Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°8 - 28/09/2006

 

L'automne arrive doucement mais la saison culturelle bat son plein ! Nous avons le plaisir de vous livrer la huitième Lettre de Culture et Démocratie.

Bonne lecture !

L'équipe de Culture et Démocratie

Attention, notez notre nouveau courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Art et Société
  • Art et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Art et Ecole
  • Dialogue interculturel
  • Accès à la culture
  • Pratiques culturelles et engagement

À vos agendas 

Activités et événements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique

Les Brûleurs, itinéraires de l’Afrique à l’Europe

Photographies de Thomas Chable.
De 2001 à 2006, lors de différents séjours, Thomas Chable a accompagné des Brûleurs (ceux qui brûlent leurs papiers avant de tenter de traverser le détroit de Gibraltar et qui, ici, s’auto désignent « sans papiers »). Ce parcours commence sur les routes et dans les petits hôtels du Niger pour se terminer à l’Eglise Saint-Boniface à Bruxelles. Il présente aujourd’hui l’ensemble de ce travail à travers une exposition, du 16 septembre au 29 octobre 2006, à la Galerie 100 Titres, et à travers l'édition d’un livre.

Infos : 02/534 03 43 – www.100titres.be

L'art au-delà des différences – Exposition « Art & moi, art émoi »

Cette exposition itinérante de créations artistiques et artisanales conçues par les membres de l'ACIH-AAM, mouvement social de personnes malades, valides et handicapées, se déroulera du 29 septembre au 16 décembre 2006, dans 7 villes.

Réfutant la notion d'artiste handicapé qui ne fait exister l'artiste que par son handicap, le mouvement ouvre ses portes pour faire découvrir et partager la singularité, l'originalité et la personnalité des oeuvres produites. Dans le respect de la différence, l'art, l'artisanat et le handicap deviennent des sources de richesse qui se partagent.

"Art & moi, art émoi" invite à plonger dans l'atmosphère d'une exposition mise en scène au sein d'un atelier de création artisanale. Sculptures de terre, patchworks, peintures, céramiques, bijoux... sont autant de créations présentées.

Entrée libre

Infos : 02/246 42 26 - www.acih-aam.be

Nuit blanche

Le Service Culture de la Ville de Bruxelles organise la Nuit Blanche 2006, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre. Il s'agit d'une initiative culturelle inédite qui permet à de nombreux partenaires publics et privés de s'associer pour proposer une nuit insolite. A Bruxelles, la Nuit Blanche présente un caractère hautement participatif sous forme de collaborations avec les habitants, commerçants, associations, institutions et acteurs artistiques et culturels. Plus de 400 animations seront ainsi proposées!

Dans le cadre de l'année de la Mode et du Design 2006, l'événement se déclinera sous le thème « Bruxelles s'habille et se dévoile ». L'occasion de mettre en avant de nombreux jeunes créateurs, artistes belges et européens.

Plusieurs axes guideront cette édition 2006 : des pôles et parcours thématiques permettront à chacun de (re)découvrir la Ville avec un autre regard. Des Marolles au plateau du Heysel en passant par la Grand Place, il y en aura pour tous les goûts. Que vous aimiez l'art contemporain, le design, la mode, les contes urbains ou le bon vin, la Nuit Blanche 2006 vous permettra de parcourir Bruxelles sous un angle différent.

Infos : www.nuitblanche06.be

Festival International du Théâtre Action

Le Centre du Théâtre Action présente la 11ème édition du Festival International de Théâtre Action (FITA) qui se déroulera du 30 septembre au 30 novembre 2006 en Communauté française de Belgique, au Grand-Duché de Luxembourg, en France et en Italie.

Le FITA, c’est un festival international dans sa programmation : 10 spectacles issus de compagnies de tous les continents : Europe (France, Italie, Belgique), Amérique du Nord (Québec), Amérique latine (Brésil), Afrique (Burkina Faso), Asie (Vietnam), Proche-Orient (Palestine). Biennal et itinérant, il sillonnera plus de 65 villes, banlieues, villages de Belgique, mais aussi de France, d’Italie et du Grand Duché de Luxembourg, telle une caravane pour aller à la rencontre de publics variés.

Né il y a 20 ans en Communauté française, ce Festival met en valeur, d’édition en édition, les spectacles de compagnies théâtrales qui, dans le monde, travaillent avec des situations "d'ici et de maintenant" et avec les gens qui en sont les victimes, rendant au théâtre une de ses fonctions : la contestation. Cette année encore, les spectacles dissèqueront, détourneront, dévoileront, se joueront des sujets qui bousculent nos sociétés et qui demeurent au cœur de l’actualité : les esclavages modernes (Vietnam, Belgique), le travail (Italie, France, Belgique), la précarité (Québec, Belgique), l’insécurité (France), les soins de santé (Burkina Faso, Belgique), les murs de séparation (Palestine, Belgique), la guerre (Italie), les inégalités (Brésil, France)…

Le FITA offre aussi la possibilité de découvrir un formidable réservoir de cultures émergentes, une pluralité d’esthétiques originales alliant tradition et modernité, un creuset d’engagements et de pratiques associatives innovantes. Outre sa programmation théâtrale, il est aussi un moment de rencontres artistiques et humaines. Les échanges autour d’ateliers de pratiques théâtrales sont des espaces où comédiens, metteurs en scène, animateurs,... peuvent exprimer des idées, affûter leur art, questionner leurs outils pour créer, transposer et réinventer sur scène…

Infos : www.theatre-action.be

0110 POUR LA TOLÉRANCE - contre le racisme, l'extrémisme et la violence gratuite

Le 8 octobre 2006, les élections municipales auront lieu en Belgique. Ce n’est pas un secret : l’extrême droite vise le pouvoir, au niveau local pour commencer… Quel sera le résultat ? Verrons-nous leur défaite électorale ou, au contraire, si elle récolte encore plus de voix, allons-nous vers l’enterrement de la liberté et de la démocratie ?

Des artistes organise une grande fête le dimanche 1er octobre, une semaine avant les élections, à Anvers, Charleroi, Gand et Bruxelles. Chacun y est le bienvenu. Il n’y aura pas de speeches, pas de condamnation simpliste. Il s'agit de célébrer la complexité de la vie par une simple fête musicale avec un message est clair : la Belgique mérite mieux que l’extrême droite. Stoppez le racisme, mettez de la couleur dans votre ville !

Ps. Organiser un festival coûte cher. Malgré l’engagement militant des artistes, il faut payer les podiums, l’éclairage, etc. Soutenez l’initiative en envoyant un SMS 0110 au 3699 (1,5 euro/SMS)

Infos : www.0110.be

Festival Enfin Seul

Le Festival Enfin Seul, 4ème édition de la biennale du monologue se déroulera du 2 au 28 octobre 2006 au théâtre de L'L. A découvrir, entre autres, les 5, 6 et 7 octobre "Partage" de Thierry Panchaud, qui aborde des thématiques telles que l'exil, la parole, l'évolution portées par un texte poétique. "Alain l'Africain" de Luc Malghem, les 26,27 et 28 octobre évoque, pour sa part, la discrimination au logement et s'inscrit de manière plus globale dans la quête de l'identité.

Infos : www.llasbl.be

Festival du Cinéma d'ATTAC

Du 6 au 14 octobre, le Botanique accueille le 7ème festival du Cinéma d'ATTAC organisé par Libération Films asbl et ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens). Au programme, des documentaires et des fictions propices au questionnement, pour un autre monde, de multiples débats et rencontres et des expositions.

Infos : www.liberationfilms.be

Exposition Zinneke Off

L'exposition Zinneke Off aura lieu à la Maison du Spectacle - La Bellone, du 10 au 21 octobre. Elle exposera la Zinneke Parade 2006 de toutes les façons : photos, décor, atelier, maquettes… Une manière ludique et didactique de présenter cette formidable aventure bruxello-bruxelloise qui n’en finit pas de remettre en question le rôle du citoyen dans nos grandes villes.

Vivre ensemble dans la ville
La culture à Bruxelles : Urbaine ? Interculturelle ? Intercommunautaire ?

Dans le cadre de cette exposition, une rencontre-débat est organisée par la Maison du Spectacle-La Bellone, l'asbl Zinneke et Culture et Démocratie, le lundi 16 octobre, de 18h à 20h30 à la Maison du Spectacle-la Bellone.

Elle portera sur Bruxelles qui, ces derniers temps, est souvent à l’ordre du jour des débats politiques. Les opinions s’opposent. Et bien des acteurs bruxellois constatent que cette ville cosmopolite n’est pas suffisamment appréhendée dans sa réalité complexe et sa dynamique particulière. Une lecture bicommunautaire de Bruxelles est insuffisante, voir même fausse. Elle ne permet pas d’approcher son caractère multiculturel et multilingue. Depuis des années, différents acteurs culturels cherchent de manière active à décloisonner les barrières communautaires, sectorielles et disciplinaires alimentées par les institutions et encouragent dans leurs actions la rencontre et le métissage culturel. L’enjeu étant aussi d’apprendre à vivre ensemble dans un espace urbain.
Dans ce débat, les regards se croisent sur les imaginaires du possible.

