Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°12 - 31/01/2007

A propos d'images et du droit à l'image

Il y a trois ans, dans le cadre de rencontres de professionnels de l’image, à Perpignan, un photographe français annonçait à ses collègues incrédules qu’il était poursuivi en justice pour avoir, alors qu’il travaillait pour les GR (chemins de grandes randonnées), fait des images d’un champ de lavandes et d’une « borie » (abri en pierres sèches), les propriétaires dénonçant une utilisation "abusive" de leur bien…

Ce n’est pas une première. La photographie, pour certains, est assimilée à un délit, même si elle se situe loin des pratiques de paparazzi. Il pouvait s'agir, en effet, de personnes apparaissant fortuitement sur une photo, ou d’un bâtiment comme l’Atomium (architectes sourcilleux)…, ou encore de l’éclairage « créatif » d’un monument (la citadelle de Namur, la Tour Eiffel). Tout cela met évidemment en question la nature même des images proposées dans les médias. Une rentrée des classes ? Oui, mais elle sera autocensurée : les gosses seront flous ou vus de dos !

Voici pourtant une bonne nouvelle, relayée par la revue électronique photographie.com, que nous citons : le tribunal d’Avignon a tranché dans « l’affaire de la borie ». Extrait du jugement :
"Attendu sur le fond, que le propriétaire d’une chose ne dispose pas d’un droit exclusif sur l’image de celle-ci. Qu’il peut toutefois s’opposer à l’utilisation de cette image par un tiers lorsqu’elle lui cause un trouble anormal..."
"Attendu que les propriétaires ne démontrent pas l’existence d’un trouble anormal puisque le borie litigieuse qui participe par son originalité archéologique au patrimoine régional ne constitue pas leur domicile privé; qu’il s’agit d’un espace de garrigue inhabité dont les abords sont accessibles au public par un sentier de GR; qu’il s’agit d’un bien exposé à la vue de tous depuis la voie publique, et de tous les terrains contigus non clôturés que peuvent parcourir les promeneurs dans le périmètre du Parc Régional du Luberon."...
« Par ces motifs, le tribunal, statuant en audience publique en premier ressort et par jugement contradictoire; Déboute les plaignants de toutes leurs demandes et les condamne à payer (à ceux qu’ils assignaient) une somme de 1000€ à chacun à titre de dommages et intérêts, et, une pareille somme de 1000€ à chacun au titre des dispositions de l’article 700 du nouveau code de procédure civile. Condamne les plaignants aux dépens avec droit de recouvrement direct au profit des avocats de la cause. Rejette toutes les demandes plus amples ou contraires ».

Une bonne nouvelle, donc. Ce jugement devrait faire jurisprudence. Pour en savoir plus, voir www.photographie.com. On peut aussi, pour une vision plus large de ce qui concerne l'éthique et l'esthétique du photojournalisme, retourner au n° 4 du Journal de Culture et Démocratie.

Georges Vercheval

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Art et Société
  • Art et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Art et Ecole
  • Dialogue interculturel
  • Accès à la culture
  • Pratiques culturelles et engagement

À vos agendas 

Activités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique

- ART ET SOCIETE

Art ? Editions-Sédition

Le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Louvière, présente, dans la grande salle du deuxième étage, celle aux colonnes tronquées, une initiative originale due à Alain Buysse, photographe, lithographe, sérigraphe, agitateur-éditeur à Lille, qui a sollicité l’implication de quatre-vingt artistes au départ de l’idée « Qu’est-ce que l’art ? ». Réponses en 118 affiches, imprimées de 1997 à 2006. Contradictions, recherches et références. En exergue : « L’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », (affiche n° 0), slogan de Robert Filliou. Un « hold-up mental » (76), selon Elisa Blanc-Bernard ! Pour Mark Brusse « l’art heureusement n’est pas raisonnable » (23)...

Visages dans la foule anonyme (Anne Deguelle, affiches 51 et 52). À l’acrostiche A R T, de Michel Butor ( 95), répond en écho l’affiche 111, celle du collège Mitterand de Thérouanne (23 classes, les professeurs, 547 élèves).

« Tous unis derrière le gloupier » (53) Jacques Charlier. « Tout doit disparaître », clame Magali Claude (46). L’affiche peut être séditieuse, en effet, et troquer l’enjeu commercial au profit du social ! Toroop & Glabel, (la typographie prend le pouvoir, en vert sur fond rouge), précisent que « Le 5% le plus riche de la planète accapare 85% du produit mondial. Le 5% le plus pauvre n’en recueille que 1,4%. Statistique 1994 » (61). Et aussi que : « Pour nous préparer à la réalité virtuelle intégrale, on nous a offert de belles allégories fin de siècle comme le Suaire de Turin, Disneyland et Timisoara » (60).

Dangereuse, l’exposition ? Peut-être. Antoni Muntadas cueille un slogan à la craie sur un mur en pierre de France éclairé en lumière rasante, à Arles, et confirme : « Tout est politique »…
- Jusqu’au 15 avril 2007, au Centre de la Gravure, rue des Amours 10 7100 La Louvière
064 27 87 27 www.centredelagravure.be (à voir dans le même temps : Kikie Crèvecoeur, L’œuvre gravé 1986 – 2006).

Journées de réflexion et de travail SMart

Dans le cadre de sa mission de professionnalisation du secteur artistique et culturel, SMart veut stimuler les pouvoirs publics pour qu'une étude socio-économique complète soit réalisée afin d'avoir une vision globale du secteur, de démontrer qu'il est générateur de ressources et d'emplois et de développer des solutions adaptées aux pratiques de terrain.

En avril 2006, au Botanique, SMart a organisé une première journée de rencontres « SMart Day » : « l'artiste, un travailleur (pas) comme les autres » qui abordait différentes thématiques autour de l'économie culturelle, s'entourant d'experts du monde institutionnel et universitaire (DVD sur demande). L'un des constats majeurs de ces rencontres fut la grande diversité de langages entre les acteurs du terrain et le monde institutionnel ainsi que la façon d'aborder les enjeux.

En 2007, SMart organise des journées de réflexion et de travail où l'ensemble du monde culturel et artistique est convié pour s'exprimer sur les réalités des conditions de production dans les différents secteurs artistiques afin d'en mieux comprendre les fonctionnements économiques, social et institutionnel. Ces rencontres auront pour thème : « Quelles conditions pour la production artistique? »

Dates :
A Bruxelles (Maison du Peuple – Parvis de Saint-Gilles, 37 à 1060 Bruxelles) : 24/01 : édition littéraire et audiovisuel; 29/03 : Arts de la Scène; 24/05 : Arts plastiques, arts visuels et stylisme.
En Flandre : 30/01 : édition littéraire et audiovisuel (Handelsbeurs Kouter, 29 à 9000 Gand) ; 4/04 : Arts de la scène (cultuurcentrum Berchem – Driekoningenstraat, 126 à 2600 Berchem) ; 29/05 : Arts plastiques, arts visuels et stylisme (cultuurcentrum Berchem – Driekoningenstraat, 126 à 2600 Berchem).
En Wallonie : 6/02 : édition littéraire et audiovisuel (Les Brasseurs – rue des Brasseurs, 6 à 4000 Liège) ; 14/03 : Arts de la scène (Le Perron de l'Ilon – Place l'Ilon, 17 à 5000 Namur) ; 15/05 : Arts plastiques, arts visuels et stylisme (Place de la Grande Pêcherie – 7000 Mons).
L'un des objectifs sera de tenter de comprendre et peut-être d'expliquer les modes de productions artistiques en termes de création, d'économie et d'emploi. Les conclusions de ces rencontres seront présentées lors du SMart Day 2007 qui se déroulera en septembre 2007.

www.smartasbl.be

La rencontre de Sibiu « Premiers pas dans l’Union Européenne »

Évaluation du rôle des collectivités locales et régionales dans la construction des politiques culturelles européennes depuis l’entrée de dix pays en 2004 ainsi que de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007.

Les Rencontres tiendront la réunion de leur comité le vendredi 9 février 2007, ainsi qu’un séminaire Européen le samedi 10 février 2007 à Sibiu, Capitale européenne de la culture 2007, dans le but d’apprécier les politiques culturelles des collectivités locales des nouveaux Etats membres qui ont rejoint l’Union Européenne en 2004 ainsi que les défis à venir pour la Roumanie et la Bulgarie.

Le Comité des Rencontres regroupe des représentants de villes et de régions d’Europe et du pourtour méditerranéen qui revendiquent l’importance de la construction de politiques culturelles locales et régionales et y collaborent à un niveau européen. Pendant la conférence, les membres auront l’opportunité d’examiner le programme du réseau et de soumettre des suggestions concernant son futur : sera lancée la rédaction du livre blanc de l’action des politiques culturelles des collectivités territoriales en Europe, suite au livre vert paru il y a quelques années.

