Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°5 - 19/5/2006


EDITORIAL

Raisons d’être

Culture et Démocratie, dites-vous ? Un beau nom pour une association ! Mais quelle est-elle ? Et que fait-elle ? Des questions justifiées. Les réponses révèlent la diversité des missions qu’elle s’est données. Mais ne devrait-elle pas mieux orienter ses priorités, ne fût-ce que pour des raisons pratiques ? Ce serait bien, mais c’est impossible. Il faut tout mener de front : l’accès pour tous à l’art et à la culture, qui doit devenir réalité, la pression accrue pour le retour de l’art à l’école, la reconnaissance du fait multiculturel, l’art et la santé, l’art en prison et - c’est essentiel - le refinancement des institutions, des associations et un statut décent pour les artistes. Utopique ? Indispensable !

Comment ne pas être interpellé par ce qui se passe près de chez nous : chômeurs de longue durée, sans-abris, demandeurs d’asile en centres fermés ou occupant les églises, femmes d’ici et d’ailleurs confrontées à la violence des hommes, adolescents sans avenir, happés par la culture de masse et le rêve “ normalisé ” inspiré par les médias et les grandes marques...

Et peut-on ne pas se préoccuper de ce qui arrive plus loin ? En 1993 (1), nous déclarions notre solidarité avec Sarajevo assiégée. Aujourd’hui, c’est le chaos et la mort au quotidien en Irak, en Tchétchénie et au Darfour ; c’est l’occupation vécue depuis 40 ans par les Palestiniens ; et le début de l’intoxication quant à la non-prolifération du nucléaire. Pour préparer une intervention armée ? Pour un monde plus sûr ? Curieusement, personne - au Conseil de sécurité ou ailleurs - ne semble plus élever la voix pour réclamer la destruction de tous les stocks d’armements nucléaires, où qu’ils soient.

Oser s’exprimer ! Peut-on se taire quand la démocratie est malmenée et l’avenir hypothéqué ? Intellectuels, artistes, scientifiques et enseignants s’inquiètent, cherchent le moyen de restaurer l’esprit critique, tiennent des débats quant à leur rôle, au Centre culturel Jacques Franck ou à l’ISELP, récemment. Les Etats généraux de la Jeunesse (d’esprit) se sont tenus à Flémalle ! Les mêmes font la fête à Mons. Des associations renaissent (le Centre culturel arabe) (2)! Nuits Botanique, Zinneke Parade ou KunstenFestivaldesArts facilitent la rencontre citoyenne. Côté presse, des journalistes osent le parler vrai, dans leurs enquêtes et éditoriaux. Significatif : cette année, les Prix de la Presse Dexia sont allés à des reportages engagés, tant pour la presse écrite qu’en radio et en télévision. Les “ Amis du Monde Diplomatique ” cherchent à identifier les exemples de “ résistances innovantes ” en Belgique. Et Enjeux internationaux a publié un spécial Culture et engagement ! A l’initiative d’un mécène (3), les Prix des Musées ont été attribués sur des critères inhabituels, les services éducatifs et l’accès aux publics défavorisés (4)!

Ceux qui détiennent le pouvoir, voire les médias, s’expriment aussi ! Ils parlent de libre-circulation des biens, défendent la non-taxation des transactions financières et démontrent que les délocalisations sont bénéfiques. Pour les actionnaires ! Les travailleurs peuvent toujours espérer, un jour, grâce aux jeux de hasard, être scandaleusement riches...

Georges Vercheval


(1) année de fondation de Culture et Démocratie
(2) Centre culturel arabe Wallonie-Bruxelles, 2 rue de l’Alliance, Saint-Josse
(3) Linklaters De Bandt, avec la collaboration de l’OKV.
(4) Prix : Musée du Dr Guislain à Gand, MAC’s au Grand Hornu/ Mons, Musée des Sciences naturelles à Bruxelles. Prix du Public : Musée des Sciences naturelles, Huis Van Allyn, Gand, et Musée de la Photographie, Charleroi.

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Art et Société
  • Art et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Art et Ecole
  • Dialogue interculturel
  • Accès à la culture
  • Pratiques culturelles et engagement

À vos agendas 

Activités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique

Ouvrons les yeux sur les centres fermés pour étrangers

Du 8 mai au 25 juin, une exposition urbaine de 18 photographies géantes sera organisée autour de la question des centres fermés pour étrangers, dans divers lieux de Bruxelles-Capitale. Ces photographies réalisées par des professionnels seront affichées sur les façades des maisons particulières, des centres culturels, des théâtres, des écoles, des syndicats, des églises,…

L'exposition ouvre la campagne de sensibilisation menée par le CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers), le FAM (Forum Asile et Migrations) et JRS (Jesuit Refugee Service) visant à informer et à mettre la question des centres fermés et des expulsions au centre d'un large débat public.

www.cire.irisnet.be/ouvrons/

L’art et les tout-petits

La Boîte à Rêves et le Théâtre de la Guimbarde, organise la cinquième édition du festival international de spectacles et de rencontres « L’art et les tout-petits ». Ce festival se déroulera à Charleroi du 16 au 21 mai, il a pour objectif de mettre l’imaginaire en mouvement au bénéfice des plus jeunes.

www.laguimbarde.be

4ème édition de Caméra au Poing - Festival de films fabriqués à l’assaut de la réalité par des apprentis cinéastes

Le 19 mai, à 19h30, le Centre Vidéo de Bruxelles présente la 4ème édition de « Caméra au Poing », au Centre culturel des Riches Claires. Des maisons des jeunes aux centres psychiatriques, des écoles d'art aux prisons, des ateliers vidéo s’organisent dans un recoin de nos villes. Utilisant le documentaire ou la fiction, sans égard pour les codes classiques d’expression, des réalisateurs anonymes y font leur cinéma. De ces laboratoires urbains du vidéogramme, le Centre Vidéo de Bruxelles vous présente quelques perles.

