Culture ET démocratie
accueil axes de travail outils agenda contact
Voir l'image

Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°36 - 10/06/2009

Editorial

 

Cette Lettre est la dernière avant l'été et, même si certains thèmes sont polémiques, elle s'affirme surtout comme une Lettre "d'informations". La précédente, que vous avez reçue très récemment - à une encablure des élections régionales et européennes - était évidemment plus "politique". Nous y réaffirmions nos priorités (parues en Carte blanche dans La Libre du 5 juin) et revenions sur notre appel en faveur du retour de l'art et de la culture dans l'enseignement (Le Soir du …). Ne nous leurrons pas, rien n'est vraiment gagné et il faudra bientôt remettre ces grandes questions sur le tapis. À ce propos, rappelons que les actes du colloque du 17 novembre ont été édités : Cahier 02 de Culture et Démocratie !

Les élections ont eu lieu. Laissons les interviouweurs s'acharner à arracher "le" scoop aux politiques. Regrettons aussi que la stratégie trop souvent l'emporte sur les programmes, et que la communication prend également le pas sur le débat véritable. Y a-t-il relation de cause à effet ? La politique est de plus en plus mal aimée et la démocratie en souffre. Il faut s'effrayer de la hausse constante du nombre des abstentionnistes, en Europe en général, et même chez nous où le vote est pourtant obligatoire...! Alors qu'il y a quelques générations seulement, des femmes et des hommes se sont durement battus pour obtenir le suffrage universel, auparavant réservé aux seuls possédants...

Si la culture est menacée, la démocratie l'est aussi. Mal comprise, mal ressentie, parfois invisible, elle doit retrouver sa place, et sa vérité. En ce sens, nous suggérons à nos lecteurs de se procurer le petit livre que Roland de Bodt - notre nouveau président - vient de publier. Il y est question "de la culture des libertés et des droits fondamentaux conçus comme égaux, indivisibles, inaliénables et universels". *

Culture et Démocratie

* Roland de Bodt : "Le Symbole de la fidélité au genre humain". Le Chariot, éditeur-libraire, Mons, février 2009. Chez tous les bons libraires.
** à signaler également, du même auteur et chez le même éditeur, en 2005 : "Démocratie et droits fondamentaux".

 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

À vos agendas 

Consultez également l'agenda du site de Culture et Démocratie ...

 

Activités et évènements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique :

 

Culture et Citoyenneté :

L’Opéra des Marolles

Du mardi 23 au samedi 27 juin à 20h30 et le dimanche 28 juin à 15h, au Palais de Justice de Bruxelles (Place Poelaert – 1000 Bruxelles).

L’Opéra des Marolles, constitué en octobre 2007 aux Brigittines, frappe fort cette année !
Walter Hus et sa tribu de chanteurs fous s’attaquent de front au plus austère symbole de Bruxelles : le titanesque Palais de Justice qui surplombe les Marolles, avec son histoire d’émeutes populaires et de légendes obscures. C’est là que se jouera un véritable opéra, aboutissement de deux ans de travail, initié par Les Brigittines. Par son approche inhabituelle de traiter la voix brute, Walter Hus a constitué une palette colorée d’individus d’âges et d’origines divers issus du quartier des Marolles. Naît de ce travail un opéra expérimental qui renoue avec une tradition lyrique populaire et subversive où chacun est soliste et auteur de son propre rôle.

Informations :
Prix : 5 euros / Entrée libre pour les Marolliens
Tél : 02/213 86 10 - www.brigittines.be

Créativité et innovation dans les villes européennes - 20 ans après la chute du rideau de fer

Les 26 et 27 juin 2009, les 16èmes Rencontres du réseau Banlieues d'Europe se dérouleront à l’Institut Français
de Prague.

Pendant deux jours, des débats, interventions, tables rondes se succéderont en alternance autour de différentes thématiques : résistances et témoignages, nouvelles dimensions culturelles, nouvelles approches des populations, échange est-ouest, mobilité artistique.

Il est préférable de s'inscrire au plus tôt par courriel (date limite 15 juin 2009) à banlieues.deurope@wanadoo.fr (nombre de places limité).

Informations :
Langues de travail : français, anglais, tchèque
Gratuit sur inscription / Déjeuner sur inscription : 120 Kc (4,50 €)
Tél. 0033 4 72 60 97 80 - www.banlieues-europe.com

A corps perdu. La mort en face.

Jusqu'au 4 octobre 2009, au Musée de la Médecine (ULB Campus Erasme - route de Lennik, 808 – 1070 Bruxelles. Métro Erasme).

Cette exposition, produite par le Centre d'Action laïque de la province de Namur, s'adresse plus particulièrement aux intervenants et étudiants des secteurs de la santé, des sciences humaines, de l'accompagnement des personnes âgées.

" À corps perdu. La mort en face » propose - le temps de la visite - de regarder la mort en face, selon un parcours qui retrace symboliquement la prise de conscience progressive de la mortalité de l’être au fil de la vie et les questionnements qui en découlent. La mort interpelle. Le caractère aléatoire imprévisible de sa survenue, élément marquant d’une incertitude et d’une finitude que l’on s’efforce d’oublier, déstabilise profondément l’individu ou la communauté qui lui est confrontée. La mort fait peur. Parfois elle fascine et nous ravit..."

Entrée : 3 € adultes, 2 € pensionnés, 1 € étudiants, gratuit pour les moins de 12 ans
www.laicite.com

Aujourd'hui, c'est demain. Survivre au cancer.

Le livre est d'Eric Sariban, médecin, et de Gaël Turine, photographe. L'exposition est impressionnante et "différente" car les images, non encadrées - et pour cause - ne se trouvent pas aux cimaises d'un musée ou d'une galerie mais bien accrochées aux grilles du Parc de Bruxelles, face au Palais royal ! Des bâches oranges, sur quelque deux cents mètres, au soleil ou dans le vent. Ce sont des portraits - de grands portraits, en couleurs - d'enfants ou de personnes jeunes, flanqués de scènes de la vie quotidienne, en noir et blanc. De leur vie ! Le texte, qui est de leur main, explique cette présence. Pour Florence, c'est une lettre : Cher Docteur Sariban, je suis heureuse d'être en vie, je pense que la vie est trop courte que pour se plaindre (…) sans cette maladie, je n'aurais jamais été telle que je suis aujourd'hui. Sébastien a 27 ans : leucémie aiguë diagnostiquée à l'âge de 10 ans et demi. Chimiothérapie… etc. Aujourd'hui, Sébastien est médecin. Hadrien, lui, a 10 ans. Il lutte contre une tumeur rénale depuis ses 3 ans. Aujourd'hui, il est à l'école et envisage d'être joueur de tennis professionnel. Le grand bonheur, écrit un autre, est de me lever le matin et de voir ma gueule dans le miroir en me disant "ne rate pas une miette de la vie"! Ces images-là sont non seulement belles, mais elles sont porteuse d'espoir.

"Aujourd'hui, c'est demain", c'est une exposition : jusqu'à la mi-juillet, sur les grilles du Parc de Bruxelles. C'est aussi un livre d'Eric Sariban et de Gaël Turine. Editions Robert Delpire, Paris. 29 euros. http://www.cestdemain.eu

Les Halles invitent leurs voisins !

Le 14 juin, de 13h à minuit, les Halles de Schaerbeek organisent « Supervoisins ».

Musique, cirque, expositions, danse, ateliers, lectures, cinéma, performance, apéro, et after party!

Des rues toutes vertes et des poivrons, des tomates, et des coquelicots qui prendraient possession de nos trottoirs… Cette année, pour fêter leur fin de saison, les halles vous embarquent dans leur utopie et vous invitent à transformer la rue Royale Sainte-Marie et la rue de la Constitution en jardin et salon géants. Inspirée par le film Extérieur rue d’Anne Closset et Carmen Blanco Principal, et scénographiée par les étudiants de la Cambre, section espace urbain, cette quatrième édition de SuperVoisins sera festive, poétique et révolutionnaire… ou ne sera pas.

Informations :
www.halles.be

 

Culture et Ecole :

Mini-festival « De la Lune à la Scène » : Journée Art du Conte à l’Ecole

Le jeudi 11 juin 2009 de 10h à 11h30, au Botanique – salle du Witloof-bar (rue Royale 236 à 1210 Bruxelles)

Pierre de Lune, Centre Dramatique Jeunes Publics de Bruxelles, organise son mini festival « De la Lune à la Scène » : Journée Art du Conte à l’Ecole. Vous y découvrirez les histoires d’animaux fabuleux racontées par les enfants.

« Anim’mots »
 
Les animaux fantastiques habitent dans les contes et les légendes du monde. Les enfants de trois classes découvrent ces animaux dans la tradition orale populaire. Ils apprennent à mettre en pratique les techniques du conteur (corps, voix, espace), comprennent la différence entre l’écrit et l’oral, la relation au public, expérimentent des techniques de collage, pour rendre visible sur papier, leur incroyable bestiaire. La prise de parole, l’appropriation d’une histoire, de ses images, le choix des mots, les liens avec le patrimoine culturel de chacun, la mise en valeur de cette parole, la recherche d’une forme de théâtralité autour de cette parole, sont les axes principaux du projet.

Informations :
Pierre de Lune : 02 / 218.79.35

 

Culture et Solidarité :

L'espace d'un temps 

Le 26 juin 2009, 19h, au centre de détention de Saint-Hubert (Rue Thier del Borne, 1 à 6870 Saint-Hubert), les comédiens de l'atelier théâtre du projet « Alpha-Culture » présentent « L'espace d'un temps ».

« Ils ont participé à une loterie internationale et ont été tirés au sort pour un voyage... »

Le spectacle a été réalisé dans le cadre du projet « Apha-Culture » grâce à un partenariat entre l'Institut de Promotion Sociale de la Communauté française de Libramont et la Maison de la Culture de Marche-en-Famenne avec la collaboration d'Alvéole Théâtre de Bastogne.

Réservation obligatoire à asj-lux@skynet.be

Il y a rire et rire

Du 20 juin 2009 au 12 septembre 2009, le Madmusée (Parc d’Avroy à 4000 Liège) organise l’exposition Il y a rire et rire.

Il y a rire et rire expose le rire (jaune), le rictus, la grimace – cet entre-deux entre la franche bouffée de joie et le malaise. C'est donc une exposition qui (se) pose des questions sur la perception de sentiments tels que le ridicule, la gêne ou l'idiotie. L'exposition brasse des artistes, handicapés mentaux ou non, en provenance de différents horizons (collection du Madmusée, collections personnelles d'artistes contemporains, ateliers artistiques oeuvrant dans le champ du handicap mental). Elle s'accompagne d'un catalogue éponyme, richement illustré et argumenté.

Il s'agit d'une exposition, avec des artistes, handicapés ou non, qui (se) pose (des) questions (ou non) sur ces manières qui sont monnaie courante dans notre société exclusivement visuelle, auditive et désespérément contemporaine – au-delà de toute lapalissade. Notre société pas encore adulte, en sa phase pré-pubère, le nez dans le guidon, perdue dans le présent, se perd en gesticulations, pantomimes et autres imitations visuellement assourdissantes et mentalement inquiétantes. L’idiotie, souvent involontaire et non revendiquée, envahit de ses tics les médias – et l'on n’ose aborder le cas désespéré et désespérant d’internet*. Hommes politique ou acteurs chantant – comme s’il n’y avait pas déjà assez de faux clowns –, présentateurs jouant la comédie, chroniqueurs se prenant pour des humoristes, et tout ça braille, surjoue et grimace. Et ces sourires permanents, vissés sur toutes les bouches, angoissants, comme si la vie était drôle. Lorsque certains rires, trop animaux, réquisitionnent les écrans, agressent nos vies déjà suffisamment menacées. S’il n’était que le son, l’image hurle de concert – et la civilisation ayant été construite sur l’apaisement des beuglement jusqu’au silence réfléchi, il y a de quoi s’alarmer de son avenir (très) proche. Qui est fou ou plutôt qui y joue? Il n’est pas celui qu’on croit en tout cas, le navrant de bon nombre d’émissions radiophoniques ou télévisuelles en atteste et dégorge une idiotie stérile – car si idiotie il y a, elle doit être constructive ou tout au moins révélatrice –, accompagne ou devance une certaine déréliction contemporaine, car qui de l’œuf ou de la poule ?

François Liénard, directeur artistique du Madmusée

Informations :
Accès gratuit.
04 / 222 32 95 - www.madmusee.be

Voir également la présentation du MadMusée dans la rubrique « Coups de cœur »

" Précarité et accès à l’éducation "

Du 26 au 30 août 2009, à la ferme de Vevy Wéron (Namur) La Ligue des droits de l'Homme asbl propose une formation résidentielle.

Vous êtes enseignant, futur enseignant, éducateur ou animateur... et vous souhaitez : Développer vos compétences d'animation, découvrir de nouveaux outils, de nouvelles méthodes et intégrer un réseau, ouvrir ou continuer une réflexion sur l’accès à l’éducation (comment en parler avec les jeunes ?), augmenter vos connaissances en matière de droits de l'Homme.

Au programme de la formation :


- Rencontres avec Marie Jo Sanchez (membre de la commission Jeunesse de la LDH et coordinatrice de CEFA), Miguel Lloreda (professeur, membre du mouvement socio pédagogique « Changement pour l’égalité » CGé), Donat Carlier (coordinateur à la Commission consultative Formation Emploi Enseignement en région Bruxelloise)
- Journée d’exploration et de réflexion sur le théâtre forum avec Carlos Bustamante (Centre de Formation pour Animateurs en art du spectacle),
- Exploration du Manuel Repères du Conseil de l’Europe, film, témoignages,
- Travail sur les récits de vie (à partir d’un livre de Pascale Jamoulle, avec son autorisation),
- Présentation d’un « livre politique » par Didier Decoux (professeur à l’école supérieur des arts plastiques et visuels à Mons), …
 
Formateurs : Cécile de Borman et Olivier Boutry (Ligue des droits de l'Homme asbl)
 
Informations :
Inscription : 120 euros (logement et nourriture compris). Etudiants, chômeurs : 95 euros 
20 places disponibles – inscriptions clôturées le 15 juillet 2009

Renseignements et programme sur demande à Cécile de Borman : cdeborman@liguedh.be ou au 02/209 62 84

www.liguedh.be

Coups de cœur

Culture et Citoyenneté

Le Théâtre Maât

Le Théâtre Maât, tout comme la déesse égyptienne du même nom (gardienne de la justice, de l'harmonie et de l'équilibre universel), place l'homme au centre de ses préoccupations.
Elaborés autour de propos sociaux et centrés sur les acteurs, nos spectacles mêlent étroitement la musique au théâtre dans un élan festif où l'humour et la tendresse cherchent à l'emporter sur la tristesse et la violence.

Ce petit texte fondateur date de la création de la compagnie, en 1989. Pour nous, il n’a rien perdu de son actualité et il figure toujours sur tous nos documents. Aujourd’hui, il semble de plus en plus difficile de se faire entendre dans le brouhaha médiatique permanent, où le meilleur et le pire se côtoient dans une relative indifférence. Mais nous pensons que cela reste possible. Nous avons la chance, chaque année, de nous adresser à des milliers de jeunes spectateurs qui vibrent, l’espace d’une heure, au diapason de nos spectacles. Les graines que l’on sème à tous vents dans ces audiences scolaires ou familiales finiront toujours par germer ça et là, dans une tête ou dans un cœur. Certes, on ne change pas le monde par le théâtre, ou si peu, mais cela ne nous empêche pas d’essayer d’y apporter un peu de sens.

Dans notre dernière création “La Nuit avant le Jour”, nous introduisons un journal des bonnes nouvelles, où l’on met en perspective le catastrophisme permanent des informations avec la réalité plus nuancée d’un monde qui possède aussi, heureusement, son verre a demi plein de belles choses à nous raconter :

Mesdames et Messieurs bonsoir. Il est deux heures sur RBN, votre Radio des Bonnes Nouvelles. Voici les titres de l’actualité:
Les 127.651 avions qui ont décollé aujourd’hui, aux quatre coins du monde, sont bien arrivés à destination.
Aujourd’hui, pas de tsunami, d’ouragan, de cyclone de tremblement de terre ni d’attentat terroriste.
Aujourd’hui également, on a recensé 5,9 milliards d’êtres humains qui ont vécu en paix, 1,8 milliards de couples qui se sont aimés, 1,9 milliards d’enfants qui ont joué sans se faire mal, 6,1 milliards d’individus qui ont ri ou souri au moins une fois.
600.000 bébés sont nés aujourd’hui avec des nouvelles idées pour changer le monde.
La température de la planète est inférieure aux normales saisonnières, pas de réchauffement planétaire donc aujourd’hui.
Nous vous souhaitons à toutes et à tous une excellente nuit

L’autre versant de notre activité, tout aussi important, se décline dans les nombreux ateliers que nous menons à Bruxelles et plus particulièrement à Schaerbeek. Regroupant des dizaines d’enfants, de jeunes et d’adultes de toutes catégories sociales et culturelles, nous réalisons chaque année des projets théâtraux où le respect et la solidarité sont les maîtres mots. Certes, le pari est difficile. On peut même dire qu’il devient de plus en plus difficile d’année en année, tant les préjugés et les replis identitaires se font plus virulents, tant la crise et la perte de valeurs collectives (à part celle, toute puissante, de la consommation) poussent toujours à plus d’individualisme. Certes, nous devons aussi lutter pied à pied contre l’asservissement de l’homme à l’écran, au virtuel, au monde en deux dimensions. Le combat se poursuit.

A la veille de nouveaux bouleversements institutionnels, le cœur de Bruxelles continue de battre furieusement. Ville de la mixité par excellence, notre métropole étonne par son exception sociale et culturelle. Là où la France paie comptant le détricotage de sa politique sociale, nous restons, dans un style parfois surréaliste, un exemple de cohabitation pacifique et de maillage social fort. Etabli depuis près de vingt ans à Schaerbeek, cette commune dont le seul nom fait trembler parfois ceux qui n’y vivent pas, le Théâtre Maât trouve essentiel de s’inscrire dans un travail de fond avec des citoyens de tous bords et de contribuer, à son échelle, à développer le dialogue et la convivialité dans le quartier.

Cette année, nous avons choisi un sujet qui, curieusement, suscite les passions. En effet, “Arrête de faire le Singe”, le spectacle qui conclut les ateliers de la saison, parle avec humour de la théorie de l’évolution de Darwin et de l’étrange retour du créationnisme. Ensuite, nous poursuivrons notre route en cet étrange début de siècle, où le monde n’a pas d’autre choix que de changer de cap.

Et nous sommes partants pour un nouveau début!

Hadi El Gammal
Directeur du Théâtre Maât

Tél. : 02/ 242 76 89 - www.theatremaat.com

Culture et Solidarité

Madmusée

Le Madmusée, implanté au cœur du Parc d’Avroy à Liège, est une institution émanant de l'association Créahm Région Wallonne (Créativité et Handicap mental).