Intervenants : Wim Embrechts (Directeur de BrxlBravo), Roger Christmann (Directeur financier du KunstenFestivaldesArts), Myriam Stoffen (Directrice de Zinneke asbl/vzw) et Hamel Puissant (ex-Président de Bruxelles en Couleurs/Brussels Gekleurd)...

Infos et inscriptions : Culture et Démocratie : 02/502 12 15 – cultureetdemocratie@scarlet.be

Salon de l'Education
Le salon belge des outils pédagogiques et de l'équipement pour l'enseignement

Devenu LE rendez-vous pour les professionnels francophones de l’éducation et du milieu scolaire, le 13ème Salon Education se déroulera à Namur Expo, du 18 au 22 octobre prochain. Une occasion unique pour tous les enseignants, actuels et futurs, et plus largement pour tous les acteurs de l’éducation, de découvrir, d’échanger, d’apprendre…

Il s’adresse à tous les métiers de l’éducation et de l’enseignement, à tous les professionnels et futurs professionnels de l’éducation mais aussi aux parents.

Il s'agit d'une gigantesque plate-forme de rencontres professionnelles, une vitrine couvrant tous les domaines d’activité qui touchent de près ou de loin à l’éducation, la formation et l’enseignement : édition scolaire et pédagogique, matériel didactique et pédagogique, matériel technique et professionnel, matériel artistique, mobilier de plein air, voyages, alimentation, langues, multimédia, formation des maîtres, spécialisations, sécurité, psychomotricité, équipement de classes, matériel scientifique, transports, culture, loisirs, spectacle pour jeunes, activités extrascolaires, gestion d’établissements scolaires, prévention, santé, environnement, livre de jeunesse, presse jeunesse, gestion du personnel, assurances...

Le Salon Education offre 4 journées spéciales : Journée des directions (jeudi 19), Journées des futurs professionnels de l’éducation (mercredi 18 et vendredi 20), Journée des professionnels du livre et de l’enfance (vendredi 20), Journée de l’accueil extrascolaire (samedi 21).

Plus de 100 conférences se tiendront sur différents thèmes, comme : Culture – Enseignement : « Quand la culture devient plaisir » - Santé : Prévention de la dépression - Tweetalig ! - Au premier degré, rien de secondaire ! - En toute sécurité ? – L’accueil extrascolaire - Séjour découverte : levier pédagogique, outil d’émancipation, … ? - Le développement durable - A l’honneur cette année : les Centres PMS et, bien sûr, les agents PMS.

Infos : www.saloneducation.be

Regards sur Haïti

Du 26 au 29 octobre 2006, Echanges et Synergies, l'Espace Senghor et le Collectif 2004 Images proposent un programme étalé sur quatre jours où se conjuguent musique, exposition, cinéma, rencontres avec des réalisateurs et des écrivains haïtiens, qui donnera l’occasion de découvrir ce pays emblématique de la rencontre historique et culturelle entre l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et l’Amérique notamment au travers de ses productions cinématographiques.

Malgré des moyens bien en deçà de ceux dont disposent les réalisateurs européens ou américains, le cinéma haïtien se montre de plus en plus dynamique. Mais c'est particulièrement à travers les films-documentaires que la production cinématographique haïtienne démontre sa pertinence. Ces documentaires constituent des miroirs, des témoignages, des chapitres d’une vie quotidienne, culturelle, sociale, économique et politique.

L'Espace Senghor présente pas moins de 25 films et documentaires, ainsi que des rencontres et débats avec des réalisateurs, des producteurs et des écrivains invités à l’occasion.

Deux expositions de photographies « Haïti corps et âmes » de Chantal Regnault et « Haïti sans chapeau » de Roberto Stephenson, offriront, à travers le talent et la grande sensibilité de ces artistes, une vision originale et non-conformiste de ce petit pays des Caraïbes souvent tristement au cœur de l’actualité.

Quatre jours pour parler de Haïti, découvrir les particularités historiques de ce pays, ses difficultés au quotidien, mais aussi sa grande richesse culturelle et l’incomparable créativité de sa population.

Infos : Echanges et Synergies : 02/646 52 42 - http://perso.infonie.be/easy/www.senghor.be

Vanek Diptyque- « Audience » et « Pétition » de Václav HAVEL

Vanek Diptyque sera présenté par le Collectif D V, du 2 au 12 novembre, à la Soupape. Il s'agit d'un rassemblement de deux pièces en un acte écrites par Vaclav Havel, après l’invasion russe en Tchécoslovaquie. Interdites à l’époque, images de la société de « normalisation », elles sont ancrées dans la biographie de l’auteur.

Il nous y livre un témoignage à valeur universelle, une vision "d’en bas" des effets d’un système totalitaire qui pèse sur l’homme, à chacun de ses pas, et fait de sa vie un entrelacs de peurs, de frustrations et d’hypocrisies.

D’interpellation moderne, d’hier et d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs, ces pièces, traitées avec un humour chveikien propre à Havel, nous incitent à rester vigilants par rapport à toutes les formes actuelles de « dictature ordinaire ».

Infos : 02/ 649.58.88 - lasoupape@belgacom.net

Coups de cœur

Présentation d'expériences intéressantes.

Télévision du monde

La nouvelle chaîne de télévision « Télévision du Monde », la voix de tous ceux qui portent le rêve d'un autre monde, est un projet innovant à finalité non lucrative et dont l'objet social se distingue de ceux des médias actuellement présents dans le paysage télévisuel de la Communauté française de Belgique. Il s'agit de se poser la question importante de l'opportunité d'une autre approche de la communication télévisée, dans un contexte international d'inquiétudes relatives à la mondialisation, à l'énergie, à la solidarité, à la paix, au réchauffement climatique, à la détérioration des conditions de vie, à l'approfondissement du fossé Nord-Sud...

« Télévision du Monde » s'axe sur trois pôles majeurs : l'information, l'éducation et la promotion des mobilisations citoyennes, d'associations ou d'Etats, pour la démocratie et l'épanouissement des peuples.

Son objectif est de soutenir toute démarche de prise de conscience des enjeux du monde actuel et d'engagement à les résoudre par la voie démocratique. Elle cherche donc à valoriser toute initiative citoyenne, individuelle ou collective, tendant à mieux garantir le respect des droits de l'homme, des conditions du développement durable équitablement réparties, de la solidarité, de la justice et de la paix.

La création d'une plate-forme de communication dynamique, permanente et indépendante des organisations sur le plan éditorial ainsi que sa mise à la disposition des acteurs du changement sont une plus-value significative.

Média alternatif et ouvert à tous les publics, « Télévision du Monde » se positionne pour redonner aux téléspectateurs le goût du « savoir libre », pour privilégier le contenu par rapport au contenant tout en construisant une image vivante ainsi que des émissions séduisantes.
L'originalité de la démarche repose donc sur la nouveauté du concept dans le secteur de la communication mais aussi sur la mobilisation culturelle qu'elle peut engendrer tant au niveau belge qu'au niveau international.

Dans ce sens, « Télévision du Monde » ambitionne de rassembler toutes les associations et tous les citoyens engagés dans l'action pour les droits de l'homme, la solidarité, le développement durable, le commerce équitable, les relations Nord-Sud... Elle sollicitera la participation de ces derniers tant sur ses plateaux de télévision que dans ses structures de reconnaissance et de fonctionnement.

Infos : www.televisiondumonde.be

La Compagnie des Nouveaux Disparus

Quatre créations, un festival, une multitude de projets. 350 représentations. 75 000 spectateurs. Une vingtaine d'ateliers. Après dix ans de travail, la Compagnie des Nouveaux Disparus présente une histoire de vie originale, faite de rencontres artistiques, de vie semi-foraine, de démarche associative et d'esprit citoyen. Cette débauche d'énergie n'a pas été vaine puisqu'elle vient d'être reconnue par la ministre de la Culture.