Les membres Roumains et Bulgares pourront évoquer les moyens par lesquels les rencontres peuvent contribuer à leurs projets, dans le but de développer des politiques culturelles locales dynamiques. Le jour suivant ouvrira le débat aux représentants de tous les autres nouveaux états membres (Chypre, République Tchèque, Estonie, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie), aussi bien qu’à nos collègues Roumains et Bulgares.
Qu’a apporté le processus d’intégration aux États membres qui sont entrés en 2004? Quelles sont les conséquences politiques, économiques et culturelles pour les nouveaux États membres ? En quel sens le processus d’intégration a-t-il affecté les politiques culturelles des villes et régions de ces pays ? Quels sont les espoirs et ambitions des villes et régions roumaines et bulgares dans le cadre de leur adhésion? Comment espèrent-elles développer leurs politiques culturelles en Europe ? Quels sont leurs besoins, quelles difficultés s’apprêtent-elles à rencontrer ? Comment peut-on assurer que ces politiques vont encourager les artistes locaux en les reliant aux débats européens ?

Cette réunion est également ouverte aux professionnels de la culture, aux artistes et experts, ainsi qu’aux individuels qui encouragent la mise en place de politiques culturelles européennes.

Infos : www.lesrencontres.org

 

- PRATIQUES CULTURELLES

Ougrée-Bas : « Pile et Face »

L'exposition Ougrée-Bas : « Pile et Face », se déroule du 12 janvier au 15 février 2007, au Centre culturel de Seraing. Rodolphe Finamore et Alex Radicchi exposent leur travail de photographie. Pendant près d'un an, ils ont arpenté ce quartier situé dans la zone industrialisée d'Arcelor. Ils ont rencontré les habitants de ce quartier, ont partagé les grands et petits événements qui ont émaillé leurs vies, ont photographié cet environnement industriel qui constitue leur décor quotidien. Plus de 80 photos couleur, vivantes et dynamiques, composent un portrait tantôt drôle, tantôt interpellant de ce quartier et de ses habitants qui vivent une situation de profonde mutation territoriale et sociale. L'exposition a été créée en association avec l'asbl Optim@, qui mène différentes actions dans une optique de développement durable dans le quartier d'Ougrée-Bas. Initiative intéressante : des habitants du quartier vont eux-mêmes commenter les photos lors de visites organisées les mercredis après-midi.

www.optima-obs.org

Festival Itinéraires Singuliers 2007 - 5ème édition

Du 23 Janvier au 25 Février 2007 à Dijon, Auxerre, Beaune, Chalon-sur-Saône, Longvic, Semur-en-Auxois, Saulieu… Théâtre, arts plastiques, vidéo, cinéma, musique, chantiers artistiques, débats, ateliers, stages…

Tous les deux ans depuis 1999, le Festival Itinéraires Singuliers tente de réaliser une circulation de toutes les « expressions ». Temps d’expression et de diffusion artistique, pôle de sensibilisation aux oeuvres et aux pratiques artistiques, ce Festival offre un lieu d’échange culturel entre les artistes et tous les publics.

A une époque où l’on parle avec force de l’exclusion, il paraît important de développer des temps forts qui nous interrogent sur les diverses formes de ruptures sociales, sur les raisons qui conduisent à une marginalité subie ou choisie.

Dans cette perspective, Itinéraires Singuliers jette des ponts entre le champ associatif, le monde de l’éducation, le champ sanitaire et social, le monde de l’entreprise et le milieu culturel dans une démarche partenariale, initiant ainsi de nouveaux liens entre art et société.
Autour d’un thème renouvelé à chaque édition, Itinéraires Singuliers affirme, le temps d’un festival, que les arts vivants doivent être un champ de reconstruction unique et un espace de parole et d’engagement. Après le thème de « La Maladie » en 1999, « L’enfermement » en 2001, « Les Peurs » en 2003, « La mise à nu » en 2005, la 5ème édition du Festival a pour thème « L’absence ».

Du 23 Janvier au 25 Février 2007, le Festival Itinéraires Singuliers investit la Ville de Dijon et la Bourgogne (lieux publics, associatifs et culturels) et invente des espaces intermédiaires où des mots, des paroles, des formes innovantes naissent, se croisent et se transmettent.
Quatre semaines pour interroger notre rapport à la différence.

Infos : www.itinerairessinguliers.com

Les enfants de l'atelier des Petits Pas exposent à la Maison Communale de Schaerbeek


Du 24 janvier au 28 février 2007, les flamboyantes créations des enfants de l’Atelier des Petits Pas seront exposées dans le Hall des Echevins, à l’Hôtel Communal de Schaerbeek. C’est le résultat des « ateliers d’expression et de créativité » de l’Atelier des Petits Pas, où s’est éveillée, grâce aux moyens mis à leur disposition et à l’approche pédagogique, la créativité qui sommeillait en eux. Ils se sont exprimés tantôt à travers les œuvres de Matisse, Miro, Paul Klee ; tantôt par des créations sculpturales ; tantôt encore par d’autres techniques… dont eux seuls ont le secret !

L’Atelier des Petits Pas, centre d’expression et de créativité, est situé dans le bas de la commune et travaille depuis dix ans à l’amélioration de la qualité de vie des familles, et tout particulièrement des enfants. C’est Ayse Eryoruk, une jeune femme dynamique, d’origine turque, qui a créé l’Atelier des Petits Pas, avec le soutien de son mari et du Planning Familial Josaphat. En réaction au quotidien d’enfants jouant dans la rue, la saleté et l’insécurité routière, ils se sont donné pour but de leur offrir un espace de jeu structuré et structurant. Aujourd’hui, grâce au travail de tous ses collaborateurs, ce sont des ateliers de haute qualité qui sont mis à la disposition des enfants. Ils peuvent s’y constituer une palette de techniques d’expression qu’ils utiliseront tout au long de leur parcours, jusqu’à l’âge adulte. La « possibilité » d’expression n’est-elle pas la plus grande liberté qui soit… ?

Partant de l’idée que toute valorisation de l’enfant est source d’épanouissement, et l’aide à acquérir de l’estime et de la confiance en lui, l'Atelier a désiré mettre ses travaux à l’avant-scène. Cette exposition à la Maison communale, réalisée avec l’aide de la Commune de Schaerbeek, témoigne de l’appartenance des enfants à la vie publique.

Infos : 02/240.34.99 - www.schaerbeek.irisnet.be ou www.atelierdespetitspas.com

Cours sur Cour

La Maison du Spectacle-La Bellone propose la troisième édition du salon destiné aux futurs étudiants en Arts de la Scène, Cours sur Cour, le samedi 10 février 2007, de 12h à 17h. Comme les années précédentes, le salon réunira les informations concernant les études, les débouchés et les réalités des métiers représentés. Des professionnels seront présents et prodigueront leurs conseils aux visiteurs. Dans la salle de répétition, des leçons publiques de théâtre seront données par Luc De Smet et Frédéric Dussenne. Les visiteurs pourront également apprécier le savoir-faire des étudiants : les jeunes réalisateurs présenteront leurs courts métrages et la Cour de la Bellone sera scénographiée par les étudiants de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre. Enfin, un guide des études en arts de la scène sera disponible et permettra de clarifier le dédale des formations.

www.bellone.be

Festival de Liège

Les scènes du monde et de chez nous s'invitent au Festival de Liège, du 19 janvier au 17 février : un mois de fêtes, de découvertes, de retrouvailles, de réflexions plus fertiles que jamais !
Quoi de mieux qu'un festival pour se rapprocher et s'enrichir, tout en associant l'art et la fête à des prix très démocratiques ? En six ans et quatre éditions, le Festival de Liège a pris de l'ampleur et, comme son directeur, Jean-Louis Colinet, tient aussi les rênes du Théâtre national, il amène également à Bruxelles nombre de spectacles. Le festival continue de jeter l'ancre dans les mêmes eaux vivifiantes : le regard acéré, engagé sur les réalités des temps présents, aux quatre coins de la planète, de l'Iran à la Flandre, avec la radicalité des outils de la scène et la porosité des disciplines - de la danse surtout.

Face à la plantureuse affiche internationale qui nous ramène aussi des spectacles d'Iran - l'adorable Saadi, agence de gaîté -, de Russie, d'Inde, des Amériques, d'Angleterre et de France (nous en reparlerons), la présence des artistes belges s'est accrue, avec une majorité de scènes liégeoises, mais aussi avec le formidable spectacle du Flamand Jos De Pauw, Die siel van die Mier : du théâtre musical qui plante son intelligence, son humour et sa générosité du côté de La Vie des termites de Maeterlinck... Les Wallons, eux, nous offrent la mémoire de l'immigration italienne féminine avec la vitalité chantée du groupe Les Olives Noires ( Montenero 53 ), les marionnettes muettes du collectif Detruitu ( R-9 ) et les Bloody Niggers du Groupov, ce dernier spectacle traitant de « tous ceux qui un jour ou l'autre furent considérés comme une humanité mineure et traités comme telle », comme le précisent ses créateurs, Dorcy Rugamba, Younouss Diallo et Jacques Delcuvellerie. Et, chaque soir, Le Jardin du paradoxe de Michel Antaki fera fleurir les bourgeons de la fête. (Michèle Friche, Le Vif/L'Express, 18 janvier 2007)

www.festivaldeliege.be

- ART ET SOLIDARITE

Les hommes quand même (titre provisoire)

Le projet-quartier du Théâtre Les Tanneurs.
Une création de Xavier Lukomski (artiste en résidence au Théâtre Les Tanneurs)
Depuis longtemps, le Théâtre Les Tanneurs propose ses projets-quartier. Sur base d’une volonté d’ouvrir aux Marolliens, non seulement les portes de la salle, mais aussi celles de la scène, trois projets ont déjà vu le jour (Le Grand Bal des Marolles, Tout le monde s'appelle Martine, Valses de familles).

Lieu de rencontre et de création, le projet-quartier est porté cette saison par Xavier Lukomski. En janvier (26, 27, 31 janvier & 2, 3 février 2007 - 20h30 - 28 janvier & 1er février 2007 - 15h), des femmes viendront vous dire leur vision des hommes. Pour les rencontrer, le metteur en scène s’en prend à la question de la masculinité et de sa représentation dans le vécu et l’esprit des femmes. Ces questions, matière première, vont être tour à tour racontées, réécrites et jouées.

Ce spectacle, que l’on espère décapant, met en scène l’image que ces actrices-amatrices-créatrices ont des hommes et la savoureuse tentative d’incarner cette image, acide ou tendre, et de nous la transmettre. Uniquement des voix féminines donc, toutes générations confondues, qui nous jouent l’homme et se jouent des hommes, sous toutes ses formes. Comme dans un album de famille où chacune projette ses souvenirs. Comme dans une fête de famille, où l’on met une fausse moustache pour faire rire les enfants. Entre intime et imaginaire. Ça devrait être drôle, sans doute parfois un peu ironique. Brutal ? A découvrir.

Infos et réservations : 02/512.17.84 - www.lestanneurs.be

- ART ET ECOLE

Rencontre « Les pratiques artistiques et culturelles des jeunes : mieux connaître pour mieux accompagner »

Le Pôle Culture de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) inaugure, dans le cadre des « Rencontres de l'Hiver à l'Été », un nouveau cycle de réflexion intitulé « Les pratiques artistiques et culturelles des jeunes : mieux connaître pour mieux accompagner ». Le premier volet, « Continuité et/ou ruptures ? » se déroulera les 6 et 7 février 2007 à l'Injep à Marly-le-Roi (France) et posera une série de questions générales sur le rôle des pratiques artistiques et culturelles pour les jeunes générations, sur la réalité d'une rupture avec les générations précédentes et sur l'adaptation des modes d'accompagnement à ces évolutions.
Parmi les thématiques abordées lors de ces deux jours : quelles ont été les évolutions de la place des jeunes dans la société ? Les questions de continuité et de rupture sont-elles pertinentes pour parler des jeunes et aborder leurs pratiques culturelles et artistiques ? Comment les pratiques artistiques et culturelles des adolescents se construisent-elles ? Comment les politiques publiques ont-elles tenu compte de ces pratiques et de leurs évolutions?

http://passeursdeculture.injep.fr et www.injep.fr

- DIALOGUE INTERCULTUREL

"Le peuple sans nom ou la colère du fleuve"

Une création de Layla Nabulsi, au Théâtre de L'L, du 30 janvier au 11 février 2007.
Le peuple sans nom ou la colère du fleuve, spectacle satyrique où l’impuissance des « sans nom » côtoie le grotesque et la vanité de ceux qui les entourent.
Le village du peuple sans nom menace d’être englouti par le fleuve en crue. Les autorités chinoises ont décidé de faire sauter les digues pour épargner la ville qui se trouve en aval. Eté la petite décide de fuir. Sur son chemin, elle rencontrera 15 personnages joués par 6 comédiennes.

Infos : www.llasbl.be

Les Soirées du Monde en Scène

Les Soirées du Monde en Scène, initiées en janvier 2005 à l'Atelier de la Dolce Vita, permettent à des musiciens de tous horizons, à la fois culturels et musicaux, de se retrouver, de partager, d'échanger et de jouer ensemble dans des formules improvisées, dans une ambiance à la fois festive et conviviale. Ce projet aujourd'hui nomade s'est révélé au fil des éditions un véritable succès, croisant les expériences d'artistes de cultures musicales différentes : africaines, orientales, sud-américaines, européennes et bien d'autres...

La prochaine édition de ce laboratoire musical d'échange et de création se déroulera à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-Saint-Jean (rue Mommaerts, 4 à 1080 Bruxelles), le dimanche 4 février à 19h. Le thème sera la musique et la danse.

Jusqu'à présent, le Monde en Scène était un défi lancé aux musiciens les plus divers. Le 4 février sera plus large puisqu'il s'agit d'étendre l'invitation aux danseurs et danseuses de tous styles (afro, oriental, contemporain, hip-hop, latino...) prêts à mélanger de manière audacieuse les styles et les influences et à chercher ensemble, avec les musiciens participants, des voies d'expressions nouvelles.

Infos et inscriptions : tanju.goban@cbai.be

- ACCES

Journée Européenne de l’Opéra « Bienvenue à l’opéra ! »

Le samedi 17 février 2007, de Barcelone à Moscou, de Paris à Prague, plus de 100 maisons d’opéra européennes ouvrent leurs portes. Une journée de fête pour découvrir un art vivant, actuel et européen.

À la Monnaie, chanteurs, musiciens, metteurs en scène, éclairagistes, costumiers… conjuguent leurs talents dans un foisonnant programme à découvrir en famille. Projections sur grand écran, visites guidées du théâtre et des coulisses, ateliers pour tous, séances de grimage et d’habillage, répétitions ouvertes au public et un spectacle.

Bienvenue à tous !

Les Journées Européennes de l’Opéra sont une initiative commune d’Opera Europa, Fedora, Reseo et l’Opéra National de Paris, en partenariat avec la Réunion des Opéras de France et Opera XXI.

La Journée européenne de l’Opéra aura lieu en Belgique à la fois à la Monnaie, au Vlaamse Opera, au KVS (en collaboration avec Muziektheater Transparant) et à l’Opéra Royal de Wallonie.

Infos : www.lamonnaie.be – 02/210 85 05

Coups de cœur

Présentation d'expériences intéressantes.

- PRATIQUES CULTURELLES

Les Ateliers d'Art Contemporain


Depuis 1995, Les Ateliers d’Art Contemporain (AAC) est une asbl qui organise à Liège des stages artistiques pour enfants, adolescents et adultes. Elle propose l’initiation et le perfectionnement dans un grand nombre de disciplines : peinture, dessin, sculpture, écriture, théâtre, danse, musique, photographie, vidéographie, infographie… Les AAC se veulent un lieu d’apprentissage, de création et d’échange, notamment par le brassage de personnes d’âges et de milieux différents. Ils se différencient aussi de l’animation socioculturelle par leur orientation uniquement artistique et le souci de qualité dans ce domaine.

Le programme des stages et des ateliers est élaboré avec soin, non seulement pour obtenir un équilibre entre les disciplines et les tranches d’âges mais aussi pour renouveler les approches ou les thèmes abordés. À cette fin, chaque artiste-animateur est invité à remettre une proposition de stage écrite détaillant précisément le contenu quotidien des activités, l’objectif pédagogique poursuivi et la méthodologie utilisée. Le caractère « contemporain » de la démarche a également beaucoup d’importance dans le choix des stages dans la mesure où il s’agit de la spécificité des AAC.

Le rapprochement actif du public avec le monde de l’art peut contribuer à améliorer la qualité de la vie en milieu urbain. Il ne s’agit donc pas seulement d’un délassement « luxueux » mais aussi et surtout de contribuer à agir sur la qualité de la vie en ville par une meilleure connaissance de l’art au quotidien, par une recherche et une expérimentation dans la pratique des arts contemporains… D’autre part, les Ateliers sont attentifs aux milieux défavorisés et aux personnes qui ont des difficultés d’insertion socio-économique. Des ateliers artistiques sont proposés à des jeunes dans des quartiers de Liège et des réductions spéciales sont accordées à des usagers du CPAS. L’idée est d’utiliser la créativité comme outil du développement personnel. La création peut permettre la transformation profonde du sujet créateur. Et derrière les différences personnelles et culturelles, il s'agit de favoriser une expression créative singulière et authentique.

Les Ateliers d'Art Contemporain participent au projet « Ensemble, approprions-nous notre quartier et embellissons-le » au sein de l'établissement scolaire EFC Glain-Burenville. Ce projet consiste à embellir le cadre de vie des élèves, à utiliser les espaces physiques et temporels afin de mieux se connaître et ainsi diminuer le sentiment d'insécurité. Pour mener à bien cette collaboration, enseignants, élèves, associations de quartier et artistes mettent leurs efforts en commun. Au programme : fresques, sculptures et scénographie. Résultat final prévu pour mars 2007.

Les Ateliers d'Art Contemporain organisent également un module de formation destiné aux plasticiens dans le but de leur procurer le bagage nécessaire pour qu'ils puissent concevoir leur propre animation adaptée au public et aux lieux d'accueil de l'animation (écoles maternelles, primaires, secondaires, voire dans d'autres lieux regroupant des individus pour lesquels une sensiblisation à la pratique artistique pourrait avoir des répercussions positives : prisons, hôpitaux, ateliers privés, secteur associatif...). Un nouveau module de formation est prévu pour le début du mois de février.

www.lesaac.net

- ART ET SOLIDARITE

Formation ‘Acteur sur scène, acteur dans la vie’

La compagnie Barbiana est une compagnie professionnelle de théâtre. Elle développe son action dans le champ socio-artistique et est reconnue par le Ministère de la culture en qualité de théâtre-action depuis 1997. La compagnie Barbiana a été fondée en 1994 à Mons et est ancrée aujourd’hui dans les locaux de l’ancien Hôtel de ville de Nimy.

