Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°14 - 26/03/2007

Les hors-champs de l'art

Les hors-champs de l'art. L’expression est belle. Je ne résiste pas à l’emprunter juste un moment à la revue française « Cassandre » qui en traite à propos de l’art à l’hôpital ou en prison (voir plus loin, dans les Coups de Cœur) et à la transposer dans notre actualité... L’art, en effet et, plus largement, la culture, se trouvent singulièrement hors champ, dans la marge, bien loin du discours de nos politiques !

Des élections se préparent en ce moment, en Belgique. Elles sont importantes. La Chambre, le Sénat, le Gouvernement fédéral ne sont-ils pas des éléments essentiels de notre démocratie ? Certes, les programmes des partis ne sont pas encore parfaitement affinés. Parions pourtant que ni l’art, ni la culture n’y occuperont une place exagérée ! Une personnalité (qui sera sur les listes et que je ne citerai donc pas) me disait l’autre jour que tout cela dépendait exclusivement de la Ministre de la culture, que le niveau fédéral n’était pas concerné. Dommage, vraiment… La culture ne serait donc pas inhérente, fondamentalement, à ce que nous sommes, à ce que devraient être nos actions ? Le (la) Premier(e) ministre, celui ou celle de l’Intérieur ou des Finances ou de l’Economie ou de la Justice (et les autres) ne devraient-ils pas – comme les enseignants, comme les journalistes – être porteurs de culture, passeurs de culture, au meilleur sens du terme ? On peut rêver. En attendant, on peut suggérer d’être attentifs à leurs programmes…

Au fait, on y verra peut-être le sport ! C’est porteur, le sport ! On visera donc le haut niveau, voire le nouveau stade. Il serait pourtant urgent que, là aussi, et décidément, une autre politique voie le jour.

Georges Vercheval

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Art et Société
  • Art et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Art et Ecole
  • Dialogue interculturel
  • Accès à la culture
  • Pratiques culturelles et engagement

    Les hors-champs de l'art

À vos agendas 

Activités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique

- ART ET SOLIDARITE

Rencontres internationales du Créahm 2007

Après la réalisation - et le succès - de la 1ère édition d’un festival consacré aux artistes handicapés en octobre 2004, le Créahm réitère cette initiative novatrice. Les « Rencontres Internationales du Créahm 2007 » se tiennent du 21 au 31 mars 2007 à l’Institut supérieur des Beaux-Arts St-Luc, à Liège. Il ne s’agit pas de spectacles marginaux ! Ces comédiens, danseurs et musiciens, sont remarquables pour la qualité de leurs prestations et leur professionnalisme, et méritent d’être mis en lumière comme les artistes ‘ordinaires’. A voir…!

Dix jours de fête et d’échanges pendant lesquels s’articulent autour des spectacles internationaux, des « afters » (après spectacles), des ateliers, des tables rondes, un forum public et les inévitables surprises engendrées par les rendez-vous traditionnels que sont les soirées d’Improvisation et les rendez-vous mensuels du ‘Dimanche à la maison’.

www.creahm.be

Spectacle : « Tu vois ce que je dis? »

« Tu vois ce que je dis ? », une création de l’asbl Passe Muraille Belgique, sera présenté au Foyer Culturel de Péruwelz les 27 et 28 avril 2007, à 20h. Depuis un an, Vincent Logeot, chargé de projet professionnel de l’asbl Passe Muraille, travaille et met en scène ce spectacle de théâtre incluant exclusivement des personnes non-voyantes et malentendantes.

Avec « Tu vois ce que je dis ? », il s'agit de relever le défi de mettre en scène des acteurs qui communiquent difficilement, même entre eux, d'offrir au public une approche différente du handicap et de sensibiliser les lieux culturels à l'accueil d'un public différent. En effet, cette démarche théâtrale a pour objectif de faire voyager le public à travers toutes les dimensions de la communication et de ses difficultés. Ce spectacle expérimental, bénéficiant d'une traduction gestuelle et d'un accompagnement spécifique pour le public malvoyant, a été conçu pour être vu, entendu, et compris par tout le monde.

Réservation indispensable au Foyer Culturel de Péruwelz : Tél : 069/45.42.48 - Courriel : centre.culturel.p@unicall.be

www.passe-muraille.be

L’enfer me ment

La prison. L’enfermement. Tout un monde, avec sa géographie, son histoire, ses codes, ses faiblesses. Avec sa violence et ses lâchetés. L’asbl Autrement est un service d’aide sociale aux détenus, justiciables, inculpés et condamnés, et à leurs victimes. Elle a confié à cinq photographes* une mission photographique majeure, celle de rendre compte de la réalité de sept prisons - Namur, Berkendael, Andenne, Marneffe, Andenne, Forest, Saint-Gilles – sans pour autant taire leurs sentiments. Solitude ou promiscuité. Univers délabré ou aseptisé… Déshumanisant, en tous cas.

L’exposition, dans la salle des « pas perdus » du Palais de Justice de Bruxelles (jusqu’au 31 mars 2007), est impressionnante, dans sa forme et par sa dimension. Elle vise à sensibiliser l'opinion publique sur les conditions de détention et de réinsertion des personnes emprisonnées et à donner une image plus juste de la détention et de réinsertion en Belgique. L’ouvrage qui l’accompagne**, par la proximité qu’implique la page imprimée, par le nombre des images et une meilleure lisibilité des textes, est plus attachant encore.

* Jean-Marc Bodson, Jane Evelyn Atwood, Michel Vanden Eeckhoudt, Gaël Turine, Hugues de Wurstemberger.
** éditions Michel Husson www.husson-editeur.be

autrement@skynet.be

Le Sas

Du 25 avril au 5 mai 2007 à 20h30, le Théâtre Les Tanneurs présente « Le Sas », monologue interprétée par Joe Deseure (meilleure comédienne aux Prix du théâtre 2005).

L'auteur, Michel Azama, a travaillé à la prison de Rennes avec douze prisonnières dont il a écouté les vies et la douleur. De cette écoute est né un monologue : « Le Sas », qui décrit le passage qui sépare l’enfermement de la liberté, celui d’une dernière nuit en prison, une nuit blanche. Dans sa cellule, la détenue qui vient d’y passer seize années évoque son incarcération, ses angoisses, ses souvenirs, l’amour de ses enfants perdus pour toujours. La partante, dans un majestueux soliloque, repasse ainsi toutes ces années, du jour de son arrestation à cette dernière nuit en chambre isolée.

Prix : 10 € par spectacle / 7,5 € pour les moins de 26 ans, demandeurs d'emploi, professionnels du spectacle et seniors / 5 € pour les étudiants des écoles d'art, les groupes scolaires du secondaire (au minimum 10 personnes, gratuité pour un enseignant) / Article 27 & Arsène 50.

www.lestanneurs.be

- ACCES

Colloque « Publics Fragilisés »

Le 30 mars une journée de réflexion sur les techniques particulières de médiation visant à rendre les arts plastiques accessibles au plus grand nombre est organisée à destination des responsables culturels, associatifs, politiques et institutionnels au MAC's (site du Grand-Hornu).

