n°8
- 28/09/2006
L'automne arrive doucement mais la saison culturelle bat
son plein ! Nous avons le plaisir de vous livrer la huitième
Lettre de Culture et Démocratie.
Bonne lecture !
L'équipe de Culture et Démocratie
Attention, notez notre nouveau courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Art et Société
- Art et Solidarité (Art et Santé, Art et
Prison, CPAS)
- Art et Ecole
- Dialogue interculturel
- Accès à la culture
- Pratiques culturelles et engagement
|
À vos agendas
Activités et événements à venir, liés à la culture
dans un esprit démocratique
Les Brûleurs,
itinéraires de l’Afrique à l’Europe
Photographies de Thomas Chable.
De 2001 à 2006, lors de différents séjours,
Thomas Chable a accompagné des Brûleurs (ceux qui brûlent
leurs papiers avant de tenter de traverser le détroit de
Gibraltar et qui, ici, s’auto désignent « sans
papiers »). Ce parcours commence sur les routes et dans les
petits hôtels du Niger pour se terminer à l’Eglise
Saint-Boniface à Bruxelles. Il présente aujourd’hui
l’ensemble de ce travail à travers une exposition,
du 16 septembre au 29 octobre 2006, à la Galerie 100 Titres,
et à travers l'édition d’un livre.
Infos : 02/534 03 43 – www.100titres.be
L'art au-delà
des différences – Exposition « Art & moi,
art émoi »
Cette exposition itinérante de créations artistiques
et artisanales conçues par les membres de l'ACIH-AAM, mouvement
social de personnes malades, valides et handicapées, se déroulera
du 29 septembre au 16 décembre 2006, dans 7 villes.
Réfutant la notion d'artiste handicapé qui ne fait
exister l'artiste que par son handicap, le mouvement ouvre ses portes
pour faire découvrir et partager la singularité, l'originalité
et la personnalité des oeuvres produites. Dans le respect
de la différence, l'art, l'artisanat et le handicap deviennent
des sources de richesse qui se partagent.
"Art & moi, art émoi" invite à plonger
dans l'atmosphère d'une exposition mise en scène au
sein d'un atelier de création artisanale. Sculptures de terre,
patchworks, peintures, céramiques, bijoux... sont autant
de créations présentées.
Entrée libre
Infos : 02/246 42 26 - www.acih-aam.be
Nuit blanche
Le Service Culture de la Ville de Bruxelles
organise la Nuit Blanche 2006, dans la nuit du 30 septembre au 1er
octobre. Il s'agit d'une initiative culturelle inédite qui
permet à de nombreux partenaires publics et privés
de s'associer pour proposer une nuit insolite. A Bruxelles, la Nuit
Blanche présente un caractère hautement participatif
sous forme de collaborations avec les habitants, commerçants,
associations, institutions et acteurs artistiques et culturels.
Plus de 400 animations seront ainsi proposées!
Dans le cadre de l'année de la Mode
et du Design 2006, l'événement se déclinera
sous le thème « Bruxelles s'habille et se dévoile
». L'occasion de mettre en avant de nombreux jeunes créateurs,
artistes belges et européens.
Plusieurs axes guideront cette édition
2006 : des pôles et parcours thématiques permettront
à chacun de (re)découvrir la Ville avec un autre regard.
Des Marolles au plateau du Heysel en passant par la Grand Place,
il y en aura pour tous les goûts. Que vous aimiez l'art contemporain,
le design, la mode, les contes urbains ou le bon vin, la Nuit Blanche
2006 vous permettra de parcourir Bruxelles sous un angle différent.
Infos : www.nuitblanche06.be
Festival International
du Théâtre Action
Le Centre du Théâtre Action présente
la 11ème édition du Festival International de Théâtre
Action (FITA) qui se déroulera du 30 septembre au 30 novembre
2006 en Communauté française de Belgique, au Grand-Duché
de Luxembourg, en France et en Italie.
Le FITA, c’est un festival international
dans sa programmation : 10 spectacles issus de compagnies de tous
les continents : Europe (France, Italie, Belgique), Amérique
du Nord (Québec), Amérique latine (Brésil),
Afrique (Burkina Faso), Asie (Vietnam), Proche-Orient (Palestine).
Biennal et itinérant, il sillonnera plus de 65 villes, banlieues,
villages de Belgique, mais aussi de France, d’Italie et du
Grand Duché de Luxembourg, telle une caravane pour aller
à la rencontre de publics variés.
Né il y a 20 ans en Communauté
française, ce Festival met en valeur, d’édition
en édition, les spectacles de compagnies théâtrales
qui, dans le monde, travaillent avec des situations "d'ici
et de maintenant" et avec les gens qui en sont les victimes,
rendant au théâtre une de ses fonctions : la contestation.
Cette année encore, les spectacles dissèqueront, détourneront,
dévoileront, se joueront des sujets qui bousculent nos sociétés
et qui demeurent au cœur de l’actualité : les
esclavages modernes (Vietnam, Belgique), le travail (Italie, France,
Belgique), la précarité (Québec, Belgique),
l’insécurité (France), les soins de santé
(Burkina Faso, Belgique), les murs de séparation (Palestine,
Belgique), la guerre (Italie), les inégalités (Brésil,
France)…
Le FITA offre aussi la possibilité de
découvrir un formidable réservoir de cultures émergentes,
une pluralité d’esthétiques originales alliant
tradition et modernité, un creuset d’engagements et
de pratiques associatives innovantes. Outre sa programmation théâtrale,
il est aussi un moment de rencontres artistiques et humaines. Les
échanges autour d’ateliers de pratiques théâtrales
sont des espaces où comédiens, metteurs en scène,
animateurs,... peuvent exprimer des idées, affûter
leur art, questionner leurs outils pour créer, transposer
et réinventer sur scène…
Infos : www.theatre-action.be
0110 POUR LA TOLÉRANCE
- contre le racisme, l'extrémisme et la violence gratuite
Le 8 octobre 2006, les élections municipales
auront lieu en Belgique. Ce n’est pas un secret : l’extrême
droite vise le pouvoir, au niveau local pour commencer… Quel
sera le résultat ? Verrons-nous leur défaite électorale
ou, au contraire, si elle récolte encore plus de voix, allons-nous
vers l’enterrement de la liberté et de la démocratie
?
Des artistes organise une grande fête
le dimanche 1er octobre, une semaine avant les élections,
à Anvers, Charleroi, Gand et Bruxelles. Chacun y est le bienvenu.
Il n’y aura pas de speeches, pas de condamnation simpliste.
Il s'agit de célébrer la complexité de la vie
par une simple fête musicale avec un message est clair : la
Belgique mérite mieux que l’extrême droite. Stoppez
le racisme, mettez de la couleur dans votre ville !
Ps. Organiser un festival coûte cher.
Malgré l’engagement militant des artistes, il faut
payer les podiums, l’éclairage, etc. Soutenez l’initiative
en envoyant un SMS 0110 au 3699 (1,5 euro/SMS)
Infos : www.0110.be
Festival Enfin Seul
Le Festival Enfin Seul, 4ème
édition de la biennale du monologue se déroulera du
2 au 28 octobre 2006 au théâtre de L'L. A découvrir,
entre autres, les 5, 6 et 7 octobre "Partage" de Thierry
Panchaud, qui aborde des thématiques telles que l'exil, la
parole, l'évolution portées par un texte poétique.
"Alain l'Africain" de Luc Malghem, les 26,27 et 28 octobre
évoque, pour sa part, la discrimination au logement et s'inscrit
de manière plus globale dans la quête de l'identité.
Infos : www.llasbl.be
Festival du Cinéma
d'ATTAC
Du 6 au 14 octobre, le Botanique accueille
le 7ème festival du Cinéma d'ATTAC organisé
par Libération Films asbl et ATTAC (Association pour la Taxation
des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens). Au
programme, des documentaires et des fictions propices au questionnement,
pour un autre monde, de multiples débats et rencontres et
des expositions.
Infos : www.liberationfilms.be
Exposition Zinneke
Off
L'exposition Zinneke Off aura lieu
à la Maison du Spectacle - La Bellone, du 10 au 21 octobre.
Elle exposera la Zinneke Parade 2006 de toutes les façons
: photos, décor, atelier, maquettes… Une manière
ludique et didactique de présenter cette formidable aventure
bruxello-bruxelloise qui n’en finit pas de remettre en question
le rôle du citoyen dans nos grandes villes.
Vivre ensemble dans la ville
La culture à Bruxelles : Urbaine ? Interculturelle ? Intercommunautaire
?
Dans le cadre de cette exposition, une rencontre-débat
est organisée par la Maison du Spectacle-La Bellone, l'asbl
Zinneke et Culture et Démocratie, le lundi 16 octobre, de
18h à 20h30 à la Maison du Spectacle-la Bellone.
Elle portera sur Bruxelles qui, ces derniers
temps, est souvent à l’ordre du jour des débats
politiques. Les opinions s’opposent. Et bien des acteurs bruxellois
constatent que cette ville cosmopolite n’est pas suffisamment
appréhendée dans sa réalité complexe
et sa dynamique particulière. Une lecture bicommunautaire
de Bruxelles est insuffisante, voir même fausse. Elle ne permet
pas d’approcher son caractère multiculturel et multilingue.