Entrée gratuite.

Infos : Nicolas Torres – 02/2211058 - nicolas.torres@cvb-videp.be
Claudine Van O – 02/2211062 – claudine.vano@cvb-videp.be

Projets d'école

Tous les ans, le Jacques Franck accueille ou soutient des projets d’écoles de Saint-Gilles. Des enfants ou jeunes guidés par leurs enseignants travaillent toute l’année avec des comédiens ou autres artistes professionnels. Pendant cette même année, ils viennent voir des spectacles au Centre culturel. L’opportunité qui leur est offerte, quand c’est possible, de présenter leur travail dans le même lieu est l’aboutissement d’un long processus pédagogique : sensibilisation aux arts de la scène, appropriation des lieux culturels, facilitation de l’intégration à travers l’apprentissage ou la maîtrise de la langue française.

Ces 19 et 20 mai 2006, le Jacques Franck accueille deux projets de l’Athénée Royal Victor Horta. Les jeunes, guidés par leurs enseignants : Frédéric Sinzot, Annick Toffolo, Michaël Vanderhaegen, Aurore Legardien, ont travaillé toute l’année avec un metteur en scène : Adeline Testart, un plasticien : Nicolas Viot, un percussionniste : Marc Maïkissa, et une chanteuse : Solange Labbé.

Infos: ccjf01@brutele.be

Du côté de Schaerbeek ...

Printemps de la Méditerrannée à Schaerbeek

Le Centre culturel de Schaerbeek coordonne le "Printemps de la Méditerrannée", Festival multidisciplinaire qui rassemble et unit des artistes venus d’Algérie, d’Egypte, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, d’Israël, du Liban, de la Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie, de Turquie, et ce jusqu'au 27 mai 2006. Variations méditerranéennes à travers la peinture, la photographie, la danse, le théâtre, la musique, la littérature, la gastronomie, le cinéma, les rencontres-débats, sans oublier le monde associatif.

www.culture1030.be

Monde en scène

Après l’Espace Senghor le 24 mars dernier, c'est Schaerbeek et la place Terdelt qui accueilleront, le 21 mai, la prochaine session des Soirées du Monde en Scène, dans le cadre du « Printemps de la Méditerranée », un festival multidisciplinaire coordonné par le Centre culturel de Schaerbeek.

Lancées à l'initiative du Centre bruxellois d’Action Interculturelle, les Soirées du Monde en Scène réunissent et croisent les expériences d’artistes de cultures musicales différentes: africaines, orientales, sud-américaines, balkaniques, européennes et bien d’autres. Curiosité et rencontre sont les maîtres mots de ces sessions où les artistes participants sont invités à défier leurs conventions respectives, à mélanger de manière audacieuse les styles et les influences et à chercher ensemble des voies d’expressions nouvelles. La soirée sera précédée, dès 15h, de divers concerts et animations.

Infos : 02/289 70 63 - tanju.goban@cbai.be

Portrait du quartier Princesse Elisabeth

L'exposition "Portrait du Quartier Princesse Elisabeth" se déroulera, du 27 mai au 3 juin, sous la forme d'un parcours dans le quartier qui entoure la gare de Schaerbeek, bordé par les eaux de la Senne et du canal. Cette action rassemble des propositions originales d’artistes et des créations d’habitants d’âges et d’horizons différents, réalisées en ateliers. Les tapis volants de la scénographe d’origine iranienne, Sanaz Azari, serviront de fil conducteur et de point de repère visuels, autant d’invitations à découvrir le quartier et à participer aux multiples activités (concerts, histoires d’habitants contées, arts forains, découvertes du patrimoine architectural, banquet de rue et bal populaire).

Infos : 02/245.09.12 - zumbasbl@yahoo.fr

D'ici et d'ailleurs - Portraits d'immigrés en Belgique

En cette période où de nombreux belges hésitent entre rejet et acceptation de "l'autre", les photographes Frédéric Pauwels et Christophe Smets ont réalisé une cinquantaine de portraits/témoignages de personnes immigrées en Belgique, relayés dans l'écriture par Jeanouche Zafirenios.

Le but du projet est de mettre en avant le rôle important joué par les acteurs de l'immigration dans notre société. Du 25 mai au 24 août, leur travail sera exposé au Parc du Jardin Botanique de Bruxelles. Le vernissage de l'exposition aura lieu dans les serres du Botanique le jeudi 25 mai à 18h30.

Culture et Démocratie organisera une soirée débat dans le cadre de l’exposition et autour du livre « D’ici et d’ailleurs », en collaboration avec le Centre Culturel Le Botanique, le CBAI et les deux photographes le mercredi 14 juin, de 18h30 à 21 h au Botanique à Bruxelles (infos O2/502 12 15 – cultureetdemocratie@pro.tiscali.be).

www.couleurlivres.be - www.laboiteaimages.be

11ème édition de Namur en mai - Le Festival des Arts forains

Chaque année, Promotion des Arts forains organise Namur en mai, le festival. Pendant 4 jours et 4 nuits, du 25 au 28 mai, dans le décor du centre de Namur, comédiens et bateleurs, marchands de rêve et d’illusion, vous emmèneront pour quelques sous à la recherche de l’émotion et du vrai plaisir de la Fête !

www.artsforains.com

L’éducation artistique du citoyen tout au long de la vie

L’association « les rencontres », créée pour et par des élus en charge de la culture et de l’éducation dans les différentes collectivités territoriales de l’Union européenne et au-delà, constitue une plate-forme de coopération, de débats et d’actions dans le domaine de la politique culturelle des villes, départements, régions, provinces…

Elle propose, du 30 mai au 2 juin 2006, à Patras en Grèce, ainsi qu’au Centre culturel européen de Delphes, une nouvelle étape de réflexion en matière de politiques culturelles locales en Europe sur l’éducation artistique comme élément permanent de la formation de tous les citoyens.

www.lesrencontres.org

Culture et lien social

Le 8 juin prochain, le Conseil général de l'Isère, avec l'appui de l'Observatoire des politiques culturelles de Grenoble, organise un colloque "Culture et lien social". Cette journée sera l’occasion de s’interroger sur le rôle de l’éducation populaire dans les politiques culturelles et de peser les enjeux de la territorialisation des politiques culturelles. L’après-midi sera articulée autour de deux tables rondes : la première sur le thème de la médiation comme outil de construction d’une relation entre culture et population et la seconde sur la relation entre les artistes et le public. Cette rencontre est une journée d’échanges sur les partenariats entre les acteurs de la vie sociale et culturelle et de discussions sur les rôles et les responsabilités de chacun (artistes, médiateurs, politiques, responsables d'institutions culturelles, éducatives, sociales).

www.observatoire-culture.net

Art et Culture contre la violence et les discriminations

L'association Art En Exil propose, pour la deuxième édition, trois jours de rencontres associatives et culturelles qui ont pour thème "Art et Culture contre la violence et les disciminations" les 31 mai, 7 et 14 juin 2006 à Paris. Un ensemble d'animations, de débats et de créations artistiques sont au programme. Des jeunes de tout âge, des artistes, inviteront les participants à réfléchir et à débattre ensemble sur le thème de la violence et des discriminations.

www.artenexil.net

Coups de cœur

Présentation d'expériences intéressantes.

Loupiote, pour éduquer au cinéma

L’audiovisuel est aujourd’hui en plein essor. Il offre des outils extraordinaires de richesse créative, informative et interactive. Cependant, il peut se révéler inefficace voire dangereux s’il n’est pas utilisé à bon escient et si le langage n’en est pas connu et compris. Dans un monde où l’image prend de plus en plus de place, il est essentiel que les enfants y soient initiés.

L'asbl Loupiote propose différents projets ayant pour but d'aiguiser le sens critique des jeunes en matière d'audiovisuel. "Les enfants du ciné" est un projet visant à sensibiliser les enfants de 8 à 12 ans à une lecture adéquate du langage cinématographique et des médias. Des ateliers pédagogiques et des projections de films dans les écoles fondamentales sont organisées, des jeunes sont invités à participer à l’écriture d’un film. Le site internet contient toutes les infos pour les enseignants concernant les présentations dans les écoles et les ateliers pédagogiques.

www.loupiote.be

Planète à petits pas

L’asbl Ti Suka, avec l'aide de La Vénerie, Centre culturel de Watermael-Boitsfort, de la Commission communautaire française et de la Commune de Watermael-Boitsfort, a mis sur pied une action de sensibilisation sur la culture et le développement pour les écoles primaires et les premières années du secondaire. Il s'agit d'encourager, au travers de l’utilisation d’une valise pédagogique, la découverte des cultures d’ailleurs. Cette « mallette culturelle » est conçue selon le pays choisi. Les objets et/ou photos qui la composent sont sélectionnés en fonction de leur valeur symbolique, de leur aspect ludique et des possibilités pédagogiques qu’ils offrent.

La méthodologie se décline en différentes phases: présentation de « La Malette » aux enfants par un(e) animateur(trice) issu(e) de la région concernée, ensuite visite d’un musée ou tout autre action culturelle en lien avec la thématique et enfin une phase plus interactive se met en place avec des ateliers, des débats et différents travaux permettant aux enfants d’exprimer leurs émotions issues de cette expérience. La phase de clôture invite les enfants à la réalisation d’une exposition au sein d’une école ou d’un petit journal.

Le projet « Planète à Petits pas » vise à offrir aux enfants une ouverture et un regard vers l’autre, à favoriser l’éveil à des cultures différentes et à développer la solidarité.

www.enseignement.be/prof/espaces/fondam/theme/citoyen/documents/planete_petit_pas.pdf

L’Olivier Emmuré

En 2002, les premières « briques » du Mur sont posées et, bien que déclaré illégal par les Nations-Unies et la Cour internationale de Justice, sa construction progresse de jour en jour. Coupés de leurs terres, des ressources en eau, de leurs compatriotes, les Palestiniens vivent asphyxiés par l’étau de cette muraille. Emblématique de la situation en Palestine, ce Mur n’incarne-t-il pas aussi le mur psychologique de l’enfermement ? Il donne aussi l’occasion à cinq comédiens de se rencontrer sur scène : un belge et quatre palestiniens issus de Gaza et de Cisjordanie et qui ne peuvent plus travailler ensemble depuis des années. Comment vivre prisonnier de son pays, de sa tête, de sa vie ?

Le week-end des 5 et 6 octobre 2006, le Palace et la Maison des Associations de La Louvière seront au centre de rencontres autour de la Palestine. Du théâtre avec "L’Olivier emmuré" et "Terres Promises", une conférence-débat avec Leila Shahid (représentante de la Palestine auprès de la Belgique, du Luxembourg et de l'Union européenne), une exposition des photographies de Véronique Vercheval…

Une production du Théâtre du Public en collaboration avec le Theater for Everybody
en tournée en Belgique en octobre 2006.

www.theatredupublic.be

De Krijtkring asbl

L’asbl de Krijtkring est une organisation d’éducation musicale. Elle se profile comme une maison de production de musique urbaine et développe par conséquent une nouvelle culture musicale basée sur les éléments universels provenant de la multiplicité culturelle. Elle traduit ainsi l’essence des métropoles. Cette musique qui se veut originelle, originale et nouvelle, est donc à inventer. De par sa nature, elle ne peut être qu’en opposition avec la globalisation, le business, le show-biz et la vision néo-classique de certaines institutions pédagogiques musicales.

Cette maison de production musicale s’investit dans divers projets actuellement en cours : Akadaka mobile, les Fanfakids, Marockin’ Brass, Rumblestiltskin, Saxafabra,… Ces groupes composés de divers instrumentistes et danseurs intègrent des répertoires très variés pouvant être joués dans les rues ou sur podium. Ils cultivent l’authenticité, le métissage des genres musicaux et des cultures.

www.krijtkring.org

Un autre regard

Le MAC’s, Musée des Arts contemporains du Grand Hornu, et « Les Amis des Aveugles » ont mis en place « Un autre regard », programme destiné aux personnes malvoyantes et non-voyantes organisé dans le but de leur rendre abordable des œuvres d’art contemporain d'une façon la plus complète possible. Des approches spécifiques sont proposées aux groupes de visiteurs. L'histoire de l’œuvre est racontée, la visite illustrée par des musiques évocatrices, le toucher est mis en éveil, des réductions d’œuvre sont réalisées pour appréhender le passage d’une forme à une autre…

www.mac-s.be

Faits et opinions

Le colloque SMart, ou portrait de l’artiste en travailleur

Le 27 avril, SMart organisait le colloque "Peut-on faire l'économie de la culture?", au Botanique. Cet organisme dont la fonction est précisément d’aider les artistes à s’orienter dans les dédales administratifs, nous a donné l’occasion de réfléchir sur le thème de l'économie culturelle.

La culture et l’économie ne seraient donc pas nécessairement antinomiques ? Les thèmes abordés, plus spécifiquement débattus en “ ateliers ” l’après-midi, en attestent. On y parlait de l’importance de la culture en tant que génératrice d’emplois, du rôle des pouvoirs publics dans les relations économiques du secteur, de la place qu’y occupent le marketing et les techniques de management. On y évoquait les activités émergentes, mais aussi les grandes “ entreprises ”, les institutions globalisées qui, en musique, en audio-visuel, sur le marché de l’art, concentrent d’énormes moyens financiers et techniques.

Et l’artiste, dans tout çà ? La culture fait-elle toujours partie du développement durable ? "Portrait de l’artiste en travailleur" est le titre d’un ouvrage de Pierre-Michel Menger. C’était aussi le thème de la conférence que cet invité au colloque donnait en ouverture. Commencer ainsi cette journée socio-professionnelle peut paraître surprenant, car ce sociologue (français) brillant, directeur de recherche au CNRS, s’appuie sur des études réalisées à partir de données objectives, sur 25 ans, mais en France... ! En réalité, la transposition se faisait aisément. En effet, le système des intermittents du spectacle a inspiré le nouveau système en vigueur chez nous depuis près de cinq ans.

Si l’on oublie l’imagerie convenue de l’artiste maudit, se sacrifiant pour son art, il reste qu’il s’agit bien d’un personnage différent, très mobile, évidemment inventif mais aussi quelque peu indiscipliné ! Il peut être indépendant, ou pigiste. Il est parfois enseignant, une position-abri confortable garantissant sa liberté créative. Souvent, en théâtre surtout, il est salarié. De manière très inégalitaire toutefois car les différences de revenus en ce domaine peuvent être importantes. C’est également le seul secteur, avec celui du travail intérimaire, pour lequel la grande majorité des contrats (85 %) sont à durée déterminée et souvent même limitée à quelques heures. Nous sommes dans un modèle de concurrence pure. Et, plus grave, on est très loin du plein emploi ! En quelques années, surtout depuis 1981 (là, les données sont très françaises : c’est à cette époque que se fixent les modèles du nouveau paysage culturel français et que le système des intermittents du spectacle permet de combiner des périodes de travail et de chômage indemnisé), les investissements culturels ont augmenté. On a créé des musées, des théâtres, des centres culturels, des associations Loi de 1901 (nos asbl). Si les possibilités de travail se sont donc accrues, dans le même temps, le nombre de jeunes attirés par l’art a explosé, la créativité et le mode de vie particuliers des artistes compensant, à leurs yeux, la précarité annoncée et la concurrence exacerbée (de toute façon, le chômage touche tous les secteurs...). Ils vivent donc mal de leur métier, un peu mieux dans les grandes villes et agglomérations qui offrent plus de possibilités..., mais ils persévèrent !

Le système des intermittents a attiré beaucoup de monde. Depuis 20 ans, ils sont quatre fois plus nombreux à s’y être engagés, mais le volume de travail n’a été multiplié que par deux ! Le secteur est en croissance mais la possibilité de travailler s’est réduite pour chacun, et la part de chômage atteint aujourd’hui 55 % des revenus. Les déficits ne cessent d’augmenter, de même que les déséquilibres et la précarité. Pour un secteur en croissance, quel paradoxe ! En France, c’est le système d’assurance chômage qui absorbe ce déséquilibre. Cela crée des conflits permanents depuis 20 ans. On peut comprendre la crispation des syndicats et des organisations patronales (auxquelles les employeurs artistiques ne sont pourtant pas affiliés) qui doivent régler l’ardoise pour le secteur artistique au détriment des autres secteurs.

Quelle forme d’emploi - et de rémunération ou salaire d’appoint - peuvent espérer les artistes? Certes, à 20 ans, l’essentiel, c’est l’aventure de l’art. Mais plus tard, vers 40 ans, quand se pointe la “ prime à la jeunesse ” et qu’on risque de se faire “ jeter ” ? Comment basculer vers d’autres mécanismes ? Avec qui dialoguer ? Avec l’employeur, souvent lui-même en situation difficile ? Le paradoxe (encore un) est que si, habituellement, les syndicats luttent contre la précarisation et la flexibilité, en art, c’est le contraire ! Garantir à l’artiste une sécurité d’emploi est sans doute impossible. Mais on peut l’aider à travailler dans un climat de relative sérénité, et lui donner la possibilité de se ressourcer, de se renouveler, de continuer à se construire. La flexisécurité... ?

Pierre-Michel Menger propose de revoir le rôle de l’employeur et sa relation avec le salarié. La flexisécurité tiendrait compte de l’autonomie et de la mobilité propres au secteur artistique, tout en assurant la sécurité des travailleurs. Ce principe assurerait la prise de risque, couvert à 40 % par le chômage et 60 % par l’employeur (le degré de flexibilité de l’emploi constitue un risque et a des conséquences pour le travailleur). En général, l’employeur n’a pas de vision globale de la carrière de ses salariés, celle-ci étant prise en charge par les assurances sociales. Il s’agirait de le responsabiliser, tout en lui donnant les moyens de le faire (outils de gestion et subsides).

En Belgique, même si le système est plus récent et les déséquilibres moins importants qu’en France, le statut des artistes est loin d’être réglé. Un débat de fond s’impose.

Culture et Démocratie

L’asbl SMart, association belge d’artistes professionnels a été créée en 1997. Elle compte aujourd’hui 11.000 membres. Infos : 02 533 22 27 ; www.smartasbl.be

Dernières nouvelles

Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations…

Le répertoire d’artistes et d’associations de Culture et Démocratie

Le répertoire d'artistes et d'associations de Culture et Démocratie est destiné principalement aux personnes désireuses de réaliser des projets artistiques, d'organiser des sorties culturelles, de proposer des ateliers ou activités artistiques de toutes disciplines avec des publics divers. Il est aussi un outil de promotion pour les artistes, animateurs et opérateurs culturels soucieux de partager leurs talent et savoir-faire avec différents publics.

Différents moteurs de recherche permettent de trouver l’artiste ou l’association qui répondra au mieux à vos attentes (noms, disciplines artistiques, genre de public et région). Pour chaque artiste/animateur, son parcours, les activités proposées, les publics visés et des informations pratiques le concernant (coordonnées, disponibilités, mobilité et tarifs) sont présentées. De même, les associations et leurs objectifs sont brièvement expliqués.

Le but est d’encourager les pratiques culturelles à travers des créations collectives, des projets artistiques et des partenariats avec des artistes et des professionnels de la culture. Ce répertoire est un outil gratuit à votre service (consultable sur le site www.cdkd.be), faites-en bon usage !