Issue du milieu associatif, la Compagnie des Nouveaux Disparus a vu le jour lors de la création du spectacle Les Histoires merveilleuses mis en scène par Jamal Youssfi, en 1994, en avant-première au festival Babel. Entre 1997 et 1999, ils tournent avec Chez Aziz de Jamal Youssfi qui dépeint la vie de quartier à Bruxelles. En 2000, les Nouveaux Disparus deviennent forains avec les représentations sous chapiteau de La fiancée de l'eau de Tahar Ben Jelloun. La création de Sur la Plage de Jamal Youssfi, en 2003, ouvre une voie particulière puisque la Compagnie implante son chapiteau sur un terrain à l'entrée du Parc Josaphat. Cela lui permet de développer un dialogue avec la population du quartier et avec ceux qui fréquentent le parc public. Enfin, Antigone, la quête du bonheur, une rencontre détonante entre les jeunes de la banlieue bruxelloise et la tragédie classique, est créé au Parc Josaphat à l'automne 2004. Après s'être ainsi implantée dans près de quinze sites différents essentiellement à Bruxelles, lors de la dernière saison, la Compagnie des Nouveaux Disparus va installer, cet automne, son chapiteau dans des cités sociales de Wallonie : Flémalle, Ottignies, Ath.

Les Nouveaux Disparus ont également mis sur pied le Festival Mimouna dont la sixième édition se déroulera du 24 au 26 novembre 2006 et sera consacré à Molière. La Compagnie anime en effet des ateliers théâtraux dans de nombreuses associations bruxelloises avec pour objectif de donner la possibilité à des enfants et adolescents de participer à des activités culturelles pour améliorer la cohésion sociale. Au sein de ces ateliers, les participants abordent les techniques d'expression orale et corporelle, d'élaboration du texte et de l'improvisation. Les jeunes utilisent l'outil théâtral pour exprimer leur vécu, leurs envies et leurs désirs par rapport au monde qui les entoure. Au terme de trois mois de travail, chaque groupe a mis en place son propre spectacle et le présente au Festival Mimouna. Ce moment est une occasion de rencontre entre le jeune et le milieu qui l'entoure : parents, amis, jeunes des autres ateliers. A l'issue du festival, un groupe est élu par un jury pour proposer son spectacle dans un festival hors-frontières.

Infos : www.lesnouveauxdisparus.be

C-paje : Collectif pour la Promotion et l'Animation Jeunesse Enfance

C-paje fédère une septantaine d'associations. Outre un pluralisme solidement ancré dans des valeurs concrètes d'ouverture, de démocratie et de progrès, sa spécificité repose sur l'approche transversale des différents secteurs de l'animation.

La nature des associations affiliées les rattache à une quinzaine de catégories différentes : Aide en Milieu Ouvert (AMO), Antenne d'Animation de CPAS, Auberge de Jeunesse, Centre Culturel, Centre d'Expression et de Créativité (CEC), Ecole de Devoirs (EDD), Ecole de Spectacle ou Projet d'Animation théâtrale, Ferme Pédagogique ou d'Animation, Halte-Garderie, Ludothèque, Maison de Jeunes, Maison de Quartier, Service éducatif de musée, Organisation de Jeunesse, Projet d'Intégration pour enfants mentalement ou physiquement différenciés, Terrain d'Aventure,...

Le C-paje assure la représentation de ses affiliés et met en valeur leur philosophie commune de l'animation auprès des pouvoirs publics ainsi qu'au sein d'instances telles que la Confédération des Organisations de Jeunesse (C.O.J.) et le Conseil de Jeunesse d'Expression Française (C.J.E.F).

Le C-paje assure l'information et la promotion de ses membres par son travail de réseau, ses publications, son site internet et ses projets d'animation. Il met en oeuvre une politique de formation ouverte à tous les animateurs, qu'ils soient ou non membres du C-paje, et aux travailleurs d'associations affiliées. Il propose des projets d'animation qui peuvent être de courte ou de moyenne durée (Créativ'été, création d'un jeu sur les droits de l'enfant) ou s'étendre sur un an (Amercoeur en couleur, Projet Gauguin, L'Odyssée des Enfants Terribles, Symposium tridimensionnel...).

Le C-paje organise des recherches, des colloques, des tables rondes. Il réalise des dossiers pédagogiques disponibles sur demande, et tient sa bibliothèque à la disposition de ses membres et affiliés. Ilsoutient ses affiliés par des services tels que : aide à la constitution de dossier de subsides, aide à la recherche d'informations et d'intervenants ressources et, occasionnellement, suivi et supervision de projet ou d'équipe, aide juridique et technique. Sur demande, C-paje peut (ré)organiser des projets d'animation et des formations.

Infos : www.c-paje.net

Faits et opinions

Politiques sécuritaires & culture(s) de la démocratie :
Le gouvernement fédéral doit indemniser la société civile

En marge des communales,
A Luna (1)

Si l’égalité demeure entre les êtres humains (2), la justice demeure entre les êtres humains. Alors, les moyens de la démocratie, c'est-à-dire la loi, l’institution et la force publique concourent à l’égalité et à la justice parmi les êtres humains. Dans de telles circonstances d’égalité, nous qualifions à juste titre de « démocratique » l’ordre public qui garantit l’égalité et la justice parmi nous. Car telles sont effectivement les vertus que nous apprécions dans la démocratie : l’égalité et la justice. Ce ne sont pas des considérations nouvelles, je vous concède que ces principes sont clairement formulés – ou même reformulés – chez Montesquieu (3), près de cinquante ans avant la Révolution française (1789).

Dans de telles circonstances d’égalité, la violence entre les êtres humains n’est-elle pas arbitraire ? féroce ? sauvage ? abusive ? intolérable ? Parce qu’elle frappe de plein fouet le principe d’égalité et qu’elle blesse, dans son corps, l’ordre social qui la garantit.

C’est pour ces raisons qu’il est reconnu et accepté, dans la culture(s) des démocrates, que le maintien de l’ordre public – c'est-à-dire de cet ordre qui garantit l’égalité et la justice entre nous – nous protège de la violence gratuite. Nous préserve de cette violence que nous reconnaissons dans les abus de libertés, les abus de pouvoirs, les abus d’autorité, les abus de droits, les abus de police. Cette violence que nous infligent depuis le début des temps, tous ceux à qui la démocratie répugne quand elle ne sert pas leurs intérêts. Tous ceux que l’égalité dérange quand elle ne les privilégie pas. Tous ceux qui méprisent la justice quand elle ne les sert pas bien au-delà du droit commun.

Dans notre culture(s) de la démocratie universelle, l’ordre public garantit alors la démocratie, elle-même. C'est-à-dire l’exercice effectif de la démocratie, vérifiable au niveau de chacune et de chacun. Préoccupations dont témoigne la rédaction de l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (Assemblée nationale française, août 1789) : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ! Car si l’égalité demeure entre nous, la justice demeure entre nous. Tant que la possibilité de la justice demeure entre nous, la force de la démocratie demeure entre nous.

Nous c'est, depuis l’été 1945 et depuis le début de l’ère nucléaire : l’humanité entière. Sommes-nous aujourd’hui dans ces circonstances favorables ? Avons-nous inscrit, depuis soixante ans, ce que nous vivons collectivement dans les grandes balises de cette culture(s) de la démocratie ?

De la même manière on peut considérer que si l’économie apporte le bien être aux populations, l’ordre public garantit le bien être des populations. Mais sommes-nous – nous, l’humanité – réellement dans cette économie de bien être ? à présent ?

Et si l’économie entraînait la pauvreté des populations ? L’ordre public devrait-il garantir la pauvreté des populations ? Alors ?

Si l’économie restaurait le sacrifice des êtres humains – comme dans les plus anciennes religions sauvages ? L’ordre public devrait-il garantir le sacrifice humain, du cœur des populations, elles-mêmes ? Un tel ordre public ne serait-il pas alors : un ordre sauvage ? Et devant cet ordre sauvage qui tolèrerait tant de misères et d’injustices, devrait-on rester comme des innocents ? Et demander naïvement : d’où vient la violence qui s’érige en nous et entre nous ?

Si l’économie se mettait à détruire, par exemple, la planète ? L’ordre public aurait-il à cautionner cette destruction de la planète ? Allons ? Et devant les inégalités qui s’instaureraient entre nous, les êtres humains, et devant le saccage de nos conditions de vie, devrait-on rester comme des innocents ? Devrait-on, vraiment ? Et ne devrait-on pas plutôt prendre enfin au sérieux la toute première question politique qui se présente, sous nos yeux effarés, bien avant le 11 septembre 2001 : qui terrorise qui ?

En effet, depuis le 6 août 1945, depuis le bombardement des populations civiles d’Hiroshima, et plus encore, depuis le 9 août 1945, depuis le bombardement des populations civiles de Nagasaki, nous ne devrions plus faire semblant que cette question politique n’est pas au centre de nos préoccupations culturelles, humanistes : dans l’ère nucléaire, qui terrorise qui ?

Qu’est-ce que l’ordre public dans une société d’inégalités ?

Si les inégalités s’accroissent dans le monde ? Si l’injustice s’incruste dans les rapports entre les êtres humains ? Si payer son loyer devient trop difficile ? Si la fin du mois commence le 2 du mois ? Si un seul salaire ne suffit plus pour manger, se loger, se chauffer, se soigner, s’habiller ? Même seul ? Alors ?