Depuis des années, différents acteurs culturels cherchent
de manière active à décloisonner les barrières
communautaires, sectorielles et disciplinaires alimentées
par les institutions et encouragent dans leurs actions la rencontre
et le métissage culturel. L’enjeu étant aussi
d’apprendre à vivre ensemble dans un espace urbain.
Dans ce débat, les regards se croisent sur les imaginaires
du possible.
Intervenants : Wim Embrechts (Directeur de
BrxlBravo), Roger Christmann (Directeur financier du KunstenFestivaldesArts),
Myriam Stoffen (Directrice de Zinneke asbl/vzw) et Hamel Puissant
(ex-Président de Bruxelles en Couleurs/Brussels Gekleurd)...
Infos et inscriptions : Culture et Démocratie : 02/502 12
15 – cultureetdemocratie@scarlet.be
Salon de l'Education
Le salon belge des outils pédagogiques et de l'équipement
pour l'enseignement
Devenu LE rendez-vous pour les professionnels
francophones de l’éducation et du milieu scolaire,
le 13ème Salon Education se déroulera à Namur
Expo, du 18 au 22 octobre prochain. Une occasion unique pour tous
les enseignants, actuels et futurs, et plus largement pour tous
les acteurs de l’éducation, de découvrir, d’échanger,
d’apprendre…
Il s’adresse à tous les métiers
de l’éducation et de l’enseignement, à
tous les professionnels et futurs professionnels de l’éducation
mais aussi aux parents.
Il s'agit d'une gigantesque plate-forme de
rencontres professionnelles, une vitrine couvrant tous les domaines
d’activité qui touchent de près ou de loin à
l’éducation, la formation et l’enseignement :
édition scolaire et pédagogique, matériel didactique
et pédagogique, matériel technique et professionnel,
matériel artistique, mobilier de plein air, voyages, alimentation,
langues, multimédia, formation des maîtres, spécialisations,
sécurité, psychomotricité, équipement
de classes, matériel scientifique, transports, culture, loisirs,
spectacle pour jeunes, activités extrascolaires, gestion
d’établissements scolaires, prévention, santé,
environnement, livre de jeunesse, presse jeunesse, gestion du personnel,
assurances...
Le Salon Education offre 4 journées
spéciales : Journée des directions (jeudi 19), Journées
des futurs professionnels de l’éducation (mercredi
18 et vendredi 20), Journée des professionnels du livre et
de l’enfance (vendredi 20), Journée de l’accueil
extrascolaire (samedi 21).
Plus de 100 conférences se tiendront
sur différents thèmes, comme : Culture – Enseignement
: « Quand la culture devient plaisir » - Santé
: Prévention de la dépression - Tweetalig ! - Au premier
degré, rien de secondaire ! - En toute sécurité
? – L’accueil extrascolaire - Séjour découverte
: levier pédagogique, outil d’émancipation,
… ? - Le développement durable - A l’honneur
cette année : les Centres PMS et, bien sûr, les agents
PMS.
Infos : www.saloneducation.be
Regards sur Haïti
Du 26 au 29 octobre 2006, Echanges et Synergies,
l'Espace Senghor et le Collectif 2004 Images proposent un programme
étalé sur quatre jours où se conjuguent musique,
exposition, cinéma, rencontres avec des réalisateurs
et des écrivains haïtiens, qui donnera l’occasion
de découvrir ce pays emblématique de la rencontre
historique et culturelle entre l’Afrique, l’Europe,
les Caraïbes et l’Amérique notamment au travers
de ses productions cinématographiques.
Malgré des moyens bien en deçà
de ceux dont disposent les réalisateurs européens
ou américains, le cinéma haïtien se montre de
plus en plus dynamique. Mais c'est particulièrement à
travers les films-documentaires que la production cinématographique
haïtienne démontre sa pertinence. Ces documentaires
constituent des miroirs, des témoignages, des chapitres d’une
vie quotidienne, culturelle, sociale, économique et politique.
L'Espace Senghor présente pas moins
de 25 films et documentaires, ainsi que des rencontres et débats
avec des réalisateurs, des producteurs et des écrivains
invités à l’occasion.
Deux expositions de photographies «
Haïti corps et âmes » de Chantal Regnault et «
Haïti sans chapeau » de Roberto Stephenson, offriront,
à travers le talent et la grande sensibilité de ces
artistes, une vision originale et non-conformiste de ce petit pays
des Caraïbes souvent tristement au cœur de l’actualité.
Quatre jours pour parler de Haïti, découvrir
les particularités historiques de ce pays, ses difficultés
au quotidien, mais aussi sa grande richesse culturelle et l’incomparable
créativité de sa population.
Infos : Echanges et Synergies : 02/646 52 42 - http://perso.infonie.be/easy/
– www.senghor.be
Vanek Diptyque-
« Audience » et « Pétition » de Václav
HAVEL
Vanek Diptyque sera présenté
par le Collectif D V, du 2 au 12 novembre, à la Soupape.
Il s'agit d'un rassemblement de deux pièces en un acte écrites
par Vaclav Havel, après l’invasion russe en Tchécoslovaquie.
Interdites à l’époque, images de la société
de « normalisation », elles sont ancrées dans
la biographie de l’auteur.
Il nous y livre un témoignage à
valeur universelle, une vision "d’en bas" des effets
d’un système totalitaire qui pèse sur l’homme,
à chacun de ses pas, et fait de sa vie un entrelacs de peurs,
de frustrations et d’hypocrisies.
D’interpellation moderne, d’hier
et d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs, ces
pièces, traitées avec un humour chveikien propre à
Havel, nous incitent à rester vigilants par rapport à
toutes les formes actuelles de « dictature ordinaire ».
Infos : 02/ 649.58.88 - lasoupape@belgacom.net
Coups de cœur
Présentation d'expériences intéressantes.
Télévision
du monde
La nouvelle chaîne de télévision
« Télévision du Monde », la voix de tous
ceux qui portent le rêve d'un autre monde, est un projet innovant
à finalité non lucrative et dont l'objet social se
distingue de ceux des médias actuellement présents
dans le paysage télévisuel de la Communauté
française de Belgique. Il s'agit de se poser la question
importante de l'opportunité d'une autre approche de la communication
télévisée, dans un contexte international d'inquiétudes
relatives à la mondialisation, à l'énergie,
à la solidarité, à la paix, au réchauffement
climatique, à la détérioration des conditions
de vie, à l'approfondissement du fossé Nord-Sud...
« Télévision du Monde »
s'axe sur trois pôles majeurs : l'information, l'éducation
et la promotion des mobilisations citoyennes, d'associations ou
d'Etats, pour la démocratie et l'épanouissement des
peuples.
Son objectif est de soutenir toute démarche
de prise de conscience des enjeux du monde actuel et d'engagement
à les résoudre par la voie démocratique. Elle
cherche donc à valoriser toute initiative citoyenne, individuelle
ou collective, tendant à mieux garantir le respect des droits
de l'homme, des conditions du développement durable équitablement
réparties, de la solidarité, de la justice et de la
paix.
La création d'une plate-forme de communication
dynamique, permanente et indépendante des organisations sur
le plan éditorial ainsi que sa mise à la disposition
des acteurs du changement sont une plus-value significative.
Média alternatif et ouvert à tous
les publics, « Télévision du Monde » se
positionne pour redonner aux téléspectateurs le goût
du « savoir libre », pour privilégier le contenu
par rapport au contenant tout en construisant une image vivante
ainsi que des émissions séduisantes.
L'originalité de la démarche repose donc sur la nouveauté
du concept dans le secteur de la communication mais aussi sur la
mobilisation culturelle qu'elle peut engendrer tant au niveau belge
qu'au niveau international.
Dans ce sens, « Télévision
du Monde » ambitionne de rassembler toutes les associations
et tous les citoyens engagés dans l'action pour les droits
de l'homme, la solidarité, le développement durable,
le commerce équitable, les relations Nord-Sud... Elle sollicitera
la participation de ces derniers tant sur ses plateaux de télévision
que dans ses structures de reconnaissance et de fonctionnement.
Infos : www.televisiondumonde.be
La Compagnie
des Nouveaux Disparus
Quatre créations, un festival, une
multitude de projets. 350 représentations. 75 000 spectateurs.
Une vingtaine d'ateliers. Après dix ans de travail, la Compagnie
des Nouveaux Disparus présente une histoire de vie originale,
faite de rencontres artistiques, de vie semi-foraine, de démarche
associative et d'esprit citoyen. Cette débauche d'énergie
n'a pas été vaine puisqu'elle vient d'être reconnue
par la ministre de la Culture.