BRXLBRAVO 2ème édition

BRXLBRAVO est né du désir de nombreux acteurs culturels de mettre en œuvre un grand événement artistique commun qui soit à même de mobiliser la ville et la richesse de son offre culturelle. Cette seconde édition qui se déroulera du 2 au 4 mars 2007 a pour ambition une meilleure association avec les écoles, partenaires privilégiés du vendredi ; un ensemble d’activités prévues pour un jeune public ; des parcours allant du centre de la ville à la périphérie et inversement, en surface ou de manière souterraine. Une volonté de transformer les espaces publics en un podium et une galerie d’interventions surprenantes et festives. BRXLBRAVO veut insister sur la participation des musées dans cette dynamique culturelle.

Les diverses communautés bruxelloises seront invitées à se lancer dans une performance collective. La nuit venue sera l’occasion d’entrer dans la danse, ici et là. Et de présenter une Bruxelles palpitante aux habitants d’Arlon, Eupen, Ostende, Barcelone ou encore Salzbourg. Un appel est lancé au tout Bruxelles artistique afin qu’il participe au projet.

www.brxlbravo.be

Ah! comme Artiste

L’asbl Iles et la Mission locale de Schaerbeek invitent les artistes soucieux de réussir leur projet professionnel en découvrir le guide « Ah! Comme Artiste ». Celui-ci a pour objectif de faciliter les démarches de l’artiste au sein de son parcours professionnel en lui fournissant un ensemble d'informations utiles et parfois difficiles à obtenir. Deux séances de formations sont programmées pour expliquer et commenter le contenu du guide aux artistes : les 1er juin et 6 juillet 2006, à 9h30 à la Mission locale, rue de Jérusalem 46 à Schaerbeek.

Infos : 02/247.77.20

Envie de changer votre quartier à Bruxelles?

Le Fonds Alain De Pauw lance son cinquième appel à projets à destination des bruxellois qui ont un projet concret pour améliorer la vie de leur quartier et la capacité de mobiliser leur entourage pour le mener à bien. Les projets sélectionnés sont soutenus pour des montants allant de 5.000 à 25.000 €. Envoyez votre dossier de candidature (disponible en ligne) avant le 30 juin, à la Fondation Roi Baudouin.

www.kbs-frb.be

Musées - accès gratuit le 1er dimanche du mois

Douze musées de la Communauté française seront accessibles gratuitement chaque premier dimanche du mois. La gratuité devrait concerner les collections permanentes, mais plusieurs musées ont décidé de l’étendre à leurs expositions temporaires.

La liste des musées concernés par cette mesure est disponible sur : www.lesmuseesenwallonie.be

Aux livres, citoyens!

Le Centre d’action laïque (CAL) et Territoires de la Mémoire, en association avec Liège Province Culture, lancent la campagne « Aux livres, citoyens! ». Une trentaine de bibliothèques publiques et de librairies ont décidé de réaffirmer leur attachement aux valeurs et pratiques qui fondent la démocratie. Elles concrétisent cet attachement en signant une charte, ensuite en proposant pendant un minimum de quinze jours un choix d’une quinzaine d’ouvrages qui ont pour point commun de concourir à réhabiliter la politique en renforçant le dialogue citoyen. Enfin, de multiples activités s’échelonneront durant la quinzaine avec des rencontres d’auteurs, expositions, colloques, etc.

www.oserlademocratie.be

Appel pour une société ouverte et sereine

Suite aux événements de ces dernières semaines, une initiative a été lancée par quelques citoyens volontaires. Face au problème de violence, la mobilisation s'est faite sur l'émotion et les réponses apportées par le monde politique sont restées cantonnées au volet sécuritaire, nouvelle répétition d'un mécanisme déjà observé maintes fois par le passé.

D'où l'idée d'un appel - pétition réclamant des mesures qui prônent l'émancipation et le renforcement ou le rétablissement du tissu social, dans l'espoir que cette initiative
contribue à (re)lancer le débat et fasse émerger des idées concrètes.

L'appel se trouve sur le site : http://forall.over-blog.org

Nouveaux sites à consulter !

www.akdt.be: Le site internet de l’Académie Internationale d’Eté et de Wallonie est à jour.

Deux sites présentent des actions culturelles en milieu hospitalier à l’étranger:
En France : www.artdanslacite.asso.fr
En Suisse : www.art-hug.ch

Pour ne pas rester sur sa faim

Un choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie »

La Trame cachée

BOND, Edward - La Trame cachée – Notes sur le théâtre et l’Etat – Traduit de l’anglais par Georges BAS, Jérôme HANKINS et Séverine MAGOIS – L’Arche éditeur – Paris – France – 2003 – 315 pages + tables – ISBN : 2.85181.547.4


Présentation : Il s’agit de la traduction en langue française d’un recueil de textes (articles, lettres, notes, écrits théoriques sur le théâtre,…) rédigés par l’auteur dramatique, Edward Bond, entre 1994 et 2000. L’édition originale a été publiée en langue anglaise, en 2000, sous le titre : « The Hidden Plot ». Un glossaire des principales notions utilisées par l’auteur est annexé. L’édition est reliée au fil ; ce qui assure confort et résistance à l’usage. Edward Bond est un auteur dramatique contemporain. « Je suis né à 8 heures 30 le soir du mercredi 18 juillet 1934/Pendant un orage/Une heure avant d’entrer en travail ma mère frottait l’escalier de l’immeuble pour que la sage-femme trouve des marches propres/Dans le quartier où vivait ma mère le corps médical était considéré comme agent de l’autorité/J’ai été bombardé pour la première fois à cinq ans » (extrait de L’histoire d’un écrivain, 1997). Il a publié de nombreuses pièces dont certaines ont été traduites, publiées ou jouées en langue française. On trouvera notamment aux éditions de L’Arche : Au petit matin, Auprès de la mer intérieur, Bingo, Café, Check-up, La compagnie des hommes, Maison d’arrêt, Le crime du XXIe siècle, Sauvés, Les Pièces de guerre, …

Commentaire : Les textes qui ont été réunis dans ce volume, sont d’une intensité et d’une texture denses, puissantes, exigeantes. La langue est rude et précise. Le propos aigu, urgent, longuement médité et taillé, bouscule délibérément les regards que nous pouvions poser sur le monde. C’est vrai du contenu, mais plus encore de la construction de son écriture, de l’appropriation du langage par laquelle Edward Bond institue ce basculement du regard. « Toute création crée son créateur » (page 183). En un mot, c’est : le monde selon Bond, Edward Bond. Aucun texte ne se lit facilement. Pas plus facilement que les grands textes de l’humanité. Cette écriture respire, elle sue, elle chauffe, elle décrasse, elle éclate. Le feu couve à chaque mot. On peut – on doit – y revenir plusieurs fois et plusieurs fois voyager pour découvrir la trame cachée de La Trame cachée,… Bien sûr, Edward Bond parle de théâtre ; mais son écriture nous entraîne à la fois très à l’intérieur de cette alchimie du théâtre et très au-delà de l’or du théâtre. Sous une forme que certains recevront comme poétique (esthétique) et sans érudition démonstrative, il ne quitte ni Aristote, ni Brecht, un seul moment. Il leur répond avec douceur, fermeté et minutie. Sans vraiment revendiquer l’importance du geste, il les actualise, en profondeur. Entre Auschwitz et Hiroshima, il écrit pour nous. Sans être ostentatoire, il nous livre une exégèse exceptionnelle de l’acte poétique. C'est-à-dire de l’acte par lequel nous créons – dès la prime enfance – la vie et le monde. Les textes ont des portées et des étendues diverses. Dans certains cas, ils touchent à des questions qui, a priori, pourraient paraître excessivement délimitées, ou pédagogiques : lettre sur la traduction, Notes sur le théâtre en milieu scolaire, lettre sur la scénographie,… mais ce serait sans compter la puissance de l’esprit qui travaille. Comme l’expose l’avertissement de Jérôme Hankins, le lecteur peut entrer dans l’ouvrage par la porte qui lui convient. Il n’y a pas vraiment d’ordre à suivre ; chaque texte peut être pris distinctement. Le texte intitulé La raison d’être du théâtre pourrait être reçu comme un « petit organon » d’Edward Bond. L’ensemble forme une méditation assez monumentale sur le théâtre, la culture et leur fonction quant à l’éthique des sociétés humaines. [Roland de Bodt, Mons, le 15 mai 2006]

Publics : A partir du secondaire supérieur parce que je crois que, malgré sa densité, l’écriture parle aussi immédiatement d’elle-même. Mots clés : art – création – culture –dramaturgie – écriture dramatique – enfance – esthétique – éthique – imagination – justice – poétique – raison – société – théâtre – vie – violence. Site web des éditions : www.arche-editeur.com

Contenu de l’édition : Avertissement (sans titre) de Jérôme Hankins (3) – Lettre à Tom Erhardt (11) – L’histoire d’un écrivain (13) – Notre histoire (15) – Le langage (20) – La dramaturgie moderne (26) – L’œuvre dramatique (41) – Le théâtre de la cité (50) – Lettre sur la traduction (51) – Perle Blanche, Notes sur l’E.T. du texte (65) – Le Site (79) – Lettre sur la scénographie (85) – J’ai écrit un poème (90) – Notes sur le théâtre en milieu scolaire (91) – Oranges (96) – Notes éparses sur la justice (97) – Notes éparses sur l’intolérance (110) – Carnet, 31 janvier 1996 – I (120) – II – III Le Calcul de l’Enfer (121) – L’eschatologie du pain : Le Christ et la femme à barbe (130) – La folie sociale (135) – Le dernier carnet de William Shakespeare (151) – Le labyrinthe (158) – Le piège faustien (162) – La raison d’être du théâtre – L’Enfant (172) – Œdipe et le Christ (194) – L’Imagination et la Raison (207) – L’œuvre dramatique (218) – La Technomachie (227) – L’Humain (235) – Lear guerre (247) – Notes sur Café, pour le Théâtre National de la Colline (251) – Lettre sur Brecht (260) – Le sept janvier mil six cent dix (265) – Des gens saturés d’Univers, Notes sur Le Crime du XXIe siècle pour le Théâtre National de la Colline (285) – Glossaire (293) – Table des matières (non numérotée).

Les droits de l'homme

LOCHAK, Danièle - Les droits de l’homme – Collection « repères » – Editions LA DECOUVERTE & SYROS – Paris – France – 2002 – 124 pages – ISBN : 2-7071-3650-6


Présentation : C’est un petit ouvrage d’initiation aux droits de l’homme écrit par une femme, professeur à l’Université de Paris X-Nanterre qui s’est également engagée dans la vie associative pour la défense des droits fondamentaux. Dans un premier temps, elle retrace la généalogie de l’émergence, de la reconnaissance et de la proclamation des libertés et des droits fondamentaux à travers les différentes époques et sous différentes latitudes occidentales. Dans un second temps, elle s’intéresse aux conditions d’existence de ces libertés et droits. Elle y consacre trois chapitres respectivement à l’Etat de droit, à la démocratie et à la justice sociale. Enfin, elle souligne le caractère d’inachèvement de cette exigence de progrès. L’ouvrage propose des « repères bibliographiques ».

Commentaires : La conduite de ce petit ouvrage d’initiation aux droits de l’homme répond aux meilleures exigences du genre. L’auteur allie qualité et engagement. Danièle Lochak nous propose une lecture et cette lecture paraît clairement enracinée dans les réalités. Elle est immédiatement pratique. Parfois la langue garde inutilement les marques de l’érudition universitaire et le livre gagnerait en accessibilité en concédant un peu plus de simplicité au choix du vocabulaire. Mais cela n’empêche ni la lecture, ni la compréhension. Expliquer tant de choses en si peu de pages est un exercice impossible a priori. Tout au long, le propos de Danièle Lochak garde sa vigilance et sa rigueur. Avec elle, des concepts politiques essentiels à l’enseignement des droits fondamentaux de l’être humain sont immédiatement présents : « Justice sociale, égalité, émancipation,… » La passion de son sujet couve. Ainsi, les précautions qui fondent le rapport politique et critique au monde, sont tendues de page en page. Alors je m’en réjouis. Et je vous le recommande chaleureusement. [Roland de Bodt – Mons – mars 2005]

Public : Tout public intéressé à partir de l’enseignement secondaire supérieur. Enseignants. – Mots clés : A. classements recommandés par l’éditeur: Droit(s) de l’homme (Rameau) – Droits civils et politiques (Dewey, 323) – Droit international public. Droits des personnes (Dewey 341.5) – B. autre proposition de classement éventuel: Libertés et droits fondamentaux – Histoire des idées.Adresse des éditeurs : On consultera avec profit le site de la collection : www.collectionreperes.com ; Adresse de l’auteur : on trouve des renseignements relatifs aux autres œuvres et articles de Danièle Lochak sur le site de l’Université de Paris X où elle enseigne et sur le site des associations auxquelles elle collabore.

Contenu de l’édition : Introduction (3) – I. La dynamique des droits de l’homme – La lente émergence du concept – 1. Les conditions d’émergence (7) – 2. Généalogie des droits de l’homme (8) : L’antiquité gréco-romaine, le judaïsme de l’Ancien Testament, la pensée chrétienne, vers les théories modernes du droit naturel, l’état de nature et le paradigme contractualiste, la philosophie des lumières et les droits inaliénables – La proclamation des droits de l’homme – 1. Les antécédents des déclarations révolutionnaires (19) – 2. Les déclarations françaises de l’époque révolutionnaire (23) – 3. La postérité de l’œuvre révolutionnaire (28) – Critique des droits de l’homme – 1. La critique traditionaliste (31) – 2. La pensée marxiste et les droits de l’homme (33) – 3. La négation des droits de l’homme dans les systèmes totalitaires (36) – Enracinement et mutations des droits de l’homme – 1. L’enracinement des libertés (39) – 2. La « deuxième génération » des droits de l’homme (40) – 3. Une « troisième génération » des droits de l’homme ? (46) – L’universalisation des droits de l’homme – 1. L’internationalisation des droits de l’homme (49) – 2. L’universalité des droits de l’homme (58) – II. Les conditions d’existence des droits de l’homme – L’Etat de droit – 1. Le rapprochement des problématiques (61) – 2. L’Etat de droit, garant des droits de l’homme (62) – 3. Les impasses de l’Etat de droit (73) – La démocratie – 1. Pouvoir démocratique et libertés (77) – 2. Citoyenneté et droits de l’homme (80) – La justice sociale – 1. Justice sociale et égalité (85) – La lutte contre les inégalités et ses contradictions (89) – III. L’inachèvement des droits de l’homme – Le verrou de l’Etat-nation – 1. Les effets ambivalents de l’émancipation nationale (93) – 2. Les minorités entre droits de l’homme et droits des peuples (95) – 3. Les étrangers, exclus de l’Etat-nation (98) – Des équilibres instables – 1. Les bornes légitimes de la liberté (103) – 2. Des impératifs contradictoires (106) – Des nouveaux défis – 1. Progrès techniques et droits de l’homme : les mutations à risques (110) – 2. L’ajustement des réponses : l’éthique (114) – Conclusion (117) – Repères bibliographiques (121).

Culture et Démocratie
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Cette lettre d'information a été réalisée par Roland de Bodt (pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim »), Johan De Clercq, Marie Poncin, Georges Vercheval et Sabine Verhelst.