Cette année, la Compagnie propose la cinquième édition du projet de formation théâtrale ‘Acteur sur scène, acteur dans la vie’. Leur défi est de toucher principalement des individus en marge de la société et des lieux officiels de la culture. Des non-acteurs !

Dans une certaine proportion, les portes sont également ouvertes aux comédiens. La rencontre entre comédiens et non-comédiens et l’approche pédagogique de la formation-création ‘Acteur sur scène acteur dans la vie’ permet aux ‘professionnels, par l’immersion dans le cadre d’une ‘création collective’, l’acquisition de nouvelles compétences dans le domaine des techniques du spectacle. Cette démarche est étrangère aux différentes écoles de formation théâtrale.
Le FOREM Conseil est partenaire de cette formation qui s’adresse donc à des demandeurs d’emploi. Elle a également le soutien de la Région Wallonne, de la Communauté française de Belgique, de la Direction générale des Affaires culturelles du Hainaut, de la Ville de Mons et du CEFo.

En offrant cet espace-temps de près d’un an (670h), Barbiana répond aux questions : « comment vaincre les difficultés à s’orienter et à faire des choix professionnels », mais aussi « comment devenir acteur de sa propre existence par la prise de parole responsable ».
Une création théâtrale à mettre sur pied - un projet à organiser - des relations à gérer pour trouver ou retrouver la parole et lui donner sens.

Compagniebarbiana@skynet.be

 

- ART ET ECOLE

ABC – Art Basics for Children

ABC = les premières lettres de l'alphabet.
ABC = ART BASICS for CHILDREN.
Mais le C ne renvoie pas seulement aux enfants, mais aussi au mot 'critical', au fait de se poser des questions cruciales, à la conscience et à la communication en général.
Le B de Basics est également celui de la Beauté des choses,
et le A est la première lettre du mot 'Art', mais aussi d'Anthropologie ou de Anima, l'âme ou l'essence – les sens – des choses.
Marianne Van Kerkhoven

ART BASICS for CHILDREN (ABC) est une initiative de l'artiste autrichien et philosophe de la culture Gerhard Jäger. Depuis l'an 2000, cette organisation sans but lucratif opère depuis Bruxelles en tant que laboratoire de recherche et de développement en matière d'expérience artistique et d'éducation esthétique pour tous à partir de 4 ans. Cette expérience ouvre assurément de nouvelles perspectives aux structures sociales, artistiques et éducatives actuelles.

En ce début d'année, ABC sera l'invité de 7 centres culturels du Brabant flamand pour y présenter une nouvelle expérience. Après avoir expérimenté durant des années le studios ABC qui propose déjà le concept d'un cadre d'apprentissage 'moderne' et interactif, ils ont estimé que le temps était venu de tenter une nouvelle formule : le studio-classe. Pour ce studio, ils investissent un espace limité, comme par exemple un local de classe classique, qui sera modifié en fonction de l'activité pour parvenir à un ‘cadre d'apprentissage idéal’. ABC a conçu un nouveau mobilier pour ce mini-studio: des tables de travail flexibles, avec tapis et coussins ad hoc, une bibliothèque mobile et des meubles, un mobilier multimédia adapté, ainsi que des cloisons amovibles pour permettre d'isoler un espace. Le recours à des meubles influence l'ambiance et le processus d'apprentissage, de sorte que les enfants tout comme les enseignants ressentent littéralement ‘physiquement’ l'impact de l'architecture. Ce projet tente avant tout de sensibiliser les enfants à leur environnement, à leur donner un ‘sens de l'espace’. Il souhaite par ailleurs inciter à une forme d'enseignement plus interactive (l'espace nourrit et éduque, lui aussi!). L'aménagement, ainsi que la façon dont le matériel éducatif est installé, rend pour ainsi dire évident un apprentissage indépendant sous encadrement. Les enfants et enseignants travailleront durant toute une journée dans cette classe multifonctionnelle sur des thèmes tels que ‘se sentir comme chez soi’ (dans différentes cultures), ‘ville-campagne’, ‘espace intérieur et extérieur’ etc. Place à la construction, à la discussion, aux mensurations, au bricolage et à la philosophie. Les différentes activités (sous la conduite d'un collaborateur ABC) feront naître des idées basées sur l'expérience de chacun et dépassant le cadre stricte des matières enseignées. Une petite exposition évocatrice d'exemples nationaux et internationaux d'architecture ‘stimulante’ pour écoles, d'environnements propices à l'enseignement et une bibliothèque d'études accompagneront ce studio-classe et seront accessibles au public.

Le studio-classe sera présenté aux écoles néerlandophones dans les Centres culturels suivants :

CC Westrand Dilbeek (du lu. 15/01 au ve. 26/01)
CC De Borre Bierbeek (du lu. 29/01 au je. 08/02)
CC De Ploter Ternat (du ve. 16/02 au ve. 09/03)
CC Het Bolwerk Vilvoorde (du lu. 12/3 au ve. 23/03)
CC ’T Vondel Halle (du lu. 16/04 au ve. 27/04)
CC de Meent Alsemberg (du lu. 30/04 au lu. 14/05)
GC de Zandloper Wemmel (du ma. 15/05 au ve. 01/06)

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Faits et opinion

Le Journal de Culture et Démocratie n°16, paru en décembre 2006, publiait un article intitulé « Seul le cinéma » écrit par Marc-Emmanuel Mélon du Service Cinéma et arts audiovisuels de l'Université de Liège (page 3 - www.cdkd.be/fr/publications/pdf/Journal_16.pdf). Un débat d'idées s'en est suivi entre Emmanuel d'Autreppe et l'auteur du texte. Il nous a semblé intéressant de vous retranscrire cet échange épistolaire.

Tout seul, le cinéma…

Ainsi donc, « Seul le cinéma… ». J’aimerais répondre ici à ce constat et à l’article de Marc-Emmanuel Mélon paru dans le dernier numéro de Culture et Démocratie, car ils me semblent en plusieurs points discutables, excessifs, péremptoires.
En effet, derrière le rapport à l’autre radicalement autre (phénoménologie politique du cinéma aisément identifiable dans la lignée de Jean-Louis Comolli), derrière l’apparition du visage comme foyer de la relation éthique (selon Levinas), se profile me semble-t-il un étonnant refus du discours. Or non, le cinéma, notamment dans sa dimension politique, n’est pas fait que d’ineffable, de remous de l’âme, d’aptitude à faire parler les silences. « Même parlant, le cinéma a toujours été muet » : derrière la pertinence de la belle formule, il faudrait veiller à ne pas oublier que même muet, le cinéma a toujours été parlant – et aussi sonore, tout simplement, extraordinairement sonore depuis ses débuts –, même s’il parle des langages, s’inscrit dans des contextes d’échange et tient des discours sans cesse différents, singuliers, irréductibles. (Je m’étonne de rappeler la chose à celui qui me l’a apprise.)

Ainsi donc, seul le cinéma… Et non pas la peinture, non pas la photographie – on peut se demander pourquoi. Simple question de lumière dans un caisson obscur et d’apparition en temps réel ?… Et puis bien entendu, pas non plus la télévision, surtout pas la télévision, cette sorcière du logis ! La télévision qui « réduit l’Histoire aux faits divers de l’actualité » (alors que le cinéma, plus respectueux des majuscules, nous « confronte à la grande Histoire ») ; la télévision qui « recouvre le monde du voile de l’indifférence », alors que le cinéma « fait exister la différence entre les uns et les autres, entre les victimes et les bourreaux, entre les repus et les exclus, entre les obèses et les affamés, entre le Nord et le sud, entre l’Occident et le reste du monde ». On voit bien que le sens de la nuance coupe net et proprement les poires en deux, sans perdre une goutte…
Les différences entre Eisenstein et Riefenstahl, ou entre Chris Marker et Bruno Dumont (et qui contestera qu’ils sont tous cinéastes ?), me semblent pourtant plus importantes et significatives qu’entre « LE » cinéma et « LA » télévision… Il est tout aussi réducteur de trouver par essence que « seul le cinéma… », que d’affirmer que « jamais la télévision ». Ni l’un ni l’autre ne sont unitaires, monolithiques. On trouve bien entendu le meilleur comme le pire aux extrémités de chacun – extrémités qui d’ailleurs, comme chacun sait, se touchent et se mêlent parfois jusqu’à l’indiscernable : ce n’est pas Godard, grand expérimentateur des marges et mélangeur de cinéma, de vidéo et de télévision, qui dira le contraire.
On trouve d’ailleurs dans le texte de Marc Mélon la présence donc la caution du cinéaste franco-suisse. Argument cinéphile par excellence : si Godard le dit… Nul mieux que Godard : refrain connu (et titre d’un ouvrage d’Alain Bergala, ce qui est un peu – mais à peine – plus prudent que de dire « seul Godard » ou « seul le cinéma ». Mais il est vrai que l’on aurait plus facilement accueilli un article intitulé « rien mieux que le cinéma »…).
Mais citer Godard, citer Epstein et sa théorie de la photogénie, n’est-ce pas chercher le salut (car il s’agit bien de cela) du cinéma dans la mystique, au moment où il en a moins que tout besoin ?… Et, dans un cadre qui se veut démocratique, celui de cette revue et de son lectorat, se demande-t-on au juste à qui les Histoires du cinéma de Godard, toutes passionnantes soient-elles, s’adressent précisément ? Au Nord, au Sud, aux obèses, aux bourreaux, à tout le monde (qui sait ?), à « nous-même », ou à « l’autre » ?… La tonalité mystique du texte de Marc Mélon est d’ailleurs confirmée par la célébration de la lumière, la référence au concept de « révélation », ainsi qu’à la « grâce » de la Jeanne d’Arc de Dreyer (!) qui « vient toucher le visage d’Anna Karina dans Vivre sa vie [film de Godard !], et la fait pleurer ». Car l’autre fait toujours pleurer, surtout les mystiques – et en voilà, après Epstein, une belle nouvelle enfilade, en un exemple éloquent ! Si je ne m’abuse, les métaphores de la révélation, de l’apparition de la lumière dans le caisson obscur de l’entendement, ont pourtant également été théorisés et mis en valeur par les philosophes de la raison et du matérialisme historique… Mais c’est peut-être une autre… histoire.

Ainsi donc, seul le cinéma. Revenons-y !
Car seul contre qui, contre quoi, au juste ?… Seul contre tous ? (Pour reprendre encore un titre, celui d’un film intéressant mais douteux de Gaspard Noé – cinéaste au patronyme rédemptoire mais par qui ne passera probablement pas le salut du cinéma ! Pourtant, si seul le cinéma contient et permet, par essence, un rapport éthique à l’autre, celui de Noé aussi, non ? !…)
Finalement, n’entrevoit-on pas là le syndrome fantôme commun à la cinéphilie et à la conception du savoir universitaire comme bastion de l’excellence : celui de la tour d’ivoire, image d’Epinal toujours plus ou moins hantée ?… Une tour d’ivoire où l’on tente de faire rentrer, au bourrage, les uns et les autres, les repus et les exclus, l’Occident et le reste du monde… Vaut-il mieux s’escrimer à faire rentrer tout cela dans le cinéma (la salle de cinéma, Babel transformée en arche de… Noé !, en poche de survivance post-apocalyptique aperçue par je ne sais quel pessimiste prophète), ou au contraire, tenter de faire sortir un peu de cinéma dans tout cela, et même dans la télévision ?… Et que cette dernière soit prochainement appelée à régner en maître ne sera-t-il pas aussi le gage de sa propre perte ?… Il faudra bel et bien s’accrocher à ce qui est déjà perdu (le désespoir n’est pas le renoncement), ne plus chercher dans les salles obscures les lambeaux du temps retrouvé, mais laisser le temps (seul le temps !) faire le tri de l’histoire et de l’Histoire.
Bref, il me semble deviner dans le texte de Marc Mélon l’ombre de la seule vraie préoccupation de tant de cinéphiles, qui y ont reporté bien des deuils impossibles : celle de la mort du cinéma, de sa disparition (ah, fragile lumière, éphémère projection ! !). Croire ou espérer que « seul le cinéma », est-ce autre chose que redouter encore et toujours sa mort, conjurer une disparition ?… Serais-je l’unique et ismophobe lecteur à pressentir dans tout ceci un peu trop de mysticisme, de manichéisme, de sombre prophétisme… Et aussi des relents de sectarisme et de cet instinct grégaire (nostalgie des « cahiers jaunes » et de l’époque Langlois ?) semblable à celui qui a manqué, d’un seul coup, de me détourner du cinéma, de l’université et de l’enseignement du cinéma à l’université, au tout début de mes études. Cela fait beaucoup dans le texte d’un pédagogue qui m’a appris – et je lui en serai toujours reconnaissant – à regarder et à écouter les images ; et à imprégner leur lecture de matérialisme historique et de dialectique, du mieux que je peux ; et à convoquer à propos d’elles les paroles les plus justes possible. Même si ce sont « juste des paroles »…

Dans un article en vis-à-vis, et dans ce même dernier numéro de Culture et démocratie, Dominique Mathieu, des Brasseurs, nous invite à « dresser la table ou organiser des expositions, mais ne jamais fermer les portes ». À l’inverse, le cinéma aura-t-il donc toujours à ce point besoin de fermer les portes pour exister, de compter les convives d’approbation, d’éprouver son propre hermétisme, son étanchéité, de faire l’obscurité pour pouvoir laisser jaillir sa propre et fragile lumière, croyant sauver le monde en le contenant tout entier alors que, fuyant les dangers du monde, il ne redoute trop souvent que sa propre perte ? Et si l’on en vient à considérer que « seul le cinéma fait exister l’autre devant moi, moi devant l’autre », il faudra bien en arriver à cet inquiétant diagnostic : que la projection ne nourrit pas du projet mais du rejet (du rejet en tout cas de toute autre possibilité d’existence de l’un pour l’autre hors du cinéma), et que sa lumière crée bel et bien de l’aveuglement, ce qui est pire que l’éloignement. Croire que « seul le cinéma… », n’est-ce pas en revenir à son phénomène premier : celui d’une pure illusion ?

En guise d’envoi ou de clin d’œil musical : les « quatre minutes de silence » de John Cage ne sont pas que silencieuses ; elles ne sont d’ailleurs ni silencieuses, ni muettes. Le musicien invitait à ouvrir portes et fenêtres, et à écouter le bruit du dehors. Renversant avec modestie une proposition bien connue, ne pourrait-on pas envisager qu’une simple fenêtre aussi, peut être un cinéma ouvert sur le monde ? Sous peine pour le cinéphile de se retrouver, un jour ou l’autre – à moins que ce ne soit là son idéal ?… – seul au cinéma. (Ou seul avec Godard : un avant-goût de l’enfer.)

Emmanuel d'Autreppe

 

Cher Manu,

Je reconnais bien volontiers les quelques accents mystiques que tu pointes dans le texte que j'avais écrit pour Culture et Démocratie. Je les assume totalement. Bien plus même, je les revendique dans un texte que je voulais écrire comme une "profession de foi" (tu vois, je n'hésite pas à en rajouter une couche), je pourrais dire un manifeste, en tous cas l'expression franche et nette de ce que je pense. A une époque où les images sont tant dévoyées et noyées dans un flux permanent et informe, il est parfois bon d'avoir des convictions, de savoir de quel côté on se trouve, et d'oser le dire tout net. Il ne s'agissait donc pas d'argumenter, de démontrer, de dialectiser, mais de prendre position à la fois pour (le cinéma) et contre (la télévision). Pas la place ni le temps de développer, simplement d'affirmer et, c'est vrai, de sublimer. Sans nuance, dis-tu. Peut-être, mais je trouve ta relecture elle-même assez caricaturale (quand je dis que le cinéma a toujours été muet, c'est bien parce qu'il est capable de faire parler les visages, et non parce que, selon toi, il ne dirait rien. Bien plus, je pense, et je l'écris, que seul le cinéma est en mesure aujourd'hui de parler de l'état du monde, de tenir un discours sur le monde et de le faire entendre). Si mon texte te paraît sans nuance, c'est parce que tu les a éludées (du moins celles qui ne convenaient pas à ta lecture). Quant à mes références cinéphiliques, je les assume tout autant. Godard et Dreyer sont des cinéastes qui comptent pour moi, et pas pour toi. Mais je ne pouvais vraiment pas parler de Sharunas Bartas.
Je ne veux pas répondre plus avant. Si ton texte est publié (et je souhaite qu'il le soit), il permettra aussi de faire avancer la réflexion et le débat d'idées, et c'est tant mieux.

Je t'invite plutôt à deux choses :

1. La meilleure réponse me semble moins dans la déconstruction de l'implicite de mon propre texte que dans l'affirmation de certaines idées opposées aux miennes. Puisque tu semble dire que tout n'est pas à jeter dans la télévision, je te propose de faire l'exercice d'en écrire la défense. Non pas "Seule la télévision" (tu te contredirais), mais au moins "Rien mieux que la télévision". A mon avis, tu ne la regardes plus beaucoup. Commence par les JT (un seul suffit, aujourd'hui ce sont tous les mêmes) et finis par la Star Ac. N'oublie pas ton sac en plastique. Je serais ravi que tu puisses me convaincre.

2. Le ciné-club de l'ULg ne passe pas que des films de Godard (lequel faisait effectivement de la TV comme on n'en a plus jamais fait depuis lors). Le 22 mars, nous programmons une soirée de films rwandais. Tu ne les as pas vus, personne ne les a vus, ils ne sont jamais passés en salle, encore moins à la télévision. De qualité inégale, certes. Avec au moins un bijou, un film réalisé par une jeune étudiante en journalisme, qui dresse le portrait tout simple d'une jeune fille qui a charge de famille et qui ne parvient plus à payer l'école de ses frères et soeurs. Un film qui fait parler le visage de cette jeune fille, qui n'a besoin de rien dire pour que tout soit dit. Voilà un exemple, parmi tant d'autres, de films que je défends. Un exemple de ce que seul le cinéma (même si c'est tourné en vidéo, le support technique ne vient rien faire là-dedans) est capable de faire et que la télévision, qui en serait tout autant capable, refuse de faire. Et ce n'est pas une question de salle obscure dans laquelle on s'enferme, ou de lumière mystique. Mais la salle obscure est devenue aujourd'hui le seul lieu où un échange entre cette jeune fille rwandaise et un public occidental est encore possible (à moins bien sûr, comme tu le suggères, de la rencontrer elle. Mais qui le fait ?). Je t'invite à venir voir ces films, et à relire mon texte ensuite, en espérant que tu comprennes ce qui se cache vraiment derrière mes élans mystiques.