Issue du milieu associatif, la Compagnie
des Nouveaux Disparus a vu le jour lors de la création du
spectacle Les Histoires merveilleuses mis en scène
par Jamal Youssfi, en 1994, en avant-première au festival
Babel. Entre 1997 et 1999, ils tournent avec Chez Aziz
de Jamal Youssfi qui dépeint la vie de quartier à
Bruxelles. En 2000, les Nouveaux Disparus deviennent forains avec
les représentations sous chapiteau de La fiancée
de l'eau de Tahar Ben Jelloun. La création de Sur
la Plage de Jamal Youssfi, en 2003, ouvre une voie particulière
puisque la Compagnie implante son chapiteau sur un terrain à
l'entrée du Parc Josaphat. Cela lui permet de développer
un dialogue avec la population du quartier et avec ceux qui fréquentent
le parc public. Enfin, Antigone, la quête du bonheur,
une rencontre détonante entre les jeunes de la banlieue bruxelloise
et la tragédie classique, est créé au Parc
Josaphat à l'automne 2004. Après s'être ainsi
implantée dans près de quinze sites différents
essentiellement à Bruxelles, lors de la dernière saison,
la Compagnie des Nouveaux Disparus va installer, cet automne, son
chapiteau dans des cités sociales de Wallonie : Flémalle,
Ottignies, Ath.
Les Nouveaux Disparus ont également
mis sur pied le Festival Mimouna dont la sixième
édition se déroulera du 24 au 26 novembre 2006 et
sera consacré à Molière. La Compagnie anime
en effet des ateliers théâtraux dans de nombreuses
associations bruxelloises avec pour objectif de donner la possibilité
à des enfants et adolescents de participer à des activités
culturelles pour améliorer la cohésion sociale. Au
sein de ces ateliers, les participants abordent les techniques d'expression
orale et corporelle, d'élaboration du texte et de l'improvisation.
Les jeunes utilisent l'outil théâtral pour exprimer
leur vécu, leurs envies et leurs désirs par rapport
au monde qui les entoure. Au terme de trois mois de travail, chaque
groupe a mis en place son propre spectacle et le présente
au Festival Mimouna. Ce moment est une occasion de rencontre
entre le jeune et le milieu qui l'entoure : parents, amis, jeunes
des autres ateliers. A l'issue du festival, un groupe est élu
par un jury pour proposer son spectacle dans un festival hors-frontières.
Infos : www.lesnouveauxdisparus.be
C-paje : Collectif
pour la Promotion et l'Animation Jeunesse Enfance
C-paje fédère une septantaine
d'associations. Outre un pluralisme solidement ancré dans
des valeurs concrètes d'ouverture, de démocratie et
de progrès, sa spécificité repose sur l'approche
transversale des différents secteurs de l'animation.
La nature des associations affiliées
les rattache à une quinzaine de catégories différentes
: Aide en Milieu Ouvert (AMO), Antenne d'Animation de CPAS, Auberge
de Jeunesse, Centre Culturel, Centre d'Expression et de Créativité
(CEC), Ecole de Devoirs (EDD), Ecole de Spectacle ou Projet d'Animation
théâtrale, Ferme Pédagogique ou d'Animation,
Halte-Garderie, Ludothèque, Maison de Jeunes, Maison de Quartier,
Service éducatif de musée, Organisation de Jeunesse,
Projet d'Intégration pour enfants mentalement ou physiquement
différenciés, Terrain d'Aventure,...
Le C-paje assure la représentation de ses affiliés
et met en valeur leur philosophie commune de l'animation auprès
des pouvoirs publics ainsi qu'au sein d'instances telles que la
Confédération des Organisations de Jeunesse (C.O.J.)
et le Conseil de Jeunesse d'Expression Française (C.J.E.F).
Le C-paje assure l'information et la promotion de ses membres
par son travail de réseau, ses publications, son site internet
et ses projets d'animation. Il met en oeuvre une politique de formation
ouverte à tous les animateurs, qu'ils soient ou non membres
du C-paje, et aux travailleurs d'associations affiliées.
Il propose des projets d'animation qui peuvent être de courte
ou de moyenne durée (Créativ'été, création
d'un jeu sur les droits de l'enfant) ou s'étendre sur un
an (Amercoeur en couleur, Projet Gauguin, L'Odyssée des
Enfants Terribles, Symposium tridimensionnel...).
Le C-paje organise des recherches, des colloques, des tables rondes.
Il réalise des dossiers pédagogiques disponibles sur
demande, et tient sa bibliothèque à la disposition
de ses membres et affiliés. Ilsoutient ses affiliés
par des services tels que : aide à la constitution de dossier
de subsides, aide à la recherche d'informations et d'intervenants
ressources et, occasionnellement, suivi et supervision de projet
ou d'équipe, aide juridique et technique. Sur demande, C-paje
peut (ré)organiser des projets d'animation et des formations.
Infos : www.c-paje.net
Faits et opinions
Politiques sécuritaires
& culture(s) de la démocratie :
Le gouvernement fédéral doit indemniser la société
civile
En marge des communales,
A Luna (1)
Si l’égalité demeure entre les êtres
humains (2), la justice demeure entre les êtres humains. Alors,
les moyens de la démocratie, c'est-à-dire la loi,
l’institution et la force publique concourent à l’égalité
et à la justice parmi les êtres humains. Dans de telles
circonstances d’égalité, nous qualifions à
juste titre de « démocratique » l’ordre
public qui garantit l’égalité et la justice
parmi nous. Car telles sont effectivement les vertus que nous apprécions
dans la démocratie : l’égalité et
la justice. Ce ne sont pas des considérations nouvelles,
je vous concède que ces principes sont clairement formulés
– ou même reformulés – chez Montesquieu
(3), près de cinquante ans avant la Révolution française
(1789).
Dans de telles circonstances d’égalité, la
violence entre les êtres humains n’est-elle pas arbitraire
? féroce ? sauvage ? abusive ? intolérable ? Parce
qu’elle frappe de plein fouet le principe d’égalité
et qu’elle blesse, dans son corps, l’ordre social qui
la garantit.
C’est pour ces raisons qu’il est reconnu et accepté,
dans la culture(s) des démocrates, que le maintien de l’ordre
public – c'est-à-dire de cet ordre qui garantit l’égalité
et la justice entre nous – nous protège de la violence
gratuite. Nous préserve de cette violence que nous reconnaissons
dans les abus de libertés, les abus de pouvoirs, les abus
d’autorité, les abus de droits, les abus de police.
Cette violence que nous infligent depuis le début des temps,
tous ceux à qui la démocratie répugne quand
elle ne sert pas leurs intérêts. Tous ceux que l’égalité
dérange quand elle ne les privilégie pas. Tous ceux
qui méprisent la justice quand elle ne les sert pas bien
au-delà du droit commun.
Dans notre culture(s) de la démocratie universelle, l’ordre
public garantit alors la démocratie, elle-même. C'est-à-dire
l’exercice effectif de la démocratie, vérifiable
au niveau de chacune et de chacun. Préoccupations dont témoigne
la rédaction de l’article 12 de la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen (Assemblée nationale
française, août 1789) : « La garantie des
droits de l’homme et du citoyen nécessite une force
publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage
de tous, et non pour l’utilité particulière
de ceux auxquels elle est confiée. » Et non pour
l’utilité particulière de ceux auxquels elle
est confiée ! Car si l’égalité demeure
entre nous, la justice demeure entre nous. Tant que la possibilité
de la justice demeure entre nous, la force de la démocratie
demeure entre nous.
Nous c'est, depuis l’été 1945 et depuis le
début de l’ère nucléaire : l’humanité
entière. Sommes-nous aujourd’hui dans ces circonstances
favorables ? Avons-nous inscrit, depuis soixante ans, ce que nous
vivons collectivement dans les grandes balises de cette culture(s)
de la démocratie ?
De la même manière on peut considérer que si
l’économie apporte le bien être aux populations,
l’ordre public garantit le bien être des populations.
Mais sommes-nous – nous, l’humanité – réellement
dans cette économie de bien être ? à présent
?
Et si l’économie entraînait la pauvreté
des populations ? L’ordre public devrait-il garantir la pauvreté
des populations ? Alors ?
Si l’économie restaurait le sacrifice des êtres
humains – comme dans les plus anciennes religions sauvages
? L’ordre public devrait-il garantir le sacrifice humain,
du cœur des populations, elles-mêmes ? Un tel ordre public
ne serait-il pas alors : un ordre sauvage ? Et devant cet
ordre sauvage qui tolèrerait tant de misères et d’injustices,
devrait-on rester comme des innocents ? Et demander naïvement
: d’où vient la violence qui s’érige
en nous et entre nous ?
Si l’économie se mettait à détruire,
par exemple, la planète ? L’ordre public aurait-il
à cautionner cette destruction de la planète ? Allons
? Et devant les inégalités qui s’instaureraient
entre nous, les êtres humains, et devant le saccage de nos
conditions de vie, devrait-on rester comme des innocents ? Devrait-on,
vraiment ? Et ne devrait-on pas plutôt prendre enfin au sérieux
la toute première question politique qui se présente,
sous nos yeux effarés, bien avant le 11 septembre 2001 :
qui terrorise qui ?
En effet, depuis le 6 août 1945, depuis le bombardement des
populations civiles d’Hiroshima, et plus encore, depuis le
9 août 1945, depuis le bombardement des populations civiles
de Nagasaki, nous ne devrions plus faire semblant que cette question
politique n’est pas au centre de nos préoccupations
culturelles, humanistes : dans l’ère nucléaire,
qui terrorise qui ?
Qu’est-ce que l’ordre public dans une société
d’inégalités ?
Si les inégalités s’accroissent dans le monde
? Si l’injustice s’incruste dans les rapports entre
les êtres humains ? Si payer son loyer devient trop difficile
? Si la fin du mois commence le 2 du mois ? Si un seul salaire ne
suffit plus pour manger, se loger, se chauffer, se soigner, s’habiller
? Même seul ? Alors ?