Après les discours d’introduction par Claude Durieux, Président du MAC’s et Gouverneur de la Province de Hainaut, Christiane Vienne, Ministre de l’Action Sociale et de l’Egalité des Chances, et Laurent Busine, Directeur du MAC’s, la journée se poursuivra par des échanges et discussions:

* Atelier 1 : « Expériences menées au MAC’s – publics malvoyants et malentendants ».
Intervenants : Anne Nandrin (Responsable du projet au MAC’s), Alain Eckerman (Amis des Aveugles de Ghlin), Joëlle Janssens (Historienne de l’Art, traductrice en langage des signes), Kimberley Paree (Historienne).
* Atelier 2 : « Financement des programmes et gestion quotidienne ».
Intervenants : Laurent Busine, Directeur et Dominique Cominotto, Adjoint à la Direction du MAC’s.
* Atelier 3 : « Les initiatives des mondes associatifs et institutionnels »
Intervenants : Véronique Chapelle (Directrice du Créahm Bruxelles), Robert Bouchez (Enseignant dans l’enseignement spécial), Mario Del Bianco (Chef d’atelier au Home André Livemont), Carine Fol (Responsable Art en Marge).
* Atelier 4 : « La question des publics fragilisés en France, l’exemple du Musée d’Art moderne de Lille-Métropole dans son travail avec l’Hôpital psychiatrique de Saint-André »
Intervenants : Claudine Tomczak et des représentants de l’équipe médicale de l’Hôpital Saint-André.

- Drink de clôture et visite guidée des expositions : « Portraits, Angel Vergara Santiago et Marianne Berenhaut »

Adresse : rue Sainte-Louise, 82 à 7301 Hornu. P.A.F. : 20 €.
Infos : Marie-Jeanne Vanaise - Tel : 065/613.867 – Courriel : marie-jeanne.vanaise@grand-hornu.be.

- DIALOGUE INTERCULTUREL

El ejido, la loi du profit

La Ligue des droits de l'Homme vous invite à l’avant-première du film « El ejido, la loi du profit » de Jawad Rhalib, en présence du réalisateur et introduites par les responsables des sections régionales de la Ligue des droits de l’Homme, le 27 mars à Bruxelles, au cinéma Vendôme, à Liège le 10 mai au Cinéma Le Parc et le 31 mai au Cinéma Churchill.

El ejido est un village de la région d’Almera au sud de l’Espagne, autrefois déserte. Aujourd’hui, un tiers de la consommation européenne hivernale en fruits et légumes y est produit. El ejido, ce sont 80 000 travailleurs immigrés, pour la plupart clandestins, embauchés à la journée pour un salaire de misère, sans contrat de travail et logés dans des petites constructions en cartons et en plastiques, sans eau ni électricité. Dans le prolongement du documentaire « Brûler, disaient-ils, ou les raisons de la colère », « El ejido, la loi du profit » est le témoignage de Driss, Moussaïd et Djibril, esclaves modernes, à seulement 2000 km de chez nous.

L’avant-première bruxelloise sera suivie d'un débat sur le thème de l’exploitation des ouvriers clandestins en Europe et en Belgique avec Pierre-Arnaud Perrouty, juriste à Ligue des droits de l’Homme.

www.liguedh.be

Bokutani

Pour la septième année consécutive à Louvain-la-Neuve, le kot Partenaire International, le Centre Placet et l'Association des Résidents du Placet présentent jusqu'au 29 mars, leur quinzaine Interculturelle Bokutani.

Le projet est né de la frustration relative au manque de temps et d’espace accordé aux rencontres et échanges entre étudiants de différentes nationalités sur le site de Louvain-la-Neuve. Sans prétendre avoir introduit l’interculturel dans la ville (la Ferme du Biéreau, le Centre Culturel et divers autres kots à projets menaient déjà des activités en ce sens), le kot Partenaire International, le Centre Placet et l'Association des Résidents du Placet ont l’audace de proposer, deux semaines « d’affilée », un projet de découverte réciproque d’autres cultures. L'objectif principal de la quinzaine est de faire prendre conscience au public belge et étranger - en particulier aux jeunes étudiants de Louvain-la-Neuve - de la richesse inhérente à toute rencontre et du partage nécessaire entre personnes de culture différente.

www.placet.be

La Traversée de la Mort

Du 25 avril au 13 mai 2007, la Compagnie des Nouveaux Disparus présente sa nouvelle création sous chapiteau sur la Place des Martyrs à Bruxelles. Ecrit et mis en scène par Jamal Youssfi, « La Traversée de la mort » présente des témoignages et des histoires réelles reprises dans la presse. La pièce relate l’histoire de cinq femmes qui se retrouvent enfermées dans une prison espagnole après avoir tenté l’impossible, la traversée de la Méditerranée en barque pour rejoindre l’Eldorado européen. Entre espoir et désespoir, fantasmes et lucidité, rires et larmes, chansons et débats, le spectacle raconte comment et pourquoi les gens du Sud sont prêts à risquer leur vie pour changer de continent.

Avec Miriam Youssef, Marcha van Boven, Annette Gatta, Maria Abecasis et Sabrine.

Réservation : 02/223.32.08 - www.theatremartyrs.be.
www.lesnouveauxdisparus.be.

- ART ET ECOLE

Rencontres interrégionales Danse à l’École

Les 10 et 11 mai 2007, au cours de deux jours de festival, le CDWEJ et Pierre de Lune accueillent, en collaboration avec le Centre culturel d'Ottignies-LLN et Charleroi/Danses, les chorégraphies de classes issues des écoles maternelles, primaires, secondaires et de Hautes Ecoles de toute la Communauté française qui ont mené un atelier Danse à l'Ecole durant l'année scolaire.

Aux côtés des présentations d'élèves, des extraits ou ébauches de création d'artistes professionnels seront présentés. Les moments de danse sur le plateau seront ponctués par des images de l'histoire de la danse avec, cette année, un focus sur l'histoire de la danse belge, en collaboration avec la Cinémathèque de la Danse à Paris. Ces deux journées sont ouvertes à tous les publics (entrée libre).

Infos : CDWEJ - 064/66 57 07.

- ART ET SOCIETE

Mai 68, cela commença par un pavé

L'asbl A Contre Temps organise, du 28 avril au 5 mai 2007 à Liège, une semaine d'activités, de débats, de réflexion, de fête et d'agitation autour de mai 68 (ses luttes, ses victoires, ses défaites, ses acquis). Au programme : une exposition déambulatoire autour de mai 68, un document-débat sur le thème « Peut-on réformer le système? », un concert de Jacques-Ivan Duchesne (classé chanteur engagé), une soirée dansante, etc. Ces réjouissances auront lieu dans différents lieux culturels et alternatifs de la cité ardente. Le but de cette semaine est de se retrouver, s’informer, s’amuser, s’interroger et peut-être faire un bilan et dégager des perspectives.