Très cordialement, bien sûr.
A bientôt,
Marc-Emmanuel Mélon

 

Cet échange particulièrement intéressant ne devait pas s’arrêter là. Dans un nouveau courrier, Emmanuel d’Autreppe considère en effet que c’est « lui faire un croc-en-jambe » que de suggérer que des cinéastes comme Godard et Dreyer ne comptaient pas pour lui, et "qu’il n’avait pas dit que le cinéma était muet parce qu’il ne disait rien…" Mais il faut bien arrêter quelque part. Nous en resterons donc là...

Dernières nouvelles

Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations…

- PRATIQUES CULTURELLES

Concours d'artistes du Centre d'Art contemporain du Luxembourg

Le Centre d'Art contemporain du Luxembourg belge met les talents en herbe à l'honneur. En 2004 déjà, l'association avait organisé un concours réservé aux jeunes artistes de la Province du Luxembourg. Aujourd'hui, elle récidive en invitant peintres, sculpteurs, graveurs, photographes, vidéastes, installateurs... à se faire connaître.

Le concours s'adresse donc à tous les artistes, quelle que soit leur discipline, âgés de moins de 35 ans et nés dans le Luxembourg belge ou domiciliés dans la Province depuis un an. A gagner... ? Une exposition ! Les oeuvres des candidats sélectionnés seront en effet présentées à l'exposition du Prix du Luxembourg, ainsi qu'une récompense de 2500 €. Jeunes créatifs, à vos pinceaux, ciseaux, appareils photos, caméras... ou autres.

Informations : 061/31 45 68 ou 061/32 00 51

Appel aux musiciens


Dans le cadre du Festival des Tréteaux 2007 qui se déroulera lors du week-end de Pentecôte, les différents Centres culturels partenaires (Enghien, Ath , Lessines, Pays des Collines, Beloeil) proposent aux musiciens de la région de créer une « fanfare » qui prestera à cette occasion et donnera un aspect festif à l’événement.

- Vous jouez d’un ou de plusieurs instruments ;
- Vous êtes disponibles pour une dizaine de répétions et lors du week-end de Pentecôte ;
- Vous aimez la musique traditionnelle et (ou) tzigane ;
- Vous désirez participer à une création musicale digne de l’événement ;
- Vous êtes prêts pour une aventure hors du commun…

Infos : Centre culturel d'Enghien (02/3963787 ou cc.enghien@skynet.be)

 

- ART ET SOCIETE

Plate-forme Démocratie et Citoyenneté

Le Sénat vient de créer en son sein la Plateforme Citoyenneté - Démocratie qui a pour objectif de répertorier l'ensemble des initiatives citoyennes dans notre pays et d'échanger les informations à leur sujet. En mettant en place un site portail, la Plate-forme souhaite mettre à la disposition des personnes actives dans l'enseignement, la formation et l'encadrement des jeunes des informations sur l'éducation à la citoyenneté au sens large et sur l'éducation à la mémoire. Le site portail donne accès à une banque de données structurée par thèmes, qui regroupe les différentes organisations actives sur le terrain. L'objectif final de la Plate-forme Démocratie et Citoyenneté est d'inciter chacun d'entre nous, et spécialement les jeunes, à devenir des citoyens engagés, actifs et responsables.

http://democratie.senat.be/

Le Prix de la Libre Académie de Belgique à L'Homme de Néandertal !

Le Prix de la Libre Académie de Belgique est attribué annuellement. Généralement, il distingue une personnalité active dans les domaines de la pensée, de l’art, ou des sciences. Cette année, la Libre Académie déroge à ses traditions et couronne l’Homme de Néandertal !

Au centre de nombreuses polémiques depuis la découverte, en 1856, des premiers restes fossiles, l’Homme de Néandertal (1) (entre +- 250.000 et +- 30.000 ans avant le présent) est aujourd’hui régulièrement dénigré, non plus sur base d’arguments scientifiques, mais à des fins idéologiques. En effet, le « néo-créationnisme », dont le succès va grandissant, cherche à réduire l’évolution du genre humain à une série d’étapes menant à l’avènement de l’homme moderne, dont les capacités seraient non évolutives et d’essence divine.

La thèse ne fonctionne qu’en refusant aux Néandertaliens la moindre intelligence. Or, la science est aujourd’hui en mesure d’affirmer l’importance de l’héritage de ces derniers dans la constitution des premières sociétés relevant strictement de l’Homme moderne.

En donnant son Prix annuel à l’Homme de Néandertal, la Libre Académie de Belgique souhaite attirer l’attention sur les dérives de ceux qui n’hésitent pas à mépriser les données issues de la partie du monde scientifique qui cherche à œuvrer avec honnêteté. L’Homme de Néandertal n’est pas un simple primitif, perdu dans l’arbre généalogique de l’humanité. Il fut un acteur entreprenant dont les actions s’apprécient encore plus de 30.000 ans après sa disparition.

n.b. : les éléments de cet argumentaire sont dus à Nicolas Cauwe, conservateur des collections de Préhistoire et d’Océanie aux Musées royaux d’Art et d’Histoire et professeur à l’UCL.

(1) Le nom de Neanderthal (Néandertal en français) n’est pas celui d’une vallée portant ce nom, mais d’un lieu-dit, au bord de la Düssel, dont la beauté a été vantée par Joachim Neander, pasteur, poète et musicien de Brême (1650 – 1680).

Images citoyennes – Festival international de la vidéo
Premières images - Donnez un public à vos réalisations

Du mardi 22 au samedi 27 octobre 2007, le Théâtre Le Moderne, Présence et Action Culturelles de Liège et le Centre d'Action Laïque de la Province de Liège mettent sur pied la troisième édition du festival international Images Citoyennes. Le thème de cette année 2007 sera « Tollé... Tolérances ». Tolérer, c'est laisser aux autres la liberté d'être eux-mêmes et de pouvoir l'exprimer. Ce festival veut parler de toutes les formes de tolérances : sociale, religieuse, civile... Mais le débat a lieu à tous les niveaux et la question est : « Quelles sont les limites de la tolérance ? »

Ainsi donc, ce festival est à la fois une volonté de proposer différents points de vue, sans a priori, mais aussi une possibilité de s'exprimer, d'expliquer, de faire connaître, de comprendre ou de faire comprendre, d'échanger, de partager, de s'enrichir, de s'épanouir...
Si votre institution, association ou maison de production est susceptible de réaliser ce type de courts ou de longs métrages, contactez le Théâtre Le Moderne (04/225 13 14). Bien que le contenu de l'oeuvre soit prioritaire, l'esthétique, le dynamisme du montage et la qualité technique ne sont pas à négliger. Les films sélectionnés seront donc ceux qui ont le plus à faire entendre et à montrer.

Soucieux de permettre aux jeunes de montrer leur production dans de bonnes conditions de projection, une séance intitulée « Premières Images » sera réservée aux productions réalisées par des jeunes cinéastes amateurs en Communauté française.

www.images-citoyennes.be

- ART ET ECOLE

Compte-rendu "L'Art à l'école : une histoire de partenariats" en ligne

Le compte-rendu de la rencontre « L'Art à l'école : une histoire de partenariats » est en ligne. Cette table-ronde a été organisé le 15 novembre 2006, au Théâtre Marni, dans le cadre de leur 6ème Festival International Jeunes Publics, Pierre de Lune et le CDWEJ, en collaboration avec Culture et Démocratie.

http://www.cdkd.be/fr/thematiques/art_et_ecole/actions.html#cdwej

 

- ACCES

Les Parcours de la Fonderie

Le Musée bruxellois de l’Industrie et du Travail propose un nouvel outil d’information concernant Les Parcours de La Fonderie : une farde contenant les fiches de présentation des parcours destinés aux groupes, de format A5 et illustrées. Chaque parcours est présenté par un court texte contenant les informations principales qui vous permettront de bien cerner le thème du parcours. Vous y trouverez aussi le type (à pied, en bateau, en car ou en train), la durée et le nombre de personnes admises sur ce parcours. La farde contient également une fiche reprenant les tarifs et une autre avec les conditions générales des parcours.

Tous les parcours repris dans cette brochure ont été mis en place par l’équipe de La Fonderie. Cette équipe de professionnels est composée d’historiens spécialisés dans l’histoire industrielle et sociale de la Région bruxelloise et de guides passionnés par les sujets. Comme le « musée à ciel ouvert » qu’est la Région de Bruxelles vit et change au quotidien, les parcours sont régulièrement actualisés afin de pouvoir vous offrir un commentaire complet et jamais désuet.
La farde est disponible gratuitement en français, en anglais ou en néerlandais.