Alors ? Où s’origine la violence qui surgit au coin
de la rue ?
Si les inégalités se creusent dans la société
? Si l’injustice structure les rapports entre les êtres
humains ? Si certains gagnent en une heure, ce que d’autres
gagnent en un mois ? Si certains gagnent chaque jour, sans travailler,
ce que d’autres gagnent chaque année, en travaillant
? Alors ?
Alors ? D’où vient la violence qui surgit dans le
bus, dans le métro ?
Si les inégalités déchirent la société
? Si l’injustice crie parmi les êtres humains ? Si certains
vivent dans la rue, souffrent dans la rue, se battent et se débattent
dans la rue ? Meurent dans la rue ? Alors ?
Alors ? D’où s’érige la violence qui
déchire nos familles ?
Si ni la loi, si ni l’institution politique, si ni les forces
publiques ne parviennent plus à concourir à l’égalité
et à la justice parmi les êtres humains ? Alors ?
Alors ? Les partis démocrates ne peuvent plus faire l’économie
de cette question : qu’est-ce que l’ordre public
dans une société d’inégalités
?
En effet, qu’est-ce que l’ordre public dans une société
d’injustice ? Qu’est-ce que le maintien de l’ordre
public dans une société à la fois structurée
et déstructurée par les inégalités sociales,
l’injustice et l’insécurité économique
? De quel ordre public parle-t-on concrètement ? L’ordre
public de qui ? L’ordre public au service de qui ? Au service
de quel ordre politique ? L’ordre politique au détriment
de qui ? Qu’est-ce que l’ordre public s’il donne
à l’insécurité économique le visage
de la légitimité ? S’il l’institue dans
la rue ? S’il l’inscrit dans la loi fondamentale ?
L’injustice sociale et économique est-elle autre chose
que la condition première, que la condition originelle
de la violence qui s’élève – comme
un vent mauvais, un vent de mort – au cœur des couples,
des familles, de la communauté, de la vie sociale, de la
place publique ? Dans une société d’inégalités,
le maintien, le renforcement autoritaire de l’ordre public,
peut-il avoir d’autres effets que le maintien et le renforcement
des conditions de la violence au cœur intime de nos vies
individuelles, de nos relations humaines, de nos incertitudes collectives
?
Au cours de la campagne électorale, pour les communales,
la plus grande part des partis politiques proposent de renforcer
les forces de l’ordre, de développer le contrôle
social, la surveillance et la sécurité. Avant d’en
faire des slogans, réfléchiront-ils un instant à
l’impact de telles mesures dans la situation présente.
Quels effets attendre ? Comment ne pas considérer, tandis
que les inégalités s’accroissent, combien cette
proposition renforce la violence de l’injustice sociale et
économique, dans les structures les plus profondes de la
société ? Comment ne pas voir que c’est courir
à déchaîner la brutalité comme ultime
mode de relations sociales, comme ultime contrepoint à l’injustice
des relations humaines, comme régime de survie féroce
au sein de la collectivité sauvage ? Les partis démocrates
n’ont-ils d’autres ambitions que de déchaîner
ces passions désespérées qui résultent
de l’insécurité économique, au sein de
la société ? N’ont-ils d’autres vocations
? D’autres diagnostics à plaider ? D’autres responsabilités
à prendre ?
Quel est le but des revendications sécuritaires
de l’extrême droite ? La démocratie ou l’insécurité
civile ?
Que les partis d’extrême droite poursuivent cette revendication
sécuritaire, parce qu’elle est à terme celle
qui a le plus de chance de plonger le régime démocratique
dans un climat de guerre civile, nous pouvons l’observer.
L’observer chaque jour. Comme nous pouvons observer, tous
les jours, comment certains média à grands tirages
de la presse écrite et comment certaines émission
de la télévision font commerce impunément de
tout ce qui soutien les thèses liberticides de l’extrême
droite. Comme nous pouvons, chaque jour, observer l’enrichissement
que certains tirent de la diffusion de ces revendications sécuritaires
et du climat d’insécurité qu’elles génèrent
dans la société. Au bilan économique de certaines
sociétés commerciales, les caricatures publiées
par certains journaux d’extrême droite danois se révèlent
certainement profitables. En terme d’événement
commercial, l’extrême droite rapporte bien au-delà
de ce qu’elle représente.
Les revendications sécuritaires de l’extrême
droite répondent à leurs visées politiques.
Elles ne sont pas un objet de commerce. Elles sont une stratégie
de déstabilisation par la violence ou par la mise en scène
de la violence pour instaurer un pouvoir autoritaire qui n’a
rien à voir avec la démocratie. Le commerce en cette
matière est un crime contre la démocratie. Un crime
contre la démocratie, au sens de l’article trente de
la Déclaration universelle des droits de l’home. Les
démocrates ne peuvent ni accepter cette stratégie,
ni à aucun moment la cautionner. Il ne leur appartient pas
de préparer les populations à ce régime politique
autoritaire. Ils n’ont pas vocation à instaurer, à
travers la démocratie que les citoyens leur ont confiée,
le régime sécuritaire dont l’extrême droite
a besoin pour s’établir.
Les partis démocrates perdent leur identité démocratique
chaque fois qu’ils acceptent ou qu’ils cautionnent les
revendications sécuritaires de l’extrême droite.
Aux élections communales ou fédérales prochaines,
la première priorité des partis démocrates
ne devrait pas être la sécurité des citoyens
– comme tant de mandataires l’annoncent – mais
la justice parmi ceux qui vivent dans la commune. Car la condition
nécessaire et préalable à la sécurité,
c’est la justice parmi les êtres humains. La culture(s)
de la sûreté des personnes est d’abord une culture(s)
de la justice et de l’égalité vérifiables
parmi nous. Une pratique critique de la justice négociée
entre nous.
Ne nous leurrons pas. Ne leurrons pas les populations. Plus
de forces de l’ordre, plus de surveillance et plus de contrôle
social c’est, à moyen terme, moins de démocratie
et moins de sûreté pour les personnes, dans la cité.
Cet adage terrible peut être validé tant sur le plan
fédéral et sur le plan communal.
Tous les régimes sécuritaires, à travers le
monde, en ont fait la désastreuse et constante démonstration.
De manière systématique : l’augmentation des
forces de l’ordre, des moyens de surveillance et de contrôle
des populations met la démocratie en péril et accroît
la violence dans la cité. Car tout devient l’objet
d’une suspicion rapidement dénaturée. Une suspicion
illégitime et abusive que produit inévitablement l’appareil
de contrôle social. Les réponses instituées
par les appareils de contrôles publics et privés (caméras,
contrôles de police et arrestations humiliantes, sirènes
permanentes dans les rues, généralisation des sociétés
de surveillance à l’entrée des administrations
publiques, des banques, des galeries commerciales) sont complètement
disproportionnées aux réalités et aux faits.
Elles contribuent à la mise en scène d’une insécurité
permanente. Cette mise en scène – oh combien coûteuse
– est la première des violences faites aux libertés
démocratiques, elles-mêmes. Ces mises en scène
arrogantes de nos stratégies sécuritaires sont une
provocation permanente à la violence civile. Dans tous les
régimes sécuritaires, la liberté du citoyen
est suspectée. La liberté individuelle est suspectée.
L’initiative des citoyens est suspectée. Parce que
par essence, les pulsions sécuritaires et les systèmes
de contrôle ont peur de la liberté et que, du point
de vue sécuritaire, un être mort est moins dangereux
qu’un être vivant. Tous les systèmes sécuritaires
ont pour objectif la conformation de l’initiative citoyenne,
dans des cadres restreints. Et cette conformation est très
exactement l’opposé de la démocratie vivante
et vivifiante. Les partis démocrates n’ont pas à
cautionner cette conformation.
Les partis démocrates peuvent-ils se bercer d’illusions
à ce sujet ? Ne sont-ils pas l’ultime rempart de nos
libertés ? Comment peuvent-ils croire ou espérer remplir
leur vocation première (défendre la démocratie
et nos libertés) en cautionnant les visées sécuritaires
de l’extrême droite ?
Oublient-ils que lorsque l’extrême droite réclame
plus de police, plus de sécurité, plus de caméra,
plus de pouvoirs spéciaux, ce n’est pas pour garantir
la paix civile, la convivialité, le plaisir de vivre ensemble
?! Rien ne laisse seulement supposer qu’ils aient de telles
préoccupations, ou seulement à titre d’alibi.
L’objet est ailleurs. Il s’agit d’assujettir nos
libertés, parce qu’elles leur font peur. L’extrême
droite oppresse nos libertés, déjà. Il faut
que la cité plie ou qu’elle craque. Que la rue saigne.
Comment perdre de vue ce que l’histoire nous a enseigné
avec tant de force ? L’extrême droite est assoiffée
de violence et de sang. Surtout de violence sauvage, gratuite, féroce
et d’abus de l’ordre jusqu’aux meurtres. Il y
a soixante ans, le régime nazi en a présenté
une démonstration définitive. Manquez-vous de mémoire
? Cette année même, à Anvers, le triple crime
raciste, commis par un jeune néonazi de 18 ans n’est-il
pas significatif ? Suffisant ? Et plus encore les raisons idéologiques
qu’il a donné à cet acte(4) odieux ? Et plus
près encore, ce mois-ci, la découverte des arsenaux
constitués par des militaires de carrière membres
d’organisations d’extrême droite ?
