n°7
- 28/08/2006
Après l'été, la rentrée culturelle
s'annonce riche et intense. Nous avons le plaisir de vous
livrer la septième Lettre de Culture et Démocratie.
Bonne lecture et bonne rentrée à tous!
L'équipe de Culture et Démocratie
Attention, notez notre nouveau courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Art et Société
- Art et Solidarité (Art et Santé, Art et
Prison, CPAS)
- Art et Ecole
- Dialogue interculturel
- Accès à la culture
- Pratiques culturelles et engagement
|
À vos agendas
Activités et événements à venir, liés à la culture
dans un esprit démocratique
Images publiques
La première Triennale d’art
public "Images publiques" s’est installée
en plein centre de Liège, du 18 mai au 17 septembre 2006.
Cette manifestation estivale propose une nouvelle analyse de l'hyper-centre
d'une ville en chantier en faisant intervenir des plasticiens reconnus
qui utilisent les techniques d'images les plus modernes. Son but
est de mobiliser différents acteurs autour d'un projet axé
sur l'art contemporain et l'art public et de renouveler l'image
de la ville. À chaque lieu est associé un artiste,
selon l'idée du concepteur Laurent Jacob (Espace 251 Nord)
; parmi eux Michel François, Michel Couturier, Jacques Lizène,
Nicolas Kozakis, Johan Muyle…
Le plan du parcours est disponible dans les Offices de tourisme,
les lieux publics, etc.
www.e2n.be
PleinOPENair
2006
Jusqu’au dimanche 3 septembre 2006, le PleinOPENair est
de retour. Les thématiques du logement et de l'habitat servent
de fil conducteur à la programmation de la neuvième
édition de ce festival organisé par le cinéma
Nova. En visitant neuf lieux et quartiers bruxellois, les organisateurs
entendent mettre le doigt sur le problème posé par
les immeubles abandonnés avec, en filigrane, l'avenir de
Bruxelles. Au programme : Un accès gratuit à toutes
les activités, une table d'hôtes chaque soir, des balades,
des films inédits, des concerts, des ateliers créatifs,
des installations sonores ...
www.nova-cinema.org
Solidarité
culturelle et identité artistique
Les 1er et 2 septembre prochains, les Brigittines
organisent deux journées de rencontres sur la thématique
« Solidarité culturelle et identité artistique
» à l’occasion de l’édition 2006
du Festival International Bellone Brigittines, dans la cour de la
Bellone, de 10 à 18h. Poursuivant une ligne de réflexion
sur le spectacle vivant entamée depuis plus de vingt ans,
les Brigittines organisent ce colloque pour mettre en lumière,
avec des experts et le public, les problématiques vécues
actuellement dans la création chorégraphique en Europe
et dans la diffusion des œuvres.
Ce colloque interrogera le rôle de la culture dans la construction
de l’Europe, une culture non comme faire-valoir institutionnel
mais comme composante essentielle du droit à la confrontation,
l’exploration et l’échange pour une nouvelle
identité communautaire… La première journée
questionnera la solidarité culturelle, ses enjeux et ses
dérives, la seconde interpellera, à partir de l’identité
artistique, le devenir de l’utopie dans l’art et l’engagement
des artistes dans une Europe toujours en construction. Avec la présence
de : Monique Duren - Directrice Festival International Bellone Brigittines,
Céline Bréant - Chargée des relations européennes
et de la programmation Les Hivernales d’Avignon, Jean-Michel
Djian * - journaliste, directeur d’Eurocréation et
Président de l’Institut d’Etudes européennes
Université Paris VIII, Geneviève Fraisse - philosophe,
chercheur CNRS, ancienne députée européenne,
Yvona Kreuzmannova - directrice Tanec Praha, Francis Maréchal
- directeur Fondation Royaumont, Sabine Gehm - Junge Hunde, Arja
Saastamoinen – Chorégraphe Dancewebeurope, Philippe
Franck - directeur artistique Transcultures, Francis Maréchal
- directeur Fondation Royaumont, Anne-Marie Autissier * - agrégée
de lettres modernes et docteur en sociologie, enseigne la sociologie
de la culture et les politiques culturelles européennes à
l’institut d’études européennes Université
Paris-VIII et préside l’association éditrice
de la revue Culture Europe International, Jo Dekmine - directeur
Théâtre 140, Julia Carruthers - South Bank Centre,
Therese Kaufmann - co-directrice EIPCP, Ornella D’Agostino
- chorégraphe DBM, Patrick Bonté - metteur en scène
Cie Mossoux-Bonté, Jacques Delcuvellerie - directeur artistique
Groupov, Daniel Dobbels - chorégraphe Cie De l’Entre-Deux,
Olga Mesa – chorégraphe Cie Olga Mesa, Michel Chialvo
– CCM Montpellier, dancewebeurope, Henri Simons - Echevin
de la Culture de la Ville de Bruxelles
Infos : geraldine.amar@brigittines.be
– 02/279 64 54
*A ce sujet, voir également les deux notices bibliographiques
de la rubrique.
Université
d’Attac
Chaque année, en septembre, Attac, l’Association
pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide
aux Citoyens, organise une « Université » qui
ambitionne de présenter et de mettre en débat les
enjeux essentiels du mouvement altermondialiste. La prochaine de
ces universités aura lieu les 8, 9 et 10 septembre 2006 à
Bruxelles, aux Halles de Schaerbeek.
Le thème développé durant ces journées
se situera au croisement de deux propositions : « Pour qu’un
autre monde soit possible, une autre économie est nécessaire
» et « Il existe un autre monde mais il est dans celui-ci
» ( Paul Eluard ). L’objectif premier est de susciter
et de faire progresser la réflexion sur les alternatives
concrètes au modèle économique dominant, dans
une démarche qui associe, d’une part, les intellectuels,
les chercheurs, les universitaires et d’autre part, les acteurs
et militants de terrain, les associations, les collectifs, les syndicats
...
Plusieurs thématiques y seront abordées : science
économique, habitat et logement, Europe des droits économiques
et sociaux, futures migrations et marchés du travail, distribution,
santé, production et « consommation » culturelle.
Des séances plénières ainsi que des ateliers
permettront non seulement d’aborder les sujets d’un
point de vue théorique, mais aussi de synthétiser
et de mettre en discussion les résultats des travaux des
différents groupes. Les dimensions culturelles et festives
permettront également des moments de rencontre et de convivialité.
www.attac.be
L'art d'être(s)
différent(s)
Cette année, dans le cadre des Premières
Rencontres, le Théâtre de Poche a proposé à
Charlie Degotte de mettre en scène une création théâtrale
collective entre des jeunes artistes et des artistes handicapés
mentaux du centre de jour « Les Platanes ». Le Centre
des Arts scéniques qui a pour mission l’insertion professionnelle
des jeunes comédiens a souhaité s’y associer
en organisant une table ronde le samedi 9 septembre 2006 de 15h
à 18h sur "La création artistique avec des personnes
atteintes de déficiences mentales ».
Cette table ronde sera l’occasion d’écouter le
témoignage des comédiens et animateurs d’ateliers
théâtraux et de rentrer en contact avec leurs associations.
Différentes idées liées à la spécificité
du sujet seront également abordées: « Que vous
apporte le fait de travailler avec des handicapés? L’art
sert-il à guérir ou à s'exprimer? Ces déficiences
génèrent-elles une esthétique différente?