Alors ? Où s’origine la violence qui surgit au coin de la rue ?

Si les inégalités se creusent dans la société ? Si l’injustice structure les rapports entre les êtres humains ? Si certains gagnent en une heure, ce que d’autres gagnent en un mois ? Si certains gagnent chaque jour, sans travailler, ce que d’autres gagnent chaque année, en travaillant ? Alors ?

Alors ? D’où vient la violence qui surgit dans le bus, dans le métro ?

Si les inégalités déchirent la société ? Si l’injustice crie parmi les êtres humains ? Si certains vivent dans la rue, souffrent dans la rue, se battent et se débattent dans la rue ? Meurent dans la rue ? Alors ?

Alors ? D’où s’érige la violence qui déchire nos familles ?

Si ni la loi, si ni l’institution politique, si ni les forces publiques ne parviennent plus à concourir à l’égalité et à la justice parmi les êtres humains ? Alors ?

Alors ? Les partis démocrates ne peuvent plus faire l’économie de cette question : qu’est-ce que l’ordre public dans une société d’inégalités ?

En effet, qu’est-ce que l’ordre public dans une société d’injustice ? Qu’est-ce que le maintien de l’ordre public dans une société à la fois structurée et déstructurée par les inégalités sociales, l’injustice et l’insécurité économique ? De quel ordre public parle-t-on concrètement ? L’ordre public de qui ? L’ordre public au service de qui ? Au service de quel ordre politique ? L’ordre politique au détriment de qui ? Qu’est-ce que l’ordre public s’il donne à l’insécurité économique le visage de la légitimité ? S’il l’institue dans la rue ? S’il l’inscrit dans la loi fondamentale ?

L’injustice sociale et économique est-elle autre chose que la condition première, que la condition originelle de la violence qui s’élève – comme un vent mauvais, un vent de mort – au cœur des couples, des familles, de la communauté, de la vie sociale, de la place publique ? Dans une société d’inégalités, le maintien, le renforcement autoritaire de l’ordre public, peut-il avoir d’autres effets que le maintien et le renforcement des conditions de la violence au cœur intime de nos vies individuelles, de nos relations humaines, de nos incertitudes collectives ?

Au cours de la campagne électorale, pour les communales, la plus grande part des partis politiques proposent de renforcer les forces de l’ordre, de développer le contrôle social, la surveillance et la sécurité. Avant d’en faire des slogans, réfléchiront-ils un instant à l’impact de telles mesures dans la situation présente. Quels effets attendre ? Comment ne pas considérer, tandis que les inégalités s’accroissent, combien cette proposition renforce la violence de l’injustice sociale et économique, dans les structures les plus profondes de la société ? Comment ne pas voir que c’est courir à déchaîner la brutalité comme ultime mode de relations sociales, comme ultime contrepoint à l’injustice des relations humaines, comme régime de survie féroce au sein de la collectivité sauvage ? Les partis démocrates n’ont-ils d’autres ambitions que de déchaîner ces passions désespérées qui résultent de l’insécurité économique, au sein de la société ? N’ont-ils d’autres vocations ? D’autres diagnostics à plaider ? D’autres responsabilités à prendre ?

Quel est le but des revendications sécuritaires de l’extrême droite ? La démocratie ou l’insécurité civile ?

Que les partis d’extrême droite poursuivent cette revendication sécuritaire, parce qu’elle est à terme celle qui a le plus de chance de plonger le régime démocratique dans un climat de guerre civile, nous pouvons l’observer. L’observer chaque jour. Comme nous pouvons observer, tous les jours, comment certains média à grands tirages de la presse écrite et comment certaines émission de la télévision font commerce impunément de tout ce qui soutien les thèses liberticides de l’extrême droite. Comme nous pouvons, chaque jour, observer l’enrichissement que certains tirent de la diffusion de ces revendications sécuritaires et du climat d’insécurité qu’elles génèrent dans la société. Au bilan économique de certaines sociétés commerciales, les caricatures publiées par certains journaux d’extrême droite danois se révèlent certainement profitables. En terme d’événement commercial, l’extrême droite rapporte bien au-delà de ce qu’elle représente.

Les revendications sécuritaires de l’extrême droite répondent à leurs visées politiques. Elles ne sont pas un objet de commerce. Elles sont une stratégie de déstabilisation par la violence ou par la mise en scène de la violence pour instaurer un pouvoir autoritaire qui n’a rien à voir avec la démocratie. Le commerce en cette matière est un crime contre la démocratie. Un crime contre la démocratie, au sens de l’article trente de la Déclaration universelle des droits de l’home. Les démocrates ne peuvent ni accepter cette stratégie, ni à aucun moment la cautionner. Il ne leur appartient pas de préparer les populations à ce régime politique autoritaire. Ils n’ont pas vocation à instaurer, à travers la démocratie que les citoyens leur ont confiée, le régime sécuritaire dont l’extrême droite a besoin pour s’établir.

Les partis démocrates perdent leur identité démocratique chaque fois qu’ils acceptent ou qu’ils cautionnent les revendications sécuritaires de l’extrême droite. Aux élections communales ou fédérales prochaines, la première priorité des partis démocrates ne devrait pas être la sécurité des citoyens – comme tant de mandataires l’annoncent – mais la justice parmi ceux qui vivent dans la commune. Car la condition nécessaire et préalable à la sécurité, c’est la justice parmi les êtres humains. La culture(s) de la sûreté des personnes est d’abord une culture(s) de la justice et de l’égalité vérifiables parmi nous. Une pratique critique de la justice négociée entre nous.

Ne nous leurrons pas. Ne leurrons pas les populations. Plus de forces de l’ordre, plus de surveillance et plus de contrôle social c’est, à moyen terme, moins de démocratie et moins de sûreté pour les personnes, dans la cité. Cet adage terrible peut être validé tant sur le plan fédéral et sur le plan communal.

Tous les régimes sécuritaires, à travers le monde, en ont fait la désastreuse et constante démonstration. De manière systématique : l’augmentation des forces de l’ordre, des moyens de surveillance et de contrôle des populations met la démocratie en péril et accroît la violence dans la cité. Car tout devient l’objet d’une suspicion rapidement dénaturée. Une suspicion illégitime et abusive que produit inévitablement l’appareil de contrôle social. Les réponses instituées par les appareils de contrôles publics et privés (caméras, contrôles de police et arrestations humiliantes, sirènes permanentes dans les rues, généralisation des sociétés de surveillance à l’entrée des administrations publiques, des banques, des galeries commerciales) sont complètement disproportionnées aux réalités et aux faits. Elles contribuent à la mise en scène d’une insécurité permanente. Cette mise en scène – oh combien coûteuse – est la première des violences faites aux libertés démocratiques, elles-mêmes. Ces mises en scène arrogantes de nos stratégies sécuritaires sont une provocation permanente à la violence civile. Dans tous les régimes sécuritaires, la liberté du citoyen est suspectée. La liberté individuelle est suspectée. L’initiative des citoyens est suspectée. Parce que par essence, les pulsions sécuritaires et les systèmes de contrôle ont peur de la liberté et que, du point de vue sécuritaire, un être mort est moins dangereux qu’un être vivant. Tous les systèmes sécuritaires ont pour objectif la conformation de l’initiative citoyenne, dans des cadres restreints. Et cette conformation est très exactement l’opposé de la démocratie vivante et vivifiante. Les partis démocrates n’ont pas à cautionner cette conformation.

Les partis démocrates peuvent-ils se bercer d’illusions à ce sujet ? Ne sont-ils pas l’ultime rempart de nos libertés ? Comment peuvent-ils croire ou espérer remplir leur vocation première (défendre la démocratie et nos libertés) en cautionnant les visées sécuritaires de l’extrême droite ?

Oublient-ils que lorsque l’extrême droite réclame plus de police, plus de sécurité, plus de caméra, plus de pouvoirs spéciaux, ce n’est pas pour garantir la paix civile, la convivialité, le plaisir de vivre ensemble ?! Rien ne laisse seulement supposer qu’ils aient de telles préoccupations, ou seulement à titre d’alibi. L’objet est ailleurs. Il s’agit d’assujettir nos libertés, parce qu’elles leur font peur. L’extrême droite oppresse nos libertés, déjà. Il faut que la cité plie ou qu’elle craque. Que la rue saigne. Comment perdre de vue ce que l’histoire nous a enseigné avec tant de force ? L’extrême droite est assoiffée de violence et de sang. Surtout de violence sauvage, gratuite, féroce et d’abus de l’ordre jusqu’aux meurtres. Il y a soixante ans, le régime nazi en a présenté une démonstration définitive. Manquez-vous de mémoire ? Cette année même, à Anvers, le triple crime raciste, commis par un jeune néonazi de 18 ans n’est-il pas significatif ? Suffisant ? Et plus encore les raisons idéologiques qu’il a donné à cet acte(4) odieux ? Et plus près encore, ce mois-ci, la découverte des arsenaux constitués par des militaires de carrière membres d’organisations d’extrême droite ?