Avez-vous besoin de nouvelles démonstrations ? Depuis le
début des temps, le fond de commerce de la haine est toujours
le même : «Une bonne guerre et cela ira mieux après
!». La guerre. C’est bien elle qui est l’enjeu.
L’abus de pouvoir, l’arbitraire, la violence, le viol
et le sang pistés, reniflés, maquillés, …
autorisés, institués, ordonnés, récompensés,
honorés. Tel est le masque sanguinaire de la guerre.
Un programme de recherche et développement pour
la culture(s) de la démocratie ?
Il est grand temps que les démocrates et les partis qui
les représentent s’expriment clairement à ce
sujet. Les élections qui viennent appellent une réponse
claire :
Ce fond de commerce sécuritaire est l’expression
de la haine, de la violence brute et abusive. Il ne m’intéresse
pas. Et vous ?
Quand entendrons-nous les Présidents de partis démocrates
reconnaître clairement que :
- augmenter les forces de l’ordre, augmenter l’équipement
et l’armement des forces de l’ordre, c’est renforcer
la spirale et la force de la violence structurelle qui règne
nécessairement dans une société d’inégalités
et d’injustices. Et que cela ne concourre pas à la
démocratie ;
- augmenter les dispositifs de surveillance et de sécurité
c’est renforcer la puissance et le pouls de la violence qui
s’érige pour réagir à une violence plus
grande encore : celle des inégalités économiques.
Et que cela ne concourre pas à la démocratie.
La reconnaissance de cet état des choses occasionnerait
un renversement des perspectives culturelles et des stratégies
culturelles des partis démocrates : comment rétablir,
par l’action politique, l’égalité et la
justice économique, dans une économie mondialisée
? Sur le plan local ? régional ? fédéral ?
international ? Ces reconnaissances inviteraient éventuellement
leurs électeurs à reconsidérer leurs points
de vue sur ces questions. Ces reconnaissances permettraient peut-être
et déjà simplement d’entendre les points de
vue construits par leurs électeurs, sur ces questions. Idéalement,
ceci devrait permettre de sortir enfin des événements
de grande communication qui remplacent les assemblées constitutives
des partis. Enfin, il deviendrait possible de prendre le temps d’examiner
avec leurs électeurs, comment inventer (la culture) des solutions
politiques et démocratiques dont nous avons un impérieux
besoin pour faire face à ces questions.
Sinon ? Quel avenir reste-t-il à la démocratie, dès
lors que la violence des injustices sociales et l’arbitraire
des inégalités économiques sont institués
et garantis par les politiques publiques développées
par les Etats démocratiques, eux-mêmes ? Au nom de
la démocratie, elle-même?
Le travail culturel à développer avec les populations
pour reconstruire une culture(s) de la démocratie capable
de faire face aux problèmes de société dans
lesquels nous sommes, est gigantesque. Nous nous sommes enfermés
dans une spirale de mort. Rien qu’au sein de la société
belge, rectifier pacifiquement ce destin par une délibération
collective relève d’un travail culturel astronomique.
Il est nécessaire de mettre en œuvre un considérable
programme de recherches et développement en culture(s) –
et de manière participative – pour nommer nos problèmes
selon d’autres canevas que les schémas sécuritaires
qui sont continuellement agités par l’extrême
droite. Il convient de mettre au travail les hautes écoles
et les universités sur ces questions pour inventer les modes
culturels démocratiques nouveaux qui sont susceptibles de
nous permettre de sortir de l’ère nucléaire
et de ces perspectives civiles désastreuses. Il faut donner
à l’enseignement l’ordre impératif de
critiquer les modèles culturels et les modèles économiques
qui ont conduit l’humanité entière dans les
impasses où nous sommes. Le Gouvernement doit donner des
instructions formelles pour que l’enseignement – à
tous niveaux – se démarque des modèles économiques
désastreux qui ont réduit les perspectives politiques
de la société aux aveuglements de l’extrême
droite.
Toute la société présente devrait se mobiliser
dans un chantier de recherche culturelle et de travail culturel
intense et créatif pour inventer comment sortir des ornières
d’injustices et de destructions où nous nous sommes
fourvoyés, depuis soixante ans, au nom de la « raison
économique » et au nom de la « croissance économique
». S’il y a un contrat d’avenir pour notre communauté
humaine, ce sera dans l’arrachement à l’organisation
économique présente qui peut être reconnue comme
criminelle parce qu’elle atteint au premier droit fondamental
des personnes : le droit à la vie, à la liberté
et à la sûreté de la personne (article 3 de
la déclaration universelle des droits de l’homme).
Ainsi, ce chantier de recherches culturelles, d’inventions
culturelles pour la démocratie devrait s’orienter à
construire une culture(s) de la vie, c'est-à-dire une culture(s)
de la vie en commun. Une culture(s) de la vie collective des êtres
humains qui composent l’humanité.
Pour réparer les dégâts culturels des
politiques sécuritaires dans notre imaginaire démocratique
et inventer d’autres modèles de vie collective, il
faut indemniser massivement la société civile.
Les politiques sécuritaires développées par
le Gouvernement, depuis près de dix ans, minent – parfois
imperceptiblement, mais toujours profondément – de
l’intérieur nos cultures démocratiques. C’est
à dire que la banalisation des politiques sécuritaires
et des procédures sécuritaires ruinent nos valeurs,
nos aspirations, notre capacité de penser, d’imaginer
et de revendiquer un fonctionnement démocratique de la vie
collective. A chaque contrôle d’identité, la
lumière de la démocratie s’épuise dans
les cœurs. Les politiques sécuritaires, largement encouragées
par toute une presse « people » de grande diffusion
et de nombreuses émissions télévisées
– qui n’ont aucun souci de la démocratie –
atteignent profondément les aspirations et les représentations
culturelles et imaginaires des populations, en matière de
démocratie. Les moyens financiers investis dans cette culture
du « tout sécuritaire » sont incommensurables
dans la société présente. Ils affaiblissent,
par un travail culturel quotidien, les ressources imaginaires démocratiques
mobilisables au sein de la vie associative, voire au sein des partis
démocrates eux-mêmes. Au sein des partis, la démocratie
autoritaire décourage de la démocratie elle-même.
Au sein de la société, à terme, la démocratie
sécuritaire n’est plus la démocratie.
Si le Gouvernement fédéral voulait réellement
réduire la violence dans la cité – car comme
l’indique le préambule de la Déclaration universelle
des droits de l’homme, la violence n’est qu’un
ultime recours – il est urgent de rétablir l’équilibre
entre sécurité publique et culture(s) de la démocratie.
Je ne crois ni péremptoire, ni téméraire,
d’affirmer qu’il est aujourd’hui urgent d’indemniser
la société civile. De l’indemniser
par des moyens nouveaux et très considérables. Des
moyens qui soient proportionnés aux investissements sécuritaires
nouveaux réalisés par l’Etat fédéral
et éventuellement les autres niveaux de pouvoirs (communaux
et régionaux), au cours des dix dernières années.
C'est-à-dire des investissements réalisés par
l’Etat fédéral pour la réformation des
polices, pour la lutte contre le terrorisme, pour l’équipement
de l’armée, pour la surveillance des institutions et
de l’espace public. Combien a-t-on dépensé à
ces seules fins, depuis deux législatures ? Combien coûtent
réellement les politiques sécuritaires ?
Nous devons demander à l’Etat fédéral
– tant pour les démocrates francophones que pour les
démocrates flamands ou germanophones – des contreparties
qui puissent être investies massivement dans la promotion
et l’invention de formes nouvelles de la culture(s) de la
démocratie. Au moins ces moyens là n’iront pas
aux partis d’extrême droite !
Voulez-vous des exemples concrets ? Dans chaque commune, les centres
de jeunes devraient chacun recevoir autant de moyens humains, autant
de moyens de fonctionnement et autant de moyens d’équipement
que les commissariats de police. Voilà qui transformerait
notre rapport aux plus jeunes ! Voilà un signal fort ! De
confiance dans les capacités des plus jeunes à imaginer
des modes d’exister démocratiquement qui soient éventuellement
moins virtuels que les nôtres.
Encore ? Dans chaque communauté (flamande, germanophone
et francophone), les secteurs de l’éducation et les
secteurs de la culture(s) devraient recevoir les mêmes moyens
financiers d’équipements que ceux accordés,
depuis deux législatures à la Défense nationale
(un milliard d’euros ? cinq milliards d’euros ? dix
milliards d’euros ?).
Encore ? Et pour chaque caméra placée dans les villes,
l’Etat fédéral devrait apporter 10.000 €
d’indemnité aux associations de défense de nos
libertés et de nos droits fondamentaux. Mêmes types
d’indemnisations à imaginer pour les systèmes
de contrôles appliqués aux télécommunications
et au réseau Net. Et pour toutes les politiques de surveillances…
Il est grand temps de compenser les investissements
sécuritaires nouveaux réalisés par les divers
niveaux de pouvoirs publics par une politique d’indemnisation
nouvelle – et proportionnée aux investissements sécuritaires
consentis au cours des dix dernières années –
des acteurs de la société civile qui travaillent en
Flandre comme en Communauté française ou en Communauté
germanophone avec les populations à réfléchir
de manière critique quelles solutions culturelles démocratiques
peuvent être inventées devant les défis de société
et l’insécurité économique présente.