Y-a-il une utilisation abusive ou mercantile des handicapées
dans les spectacles contemporains?... »
Les invités confirmés sont : Pascal Crochet (metteur
en scène, Club Antonin Artaud), Jean Florence (docteur en
psychologie, psychanalyste, directeur du Centre d’études
théâtrales), Armèle Jansens, (animatrice d’expression
corporelle, Les Platanes), Frédérique Lecomte (metteuse
en scène, Le château de Barbe Bleue), Farid Ousamgane
(assistant en psychologie et animateur théâtre, Clinique
Fond Roy), Dominique Roodthooft (metteuse en scène), Frédéric
Ruymen et Emmanuelle Bonheure (metteur en scène et comédienne,
Artifices), Theather Stap (groupe de théâtre professionnel
composé d'acteurs handicapés mentaux) et Alain Winand
(animateur théâtre au Créahm de Liège).
Entrée gratuite mais réservation souhaitée
Infos : Théâtre de Poche - 02/649.17.27 reservation@poche.be
ou Le Centre des Arts scéniques - 071/30.54.41 www.arts-sceniques.be
Exposition spontanée
- Artistes invitez vous!
Libre de style, de thème, de forme
et de support
Libre d’autorisation, de pression et de contrainte
Libre d’être, de penser, d’exprimer ou d’agir
…
Le dimanche 10 septembre à partir de 14h00 au Mont des Arts
aura lieu la première exposition urbaine spontanée
de Bruxelles. Le principe d'organisation est l'effet boule de neige
: chaque artiste contacté en contacte d'autres qui eux-mêmes
en contactent d'autres, etc.
Pour participer, rien de plus simple. Rendez-vous à 14h00
le 10 septembre autour de la fontaine du Mont des Arts. Choisissez
votre emplacement depuis la fontaine jusqu'en bas du parc et
installez-vous. Pour présentez vos œuvres faites preuve
d'imagination tout en respectant
l'espace et la nature : évitez de planter clous et punaises
dans les arbres ou dans le sol, prévoyez une poubelle ou
un sac pour emporter vos déchets.
Infos : 0476 74 44 30
Les petits lieux
de programmation culturelle : initiatives privées d’intérêt
général ?
Les « petits lieux » de programmation
culturelle, souvent le fruit d’initiatives privées,
sont des structures culturelles atypiques mal connues et peu soutenues
par les pouvoirs publics et la presse nationale, mais très
appréciées par les spectateurs et les artistes. Ils
proposent une autre manière de vivre la culture et participent
au renforcement du lien social. Cependant, ils sont actuellement
mis en péril par un grave manque de moyens.
A l’occasion de son 10ème anniversaire, la Ferme de
la Dîme organise, en collaboration avec d’autres initiateurs
de petits lieux culturels en région rurale (l'Ex-Cale, la
Ferme de Martinrou, le Jazz 8, L'Espace Privé) et l’asbl
Culture et Démocratie, une table-ronde le 15 septembre prochain,
à 20 heures.
Les avis et expériences de responsables de petits lieux et
autres programmateurs, de professionnels du spectacle, de personnalités
culturelles et de spectateurs seront croisés.
En invités, des personnalités politiques, culturelles
et artistiques et comme modérateur André Buron (psychosociologue).
Ont déjà confirmé leur présence avec
prise de parole Pirly Zurstrassen, musicien et compositeur, Michel
Lefftz, docteur en histoire de l’art et spectateur, Jean-Pierre
Depaire, directeur du centre culturel de l’arrondissement
de Huy, Pol Mareschal, chargé entre autres des « petits
lieux » au cabinet de la Ministre Fadila Laanan, Yanic Samzun,
direction générale de la Culture, Brigitte Baillieux,
directrice du théâtre « La Maison Ephémère
».
Dès 18h : Apéritif au son de
la fanfare CRAMIQUE
Dès 19h : barbecue
A 20h : table ronde
Fin de soirée en musique avec Pirly Zurstrassen et Steve
Houben (sous réserve)
Infos : Catherine Blanjean - Ferme de la Dîme – asbl
Transhumance - www.transhumance.be
Fête nationale
contre le racisme
Le 1er octobre prochain, les musiciens se
mobilisent contre l’intolérance et le racisme à
Anvers, Bruxelles, Gand … Pour une société plus
ouverte, des concerts gratuits seront organisés une semaine
avant les élections communales du 8 octobre afin de mobiliser
les gens contre une éventuelle montée de l'extrême-droite.
L’événement est baptisé "0110",
pour « 1er octobre ». Les artistes attendus sont : Arno,
Axelle Red, Daan, Adamo, Helmut Lotti, A Brand, Akro, Saule, Baï
Kamara, Urban Trad, dEUS, Clouseau, Zita Swoon,… et la liste
ne cesse de s’allonger.
www.0110.be
Les CEC s'expliquent
à Namur
Dans le cadre de l’exposition «
Mieux vaut l’art que jamais. Les CEC s’exposent »
présentée à Namur, du 16 novembre au 1er décembre
2006, le Service de l’Education permanente et de la Créativité
et le Service de la formation des cadres culturels de la Communauté
française, l’asbl Culture et Démocratie, le
Centre Dramatique Wallonie Enfance Jeunesse et le CCR/Théâtre
de Namur invitent les acteurs sociaux et culturels à une
journée de rencontre le 21 novembre au Grand Manège.
Implantés dans 160 lieux en Wallonie et à Bruxelles,
les Centres d’Expression et de Créativité (CEC)
proposent des ateliers collectifs d’expression les plus variés.
Ils partagent des valeurs communes : l’implication et la participation,
la conviction que la culture est un puissant levier de changement
et qu’on peut tous être producteurs de culture.
Consacrée à la présentation de projets socio-artistiques
menés par divers CEC, cette journée a pour objectifs
de mieux faire connaître l’action des Centres d’expression
et de créativité, de présenter des projets
menés en collaboration avec différents secteurs de
l’action sociale et d’encourager de nouveaux partenariats
avec le secteur social.
www.fcc.cfwb.be
Coups de cœur
Présentation d'expériences intéressantes.
Opération
« quartier libre »
L'opération " Quartier libre ",
lancée en 1996, vise à promouvoir l'expression culturelle
des jeunes dans des quartiers qui cumulent des problèmes
sociaux et culturels et s'adresse en priorité aux jeunes
de 12 à 26 ans. Les promoteurs de projets sont des maisons
et centres de jeunes et des organisations de jeunesse reconnus.
L'opération est également accessible à d'autres
associations locales reconnues par la Direction Générale
de la Culture, tels que les bibliothèques et les centres
culturels, ainsi qu'à des groupes composés d'au moins
4 jeunes!
D'une durée d'un an au moins, chaque projet doit comporter
un ou plusieurs volets de création, d'expression culturelle
(théâtre, musique, danse, photographie,….) et
devrait aboutir à des prestations publiques. Le processus
de création, l'acquisition durable d'un mode d'expression
et la participation active des jeunes en constituent des éléments
essentiels. L'originalité de ce programme réside principalement
dans la mise en place de partenariats entre des promoteurs de projets
et des personnes offrant des garanties de compétences en
matière d'expression culturelle.
Infos : 02/413.20.94
Juliette toute seule
« Juliette toute seule » est
un conte théâtral sur l'histoire du théâtre
au XXème siècle. Porté par le Centre Dramatique
de Wallonie pour l’Enfance et la Jeunesse (CDWEJ), dont l’objectif
est le rapprochement entre théâtre et école,
ce spectacle vise à donner aux élèves du secondaire
les outils nécessaires pour s’approprier les débats
internes à la pratique théâtrale.
