voltaire dont les oeuvres sont actuellement exposées à Echanges et Synergie, lance un appel pour récolter du petit matériel difficile à trouver en Haïti : tubes de couleur acrylique, toiles, pinceaux, matériel de maquillage, livres d'art, chaînes stéréo, matériel de projection audiovisuel. Vous pouvez déposer vos dons à Echanges et Synergie, rue du Germoir, 4/6 à 1050 Bruxelles pendant les heures d'ouverture de l'exposition « Libertinages » où se trouve Jean-Marc Voltaire (qui retourne en Haïti le 24 décembre). Infos : Echanges et Synergie (02/646 52 42 – http://perso.infonie.be/easy/) Nouveaux sites à consulter !www.ocmw-info-cpas.be est un site bilingue contenant une information fiable, lisible et actualisée sur les différentes aides offertes par les 19 CPAS de la Région de Bruxelles-Capitale. Pour ne pas rester sur sa faimUn choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie » Remarque concernant cette rubrique – newsletter n°10 : Nous tenons à préciser que la revue Cassandre est distribuée en Belgique par les Editions du Cerisier à Cuesmes. Guide des résistances à l’extrême droiteABRAMOWICZ, Manuel – Guide des résistances à l’extrême droite – Préface de Xavier MABILLE – Pour lutter contre ceux qui veulent supprimer nos libertés – Editions Labor et RésistanceS, asbl – Bruxelles – Belgique – 2005 – 246 pages + Tables – ISBN : 2.8040.2149.1 Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un livre qui est aussi un outil pédagogique pour réfléchir aux moyens de résister à la montée de l’extrême droite, dans notre pays. Manuel ABRAMOWICZ se définit à la fois comme militant et travailleur social. Il a été membre de la direction du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX – Bruxelles). Il participe à l’implantation en Belgique de SOS Racisme. En 1997, il crée le journal RésistanceS, dont il coordonne depuis l’équipe de rédaction. La mise en page du livre est agréablement distribuée. Le caractère est lisible. Un format « grande poche ». Edition soignée, avec confort et sans luxe inutile. Dos carré-collé. Commentaire : Le livre de Manuel ABRAMOWICZ présente plusieurs atouts à mes yeux. À aucun moment je n’ai eu le sentiment d’un propos manichéen ou bien-pensant. Et en cela il se singularise d’autres éditions sur le sujet ; car malheureusement beaucoup de livres qui prétendent nous aider à lutter contre l’extrême droite ont ce défaut. Ici, les arguments construits et présentés par Manuel ABRAMOWICZ offrent une grande fermeté, sans jamais laisser supposer qu’on puisse être satisfait de la démocratie dans ses formes et ses fonctionnements actuels. Cette économie de l’argumentation est très bien conduite et je la trouve régulière et pertinente ; elle atteint pleinement ses objectifs : le problème n’est pas d’opposer les « bons démocrates » contre les « mauvais extrémistes de droite ». Le problème est bien plus concret : il s’agit de constater que l’extrême droite menace nos libertés et nos droits fondamentaux et d’examiner comment elle procède à cette fin et comment défendre nos libertés et nos droits. Le livre proposé est un outil pédagogique bien conçu où trouver aisément de très nombreuses informations clairement rédigées, accessibles et utiles : des questions, des réponses, des pistes d’actions, des adresses, des sites Web, des définitions, des témoignages, des livres et des articles de références, des films, une chronologie, un index. Un des meilleurs ouvrages sur le sujet. C’est un peu « le guide du routard » de la résistance à l’extrême droite. Je recommande activement. [Notice mise à jour : Mons, le 14 décembre 2006, Roland de Bodt] Publics : Tous publics intéressés à partir de l’enseignement secondaire supérieur. Enseignants, directions d’établissements scolaires, animateurs, travailleurs sociaux, artistes, cadre des administrations publiques, acteurs politiques, militants syndicaux – Mots clés : citoyenneté – chômage – culture – crise économique – démocratie – élections – extrême droite – idéologies – inégalités – intégrismes – libertés – militance – politique – populisme – racisme – résistances – vie associative – Site Web à consulter : www.resistances.be Contenu de l’édition : Préface de Xavier Mabille, de l’information comme prévention et comme arme défensive (7) – Tous concernés contre l’extrême droite et pour un « monde meilleur » (9) – Avertissement (11) – Première partie (13) – Pour mieux comprendre l’extrême droite – Chronologie de l’extrême droite belge (15) – Evolution électorale de l’extrême droite dans trois communes aux élections communales, de 1982 à 2000 (27) – Evolution électorale de l’extrême droite dans trois cantons aux élection régionales, de 1995 à 2004 – Nombre d’élus d’extrême droite (28) – 21 questions directes et 21 réponses claires – 1. Pourquoi parler de l’extrême droite ? (29) – 2. L’extrême droite ? C’est quoi, au fond ? (30) – 3. Pourquoi l’extrême droite a-t-elle tant de succès aujourd’hui ? (32) – 4. Quelles différences entre l’extrême droite flamande et francophone ? (33) – 5. Pourquoi l’extrême droite francophone est-elle totalement divisée ? (35) – 6. Extrême droite = nazisme ? (37) – 7. L’extrême droite est-elle raciste ? (43) – 8. L’extrême droite est-elle vraiment dangereuse ? (48) – 9. L’extrême droite est-elle hors la loi et ses militants des délinquants ? (56) – 10. Vous avez dit « partis non démocratiques » ? (58) – 11. Prolos et bourgeois, ils votent aussi pour les fachos ? (59) – 12. La place des femmes : à la cuisine ? (63) – 13. L’extrême droite est-elle moderne ou représente-t-elle toujours un monde révolu, rétrograde ? (66) – 14. Extrême droite et intégrisme, le retour des fous de Dieu ? (68) – 15. Les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ? (73) – 16. Partis d’extrême droite : d’où leur vient l’argent ? (75) – 17. Les partis d’extrême droite intoxiquent-ils l’opinion publique ? (77) – 18. Les médias sont-ils complices ? (79) – 19. Les partis démocratiques font-ils le jeu de l’extrême droite ? (86) – 20. L’extrême droite influence-t-elle le monde politique ? (91) – 21. Faut-il interdire les partis d’extrême droite ? (93) – Deuxième partie (101) – Pour poursuivre le combat (103) – Les quatorze pistes citoyennes pour lutter contre l’extrême droite (105) – 1. Lisez des livres pour mieux comprendre l’extrême droite (107) – 2. Contactez les centres d’information et de documentation et organisez des conférences débats (135) – 3. Organisez des débats autour d’un film ou d’un document audiovisuel (144) – 4. Portez le triangle rouge (152) – 5. Organisez une rencontre avec d’anciens résistants, combattants ou déportés (154) – 6. Organisez la visite d’un lieu de mémoire (156) – 7. Déposez plainte contre l’extrême droite (176) – 8. Réalisez un tract antifasciste (181) – 9. Défendez votre vie privée (183) – 10. Contactez les médias et agissez à travers eux (184) – 11. Sensibilisez votre libraire (192) – 12. Mobilisez les différents autres secteurs économiques ; adressez vos courriers de protestations auprès des diffuseurs de tracts racistes et d’extrême droite (194) – 13. Interpellez tous les partis politiques (200) – 14. Agissez dans des associations citoyennes et militantes (212) – RésistanceS, présentation (233) – Index (239) – Table des matières (non numéroté). Culture et Démocratie Cette lettre d'information a été réalisée par Séverine Monniez, Marie Poncin et Georges Vercheval, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim ». |