Avez-vous besoin de nouvelles démonstrations ? Depuis le début des temps, le fond de commerce de la haine est toujours le même : «Une bonne guerre et cela ira mieux après !». La guerre. C’est bien elle qui est l’enjeu. L’abus de pouvoir, l’arbitraire, la violence, le viol et le sang pistés, reniflés, maquillés, … autorisés, institués, ordonnés, récompensés, honorés. Tel est le masque sanguinaire de la guerre.

Un programme de recherche et développement pour la culture(s) de la démocratie ?

Il est grand temps que les démocrates et les partis qui les représentent s’expriment clairement à ce sujet. Les élections qui viennent appellent une réponse claire :

Ce fond de commerce sécuritaire est l’expression de la haine, de la violence brute et abusive. Il ne m’intéresse pas. Et vous ?

Quand entendrons-nous les Présidents de partis démocrates reconnaître clairement que :
- augmenter les forces de l’ordre, augmenter l’équipement et l’armement des forces de l’ordre, c’est renforcer la spirale et la force de la violence structurelle qui règne nécessairement dans une société d’inégalités et d’injustices. Et que cela ne concourre pas à la démocratie ;
- augmenter les dispositifs de surveillance et de sécurité c’est renforcer la puissance et le pouls de la violence qui s’érige pour réagir à une violence plus grande encore : celle des inégalités économiques. Et que cela ne concourre pas à la démocratie.

La reconnaissance de cet état des choses occasionnerait un renversement des perspectives culturelles et des stratégies culturelles des partis démocrates : comment rétablir, par l’action politique, l’égalité et la justice économique, dans une économie mondialisée ? Sur le plan local ? régional ? fédéral ? international ? Ces reconnaissances inviteraient éventuellement leurs électeurs à reconsidérer leurs points de vue sur ces questions. Ces reconnaissances permettraient peut-être et déjà simplement d’entendre les points de vue construits par leurs électeurs, sur ces questions. Idéalement, ceci devrait permettre de sortir enfin des événements de grande communication qui remplacent les assemblées constitutives des partis. Enfin, il deviendrait possible de prendre le temps d’examiner avec leurs électeurs, comment inventer (la culture) des solutions politiques et démocratiques dont nous avons un impérieux besoin pour faire face à ces questions.

Sinon ? Quel avenir reste-t-il à la démocratie, dès lors que la violence des injustices sociales et l’arbitraire des inégalités économiques sont institués et garantis par les politiques publiques développées par les Etats démocratiques, eux-mêmes ? Au nom de la démocratie, elle-même?

Le travail culturel à développer avec les populations pour reconstruire une culture(s) de la démocratie capable de faire face aux problèmes de société dans lesquels nous sommes, est gigantesque. Nous nous sommes enfermés dans une spirale de mort. Rien qu’au sein de la société belge, rectifier pacifiquement ce destin par une délibération collective relève d’un travail culturel astronomique. Il est nécessaire de mettre en œuvre un considérable programme de recherches et développement en culture(s) – et de manière participative – pour nommer nos problèmes selon d’autres canevas que les schémas sécuritaires qui sont continuellement agités par l’extrême droite. Il convient de mettre au travail les hautes écoles et les universités sur ces questions pour inventer les modes culturels démocratiques nouveaux qui sont susceptibles de nous permettre de sortir de l’ère nucléaire et de ces perspectives civiles désastreuses. Il faut donner à l’enseignement l’ordre impératif de critiquer les modèles culturels et les modèles économiques qui ont conduit l’humanité entière dans les impasses où nous sommes. Le Gouvernement doit donner des instructions formelles pour que l’enseignement – à tous niveaux – se démarque des modèles économiques désastreux qui ont réduit les perspectives politiques de la société aux aveuglements de l’extrême droite.

Toute la société présente devrait se mobiliser dans un chantier de recherche culturelle et de travail culturel intense et créatif pour inventer comment sortir des ornières d’injustices et de destructions où nous nous sommes fourvoyés, depuis soixante ans, au nom de la « raison économique » et au nom de la « croissance économique ». S’il y a un contrat d’avenir pour notre communauté humaine, ce sera dans l’arrachement à l’organisation économique présente qui peut être reconnue comme criminelle parce qu’elle atteint au premier droit fondamental des personnes : le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne (article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

Ainsi, ce chantier de recherches culturelles, d’inventions culturelles pour la démocratie devrait s’orienter à construire une culture(s) de la vie, c'est-à-dire une culture(s) de la vie en commun. Une culture(s) de la vie collective des êtres humains qui composent l’humanité.

Pour réparer les dégâts culturels des politiques sécuritaires dans notre imaginaire démocratique et inventer d’autres modèles de vie collective, il faut indemniser massivement la société civile.

Les politiques sécuritaires développées par le Gouvernement, depuis près de dix ans, minent – parfois imperceptiblement, mais toujours profondément – de l’intérieur nos cultures démocratiques. C’est à dire que la banalisation des politiques sécuritaires et des procédures sécuritaires ruinent nos valeurs, nos aspirations, notre capacité de penser, d’imaginer et de revendiquer un fonctionnement démocratique de la vie collective. A chaque contrôle d’identité, la lumière de la démocratie s’épuise dans les cœurs. Les politiques sécuritaires, largement encouragées par toute une presse « people » de grande diffusion et de nombreuses émissions télévisées – qui n’ont aucun souci de la démocratie – atteignent profondément les aspirations et les représentations culturelles et imaginaires des populations, en matière de démocratie. Les moyens financiers investis dans cette culture du « tout sécuritaire » sont incommensurables dans la société présente. Ils affaiblissent, par un travail culturel quotidien, les ressources imaginaires démocratiques mobilisables au sein de la vie associative, voire au sein des partis démocrates eux-mêmes. Au sein des partis, la démocratie autoritaire décourage de la démocratie elle-même. Au sein de la société, à terme, la démocratie sécuritaire n’est plus la démocratie.

Si le Gouvernement fédéral voulait réellement réduire la violence dans la cité – car comme l’indique le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la violence n’est qu’un ultime recours – il est urgent de rétablir l’équilibre entre sécurité publique et culture(s) de la démocratie.

Je ne crois ni péremptoire, ni téméraire, d’affirmer qu’il est aujourd’hui urgent d’indemniser la société civile. De l’indemniser par des moyens nouveaux et très considérables. Des moyens qui soient proportionnés aux investissements sécuritaires nouveaux réalisés par l’Etat fédéral et éventuellement les autres niveaux de pouvoirs (communaux et régionaux), au cours des dix dernières années. C'est-à-dire des investissements réalisés par l’Etat fédéral pour la réformation des polices, pour la lutte contre le terrorisme, pour l’équipement de l’armée, pour la surveillance des institutions et de l’espace public. Combien a-t-on dépensé à ces seules fins, depuis deux législatures ? Combien coûtent réellement les politiques sécuritaires ?

Nous devons demander à l’Etat fédéral – tant pour les démocrates francophones que pour les démocrates flamands ou germanophones – des contreparties qui puissent être investies massivement dans la promotion et l’invention de formes nouvelles de la culture(s) de la démocratie. Au moins ces moyens là n’iront pas aux partis d’extrême droite !

Voulez-vous des exemples concrets ? Dans chaque commune, les centres de jeunes devraient chacun recevoir autant de moyens humains, autant de moyens de fonctionnement et autant de moyens d’équipement que les commissariats de police. Voilà qui transformerait notre rapport aux plus jeunes ! Voilà un signal fort ! De confiance dans les capacités des plus jeunes à imaginer des modes d’exister démocratiquement qui soient éventuellement moins virtuels que les nôtres.

Encore ? Dans chaque communauté (flamande, germanophone et francophone), les secteurs de l’éducation et les secteurs de la culture(s) devraient recevoir les mêmes moyens financiers d’équipements que ceux accordés, depuis deux législatures à la Défense nationale (un milliard d’euros ? cinq milliards d’euros ? dix milliards d’euros ?).

Encore ? Et pour chaque caméra placée dans les villes, l’Etat fédéral devrait apporter 10.000 € d’indemnité aux associations de défense de nos libertés et de nos droits fondamentaux. Mêmes types d’indemnisations à imaginer pour les systèmes de contrôles appliqués aux télécommunications et au réseau Net. Et pour toutes les politiques de surveillances…

Il est grand temps de compenser les investissements sécuritaires nouveaux réalisés par les divers niveaux de pouvoirs publics par une politique d’indemnisation nouvelle – et proportionnée aux investissements sécuritaires consentis au cours des dix dernières années – des acteurs de la société civile qui travaillent en Flandre comme en Communauté française ou en Communauté germanophone avec les populations à réfléchir de manière critique quelles solutions culturelles démocratiques peuvent être inventées devant les défis de société et l’insécurité économique présente.


Mons, le 27 septembre 2006,


Roland de Bodt
Ecrivain

Notes

1. Agée de deux ans et demi, Luna Drowart a été assassinée en mai 2006 par un jeune raciste de 18 ans, aveuglé par les thèses de l’extrême droite.

2. Non qu’ils soient tous les mêmes, puisqu’ils sont tous différents. Mais qu’ils soient nécessairement égaux en liberté et en droit parce qu’ils sont nécessairement si différents, dans les faits. Voir les articles un et deux de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

3. Montesquieu – l’esprit des lois

4. Voir à ce sujet les journaux de la mi-mai 2006 – « Hans Van Themsche veut restaurer l’ordre dans la société » (Le Soir, Bruxelles, 13 et 14 mai 2006).

Dernières nouvelles

Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions, informations…

Arte Belgique

Ce 25 septembre est le jour de lancement officiel d'Arte Belgique, premier décrochage local de la chaîne franco-allemande. Et c'est la RTBF qui s'en charge avec une émission culturelle de 30 minutes baptisée 50° Nord, enregistrée à Flagey et diffusée du lundi au vendredi entre 20h15 et 20h45. Elle sera le miroir de la vitalité culturelle de la Communauté française. Au programme également, 100% belges, une soirée mensuelle (dès le 27 septembre).

Pourquoi ne pas débattre sur l'extrême droite à partir de spots radio?

Devant l'incompréhension des jeunes face aux mécanismes d'émergence du vote extrémiste, l'asbl Samarcande (Service d'Aide aux jeunes en Milieu Ouvert) leur a donné les moyens de transformer leurs réactions émotives en réactions relationnelles à travers la réalisation de spots radio. Ces spots sont l'aboutissement d'une longue réflexion et de nombreux débats. Ils sont inspirés du format publicitaire : court, précis et interpellant. Leur objectif est de sensibiliser aux conséquences du vote d'extrême droite.

Ces spots sont déjà utilisés en radio (Quand les Jeunes s'en mêlent,...) et dans divers lieux culturels mais ils peuvent encore être utilisés dans des salles d'attente, des restos, des galeries... Ils n'attendent qu'à être écoutés davantage. Ils peuvent également être accompagnés d'un dossier.

Infos : www.samarcande.be

Actes du Séminaire « Art et Familles »

Se connaître pour agir ensemble : La Culture pour aller à la rencontre des plus pauvres. Voilà ce que proposent les actes du séminaire organisé les 2 et 3 juin 2006 par la Maison des Savoirs en collaboration avec Culture et Démocratie, avec le soutien de la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek-st-Jean. Les actes sont disponibles à la Maison des Savoirs (02/414 02 06) ou sur le site internet http://philippe.barbier1.free.fr

Appels à projet de la Fondation Roi Baudouin

La Fondation lance deux appels destinés à stimuler l'engagement des habitants dans leur milieu de vie :

"Quartier de vie" soutiendra des projets qui viseront la qualité de la vie dans les quartiers ou les villages: l'aménagement d'espaces publics, la solidarité entre voisins, la rencontre entre personnes d'horizons différents...

"Le sentiment d'insécurité, c'est aussi notre affaire" encourage les initiatives locales qui constituent des réponses, adaptées à chaque contexte, pour réduire ce sentiment.

Infos : www.kbs-frb.be

30 ans des CPAS

Les CPAS auront 30 ans en 2007. Le Ministère de l'Intégration Sociale organise cet anniversaire, au début de l'année prochaine, sous la forme d'une journée de rencontres ouverte à tous. Dans ce cadre, les asbl Culture et Démocratie et Kunst en Democratie ont été chargées de sélectionner une certain nombre de projets culturels mis sur pied dans le cadre du subside pour la participation et l'épanouissement social, culturel et sportif, afin de les présenter lors de cette journée de festivités.

Si vous avez mis en place un projet artistique (arts plastiques, arts scéniques,...) dans le cadre de ce subside, nous vous proposons de contacter Culture et Démocratie et de le leur présenter, en précisant le CPAS avec lequel vous avez collaborez.

Infos : cultureetdemocratie@scarlet.be

Bienvenue à l'opéra

Une nouvelle saison d'opéra pour les écoles, leurs élèves et leurs étudiants, ponctuée de découvertes et de redécouvertes, croisant les propositions de visites, d'ateliers opéra, d'introductions et de spectacles.

La Monnaie invite les écoles à choisir et à goûter l'aventure magnifique de la musique et du théâtre : des ateliers-opéra, aussi proches que possible de la saison du théâtre et des spectacles pour l'école primaire ; du spectacle en abondance précédé d'interventions, de préparations et/ou de visites pour les plus âgés.

Infos : Service éducatif de la Monnaie
Sabine de Ville (ateliers, introductions, projets, spectacles) : 02/229 13 75 – s.deville@lamonnaie.be
Isabelle Pouget (visites) : 02/229 13 73 – i.pouget@lamonnaie.be

Répertoire Cinéma et Dialogue interculturel

Encourager des synergies entre les différents opérateurs, partager les expériences,
montrer des exemples d’application et d’échanges avec le public, diffuser le plus largement possible des films traitant de la richesse des différentes cultures, encourager la découverte et le dialogue entre celles-ci, développer un esprit critique, citoyen, empreint des valeurs démocratiques auprès des écoles et du secteur associatif… tels sont les principaux enjeux de ce répertoire.

Il reprend en effet tous les festivals, salles de cinéma, organismes de prêt, catalogues de films, formations pratiques et théoriques, animations, associations… proposant le cinéma comme vecteur/moyen de dialogue interculturel.

Le répertoire « Cinéma et Dialogue Interculturel » est disponible gratuitement, sur simple demande auprès de l'asbl Culture et Démocratie.

Infos : 02/502 12 15 – cultureetdemocratie@scarlet.be

Code de Respect des Usagers Culturels

Proposé par la Ministre de la Culture, le Code de Respect des Usagers Culturels est disponible sur le site www.culture.be.

Le code de respect des usagers culturels vise un triple objectif :
– Améliorer l'accueil du public en l'informant sur les prix pratiqués, les réductions proposées, le nombre de places disponibles, la durée du spectacle, les types de réservations possibles, l'accessibilité des publics plus fragiles...
– Informer l'usager sur les moyens mis à sa disposition pour introduire une réclamation écrite auprès de l'opérateur culturel, de la Direction Générale de la Culture ou du Service du Médiateur de la Communauté française.
– Préciser le circuit administratif de toute réclamation écrite, si l'acteur culturel et l'usager ne parviennent pas à une solution négociée. En effet, en cas d'échec du dialogue, le code prévoit l'entrée en scène d'un bureau de conciliation composé d'un expert provenant de la Ligue des Familles, du Centre de Recherches et d'Informations des Organisations des Consommateurs (Crioc) et de la Directrice Générale de la Culture.

Infos : www.culture.be

Pétition : Gardons la collection d'art précolombien de Dora et Paul Janssen en Belgique

La direction et le personnel des Musées royaux d'Art et d'Histoire ont décidé de lancer une pétition pour montrer aux gouvernements fédéral et flamand l'intérêt que porte le grand public à la sauvegarde de ce patrimoine unique et inestimable que le monde entier nous envie. Vu la proximité de l'échéance du délai annoncé par la Baronne Dora Janssen qui prend fin le 1er octobre, ils sont conscients qu'ils ne rassembleront pas une quantité énorme de signatures mais l'enjeu en vaut la peine.

Cette collection est composée d'objets uniques et de premier ordre dans l'histoire de l'art précolombien. Une telle occasion ne se représentera sans doute plus jamais et la laisser partir serait pénaliser la population et les générations à venir. Que cette collection soit exposée à Bruxelles ou à Anvers, le plus sensé est qu'elle reste en Belgique. Ceci dit, la fusion de la collection Janssen et de la collection nationale des Musées royaux d'Art et d'Histoire permettrait la création d'un formidable fond d'art précolombien à la fois imposant, diversifié et de renommée mondiale.

Pour signer la pétition : http://www.kmkg-mrah.be/newfr/index.asp?id=1317

"L'artiste, côté travail, côté chômage" et "AH ! Comme artiste"

De nombreux artistes sont perdus face au dédale d’informations et aux changements opérés ces dernières années dans les matières qui les concernent. Deux brochures viennent de sortir pour les aider à mieux comprendre leur situation et d’envisager leur vie professionnelle.

- "L'artiste, côté travail, côté chômage", un dossier de Solidarités Nouvelles Bruxelles

Depuis le 1er juillet 2003, un nouveau statut social de l'artiste a été mis en place. Ce statut considère les artistes comme étant a priori des travailleurs salariés à moins d'apporter eux-mêmes la preuve de leur indépendance socio-économique. Entre ces deux options - un statut social ou un autre, toute une série d'interrogations, d'inquiétudes peuvent se poser, en terme d'avantages, de droits ou d'obligations. Concernant le droit aux allocations de chômage, nos artistes se posent également des questions. Car entre les artistes créateurs et exécutants, les jours de travail sous contrat ou payés forfaitairement au cachet, les activités artistiques bénévoles ou salariées, les revenus à déclarer à l'Onem, etc., il est parfois bien difficile de se frayer un chemin, et même de mettre des mots sur sa propre situation.

En détaillant les règles qui régissent leur statut social et leur droit aux allocations de chômage, cette brochure se veut un outil, un guide pratique à l'usage des artistes.

Infos : www.snbru.be

- "AH ! Comme artiste"

Le guide "AH ! Comme artiste" se présente comme une compilation d’informations existantes, utiles pour tout artiste désireux de développer un projet professionnel. Il propose un état des lieux sur le statut, la fiscalité, ou encore les structures d’aide existantes serait le bienvenu.

L’artiste y trouvera des éléments de réponse aux questions qu’il se pose le plus souvent et pourra ensuite prendre contact avec les organismes compétents qui interviendront dans le développement de son projet et dont la plupart des coordonnées sont reprises.

Des séances d’information sont programmées à la Mission locale de Schaerbeek pour expliquer et commenter le contenu du guide. Le guide est remis lors de cette séance. Les prochaines séances d’information auront lieu le 5 octobre, le 9 novembre et le 7 décembre 2006.

Infos: Florence Coupat / ILES asbl - 02 244 92 22 - fcoupat@iles.be

Formations aux enjeux, métiers et ressources de la Culture

Le programme de formations 2006-2007 est sorti ! Le Service formation des cadres culturels du Ministère de la Communauté française propose, pour la saison 2006-2007, quelque 250 formations très diversifiées qui s'adressent aux professionnels de la culture, au personnel de direction et d'animation, aux travailleurs sociaux...

Le programme se structure en rencontres, formations qualifiantes (longue durée ou courte durée), formations sur les enjeux des politiques culturelles, formations aux métiers de la culture, formations à destination des bibliothécaires, sans parler de la gestion, de l’administration, du « management » ! En 2005-2006, 1946 personnes se sont inscrites à ces stages. Ne tardez pas à vous informer !

Quelques exemples : Renforcer la coopération culturelle régionale, Théâtre et cinéma en résistance, Alexis Nouss : Plaidoyer pour un monde métis, Les CEC s'expliquent, Création au croisement des générations, Le développement territorial comme espace d'actions pour les opérateurs culturels, formation de plasticiens à l'animation, développer une stratégie internet efficace...

Infos : 02/413 24 71

Nouveau site à consulter !

http://lespoyons.be présente la programmation Jeune Public pour la saison 2006-2007 des Centres culturels de l'arrondissement de Liège.

Pour ne pas rester sur sa faim

Un choix bibliographique consacré à « culture(s) & démocratie »

La Démocratie, pourquoi? - Réflexion philosophique et chrétienne sur les fondements de la Démocratie

FAUX, Jean-Marie (dir.) – La Démocratie, pourquoi ? – Réflexion philosophique et chrétienne sur les fondements de la Démocratie – Editions Couleurs livres, asbl et Centre AVEC, asbl – Charleroi – Belgique – 2006 – 74 pages – ISBN : 2.87003.448.2

Présentation : Première édition en langue française. Jean Marie Faux a assuré la rédaction finale et synthétique d’un ensemble de considérations actuelles consacrées à la démocratie, à l’interprétation de son origine, à son fonctionnement dans le monde, à son avenir éventuel. Cette publication est le résultat d’un séminaire organisé par le Centre AVEC, asbl – qui est un centre de recherches et d’actions sociales, fondé en 1980 à l’initiative de jésuites belges interpellés par le lien entre justice et foi selon l’Evangile. Une dizaine de personnes venues de divers horizons interrogent les raisons de leur engagement pour la démocratie. Participent à ce séminaire, Guy Cossée de Maulde, Sandrine Dapsens, Jean-Marie Faux, Edouard Herr, Bernard Hubien, Clotilde Nyssens, Pascale Prignon, Muriel Ruol, Olivier Servais, Paul Tihon et Vincent Triest. Leurs approches respectives ou collectives recoupent plusieurs disciplines : philosophies, théologie, sociologie, économie, politique, pédagogie… L’édition comporte également un complément pédagogique, concernant les différentes analyses proposées, un tableau de synthèse, une bibliographie sommaire dont les choix sont judicieux. Elle est claire et lisible, sobrement illustrée ; dos carré collé ; format « grande poche ».

Commentaires : Une prise de position actuelle à propos de la démocratie qui assume aussi son engagement, la conviction d’où elle parle, doit être saluée. On regrettera que les différentes personnes qui ont participé au séminaire ne soient pas présentées en quelques lignes. Sommes-nous sensés les connaître ? Le panel est-il interconfessionnel au sein de la chrétienté ? Mais venons-en au fait : d’entrée de jeu, la réflexion proposée, sous de tels auspices, reconnaît la crise (les crises ?) à laquelle la démocratie – comme système de souveraineté du peuple – est confrontée sur le plan mondial. Le propos est clair : « Occupant seule la sphère du politique, la démocratie est privée de légitimité par l’hégémonie de l’économie » (page 20). Ensuite l’ouvrage propose une réflexion quant aux fondements de la démocratie considérés sous divers angles : philosophique d’une part, théologique de l’autre. La partie théologique étant, de mon point de vue, la plus attendue, certainement la plus originale. La démarche est ouverte : « Mais, malgré les avancées du Concile, il ne nous paraît pas que l’enseignement ordinaire de l’Eglise, ni même la réflexion des théologiens, aient pris la pleine mesure de l’importance de la démocratie comme lieu et moyen privilégié de la réalisation du Royaume de Dieu » (page 38). Réconcilier Alliance évangélique et exigence démocratique (page 42) revivifie le projet de société indispensable à l’émergence d’une démocratie susceptible d’assurer une plus grande justice et une plus grande égalité parmi les êtres humains. A travers cette proposition, l’espérance adopte un horizon plus terrestre. Son exigence s’en trouve accrue : « Nous ne pouvons nous gargariser de discours démocratiques s’il n’y a pas une culture sous-jacente. Il faut travailler sans cesse à sauvegarder et améliorer cette culture. » Elle change aussi de registre. On ne peut plus se satisfaire de « penser globalement et agir localement », il convient « d’agir localement et globalement pour que vive la démocratie ». La réflexion s’adresse prioritairement aux chrétiens qui s’impliquent dans la vie spirituelle, politique ou associative de la cité. De ce fait, elle concerne tout autant ceux qui ne partagent pas nécessairement leurs convictions religieuses. Le complément pédagogique est construit dans la perspective de proposer un outil qui s’appuie sur des études de cas. La réflexion n’aborde pas la question de la démocratie au sein des structures de l’Eglise ; cette décision est relativement justifiée. La rédaction est soignée et accessible. L’iconographie est sobre et belle.

Publics : Tous publics intéressés, dès le secondaire supérieur. Enseignants, acteurs politiques, animateurs sociaux et culturels, les acteurs de la vie religieuse. – Mots clés : citoyenneté – chrétienté – culture démocratique – démocratie – mondialisation – philosophie – théologie – vie associative. Adresses web des éditions : www.couleurlivres.beAdresse web des auteurs : www.centreavec.be

Contenu de l’édition : Avant-propos de Guy Cossée de Maulde (3) – Introduction : le but et les limites de notre réflexion (5) – Première partie : Démocratie en crise – Quelques faits marquants (7) – Mise en situation – définitions (9) – parcours historique (10) – Champ sémantique (14) – Analyse – Crise de légitimité : hégémonie de l’économique – recours au religieux (18) – Crise de la modernité : Crise du lien social – crise de la transmission des valeurs – crise du projet sociétal (20) – Crise structurelle : Fragilité de la démocratie (22) – Deuxième partie : Fondements de la démocratie – Philosophie – La démocratie une longue histoire (25) – La société, la vie bonne ou l’humainement souhaitable (28) – La personne, la liberté responsable (31) – La démocratie en devenir, l’utopie (33) – Théologie – L’histoire du salut, le Christianisme et la modernité (35) – L’alliance, le Royaume de Dieu (39) – La liberté responsable, la conscience (41) – Un autre monde grandit (43) – Troisième partie : construire la démocratie, aujourd’hui – la démocratie est incontournable (45) – Un choix lucide (46) – Un chemin de patience (47) – Le local et le global (48) – Complément pédagogique : des pistes pour agir localement et globalement (50) – Crise de légitimité (51) – Crise de la modernité (56) – Crise structurelle (61) – Tableau synoptique (66) – Notes (69) – Bibliographie (73) – Table des matières (76).

La démocratie en perspective - Tables rondes de citoyens contre l'extrême droite

ITALIANO, Patrick, JACQUEMAIN, Marc, BEAUFAYS, Jean – La démocratie en perspective – Tables rondes de citoyens contre l’extrême droite – Collection « Voix politiques » – Editions Luc Pire – Bruxelles – Belgique – 2006 – 109 pages – ISBN : 2.87415.621.3

Présentation : Première édition originale en langue française. A la demande de militants de la Fédération socialiste de Liège, une équipe de chercheurs de l’Université de Liège entreprend d’interroger un nombre important de citoyens venant de tous les milieux liégeois, au sens large : pas seulement des militants, des experts et des scientifiques, des acteurs culturels, sociaux, des enseignants, des acteurs économiques, des seniors, des jeunes… L’édition présente la démarche originale (et scientifique) qui a été mise en place pour permettre aux personnes de s’exprimer dans les différents groupes et publie une synthèse des résultats de cette « enquête – sans tabou – auprès des citoyens du pays de Liège ». Il ne s’agit donc pas d’un livre théorique. L’équipe qui conduit les travaux pour l’Université de Liège est choisie : Jean Beaufays, aujourd’hui professeur émérite, a enseigné pendant trente-cinq ans la science politique et l’histoire politique de la Belgique. Il a participé à plusieurs publications consacrées à la démocratie. Marc Jacquemain enseigne la sociologie. Ses recherches portent sur la citoyenneté, les valeurs politiques, l’intégration sociale. Il a déjà publié plusieurs ouvrages. Patrick Italiano est chercheur en sociologie, spécialisé dans les méthodes quantitatives. Il utilise ici le principe du « focus-groups » qui permet une meilleure connaissance qualitative du terrain : les citoyens, leurs relations à la démocratie, à sa fragilité, à ses limites et à sa défense vis-à-vis de l’extrême droite. L’édition comporte une sélection bibliographique thématique et présente, dans ce cadre, un choix d’ouvrages commentés. Beau format livre confortable ; un grand caractère lisible et une mise en page qui respire ; dos carré collé.

Commentaire : Parmi toute la littérature consacrée à la démocratie dans ses relations à l’extrême droite, voici un livre qui se détache enfin du manichéisme démocratique pour regarder les faits de manière à la fois plus objective (c'est-à-dire moins « entendu a priori ») et paradoxalement aussi plus subjective (c'est-à-dire « de telle sorte à entendre » l’écho du terrain). Et de ce double positionnement méthodologique – qui réussi à se dégager des préjugés ordinairement réservés à la rhétorique contre l’extrême droite (ici les bons qui vous parlent des mauvais !) – l’initiative regorge de santé et d’intérêts pour la démocratie : « Tous les groupes de discussion ont abordé, à un moment ou à l’autre, la défense de la démocratie sous l’angle de la défense des droits, pas seulement celui de voter. Ce sont les travailleurs sociaux qui mettent le plus l’accent sur cette question des droits. Tout d’abord en considérant comme centraux ‘les droits fondamentaux : le travail, l’expression, la liberté’. » (Page 48). « Pour eux, la dignité c’est précisément la possibilité d’un exercice effectif des droits et devoirs liés à l’appartenance à une société, sans lesquels c’est l’humiliation qui domine. » (Page 49). « D’abord en réassociant sécurité sociale et sécurité des personnes comme deux faces d’un même problème, mais aussi en écartant les solutions de type policier, qui sont de toute façon mal vécues sur le terrain par une partie de la population. » (Page 75). En peu de mots les seniors dessinent d’un trait aigu la situation : « le capitalisme rend les gens agressifs » (Page 78). La rédaction est assez fluide et met en scène la méthode d’enquête adoptée, sans effet de manche, mais avec lisibilité. C’est intéressant. Tant sur le plan des contenus que des moyens d’approche, ça m’a accroché. Comment dire ? Ca respire concret ! La bibliographie et son traitement sont également originaux. A ceux qui travaillent sur cette question, je prescris : tous les matins, un quart d’heure avant le travail. Aux autres, je recommande.

Publics : Tout public intéressé dès le secondaire supérieur ; les acteurs politiques qui s’intéressent à l’avis, aux doutes et aux interrogations de leurs concitoyens, les enseignants, les professionnels de l’action culturelle et sociale, les journalistes (aussi pour la méthode), les actifs de la vie associative, les administrateurs publics – Mots clés : citoyenneté – démocratie – droits fondamentaux – éducation – extrême droite – gauche(s) – insécurité – libertés fondamentales – mondialisation – politique – populisme – sécuritaire – socialisme – xénophobie. – Adresse web des éditions : www.lucpire.beAdresse web des auteurs : voir le site de l’Université de Liège.

Contenu de l’édition : Préface par Marie Claire LAMBERT et Charles JANSSENS (7) – Introduction : Approche citoyenne et approche scientifique – 1. Qu’avons-nous voulu faire ? (9) – 2. Origine de l’approche scientifique de [appliquée à] l’extrême droite (11) – 3. Démarche choisie : ne pas se focaliser sur les arguments racistes (12) – Notes (13) – Le vote d’extrême droite : synthèse des déterminants selon la littérature – 1. Définition de la problématique – A. Comment appréhender une « nouvelle extrême droite » ? (14) – B. La piste du « populisme » (15) – C. La conception de la démocratie comme élément de définition ? (16) – D. Les différents aspects de la démocratie (17) – E. Définir l’extrême droite à partir des contenus idéologiques (18) – 2. Description des électorats d’extrême droite – A. Analyse des valeurs : centralité du rejet des immigrés – B. La xénophobie ne dépend pas du taux d’étrangers sur le territoire (20) – 3. Eléments d’explication sur les déterminants du vote d’extrême droite – A. Une perspective historique : l’exception ou « génération bouclier » (22) – B. Conséquence : s’habituer à une frange d’extrême droite – C. La production de stéréotypes comme mécanisme cognitif (23) – D. Le consensus politique favorise la désignation d’un adversaire (24) – E. Le divorce entre les électeurs et la classe politique (25) – F. L’insécurité dans tous ses états : réflexions sur la « protection », le ressentiment chez les laissés-pour-compte de la modernité (26) – G. Demande sécuritaire, irrationalité et vieillissement (27) – H. Protection sociale : une perspective subjective (28) – I. Nationalisme du repli dans le cadre d’un « capitalisme opportuniste » (29) – Notes (30) – Démocratie et extrême droite : organisation et composition des tables rondes – 1. Description du dispositif (34) – 2. Brève description des groupes participants – Le panel d’experts et de scientifiques – Les représentants du monde socioculturel (39) – Les militants du PS – Les travailleurs sociaux – Les enseignants (40) – Les représentants du monde socio-économique – Les seniors (41) – Les jeunes (42) – Démocratie et extrême droite : Synthèse des tables rondes – 1. Les scientifiques sur les causes de la fragilisation démocratique (43) – 2. Qu’est-ce que la démocratie ? – Le versant strictement politique (46) – La question des droits (48) – Les libertés et la tolérance (50) – 3. Les limites de notre fonctionnement démocratique – une démocratie inaccomplie, ou l’utopie démocratique (52) – La question sociale et la participation à la société (54) – « Pantins » consommateurs et « méritocrates » (56) – Société individualiste et perte de repères (57) – Le déficit démocratique ou les limites du fonctionnement politique (58) – Pour un retour des projets de sociétés identifiables (61) – Du bon usage de la consultation populaire (62) – La responsabilité des médias (62) – … Mais une Wallonie vacinée contre l’extrême droite (63) – 4. Les sirènes de l’extrême droite – la simplification (66) – La manipulation (67) – Le vote protestataire – 5. des pistes d’action – Former, éduquer, expliquer et faire confiance (68) – De la responsabilité sociale de l’entreprise aux vertus d’un refus univoque de l’intolérance (72) – A l’adresse du PS… pour l’affirmation d’un projet de société de gauche (74) – Notes (76) – Conclusion : L’extrême droite vue par les démocrates (77) – Notes (87) – Bibliographie commentée (89) – Annexe : Tableau synoptique des thèmes abordés par les différents focus groups (103) – Table des matières (107).

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Cette lettre d'information a été réalisée par Séverine Monniez, Marie Poncin, Georges Vercheval et Sabine Verhelst, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique « Pour ne pas rester sur sa faim ».