Informations : www.lafonderie.be - 02/410 99 50 - parcours.lafonderie@skynet.be

- DIALOGUE INTERCULTUREL

Compte-rendu "Pour un Art métis"

Le compte-rendu de la rencontre « Pour un Art métis » avec Alexis Nouss est en ligne. Cette rencontre a été organisée le 25 octobre 2006 à la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek-Saint-Jean, en collaboration avec le Service formation des cadres culturels de la Communauté française, le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle et Culture et Démocratie.

http://www.cdkd.be/fr/thematiques/dialogue/actions.html#nouss

Soutien de projets interculturels en Europe méditerranéenne

La Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures a publié, sur son site internet, une base de données sur les possibilités de soutien pour des organisations développant des projets en faveur du dialogue entre les cultures dans la région euro-méditerranéenne. L’approche choisie par la fondation est triple : un premier document se concentre sur les possibilités de soutien proposées par des organisations internationales, privées ou non gouvernementales ; un deuxième document s’intéresse aux modalités d’action de quelques agences nationales de coopération et de développement ; enfin, un troisième document sera prochainement mis en ligne, détaillant les possibilités de financement offertes par les institutions de l'Union européenne.

L’ensemble de ces textes est consultable à l’adresse suivante :

http://www.euromedalex.org/fr/funding.htm

- ART ET SOLIDARITE

Cohésion Sociale – Répertoire des projets en Région bruxelloise

Le décret du 13 mai 2004 relatif à la cohésion sociale a désigné le Centre Bruxellois d'Action Interculturelle (CBAI) pour mener la mission de Centre Régional d'appui en cohésion sociale (CRACS).

Cohésion sociale - Le Répertoire des projets en Région bruxelloise a pour objectif de permettre une première vue d'ensemble du secteur de la Cohésion sociale, qui regroupe plus de 300 associations agissant aux niveaux communal, intercommunal et régional. Le CBAI espère que, grâce à cette source d'information, émergeront des liens et des synergies inédites, des réflexions collectives sur les pratiques, les difficultés et les succès vécus par les associations. Le Centre espère également que ce répertoire puisse être utile pour faire connaître les actions menées au sein du secteur de la Cohésion sociale aux autres secteurs de la Cocof et à tous les autres acteurs institutionnels et associatifs qui oeuvrent quotidiennement en faveur d'une société plus égalitaire et interculturelle.

www.cbai.be

Théâtre et Réconciliation

Cette formation menée par Frédérique Lecomte au Centre Rhapsodie se base sur une méthode née d'une rencontre entre une situation de conflit et une spécialiste du théâtre. C'est lors d'un voyage en Afrique que Frédérique Lecomte s'est trouvée confrontée à une situation conflictuelle grave de crimes répétés.

Partant de là, elle a voulu apporter une réponse aux questions qu'elle se posait :
- Comment faire tomber les barrières entre les victimes et les bourreaux ?
- Comment entrer en communication quand on ne peut plus se parler ?
- Comment mettre en place un outil qui peut être accepté sans risque dans un contexte difficile et qui soit facile d'accès ?
- Comment renouer avec l'Humain au-delà des comportements incompréhensibles ?
La formation de praticien en Théâtre et Réconciliation permettra d'acquérir des outils de base en théâtre et réconciliation dans l'accompagnement des publics vulnérables.
Le programme complet de Théâtre et Réconciliation s'étend sur 10 jours qui se subdivisent en 5 modules de 2 jours.

www.mieux-etre.org:80/interactif/article.php3?id_article=1609

Nouveaux sites à consulter !

« Le site de la Littérature de Jeunesse» est un nouvel outil incontournable sur le web : un site internet spécialisé pour les professionnels, les enseignants, les parents.
www.litteraturedejeunesse.be

Nouveau site de l'Atelier des Petis Pas : www.atelierdespetitspas.com

Pour ne pas rester sur sa faim

Un choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie »

- PRATIQUES CULTURELLES

« La place et le rôle de la Fête dans l’espace public, Nouvelles fêtes urbaines et nouvelles convivialités en Europe »

(Editions Certu, sous la direction de Banlieues d’Europe), qui fait suite au colloque organisé par Banlieues d’Europe en 2004 au Grand Lyon avec l’Atelier de recherche sur les Fêtes dans l’espace public de la Ville de Lyon. Cet ouvrage de fond rassemble des interventions de chercheurs/universitaires : Philippe Dujardin, Guy Di Méo, Philippe Chaudoir… ; des présentations de projets artistiques en Europe : Défilé de la Biennale de la Danse à Lyon, Zinneke Parade à Bruxelles, Carnaval de Bâle, Carnaval de Belfast, Festival international de la soupe à Lille et Berlin,… ainsi qu’une synthèse des débats. Un cd-rom l’accompagne, permettant de découvrir les images des différents projets présentés. Prix (tarif membre banlieues d’Europe): 20 euros (livre + cd-rom) / 40 euros (tarif normal).

Informations : Banlieues d’Europe, (+33 3 88 22 24 43 – banlieues.deurope@wanadoo.fr)

 

- ART ET SOCIETE

La démocratisation culturelle - Une médiation à bout de souffle / Jean Caune (Presses universitaires grenobloises)

L'art et la culture sont des phénomènes qui participent à la structuration du tissu social : ils permettent de nommer et de se nommer et, par là, donnent le pouvoir de nouer des relations intersubjectives. Le propos de cet ouvrage est d'éclairer l'achèvement d'une histoire de la démocratisation culturelle qui est aussi la fin d'une histoire de l'art enfermée dans l'idée d'une essence de l'art s'exprimant dans des catégories fixées une fois pour toutes. Cet essai met en évidence les impasses d'un accès à la culture dont les voies se limiteraient à une rencontre avec les œuvres d'art.

http://passeursdeculture.injep.fr/article.php3?id_article=795

Deux ouvrages conseillés par Roland de Bodt :

Faut-il interdire les partis d’extrême droite ? Démocratie, droit et extrême droite

JAMIN, Jérôme – Faut-il interdire les partis d’extrême droite ? Démocratie, droit et extrême droite – Préface de Hughes LE PAIGE – Collection « Voix de la mémoire » – Coédition Luc PIRE et les Territoires de la Mémoire – Bruxelles et Liège – Belgique – 2005 – 151 pages + Tables – 2.87415.500.4

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un ouvrage consacré au double problème de l’identification et de l’interdiction des partis d’extrême droite pour protéger les libertés et les droits qui fondent le système démocratique. La collection « Voix de la mémoire » est la collection créée par l’association « les Territoires de la Mémoire » aux Editions Luc Pire. La collection s’est fixée des objectifs précis qui sont présentés au début de la publication ; en quelques mots, on pourrait les résumer par ces propositions : dans une perspective pédagogique, favoriser la connaissance et l’information nécessaires à une meilleure compréhension des enjeux politiques contemporains, au croisement de plusieurs disciplines, par une conduite progressiste, reconnaître le rôle central de l’histoire, pour construire une société plus juste. Les Territoires de la Mémoire offrent un centre de ressources documentaires et des expositions permanentes à Liège (voir le site web de l’association). Au moment de la publication, Jérôme Jamin est chercheur au CEDEM (Université de Liège) et prépare une thèse de doctorat en Sciences politiques . Avec Julien Dohet, il a publié aux éditions Labor (Bruxelles), en 2003, un livre d’hommage au syndicaliste Jacques Yerna. Ici, le format adopté pour la collection est carré, avec dos collé. La mise en page est aérée, le caractère est large et lisible. Tout en préservant une sobriété efficace, la publication offre un confort agréable, qui respire bien.

Commentaire : Loin de tout manichéisme, ou de toute diabolisation, l’écriture de Jérôme Jamin présente un double avantage. Dès les premières pages, on ressent une démarche personnelle : le choix des parties, la conduite du propos, l’argumentation réservée à chaque objet… Tout cela est tenu. Mais encore, et c’est à mes yeux une qualité considérable, il apparaît rapidement que cet ouvrage a été écrit pour être lu. Il y a un souci prudent et fermement ancré de s’adresser avec clarté au lecteur. Il y a là un objectif réellement assumé par la rédaction. La langue est soutenue sans être péremptoire, pédagogique sans être doctorale ni dogmatique. Le verbe de Jérôme Jamin est fluide et nuancé. Les mots sont réservés et choisis. Ce n’est pas un traité de doctrine juridique, la teneur est toute autre : il nous invite à réfléchir, à douter, à mesurer… Comment cette démocratie – qui n’est pas vraiment satisfaisante – peut-elle néanmoins se défendre ? En cela le livre de Jérôme Jamin est d’abord une réflexion ouverte à propos de la démocratie, elle-même. Il cite régulièrement l’auteur Castoriadis (Domaines de l’homme) et ces citations judicieusement décochées ouvriront sûrement des pistes pour nombre de lecteurs. Enfin, et ce n’est pas la moindre des qualités du travail, il place sa problématique dans une double perspective : historique et européenne. De surcroît, la préface d’Hughes Le Paige est une très belle contribution à cette démarche éditoriale ; engagée et sans compromis au sujet de l’information et notamment de la télévision. La bibliographie est limitée aux ouvrages cités ; on aurait aimé un appareil plus large, mais on ne peut tout avoir d’un seul tenant. Un choix de citations ouvre chaque chapitre, en contraste : ici Goebbels et là Voltaire. Structurellement, dans sa pensée et son écriture, c’est un outil pédagogique que nous offre Jérôme Jamin. Je recommande. [Mise à jour de la notice : Mons – Le 15 décembre 2006 – Roland de Bodt].

Publics : tous publics intéressés à partir de l’enseignement secondaire supérieur. Particulièrement les mandataires politiques et les cadres de la fonction publique communaux, provinciaux, régionaux, fédéraux ; les responsables et les militants syndicaux, les enseignants et les chefs d’établissements, les centres de documentation universitaire, les artistes, les animateurs culturels, les travailleurs sociaux, les agents des forces de l’ordre. Tous ceux que la défense des libertés démocratiques préoccupe. Mots clés : Abus de droit – Autriche – Belgique – citoyenneté – démocratie – droit – droits fondamentaux – Europe – extrême droite – France – Italie – Libertés – Pays-Bas – politique – populisme – rhétorique – Suisse – Union européenne – Xxe siècle et XXIe siècle – Adresse web : www.lucpire.be et www.territoires-memoire.be.

Contenu : Présentation de la collection « Voix de la mémoire » (3) – Préface (9) – Introduction (15) – Chapitre I : L’expérience de la démocratie (24) – Le fondement de la démocratie (29) – Démocratie et indétermination (32) – Autonomie et hétéronomie (34) – La tendance à l’hétéronomie (37) – Chapitre II : Démocratie et extrême droite (41) – Démocratie et populisme (46) – Démocratie et producérisme (53) – Producérisme et extrême droite (58) – Démocratie et autolimitation (62) – Chapitre III : Droit et extrême droite en Belgique (67) – 1. Les dispositions légales relatives à l’égalité et à la non-discrimination (72) – 2. Les moyens légaux contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme (80) – 3. Les moyens légaux contre les délits de presse à caractère raciste (84) – 4. Les moyens légaux contre le négationnisme (87) – 5. Les moyens légaux pour interdire les partis d’extrême droite (90) – 6. Les moyens légaux indirects visant à interdire les partis d’extrême droite (94) – 7. Libertés et légalité en Belgique (102) – Chapitre IV : Droit et extrême droite en Europe (105) – L’Allemagne et le souvenir du nazisme (111) – La Constitution autrichienne contre le racisme (114) – L’Espagne : une législation récente (116) – La France et les droits de l’homme (119) – L’Italie et le fascisme historique (122) – Les Pays-Bas contre les discriminations (124) – Le Portugal pour l’interdiction des partis racistes (126) – La répression pénale du racisme en Suisse (128) – L’Union européenne face aux partis d’extrême droite (130) – La Commission de Venise (131) – L’Union européenne (134) – Conclusion (137) – Bibliographie (147) – Table des matières (n.n.)

La laïcité en Belgique : une démarche originale – Le cinquantenaire de « la Pensée et les Hommes »

LEMAIRE, Jacques Ch. (dir.) – La laïcité en Belgique : une démarche originale – Le cinquantenaire de « la Pensée et les Hommes » – in « La Pensée et les Hommes », numéro 61 – Editions Espace de Libertés – Bruxelles – Belgique – 2006 – 155 pages – ISBN : 2.930001.70.4

Présentation : Il s’agit du soixante et unième numéro de « La Pensée et les Hommes » qui marque le cinquantième anniversaire de la revue. Un événement incontournable tant du point de vue de la culture que de celui de la démocratie. Plus particulièrement, cette livraison publie les actes de la journée de commémoration qui a été organisée le 12 novembre 2005 pour commémorer cet anniversaire. La publication reprend les quinze contributions présentées à cette occasion. Les éditeurs ont décidé de compléter cette première partie par un recueil de textes « historiques » consacrés soit à la laïcité en général, soit à la revue en particulier. Les auteurs sont présentés en fin de volume. La mise en page ordinaire est lisible et permet une circulation aisée entre les différents textes réunis. Format livre et dos « carré-collé ». Pour se procurer l’édition ou pour s’abonner, consultez le site des éditions « Espace de libertés ».

Commentaire : Comme nous l’avons pratiqué précédemment pour « Alternatives théâtrales » ou « l’Internationale de l’imaginaire » ou – plus récemment encore – pour la revue « Cassandre », cette édition du cinquantième anniversaire permet d’attirer l’attention non seulement sur un numéro particulier mais sur l’ensemble de l’activité éditoriale de « La Pensée et les Hommes ». Car si l’émission radiophonique, programmée sur la RTBf à une heure de grande écoute, est bien connue du public, la revue bénéficie d’une audience plus réservée. Or à jeter un regard sur les thèmes abordés au cours des vingt dernières années, on peut mieux mesurer combien l’effort éditorial soutenu par l’équipe de « La Pensée et les Hommes » a permis de conserver la trace des débats qui se sont bousculés dans l’opinion publique et d’examiner quels points de vues « laïques » pouvaient y être conçus, construits et éventuellement défendus, à ces divers sujets. La « Déclaration sur la laïcité » qui est reprise en texte intégral dans la deuxième partie, n’est pas le moindre objet qui nourrira les débats futurs ! Et cet esprit d’ouverture au débat ne tient pas seulement au pluralisme rigoureux de cette démarche, mais aussi à la grande diversité des préoccupations abordées. Car elle prend alors toute sa dimension : ce sont les médias, l’histoire, l’immigration, la morale, le judaïsme, le bouddhisme, la citoyenneté, la prostitution, l’enseignement, la construction européenne, la franc-maçonnerie, les spiritualités, les religions, la bioéthique, les drogues, l’exclusion sociale, le catholicisme, le nationalisme, la politique, l’éthique en général, la guerre et la paix, la démocratie, la solitude,… qui forment le corpus mosaïque des questions de société que balise la démarche, le chemin tracé par « La Pensée et les Hommes ». Plus près de nous encore, en 2005, un dossier a été consacré à « la sécurité globale » et un double volume a éclairé cette question importante de « l’apprentissage des sciences ». En règle générale, les numéros sont collectifs. Et comme toujours dans ces cas, les contributions réunies sont de qualités diverses ; mais le corpus d’ensemble forme dans sa pluralité le grand intérêt (à mes yeux) de ce témoignage soutenu d’une pensée laïque qui se cherche. Et qui fait de « La Pensée et les Hommes » une des grandes revues de notre communauté francophone, voire de la communauté internationale. On manque à le dire ! Il est possible de s’abonner annuellement et aussi de compléter éventuellement une collection par l’acquisition de numéros anciens, selon les disponibilités. A suivre. [Mise à jour de la notice – Mons – le 15 décembre 2006 – Roland de Bodt]

Public : Tous publics intéressés à partir de l’enseignement secondaire supérieur. Les adhérents aux principes de la laïcité et des valeurs de la démocratie (pluralisme des lumières, esprit critique, libertés et droits fondamentaux,…) et ceux que la laïcité préoccupe, quelles que soient leurs convictions. Les enseignants et pas seulement ceux de morale ; les mandataires politiques ; les artistes, les animateurs culturels, les travailleurs sociaux ; les administrateurs publics,… Mots-clés : Belgique – démocratie – francophonie – laïcité – libertés fondamentales – liberté de pensée – histoire de la laïcité – XXe et XXIe siècles. Adresses web : www.la-pensee-et-les-hommes.ulb.ac.be et renseignements supplémentaires peuvent également être adressés à l’adresse courriel des éditions Espace de libertés : espace@cal.ulb.ac.be

Contenu : I. La journée du cinquantenaire (7) – Introduction commémorative à la journée du 12 novembre 2005, Jacques Ch. Lemaire (9) – La laïcité, un combat incessant, Fadila Laanan (13) – Rappel historique, Paul Danblon (17) – La laïcité en Belgique : une démarche originale, Philippe Grollet (19) – Portrait du laïque en ethnologue de l’humain, Jacques Sojcher (29) – Où se trouve la fonction religieuse dans une société à vocation laïque ?, Marcel Otte (33) – Le principe français de laïcité et la mondialisation, Charles Coutel (41) – Laïcité et espace public aux Etats-Unis et en Europe, Guy Haarscher (49) – Le Cercle du Libre Examen, Clément Dartevelle (73) – Une démarche originale ? Renaud Vanbergen (75) – Qu’est-ce que la laïcité en Belgique ? Aurélie Feron (79) – La trajectoire d’un humaniste Georges Van Hout : un homme d’idées et de terrain (81) – Robert Hamaide, constructeur de la laïcité, Jacques Lemaire (85) – Regard extérieur, Christian Laporte (91) – Conclusions du colloque, Jacques Cels (97) – II. Textes historiques sur « La Pensée et les Hommes » et la laïcité (103) – Premier éditorial de la revue « La Pensée et les Hommes », juin 1957, n°1, Robert Hamaide (105) – Les laïques devant leurs responsabilités, extrait de « La Pensée et les Hommes », juillet-août 1979, Robert Hamaide (107) – Cinquante ans d’histoire de « La Pensée et les Hommes » 1955 – 2005, Georges Van Hout avec la collaboration de Jacques Ch. Lemaire. (117) – Déclaration sur la laïcité, Jean Baubérot (137) – Déclaration universelle sur la laïcité au XXIe siècle (139) – De la censure à l’ouverture, Paul Danblon (145) – La laïcité, une philosophie de la libération, Jacques Ch. Lemaire (149) – Notices bibliographiques (151) – Table des matières (155).

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Cette lettre d'information a été réalisée par Sarah Cordier, Séverine Monniez, Marie Poncin et Georges Vercheval, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim ».