n°36
- 10/06/2009
Editorial
Cette Lettre est la dernière avant l'été
et, même si certains thèmes sont polémiques,
elle s'affirme surtout comme une Lettre "d'informations".
La précédente, que vous avez reçue très
récemment - à une encablure des élections
régionales et européennes - était évidemment
plus "politique". Nous y réaffirmions nos
priorités (parues en Carte blanche dans La Libre du
5 juin) et revenions sur notre appel en faveur du retour de
l'art et de la culture dans l'enseignement (Le Soir du …).
Ne nous leurrons pas, rien n'est vraiment gagné et
il faudra bientôt remettre ces grandes questions sur
le tapis. À ce propos, rappelons que les actes du colloque
du 17 novembre ont été édités
: Cahier 02 de Culture et Démocratie !
Les élections ont eu lieu. Laissons les interviouweurs
s'acharner à arracher "le" scoop aux politiques.
Regrettons aussi que la stratégie trop souvent l'emporte
sur les programmes, et que la communication prend également
le pas sur le débat véritable. Y a-t-il relation
de cause à effet ? La politique est de plus en plus
mal aimée et la démocratie en souffre. Il faut
s'effrayer de la hausse constante du nombre des abstentionnistes,
en Europe en général, et même chez nous
où le vote est pourtant obligatoire...! Alors qu'il
y a quelques générations seulement, des femmes
et des hommes se sont durement battus pour obtenir le suffrage
universel, auparavant réservé aux seuls possédants...
Si la culture est menacée, la démocratie l'est
aussi. Mal comprise, mal ressentie, parfois invisible, elle
doit retrouver sa place, et sa vérité. En ce
sens, nous suggérons à nos lecteurs de se procurer
le petit livre que Roland de Bodt - notre nouveau président
- vient de publier. Il y est question "de la culture
des libertés et des droits fondamentaux conçus
comme égaux, indivisibles, inaliénables et universels".
*
Culture et Démocratie
* Roland de Bodt : "Le Symbole de la
fidélité au genre humain". Le Chariot,
éditeur-libraire, Mons, février 2009. Chez tous
les bons libraires.
** à signaler également, du même auteur
et chez le même éditeur, en 2005 : "Démocratie
et droits fondamentaux".
|
Les couleurs correspondent aux axes suivants :
- Politiques culturelles
- Culture et Solidarité (Art et Santé,
Art et Prison, CPAS)
- Culture et Ecole
- Interculturalité
- Culture et Citoyenneté
|
À vos agendas
Consultez également l'agenda
du site de Culture et Démocratie ...
Activités et évènements à venir,
liés à la culture dans un esprit démocratique
:
Culture et Citoyenneté :
L’Opéra
des Marolles
Du mardi 23 au samedi 27 juin à 20h30 et le dimanche 28
juin à 15h, au Palais de Justice de Bruxelles (Place Poelaert
– 1000 Bruxelles).
L’Opéra des Marolles, constitué en octobre
2007 aux Brigittines, frappe fort cette année !
Walter Hus et sa tribu de chanteurs fous s’attaquent de front
au plus austère symbole de Bruxelles : le titanesque Palais
de Justice qui surplombe les Marolles, avec son histoire d’émeutes
populaires et de légendes obscures. C’est là
que se jouera un véritable opéra, aboutissement de
deux ans de travail, initié par Les Brigittines. Par son
approche inhabituelle de traiter la voix brute, Walter Hus a constitué
une palette colorée d’individus d’âges
et d’origines divers issus du quartier des Marolles. Naît
de ce travail un opéra expérimental qui renoue avec
une tradition lyrique populaire et subversive où chacun
est soliste et auteur de son propre rôle.
Informations :
Prix : 5 euros / Entrée libre pour les Marolliens
Tél : 02/213 86 10 - www.brigittines.be
Créativité
et innovation dans les villes européennes - 20 ans après
la chute du rideau de fer
Les 26 et 27 juin 2009, les 16èmes Rencontres du réseau
Banlieues d'Europe se dérouleront à l’Institut
Français
de Prague.
Pendant deux jours, des débats, interventions, tables rondes
se succéderont en alternance autour de différentes
thématiques : résistances et témoignages, nouvelles
dimensions culturelles, nouvelles approches des populations, échange
est-ouest, mobilité artistique.
Il est préférable de s'inscrire au plus tôt
par courriel (date limite 15 juin 2009) à banlieues.deurope@wanadoo.fr
(nombre de places limité).
Informations :
Langues de travail : français, anglais, tchèque
Gratuit sur inscription / Déjeuner sur inscription : 120
Kc (4,50 €)
Tél. 0033 4 72 60 97 80 - www.banlieues-europe.com
A corps perdu.
La mort en face.
Jusqu'au 4 octobre 2009, au Musée de la Médecine
(ULB Campus Erasme - route de Lennik, 808 – 1070 Bruxelles.
Métro Erasme).
Cette exposition, produite par le Centre d'Action laïque de
la province de Namur, s'adresse plus particulièrement aux
intervenants et étudiants des secteurs de la santé,
des sciences humaines, de l'accompagnement des personnes âgées.
" À corps perdu. La mort en face » propose -
le temps de la visite - de regarder la mort en face, selon un parcours
qui retrace symboliquement la prise de conscience progressive de
la mortalité de l’être au fil de la vie et les
questionnements qui en découlent. La mort interpelle. Le
caractère aléatoire imprévisible de sa survenue,
élément marquant d’une incertitude et d’une
finitude que l’on s’efforce d’oublier, déstabilise
profondément l’individu ou la communauté qui
lui est confrontée. La mort fait peur. Parfois elle fascine
et nous ravit..."
Entrée : 3 € adultes, 2 € pensionnés, 1
€ étudiants, gratuit pour les moins de 12 ans
www.laicite.com
Aujourd'hui, c'est
demain. Survivre au cancer.
Le livre est d'Eric Sariban, médecin, et de Gaël Turine,
photographe. L'exposition est impressionnante et "différente"
car les images, non encadrées - et pour cause - ne se trouvent
pas aux cimaises d'un musée ou d'une galerie mais bien accrochées
aux grilles du Parc de Bruxelles, face au Palais royal ! Des bâches
oranges, sur quelque deux cents mètres, au soleil ou dans
le vent. Ce sont des portraits - de grands portraits, en couleurs
- d'enfants ou de personnes jeunes, flanqués de scènes
de la vie quotidienne, en noir et blanc. De leur vie ! Le texte,
qui est de leur main, explique cette présence. Pour Florence,
c'est une lettre : Cher Docteur Sariban, je suis heureuse d'être
en vie, je pense que la vie est trop courte que pour se plaindre
(…) sans cette maladie, je n'aurais jamais été
telle que je suis aujourd'hui. Sébastien a 27 ans : leucémie
aiguë diagnostiquée à l'âge de 10 ans et
demi. Chimiothérapie… etc. Aujourd'hui, Sébastien
est médecin. Hadrien, lui, a 10 ans. Il lutte contre une
tumeur rénale depuis ses 3 ans. Aujourd'hui, il est à
l'école et envisage d'être joueur de tennis professionnel.
Le grand bonheur, écrit un autre, est de me lever le matin
et de voir ma gueule dans le miroir en me disant "ne rate pas
une miette de la vie"! Ces images-là sont non seulement
belles, mais elles sont porteuse d'espoir.
"Aujourd'hui, c'est demain", c'est une exposition : jusqu'à
la mi-juillet, sur les grilles du Parc de Bruxelles. C'est aussi
un livre d'Eric Sariban et de Gaël Turine. Editions Robert
Delpire, Paris. 29 euros. http://www.cestdemain.eu
Les Halles invitent
leurs voisins !
Le 14 juin, de 13h à minuit, les Halles de Schaerbeek organisent
« Supervoisins ».
Musique, cirque, expositions, danse, ateliers, lectures, cinéma,
performance, apéro, et after party!
Des rues toutes vertes et des poivrons, des tomates, et des coquelicots
qui prendraient possession de nos trottoirs… Cette année,
pour fêter leur fin de saison, les halles vous embarquent
dans leur utopie et vous invitent à transformer la rue Royale
Sainte-Marie et la rue de la Constitution en jardin et salon géants.
Inspirée par le film Extérieur rue d’Anne Closset
et Carmen Blanco Principal, et scénographiée par les
étudiants de la Cambre, section espace urbain, cette quatrième
édition de SuperVoisins sera festive, poétique et
révolutionnaire… ou ne sera pas.
Informations :
www.halles.be
Culture et Ecole :
Mini-festival « De la Lune à la Scène »
: Journée Art du Conte à l’Ecole
Le jeudi 11 juin 2009 de 10h à 11h30, au Botanique –
salle du Witloof-bar (rue Royale 236 à 1210 Bruxelles)
Pierre de Lune, Centre Dramatique Jeunes Publics de Bruxelles,
organise son mini festival « De la Lune à la Scène »
: Journée Art du Conte à l’Ecole. Vous y découvrirez
les histoires d’animaux fabuleux racontées par les
enfants.
« Anim’mots »
Les animaux fantastiques habitent dans les contes et les légendes
du monde. Les enfants de trois classes découvrent ces animaux
dans la tradition orale populaire. Ils apprennent à mettre
en pratique les techniques du conteur (corps, voix, espace), comprennent
la différence entre l’écrit et l’oral,
la relation au public, expérimentent des techniques de collage,
pour rendre visible sur papier, leur incroyable bestiaire. La prise
de parole, l’appropriation d’une histoire, de ses images,
le choix des mots, les liens avec le patrimoine culturel de chacun,
la mise en valeur de cette parole, la recherche d’une forme
de théâtralité autour de cette parole, sont
les axes principaux du projet.
Informations :
Pierre de Lune : 02 / 218.79.35
Culture et Solidarité :
L'espace d'un temps
Le 26 juin 2009, 19h, au centre de détention de Saint-Hubert
(Rue Thier del Borne, 1 à 6870 Saint-Hubert), les comédiens
de l'atelier théâtre du projet « Alpha-Culture »
présentent « L'espace d'un temps ».
« Ils ont participé à une loterie internationale
et ont été tirés au sort pour un voyage... »
Le spectacle a été réalisé dans le
cadre du projet « Apha-Culture » grâce
à un partenariat entre l'Institut de Promotion Sociale de
la Communauté française de Libramont et la Maison
de la Culture de Marche-en-Famenne avec la collaboration d'Alvéole
Théâtre de Bastogne.
Réservation obligatoire à asj-lux@skynet.be
Il y a rire et rire
Du 20 juin 2009 au 12 septembre 2009, le Madmusée (Parc
d’Avroy à 4000 Liège) organise l’exposition
Il y a rire et rire.
Il y a rire et rire expose le rire (jaune), le rictus,
la grimace – cet entre-deux entre la franche bouffée
de joie et le malaise. C'est donc une exposition qui (se) pose des
questions sur la perception de sentiments tels que le ridicule,
la gêne ou l'idiotie. L'exposition brasse des artistes, handicapés
mentaux ou non, en provenance de différents horizons (collection
du Madmusée, collections personnelles d'artistes contemporains,
ateliers artistiques oeuvrant dans le champ du handicap mental).
Elle s'accompagne d'un catalogue éponyme, richement illustré
et argumenté.
Il s'agit d'une exposition, avec des artistes, handicapés
ou non, qui (se) pose (des) questions (ou non) sur ces manières
qui sont monnaie courante dans notre société exclusivement
visuelle, auditive et désespérément contemporaine
– au-delà de toute lapalissade. Notre société
pas encore adulte, en sa phase pré-pubère, le nez
dans le guidon, perdue dans le présent, se perd en gesticulations,
pantomimes et autres imitations visuellement assourdissantes et
mentalement inquiétantes. L’idiotie, souvent involontaire
et non revendiquée, envahit de ses tics les médias
– et l'on n’ose aborder le cas désespéré
et désespérant d’internet*. Hommes politique
ou acteurs chantant – comme s’il n’y avait pas
déjà assez de faux clowns –, présentateurs
jouant la comédie, chroniqueurs se prenant pour des humoristes,
et tout ça braille, surjoue et grimace. Et ces sourires permanents,
vissés sur toutes les bouches, angoissants, comme si la vie
était drôle. Lorsque certains rires, trop animaux,
réquisitionnent les écrans, agressent nos vies déjà
suffisamment menacées. S’il n’était que
le son, l’image hurle de concert – et la civilisation
ayant été construite sur l’apaisement des beuglement
jusqu’au silence réfléchi, il y a de quoi s’alarmer
de son avenir (très) proche. Qui est fou ou plutôt
qui y joue? Il n’est pas celui qu’on croit en tout cas,
le navrant de bon nombre d’émissions radiophoniques
ou télévisuelles en atteste et dégorge une
idiotie stérile – car si idiotie il y a, elle doit
être constructive ou tout au moins révélatrice
–, accompagne ou devance une certaine déréliction
contemporaine, car qui de l’œuf ou de la poule ?
François Liénard, directeur artistique
du Madmusée
Informations :
Accès gratuit.
04 / 222 32 95 - www.madmusee.be
Voir également la présentation du MadMusée
dans la rubrique « Coups de cœur »
" Précarité et accès à l’éducation "
Du 26 au 30 août 2009, à la ferme de Vevy Wéron
(Namur) La Ligue des droits de l'Homme asbl propose une formation
résidentielle.
Vous êtes enseignant, futur enseignant, éducateur
ou animateur... et vous souhaitez : Développer vos compétences
d'animation, découvrir de nouveaux outils, de nouvelles méthodes
et intégrer un réseau, ouvrir ou continuer une réflexion
sur l’accès à l’éducation (comment
en parler avec les jeunes ?), augmenter vos connaissances en
matière de droits de l'Homme.
Au programme de la formation :
- Rencontres avec Marie Jo Sanchez (membre de la commission Jeunesse
de la LDH et coordinatrice de CEFA), Miguel Lloreda (professeur,
membre du mouvement socio pédagogique « Changement
pour l’égalité » CGé), Donat
Carlier (coordinateur à la Commission consultative Formation
Emploi Enseignement en région Bruxelloise)
- Journée d’exploration et de réflexion sur
le théâtre forum avec Carlos Bustamante (Centre de
Formation pour Animateurs en art du spectacle),
- Exploration du Manuel Repères du Conseil de l’Europe,
film, témoignages,
- Travail sur les récits de vie (à partir d’un
livre de Pascale Jamoulle, avec son autorisation),
- Présentation d’un « livre politique »
par Didier Decoux (professeur à l’école supérieur
des arts plastiques et visuels à Mons), …
Formateurs : Cécile de Borman et Olivier Boutry (Ligue des
droits de l'Homme asbl)
Informations :
Inscription : 120 euros (logement et nourriture compris). Etudiants,
chômeurs : 95 euros
20 places disponibles – inscriptions clôturées
le 15 juillet 2009
Renseignements et programme sur demande à Cécile
de Borman : cdeborman@liguedh.be ou au 02/209 62 84
www.liguedh.be
Coups de cœur
Culture et Citoyenneté
Le Théâtre Maât
Le Théâtre Maât, tout comme la déesse
égyptienne du même nom (gardienne de la justice, de
l'harmonie et de l'équilibre universel), place l'homme au
centre de ses préoccupations.
Elaborés autour de propos sociaux et centrés sur les
acteurs, nos spectacles mêlent étroitement la musique
au théâtre dans un élan festif où l'humour
et la tendresse cherchent à l'emporter sur la tristesse et
la violence.
Ce petit texte fondateur date de la création de la compagnie,
en 1989. Pour nous, il n’a rien perdu de son actualité
et il figure toujours sur tous nos documents. Aujourd’hui,
il semble de plus en plus difficile de se faire entendre dans le
brouhaha médiatique permanent, où le meilleur et le
pire se côtoient dans une relative indifférence. Mais
nous pensons que cela reste possible. Nous avons la chance, chaque
année, de nous adresser à des milliers de jeunes spectateurs
qui vibrent, l’espace d’une heure, au diapason de nos
spectacles. Les graines que l’on sème à tous
vents dans ces audiences scolaires ou familiales finiront toujours
par germer ça et là, dans une tête ou dans un
cœur. Certes, on ne change pas le monde par le théâtre,
ou si peu, mais cela ne nous empêche pas d’essayer d’y
apporter un peu de sens.
Dans notre dernière création “La Nuit avant
le Jour”, nous introduisons un journal des bonnes nouvelles,
où l’on met en perspective le catastrophisme permanent
des informations avec la réalité plus nuancée
d’un monde qui possède aussi, heureusement, son verre
a demi plein de belles choses à nous raconter :
Mesdames et Messieurs bonsoir. Il est deux heures sur RBN,
votre Radio des Bonnes Nouvelles. Voici les titres de l’actualité:
Les 127.651 avions qui ont décollé aujourd’hui,
aux quatre coins du monde, sont bien arrivés à destination.
Aujourd’hui, pas de tsunami, d’ouragan, de cyclone de
tremblement de terre ni d’attentat terroriste.
Aujourd’hui également, on a recensé 5,9 milliards
d’êtres humains qui ont vécu en paix, 1,8 milliards
de couples qui se sont aimés, 1,9 milliards d’enfants
qui ont joué sans se faire mal, 6,1 milliards d’individus
qui ont ri ou souri au moins une fois.
600.000 bébés sont nés aujourd’hui avec
des nouvelles idées pour changer le monde.
La température de la planète est inférieure
aux normales saisonnières, pas de réchauffement planétaire
donc aujourd’hui.
Nous vous souhaitons à toutes et à tous une excellente
nuit
L’autre versant de notre activité, tout aussi important,
se décline dans les nombreux ateliers que nous menons à
Bruxelles et plus particulièrement à Schaerbeek. Regroupant
des dizaines d’enfants, de jeunes et d’adultes de toutes
catégories sociales et culturelles, nous réalisons
chaque année des projets théâtraux où
le respect et la solidarité sont les maîtres mots.
Certes, le pari est difficile. On peut même dire qu’il
devient de plus en plus difficile d’année en année,
tant les préjugés et les replis identitaires se font
plus virulents, tant la crise et la perte de valeurs collectives
(à part celle, toute puissante, de la consommation) poussent
toujours à plus d’individualisme. Certes, nous devons
aussi lutter pied à pied contre l’asservissement de
l’homme à l’écran, au virtuel, au monde
en deux dimensions. Le combat se poursuit.
A la veille de nouveaux bouleversements institutionnels, le cœur
de Bruxelles continue de battre furieusement. Ville de la mixité
par excellence, notre métropole étonne par son exception
sociale et culturelle. Là où la France paie comptant
le détricotage de sa politique sociale, nous restons, dans
un style parfois surréaliste, un exemple de cohabitation
pacifique et de maillage social fort. Etabli depuis près
de vingt ans à Schaerbeek, cette commune dont le seul nom
fait trembler parfois ceux qui n’y vivent pas, le Théâtre
Maât trouve essentiel de s’inscrire dans un travail
de fond avec des citoyens de tous bords et de contribuer, à
son échelle, à développer le dialogue et la
convivialité dans le quartier.
Cette année, nous avons choisi un sujet qui, curieusement,
suscite les passions. En effet, “Arrête de faire le
Singe”, le spectacle qui conclut les ateliers de la saison,
parle avec humour de la théorie de l’évolution
de Darwin et de l’étrange retour du créationnisme.
Ensuite, nous poursuivrons notre route en cet étrange début
de siècle, où le monde n’a pas d’autre
choix que de changer de cap.
Et nous sommes partants pour un nouveau début!
Hadi El Gammal
Directeur du Théâtre Maât
Tél. : 02/ 242 76 89 - www.theatremaat.com
Culture et Solidarité
Madmusée
Le Madmusée, implanté au cœur du Parc d’Avroy
à Liège, est une institution émanant de l'association
Créahm Région Wallonne (Créativité et
Handicap mental).
Inauguré en octobre 1998 et reconnu officiellement comme
musée par le Ministère de la Culture de la Communauté
française de Belgique en 2008, le Madmusée a pour
missions la conservation, la promotion, la sensibilisation, l'étude
et la recherche concernant les productions d'artistes œuvrant,
le plus souvent, dans des ateliers s'inscrivant dans une mouvance
similaire à celle du Créahm. Le Madmusée s’attelle
donc avant toutes choses à la reconnaissance et à
la valorisation d’œuvres créées par des
personnes dites handicapées mentales, voire malades mentales.
Patrimoine artistique unique en son genre, la collection du Madmusée
contient à ce jour près de 1.600 œuvres issues
d’horizons variés sur les plans stylistique, thématique,
technique, mais aussi géographique : si une majorité
de peintures, sculptures, dessins, gravures, créations textiles
et films d’animation sont en provenance d’ateliers belges,
un nombre considérable d’œuvres viennent également
d’institutions situées aux Pays-Bas, en Allemagne,
en Italie, en France, en Grande-Bretagne, en Suisse, aux Etats-Unis,
en Australie et au Japon. Brassant les esthétiques et les
univers, la collection abrite notamment des œuvres d’Anny
Servais, Pascal Tassini, Serge Delaunay, Dominique Théâte,
Pascale Vincke, Daniel Sterckx, Cathy Staughton, Hein Dingemans,
Laan Irodjojo, Dwight Mackintosh, Antonio Dalla Valle, Umberto Bergamaschi…
En complément à cette collection internationalement
reconnue, le Madmusée développe deux champs d’actions
spécifiques. D’une part, des animations pédagogiques qui,
s’adressant essentiellement au public scolaire, allient sensibilisations
théoriques et pratiques. D'autre part, un centre de documentation
qui, à disposition des étudiants, enseignants, animateurs
et artistes entre autres, propose un choix exhaustif de documents
traitant de l'art des artistes handicapés mentaux et d'autres
formes d'expression « hors normes » (art brut, art outsider,
art en marge, etc.) ; il recense également de nombreuses
informations sur les artistes représentés dans la
collection permanente et sur des institutions oeuvrant dans la même
direction que le Madmusée.
Aujourd’hui, en déficit d’espace adéquat
au sein même du bâtiment qui l’accueille, le Madmusée
n’est plus en mesure d’exposer en ses murs propres sa
collection permanente – un projet de nouvel espace architectural,
plus adapté à une stricte fonction muséale,
est en cours et une salle du Grand Curtius est mise à disposition
de la collection du Madmusée depuis avril 2009. Des expositions
temporaires sont toutefois proposées de manière continue
dans la galerie du Madmusée : elles présentent
généralement l’œuvre d’un voire deux
artistes, belges ou étrangers.
Madmusée
Tel 04 222 32 95 - www.madmusee.be
Construire une « culture »
de la formation de base des travailleurs sociaux…
C’est de cette aventure que témoigne un DVD intitulé « Liège/Tanger »
qui rassemble un important travail de « mémoire »
photographique élaboré tout au long de ce parcours.
Au cœur de cette construction, quelques professeurs de l’Ecole
Supérieure d’Action Sociale (HELMO/ESAS) qui défendent
une pédagogie de l’ouverture de l’école
sur l’extérieur pour un travail social décloisonné
et transdisciplinaire, pour une approche globale et systémique
de la formation comme de l’action sociale. C’est un
véritable réseau qui s’installe au fil d’une
dizaine d’années entre quelques enseignants, des étudiants
et des partenaires extérieurs à l’institution
scolaire. Ce projet de travail a entretenu depuis le début
une dimension internationale qui était nécessaire
pour ancrer la formation et l’action sociale dans le monde
d’aujourd’hui. Le DVD montre comment un projet de coopération
entre l’ESAS et l’INAS (Institut National d’Action
Sociale) de Tanger ne peut se réaliser que parce qu’en
amont et en aval, est en train de se construire une démarche
de formation réflexive qui touche à de multiples éléments.
Ce qui en fait bien plus qu’une simple « méthodologie »
de travail coopératif, c’est cette façon d’y
induire un ensemble de dimensions les plus diverses et originales,
créations partagées et collectives entre des personnes
d’origines et de cultures différentes. Cette élaboration
progressive d’un réseau étendu dans le temps
et l’espace, et cette primauté accordée à
l’humain dans toutes ses facettes, même les plus sensibles,
sont les caractéristiques principales de ce que nous appelons
« construction culturelle ». Ici, il ne s’agit
plus d’une simple sensibilisation des étudiants à
la dimension culturelle en travail social mais d’une création
culturelle collective de la formation.
Mais bien sûr, cela ne se fait pas sans mal, cela dérange,
cela oblige à prendre les risques inhérents à
toute les aventures, cela engage, cela entraîne le débat,
nécessite la réflexion et l’évaluation
continue et collective, cela nécessite enfin, une résistance
ardue à toutes formes d’instrumentalisation.
Cette réalisation est artisanale dans le sens noble du terme
et peut être obtenue sur demande auprès de Claire Walthéry,
enseignante à L’HELMO/ESAS et membre de l’AG
à Culture et Démocratie. Ce DVD peut être emprunté
et copié… Et à la place d’une monnaie
d’échange, juste une réaction par mail aux auteurs
afin d’élargir le réseau !
claire.walthery@tvcablenet.be
Faits et opinions
Cette rubrique est nourrie par les réactions spontanées
de nos lecteurs et lectrices. Elles se déclinent en cartes
blanches, coups de cœur et coups de gueules !
Le théâtre n’est pas seulement un événement,
c’est un mode de vie !
Toutes les sociétés humaines sont spectaculaires
dans leur quotidien et produisent des spectacles pour des occasions
spéciales. Elles sont spectaculaires en tant que mode d’organisation
sociale, et produisent des spectacles comme celui que vous êtes
venus voir.Même si nous n’en avons pas conscience, les
relations humaines sont structurées de façon théâtrale
: l’utilisation de l’espace, le langage du corps, le
choix des mots et la modulation de la voix, la confrontation des
idées et des passions, tout ce que nous faisons sur les planches,
nous le faisons dans notre vie : nous sommes le Théâtre
!Non seulement les noces et les funérailles sont des spectacles,
mais le sont aussi les rituels quotidiens si familiers qu’ils
n’affleurent pas à notre conscience. Non seulement
les grandes pompes, mais aussi le café du matin et les
bonjours échangés, les amours timides et les grands
conflits passionnels, une séance du sénat ou une réunion
diplomatique - tout est théâtre.
L’une des principales fonctions de notre art est de porter
à notre conscience les spectacles de la vie quotidienne dont
les acteurs sont également les spectateurs, dont la scène
et le parterre se confondent. Nous sommes tous des artistes : en
faisant du théâtre, nous apprenons à voir ce
qui nous saute aux yeux, mais que nous sommes incapables de voir
tant nous sommes peu habitués à regarder. Ce qui nous
est familier nous devient invisible : faire du théâtre,
c’est éclairer la scène de notre vie de tous
les jours.
Au mois de septembre dernier, nous avons été surpris
par une révélation théâtrale : nous qui
pensions vivre dans un monde sûr, malgré les guerres,
les génocides, les hécatombes et les tortures qui,
certes, se déroulaient mais loin de nous dans des contrées
lointaines et sauvages, nous qui vivions en sécurité
avec notre argent placé dans une banque respectable ou dans
les mains d’un honnête courtier en bourse, on nous a
dit que cet argent n’existait pas, qu’il était
virtuel, fiction de mauvais goût de quelques économistes
qui eux n’étaient pas fictifs, ni sûrs, ni respectables.
Tout cela n’était que du mauvais théâtre,
une sombre intrigue dans laquelle quelques-uns gagnaient beaucoup
et où beaucoup perdaient tout. Des politiciens des pays riches
ont tenu des réunions secrètes d’où ils
sont sortis avec des solutions magiques. Nous, victimes de leurs
décisions, nous sommes restés spectateurs assis au
dernier rang du balcon.Il y a vingt ans, je montais Phèdre
de Racine à Rio de Janeiro. Les décors étaient
pauvres : des peaux de vache au sol, des bambous autour. Avant chaque
représentation, je disais à mes acteurs : «
la fiction que nous avons créée au jour le jour est
finie. Quand vous aurez franchi ces bambous, aucun de vous n’aura
le droit de mentir. Le Théâtre, c’est la Vérité
Cachée ».Quand nous regardons au-delà des apparences,
nous voyons des oppresseurs et des opprimés, dans toutes
les sociétés, les ethnies, les sexes, les classes
et les castes ; nous voyons un monde injuste et cruel. Nous devons
inventer un autre monde parce que nous savons qu’un autre
monde est possible. Mais il nous appartient de le construire de
nos mains en entrant en scène, sur les planches et dans notre
vie.Venez assister au spectacle qui va commencer; de retour chez
vous, avec vos amis, jouez vos propres pièces et voyez ce
que vous n’avez jamais pu voir : ce qui saute aux yeux. Le
théâtre n’est pas seulement un événement,
c’est un mode de vie !Nous sommes tous des acteurs : être
citoyen, ce n’est pas vivre en société, c’est
la changer.
Augusto BOAL,
créateur du Théâtre de l'Opprimé
texte écrit en mars dernier,
à l'occasion de la Journée Mondiale du Théâtre
et diffusé par Philippe Dumoulin
directeur du Théâtre du Public,
lors de la nouvelle de son décès.
L’idiot de la famille littéraire ?
Sur le continent des Belles-Lettres, il est une terre
fertile et productive, qui, si l’on n’y prend garde,
risque bien de devenir le no man’s land de la littérature
mondiale : la traduction littéraire.
À l’origine de cette carte blanche, une sombre farce
dont je viens d’être le « dindon ».
Samedi 21 février, midi, je prends au vol une émission
de France Culture dont l’intitulé a tout pour me plaire :
Questions d’éthique, magazine dirigé par Monique
Canto-Sperber, par ailleurs directrice de l’École Normale
Supérieure. L’ouvrage à l’ordre du jour,
Une Femme à Berlin, est le journal intime d’une jeune
Berlinoise (anonyme), d’avril à juin 1945, époque
où les Russes débarquent à Berlin et font main
basse sur tout, y compris sur les femmes. L’émission
débute par une longue citation du journal. Première
émotion : cette citation, je la connais par cœur,
ce sont « mes » mots qui résonnent
là à l’antenne, ou plutôt les paroles
de l’anonyme allemande transposées par mes soins en
français. Pour traduire un texte d’une telle envergure,
on ne peut toujours garder les distances. Au même titre que
tout autre créateur, le traducteur littéraire n’utilise
pas que son cerveau, il doit aussi faire appel à ses cinq
sens et à son vécu affectif. S’il veut restituer
la voix étrangère dans toute son authenticité,
s’il veut émouvoir ou provoquer la réflexion
au même titre que l’auteur, il lui faut devenir acteur,
au sens où l’entendait Stanislavski : aller puiser
au fond de soi toutes les ressources personnelles, pour mieux trouver
le mot, le rythme, le ton justes.
La suite de l’émission me réserve d’autres
surprises. L’interlocuteur invité, lui aussi professeur
à l’École Normale Supérieure, n’est
autre que Jean-Pierre Lefebvre, germaniste et traducteur réputé.
Pincement au cœur : pourquoi n’ai-je pas également
été sollicitée pour l’émission
? Je connais pourtant l’ouvrage de l’intérieur,
j’en sais les tenants et les aboutissants, la genèse,
l’impact historique ou idéologique, et je n’ignore
rien de l’expertise qui a prouvé l’authenticité
du tapuscrit confié à Kurt Marek (anagramme de Ceram).
L’anonyme avait revécu en moi tandis que je la traduisais,
j’aurais aimé parler pour elle. Or c’est un homme
qui parle là d’un vécu de femme époustouflant
qu’il escamote au profit d’une analyse historico-idéologique,
savante sans doute, mais peu soucieuse de l’épaisseur
physique du texte et de la qualité de l’écriture.
Pas un mot sur les conditions réelles de la tenue du journal,
sur l’humour noir comme planche de salut, sur la dignité
dans l’atrocité, sur la noble impartialité dans
l’adversité, ou sur les avatars du tapuscrit tombé
plus tard aux mains du mouvement féministe, et j’en
passe.
L’émission touche à sa fin, et les bras m’en
tombent : ni l’interviewer, une femme de lettres, ni
l’interviewé, un traducteur qu’on aurait cru
solidaire, n’ont songé un seul instant à citer
le nom de la traductrice. Et les remerciements finaux n’iront
qu’aux membres de l’équipe technique.
La plupart de mes confrères et consœurs informés
ont applaudi à la fraîcheur de ma colère car
bon nombre d’entre eux s’étaient depuis longtemps
résignés. Et en effet, mon cas n’en était
qu’un parmi des centaines. Il suffit, pour s’en persuader
de consulter un site qui vient d’aborder la question :
http://zozodalmas.blog.lemonde.fr
Questions d’éthique… l’intitulé
était pourtant de bon augure, n’était-ce pas
le lieu privilégié de l’honnêteté
intellectuelle et, partant, du respect des droits moraux de paternité
d’un texte ? Où le bât blesse-t-il vraiment ?
Nombrilisme parisien, élitisme de caste, pédantisme
universitaire ? On s’invite entre soi, brillants détenteurs
du savoir et de la compétence, et l’on tourne
systématiquement le dos aux chevilles ouvrières que
l’on juge a priori incapables d’élaborer une
réflexion sur le travail, on oublie systématiquement
l’existence des petites mains qui ont reconstitué avec
talent et passion et au prix de quels efforts, toute la mosaïque
d’une grande œuvre …
Pourquoi le labeur minutieux du traducteur littéraire, co-auteur
de ses ouvrages, écrivain à part entière, véritable
ambassadeur culturel, est-il à ce point oublié, méconnu,
bafoué ? N’est-il que l’idiot de service,
puni d’anonymat parce qu’il serait incapable d’avoir
lui-même un style ou des idées et en serait réduit
à singer les « vrais » écrivains?
N’aurait-il donc, après tout, que ce qu’il mérite ?
Quand un Michel Pollack fait les louanges du style de la Femme à
Berlin, pourquoi ne lui vient-il pas à l’idée
que ce style résulte forcément d’un jeu à
quatre mains ? Dans d’autres domaines, les ovations
des spectateurs de Hamlet ne visent pas que Shakespeare, et
qui oserait concevoir une affiche de théâtre sans le
nom des acteurs ?
Un mot d’espoir pourtant : l’ATLF – association
des traducteurs littéraires de France – présidée
par Olivier Mannoni, prépare actuellement un système
de réaction collectif et systématique aux oublis de
noms de traducteur dans la presse audiovisuelle ou écrite,
mais aussi sur les sites de vente de livres, qui nous oublient trop
souvent. Et à ce propos : songez au spectacle qu’offriraient
les Salons du livre si l’on retirait des étals tous
les ouvrages traduits ?
Il est à espérer que notre vindicte, sage ou folle,
ne rencontrera pas que des moulins et finira par avoir raison du
Malin….
Françoise Wuilmart
Directrice du Centre européen de traduction littéraire
et du Collège européen des traducteurs littéraires
de Seneffe.
Conservateur ou manager ?
Je m'inscris en faux contre le consensus béat
que suscite l'ouverture du Musée Magritte.
Peu importe que sa peinture n'émeuve pas ma sensibilité
ni ne sollicite mon intelligence, là n'est pas la question.
Ce qui me choque, c'est qu'on ait sorti oeuvres et documents du
Musée d'Art Moderne dont l'attrait diminue d'autant pour
le grand public. En attendant que Delvaux en sorte à son
tour si devait que se réaliser le projet bâclé
de politiciens en mal de pub à la veille d'élections.
Le public informé par les médias les plus populaires
ne saura même plus que le Musée d'Art Moderne existe.
Au lieu de le parcourir et d'y découvrir peut-être
une oeuvre moins médiatisée mais qui l'accroche et
le retient, il l'aura déserté.
Le Musée Magritte fera du chiffre – une obsession
de marchand qui a contaminé trop de responsables dits culturels.
Le Musée d'Art Moderne dépouillé d'une part
de ses richesses aura si peu de visiteurs que, par manque chronique
de personnel, des salles seront fermées un jour par-ci, un
jour par là, ou encore jusqu'à ou à partir
de midi... Comme c'est déjà le cas au Musée
d'Art Ancien. Pour mener celui-ci à une lente et discrète
agonie, on pourrait imaginer d'en sortir les Bruegel par exemple,
ou les Rubens et les Van Dyck. On les exposerait dans quelque lieu
plus ou moins désaffecté réaménagé
à grands frais – c'est tout bon pour les carnets de
commande d'entrepreneurs bien placés. Pub tous azimuts aidant,
le public courrait voir ce qu'il peu admirer actuellement sans faire
la file pour entrer ni être pressé par la foule. Coïncidence
- mais en est-ce une ? - le billet d'entrée tarif plein aux
Musées Royaux des Beaux-Arts est passé de 5 à
8 euros....
(...)
L. Gross
NB: Voir également, sur le même sujet, la carte blanche
de Bernard Hennebert : "Le nouveau Musée Magritte ou
le syndrome de la dame blanche" parue dans Le Soir du 19 mai
2009 www.consoloisirs.be
Dernières nouvelles
Culture et Démocratie :
La culture au coeur de l'enseignement. Un vrai défi démocratique
- Cahier 02 de Culture et Démocratie
En novembre 2008, Culture et Démocratie a organisé,
en collaboration avec la Fondation Marcel Hicter asbl, un colloque
intitulé "La culture au coeur de l'enseignement : un
vrai défi démocratique". Il réunit plus
de 360 personnes au Théâtre de la Place des Martyrs
venus écouter des intervenants issus du monde de l'éducation
et de la culture réaffirmer la dimension culturelle de tous
les savoirs scolaires et la nécessité d'introduire
des savoirs et des compétences culturelles et artistiques
dans l'enseignement et dans la formation des enseignants. Y a été
évoqué l’intérêt qu’il y
a, dans ce cadre, à poursuivre les projets culturels et artistiques
dans les écoles, la fréquentation des lieux de création
et la pratique artistique. La question d’un contrat culturel
fort pour l’Ecole, prise au sens large, a été
creusée, contrat culturel qui ne se traduise pas seulement
en termes de projets et de pratiques, même pluriannuelles,
mais en formation à long terme pour tous, sans exception.
Il s’agit là d’un véritable enjeu démocratique.
Les actes du colloque viennent d'être publiés. Ils
reprennent, en 120 pages, les textes des artistes, sociologues,
enseignants, médiateurs culturels, philosophes qui sont intervenus
lors de cette journée ainsi que les réactions des
participants et une bibliographie sommaire. Ce cahier constitue
un outil essentiel de sensibilisation et de réflexion sur
les enjeux d’une place structurelle pour la culture dans l’enseignement.
Son coût s’élève à 7€ (10€
avec les frais de poste) à verser sur le compte 001-3185141-28
avec la mention "Cahier 2 Culture et Démocratie".
Culture et Citoyenneté :
La revue Cassandre/Horschamp, menacée, lance un SOS !
Comme d'autres associations culturelles à but non commercial,
Cassandre/Horschamp traverse
aujourd'hui une période périlleuse… Sans un
soutien massif de tous ses lecteurs et amis, l'existence de la revue
est en jeu…
Nous pensons (et peut-être le pensez-vous aussi) que le rôle
de débat, de réflexion et d'alerte de Cassandre/Horschamp,
est plus que jamais indispensable aujourd'hui. Et qu'il serait très
dommageable d'être contraints d'abandonner cet outil. Cassandre/Horschamp
a besoin de vous pour se faire connaître plus largement et
multiplier le nombre de ses abonnés qui sont leur soutien
le plus précieux…
N’hésitez donc pas à en parler autour de vous !
www.horschamp.org
www.microcassandre.org
www.passeurs.fr
Appel à participation "Long time passing" - Halles
de Schaerbeek
Quatre-vingt robes à fleurs sont suspendues à des
ballons d'hélium et vingt femmes de tous âges et d'origines
diverses chantent les berceuses de leur enfance. Guidées
par l'artiste anglaise Anne Bean, elles découpent minutieusement
les motifs de ces robes multicolores. Au fil de la journée,
le sol de la grande halle se couvre d'un tapis de fleurs géant
pour qu'enfin les robes s'envolent…
L'artiste, particulièrement touchée par le thème
de l'immigration et de l'attachement à ses racines, a déjà
réalisé cette installation/performance en Angleterre
et en Irak. Fascinée par la force de ces échanges,
elle a choisit Bruxelles et sa multiculturalité pour la troisième
édition de "Long Time passing". Vous aimez chanter
? Vous avez envie de participer à un projet artistique inédit
et original réunissant 20 femmes de tous âges et d'horizons
divers ? Rejoignez-nous ce 14 juin 2009 aux Halles pour Long Time
Passing, une installation/performance de six heures conçue
par l'artiste anglaise Anne Bean. Les participantes doivent également
être disponibles le 12 juin en soirée et le 13 juin
en après-midi (horaire à confirmer).
Informations :
Contact Halles de Schaerbeek - Anne-Sophie Noël
Tél.02 227 59 53 - mediation@halles.be
- halles.be
Na-mur
Nous fêterons en 2009 les 20 ans de la chute du Mur de Berlin.
À cette occasion, l’Isolat asbl organisera à
Namur, du 24 octobre au 7 novembre 2009 un événement
important pour fêter cet anniversaire. Cet événement,
appelé Na-Mur, répond à une idée simple
: mettre en scène la séparation dans une ville pour
amener une réflexion sur ce qui sépare et réunit.
Les organisateurs souhaitent fédérer autour de cette
structure plusieurs centaines de participants. Il s’agit donc
d’une page blanche... Chaque acteur pourra y inscrire son
nom, y raconter son histoire, y apporter son coup de pinceau, y
écrire sa réflexion sur ces thèmes, avec les
moyens (graphiques, vidéos, dramatiques, expositions, musicaux...)
qui lui sont propres.
Bien plus qu’une commémoration, cet événement
sera l’occasion de mener des actions de sensibilisation aux
thèmes des murs, de la séparation sous toutes ses
formes, dont ont souffert et souffrent encore certaines populations
dans le monde. Pour marquer le coup, une structure monumentale sera
dressée dans le centre de Namur qui mettra en scène
la séparation. Il s’agira, dans les faits, d’un
mur de plusieurs centaines de mètres, séparant le
centre de Namur en deux parties et entrecoupé de check points.
Des acteurs socioculturels, du secteur jeunesse,... seront conviés
autour de cette structure monumentale. Les organisateurs sont ouverts
et même en attente de toute proposition. Parmi les participants
annoncés, on retrouve entre autres l’opération
« Asseoir l’espoir » de Présence
et action culturelles, des fresques sur le thème réalisées
dans le cadre du programme Justice et Réparation de la Prison
d’Andenne, la Radio des Murs, etc. Vous pouvez proposez un
projet d’animation, de design, d’exposition ou toute
autre activité (performance artistique, animations théâtrales,
graphe, habillage de la structure,...) à François
Moens, responsable communication de L’Isolat asbl - info@isolat.org,
pour autant qu’il réponde aux objectifs suivants :
• animer ou « habiller » les check points et/ou
le mur en lui-même
• proposer, par des spectacles, expositions, performances,...
une réflexion sur un des thèmes liés à
l’événement ;
• être visible, de sorte que les passants et le public
invité ou de passage soient appelés à participer
sinon à l’événement, aux réflexions
qu’il suscite.
Informations :
0478.57.10.90 – www.isolat.org
Concours des Caïus, prix du mécénat culturel
: Appel aux entreprises
Depuis plus de 20 ans, le concours des CAÏUS, organisé
par Prométhéa asbl, met à l’honneur le
mécénat culturel et distingue les entreprises mécènes
pour l’exemplarité de leurs actions en faveur de l’intérêt
général et du développement culturel et patrimonial
de notre pays. En 2009, quatre Caïus seront décernés
par le jury, composé de personnalités issues des milieux
économique et culturel, et présidé, cette année,
par Michel Draguet, Directeur général des Musées
royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Lors de la soirée de remise des prix qui aura lieu au Square
Brussels - Meeting Center (Palais des Congrès) le 9 décembre
2009 à Bruxelles, une PME et une grande entreprise recevront
un prix Caïus pour leur action de mécénat ou
de sponsoring culturel, toutes disciplines confondues. Deux autres
entreprises se verront quant à elles décerner un prix
Caïus pour leur action menée en faveur du patrimoine
wallon et bruxellois.
Le règlement et les documents d’inscription sont disponibles
chez Prométhéa, avenue Molière 225, 1050 Bruxelles,
tél. 02/513.78.27 - mail : info@promethea.be
ou directement téléchargeables depuis www.promethea.be
/rubrique Caïus 2009.
Les inscriptions et les dossiers de candidature complets doivent
impérativement parvenir chez Prométhéa avant
le 30 septembre 2009.
Education à l'environnement : réveillez l'artiste
qui sommeille en vous !
Symbioses, le magazine de l'Education relative à l'Environnement,
réalisé par le Réseau IDée s'adresse
aux enseignants, animateurs, parents, éco-conseillers, éducateurs...
qui désirent mener des activités, des projets ou des
événements d'éducation à l'environnement
auprès des publics jeunes et moins jeunes.
Le dernier dossier est une rencontre entre deux leviers de changement
: l’expression artistique et l’éducation à
l’environnement. Là où l’environnement
stimule la créativité des artistes, l’art éveille
les consciences. Là où la création artistique
touche au partage et à la participation, l’Education
relative à l’Environnement (ErE) s’appuie sur
la pédagogie active et l’approche participative. Là
où créer fait appel à l’imaginaire et
au rêve, éveiller à l’environnement passe
par la créativité et l’expression. 24 pages
de réflexions, de reportages et de projets concrets. Le tout
enrichi d'outils, d'adresses et d'idées utiles pour
aller plus loin.
Il est téléchargeable depuis mai : www.symbioses.be
Culture et Solidarité :
Quelle relève pour l'émission radio Passe Muraille
?
Depuis 30 années, Passe-Muraille (diffusée chaque
dimanche, entre 18 et 20 heures sur radio Air Libre - 87.7 FM) questionne
l'existence de la prison. Durant ces années, de nombreuses
personnes se sont investies dans l'émission, la faisant vivre,
évoluer, y amenant leur grain de sel. Aujourd'hui, une des
périodes de passe-muraille se termine. Les animateurs souhaitent
passer le relais, en ayant à cœur que l'émission
continue à exister :
- Comme espace de liberté de paroles pour les gens à
qui cette parole est déniée.
- Comme espace de critique du monde qui produit les prisons.
- Comme outil pour créer des brèches dans les murs
qui nous entourent.
Les micros sont ouverts. Il y a là un espace qui ne demande
qu'à être investi.
Contact : passe-muraille@linuxmail.org
Sites et newsletter :
- Art Moves Africa (AMA) est une association internationale
qui a pour objectif de faciliter les échanges culturels et
artistiques en Afrique. AMA fournit des bourses de voyage aux artistes,
aux professionnels des arts ainsi qu'aux opérateurs culturels
qui vivent et travaillent en Afrique, pour voyager à l'intérieur
du continent africain afin de s'engager dans l'échange de
l'information, le perfectionnement des compétences, le développement
des réseaux informels ainsi que la recherche de coopération.
La première newsletter de l'association vient de paraître.
Contact AMA : info@artmovesafrica.org
- www.artmovesafrica.org
- Le BIJ (Bureau International Jeunesse) a une
newsletter... On y découvre des appels à candidats
pour des programmmes un peu partout dans le monde... On peut demander
à s'y inscrire auprès de veronique.balthasart@cfwb.be.
Découvrez leur site : http://users.skynet.be/bij/
Pour ne pas rester sur sa faim
Le Baron rouge ? Antoine Allard, de
Stop-War à Oxfam.
Jérôme Adant. Le Baron rouge ? Antoine Allard. De
Stop-War à Oxfam. 152 pages. Ed. Couleur livres. Charleroi
- Bruxelles. 2009. www.couleurlivres.be
Un livre de Jérôme Adant. Une biographie de 150 pages
d'une belle densité. Personnage hors du commun, le Baron
Antoine Allard a traversé le siècle (1907 - 1981)
en se battant pour de grandes causes au milieu de multiples contradictions.
Issu d'une famille d'aristocrates et de banquiers, chrétien
convaincu touché par l'œcuménisme de Vatican
II, Antoine Allard se considère d'abord comme un artiste.
Ses dessins sont pleins de vie, en effet. Mais il sera surtout un
apôtre de la non-violence, antimilitariste, idéaliste
combattant pour la paix, proche des objecteurs de conscience (Jean
Van Lierde) et du mouvement des citoyens du monde de Garry Davis
que soutiennent également Albert Einstein, Albert Camus,
l'Abbé Pierre, André Breton. Peu après la fin
de la Deuxième Guerre mondiale, il crée Stop-War,
mouvement chrétien pour la paix. L'urgence est de ne pas
réarmer, d'unir dans la paix les cinq continents ! Il lance
des réseaux en ce sens, d'abord dans les cafés de
Bruxelles avec des amis, puis dans une villa de Heist qu'il met
à la disposition des militants pacifistes, des artistes,
des théâtres d'action.
Vient le temps des mouvements et congrès internationaux.
Allard, qui combat l'armement atomique, se retrouve bientôt
dans le Mouvement de la Paix qui prend son origine dans le Congrès
mondial des intellectuels qui se tient en 1948 à Wroclaw,
en Pologne. Le mouvement est soutenu par tous les partis communistes
mais Antoine Allard y adhère. La campagne pour l'Appel de
Stockholm, qui prône l'interdiction générale
de toutes les armes atomiques, recueille 400.000 signatures en Belgique
! Tout semble dès lors possible. Des congrès plus
larges, plus "œcuméniques" se succèdent.
On le sait aujourd'hui, sans résultats concrets...
Antoine Allard milite activement contre la guerre du Vietnam, notamment
avec Jeanne Vercheval-Vervoort, de l'Action pour la Paix et l'Indépendance
des Peuples. Financièrement et par ses écrits, il
soutient nombre d'actions, culturelles notamment, entreprises en
ce sens. Le contexte l'amène à se rapprocher de la
Chine populaire qui, à l'époque, n'est reconnue par
aucun pays occidental. Antoine Allard y emmène la Reine Elisabeth
de Belgique (via Moscou où ils rencontrent David Oistrakh
!). En Chine, la Reine s'entretient avec Chou en Lai et Mao Tse
Toung. À leur retour en Belgique, les politiques et la presse
leur font évidemment grise mine, mais Allard a avancé
d'un pas pour "sortir la Chine de son isolement politique,
culturel et médiatique".
Au début des années '60, Antoine Allard crée
en Belgique une antenne du mouvement Oxfam, dont les buts sont de
combattre la misère dans le monde, d'assister les populations
qui souffrent de la faim, de maladie, des désastres naturels....
Les utopies politiques feraient-elles place à une forme de
paternalisme ? De grandes familles - les de Ligne, Meeus, d'Ursel,
Greindl - soutiennent Oxfam et la Reine Elisabeth en accepte la
Présidence. Le mouvement évoluera sous la direction
de Pierre Galand. Antoine Allard décède d'une crise
cardiaque le 16 juin 1981, à la sortie d'une AG d'Oxfam où
il avait demandé une minute de silence à la mémoire
de Naïm Khader, le représentant de l'OLP qui venait
d'être assassiné à Bruxelles…
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Cette lettre d'information a été réalisée
par Marie Poncin, Baptiste De Reymaeker et Georges Vercheval, grâce
au soutien de la Communauté française de Belgique.
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