Elaboré par la comédienne Florence Klein, à
l’initiative de Florence Gabriel et Kala Neza, le spectacle
est coproduit par les points de chute du CDWEJ : les Centres culturels
régionaux de La Louvière, Namur, Arlon, Charleroi
et Tournai, Théâtre et Créativité (Verviers),
les Centres culturels locaux d’Eghezée, Colfontaine
et Lessines.
L’intervention se déroule dans les classes. Le conte
offre la possibilité d’une approche ludique, poétique
et joyeuse de l’histoire du théâtre et permet
une interaction permanente avec le public, les élèves
étant invités à être actifs tout au long
de la représentation. Après le spectacle, ils sont
invités à rencontrer la comédienne. Une prise
de parole et un débat s’initient à partir de
leurs questions. Cette prise de parole est toujours liée
à l’un ou l’autre aspect du spectacle et amène
les élèves à se réapproprier certains
enjeux de l’histoire du théâtre. Il s’agit
de leur permettre de développer leur propre réflexion.
Pour faire venir ce spectacle dans une école, contactez
le CDWEJ - info@cdwej.be - 064
66 57 07 - ou Florence Klein - florenzineklein@yahoo.fr
Polyphone
Polyphone est une toute fraîche asbl
de Mons ... Elle œuvre pour offrir aux jeunes une culture de
qualité et elle soutient les artistes émergents afin
qu’ils puissent disposer de structures leur permettant de
développer et d’exprimer leurs talents, d’occuper
régulièrement un lieu de répétition,
de se produire devant un large public, etc. Les membres de l’association
visent quatre objectifs : offrir aux artistes amateurs toutes les
formes d’aides possibles au développement de leur activité,
faire découvrir au public jeune des formes d’art novatrices
et contemporaines, de toutes origines et de tous styles, encourager
le public à s’investir dans un projet culturel constructif
et mettre en place une structure qui sensibilise la jeunesse à
l’environnement culturel.
A travers des activités très variées (ateliers
culturels éducatifs, jeux de rôles, débats,
…), Polyphone souhaite créer un lien durable entre
la jeunesse et les arts dans toutes ses formes. L’asbl a monté
un système de communication, « Le Relais Jeune »,
qui permet à la culture de s’intégrer avec plus
de facilités dans l’univers de la jeunesse. A défaut
d’un lieu physique, un espace virtuel (polyphone.cultureforum.net)
a été créé dans lequel les jeunes peuvent
parler de sujets culturel qui les intéressent, s’informer,
ou échanger des avis. Plus tard, ce forum Internet pourra
servir à la recherche de bénévoles pour les
évènements culturels dans la région de Mons,
réceptionner des projets émanant de jeunes qui veulent
s’investir et les aider à les structurer et les développer,
avoir un feedback concernant tel ou tel événement
ou atelier…
Les idées de nouveaux projets affluent : ateliers de sonorisation,
événements musicaux de tous styles, activités
de prévention dans des problématiques comme la violence,
la toxicomanie, … Pour les réaliser, l’association
envisage des partenariats et collaborations avec un maximum d’intervenants
culturels. L’appel est donc lancé !
Infos : polyphone@skynet.be
- 0474/41 26 25
Faits et opinions
Quel avenir pour
le « modèle » Festival en Europe ?
Ce texte (traduit de l'anglais) a été
publié en août 2006 par la Fondation Marcel Hicter
(http://www.fondation-hicter.org/fr/base.swf
). L'auteur, Dragan Klaic, est membre du Conseil d’orientation
du Diplôme Européen en Administration de Projets Culturels.
Il a enseigné à l'université des arts de Belgrade
et réside à présent aux Pays-Bas. Il est un
observateur engagé dans les réseaux culturels européens.
Il a présidé l'EFAH et dirige actuellement le Nederlands
Theater Instituut.
Les festivals prennent de plus de place dans
le paysage culturel européen. L'analyse détaillée
que nous livre Dragan Klaic sur ce phénomène de société
dévoile ses contradictions. Le débat est ouvert...
Depuis la fin de la guerre froide, les festivals se sont multipliés
en Europe de façon spectaculaire. Personne ne peut dire aujourd’hui
quel est leur nombre exact en Europe. 2000 ? 3000 ? Peut-être
plus. Cette profusion a fait que le profil unique de nombreux festivals
s’est estompé et que I’orientation conceptuelle
est devenue moins transparente. Définir la programmation
à établir afin d’obtenir la reconnaissance artistique,
le prestige à acquérir ou maintenir, le nombre de
spectateurs à accueillir, la part du budget accordé
par les sponsors, le nombre d’emplois à créer
ainsi que le nombre de critiques, coupures de presse et de diffusion
sur radio et télévision dont il doit être I’objet...
tout cela répond à des attentes irréalistes
et suscite un débat controversé et focalisé
sur la quantité. Les festivals sont la proie facile des critiques
et ragots. Dès lors, ils se voient éclipsés
par leur propre mythologie ou jalousent le succès d’autres
festivals. lls sont comparés, par mépris, aux nombreux
parcs d’attractions. Statistiquement, ils sont classés
au même rang que les congrès ou salons commerciaux.
lls sont injustement jaugés par les biennales des arts visuels
et les festivals cinématographiques, dont les intérêts
commerciaux masqués par le prestige ne peuvent en aucun cas
être comparés à ceux des festivals artistiques.
Quelque chose de spécial
Les festivals artistiques internationaux sont souvent confrontés
aux critiques qui leur reprochent de présenter tous le même
travail en vogue et de s’imiter les uns les autres alors qu’en
fait ils collaborent souvent en coproduisant le même travail
et en partageant les frais et les risques. Les directeurs de festivals
sont également décriés par le fait qu’ils
voyagent dans des contrées lointaines afin d’en importer
un exotisme artistique et de n’en faire qu’un scoop
à usage unique. Au lieu de miser sur des royaumes artistiques
moins connus en recherche de nouveauté, très peu d’organisateurs
de festivals internationaux préfèrent poursuivre leur
sélection d’édition en édition. Ils ressentent
aussi le besoin de surprendre leurs publics, sponsors, membres fondateurs
et presse par quelque chose de nouveau, inconnu, jamais vu ni entendu.
Dans les grandes villes, où les oeuvres artistiques étrangères
sont régulièrement représentées, les
festivals doivent prouver qu’ils apportent une valeur ajoutée
et présentent des événements qui dépassent
les frontières habituelles du métier. La raison d’être
des festivals se mesure de plus en plus par leur capacité
à créer des oeuvres qui ne pourraient être représentées
en temps normal. D’où le changement manifeste de la
simple présentation à la (co)production. Alors que
de nombreux festivals ne s’en tiennent qu’à une
seule discipline (musique baroque, théâtre dans des
lieux spécifiques, théâtre pour enfants, hip
hop, etc.), une nouvelle demande apparaît pour que les festivals
offrent une clarté thématique et conceptuelle tout
en tablant sur un éventail de collaborations interdisciplinaires
et franchissant les frontières qui cloisonnent les genres
et les disciplines.
Le portrait d’un magicien
Certains festivals parviennent à entretenir des relations
constantes avec quelques artistes et groupes éminents et
les reprennent systématiquement dans leur programmation.
De plus en plus, le défi pour un festival international est
de nouer des liens étroits avec les artistes locaux tout
en prouvant qu’il stimule la scène et les forces créatrices
locales par des opportunités, moyens et découvertes
supplémentaires. Les meilleurs directeurs de festivals sont
ceux qui parviennent à gagner la confiance des artistes les
plus difficiles et exigeants, à prouver qu’ils sont
visionnaires et connaissent clairement le rôle à jouer,
qu’ils font preuve d’intégrité, de générosité,
de jugement artistique et de volonté de prendre des risques
considérables. Les attentes énormes relatives au profil
professionnel idéal, formulées par le conseil d’administration
dans des annonces d’emploi, font de ces directeurs des supermen
ou superwomen de la culture, des héros, des magiciens. Ou
est-ce une discipline diabolique ?
Publics d’élite
Les premiers festivals modernes, de Bayreuth à Salzbourg
(Allemagne), s’adressaient à un public culturel d’élite
et profitaient du prestige social qu’ils apportaient. Dans
la logique moderne des festivals, depuis la création des
festivals d’Avignon et d’Edimbourg en 1947, un nouvel
esprit démocratique s’est imposé. Pour Jean
Vilar, le festival d’Avignon était une extension estivale
de son projet émancipateur, mené tout au long de la
saison au Théâtre National Populaire de Paris. Dans
les années 50, période pendant laquelle les Pays-Bas
n’étaient pas encore un régime égalitaire,
le Festival de Hollande bénéficiait d’un certain
prestige et d’une réputation internationale. Il accueillait
un large public de passionnés et dévoués (voir
les photos de Kors van Bennekom). Dans un pays relativement provincial,
dont la production artistique était encore limitée,
le Festival de Hollande , le Festival de Hollande s’ouvrait
aux oeuvres innovatrices de l’étranger, aux nouvelles
idées et aux illustres artistes. Les éditions précédentes
du World Theater Season de Londres ou de « l’Automne
du Paris » étaient semblables : le prestige et les
préférences des élites culturelles dominaient
mais ces festivals accueillaient aussi un nombre important d’amateurs
de théâtre afin d’acquérir une légitimité
au sein du peuple ainsi que des subsides.
Un tournant
Des festivals estudiantins internationaux sont apparus dans les
années 60 (Nancy, Erlangen, Wroclaw, Zagreb...). Organisés
de part et d’autre du rideau de fer, ces festivals ont été
les précurseurs de I’internationalisation spontanée
et directe des arts du spectacle qui a atteint une nouvelle qualité
pour ensuite former des réseaux. Nombreuses sont les personnes
qui, ayant participé à ces festivals, sont devenues
par la suite des professionnels inventifs et les responsables des
plus éminentes organisations théâtrales. En
1968, une vague d’expressions irrévérencieuses
et contestataires de la culture jeune a déferlé sur
les frontières des théâtres professionnels et
amateurs et a ébranlé I’Odéon à
Paris, ainsi que les festivals d’Avignon et de Venise. Durant
les manifestations estudiantines à Paris et dans de nombreuses
autres villes européennes, les caractéristiques des
festivals ont remodelé la vie quotidienne et les ont rendus
envahissants et omniprésents... pour un moment. Par la suite,
la plupart des innovations des arts du spectacle, y compris l’émergence
de nouveaux festivals, studios, compagnies et écoles d’été
ont pu être perçues comme la conséquence de
la tolérance zéro qui a nivelé l’énergie
explosive de 1968. Cependant, après 1968, la domination des
prétentions élitistes ne pouvait rester incontestée
dans la culture des festivals. De nouveaux genres de festivals,
conçus pour présenter une alternative aux festivals
traditionnels, virent le jour et affichèrent clairement leur
volonté d’opposition.
Objectifs croisés
Depuis trente ans, les festivals doivent de plus en plus remplir
plusieurs objectifs : enrichir la programmation artistique, développer,
élargir et diversifier le public, favoriser le tourisme et
la création d’emplois au niveau local, offrir des opportunités
d’emploi, stimuler le partenariat privé/public, promouvoir
I’image d’une ville... L’agenda culturel initial
se teinte de plus en plus de nuances économique, politique
et sociale. Dans le meilleur des cas, la fonction exploratrice des
festivals a été renforcée aux dépens
de la simple représentation et des simples festivités
et ce, lorsqu’ils favorisent et facilitent les collaborations
artistiques originales qui n’auraient pas pu se former ailleurs
du fait du cloisonnement rigide d’une culture fortement institutionnalisée.
Dans d’autres cas, une volonté politique et culturelle
de favoriser les rencontres entre différentes cultures et
traditions éclate au grand jour, non seulement pour célébrer
la diversité et le multiculturalisme, mais aussi pour relever
un défi interculturel audacieux. Dans des zones frappées
par les dissensions politiques et les conflits interminables, les
festivals acquièrent des vertus curatives et cristallisantes
; ailleurs, ils renforcent la confiance d’une communauté
défavorisée et mettent à I’honneur son
ingéniosité et son sentiment d’appartenance
nouvellement retrouvé.
La racine du mot « festival » renferme les notions de
festivité, fête et célébration. Mais
reste à savoir qui fait la fête et ce qui est fêté.
La valse des festivals se succédant de manière ininterrompue
à un même endroit enlève la dimension festive
et le festival devient une ruse commerciale présentant une
offre stéréotypée de consommation tapageuse
aux consommateurs de plus en plus blasés par les expériences
de loisir et de divertissement. Pire, la forme et le contenu d’un
festival sont pris en otage par I’industrie touristique qui
commence à se poser en arbitre de la tradition et de I’innovation,
des choix conventionnels et audacieux, de I’utilisation de
certains endroits et de I’espace public, et conçoit
le festival comme un vecteur destiné à augmenter le
tourisme. Au lieu d’être des célébrations,
les festivals risquent de devenir des champs de bataille d’ambitions
et de besoins opposés, d’intérêts divergents,
voire contradictoires, issus des royaumes politique, économique,
médiatique et de diverses institutions culturelles.
Un espace géographique modifié
En même temps, on peut affirmer que les festivals ont réussi
à redessiner la carte culturelle traditionnelle de I’Europe.
De nombreux endroits ont fleuri grâce aux festivals qu’ils
ont développés et qui les ont rendus célèbres
: si Avignon, Dubrovnik, Salzbourg et Spoletto figurent sur toutes
les cartes culturelles (et touristiques), même sans évoquer
leurs festivals, il n’en est pas de même pour Poznan,
Sibin, Arhus, Tampere et bien d’autres. Dans les grandes villes
européennes, un festival n’est peut-être qu’un
embellissement, une poursuite de la saison culturelle, des opportunités
et offres culturelles supplémentaires. Mais pour de plus
petites villes, un festival est un élan extraordinaire et
vital, un moment d’exaltation, la grande ouverture d’esprit
et la libération de sensations contenues, I’enrichissement
bref et intense d’expériences culturelles et sociales
qui diminue inévitablement durant I’année...
Pendant la guerre froide, quelques festivals ont mis à rude
épreuve la rigidité du rideau de fer, I’orthodoxie
idéologique et les limites de la tolérance. Depuis
1989, les festivals sont devenus des instruments idéaux afin
que I’Orient et I’Occident apprennent à mieux
se connaître, à s’apprécier et à
collaborer. L’espace Schengen, avec ses règles et conditions
complexes, a suscité de nombreuses frustrations parmi les
responsables de festivals lors de l’obtention des visas pour
des artistes ou invités d’Europe de l’Est ou
de pays non européens. Tous les directeurs de festivals peuvent
raconter leurs propres histoires horribles à propos de personnes,
de matériel et d’équipement bloqués aux
frontières engorgées, de vols retardés ou d’aéroports
chaotiques, de grèves ou autres déboires. Elles font
partie de I’histoire de la profession.
Oppositions dépassées
ll y a quelques années, la plupart des directeurs de festivals
auraient probablement déclaré, sans trop d’hésitation,
qu’ils étaient entièrement dévoués
aux artistes et qu’ils donnaient avant tout, priorité
à l’œuvre artistique plutôt qu’aux
bénéfices éventuels que leur festival pourrait
générer pour d’autres organismes, y compris
le public. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considéreraient
plutôt en premier les spectateurs comme l’objectif d’un
festival, et pas seulement dans le cadre de leur planification politique
ou de leur demande de subsides, mais aussi parce qu’ils le
croient profondément et qu’ils partagent intimement
ce sentiment avec d’autres collègues. La dualité
est heureusement évincée par sa propre dialectique.
Ces directeurs voient leur travail comme créateur d’opportunités
pour des collaborations artistiques inhabituelles. Ils veulent faciliter
l’accès et le développement artistique d’une
nouvelle génération et être les premiers à
favoriser le travail expérimental et inhabituel. Ils savent
également qu’ils doivent trouver un public cible pour
ces aventures, que des oeuvres nouvelles et fragiles et des artistes
au talent naissant ont besoin du soutien du public. Lors de la présentation
artistique d’œuvres étrangères, le contexte
artistique et social initial ne passe généralement
pas la frontière. Par conséquent, ces oeuvres doivent
être évoquées, expliquées, paraphrasées
et fusionnées dans le contexte local du lieu de représentation.
Les initiatives artistiques et le développement du public
se renforcent I’un I’autre. Les ambitions liées
à I’affluence et à la diversité du public
varient et proviennent en principe du concept du festival, de ses
traditions, de son soutien et de son affluence habituelle. Quelques
directeurs entreprenants de festivals en Europe centrale et orientale
ont prouvé qu’en peu de temps, de nouveaux artistes,
publics et sponsors pouvaient être trouvés et stimulés,
malgré I’indifférence des autorités publiques
appauvries. Ailleurs, I’affluence relative a éloigné
I’urgence de renouveler le public et la programmation. L’interdépendance
des aspirations artistiques, des valeurs de la communauté
et des avantages économiques pourrait être interprétée
comme un nouveau triangle des Bermudes dans lequel un directeur
de festival peut facilement sombrer ou, mieux, comme une triade
offrant un maximum de rendement avec un maximum de synergie.
Espace artistique
La plupart des événements artistiques se déroulent
encore dans des édifices datant du XVIIè-XVIIIè
siècle : le théâtre, la salle de concert. Ce
dernier siècle, les festivals se sont érigés
en force motrice de la re-conceptualisation, de I’expansion
et de I’inauguration d’autres espaces artistiques. Alors
que Wagner continuait à croire que le théâtre
de Bayreuth était le seul à pouvoir accueillir ses
propres notions esthétiques, Reinhardt lançait un
programme, inspiré de ses illustres prédécesseurs
de l’époque baroque et médiévale, bien
plus ambitieux, et qui revendiquait I’espace public central
comme lieu destiné aux événements artistiques.
D’où le drame Jedermann joué devant la cathédrale
de Salzbourg depuis 1920. Ensuite, les festivals ont redécouvert
et se sont appropriés des centaines d’églises,
de châteaux, de forteresses et autres lieux d’héritage
culturel pour leur insuffler les arts traditionnels et contemporains,
pour les faire connaître comme lieux de mémoire collective
(lieux de la mémoire).
La génération suivante de directeurs de festival contesta
les notions existantes de centre culturel et de périphérie
culturelle, déplaçant le public d’une infrastructure
culturelle centrale vers des lieux périphériques,
des frontières urbaines, des zones de combat, de pauvreté
et de débris post-industriels oubliés et dilapidés,
initiant en ce sens un recyclage culturel majeur avant qu’un
embourgeoisement inévitable ne s’installe. Ainsi, de
nombreux lieux de festivals accidentels et temporaires ont continué
d’exister et ont gardé une fonction culturelle et sociale.
Cependant, les architectes, les urbanistes et promoteurs immobiliers
doivent encore reconnaître les professionnels des festivals
comme leurs collègues courageux et aventureux, comme des
unités de commando d’élite.
Public double
Dans une « société de réseaux »,
les professionnels de festival dépendent non seulement des
réseaux professionnels de pairs et collègues mais
aussi de plus en plus des réseaux médiatiques. ll
y a quelques générations, une conférence de
presse formelle avant la représentation ou une discussion
informelle dans un café avec quelques journalistes acquis
à la cause pouvaient résumer I’effort déployé
par le directeur. De nos jours, ces formes de publicité rudimentaires
sont remplacées par de complexes stratégies de communication,
de couvertures médiatiques bien orchestrées et des
campagnes de marketing sophistiquées. Les festivals ont maintenant
une double vie : une, concrète et réelle, pour les
participants directement impliqués, comme les artistes et
les spectateurs ; et une autre, virtuelle, dans la presse écrite,
la radio, la télévision, sur Internet et d’autres
médias, qui prolongent et renforcent l’impact d’un
festival. Ils déjouent les embûches de sa vie concentrée,
intensive mais ô combien courte dans le typhon perpétuel
de la production et de la distribution culturelles. La dépendance
des festivals vis-à-vis des médias fait également
leur force ; elle est un moyen d’amplifier leur impact, de
recruter, séduire, cajoler un public potentiel et de canaliser
I’opinion publique vers une constellation de soutiens dont
tout festival a besoin pour se créer et se maintenir.
Le passé, l’avenir
En dépit de cette orientation et de cette importance accordée
à l’impact sur le public, un festival ambitieux ne
négligera pas son rôle de réflexion et de développement.
Ce rôle profite d’abord aux professionnels et aux artistes
naissants, par différents séminaires artistiques,
symposiums, ateliers et même par des formations proposées
au sein même de son organisation. De plus en plus, les festivals
internationaux prennent conscience de leur dépendance envers
les communautés artistiques locales et considèrent
I’interaction que cela peut engendrer comme étant un
investissement pour leur avenir et une vitalité pour leur
contexte culturel. La complexité logistique et la course
folle de la machine d’un festival tournant à plein
régime engendre le risque d’un manque de concentration
et d’attention. Cependant, le succès des festivals
repose sur l’équilibre des ressources locales et internationales
déployées et sur leur synergie. La facette Recherche
& Développement d’un festival est naturellement
orientée vers l’avenir mais dépend aussi de
la compréhension du passé, de sa propre histoire institutionnelle
et des cadres des artistes participants. En septembre 1991, un tir
au mortier est tombé sur le bâtiment du Festival d’été
de Dubrovnik et a provoqué un incendie qui a effacé
d’un seul coup toute trace d’un demi-siècle d’histoire
du festival - photos, coupures de presse, films, enregistrements
audio, archives. Mais de nombreux festivals, heureusement épargnés
par les guerres, conflits, incendies et inondations, dilapident
leur propre mémoire institutionnelle par pure négligence
ou course effrénée à la planification de nouvelles
aventures avant même de prendre le temps d’enregistrer
les anciennes. La valeur de la documentation d’un festival
ne se fonde pas uniquement sur les reconstructions possibles des
carrières d’artistes et de groupes mais aussi sur la
compréhension des dynamiques des influences internationales
et interculturelles, des changements dans la constellation culturelle
et des modes artistiques, sur les politiques culturelles et les
stratégies de développement urbain.
L’art du partenariat
En favorisant la mobilité artistique, en encourageant les
voyages des artistes et leurs oeuvres afin de cibler d’autres
publics, les festivals se testent au niveau de I’hospitalité
qu’ils peuvent offrir, de I’esprit de générosité,
du microclimat qu’ils façonnent pour tous leurs participants,
artistes, collègues, journalistes et publics. En ce sens,
les festivals pourraient être perçus comme des zones
expérimentales de socialisation plutôt que comme des
incitations supplémentaires de la consommation. Les réalisations
et engouements artistiques renforcent les qualités civiques
d’un lieu, testent son intégrité, son ouverture,
son dynamisme, sa capacité à fonder ses valeurs et
à favoriser une prise de conscience collective ainsi qu’aiguiser
un esprit critique. ll serait vain de croire que les festivals puissent
suivre seuls cette ligne directrice. lls ne peuvent rencontrer un
certain succès et même prospérer que s’ils
entretiennent un réseau complexe d’alliances et de
partenariats locaux et internationaux. De courte durée -
un week-end ou plus souvent quelques semaines - ils ont besoin de
ce réseau d’alliances et d’interactions transectorielles,
non seulement pour atteindre le pic d’intensité escompté,
mais aussi pour perdurer tout au long de I’année comme
des années à venir pour évoluer, s’enrichir
et révéler leurs récits artistiques de même
que leur importance locale et internationale.
Dans une Europe multiculturelle où les systèmes d’éducation
ne parviennent plus à stimuler la connaissance et à
établir une hiérarchie de valeurs, les festivals feraient
bien de se considérer comme des lieux d’apprentissage
en partenariat avec les écoles, tout comme les musées
ont commencé de le faire ces vingt dernières années.
Dans une Europe grisonnante, les festivals feraient bien de s’intéresser
aux personnes âgées qui représentent une ressource
grandissante de spectateurs potentiels. Dans I’urbanité
complexe des communautés fracturées, des spéculations
immobilières, des négligences et renouvellements urbains,
les festivals ont de grandes chances de s’affirmer, en collaboration
avec les structures d’une société civique, comme
point centralisateur d’une vie urbaine de qualité.
Dans les destinations favorites des touristes et dans les lieux
qui s’efforcent de le devenir, les festivals pourraient offrir
un réconfort alors que la morosité s’installe
et le niveau économique baisse. Mais ils pourraient s’attendre
en retour à obtenir un soutien de cette industrie croissante
dans les moments florissants. Arrêtons de percevoir les festivals
comme des jouets au service des ambitions politiques, comme des
remparts des intérêts économiques, comme des
machinations des coteries artistiques et des amusements de l’élite.
Réfléchir à l’avenir des festivals pourrait
offrir un meilleur point de départ à toutes les stratégies
basées sur la confiance, la collaboration, la compétence
interculturelle et sur sa valorisation délibérée,
à toutes les orientations qui permettront d’atteindre
une qualité incomparable et surprenante grâce à
des partenariats originaux et complémentaires et ce, au sein
même des royaumes artistiques et bien au-delà.
Dernières nouvelles
Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions,
informations…
Dérapages
Interpellée par l’évolution
de la situation politique et par les risques de dérive au
profit de l’extrême droite, la Compagnie Arsenic s’est
lancée dans un nouveau projet de création «
Dérapages » qui traite de cette question et s’appuye
sur la réalité d’aujourd’hui. Ce spectacle
itinérant se déroule dans un camion destiné
à se produire dans toutes les villes et les communes intéressées.
Il a déjà remporté un franc succès au
Festival de Spa !
Pour réussir, ce projet doit s’inscrire dans une dynamique
plus large sur le plan local et régional. Au niveau bruxellois,
la Compagnie Arsenic et la Concertation des Centres culturels bruxellois
invitent tous les professionnels des secteurs culturels et sociaux
à le découvrir le spectacle et à réfléchir
ensemble à la manière de développer une stratégie
d’intervention commune contre l’extrême droite
à Bruxelles. Les 31 août, 1er et 4 septembre, des réunions
par zone sont prévues. Si vous souhaitez y participer, contactez
Fabienne Minsart, coordinatrice de la Concertation des Centres culturels
bruxellois - 02/466.10.03 - concertation@tiscali.be.
Infos : Compagnie Arsenic asbl - 04/ 344 01 77 - arsenic@skynet.be
Quelques heures
au service de la démocratie
Dans la perspective des élections communales du 8 octobre
prochain et face aux faits d'actualité indiquant une progression
inquiétante des idées extrémistes de droite,
la plate-forme "Extrême droite Non merci ! Pour que vive
Bruxelles" souhaite distribuer 200 000 toutes-boîtes
dans cinq communes « sensibles » : Anderlecht, Berchem-Sainte-Agathe,
Bruxelles-Ville, Molenbeek, Schaerbeek. Pour y parvenir, les organisateurs
font appel à un élan citoyen : le week-end des 30
septembre et 1er octobre, ils espèrent réunir 500
« facteurs de démocratie » qui distribueront
ce toutes-boîtes. Vous pouvez être l'un(e) d'eux !
Depuis 1998, la plate-forme Extrême droite non merci ! Pour
que vive Bruxelles rassemble près de 300 organisations francophones
et néerlandophones de la capitale. Ensemble, celles-ci tentent
d'endiguer le vote en faveur des partis d'extrême droite aux
différents scrutins électoraux. Les actions de la
plate-forme ont pris diverses formes : théâtre de rue,
distributions de tracts sur les marchés, diffusion de toutes-boîtes...
Avec, à chaque fois, un objectif : démasquer la face
cachée de l'extrême droite.
Infos : CIEP - MOC - ciep.secr@mocbxl.be
- 02/508.89.60
Concours de peinture
murale à Saint-Gilles
Les partenaires de la Maison de l’Emploi
de la Commune de Saint-Gilles organisent un concours de peinture
murale afin de valoriser le talent des artistes Saint-Gillois. Ce
concours est ouvert aux artistes (demandeurs d’emploi) résidant
sur la commune de Saint-Gilles et comprend la réalisation
de cinq peintures murales au format 2 x 3 mètres en deux
dimensions. Toutes les techniques suivantes sont possibles : huile,
pastel, fusain, sanguine, acrylique, collage, photo.
Une commission composée des partenaires de la Maison de
l’Emploi, d’artistes et des membres du Service Culture
de la Commune de Saint-Gilles départagera les lauréats.
Elle récompensera les cinq lauréats avec une dotation
de 10 000 €. Dans le cadre de ce projet, une exposition collective
des participants au concours se tiendra pendant quatre jours, en
septembre, à la Maison du Peuple. Une journée sera
réservée à la proclamation des lauréats
et au prix du public. Date de clôture du concours le 30 août
2006.
Infos : Comité des Sans Emploi - 35b Avenue Paul Dejaer
à 1060 Bruxelles - 0496/ 12.20.57
Féminin
pluriel
« Féminin pluriel - Vrouwelijk
meervoud » est une exposition belge se composant d’œuvres
d’art plastiques, audiovisuelles et « multimédia
», produite par le réseau fédéral Flora.
Celui-ci rassemble des associations d’insertion sociale et
professionnelle pour femmes peu scolarisées. Cette installation
donne à voir comment des femmes dites « précarisées
» participent à la vie sociale et économique
de leur environnement immédiat, de leur région. Coordonnée
par le cinéaste flamand Jan Vromman, assisté du sculpteur
Hans Luyten, l’exposition est le résultat de l’expression
de femmes vivant sur l’ensemble du territoire belge. Elle
combine une dimension artistique originale avec une dimension sociale
et éducative. Elle se tiendra du 13 au 23 décembre
2006 au Beursschouwburg à Bruxelles et sera inaugurée
par la Princesse Mathilde.
L’installation étant conçue pour être
itinérante, Flora est à la recherche de lieux intéressés
à accueillir l'exposition en Région Wallonne entre
le 1er septembre et le 31 décembre 2007.
Dans chaque province, des associations membres du réseau
Flora ainsi que leurs partenaires locaux sont disposés à
collaborer à l'accueil et à l'animation.
Infos : Carmelina Carracillo - Coordonnatrice francophone du programme
"Exposition" pour le Réseau fédéral
Flora - 02 204 06 46.
Gratuité
des musées pour les écoles
Bonne nouvelle ! Dès septembre, l'accès des grands
musées de la Communauté française est totalement
gratuit pour les élèves et leurs enseignants. La décision
de la Ministre de la Culture, Fadila Laanan, vient amplifier une
précédente mesure qui offrait un accès gratuit
aux musées chaque premier dimanche du mois.
Dans un premier temps, la gratuité pour les écoles
est appliquée dans 13 grands musées : Musée
Royal de Mariemont, Musée de l'Orfèvrerie du Château
de Seneffe, Musée de la Photographie à Charleroi (Mont-sur-Marchienne),
Centre de la gravure de La Louvière, La Fonderie de Molenbeek,
Musée de la Tapisserie de Tournai, Musée du Carnaval
de Binche, Espace Gallo-romain d'Ath, Préhistosite de Ramioul
(Flémalle), Ecomusée du Bois-du-Luc (Houdeng-Goegnies),
Musée en Piconrue de Bastogne, Musée du Sart-Tilman
(Liège), Musée juif de Bruxelles.
Fonds Calypsor
Formé du radical grec kalupto ('rechercher,
découvrir') et de la terminaison -or (de 'trésor'),
Calypsor signifie en quelque sorte 'à la découverte
de trésors inédits'. Ce fonds entend proposer une
aide sur mesure à l'ouverture des collections privées
de tous genres artistiques (peinture, sculpture, manuscrit, tapisseries...),
dans l'objectif de faire découvrir celles-ci au grand public.
www.kbs-frb.be
Comptes-rendus de deux rencontres débat
Les comptes-rendus de deux rencontres organisées par Culture
et Démocratie sont disponibles sur le site www.cdkd.be.
Il s’agit de la rencontre « Les CEC s’expliquent
», organisée le 15 mai 2006 à la Maison de la
Culture de Tournai (http://www.cdkd.be/fr/thematiques/pratiques/actions.html#cec)
et du débat organisé dans le cadre de l’exposition
« D'ici et d'ailleurs » au Centre Culturel de la Communauté
Wallonie-Bruxelles le Botanique le 15 juin dernier (http://www.cdkd.be/fr/thematiques/dialogue/actions.html#dicidailleurs).
Nouveau siteà consulter !
Le site www.labforculture.org
est en ligne. Il dessine une carte de la culture en Europe et fournit
de nombreux liens. Il recense des organisations, bulletins d'informations...
Pour ne pas rester sur sa faim
Un choix bibliographique consacré à « culture(s)
& démocratie »
L’Europe
de la culture – histoire(s) et enjeux
AUTISSIER, Anne-Marie – L’Europe de la culture
– histoire(s) et enjeux – in Internationale
de l’imaginaire, numéro 19 – collection
« Babel », numéro 691 – Editions Actes
Sud et Maison des cultures du monde – Arles et Paris –
France – 2005 – 439 pages – ISBN : 2.7427.5529.2
Présentation : Il s’agit de l’édition
originale en langue française du dix-neuvième numéro
de la revue Internationale de l’imaginaire éditée
par la Maison des cultures du monde et publiée dans
la collection « Babel » (n°691, Format Poche). La
publication de cette revue est dirigée par Jean DUVIGNAUD
et Chérif KHAZNADAR. Pour les plus jeunes, je rappelle, à
toutes fins utiles, que les numéros de cette revue présentent,
dans leur ensemble, un intérêt non négligeable
et méritent d’être consultés régulièrement,
sinon acquis. Cette livraison est de la main d’Anne-Marie
AUTISSIER qui a publié plusieurs ouvrages consacrés
à l’Europe et qui dirige, depuis plusieurs années,
la publication d’une revue – qui mériterait,
elle également, d’être présentée
dans ces colonnes – intitulée : Culture Europe
International. Elle enseigne la sociologie de la culture et
les politiques culturelles européennes à l’Université
de Paris VIII. La mise en page est soignée, claire et lisible.
On regrettera une reliure encollée de grande distribution
pour un ouvrage qui sera utilisé comme un outil de références.
Commentaire : En effet, Anne-Marie AUTISSIER nous
offre l’un des rares ouvrages de références
sur ce vaste sujet des cultures prises en considération dans
les perspectives de la construction européenne. L’auteur
démultiplie les approches et nous entraîne tant vers
des réflexions de fond, vers les différences de niveaux
des diverses architectures de la construction européenne
(le Conseil de l’Europe, la Fondation européenne de
la culture, le Parlement européen, la Commission) ou des
politiques nationales de la culture ou de la coopération
entre ces diverses politiques nationales, vers les préoccupations
des professionnels de ces secteurs, l’émergence de
leurs réseaux européens, … Régulièrement
quelques « encarts » apportent un complément
d’information synthétique. L’ensemble constitue
une mine d’informations très riche. Il ne s’agit
cependant pas d’un guide des politiques culturelles de l’Union
européenne. Loin des discours aveuglés ou arrogants
des « europtimistes » ou des « eurosceptiques
», voici une première contribution considérable
au sujet des relations entre Europe et politiques publiques de la
culture ! Bien entendu l’auteur présente notamment
les différents programmes européens dans les domaines
de la culture, mais la démarche ouvre des perspectives et
des réflexions bien plus amples. La présentation de
chaque question abordée et des enjeux propres à chacune
est clairement conçue, structurée et assumée.
Les analyses développées et le commentaire critique
sont attentionnés, pertinents et résolument progressistes.
Comment croire à la construction européenne, sans
s’illusionner sur l’identité européenne
? En outre, chaque fois que cela paraît souhaitable, elle
dessine la perspective historique qui est nécessaire à
une compréhension de ces questions. Cela confère des
reliefs bienvenus et ouvre des vues insuffisamment connues sur l’Europe
de la culture. Anne-Marie AUTISSIER conduit avec modestie cette
démarche ambitieuse : celle de traiter de l’Europe,
forte de ses diversités et de ses différences culturelles,
afin de réfléchir ensemble aux dissensus, aux
décalages, voire aux « conflits » de représentation
qui travaillent le monde des arts et des idées (page
426). Sur ce sujet, on croirait tenir enfin (!) le premier livre
digne de ce nom. Effectivement et on y revient. Recommandé.
[Notice mise à jour le 20 août 2006 – Roland
de Bodt – Mons (Belgique)].
Publics : Tous les publics intéressés,
dès le secondaire supérieur. Artistes, acteurs politiques,
administrateurs publics, professionnels de l’action culturelle
et sociale, enseignants, étudiants, chercheurs, journalistes.
– Mots clés : Collectivités
territoriales – Conseil de l’Europe – Coopération
culturelle internationale – Education – Europe –
Fondation européenne de la culture – Industries culturelles
– Patrimoine culturel – Politiques publiques de la culture
– Régions d’Europe – Réseaux européens
de la culture – Statut des artistes – Union européenne.
Adresse web de la maison des cultures du monde : www.mcm.asso.fr
; Adresse web des éditions Actes Sud : www.actes-sud.fr
; Adresse web de l’auteur : non communiqué.
Contenu de l’édition : lire
la suite.
Politique
culturelle : la fin d’un mythe
DIJAN, Jean-Michel – Politique culturelle
: la fin d’un mythe – Collection « folio,
le Monde actuel », numéro 113 – Gallimard –
Paris – France – 2005 – 196 pages – ISBN
: 2.07.030098.6
Présentation : Il s’agit de l’édition
originale en langue française d’une réflexion
de fond au sujet des politiques culturelles de la (en) France. Elle
nous intéresse. Jean Michel DIJAN connaît son sujet
; il a livré, il y a dix ans (Editions Marabout et Le Monde,
format poche, 1996) un premier jeu de réflexions consacrées
à la politique culturelle de la France. Pour moi, il a surtout
été ce rédacteur en chef créatif et
impertinent du « Monde de l’Education ». Il y
apportait une ouverture d’esprits, une verve assurée
de « fort en thème », un regard critique, un
souffle vivifiant que ces successeurs n’ont jamais retrouvés.
Il est professeur à Paris VIII où il dirige un DESS
(diplôme d’études supérieures spécialisées)
consacré à la coopération artistique internationale.
Il s’est particulièrement intéressé à
la jeune création. Même caractéristique éditoriale
qu’en 1996, cet ouvrage contient un certain nombre d’
« encarts » qui sont constitués de larges citations
ou certains témoignages choisis, aussi des informations synthétiques.
Ils ponctuent l’exposé général de manière
dynamique et utile. En fin d’ouvrage, on trouvera également
diverses informations complémentaires (chronologie, tableaux
statistiques, …) dont un index. Mise en page claire et lisible,
reliure de grande distribution, au format et au prix « poche
».
Commentaire : Jean Michel DIJAN écrit pour
être lu. Est-ce chez lui une passion ? Il use d’une
langue relativement fluide; le sujet ne s’y prête pas
nécessairement. Il communique des analyses, des idées,
des questions, des hypothèses, des enjeux à débattre.
Il nous anime, au meilleur sens de ce terme. En 1996, Jean Michel
DIJAN dresse un historique rapide, un état des lieux largement
documenté et entreprend, sans aveuglement, une forme de défense
des politiques publiques modernes de la culture : place de la
culture dans la société, culture pour tous, Europe
de la culture, professionnalisation des secteurs de la culture,
exception culturelle, … Dix ans plus tard, il remet «
l’ouvrage sur le métier » ; la constance est
productive (Et consultez longtemps votre esprit et vos forces,
Boileau, Art poétique, 12). Le ton est aujourd’hui
différent : les responsables des politiques culturelles
sont au pied du mur (page 100) ; Comment sans tomber dans
la démagogie, protéger l’exigence des professionnels
de la culture dans leur volonté de programmer des spectacles
de qualité tout en respectant la légitimité
des élus (et de leur administration) d’assumer la responsabilité
des grandes orientations de politique culturelle ? (page 107).
Je crois que ces quelques extraits choisis – tant d’autres
pourraient y atteindre – parlent d’eux-mêmes mieux
que je ne pourrais le tenter. Et je souligne, dans le même
esprit, cette citation qui ouvre les conclusions : Entre les
déclarations constitutionnelles sur la nécessité
pour l’Etat de « faire œuvre de culture »
et leur traduction dans une réalité politique, il
existe plus qu’un malentendu, un hiatus. Pour le lever, trois
conditions sont nécessaires. La première est de penser,
la seconde de militer, la troisième de s’émouvoir.
(page 149). Echo à Boileau qui écrivait en 1673
déjà : avant que d’écrire apprenez
à penser. (Art poétique, 150). J’ai
bien aimé retrouver, chez DIJAN, cet esprit provocateur qui,
pour notre meilleure édification, ne s’assagit pas
trop vite avec l’âge. Il entreprend un mouvement de
déconstruction de nos mythologies « bien pensantes
» de la culture et des politiques publiques qui y contribuent.
C’est bon pour le moral. A lire. [Notice mise à jour
le 20 août 2006 – Roland de Bodt – Mons (Belgique)].
Publics : tous publics intéressés,
artistes, acteurs politiques, journalistes, professionnels de l’action
culturelle, enseignants, administrateurs publics, étudiants
et chercheurs – Mots clés : action
culturelle – démocratie culturelle – démocratisation
de la culture – diversités culturelles – éducation
artistique – France – politiques publiques de la culture
– pratiques culturelles – Union européenne –
Adresse web des éditions : www.gallimard.fr
; Adresse web de l’auteur : non communiquée
(voir un moteur de recherches).
Contenu de l’édition : [Notice sur
l’auteur] (7) – Avant propos (9) – [Encart :]
Définition du mot culture, Alain Rey (12) – Chapitre
I : La république éclairée (15) – La
naissance improbable d’un ministère (16) – Un
champ de bataille idéologique (20) – [Encart :] André
Malraux (23) – L’émergence d’un pouvoir
culturel public (24) – Des ministres de plus en plus politiques
(31) – [Encart :] Jack Lang (39) – Chapitre II : La
réalité économique complexe du champ artistique
national (41) – Une population d’artistes et de techniciens
de plus en plus hétérogène (42) – Le
cas particulier des intermittents du spectacle (46) – [Encart
:] le grand retour des intermittents, Guy Scarpetta (51) –
Des pratiques inégales mais florissantes (52) – [Encart
:] la transmission d’une passion culturelle, enquête
INSEE 2000 (58) – Figure 1 : Les inégalités
sociales face à la culture (57) – Une économie
du spectacle sous perfusion (58) – [Encart :] Le spectacle
vivant en chiffres, rapport de Bernard Latarjet (64) – Une
industrie de la consommation culturelle standardisée (65)
– [Encart :] Droit d’auteur et copyright (75), Ministère
de la culture et SACD – Une valorisation obsessionnelle du
patrimoine culturel (76) – [Encart :] Le mécénat
culturel (84) – Chapitre III : L’essoufflement politique
de la dynamique culturelle (87) – La montée en puissance
d’une technocratie culturelle (89) – L’échec
de la démocratisation culturelle et de l’éducation
artistique (100) – [Encart :] Télévision et
culture de la transgression, Monique Dagnaud (112) – La communautarisation
des disciplines contre le mouvement de la transversalité
(113) – [Encart :] Entre le dedans et le dehors, Alix de Morant
(121) – Chapitre IV : une géopolitique culturelle internationale
en devenir (123) – Un modèle français de diplomatie
culturelle contesté (124) – [Encart :] Le français,
histoire d’un combat, Claude Hagège (128) – Union
européenne et politique culturelle : une histoire de malentendus
(130) – [Encart :] L’Europe du cinéma en chiffres,
Observatoire européen de l’audiovisuel (133) –
De l’exception à la diversité culturelle : le
défi politique anti-américain (134) – [Encart
:] Le pluralisme culturel du futur, Hélé Beji (141)
– Le réveil des identités culturelles et religieuses
(142) – [Encart :] L’Unesco, une initiative française
(147) – Conclusion (149) – Annexes (157) – Chronologie
des grandes décisions du Ministère de la culture sous
la Ve République (159) – Budget de la culture depuis
2002 (168) – Budget 2005 par secteur (169) – Evolution
du budget du Ministère de la culture par type de dépenses
(170) – Bibliographie sélective (171) – Notes
(173) – Index (177) – [Table des matières] (195).
Culture et Démocratie
60, rue de la Concorde - 1050 Bruxelles
Tél : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11
Courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be
Cette lettre d'information a été réalisée par Roland de Bodt (pour
la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim »), Séverine
Monniez, Marie Poncin, Georges Vercheval et Sabine Verhelst.
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