Inauguré en octobre 1998 et reconnu officiellement comme musée par le Ministère de la Culture de la Communauté française de Belgique en 2008, le Madmusée a pour missions la conservation, la promotion, la sensibilisation, l'étude et la recherche concernant les productions d'artistes œuvrant, le plus souvent, dans des ateliers s'inscrivant dans une mouvance similaire à celle du Créahm. Le Madmusée s’attelle donc avant toutes choses à la reconnaissance et à la valorisation d’œuvres créées par des personnes dites handicapées mentales, voire malades mentales.

Patrimoine artistique unique en son genre, la collection du Madmusée contient à ce jour près de 1.600 œuvres issues d’horizons variés sur les plans stylistique, thématique, technique, mais aussi géographique : si une majorité de peintures, sculptures, dessins, gravures, créations textiles et films d’animation sont en provenance d’ateliers belges, un nombre considérable d’œuvres viennent également d’institutions situées aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, en France, en Grande-Bretagne, en Suisse, aux Etats-Unis, en Australie et au Japon. Brassant les esthétiques et les univers, la collection abrite notamment des œuvres d’Anny Servais, Pascal Tassini, Serge Delaunay, Dominique Théâte, Pascale Vincke, Daniel Sterckx, Cathy Staughton, Hein Dingemans, Laan Irodjojo, Dwight Mackintosh, Antonio Dalla Valle, Umberto Bergamaschi…

En complément à cette collection internationalement reconnue, le Madmusée développe deux champs d’actions spécifiques. D’une part, des animations pédagogiques qui, s’adressant essentiellement au public scolaire, allient sensibilisations théoriques et pratiques. D'autre part, un centre de documentation qui, à disposition des étudiants, enseignants, animateurs et artistes entre autres, propose un choix exhaustif de documents traitant de l'art des artistes handicapés mentaux et d'autres formes d'expression « hors normes » (art brut, art outsider, art en marge, etc.) ; il recense également de nombreuses informations sur les artistes représentés dans la collection permanente et sur des institutions oeuvrant dans la même direction que le Madmusée.

Aujourd’hui, en déficit d’espace adéquat au sein même du bâtiment qui l’accueille, le Madmusée n’est plus en mesure d’exposer en ses murs propres sa collection permanente – un projet de nouvel espace architectural, plus adapté à une stricte fonction muséale, est en cours et une salle du Grand Curtius est mise à disposition de la collection du Madmusée depuis avril 2009. Des expositions temporaires sont toutefois proposées de manière continue dans la galerie du Madmusée : elles présentent généralement l’œuvre d’un voire deux artistes, belges ou étrangers.

Madmusée
Tel 04 222 32 95 - www.madmusee.be

 

Construire une « culture » de la formation de base des travailleurs sociaux…

C’est de cette aventure que témoigne un DVD intitulé « Liège/Tanger » qui rassemble un important travail de « mémoire » photographique élaboré tout au long de ce parcours. Au cœur de cette construction, quelques professeurs de l’Ecole Supérieure d’Action Sociale (HELMO/ESAS) qui défendent une pédagogie de l’ouverture de l’école sur l’extérieur pour un travail social décloisonné et transdisciplinaire, pour une approche globale et systémique de la formation comme de l’action sociale. C’est un véritable réseau qui s’installe au fil d’une dizaine d’années entre quelques enseignants, des étudiants et des partenaires extérieurs à l’institution scolaire. Ce projet de travail a entretenu depuis le début une dimension internationale qui était nécessaire pour ancrer la formation et l’action sociale dans le monde d’aujourd’hui. Le DVD montre comment un projet de coopération entre l’ESAS et l’INAS (Institut National d’Action Sociale) de Tanger ne peut se réaliser que parce qu’en amont et en aval, est en train de se construire une démarche de formation réflexive qui touche à de multiples éléments. Ce qui en fait bien plus qu’une simple « méthodologie » de travail coopératif, c’est cette façon d’y induire un ensemble de dimensions les plus diverses et originales, créations partagées et collectives entre des personnes d’origines et de cultures différentes. Cette élaboration progressive d’un réseau étendu dans le temps et l’espace, et cette primauté accordée à l’humain dans toutes ses facettes, même les plus sensibles, sont les caractéristiques principales de ce que nous appelons « construction culturelle ». Ici, il ne s’agit plus d’une simple sensibilisation des étudiants à la dimension culturelle en travail social mais d’une création culturelle collective de la formation.

Mais bien sûr, cela ne se fait pas sans mal, cela dérange, cela oblige à prendre les risques inhérents à toute les aventures, cela engage, cela entraîne le débat, nécessite la réflexion et l’évaluation continue et collective, cela nécessite enfin, une résistance ardue à toutes formes d’instrumentalisation.

Cette réalisation est artisanale dans le sens noble du terme et peut être obtenue sur demande auprès de Claire Walthéry, enseignante à L’HELMO/ESAS et membre de l’AG à Culture et Démocratie. Ce DVD peut être emprunté et copié… Et à la place d’une monnaie d’échange, juste une réaction par mail aux auteurs afin d’élargir le réseau !

claire.walthery@tvcablenet.be

Faits et opinions

Cette rubrique est nourrie par les réactions spontanées de nos lecteurs et lectrices. Elles se déclinent en cartes blanches, coups de cœur et coups de gueules !

Le théâtre n’est pas seulement un événement, c’est un mode de vie !

 

Toutes les sociétés humaines sont spectaculaires dans leur quotidien et produisent des spectacles pour des occasions spéciales. Elles sont spectaculaires en tant que mode d’organisation sociale, et produisent des spectacles comme celui que vous êtes venus voir.Même si nous n’en avons pas conscience, les relations humaines sont structurées de façon théâtrale : l’utilisation de l’espace, le langage du corps, le choix des mots et la modulation de la voix, la confrontation des idées et des passions, tout ce que nous faisons sur les planches, nous le faisons dans notre vie : nous sommes le Théâtre !Non seulement les noces et les funérailles sont des spectacles, mais le sont aussi les rituels quotidiens si familiers qu’ils n’affleurent pas à notre conscience. Non seulement les grandes pompes, mais aussi le café du matin et les bonjours échangés, les amours timides et les grands conflits passionnels, une séance du sénat ou une réunion diplomatique - tout est théâtre.

L’une des principales fonctions de notre art est de porter à notre conscience les spectacles de la vie quotidienne dont les acteurs sont également les spectateurs, dont la scène et le parterre se confondent. Nous sommes tous des artistes : en faisant du théâtre, nous apprenons à voir ce qui nous saute aux yeux, mais que nous sommes incapables de voir tant nous sommes peu habitués à regarder. Ce qui nous est familier nous devient invisible : faire du théâtre, c’est éclairer la scène de notre vie de tous les jours.
 
Au mois de septembre dernier, nous avons été surpris par une révélation théâtrale : nous qui pensions vivre dans un monde sûr, malgré les guerres, les génocides, les hécatombes et les tortures qui, certes, se déroulaient mais loin de nous dans des contrées lointaines et sauvages, nous qui vivions en sécurité avec notre argent placé dans une banque respectable ou dans les mains d’un honnête courtier en bourse, on nous a dit que cet argent n’existait pas, qu’il était virtuel, fiction de mauvais goût de quelques économistes qui eux n’étaient pas fictifs, ni sûrs, ni respectables. Tout cela n’était que du mauvais théâtre, une sombre intrigue dans laquelle quelques-uns gagnaient beaucoup et où beaucoup perdaient tout. Des politiciens des pays riches ont tenu des réunions secrètes d’où ils sont sortis avec des solutions magiques. Nous, victimes de leurs décisions, nous sommes restés spectateurs assis au dernier rang du balcon.Il y a vingt ans, je montais Phèdre de Racine à Rio de Janeiro. Les décors étaient pauvres : des peaux de vache au sol, des bambous autour. Avant chaque représentation, je disais à mes acteurs : « la fiction que nous avons créée au jour le jour est finie. Quand vous aurez franchi ces bambous, aucun de vous n’aura le droit de mentir. Le Théâtre, c’est la Vérité Cachée ».Quand nous regardons au-delà des apparences, nous voyons des oppresseurs et des opprimés, dans toutes les sociétés, les ethnies, les sexes, les classes et les castes ; nous voyons un monde injuste et cruel. Nous devons inventer un autre monde parce que nous savons qu’un autre monde est possible. Mais il nous appartient de le construire de nos mains en entrant en scène, sur les planches et dans notre vie.Venez assister au spectacle qui va commencer; de retour chez vous, avec vos amis, jouez vos propres pièces et voyez ce que vous n’avez jamais pu voir : ce qui saute aux yeux. Le théâtre n’est pas seulement un événement, c’est un mode de vie !Nous sommes tous des acteurs : être citoyen, ce n’est pas vivre en société, c’est la changer.

Augusto BOAL,
créateur du Théâtre de l'Opprimé
texte écrit en mars dernier,
à l'occasion de la Journée Mondiale du Théâtre
et diffusé par Philippe Dumoulin
directeur du Théâtre du Public,
lors de la nouvelle de son décès.

L’idiot de la famille littéraire ?

Sur le continent des Belles-Lettres, il est une terre fertile et productive, qui, si l’on n’y prend garde, risque bien de devenir le no man’s land de la littérature mondiale : la traduction littéraire.

À l’origine de cette carte blanche, une sombre farce dont je viens d’être le « dindon ». Samedi 21 février, midi, je prends au vol une émission de France Culture dont l’intitulé a tout pour me plaire : Questions d’éthique, magazine dirigé par Monique Canto-Sperber, par ailleurs directrice de l’École Normale Supérieure. L’ouvrage à l’ordre du jour, Une Femme à Berlin, est le journal intime d’une jeune Berlinoise (anonyme), d’avril à juin 1945, époque où les Russes débarquent à Berlin et font main basse sur tout, y compris sur les femmes. L’émission débute par une longue citation du journal. Première émotion : cette citation, je la connais par cœur, ce sont « mes » mots qui résonnent là à l’antenne, ou plutôt les paroles de l’anonyme allemande transposées par mes soins en français. Pour traduire un texte d’une telle envergure, on ne peut toujours garder les distances. Au même titre que tout autre créateur, le traducteur littéraire n’utilise pas que son cerveau, il doit aussi faire appel à ses cinq sens et à son vécu affectif. S’il veut restituer la voix étrangère dans toute son authenticité, s’il veut émouvoir ou provoquer la réflexion au même titre que l’auteur, il lui faut devenir acteur, au sens où l’entendait Stanislavski : aller puiser au fond de soi toutes les ressources personnelles, pour mieux trouver le mot, le rythme, le ton justes.

La suite de l’émission me réserve d’autres surprises. L’interlocuteur invité, lui aussi professeur à l’École Normale Supérieure, n’est autre que Jean-Pierre Lefebvre, germaniste et traducteur réputé. Pincement au cœur : pourquoi n’ai-je pas également été sollicitée pour l’émission ? Je connais pourtant l’ouvrage de l’intérieur, j’en sais les tenants et les aboutissants, la genèse, l’impact historique ou idéologique, et je n’ignore rien de l’expertise qui a prouvé l’authenticité du tapuscrit confié à Kurt Marek (anagramme de Ceram). L’anonyme avait revécu en moi tandis que je la traduisais, j’aurais aimé parler pour elle. Or c’est un homme qui parle là d’un vécu de femme époustouflant qu’il escamote au profit d’une analyse historico-idéologique, savante sans doute, mais peu soucieuse de l’épaisseur physique du texte et de la qualité de l’écriture. Pas un mot sur les conditions réelles de la tenue du journal, sur l’humour noir comme planche de salut, sur la dignité dans l’atrocité, sur la noble impartialité dans l’adversité, ou sur les avatars du tapuscrit tombé plus tard aux mains du mouvement féministe, et j’en passe.
L’émission touche à sa fin, et les bras m’en tombent : ni l’interviewer, une femme de lettres, ni l’interviewé, un traducteur qu’on aurait cru solidaire, n’ont songé un seul instant à citer le nom de la traductrice. Et les remerciements finaux n’iront qu’aux membres de l’équipe technique.
La plupart de mes confrères et consœurs informés ont applaudi à la fraîcheur de ma colère car bon nombre d’entre eux s’étaient depuis longtemps résignés. Et en effet, mon cas n’en était qu’un parmi des centaines. Il suffit, pour s’en persuader de consulter un site qui vient d’aborder la question : http://zozodalmas.blog.lemonde.fr

Questions d’éthique… l’intitulé était pourtant de bon augure, n’était-ce pas le lieu privilégié de l’honnêteté intellectuelle et, partant, du respect des droits moraux de paternité d’un texte ? Où le bât blesse-t-il vraiment ? Nombrilisme parisien, élitisme de caste, pédantisme universitaire ? On s’invite entre soi, brillants détenteurs du savoir et de la compétence, et l’on tourne systématiquement le dos aux chevilles ouvrières que l’on juge a priori incapables d’élaborer une réflexion sur le travail, on oublie systématiquement l’existence des petites mains qui ont reconstitué avec talent et passion et au prix de quels efforts, toute la mosaïque d’une grande œuvre …

Pourquoi le labeur minutieux du traducteur littéraire, co-auteur de ses ouvrages, écrivain à part entière, véritable ambassadeur culturel, est-il à ce point oublié, méconnu, bafoué ? N’est-il que l’idiot de service, puni d’anonymat parce qu’il serait incapable d’avoir lui-même un style ou des idées et en serait réduit à singer les « vrais » écrivains? N’aurait-il donc, après tout, que ce qu’il mérite ? Quand un Michel Pollack fait les louanges du style de la Femme à Berlin, pourquoi ne lui vient-il pas à l’idée que ce style résulte forcément d’un jeu à quatre mains ? Dans d’autres domaines, les ovations des spectateurs de Hamlet ne visent pas que Shakespeare, et qui oserait concevoir une affiche de théâtre sans le nom des acteurs ? 
Un mot d’espoir pourtant : l’ATLF – association des traducteurs littéraires de France – présidée par Olivier Mannoni, prépare actuellement un système de réaction collectif et systématique aux oublis de noms de traducteur dans la presse audiovisuelle ou écrite, mais aussi sur les sites de vente de livres, qui nous oublient trop souvent. Et à ce propos : songez au spectacle qu’offriraient les Salons du livre si l’on retirait des étals tous les ouvrages traduits ?
Il est à espérer que notre vindicte, sage ou folle, ne rencontrera pas que des moulins et finira par avoir raison du Malin….

Françoise Wuilmart
Directrice du Centre européen de traduction littéraire
et du Collège européen des traducteurs littéraires de Seneffe.

 

Conservateur ou manager ?

Je m'inscris en faux contre le consensus béat que suscite l'ouverture du Musée Magritte.

Peu importe que sa peinture n'émeuve pas ma sensibilité ni ne sollicite mon intelligence, là n'est pas la question. Ce qui me choque, c'est qu'on ait sorti oeuvres et documents du Musée d'Art Moderne dont l'attrait diminue d'autant pour le grand public. En attendant que Delvaux en sorte à son tour si devait que se réaliser le projet bâclé de politiciens en mal de pub à la veille d'élections.

Le public informé par les médias les plus populaires ne saura même plus que le Musée d'Art Moderne existe. Au lieu de le parcourir et d'y découvrir peut-être une oeuvre moins médiatisée mais qui l'accroche et le retient, il l'aura déserté.

Le Musée Magritte fera du chiffre – une obsession de marchand qui a contaminé trop de responsables dits culturels. Le Musée d'Art Moderne dépouillé d'une part de ses richesses aura si peu de visiteurs que, par manque chronique de personnel, des salles seront fermées un jour par-ci, un jour par là, ou encore jusqu'à ou à partir de midi... Comme c'est déjà le cas au Musée d'Art Ancien. Pour mener celui-ci à une lente et discrète agonie, on pourrait imaginer d'en sortir les Bruegel par exemple, ou les Rubens et les Van Dyck. On les exposerait dans quelque lieu plus ou moins désaffecté réaménagé à grands frais – c'est tout bon pour les carnets de commande d'entrepreneurs bien placés. Pub tous azimuts aidant, le public courrait voir ce qu'il peu admirer actuellement sans faire la file pour entrer ni être pressé par la foule. Coïncidence - mais en est-ce une ? - le billet d'entrée tarif plein aux Musées Royaux des Beaux-Arts est passé de 5 à 8 euros....

(...)

L. Gross

NB: Voir également, sur le même sujet, la carte blanche de Bernard Hennebert : "Le nouveau Musée Magritte ou le syndrome de la dame blanche" parue dans Le Soir du 19 mai 2009 www.consoloisirs.be

Dernières nouvelles

Culture et Démocratie :

La culture au coeur de l'enseignement. Un vrai défi démocratique - Cahier 02 de Culture et Démocratie

En novembre 2008, Culture et Démocratie a organisé, en collaboration avec la Fondation Marcel Hicter asbl, un colloque intitulé "La culture au coeur de l'enseignement : un vrai défi démocratique". Il réunit plus de 360 personnes au Théâtre de la Place des Martyrs venus écouter des intervenants issus du monde de l'éducation et de la culture réaffirmer la dimension culturelle de tous les savoirs scolaires et la nécessité d'introduire des savoirs et des compétences culturelles et artistiques dans l'enseignement et dans la formation des enseignants. Y a été évoqué l’intérêt qu’il y a, dans ce cadre, à poursuivre les projets culturels et artistiques dans les écoles, la fréquentation des lieux de création et la pratique artistique. La question d’un contrat culturel fort pour l’Ecole, prise au sens large, a été creusée, contrat culturel qui ne se traduise pas seulement en termes de projets et de pratiques, même pluriannuelles, mais en formation à long terme pour tous, sans exception. Il s’agit là d’un véritable enjeu démocratique.

Les actes du colloque viennent d'être publiés. Ils reprennent, en 120 pages, les textes des artistes, sociologues, enseignants, médiateurs culturels, philosophes qui sont intervenus lors de cette journée ainsi que les réactions des participants et une bibliographie sommaire. Ce cahier constitue un outil essentiel de sensibilisation et de réflexion sur les enjeux d’une place structurelle pour la culture dans l’enseignement.

Son coût s’élève à 7€ (10€ avec les frais de poste) à verser sur le compte 001-3185141-28 avec la mention "Cahier 2 Culture et Démocratie".

 

Culture et Citoyenneté :

La revue Cassandre/Horschamp, menacée, lance un SOS !

Comme d'autres associations culturelles à but non commercial, Cassandre/Horschamp traverse
aujourd'hui une période périlleuse… Sans un soutien massif de tous ses lecteurs et amis, l'existence de la revue est en jeu…

Nous pensons (et peut-être le pensez-vous aussi) que le rôle de débat, de réflexion et d'alerte de Cassandre/Horschamp, est plus que jamais indispensable aujourd'hui. Et qu'il serait très dommageable d'être contraints d'abandonner cet outil. Cassandre/Horschamp a besoin de vous pour se faire connaître plus largement et multiplier le nombre de ses abonnés qui sont leur soutien le plus précieux…

N’hésitez donc pas à en parler autour de vous !

www.horschamp.org
www.microcassandre.org
www.passeurs.fr

Appel à participation "Long time passing" - Halles de Schaerbeek

Quatre-vingt robes à fleurs sont suspendues à des ballons d'hélium et vingt femmes de tous âges et d'origines diverses chantent les berceuses de leur enfance. Guidées par l'artiste anglaise Anne Bean, elles découpent minutieusement les motifs de ces robes multicolores. Au fil de la journée, le sol de la grande halle se couvre d'un tapis de fleurs géant pour qu'enfin les robes s'envolent…

L'artiste, particulièrement touchée par le thème de l'immigration et de l'attachement à ses racines, a déjà réalisé cette installation/performance en Angleterre et en Irak. Fascinée par la force de ces échanges, elle a choisit Bruxelles et sa multiculturalité pour la troisième édition de "Long Time passing". Vous aimez chanter ? Vous avez envie de participer à un projet artistique inédit et original réunissant 20 femmes de tous âges et d'horizons divers ? Rejoignez-nous ce 14 juin 2009 aux Halles pour Long Time Passing, une installation/performance de six heures conçue par l'artiste anglaise Anne Bean. Les participantes doivent également être disponibles le 12 juin en soirée et le 13 juin en après-midi (horaire à confirmer).

Informations :
Contact Halles de Schaerbeek - Anne-Sophie Noël
Tél.02 227 59 53 - mediation@halles.be - halles.be

Na-mur

Nous fêterons en 2009 les 20 ans de la chute du Mur de Berlin. À cette occasion, l’Isolat asbl organisera à Namur, du 24 octobre au 7 novembre 2009 un événement important pour fêter cet anniversaire. Cet événement, appelé Na-Mur, répond à une idée simple : mettre en scène la séparation dans une ville pour amener une réflexion sur ce qui sépare et réunit. Les organisateurs souhaitent fédérer autour de cette structure plusieurs centaines de participants. Il s’agit donc d’une page blanche... Chaque acteur pourra y inscrire son nom, y raconter son histoire, y apporter son coup de pinceau, y écrire sa réflexion sur ces thèmes, avec les moyens (graphiques, vidéos, dramatiques, expositions, musicaux...) qui lui sont propres.

Bien plus qu’une commémoration, cet événement sera l’occasion de mener des actions de sensibilisation aux thèmes des murs, de la séparation sous toutes ses formes, dont ont souffert et souffrent encore certaines populations dans le monde. Pour marquer le coup, une structure monumentale sera dressée dans le centre de Namur qui mettra en scène la séparation. Il s’agira, dans les faits, d’un mur de plusieurs centaines de mètres, séparant le centre de Namur en deux parties et entrecoupé de check points.

Des acteurs socioculturels, du secteur jeunesse,... seront conviés autour de cette structure monumentale. Les organisateurs sont ouverts et même en attente de toute proposition. Parmi les participants annoncés, on retrouve entre autres l’opération « Asseoir l’espoir » de Présence et action culturelles, des fresques sur le thème réalisées dans le cadre du programme Justice et Réparation de la Prison d’Andenne, la Radio des Murs, etc. Vous pouvez proposez un projet d’animation, de design, d’exposition ou toute autre activité (performance artistique, animations théâtrales, graphe, habillage de la structure,...) à François Moens, responsable communication de L’Isolat asbl - info@isolat.org, pour autant qu’il réponde aux objectifs suivants :
• animer ou « habiller » les check points et/ou le mur en lui-même
• proposer, par des spectacles, expositions, performances,... une réflexion sur un des thèmes liés à l’événement ;
• être visible, de sorte que les passants et le public invité ou de passage soient appelés à participer sinon à l’événement, aux réflexions qu’il suscite.

Informations :
0478.57.10.90 – www.isolat.org

Concours des Caïus, prix du mécénat culturel : Appel aux entreprises

Depuis plus de 20 ans, le concours des CAÏUS, organisé par Prométhéa asbl, met à l’honneur le mécénat culturel et distingue les entreprises mécènes pour l’exemplarité de leurs actions en faveur de l’intérêt général et du développement culturel et patrimonial de notre pays. En 2009, quatre Caïus seront décernés par le jury, composé de personnalités issues des milieux économique et culturel, et présidé, cette année, par Michel Draguet, Directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Lors de la soirée de remise des prix qui aura lieu au Square Brussels - Meeting Center (Palais des Congrès) le 9 décembre 2009 à Bruxelles, une PME et une grande entreprise recevront un prix Caïus pour leur action de mécénat ou de sponsoring culturel, toutes disciplines confondues. Deux autres entreprises se verront quant à elles décerner un prix Caïus pour leur action menée en faveur du patrimoine wallon et bruxellois.

Le règlement et les documents d’inscription sont disponibles chez Prométhéa, avenue Molière 225, 1050 Bruxelles, tél. 02/513.78.27 - mail : info@promethea.be ou directement téléchargeables depuis www.promethea.be /rubrique Caïus 2009.

Les inscriptions et les dossiers de candidature complets doivent impérativement parvenir chez Prométhéa avant le 30 septembre 2009.

Education à l'environnement : réveillez l'artiste qui sommeille en vous !


Symbioses, le magazine de l'Education relative à l'Environnement, réalisé par le Réseau IDée s'adresse aux enseignants, animateurs, parents, éco-conseillers, éducateurs... qui désirent mener des activités, des projets ou des événements d'éducation à l'environnement auprès des publics jeunes et moins jeunes. 

Le dernier dossier est une rencontre entre deux leviers de changement : l’expression artistique et l’éducation à l’environnement. Là où l’environnement stimule la créativité des artistes, l’art éveille les consciences. Là où la création artistique touche au partage et à la participation, l’Education relative à l’Environnement (ErE) s’appuie sur la pédagogie active et l’approche participative. Là où créer fait appel à l’imaginaire et au rêve, éveiller à l’environnement passe par la créativité et l’expression. 24 pages de réflexions, de reportages et de projets concrets. Le tout enrichi d'outils, d'adresses et d'idées utiles pour aller plus loin.

Il est téléchargeable depuis  mai : www.symbioses.be

 

Culture et Solidarité :

Quelle relève pour l'émission radio Passe Muraille ?

Depuis 30 années, Passe-Muraille (diffusée chaque dimanche, entre 18 et 20 heures sur radio Air Libre - 87.7 FM) questionne l'existence de la prison. Durant ces années, de nombreuses personnes se sont investies dans l'émission, la faisant vivre, évoluer, y amenant leur grain de sel. Aujourd'hui, une des périodes de passe-muraille se termine. Les animateurs souhaitent passer le relais, en ayant à cœur que l'émission continue à exister :

- Comme espace de liberté de paroles pour les gens à qui cette parole est déniée.
- Comme espace de critique du monde qui produit les prisons.
- Comme outil pour créer des brèches dans les murs qui nous entourent.

Les micros sont ouverts. Il y a là un espace qui ne demande qu'à être investi.

Contact : passe-muraille@linuxmail.org

 

Sites et newsletter :

- Art Moves Africa (AMA) est une association internationale qui a pour objectif de faciliter les échanges culturels et artistiques en Afrique. AMA fournit des bourses de voyage aux artistes, aux professionnels des arts ainsi qu'aux opérateurs culturels qui vivent et travaillent en Afrique, pour voyager à l'intérieur du continent africain afin de s'engager dans l'échange de l'information, le perfectionnement des compétences, le développement des réseaux informels ainsi que la recherche de coopération. La première newsletter de l'association vient de paraître.

Contact AMA : info@artmovesafrica.org - www.artmovesafrica.org

- Le BIJ (Bureau International Jeunesse) a une newsletter... On y découvre des appels à candidats pour des programmmes un peu partout dans le monde... On peut demander à s'y inscrire auprès de veronique.balthasart@cfwb.be. Découvrez leur site : http://users.skynet.be/bij/

Pour ne pas rester sur sa faim

Le Baron rouge ? Antoine Allard, de Stop-War à Oxfam.

Jérôme Adant. Le Baron rouge ? Antoine Allard. De Stop-War à Oxfam. 152 pages. Ed. Couleur livres. Charleroi - Bruxelles. 2009. www.couleurlivres.be

Un livre de Jérôme Adant. Une biographie de 150 pages d'une belle densité. Personnage hors du commun, le Baron Antoine Allard a traversé le siècle (1907 - 1981) en se battant pour de grandes causes au milieu de multiples contradictions. Issu d'une famille d'aristocrates et de banquiers, chrétien convaincu touché par l'œcuménisme de Vatican II, Antoine Allard se considère d'abord comme un artiste. Ses dessins sont pleins de vie, en effet. Mais il sera surtout un apôtre de la non-violence, antimilitariste, idéaliste combattant pour la paix, proche des objecteurs de conscience (Jean Van Lierde) et du mouvement des citoyens du monde de Garry Davis que soutiennent également Albert Einstein, Albert Camus, l'Abbé Pierre, André Breton. Peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il crée Stop-War, mouvement chrétien pour la paix. L'urgence est de ne pas réarmer, d'unir dans la paix les cinq continents ! Il lance des réseaux en ce sens, d'abord dans les cafés de Bruxelles avec des amis, puis dans une villa de Heist qu'il met à la disposition des militants pacifistes, des artistes, des théâtres d'action.

Vient le temps des mouvements et congrès internationaux. Allard, qui combat l'armement atomique, se retrouve bientôt dans le Mouvement de la Paix qui prend son origine dans le Congrès mondial des intellectuels qui se tient en 1948 à Wroclaw, en Pologne. Le mouvement est soutenu par tous les partis communistes mais Antoine Allard y adhère. La campagne pour l'Appel de Stockholm, qui prône l'interdiction générale de toutes les armes atomiques, recueille 400.000 signatures en Belgique ! Tout semble dès lors possible. Des congrès plus larges, plus "œcuméniques" se succèdent. On le sait aujourd'hui, sans résultats concrets...

Antoine Allard milite activement contre la guerre du Vietnam, notamment avec Jeanne Vercheval-Vervoort, de l'Action pour la Paix et l'Indépendance des Peuples. Financièrement et par ses écrits, il soutient nombre d'actions, culturelles notamment, entreprises en ce sens. Le contexte l'amène à se rapprocher de la Chine populaire qui, à l'époque, n'est reconnue par aucun pays occidental. Antoine Allard y emmène la Reine Elisabeth de Belgique (via Moscou où ils rencontrent David Oistrakh !). En Chine, la Reine s'entretient avec Chou en Lai et Mao Tse Toung. À leur retour en Belgique, les politiques et la presse leur font évidemment grise mine, mais Allard a avancé d'un pas pour "sortir la Chine de son isolement politique, culturel et médiatique".

Au début des années '60, Antoine Allard crée en Belgique une antenne du mouvement Oxfam, dont les buts sont de combattre la misère dans le monde, d'assister les populations qui souffrent de la faim, de maladie, des désastres naturels.... Les utopies politiques feraient-elles place à une forme de paternalisme ? De grandes familles - les de Ligne, Meeus, d'Ursel, Greindl - soutiennent Oxfam et la Reine Elisabeth en accepte la Présidence. Le mouvement évoluera sous la direction de Pierre Galand. Antoine Allard décède d'une crise cardiaque le 16 juin 1981, à la sortie d'une AG d'Oxfam où il avait demandé une minute de silence à la mémoire de Naïm Khader, le représentant de l'OLP qui venait d'être assassiné à Bruxelles…

--

Devenez Membre !

Merci à tous les membres, anciens et nouveaux. Votre soutien est essentiel. Notre réseau et nos activités ne peuvent exister et se développer que grâce à vous.

Les montants des cotisations annuelles s’élèvent à 15 euros pour une cotisation individuelle. Il n'est pas interdit d'aller au-delà ! Votre qualité de membre vous assure le service du Journal, de la Lettre électronique mensuelle et toutes informations quant à nos actions et prises de positions. Pour un montant de 50 euros, vous êtes considérés comme "membre d'honneur". Vous recevez gratuitement les Cahiers de Culture et Démocratie.

Culture et Démocratie bénéficie également de la possibilité de déductibilité fiscale pour les dons à partir de 30 euros (à mentionner dans le libellé de votre versement « Don 2009 »). Notre numéro de compte est le 001-3185141-28.

D'avance, merci !

Culture et Démocratie
70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15
Fax : 02/512 69 11
Courriel : cultureetdemocratie@scarlet.be

Cette lettre d'information a été réalisée par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker et Georges Vercheval, grâce au soutien de la Communauté française de Belgique.