A Contre Temps est une asbl dont le but est de promouvoir le développement durable de la société au travers d’activités et de projets culturels, sociaux et éducatifs. Elle organise des scènes ouvertes, crée des rencontres avec d’autres associations citoyennes et met sur pied des projets artistiques à court ou à long terme.

Infos : Patrick Zeoli. - Tél : 04/226.47.08 ou 0473/89.26.15 - Courriel : zeoli@versateladsl.be

Démocratie & Courage

L'association Démocratie & Courage organise son prochain module de formation du 2 au 6 avril 2007. L'actualité internationale, le racisme et la montée de l'extrême droite, montrent à quel point le travail d'éducation à la citoyenneté est essentiel. Mis en place l’année passée en Belgique, le projet Démocratie & Courage amène des jeunes à apprendre des techniques d'animation sur deux thèmes : « Racismes et discriminations » et « Immigration et interculturalité ». Suite à cette formation, les animateurs bénévoles se rendent dans les classes, les maisons de jeunes, les associations pour animer d’autres jeunes autour de ces thématiques. Le troisième module aura lieu du 2 au 7 juillet 2007 à Grupont (Liége).

Devenez animateur citoyen/animatrice citoyenne bénévole !

http://www.cnapd.be/D&C/index.htm

Coups de cœur

Présentation d'expériences intéressantes.

- ART ET SOLIDARITE

Les Hors-Champs de l'art. Psychiatrie, prisons, quelles actions artistiques?

Entre 2004 et 2006, Cassandre/Horschamps (pôle de ressources art et société) a animé un cycle de rencontres intitulées « L'art en difficulté » croisant temps artistiques, expositions, débats et projections. Ce cycle a permis d’explorer, par le débat et la découverte, ce qui se fait de plus sérieux dans le domaine de l'intervention artistique dans les lieux d'enfermement et de relégation sociale ou culturelle, particulièrement l’univers psychiatrique, le monde carcéral et les lieux d’accueil des «sans domicile fixe».

L’équipe de Cassandre/Horschamp propose donc une publication, outil précieux à l'usage des artistes et des acteurs sociaux, des soignants, des éducateurs, ainsi que des étudiants et des chercheurs travaillant dans ces champs. Il s’agit, en s’appuyant sur « la substantifique moelle de ces rencontres », d’un ouvrage de référence où la réflexion de fond alterne avec des reportages effectués par leurs journalistes, spécialement pour l'occasion, sur les équipes qui effectuent ce travail de passage entre les univers de l’art et les lieux de la «difficulté», et avec les actes des rencontres.

Le but, dans cette publication, est de ne pas séparer la réflexion théorique des expériences pratiques et leur confrontation, les intervenants de la semaine « L’art en difficultés » apportant leurs témoignages et leur réflexion sur une facette de la problématique : l’approche historique de l’intervention artistique en psychiatrie, le rapport entre les approches artistique et thérapeutique, la place de l’artiste dans une institution comme l’Hôpital ou la Prison, les modes de relations créés par l’art auprès de populations en difficulté.

Loin d’un colloque classique, ces débats ont privilégié la vivacité des échanges et la prise de parole de la salle au cours de ces journées auxquelles assistaient des personnes directement impliquées par les sujets traités (notamment des patients de l’Institut Marcel-Rivière et de l’Hôpital de Maison-Blanche). Pour cette partie des « actes», il s’agissait non pas d’en tenter une synthèse, mais d’en extraire les temps les plus significatifs.

Enfin des reportages illustrés sur des équipes, des artistes et des lieux spécialisés sont décrits : le Centre d'Accueil en Soins Hospitalier de Nanterre, l'Institut Marcel-Rivière, le 3bis F d'Aix-en-Provence, le festival Art et déchirure, le festival Itinéraires singuliers, l'Atelier du non-faire, la Ferme du Vinatier, Aujourd'hui ça s'appelle pas, etc.

Prix : 14 € (12 € + 2 € de frais de port).
Pour la commande : Marie Thomas - mariethomas@horschamp.org www.horschamp.org

- ART ET SOCIETE

Troubled Waters

L’eau. L’eau et la vie. Ce que l’homme fait de l’eau et ce que l’eau fait de l’homme. L’accès à l’eau pour la collectivité. Cette problématique complexe, liée au développement durable est au cœur du projet mené par le photographe Dieter Telemans* depuis plusieurs années, se voit concrétisée à travers une exposition didactique, actuellement présentée au Sénat (itinérante ensuite) et un splendide ouvrage (208 pages 24 x 30 cm).

Si les images parlent d’elles-mêmes par leur beauté ou leur intensité dramatique, la manière dont elles sont organisées, thématiquement ou par régions, permet d’aborder le problème et ses divers aspects. Quel que soit l’angle d’approche, la situation est grave. Déforestation, ruissellement, érosion, surpâturage, privatisation ! Sécheresse au Niger, au Kenya, en Somalie. Pollution majeure en Chine, latente un peu partout. La mer d’Aral est morte, asphyxiée, asséchée. En Palestine, le mur coupe les cultivateurs de leurs réserves d’eau. En Espagne, les terrains de golf se multiplient pour les touristes, les piscines aussi. Les textes, précis, documentés, sont de Dieter Telemans, de Green Belgium et de Riccardo Petrella (en anglais, trad. en français et néerlandais).

Ed. : Green Belgium, Protos et Rotary. www.troubledwaters.eu - www.protosh2o.org

* Dieter Telemans est né au Burundi. Photographe freelance à Bruxelles, membre des agences Panos London, Cosmos Paris, Grazia Neri, Milano, il travaille notamment pour De Morgen, Libération, The New York Times. En 2003, avec Pie Tshibanda, il a publié Heart of Dance (Ludion, Gent-Amsterdam)

- ACCES

Prix des Musées 2007

L’ambitieuse initiative lancée par Openbaar Kunstbezit in Vlaanderen, magazine dédié à la culture et au patrimoine, et le bureau d’avocats Linklaters de Bandt (*) a remporté un franc succès en 2006.

La deuxième édition est bien engagée. Rappelons que le but du Prix des Musées est de décerner chaque année à un musée wallon, un musée bruxellois et un musée flamand un prix de 10.000 €s chacun. Le renouvellement du public et l’implication de celui-ci figurent parmi les principaux critères de sélection. Le jury évalue également les efforts consentis par les musées en faveur d’une plus grande accessibilité pour des groupes particuliers comme les enfants, les jeunes, les personnes handicapées, les allochtones et les personnes défavorisées. Les musées lauréats sont d’ailleurs invités à consacrer la somme qu’ils remportent à des projets s’inscrivant dans cette optique.