Mons, le 27 septembre 2006,
Roland de Bodt
Ecrivain
Notes
1. Agée de deux ans et demi, Luna Drowart a été
assassinée en mai 2006 par un jeune raciste de 18 ans, aveuglé
par les thèses de l’extrême droite.
2. Non qu’ils soient tous les mêmes, puisqu’ils
sont tous différents. Mais qu’ils soient nécessairement
égaux en liberté et en droit parce qu’ils sont
nécessairement si différents, dans les faits. Voir
les articles un et deux de la Déclaration universelle des
droits de l’homme.
3. Montesquieu – l’esprit des lois
4. Voir à ce sujet les journaux de la mi-mai 2006 –
« Hans Van Themsche veut restaurer l’ordre dans la société
» (Le Soir, Bruxelles, 13 et 14 mai 2006).
Dernières nouvelles
Actualités, petites annonces, appels, offres, pétitions,
informations…
Arte Belgique
Ce 25 septembre est le jour de lancement
officiel d'Arte Belgique, premier décrochage local de la
chaîne franco-allemande. Et c'est la RTBF qui s'en charge
avec une émission culturelle de 30 minutes baptisée
50° Nord, enregistrée à Flagey et diffusée
du lundi au vendredi entre 20h15 et 20h45. Elle sera le miroir de
la vitalité culturelle de la Communauté française.
Au programme également, 100% belges, une soirée
mensuelle (dès le 27 septembre).
Pourquoi ne pas
débattre sur l'extrême droite à partir de spots
radio?
Devant l'incompréhension des jeunes face aux mécanismes
d'émergence du vote extrémiste, l'asbl Samarcande
(Service d'Aide aux jeunes en Milieu Ouvert) leur a donné
les moyens de transformer leurs réactions émotives
en réactions relationnelles à travers la réalisation
de spots radio. Ces spots sont l'aboutissement d'une longue réflexion
et de nombreux débats. Ils sont inspirés du format
publicitaire : court, précis et interpellant. Leur objectif
est de sensibiliser aux conséquences du vote d'extrême
droite.
Ces spots sont déjà utilisés en radio (Quand
les Jeunes s'en mêlent,...) et dans divers lieux culturels
mais ils peuvent encore être utilisés dans des salles
d'attente, des restos, des galeries... Ils n'attendent qu'à
être écoutés davantage. Ils peuvent également
être accompagnés d'un dossier.
Infos : www.samarcande.be
Actes du Séminaire
« Art et Familles »
Se connaître pour agir ensemble : La Culture pour aller à
la rencontre des plus pauvres. Voilà ce que proposent les
actes du séminaire organisé les 2 et 3 juin 2006 par
la Maison des Savoirs en collaboration avec Culture et Démocratie,
avec le soutien de la Maison des Cultures et de la Cohésion
sociale de Molenbeek-st-Jean. Les actes sont disponibles à
la Maison des Savoirs (02/414 02 06) ou sur le site internet http://philippe.barbier1.free.fr
Appels à
projet de la Fondation Roi Baudouin
La Fondation lance deux appels destinés
à stimuler l'engagement des habitants dans leur milieu de
vie :
"Quartier
de vie" soutiendra des projets qui viseront la qualité
de la vie dans les quartiers ou les villages: l'aménagement
d'espaces publics, la solidarité entre voisins, la rencontre
entre personnes d'horizons différents...
"Le
sentiment d'insécurité, c'est aussi notre affaire"
encourage les initiatives locales qui constituent des réponses,
adaptées à chaque contexte, pour réduire ce
sentiment.
Infos : www.kbs-frb.be
30 ans des CPAS
Les CPAS auront 30 ans en 2007. Le Ministère
de l'Intégration Sociale organise cet anniversaire, au début
de l'année prochaine, sous la forme d'une journée
de rencontres ouverte à tous. Dans ce cadre, les asbl Culture
et Démocratie et Kunst en Democratie ont été
chargées de sélectionner une certain nombre de projets
culturels mis sur pied dans le cadre du subside pour la participation
et l'épanouissement social, culturel et sportif, afin de
les présenter lors de cette journée de festivités.
Si vous avez mis en place un projet artistique
(arts plastiques, arts scéniques,...) dans le cadre de ce
subside, nous vous proposons de contacter Culture et Démocratie
et de le leur présenter, en précisant le CPAS avec
lequel vous avez collaborez.
Infos : cultureetdemocratie@scarlet.be
Bienvenue à
l'opéra
Une nouvelle saison d'opéra pour les
écoles, leurs élèves et leurs étudiants,
ponctuée de découvertes et de redécouvertes,
croisant les propositions de visites, d'ateliers opéra, d'introductions
et de spectacles.
La Monnaie invite les écoles à
choisir et à goûter l'aventure magnifique de la musique
et du théâtre : des ateliers-opéra, aussi proches
que possible de la saison du théâtre et des spectacles
pour l'école primaire ; du spectacle en abondance précédé
d'interventions, de préparations et/ou de visites pour les
plus âgés.
Infos : Service éducatif de la Monnaie
Sabine de Ville (ateliers, introductions, projets, spectacles) :
02/229 13 75 – s.deville@lamonnaie.be
Isabelle Pouget (visites) : 02/229 13 73 – i.pouget@lamonnaie.be
Répertoire
Cinéma et Dialogue interculturel
Encourager des synergies entre les différents
opérateurs, partager les expériences,
montrer des exemples d’application et d’échanges
avec le public, diffuser le plus largement possible des films traitant
de la richesse des différentes cultures, encourager la découverte
et le dialogue entre celles-ci, développer un esprit critique,
citoyen, empreint des valeurs démocratiques auprès
des écoles et du secteur associatif… tels sont les
principaux enjeux de ce répertoire.
Il reprend en effet tous les festivals, salles
de cinéma, organismes de prêt, catalogues de films,
formations pratiques et théoriques, animations, associations…
proposant le cinéma comme vecteur/moyen de dialogue interculturel.
Le répertoire « Cinéma
et Dialogue Interculturel » est disponible gratuitement, sur
simple demande auprès de l'asbl Culture et Démocratie.
Infos : 02/502 12 15 – cultureetdemocratie@scarlet.be
Code de Respect des
Usagers Culturels
Proposé par la Ministre de la Culture,
le Code de Respect des Usagers Culturels est disponible sur le site
www.culture.be.
Le code de respect des usagers culturels
vise un triple objectif :
– Améliorer l'accueil du public en l'informant sur
les prix pratiqués, les réductions proposées,
le nombre de places disponibles, la durée du spectacle, les
types de réservations possibles, l'accessibilité des
publics plus fragiles...
– Informer l'usager sur les moyens mis à sa disposition
pour introduire une réclamation écrite auprès
de l'opérateur culturel, de la Direction Générale
de la Culture ou du Service du Médiateur de la Communauté
française.
– Préciser le circuit administratif de toute réclamation
écrite, si l'acteur culturel et l'usager ne parviennent pas
à une solution négociée. En effet, en cas d'échec
du dialogue, le code prévoit l'entrée en scène
d'un bureau de conciliation composé d'un expert provenant
de la Ligue des Familles, du Centre de Recherches et d'Informations
des Organisations des Consommateurs (Crioc) et de la Directrice
Générale de la Culture.
Infos : www.culture.be
Pétition :
Gardons la collection d'art précolombien de Dora et Paul
Janssen en Belgique
La direction et le personnel des Musées
royaux d'Art et d'Histoire ont décidé de lancer une
pétition pour montrer aux gouvernements fédéral
et flamand l'intérêt que porte le grand public à
la sauvegarde de ce patrimoine unique et inestimable que le monde
entier nous envie. Vu la proximité de l'échéance
du délai annoncé par la Baronne Dora Janssen qui prend
fin le 1er octobre, ils sont conscients qu'ils ne rassembleront
pas une quantité énorme de signatures mais l'enjeu
en vaut la peine.
Cette collection est composée d'objets uniques et de premier
ordre dans l'histoire de l'art précolombien. Une telle occasion
ne se représentera sans doute plus jamais et la laisser partir
serait pénaliser la population et les générations
à venir. Que cette collection soit exposée à
Bruxelles ou à Anvers, le plus sensé est qu'elle reste
en Belgique. Ceci dit, la fusion de la collection Janssen et de
la collection nationale des Musées royaux d'Art et d'Histoire
permettrait la création d'un formidable fond d'art précolombien
à la fois imposant, diversifié et de renommée
mondiale.
Pour signer la pétition : http://www.kmkg-mrah.be/newfr/index.asp?id=1317
"L'artiste, côté
travail, côté chômage" et "AH ! Comme
artiste"
De nombreux artistes sont perdus face au dédale d’informations
et aux changements opérés ces dernières années
dans les matières qui les concernent. Deux brochures viennent
de sortir pour les aider à mieux comprendre leur situation
et d’envisager leur vie professionnelle.
- "L'artiste, côté
travail, côté chômage", un dossier de Solidarités
Nouvelles Bruxelles
Depuis le 1er juillet 2003, un nouveau statut
social de l'artiste a été mis en place. Ce statut
considère les artistes comme étant a priori des travailleurs
salariés à moins d'apporter eux-mêmes la preuve
de leur indépendance socio-économique. Entre ces deux
options - un statut social ou un autre, toute une série d'interrogations,
d'inquiétudes peuvent se poser, en terme d'avantages, de
droits ou d'obligations. Concernant le droit aux allocations de
chômage, nos artistes se posent également des questions.
Car entre les artistes créateurs et exécutants, les
jours de travail sous contrat ou payés forfaitairement au
cachet, les activités artistiques bénévoles
ou salariées, les revenus à déclarer à
l'Onem, etc., il est parfois bien difficile de se frayer un chemin,
et même de mettre des mots sur sa propre situation.
En détaillant les règles qui
régissent leur statut social et leur droit aux allocations
de chômage, cette brochure se veut un outil, un guide pratique
à l'usage des artistes.
Infos : www.snbru.be
- "AH ! Comme artiste"
Le guide "AH ! Comme artiste" se présente comme
une compilation d’informations existantes, utiles pour tout
artiste désireux de développer un projet professionnel.
Il propose un état des lieux sur le statut, la fiscalité,
ou encore les structures d’aide existantes serait le bienvenu.
L’artiste y trouvera des éléments de réponse
aux questions qu’il se pose le plus souvent et pourra ensuite
prendre contact avec les organismes compétents qui interviendront
dans le développement de son projet et dont la plupart des
coordonnées sont reprises.
Des séances d’information sont programmées à
la Mission locale de Schaerbeek pour expliquer et commenter le contenu
du guide. Le guide est remis lors de cette séance. Les prochaines
séances d’information auront lieu le 5 octobre, le
9 novembre et le 7 décembre 2006.
Infos: Florence Coupat / ILES asbl - 02 244 92 22 - fcoupat@iles.be
Formations aux enjeux, métiers
et ressources de la Culture
Le programme de formations 2006-2007 est sorti
! Le Service formation des cadres culturels du Ministère
de la Communauté française propose, pour la saison
2006-2007, quelque 250 formations très diversifiées
qui s'adressent aux professionnels de la culture, au personnel de
direction et d'animation, aux travailleurs sociaux...
Le programme se structure en rencontres, formations
qualifiantes (longue durée ou courte durée), formations
sur les enjeux des politiques culturelles, formations aux métiers
de la culture, formations à destination des bibliothécaires,
sans parler de la gestion, de l’administration, du «
management » ! En 2005-2006, 1946 personnes se sont inscrites
à ces stages. Ne tardez pas à vous informer !
Quelques exemples : Renforcer la coopération
culturelle régionale, Théâtre et cinéma
en résistance, Alexis Nouss : Plaidoyer pour un monde métis,
Les CEC s'expliquent, Création au croisement des générations,
Le développement territorial comme espace d'actions pour
les opérateurs culturels, formation de plasticiens à
l'animation, développer une stratégie internet efficace...
Infos : 02/413 24 71
Nouveau site à consulter !
http://lespoyons.be
présente la programmation Jeune Public pour la saison 2006-2007
des Centres culturels de l'arrondissement de Liège.
Pour ne pas rester sur sa faim
Un choix bibliographique consacré à « culture(s)
& démocratie »
La Démocratie,
pourquoi? - Réflexion philosophique et chrétienne
sur les fondements de la Démocratie
FAUX, Jean-Marie (dir.) – La Démocratie, pourquoi
? – Réflexion philosophique et chrétienne sur
les fondements de la Démocratie – Editions Couleurs
livres, asbl et Centre AVEC, asbl – Charleroi – Belgique
– 2006 – 74 pages – ISBN : 2.87003.448.2
Présentation : Première édition
en langue française. Jean Marie Faux a assuré la rédaction
finale et synthétique d’un ensemble de considérations
actuelles consacrées à la démocratie, à
l’interprétation de son origine, à son fonctionnement
dans le monde, à son avenir éventuel. Cette publication
est le résultat d’un séminaire organisé
par le Centre AVEC, asbl – qui est un centre de recherches
et d’actions sociales, fondé en 1980 à l’initiative
de jésuites belges interpellés par le lien entre justice
et foi selon l’Evangile. Une dizaine de personnes venues de
divers horizons interrogent les raisons de leur engagement pour
la démocratie. Participent à ce séminaire,
Guy Cossée de Maulde, Sandrine Dapsens, Jean-Marie Faux,
Edouard Herr, Bernard Hubien, Clotilde Nyssens, Pascale Prignon,
Muriel Ruol, Olivier Servais, Paul Tihon et Vincent Triest. Leurs
approches respectives ou collectives recoupent plusieurs disciplines
: philosophies, théologie, sociologie, économie, politique,
pédagogie… L’édition comporte également
un complément pédagogique, concernant les différentes
analyses proposées, un tableau de synthèse, une bibliographie
sommaire dont les choix sont judicieux. Elle est claire et lisible,
sobrement illustrée ; dos carré collé ; format
« grande poche ».
Commentaires : Une prise de position actuelle
à propos de la démocratie qui assume aussi son engagement,
la conviction d’où elle parle, doit être saluée.
On regrettera que les différentes personnes qui ont participé
au séminaire ne soient pas présentées en quelques
lignes. Sommes-nous sensés les connaître ? Le panel
est-il interconfessionnel au sein de la chrétienté
? Mais venons-en au fait : d’entrée de jeu, la réflexion
proposée, sous de tels auspices, reconnaît la crise
(les crises ?) à laquelle la démocratie – comme
système de souveraineté du peuple – est confrontée
sur le plan mondial. Le propos est clair : « Occupant
seule la sphère du politique, la démocratie est privée
de légitimité par l’hégémonie
de l’économie » (page 20). Ensuite l’ouvrage
propose une réflexion quant aux fondements de la démocratie
considérés sous divers angles : philosophique
d’une part, théologique de l’autre.
La partie théologique étant, de mon point de vue,
la plus attendue, certainement la plus originale. La démarche
est ouverte : « Mais, malgré les avancées
du Concile, il ne nous paraît pas que l’enseignement
ordinaire de l’Eglise, ni même la réflexion des
théologiens, aient pris la pleine mesure de l’importance
de la démocratie comme lieu et moyen privilégié
de la réalisation du Royaume de Dieu » (page 38).
Réconcilier Alliance évangélique et
exigence démocratique (page 42) revivifie le projet
de société indispensable à l’émergence
d’une démocratie susceptible d’assurer une plus
grande justice et une plus grande égalité parmi les
êtres humains. A travers cette proposition, l’espérance
adopte un horizon plus terrestre. Son exigence s’en trouve
accrue : « Nous ne pouvons nous gargariser de discours
démocratiques s’il n’y a pas une culture sous-jacente.
Il faut travailler sans cesse à sauvegarder et améliorer
cette culture. » Elle change aussi de registre. On ne
peut plus se satisfaire de « penser globalement et agir
localement », il convient « d’agir localement
et globalement pour que vive la démocratie ». La réflexion
s’adresse prioritairement aux chrétiens qui s’impliquent
dans la vie spirituelle, politique ou associative de la cité.
De ce fait, elle concerne tout autant ceux qui ne partagent pas
nécessairement leurs convictions religieuses. Le complément
pédagogique est construit dans la perspective de proposer
un outil qui s’appuie sur des études de cas. La réflexion
n’aborde pas la question de la démocratie au sein des
structures de l’Eglise ; cette décision est relativement
justifiée. La rédaction est soignée et accessible.
L’iconographie est sobre et belle.
Publics : Tous publics intéressés,
dès le secondaire supérieur. Enseignants, acteurs
politiques, animateurs sociaux et culturels, les acteurs de la vie
religieuse. – Mots clés : citoyenneté
– chrétienté – culture démocratique
– démocratie – mondialisation – philosophie
– théologie – vie associative. Adresses
web des éditions : www.couleurlivres.be
– Adresse web des auteurs : www.centreavec.be
Contenu de l’édition : Avant-propos
de Guy Cossée de Maulde (3) – Introduction : le but
et les limites de notre réflexion (5) – Première
partie : Démocratie en crise – Quelques faits marquants
(7) – Mise en situation – définitions (9) –
parcours historique (10) – Champ sémantique (14) –
Analyse – Crise de légitimité : hégémonie
de l’économique – recours au religieux (18) –
Crise de la modernité : Crise du lien social – crise
de la transmission des valeurs – crise du projet sociétal
(20) – Crise structurelle : Fragilité de la démocratie
(22) – Deuxième partie : Fondements de la démocratie
– Philosophie – La démocratie une longue histoire
(25) – La société, la vie bonne ou l’humainement
souhaitable (28) – La personne, la liberté responsable
(31) – La démocratie en devenir, l’utopie (33)
– Théologie – L’histoire du salut, le Christianisme
et la modernité (35) – L’alliance, le Royaume
de Dieu (39) – La liberté responsable, la conscience
(41) – Un autre monde grandit (43) – Troisième
partie : construire la démocratie, aujourd’hui –
la démocratie est incontournable (45) – Un choix lucide
(46) – Un chemin de patience (47) – Le local et le global
(48) – Complément pédagogique : des pistes pour
agir localement et globalement (50) – Crise de légitimité
(51) – Crise de la modernité (56) – Crise structurelle
(61) – Tableau synoptique (66) – Notes (69) –
Bibliographie (73) – Table des matières (76).
La démocratie
en perspective - Tables rondes de citoyens contre l'extrême
droite
ITALIANO, Patrick, JACQUEMAIN, Marc, BEAUFAYS,
Jean – La démocratie en perspective – Tables
rondes de citoyens contre l’extrême droite –
Collection « Voix politiques » – Editions Luc
Pire – Bruxelles – Belgique – 2006 – 109
pages – ISBN : 2.87415.621.3
Présentation : Première édition
originale en langue française. A la demande de militants
de la Fédération socialiste de Liège, une équipe
de chercheurs de l’Université de Liège entreprend
d’interroger un nombre important de citoyens venant de tous
les milieux liégeois, au sens large : pas seulement des militants,
des experts et des scientifiques, des acteurs culturels, sociaux,
des enseignants, des acteurs économiques, des seniors, des
jeunes… L’édition présente la démarche
originale (et scientifique) qui a été mise en place
pour permettre aux personnes de s’exprimer dans les différents
groupes et publie une synthèse des résultats de cette
« enquête – sans tabou – auprès des
citoyens du pays de Liège ». Il ne s’agit donc
pas d’un livre théorique. L’équipe qui
conduit les travaux pour l’Université de Liège
est choisie : Jean Beaufays, aujourd’hui professeur émérite,
a enseigné pendant trente-cinq ans la science politique et
l’histoire politique de la Belgique. Il a participé
à plusieurs publications consacrées à la démocratie.
Marc Jacquemain enseigne la sociologie. Ses recherches portent sur
la citoyenneté, les valeurs politiques, l’intégration
sociale. Il a déjà publié plusieurs ouvrages.
Patrick Italiano est chercheur en sociologie, spécialisé
dans les méthodes quantitatives. Il utilise ici le principe
du « focus-groups » qui permet une meilleure connaissance
qualitative du terrain : les citoyens, leurs relations à
la démocratie, à sa fragilité, à ses
limites et à sa défense vis-à-vis de l’extrême
droite. L’édition comporte une sélection bibliographique
thématique et présente, dans ce cadre, un choix d’ouvrages
commentés. Beau format livre confortable ; un grand caractère
lisible et une mise en page qui respire ; dos carré collé.
Commentaire : Parmi toute la littérature
consacrée à la démocratie dans ses relations
à l’extrême droite, voici un livre qui se détache
enfin du manichéisme démocratique pour regarder les
faits de manière à la fois plus objective (c'est-à-dire
moins « entendu a priori ») et paradoxalement aussi
plus subjective (c'est-à-dire « de telle sorte à
entendre » l’écho du terrain). Et de ce double
positionnement méthodologique – qui réussi à
se dégager des préjugés ordinairement réservés
à la rhétorique contre l’extrême droite
(ici les bons qui vous parlent des mauvais !)
– l’initiative regorge de santé et d’intérêts
pour la démocratie : « Tous les groupes de discussion
ont abordé, à un moment ou à l’autre,
la défense de la démocratie sous l’angle de
la défense des droits, pas seulement celui de voter. Ce sont
les travailleurs sociaux qui mettent le plus l’accent sur
cette question des droits. Tout d’abord en considérant
comme centraux ‘les droits fondamentaux : le travail, l’expression,
la liberté’. » (Page 48). « Pour
eux, la dignité c’est précisément la
possibilité d’un exercice effectif des droits et devoirs
liés à l’appartenance à une société,
sans lesquels c’est l’humiliation qui domine. »
(Page 49). « D’abord en réassociant sécurité
sociale et sécurité des personnes comme deux faces
d’un même problème, mais aussi en écartant
les solutions de type policier, qui sont de toute façon mal
vécues sur le terrain par une partie de la population. »
(Page 75). En peu de mots les seniors dessinent d’un trait
aigu la situation : « le capitalisme rend les gens agressifs
» (Page 78). La rédaction est assez fluide et met en
scène la méthode d’enquête adoptée,
sans effet de manche, mais avec lisibilité. C’est intéressant.
Tant sur le plan des contenus que des moyens d’approche, ça
m’a accroché. Comment dire ? Ca respire concret ! La
bibliographie et son traitement sont également originaux.
A ceux qui travaillent sur cette question, je prescris : tous les
matins, un quart d’heure avant le travail. Aux autres, je
recommande.
Publics : Tout public intéressé
dès le secondaire supérieur ; les acteurs politiques
qui s’intéressent à l’avis, aux doutes
et aux interrogations de leurs concitoyens, les enseignants, les
professionnels de l’action culturelle et sociale, les journalistes
(aussi pour la méthode), les actifs de la vie associative,
les administrateurs publics – Mots clés :
citoyenneté – démocratie – droits fondamentaux
– éducation – extrême droite – gauche(s)
– insécurité – libertés fondamentales
– mondialisation – politique – populisme –
sécuritaire – socialisme – xénophobie.
– Adresse web des éditions : www.lucpire.be
– Adresse web des auteurs : voir le site
de l’Université de Liège.
Contenu de l’édition : Préface
par Marie Claire LAMBERT et Charles JANSSENS (7) – Introduction
: Approche citoyenne et approche scientifique – 1. Qu’avons-nous
voulu faire ? (9) – 2. Origine de l’approche scientifique
de [appliquée à] l’extrême droite (11)
– 3. Démarche choisie : ne pas se focaliser sur les
arguments racistes (12) – Notes (13) – Le vote d’extrême
droite : synthèse des déterminants selon la littérature
– 1. Définition de la problématique –
A. Comment appréhender une « nouvelle extrême
droite » ? (14) – B. La piste du « populisme »
(15) – C. La conception de la démocratie comme élément
de définition ? (16) – D. Les différents aspects
de la démocratie (17) – E. Définir l’extrême
droite à partir des contenus idéologiques (18) –
2. Description des électorats d’extrême droite
– A. Analyse des valeurs : centralité du rejet des
immigrés – B. La xénophobie ne dépend
pas du taux d’étrangers sur le territoire (20) –
3. Eléments d’explication sur les déterminants
du vote d’extrême droite – A. Une perspective
historique : l’exception ou « génération
bouclier » (22) – B. Conséquence : s’habituer
à une frange d’extrême droite – C. La production
de stéréotypes comme mécanisme cognitif (23)
– D. Le consensus politique favorise la désignation
d’un adversaire (24) – E. Le divorce entre les électeurs
et la classe politique (25) – F. L’insécurité
dans tous ses états : réflexions sur la « protection
», le ressentiment chez les laissés-pour-compte de
la modernité (26) – G. Demande sécuritaire,
irrationalité et vieillissement (27) – H. Protection
sociale : une perspective subjective (28) – I. Nationalisme
du repli dans le cadre d’un « capitalisme opportuniste
» (29) – Notes (30) – Démocratie et extrême
droite : organisation et composition des tables rondes – 1.
Description du dispositif (34) – 2. Brève description
des groupes participants – Le panel d’experts et de
scientifiques – Les représentants du monde socioculturel
(39) – Les militants du PS – Les travailleurs sociaux
– Les enseignants (40) – Les représentants du
monde socio-économique – Les seniors (41) – Les
jeunes (42) – Démocratie et extrême droite :
Synthèse des tables rondes – 1. Les scientifiques sur
les causes de la fragilisation démocratique (43) –
2. Qu’est-ce que la démocratie ? – Le versant
strictement politique (46) – La question des droits (48) –
Les libertés et la tolérance (50) – 3. Les limites
de notre fonctionnement démocratique – une démocratie
inaccomplie, ou l’utopie démocratique (52) –
La question sociale et la participation à la société
(54) – « Pantins » consommateurs et « méritocrates
» (56) – Société individualiste et perte
de repères (57) – Le déficit démocratique
ou les limites du fonctionnement politique (58) – Pour un
retour des projets de sociétés identifiables (61)
– Du bon usage de la consultation populaire (62) – La
responsabilité des médias (62) – … Mais
une Wallonie vacinée contre l’extrême droite
(63) – 4. Les sirènes de l’extrême droite
– la simplification (66) – La manipulation (67) –
Le vote protestataire – 5. des pistes d’action –
Former, éduquer, expliquer et faire confiance (68) –
De la responsabilité sociale de l’entreprise aux vertus
d’un refus univoque de l’intolérance (72) –
A l’adresse du PS… pour l’affirmation d’un
projet de société de gauche (74) – Notes (76)
– Conclusion : L’extrême droite vue par les démocrates
(77) – Notes (87) – Bibliographie commentée (89)
– Annexe : Tableau synoptique des thèmes abordés
par les différents focus groups (103) – Table des matières
(107).
Culture et Démocratie
60, rue de la Concorde - 1050 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11
Courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be
Cette lettre d'information a été réalisée
par Séverine Monniez, Marie Poncin, Georges Vercheval et
Sabine Verhelst, en collaboration avec Roland de Bodt pour la rubrique
« Pour ne pas rester sur sa faim ».
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