Pour l’édition 2007, le règlement du Prix des Musées a fait l’objet de trois modifications majeures. Tout d’abord, les « petits musées » verront leurs chances accrues grâce à une « discrimination positive » ! En effet, la présélection devra obligatoirement comporter au moins un musée ayant un effectif du personnel inférieur à cinq travailleurs. D’autre part, les lauréats des Prix du public ne seront plus seulement honorifiques. Ils recevront, eux aussi, une récompense financière. Enfin, les musées ayant remporté le Prix des Musées ou le Prix public des Musées au cours des cinq dernières éditions ne pourront plus concourir, le but poursuivi étant d’offrir au plus grand nombre de musées une chance de remporter le prix.

Le Jury des nominations a d’ores et déjà terminé son travail. Les musées nominés ont été révélés le 23 mars dernier. Le Jury final aura la charge de désigner les trois gagnants. Pour le Prix du Public, tout le monde peut voter ! Jusqu'au 13 avril 2007 inclus ! Ce vote s’effectue sur le site internet www.prixdesmusees.be (l’an passé, quelque 15.000 amateurs de musées ont voté !) ou à l’aide des bulletins de vote officiels qui sont diffusés par les médias partenaires du Prix des Musées. Les participants au Prix public pourront remporter des prix, tels que des livres d’art ou des city trips culturels.

Les Prix des Musées et les Prix du Publics seront décernés le jeudi 26 avril au Musée des Sciences naturelles à Bruxelles (un des lauréats 2006).

www.prixdesmusees.be

* avec la collaboration du Conseil bruxellois des musées / Brusselse Museumraad, du Vlaamse Museumvereniging, de l’Association francophone des Musées de Belgique, de Musées et Société en Wallonie, de partenaires « médias », de Kunst en Democratie et de Culture et Démocratie.

Faits et opinions

Clowns sans Frontières est une organisation internationale qui existe aussi en Espagne, en France, au Canada, aux Etats Unis et en Suède. Depuis 2001, les Clowns et Magiciens sans Frontières - Belgique (CmSF) courent la terre pour soulager la détresse par le rire et la poésie: Albanie, Kenya, Vietnam, Cambodge, Népal, Niger, Inde… et en Belgique où ils jouent pour des publics souvent fragilisés. Voici ci-dessous un article relatant une de leurs expériences.

Créer du lien par le rire

Né en 2001 de la rencontre entre trois comédiens : Stéphane Georis, Kevin Brooking et Sylvain Sluys, Clowns et Magiciens sans Frontières – Belgique (CmSF) est une union d’artistes professionnels et bénévoles qui se sentent concernés par l’état du monde. Ils proposent leurs talents et créent des spectacles originaux qui apportent de l’espoir là où il n’y a le plus souvent que violence, pauvreté, et désespoir.

Nos 6 cibles principales sont : les enfants face à la maladie ou au handicap (par exemple malades ou orphelins du SIDA), les enfants abandonnés (enfants des rues ou en orphelinats), les enfants en prison ou en centre de détention, les enfants victimes de la guerre (dans les camps de réfugiés) ou de catastrophes naturelles, les enfants au travail.

Depuis 5 ans, nous avons organisé plus de 20 projets dans les pays suivants : Albanie, Kenya, Vietnam, Cambodge, Népal, Niger, Inde, Birmanie, Thailande, Indonésie, Burkina-Faso, Roumanie. L’association est également active en Belgique où elle joue pour des publics souvent oubliés : prisons (en partenariat avec l'association écoute parent-enfant), centres de détention pour demandeurs d’asile, centres dépendant de CPAS, institutions pour personnes âgées ou pour personnes handicapées. Nous réagissons également aux événements. Les artistes se sont ainsi rendus à plusieurs reprises dans les églises occupées par les demandeurs d’asile déboutés. Au total, en 2006, une dizaine d’artistes ont participé en Belgique à une cinquantaine de représentations dans ces lieux insolites.

CmSF , ce sont des histoires de rencontres : des rencontres improbables entre des artistes de toutes nationalités mais vivant en Belgique et des enfants du monde oubliés de tous. Au-delà des frontières, au-delà des prisons, au-delà des cultures, au-delà des langues. Des rencontres d’une rare intensité et dont chacun sort transformé. Des échanges qui ne changent peut-être pas des vies, mais qui recréent des liens.

Le projet a pour principal objectif de contribuer à faire reconnaître et surtout à faire vivre un des principaux droits de l’enfance : celui de rire et de partager, en quelque sorte le droit à l’enfance tout simplement.

Dans des environnements de vie (ou plutôt de non vie) particulièrement déshumanisés et violents, il espère ainsi participer à la (re)création de liens sociaux et familiaux. S’il vise principalement les enfants, il s’adresse aussi aux personnes faisant partie de leur environnement immédiat (parents, famille, éducateurs, gardiens, etc..). Les spectacles peuvent par la suite faire l’objet d’une exploitation particulière par des éducateurs (ou des prestataires de tous types). L’association s’efforce de ne pas créer a priori de spectacle qui soit au service d’un but ou d’un message particulier, de façon à laisser toute la place à la rencontre.

Les spectacles proposés sont conçus pour être compris par n’importe quel public et dans n’importe quel environnement. Ils ne nécessitent jamais de logistique lourde et doivent pouvoir être joués aussi bien dans une prison qu’au sommet d’une colline. Ils constituent pour les enfants de formidables réservoirs d’imaginaire qui continueront à être exploités longtemps après le départ des artistes.

Mérode à Manille…
Un rond point, un grand rond point, du genre celui de Mérode …
Au centre des voitures qui tournent, il y a un parc. Avec une sorte de statue probablement dédiée a un héros…, X ou Y. Richard, notre "tour manager" à Manille, me dit en riant que c'est une version philippine de "Central Park". Je ris avec lui avant d'arriver.....

Oui, il y a bien trois arbres qui se courent après, mais il y a surtout les voitures incessantes qui se tournent après. Au milieu, sous les arbres, sont couchés les enfants des rues. Ceux qui ont fui une famille trop pauvre, trop violente, trop incestueuse, ceux qui ont été abandonnés par cette famille. Ils ont entre 6 mois et, je dirais, maximum 35 ans. Filles et garçons sont mélangés, baclas aussi. Les baclas sont les lady-boys, ces hommes qui, par choix ou par pression sociale due à leur physique, se comportent comme des "tapettes" suivant nos expressions. Ils s'habillent en fille et ont des manières exagérément féminines ! Ils sont parfaitement intégrés, mais s’il faut rire de quelqu’un, ce sera d'eux.

Une odeur de colle nous rappelle le "Nairobi". Les peaux sont noires, pas de soleil, mais de crasse. Je n'avais jamais vu ça, elle est incrustée, elle fait presque partie de la peau. Leur curiosité est aussi grande que leur sourire. On serre des mains, on oublie la crasse, on cherche derrière leurs yeux encollés un reste d'enfance. Nini a à peine 6 ans, le corps couvert de boutons, le nez bouché par la colle. Mais quel rire, quelle présence ! Boho, lui, a 13 ans. Les cheveux en bataille, il me demande 20 fois comment je vais, pour ne pas me lâcher la main. JR a moins de 5 ans. Il a le sourire noir et édenté d'un vieil homme. Mais la force de vie de son âge. Il y a aussi Marcelle qui attend un enfant, Richard et tous les autres... Ils sont là. Ils vivent là.

Avant, ils vivaient près des morts, tranquilles. Mais la police est devenue elle aussi copine avec les morts.... pour mieux arrêter les vivants ! Bref ils ont du quitter le cimetière pour venir s'échouer sur cette île de crasse au milieu des voitures... Et c'est là que nous jouons notre spectacle. C'est là que nous trouvons le moyen de nous rapprocher d'eux, un petit peu. C'est là que nous devenons complices d'une situation clownesque. C'est là que nous chantons ensemble pour couvrir le bruit des voitures. C'est là que "Stan et Alfred" (nos deux marionnettes) deviennent plus vivantes que jamais, presque des stars, dignes de Hollywood! Un grand moment de bonheur parce qu'une fois de plus le spectacle fait oublier la situation dantesque dans laquelle ils se débattent, une fois de plus l'enfance redevient une priorité. Durant le spectacle, les sachets de colle sont restés dans les poches, une mini victoire....

Ils n'ont pas la timidité asiatique, ils n'ont pas la violence sourde des enfants en prison, ils ont cette liberté d'être là et de pouvoir rêver avec nous ou nous avec eux. Mais ils ont le t-shirt déchiré, le ventre vide, le nez en champignon, l'enfance en bouillie. D'y être allé, c'est presque inimaginable, mais c'est là ! Après leur avoir appris notre chorégraphie de "super nettoyeur", leur avoir fait un nez rouge à chacun, après avoir fait une marionnette avec eux, nous les quittons le cœur ensoleillé de leurs sourires, de leur émerveillement, de leur tendresse. Mais passé le coin de la rue, c'est les yeux dans le vague que nous rentrons, une vague de larmes qui résiste, une vague de rage qui s'épuise. Le spectacle nous a permis d'être là, avec eux, de trouver un vocabulaire commun pour échanger un moment de tendresse, un moment humain....

Luc Nicolas
Clowns et Magiciens sans Frontières

www.cmsf.be

Dernières nouvelles

Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations…

- PRATIQUES CULTURELLES

Les CEC s'expliquent : compte-rendu de la deuxième rencontre

Le compte-rendu de la seconde journée de rencontres « Les CEC s'expliquent » organisée le 21 novembre 2006 par le Service de l’Education permanente et de la Créativité et le Service de formation des Cadres culturels de la Communauté française, Culture et Démocratie, le Centre Dramatique de Wallonie pour l'Enfance et la Jeunesse ainsi que le Théâtre de Namur, est disponible sur le site www.cdkd.be.

Zinneke Parade

La 5ème Zinneke Parade ne défilera qu'au printemps 2008 mais son élaboration, fruit d'un partenariat entre habitants, artistes et associations dans les quartiers bruxellois, démarre dès à présent. En effet, les réunions d'information débutent fin mars 2007.

Le thème? L'eau!!! Quatre axes ont été identifiés : l'eau comme source de vie / l'eau comme matière, composante chimique / l'eau, mythes et cultures / l'eau, sens et abstraction.

www.zinneke.org

La Galerie du Crabe

Exposition « Dedans-Dehors »
Vous êtes artistes - professionnels ou non – et débordants de créativité? La Galerie du Crabe attend vos projets avant le 1er juillet 2007 afin de réaliser une exposition sur le thème : « Dedans-Dehors » entre le 5 et le 31 octobre 2007. Le sujet peut sous-entendre entre autres : l’enfermement physique ou psychologique / la liberté (prisons, hôpitaux, maisons de repos, instituts psychiatriques, maisons closes, zoos….), l’enferment dû aux assuétudes, la solitude, les sans-papiers, les SDF, les maladies, le temps mais aussi l’évasion par le rêve, la conception et la naissance, la germination, le pouvoir du sourire, la chaleur du foyer…

Pour information, les œuvres exposées seront mises en vente (le prix est fixé par l'artiste et mentionné sur sa fiche; l'organisateur percevra une commission de 25% sur les ventes). Envie de participer ? Les candidatures pour l'exposition « Dedans-Dehors » doivent être composées d’un dossier avec quelques photos et un CV artistique.

Exposition « Talents 9 »
Vous êtes artiste et n'avez jamais exposé en galerie? La galerie du Crabe vous offre cette opportunité. Il vous suffit d’envoyer un book, des photos ou quelques oeuvres, le tout accompagné d'un C.V.. Le comité d'accompagnement de la galerie sélectionnera ensuite les artistes qui participeront à l'édition 2007 de « talent9 » en juin 2007.

Contact et renseignements supplémentaires (dont le règlement général de l'exposition « Dedans – Dehors ») :
Galerie du Crabe – Yolande Bogaerts - 4, rue St Médart à 1370 Jodoigne - Tél : 010/81.40.50 – Courriel : crabe@skynet.be

Namur en mai - Le Festival des Arts Forains

Namur en Mai, le Festival des Arts Forains aura lieu du 17 au 20 Mai 2007. Un appel est lancé aux compagnies de Théâtre, Théâtre de rue, Théâtre forain. Vous portez un nouveau projet...
Vous cherchez des partenaires, résidences, coproducteurs ..
Conditions de participation : Envoyer un dossier complet à Nathalie Tirtiaux, avant le 5 mai 2007 (Promotion des Arts forains - Rue des Brasseurs, 160 - 5000 Namur). Attention, les dossiers par mail ne sont pas acceptés.

Frères de SANS

Dans le cadre du projet « Artistes en campagne », le collectif Frères de SANS lancent un appel aux artistes. « Á vous artistes de Bruxelles et d’ailleurs… Manifestez votre solidarité avec les citoyens sans-papiers... Imaginez pensez composez écrivez jouez ou réalisez une oeuvre sur le thème des sans-papiers des frontières de l’immigration ou de l’hospitalité. Les sans-papiers de Belgique ont entamé une lutte depuis plusieurs mois pour obtenir leur régularisation, l’arrêt des expulsions et la suppression des centre fermés. Ils sont sortis de l’ombre pour mener leur combat politique, occupant avec courage et détermination de nombreux lieux. Sans-papier, oui, mais pas sans idée, sans poésie, sans solidarité. Alors posez quelques accords sur leurs revendications, mettez plus de couleur et de lumière dans leur lutte, interrogez leurs conditions de vie, racontez leurs parcours... »

Les oeuvres peuvent prendre toutes les formes possibles : peinture, musique, vidéo, ... et seront exposées/jouées/projetées à partir du 10 mai dans l’église Saint-Bernard (Rue de la Source 81 à 1060 Bruxelles). Elles doivent être déposées ou envoyées à l’église pour le 1er mai au plus tard. De mars à juin, la galerie virtuelle d’Artistes en campagne accueillera les oeuvres en 2 dimensions (photos, affiches, ...) incluant le logo de la campagne.

Pour rappel, « Artistes en campagne » est une initiative de la Galerie 100 Titres en partenariat avec les Brasseurs, le Nova, le Comptoir, El Batia Moûrt Soû et Smart. Un appel est lancé aux artistes, bédéistes, dessinateurs, écrivains, graphistes, illustrateurs, peintres, photographes, sculpteurs à réaliser des affiches et des slogans, à l’occasion des élections législatives 2007.

Infos : titom75@yahoo.fr - 0496/032088 - www.artistesencampagne.org

- ACCES

Musées bruxellois

Chaque premier mercredi du mois, à partir de 13h, l’entrée dans les musées fédéraux comme le Musée des Instruments de Musique, les Musées Royaux des Beaux Arts de Bruxelles, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire, le Musée de Tervueren… est gratuite.

Pour rappel, le premier dimanche de chaque mois, les portes des musées administrés ou conventionnés par la Communauté française s'ouvrent également gratuitement au public. À Bruxelles (*), cela concerne le Musée juif de Belgique à Anderlecht, le Musée de l’Industrie et du Travail La Fonderie à Molenbeek. S'y ajoute le musée communal d'Ixelles.

Les Nocturnes mettent tous les jeudis soirs au moins trois musées bruxellois à l'honneur. Dans près de quarante musées différents, des animations sont proposées en soirée (visites guidées, concerts,...). Ces visites originales conviennent aussi bien aux jeunes qu'aux plus âgés et offrent un bel aperçu de la riche diversité des oeuvres et des collections que recèlent les musées de Bruxelles. Lors des Nocturnes, plusieurs musées organisent, entre 17h et 20h, des animations spéciales pour les enfants. Infos : www.museesdebruxelles.be

Enfin, il y a la « Brussels Card ». À envisager plutôt quand vous accueillez ou pilotez des visiteurs étrangers. Elle donne accès à 25 musées bruxellois et est valable durant 24, 48 ou 72 heures et coûte 20, 28 ou 33 €. Pour ce prix, vous accédez aussi aux transports en commun gratuitement, vous recevez des réductions dans les restaurants, un petit guide info sur les musées et un plan de la ville.
Renseignements au 02/512.77.80

(*) et en Wallonie, pour rappel, le Musée de la Photographie à Charleroi, le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée à La Louvière, le Musée-Royal de Mariemont, le Centre de la Tapisserie, des Arts du tissu et des Arts muraux à Tournai, le Musée international du Masque et du Carnaval à Binche, l’Espace gallo-romain à Ath, le Préhistosite de Ramioul à Flémalle, l’Ecomusée régional du Centre à Houdeng-Goegnies, le Musée en Piconrue à Bastogne et le Musée en Plein Air du Sart Tilman à Liège !

- ART ET SOLIDARITE

Recherche d'un lieu pour des oeuvres créées via Recyclart et Art en Marge

Les asbl Recyclart et Art en Marge recherchent un emplacement, extérieur ou non, afin d'exposer des oeuvres créées par des enfants et par des artistes peintres handicapés mentaux, soit 86 panneaux de 2m20 de haut et d'1m10 de large ! Si vous avez des idées de lieux qui pourraient les accueillir ou des adresses de personnes à contacter, n'hésitez pas à leur en faire part.

Contact : Domitienne Cuvelier au 02/248.19.06

- DIALOGUE INTERCULTUREL

Un blog contre le racisme et les discriminations

Des jeunes du MJT (Mouvement des Jeunes travailleurs, ASBL de la Mutualité socialiste et Organisation de jeunesse reconnue par la Communauté française) ont créé leur blog pour dénoncer « toutes ces choses qui nous empoisonnent la vie » : insultes racistes, blagues sexistes, discriminations, drames dans la presse... Ils le font de manière choc et originale. Sans prise de tête, ils parlent des choses simples, vécues ou entendues.

Soutenez leur action : faites tourner leur blog, mettez-le en lien, venez mettre des commentaires, parlez-en autour de vous.

Site : www.quoimagueule.be

Si vous désirez une collaboration plus importante et être mis encore plus en évidence chez tous ces jeunes, prenez contact avec Caroline Huart (responsable de projet pour le secteur enfance et jeunesse des Mutualités socialistes) : caroline.huart@mutsoc.be ou au 02/515.17.82

- ART ET ECOLE

Cent ans – sans temps

Dans le cadre du centenaire de la célèbre école Decroly, le photographe belge Nicolas Van Brande (fondateur de l'école de photographie Contraste) signe un livre intitulé "Cent ans - sans temps".

Ce recueil photographique s’inspire de la célèbre phrase du Docteur Decroly, « pour la vie, par la vie ». 50 portraits sans concessions, tendres, drôles, émouvants, d’hommes ou de femmes (jeunes et moins jeunes, illustres ou méconnus) unis, à travers un siècle d’histoire, par les valeurs humanistes de cette pédagogie active. Des textes que Jacques Ledent brosse en quelques mots très bien choisis.

A l’occasion de la sortie du livre, une exposition des 50 portraits se tiendra au musée de l’architecture – La Loge, 86, rue de l’Ermitage 1050 Bruxelles du 27 avril au 20 mai 2007.

http://www.photo-contraste.com

- ART ET SOCIETE

Une étude de l'Orbem sur les besoins des artistes

Un article de la revue Alter Echos (n° 224) annonçait une étude menée par l’Orbem et la Mission locale de Schaerbeek au cours du premier quadrimestre 2006. Celle-ci rappelle les difficultés rencontrées par les artistes. Les réponses ont permis aux auteurs de l'enquête d’identifier trois types de besoins :

1) L'information. Les pistes évoquées sont la création de brochures spécialisées, la mise sur pied de permanences et de séances d'information spécifiques, la création d'un site internet, etc. Pour rappel, citons la brochure destinée aux artistes bruxellois et coéditée par la Mission locale de Schaerbeek et l'asbl ILES.

2) L'accompagnement. Il s'agirait de créer une structure où des personnes spécialisées et compétentes accompagneraient des projets soit dans leurs dimensions administratives et comptables, soit dans leurs aspects artistiques.

3) La recherche d'emploi. Les artistes veulent être informés, soutenus, défendus et reconnus comme toute autre catégorie professionnelle. Cela nécessite la création d'une base de données adaptées à l'offre et à la demande du milieu artistique, d'outils spécifiques.

Infos :
Orbem - Boulevard Anspach, 65 à 1000 Bruxelles- Tel : 02/505.78.59 – Courriel : info@orbem.be - www.orbem.be

Mission locale de Schaerbeek - Rue de Jérusalem, 46 à 1030 Bruxelles - Tel : 02/247.77.20 – Courriel : secretariat@milocs.be - www.milocs.be

Nouveau site à consulter !

www.studiodesculpturesociale.org: site consacré à des séries de vidéo-chants réalisés avec les habitants des territoires dans différentes banlieues de France, de province et d'Europe.

Pour ne pas rester sur sa faim

Un choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie »

Deux ouvrages conseillés par Roland de Bodt :

La laïcité au regard du Coran

BENCHEIKH, Ghaleb – La laïcité au regard du Coran – Presses de la Renaissance – Paris – France – 2005 – 297 pages – ISBN : 2.85616.988.0

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un ouvrage consacré à un examen de la question de la laïcité au regard du texte sacré du Coran. Ghaleb BENCHEIKH est Docteur ès sciences, physicien et de formation philosophique et théologique. Président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, il intervient régulièrement dans les médias et participe à de nombreux débats en Europe. Il a publié précédemment deux livres « Alors, c’est quoi l’islam ? » aux mêmes éditions et avec Philippe HADDAD L’islam et le judaïsme en dialogue : salam, shalom aux éditions de l’Atelier. Jusqu’au 2 juin, l’Université libre de Bruxelles présente une exposition A la découverte de l’âge d’or des sciences arabes et organise une table ronde consacrée à AVERROES. Il me paraît opportun de publier, dans ce cadre, une notice sur le travail de BENCHEIKH et sur ce livre en particulier. Format « livre », papier de grande distribution, grand caractère confortable, mise en page sobre et aérée, dos carré collé.

Commentaire : Ghaleb BENCHEIKH est venu en Belgique, il y a un peu plus d’un an, à l’invitation de l’association « Présence et action culturelles ». Ce fut un moment d’explications passionnantes. Il est un continuateur de cette tradition des libres-penseurs dans l’islam et plus encore il éclaire les questions contemporaines sur l’islam et la politique – ou sur l’islam et la démocratie ou sur l’islam et la laïcité – d’un apport original, engagé et exigeant. L’Occident a cru devoir opposer la foi et la raison, comme deux voies inconciliables. Mais, depuis le « Traité décisif » rédigé par AVERROES, il y a près de 800 ans, cette question peut recevoir un autre éclairage dans l’islam tout autant que dans le monde chrétien. Pour information : le « Traité décisif » a été publié par Flammarion (GF 871), dans une traduction de Marc GEOFFROY et une introduction d’Alain DE LIBERA. Dans son livre, La laïcité au regard du Coran, Ghaleb BENCHEIKH actualise la posture d’AVERROES dans l’époque présente : le XXIe siècle. Cette actualisation n’est pas une contestation de la fidélité à l’islam. Elle est – au contraire – rendue nécessaire par la fidélité à l’islam dans le monde contemporain. L’écriture de BENCHEIKH est marquée de ce double sceau du croyant et de l’humaniste résolument engagé dans le monde moderne, à la recherche de ses voies les plus démocratiques. Il écrit comme au progrès de l’humanité, c'est-à-dire au progrès de l’humanité y compris dans l’islam. Il explique, raconte, donne des exemples concrets, plaide avec fermeté, mais jamais sans douceur. Son ouvrage est un travail enthousiasmant en vue de l’ouverture des esprits occidentaux autant qu’orientaux. C’est une contribution originale et nécessaire pour anticiper pacifiquement les formes potentielles de la démocratie, de la laïcité. Sa réflexion n’est pas seulement théorique, il consacre une très large part de son livre au statut des femmes, au mariage, à l’éducation égalitaire, … autant de problèmes qui nous touchent quotidiennement. Il ne fuit pas les questions les plus aiguës et consacre une partie à la violence et à la guerre. BENCHEIKH nous aide à progresser dans la compréhension de l’autre. C’est une occasion à saisir : car cet autre n’est pas si étranger à nous-mêmes si on considère les apports culturels de l’islam à la formation des cultures de l’Europe occidentale, à travers près de mille quatre cent ans d’histoire commune. Il convoque de multiples références concrètes des diverses cultures. La langue de BENCHEIKH nous entraîne à penser, à ouvrir notre pensée et à sortir de nos préjugés. Telles sont les conditions d’une démocratie qui se nourrit des différences c'est-à-dire qui les accueille justement parce qu’elles sont différentes, parce que ces différences sont la condition de la formation de l’unité, de la constitution démocratique. Je recommande vivement à des lecteurs de toutes confessions et de toutes convictions. [Mons (Belgique), le 25 mars 2007, Roland de Bodt]

Publics : étudiants dès le secondaire supérieur, enseignants, directeurs d’établissements d’enseignement, journalistes et rédacteurs en chef, administrateurs publics, théologiens, philosophes, agents des services de sécurité, personnel soignant, assistants sociaux, artistes, animateurs – Mots clés : Coran – démocratie – femmes – foi – Islam – laïcité – liberté de conscience – philosophie – politique – résistance – séparation des églises et de l’Etat – théologie – Adresses Web des éditions : www.presses-renaissance.fr Adresse Web de l’auteur : non communiquée et non trouvée.

Contenu : Avant propos (7) – Introduction (9) – Première partie : Politique et laïcité (25) – 1. La pensée de la séparation (27) – 2. Pour une législation positive (75) – 3. De la liberté de conscience (85) – 4. De la laïcité (111) – Deuxième partie : la femme, avenir de l’islam (135) – 1. Dépasser la condition féminine (137) – L’ontologique pour dépasser la condition (157) – 3. Le prétoire comme symbole (173) – 4. Les relations maritales (181) – 5. Exaltation et phobie de la femme (189) – 6. Education égalitaire (205) – 7. Voile et foi (209) – 8. Le voile (n’est pas) islamique (215) – 9. Statut du voile (223) – Troisième partie : De la violence et de la guerre (229) – 1. Contexte international (231) – 2. De la résistance (243) – 3. « L’effort dans la voie de Dieu » (259) – 4. Les deux notions de djihâd (271) – 5. La longue liste du martyrologe (281) – 6. Projections du djihâd et de la guerre sainte (289) – Table (297).

Theater, sur le déclin du théâtre en Amérique (et comment il peut résister en France)

MARTEL, Frédéric – Theater, sur le déclin du théâtre en Amérique (et comment il peut résister en France) – Collection « Cahiers libres » – La Découverte – Paris – France – 2006 – 235 pages + tables – ISBN : 2.7071.4900.4

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’un essai récent consacré à la situation du théâtre aux Etats-Unis. Frédéric MARTEL, né à Avignon, a résidé aux Etats-Unis comme attaché culturel, de 2001 à 2005. Il publie les résultats de ses recherches sur l’état du théâtre, outre Atlantique. En 2006, il publie également un livre plus volumineux consacré à De la culture en Amérique, aux éditions Gallimard (640 pages - ISBN : 2.07.77931.9), au sujet duquel nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement. Format « livre », papier de grande distribution, beau caractère confortable, mise en page sobre et aérée, dos carré collé.

Commentaire : "Si vous voulez jugez d’avance la littérature d’un peuple qui tourne à la démocratie, étudiez son théâtre (…) Il n’y a point de portion de la littérature qui se rattache par des liens plus étroits et plus nombreux à l’état actuel de la société que le théâtre" avertissait Alexis DE TOCQUEVILLE dans ses Observations sur le théâtre des peuples démocratiques qui forment le dix-neuvième chapitre du deuxième tome De la démocratie en Amérique, publiée en 1840. Fort des ces considérations héritées du XIXe siècle et dont l’éventuelle actualité nous trouble nécessairement, Frédéric MARTEL nous livre une analyse actuelle, richement documentée et rondement conduite de la situation du théâtre en Amérique. Et si nous adoptons le point de vue de TOCQUEVILLE, en nous parlant de théâtre, le livre de Frédéric MARTEL nous parle aussi et peut-être d’abord de l’état de la démocratie aux Etats-Unis, aujourd’hui. Le rapport qu’il nous propose est particulièrement lisible, une belle écriture assez limpide qui est attachante, même dans les passages plus techniques. L’ouvrage se lit aisément, presque comme un roman. Chaque page apporte des informations nouvelles, souvent quantifiées et toujours concrètes, pertinentes. La tension est soutenue et cet essai présente au moins quatre atouts majeurs : il nous trace une perspective historique sur une période déjà relativement longue – près de cinquante années ou au moins trois générations. Il s’intéresse à tout ce qui forme les conditions de l’exercice de la profession, de la production, de la distribution des œuvres, de la vie syndicale, des stratégies commerciales, des prix, des audiences offertes, aux systèmes de financement… Il s’intéresse à divers niveaux d’institutions (Broadway, Off Broadway, Off-Off Broadway, les théâtres des grandes villes, les expériences minoritaires, les théâtres dans les universités, …) et nous montre les interactions qui se nouent et se dénouent entre les divers acteurs de ce système du théâtre américain : les artistes, les publics, les producteurs, les communautés, l’industrie, les médias… En conclusion et sans forcer l’amalgame, il tente d’en tirer des enseignements utiles pour nous et pour le théâtre en France. C’est le point faible de la démarche car cette ‘comparaison’ ou ce ‘rapport’ (ici considéré au sens géométrique du terme) mériterait un développement. Ultérieur ? Cela nous intéresserait considérablement. Il reste que la démarche est rare. Cette contribution nous informe avec qualité sur un théâtre qu’on connaît insuffisamment et cette exigence est bienvenue. En deux cents pages, il offre une fameuse « mise à niveau ». En effet, si le pari était de nous démontrer l’intérêt – pour nous (les Européens) – de s’informer au sujet de ce qui se passe dans les domaines de la culture outre Atlantique, le pari est alors gagné. Largement gagné. Je recommande à tous ceux que la situation des arts intéresse, y compris aux Etats-Unis et particulièrement sous le régime présent. [Mons (Belgique), le 25 mars 2007, Roland de Bodt]

Publics : artistes, journalistes, rédacteurs en chef, chercheurs, animateurs, enseignants, directeurs d’établissements scolaires et d’enseignement artistique, directeurs de théâtres et d’institutions culturelles, bibliothèques spécialisées, étudiants dès le secondaire supérieur, étudiants en art, administrateurs publics, mandataires et conseillers politiques, sociologues, historiens, économistes, spécialistes en sciences des communication – Mots clés : Arts du spectacle vivant – avant-garde – auteurs – Broadway – Clear Channel – comédies musicales – cultures de masse – culture wars – Disney – divertissements – diversité culturelle – économie des arts vivants – entertainment – esthétique des arts contemporains – Etats-Unis d’Amérique – France – industries culturelles – performing arts – résistance culturelle – théâtre – spectacle – stars system – visual arts. Adresses web des éditions : www.editionsladecouverte.frAdresse web de l’auteur : non communiquée et non recherchée.

Contenu : Du même auteur (2) – Prologue (7) – Partie I : Le déclin (15) – 1. La grandeur passée du théâtre américain (17) – Joe Papp ou le théâtre « public » américain (18) – Broadway (21) – Un tramway nommé Elia Kazan (24) – Off-Broadway et Off-Off Broadway (26) – Les théâtres « off off » (29) – La décentralisation théâtrale américaine (31) – Chicago, la « second city » (36) – 2. Vers le commerce fou (41) – Le tournant (42) – La dérive hollywoodienne de Broadway (43) – Un système entièrement déréglé (48) – Des « culture wars » au règne de l’ « entertainment » (51) – 3. Le nouveau Broadway (61) – Promoteurs immobiliers et multinationales (70) – L’opacité de Clear Channel (73) – La fin du théâtre « staight » et l’arrivée du « buzz » (76) – Des spectacles « star-driven » et « customer-centered » (81) – On the road (85) – Le nouveau public du nouveau Broadway (88) – 4. La fin du théâtre ? (93) – Off-Broadway dans la tourmente (94) – Le phénomène du « try out » (97) – 5. La radicalisation de l’avant-garde (107) – Paradise now (108) – Des « performing arts » aux « visuals arts » (111) – « Arty » et « self-important » (116) – Du Wooster Group à Spiderman (118) – Partie II : La résistance (125) – 6. Les combattants du théâtre (127) – L’ « outreach » (134) – La Brooklyn Academy of Music (139) – Se moderniser pour survivre (144) – « Flex Pass » et « visual arts » (148) – « Commissionner » les artistes (155) – Un « New Theatre » entre quatre autoroutes (156) – 7. Universités et « IT-Theatre » (161) – Harvard et son « black box theatre » (162) – Les campus créatifs (164) – Expérimentation, R&D, et « IT-Theatre » (170) – 8. La diversité culturelle au théâtre – Une fantaisie gay sur des thèmes nationaux (175) – Le « black theater » (182) – Un théâtre multiculturel (187) – Entrer dans le « mainstream » (192) – Le théâtre « gospel » (199) – La fin du théâtre « commun » ? (204) – Conclusion : Le théâtre français au miroir du théâtre américain (213) – Bibliographie et sources (229) – Remerciements (235) – Table (non numérotée).

Culture et Démocratie
60, rue de la Concorde - 1050 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11
Courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be

Cette lettre d'information a été réalisée par Sarah Cordier, Séverine Monniez, Marie Poncin et Georges Vercheval, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim ».