Culture ET démocratie
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Photo: Frédéric Pauwels (détail)

La Lettre de Culture et Démocratien°38 - 16/10/2009

Editorial

 

Septembre fut culturel, tant mieux !

Le forum européen de la culture s’est tenu durant trois jours à Bruxelles et a permis de mesurer la progression lente mais décisive de la question culturelle au sein des politiques européennes. Au-delà des axes officiels de ces journées, deux thèmes se sont imposés avec force : la transversalité et l’éducation.
Plus de politique, en matière économique, sociale, en matière de santé, d’éducation, d’intégration, de développement et même de développement durable, qui puisse faire l’impasse sur la dimension culturelle. Nombre de projets et de réseaux européens ont été décrits qui articulent de manière passionnante la culture, les patrimoines de toute nature et la création et ces champs politiques. Reste que des projets et des réseaux ne font pas une politique ; il faudra donc observer avec attention et vigilance la politique culturelle européenne et veiller à ce qu’elle soit bien du côté de la diversité, de la création, du sens et non pas du côté d’une massive et uniforme industrie culturelle.
Second leitmotiv : l’éducation entre créativité et mémoire.
En ouverture du forum, la ministre suédoise de la culture – présidence européenne oblige – précisait que pour la Suède, la priorité était clairement l’éducation créative, seul moyen de répondre, selon elle, aux défis du 21° siècle.
Jordi Saval, en écho, stigmatisait l’éducation sans mémoire et rappelait que la créativité s’irrigue de la connaissance pour chacun, de son passé culturel et artistique. Vaste chantier pour l’enseignement. Nous sommes plus que jamais convaincus de son urgence !

Autre moment culturel important : le plan culturel pour Bruxelles a été présenté au Wiels. Au cœur du plan, le pari du dialogue et de la diversité et une conviction : la culture et la création sont des leviers décisifs pour le développement économique, le maillage social et les politiques de formation en région bruxelloise.

Réunions formelles certes, déclarations d’intention, sans doute, mais au-delà, un mouvement profond qui nous conforte dans notre combat : la culture, c’est le champ du sens, du lien, de l’exploration de soi et du monde. C’est sans doute, comme nous le disions dans notre carte blanche de juin dernier, la plus féconde réponse aux impasses de notre temps.

 

Sabine de Ville
Vice-présidente de Culture et Démocratie


 

Les couleurs correspondent aux axes suivants :

  • Politiques culturelles
  • Culture et Solidarité (Art et Santé, Art et Prison, CPAS)
  • Culture et Ecole
  • Interculturalité
  • Culture et Citoyenneté

Enquête de satisfaction de la Lettre de Culture et Démocratie

Tous les mois, ou presque, et depuis trois ans pour les premiers inscrits, vous recevez "La Lettre de Culture et Démocratie" ! Il nous semble que l'heure est venue, pour nous, de faire le point sur cet outil et, afin de répondre au mieux à vos attentes, de rencontrer votre avis. Nous apprécierons donc vivement vos commentaires, encouragements, critiques, idées, sur ce questionnaire, ou autrement !

Pour répondre, vous pouvez télécharger le questionnaire word ou en pdf et nous le renvoyer complété par mail à baptiste@cultureetdemocratie.be, par fax 02/512 69 11 ou au 70 Rue Emile Feron à 1060 Bruxelles.

À vos agendas 

Consultez également l'agenda du site de Culture et Démocratie ...

 

Activité organisée par ou en collaboration avec Culture et Démocratie

 

Culture et Citoyenneté :

Censures et Subversions

Du 6 /11/09 au 20 /12 /09, à Mons

Le 9 novembre 1989, l’Europe vivait un des événements politiques les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle : la chute du mur de Berlin. L’équilibre mondial s'en trouva modifié tant du point de vue politique qu'économique.

Le projet « Censures & Subversions » entend célébrer cette chute, non pas de manière passéiste et purement commémorative, mais en s’interrogeant sur les conditions de la liberté de pensée et les formes de subversion que les artistes et les intellectuels peuvent inventer pour émettre des idées critiques lorsque manque la liberté d’expression.

Pour y parvenir, plusieurs organismes se sont associés : l’Université de Mons, l’Université de Liège, le Musée des Beaux-arts de Mons, le manège.mons/Triennale Internationale de l’Affiche politique, Présence et Action Culturelles, le Centre Interdisciplinaire d’Études Philosophiques de l’Université de Mons, Musiques Nouvelles et Culture et Démocratie. Ils proposent trois activités diverses afin de toucher le plus grand nombre :

Une exposition : « Esthétique de la résistance ».
Quand : du 11 novembre au 20 décembre 2009, du mercredi au dimanche de 12 à 18 h.
Où : Université de Mons : 9 rue de Houdain, 7000 Mons, Espace Terre et Matériaux.
Vernissage : le 6 novembre à 18 h.

Un Colloque : « Penser librement sous la censure ».
Comment font les artistes et les intellectuels pour exprimer leurs idées et critiquer quand manque la liberté d’expression ?
Quand : du 10 au 12 décembre 2009.
Où : Université de Mons : 9 rue de Houdain, 7000 Mons, auditoire 12.

Un concert : « Quatuor à cordes n° 8 » de Chostakovitch par l'ensemble Musiques Nouvelles.
Quand : le 12 décembre 2009 à 16 h.
Où : Université de Mons : 9 rue de Houdain, 7000 Mons, Espace Terre et Matériaux.

Informations :

http://staff.umh.ac.be/Staquet.Anne/censuresetsubversions.htm

Anne.Staquet@umons.ac.be

 

Voir à ce propos l'article de la rubrique Faits et opinion

 

Culture et Solidarité :

 

Projection de Jail House Rap & Slam

Le 24/10/09, au Centre Culturel de Jette, à 16h.

En 2005 et 2006, dans le cadre du Réseau Art et Prison et grâce au soutien de CERA, Culture et Démocratie a initié un atelier Rap et Slam animé par des professionnels de l'asbl Lézarts Urbains à la Prison d'Ittre. Il s'agissait de mettre en évidence le « rôle social de l'art » et d'encourager les détenus à concevoir puis à réaliser un projet artistique. Il a donné lieu à la composition de textes et chansons chargés d’émotions.

Aujourd’hui, le projet sort des murs de la prison. En effet, des titres ont été enregistrés. De plus, les séances hebdomadaires et le concert ont été filmés par un cinéaste, Nimetulla Parlaku. Ces initiatives sont regroupées dans le coffret Jail house Rap & Slam avec un livret réunissant les textes écrits lors de l'atelier.

C'est ce coffret qui sera présenté le samedi 24 octobre à 16h, au Centre Culturel de Jette, dans le cadre de l'Urban Fusion Festival. A la suite de la projection du documentaire, l'animateur de l'atelier, Maky, ainsi qu'un ancien participant, Posa, viendront témoigner et élargir la discussion autour de la question de la liberté d'expression et de l'enfermement. Les échanges se clôtureront peut-être par une petite démo slam...

Infos :
Culture et Démocratie : 02/5021215

 

Cycle « Les Enfants du Canal »

Le Réseau Canal Santé, en collaboration avec le Réseau Art et Santé, organise dans le cadre du cycle « Les enfants du Canal » :


Le Rire Médecin

Le 18/11/2009, de 10h à 12h
(Boulevard de l’Abattoir, 27-28 à 1000 Bruxelles)

Depuis 18 ans, Le Rire Médecin redonne aux enfants hospitalisés en France le pouvoir de jouer et de rire pour faire face à la maladie. Pour ces enfants et leurs parents, un séjour à l'hôpital ou une simple visite est souvent synonyme d'angoisse, de solitude et de détresse. A un moment où l'enfant construit sa future personnalité d'adulte, l'hospitalisation constitue une expérience cruciale. L'intuition qui a présidé au lancement du Rire Médecin était qu'en faisant s'exprimer l'enfant hospitalisé, en le faisant participer ludiquement, en l'emmenant dans un monde imaginaire, le clown allait lui permettre de continuer d'exister et de se développer.

Caroline Simonds, fondatrice et directrice de l’association, présentera les différentes actions menées et proposera des réflexions quant aux effets de l’intervention d’artistes auprès d’enfants hospitalisés, à l’engagement éthique, à la formation des professionnels de la santé et des comédiens.

Participation gratuite !

Infos :
Réseau Canal Santé
02/548 98 00
canal-sante@tele-service.be

 

Activités et évènements à venir, liés à la culture dans un esprit démocratique :

 

Culture et Citoyenneté :

Parcours Droits de l'Homme


La défense des idéaux démocratiques et des droits humains fondamentaux, dans leur acception la plus large (droits politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux,...), reste plus que jamais d'une brûlante actualité. C'est pourquoi le secteur Théâtre du PBA+Eden développe depuis neuf ans déjà, en partenariat avec d'autres secteurs du Centre culturel et une trentaine d'associations et de groupes scolaires, une concertation où chacun inscrit et assume ses projets. Cette démarche commune d'éducation permanente trace, de saison en saison, un parcours qui élargit la notion des Droits de l'Homme aux problématiques globales de la citoyenneté, des alternatives et de solidarités, aux enjeux et aux crises qui traversent nos sociétés, aux questions relationnelles, existentielles, éthiques, aux «modes de vie»,... structurées en quatre grands axes entrecroisés : Débats politiques ; Société multiculturelle, dialogue interculturel ; Jeunesse en ruptures, relations intergénérationnelles ; Parole et droits des femmes.

Le Parcours 09/10 propose un programme de spectacle-débats, de spectacle-animations, créations d'atelier-théâtres régionaux, conférences, expositions, films, avec notamment la collaboration active de la Ligue des Droits de l'Homme. Au mois de novembre, deux spectacles à l'Eden s'inscrivent dans ce Parcours. Du 10 au 12 novembre, à 20h30, «Febar», de Michael De Cock, une pièce qui explore les questions du départ et de l'émigration du point de vue africain. Après chaque représentation un débat est prévu avec le comédien. Du 24 au 27 novembre, c'est « Albatros » de Fabrice Melquiot, qui porte un regard d'adolescent sur le monde fou des adultes. Le 26 novembre, à la suite de la représentation, une rencontre aura lieu, avec l'équipe artistique du spectacle, la Ligue des Droits de l'Homme et Luisa Di Felice, dans le cadre plus vaste du 20ème anniversaire de la Convention internationale des Droits de l'Enfant.

Pour la suite, tout aussi dense, contactez Pierre Noel à p.noel@charleroi-culture.be ou au 071/202983

Plus d'infos sur : http://www.charleroi-culture.be/Public/Cycle.php?ID=1199

 

Les Ateliers du lundi au CTV Médias

Chaque lundi des mois d'octobre et de novembre, des ateliers destinés à susciter la réflexion sur les médias sont proposés. Gratuits et ouverts à tous, ces ateliers mêleront analyse critique, débats, projections, etc. Si les médias vous intriguent, agacent, ou passionnent, rejoingnez-les !

*Matraquage publicitaire
Que nous le voulions ou non, nous sommes quotidiennement soumis à quelques 2500 messages publicitaires. Comment la pub parvient-elle encore à nous atteindre ? Quelles sont ses véritables intentions ? Sommes-nous vraiment influencés par la pub ? Et vous, qu'en pensez-vous ? Que vous soyez un ferveur défenseur de la créativité publicitaire ou allergique à la pub, nous vous attendons ! Analyses, débats et lecture critique des dessous de la pub...
> le 9 novembre

*Analyse filmique
Connaître les films cultes à travers les époques, connaître les différents genres cinématographiques permet de mieux comprendre et d'apprécier toutes les productions actuelles. L’analyse filmique, c’est avant tout s’imprégner d’un film, s’arrêter sur des scènes clés, apprendre à décoder un document audiovisuel… Analyse d'extraits de films, fiches d'analyse, débats, ... seront au rendez-vous de cet atelier.
> le 16 novembre

*« Documenteurs » ou comment l’image nous manipule
Visionnage d’un documentaire accompagné d’une analyse de plusieurs extraits issus du même documentaire. L’atelier se poursuivra par une discussion sur le thème de la confiance que l’on peut accorder aux images.
> le 19 octobre
> le 23 novembre

*Du cinéma à la télé-réalité
Quel regard les cinéastes ont-ils posé sur le concept de télé-réalité ? Quelles critiques ont-ils faites à propos de l’incursion des médias dans la vie privée des gens. Lors de l’atelier, ces questions seront analysées le débat sera ouvert, à l’aide d’extraits de films et d’émission de télévision.
> le 26 octobre
> le 30 novembre

Infos :
- Gratuit ! (réservation indispensable)
- Horaire : de 17h30 à 20h
- Lieu : CTV Médias
Rue Félix de Keuster 60 – 1150 Woluwe-Saint-Pierre
(métro Stockel/ tram 39 / bus 36)
- Contacts : info@ctv.be / 02 735 22 77 / 02 761 11 44 / http://www.ctv.be/index.php

 

« Art, Espace Public, Démocratie. Impossible Entente ? »

Le mardi 20 octobre 2009, dans le cadre de l’Opération « Y’a pas d’Lézarts », proposée par la Province de Liège, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège organise une table ronde « Art, Espace Public, Démocratie. Impossible Entente ? ».
La présence de l’art dans l’espace public a toujours interpellé les citoyens, les artistes et les politiciens. Quelle place ? Quel art ? Quels choix ?

A l’heure où l’aménagement urbain devient un véritable enjeu, tant économique qu’écologique, et alors que certaines constructions se trouvent au carrefour de l’art, de l’urbanisme et de la fonction sociale, le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège vous invite à venir partager votre point de vue sur une thématique riche, large et… polémique.

Pour alimenter le débat, trois intervenants se relaieront :
-  Jonathan Berger, photographe originaire de Waremme et auteur d’une exposition qui s’interroge sur le citoyen et les espaces urbains.*
-  Géraldine Brausch, philosophe, dont les travaux étudient l’importance de l’aménagement urbain sur les interactions sociales.
-   Colette Mertens, coordinatrice au Centre d’Action Laïque de la Province de Liège, aux commandes de plusieurs projets de participation citoyenne à connotation urbaine.

Cette rencontre sera placée sous le signe de l’échange, du partage d’expériences et de réflexions pour une meilleure intégration de l’art et de l’urbanisme en accord avec la démarche citoyenne.

* Exposition "Reperspectives". Jonathan Berger. Dans le cadre de la Biennale provinciale d'art actuel "Nouveaux Horizons". Centre culturel de Waremme, place Albert Ier et Espace Laïcité, 98, rue des Prés. 18 oct. au 6 nov. / du lundi au vendredi : 9-12h 13-17h.

Infos :

info@calliege.be

www.calliege.be

 

The Wall – Cinq jours pour détruire le mur


du 20 au 24 octobre 2009, au Centre Culturel de Saint-Georges qui, pour célébrer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, a programmé :

* le 20/10/09, 19h : Passage à l'Est
A 19h, performance graf avec les artistes de Spray Can Arts ; à 19h30, conférence de Michel Fournaux (professeur d'histoire à la Haute Ecole de la Province Liège) ; à 20h30, vernissage de l'exposition « Le Mur ». Paf : 2 euros

* le 22/10/09, 20h : Projection du film « La vie des autres ». Paf : 2 euros

* le 24/10/09, 19h : Et tombent les murs
Concours de plaidoyer contre les murs et soirée de projections et de concerts ! Paf : 8/6 euros

Infos :
www.saintgeorgesculture.be

 

Festival des Libertés


Du 22 au 31 octobre 2009, au Théâtre National

Le Festival des Libertés investit le Théâtre National du 22 au 31 octobre. Politique et artistique, métissé et créatif, festif et subversif, ce festival mobilise chaque automne toutes les formes d’expression (concerts, documentaires, expositions, débats…) pour se faire le témoin de la situation des droits et libertés dans le monde.

Infos :
www.festivaldeslibertes.be / www.theatrenational.be
02/289 69 00

 

Epinglé dans la programmation :

 

* Au-delà du « choc des civilisations »
Le lundi 26 octobre 2009, 19:00, au Théâtre National.

Depuis une vingtaine d'années, la vision essentialiste d'un monde scindé, non plus entre Est et Ouest mais entre les civilisés et les barbares s'est peu à peu ancrée dans les consciences et a fini par cristalliser « une fracture imaginaire » entre l'Occident et le monde musulman. Cette approche manichéenne et sécuritaire érige, en Europe et dans le monde, des murs de préjugés de plus en plus prégnants, favorisant les logiques de repli et d'affrontement. Comment s'ouvrir à d'autres visions du monde ? Peut-être en retrouvant la mémoire séculaire des interactions politiques, économiques, culturelles et humaines entre l'Orient et l'Occident.

Avec Youssef Seddik (philosophe et anthropologue tunisien, auteur de nombreux ouvrages, dont aux éd. de L'Aube, L'arrivant du soir. Cet islam de lumière qui peine à devenir (2007) et Qui sont les barbares ? Itinéraire d'un penseur d'islam (2005)), Alain Gresh (directeur adjoint du Monde Diplomatique, spécialiste du Proche-Orient, auteur de nombreux ouvrages, dont L'islam, la République et le monde, Fayard, 2004). Discutant : Roland de Bodt (chercheur et écrivain, auteur notamment de Averroès et les rivages de l'Europe, à paraître).

En partenariat avec Rives d'Europe.
Avec la participation de Pierre Vaiana, directeur artistique d’un projet musical autour du funduq (Funduq al-Mughannîn) soutenu par la Fondation Euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le Dialogue des Cultures.

 

Touche pas à mon sacré

Le 26 octobre 2009, 20h, à la Maison du Livre

Débat organisé par la Maison du Livre et par la Ligue pour l'Abolition des lois réprimant le Blasphème et le droit de s'Exprimer Librement, le 26 octobre 2009, 20h, à la Maison du Livre
Un des principaux arguments utilisés dans le débat sur la nécessité de mettre ou non des limites à la liberté d’expression est le respect qui serait dû aux religions, aux croyances, aux convictions fondamentales de tous les groupes, sinon de tous les individus. Cet indispensable « respect » nourrirait entre autres l’interdiction du blasphème, qui est une atteinte aux représentations du sacré, et pas spécifiquement ou uniquement aux convictions religieuses. À cette conception aujourd’hui dominante, certains objectent que la tolérance est le respect des individus, de leur intégrité et de leur liberté même s’ils expriment des opinions qui peuvent paraître intolérables. À défaut, parler de tolérance serait un leurre.

Deux personnalités entameront les discussions :
Jeanne Favret-Saada, ethnologue à l’École Pratique des Hautes Études à Paris, est surtout connue pour ses travaux sur la sorcellerie en Normandie. Elle a également publié en 2007 (aux Prairies ordinaires à Paris) : Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins et codirigé en 1992 un numéro de la revue Ethnologie française, consacré à l’outrage et au blasphème.
Le Père Ignace Berten est théologien. Il a été, pendant de nombreuses années, le Supérieur des Dominicains belges et, pendant vingt ans, formateur en milieux populaires dans le cadre du Centre de formation Cardijn. Il est aujourd’hui directeur du bureau de Bruxelles de l’association Espaces – Spiritualités, cultures et sociétés en Europe.
Le débat sera animé par Jean-Pol Hecq, journaliste (La Première, Et Dieu dans tout ça ?).

Infos :
Paf : 4 euros, 2,5 euros étudiants et chômeurs, entrée libre pour les sans-papiers.
http://www.lamaisondulivre.be/rencontres.htm#touche

 

Is art a lie ?

Colloque organisé par la SOFAM (Société d’Auteur dans le domaine des Arts Visuels), le 27 octobre 2009 au Wiels, à 14h.

Oeuvre originale, ready-made, emprunt, plagiat, compilation, appropriation, mystification, spéculation – où sont les limites entre protection de l’œuvre, signature, logique du marché, droit d'auteur et liberté artistique ?

Infos et inscriptions :
info@sofam.be
02/726 98 00

 

Exposition "Controverses"

Au Botanique, jusqu'au 22 novembre 2009. Ouvert du mercredi au dimanche, de 12 à 20 heures.

Le sous-titre est un peu austère : "Une histoire juridique et éthique de la photographie" ! Pourtant, dans la grande salle, assombrie, de ce bâtiment lumineux qu'est le Botanique, on ne s'ennuie pas un instant. C'est que la photographie a toujours été au centre de controverses. Est-ce ou n'est-ce pas un art ? Elle reproduit le réel mais, pour autant, est-ce bien la vérité qui nous est présentée ? Et toute vérité est-elle bonne à dire ? Si c'est le cas, peut-elle être, doit-elle être censurée ? La "controverse" est une "plaque sensible", nous assure Christian Pirker. Elle révèle les convictions d'une société à un moment déterminé.

L'exposition balaie largement toute l'histoire de la photographie, depuis ses débuts en 1839. On y retrouve des anonymes et de grands noms, tels Nadar, Lewis Carroll, Lewis Hine, Robert Capa, Alberto Korda, Henri Cartier-Bresson, Robert Mapplethorpe. Et on y parle de certaines publicités (Benneton) qui ont défrayé la chronique.

Montée à l'initiative du Musée de l'Elysée de Lausanne par Daniel Girardin, Conservateur, et Christian Pirker, avocat au Barreau de Genève, l'exposition envisage toutes les questions qui ont fait débat - et qui le font encore - comme le droit d'auteur et le droit à l'image, la protection de la vie privée qui s'oppose souvent au droit à l'information, l'authenticité des images, le détournement de sens, la manipulation.

Elle n'élude ni le pouvoir de fascination de la photographie, ni son rôle politique…

Activités annexes :
atelier : "le tribunal de l'image" pour des groupes scolaires de 5ème et 6ème secondaire
dimanches-rencontres : visites-débat à 16 heures les 18.10, 25.10, 15.11

Infos :
02 226 12 18 ou emmanuelle.poznanski@botanique.be

 

Banlieue d'Europe : Créativité et innovation dans les villes européennes. Alternatives culturelles, nouvelles solidarités sociales.

le 26/11/2009 à Bruxelles et les 27 et 28 /11/2009 à Liège

Suite aux rencontres de Prague en juin 2009 : Créativité et innovation dans les villes européennes / 20 ans après la chute du rideau de fer, Banlieues d’Europe poursuit son travail de repérage de projets et de réflexion sur les alternatives culturelles, sociales, économiques… A l’heure de la crise, il est urgent de mettre en perspective des projets alternatifs dans les quartiers des villes, à l’aide de regards croisés d’artistes, d’habitants, de chercheurs, d’élus, d’urbanistes, d’économistes de différents horizons, repérés en France, en Belgique, en Allemagne, en Roumanie, en Grande-Bretagne, en Italie…

Depuis les années 80, nous vivons une période de transition et de restructuration. Les sociétés industrielles se muent en marchés post-industriels urbains. Au centre de cette société de la connaissance, la culture et la créativité jouent un rôle essentiel à la recherche d’un nouveau modèle de développement. En même temps, se créent les espaces et les interstices permettant à des populations en difficultés de s’exprimer, de trouver des clefs de compréhension, de se reconstruire, de réinvestir leur citoyenneté. Où se construisent ces alternatives? Quels sont les projets éducatifs adaptés et innovants? Existe-t-il une économie offrant à la fois un potentiel d’insertion socio-professionnelle et des perspectives de changement social ?

Pendant trois jours, séances plénières, ateliers simultanés et débats s’alterneront autour de trois principales thématiques développées par des porteurs de projets artistiques et culturels :
- Espaces alternatifs : Appropriations des espaces publics, lieux culturels et artistiques, espaces virtuels.
- Educations alternatives et solidaires : Rencontre de ceux qui traitent la faillite du système et de ceux qui construisent l'alternative.
- Economie culturelle et sociale : levier d’insertion socioprofessionnelle et de développement urbain.

Infos :

Banlieues d'Europe : tél. +33 4 72 60 97 80 - www.banlieues-europe.com banlieues.deurope@wanadoo.fr

Programme

 

Colloque international « Quels territoires pour les acteurs de la médiation culturelle ? »

Les 31/11/09 et 1/12/09, au théâtre Asphodèle de Lyon

Culture pour tous (Montréal), l’Espace Pandora (Vénissieux) et Médiation culturelle association (Lyon) organisent un colloque sur la médiation culturelle du 30 novembre au 1er décembre à Lyon. Ce colloque s’adresse aux professionnels de la culture, artistes, responsables des collectivités publiques.

Au programme, des tables rondes et des débats pour faire le point sur les questions liées à la médiation culturelle (aménagement culturel du territoire, dialogue direct avec les populations, rapport aux artistes, ...). Une vingtaine d’intervenants de France, mais également du Québec, d’Angleterre ou d’Allemagne débattront avec les participants lors de ces deux journées organisées dans le cadre des «entretiens Jacques Cartier».

Infos :
http://cjc.univ-lyon2.fr/

 

Les Nocturnes des Musées bruxellois

Le jeudi soir entre 17 et 22h, jusqu'au 17 décembre, le Conseil bruxellois des Musées organise les Nocturnes des Musées bruxellois, un événement convivial qui permet aux jeunes et moins jeunes de découvrir des musées, chaque jeudi soir, en automne…

En pratique :

Quoi ? Des musées qui ouvrent en soirée, mais qui proposent aussi des activités originales et variées (visites guidées, ateliers, découverte des coulisses…). Il est parfois nécessaire de réserver.
Où ? Vous avez le choix entre 6 ou 7 musées (à l’exception du Vernissage au Musée du Cinquantenaire (MRAH) et du Finissage au MIM).
Prix ? 2,50€ (1€ jusqu’à 25 ans). Certains musées sont accessibles gratuitement.

Le programme peut être consulté sur le site-portail : http://nocturnes.brusselsmuseums.be/fr/index.html

 

 

Culture et Ecole :

« Sous les pavés, Lepage » , Une autre histoire de l’éducation

Une conférence gesticulée, théâtrale et politique, au Théâtre Lumen, 20h, le 19/10/09

Avec Franck Lepage et la coopérative d’éducation populaire «Le Pavé».

Quels sont les fondamentaux de l’éducation ? À quoi sert-elle ? Y a t-il eu des alternatives ?
Quelles perspectives pour l’éducation ?

Franck Lepage met en perspective le système d’éducation en France. Partant des projets d’éducation émis suite à la révolution de 1792, il nous montre combien l’Éducation Nationale porte en elle
la reproduction des inégalités sociales et combien il est plus que nécessaire de mettre son nez dans les évolutions à venir !

Infos :
Théâtre Lumen
chaussée de Boondael, 36 - 1030 Bruxelles
Entrée: 10 €
Réservations: 02/218.56.08
www.scoplepave.org

 

 

Culture et Solidarité :

Peau de Loup

de Caroline Safarian et René Bizac ; mise en scéne René Bizac ; avec Véronique Dumont et Catherine Salée
Au Théâtre de Poche, du 20 au 25 octobre 2009

Guilaine a soixante ans. Elle sort de prison et emménage dans son nouvel appartement. Il lui suffit de déballer ses caisses et la vie pourra recommencer... Elle convoque son passé. Elle invente son double, celle qu'elle a été. Le présent et les souvenirs s'écoutent, se répondent et s'affrontent. La visite « de routine » de l'agent de quartier, l'interview pour un emploi, les nuits sans sommeil... Et, comme un écho du passé, sa grande-tante qui pue de la bouche, Soeur Fernande et sa louche, les jonquilles et les coups qui pleuvent, les yeux de loup qui déjà la guettent...

Librement inspiré d'une histoire vraie, Peau de Loup raconte la vie singulière d'une femme qui nous ressemble. Une femme, dévorée par l'amour et la peur, qui devient complice du loup.
Une parole sans concession. Un spectacle qui emprunte à l'univers du conte sa cruauté, son humour et sa poésie.

Infos :
Théâtre de Poche,
Bois de la Cambre, 10 chemin du Gymnase, 1000 Bruxelles
www.poche.be

 

“Trou de mémoire”, Regards sur une case noire de notre société : la prison

Un mois de films, de rencontres et de débats, au Cinéma Nova à Bruxelles. Du 19 novembre au 13 décembre 2009.

La question de la prison resurgit au coeur de l’actualité. Ces derniers mois, les évasions ont succédé aux suicides de détenus et les protestations de prisonniers aux grèves de gardiens. La réalité de prisons surpeuplées et insalubres s’est rappelée à notre bon souvenir, mettant une nouvelle fois en cause les politiques carcérales. Celles-ci, incapables de tendre vers l’objectif de “réinsertion” qu’elles prétendent poursuivre, reproduisent et accentuent au contraire des inégalités et des rapports de classes existant dans la société.

Depuis les débuts du cinéma, de très nombreux réalisateurs se sont intéressés à cet univers à priori inaccessible et anachronique. Bien des citoyens lambdas ne connaissent la prison qu’à travers le prisme cinématographique. Le cinéma et la télévision ne sont d’ailleurs pas étrangers à cet énième regain d’intérêt (apparent, du moins) pour la prison. L’intérêt actuel, suscité par plusieurs films et séries, contribue à en véhiculer une représentation tantôt caricaturale et spectaculaire, mais parfois aussi plus complexe et davantage proche de la réalité des détenus (par exemple, le récent Un prophète).

Est-ce pour autant que le régime de la punition et de l’enfermement va enfin être profondément questionné? Il est à craindre qu’un tel débat soit esquivé une fois de plus par des “réponses” sécuritaires qui prennent l’allure de nouvelles fuites en avant. La question est traditionnellement remisée aux oubliettes, voire au mieux réduite à une approche humanitaire. En 1970 déjà, le Groupe d’Information sur les Prisons (GIP) parlait de la prison comme “une région cachée de notre système social, une des cases noires de notre vie”. Le GIP partait du postulat que le problème de la prison se pose à l’ensemble de la population et qu’il ne s’agit pas de l’isoler aux seuls détenus en le considérant comme un “mal nécessaire”, mais de le rendre visible, le placer au centre des attentions, le questionner, le politiser.

C’est dans cet esprit qu’a été conçue la programmation Trou de mémoire, Regards sur une case noire de notre société : la prison. Des dizaines d’oeuvres visionnées par l’équipe du Cinéma Nova est née cette sélection de films qui permettent de ramener la prison dans notre champ de vision, de briser l’isolement carcéral en portant des regards de l’intérieur, de donner la parole à ceux qui ont une expérience ou un rapport avec elle (que ce soit à l’intérieur des murs ou à travers les liens ténus qui y subsistent avec “l’extérieur”)… Au-delà de la compassion et des effets de mode.

Infos :
Le programme complet sera disponible en ligne dès le 19 octobre sur le site du Nova : www.nova-cinema.org
Cinéma Nova, 3 rue d’Arenberg, 1000 Bruxelles.

 

Interculturalité :

De la honte à la haine - Faut-il «passer au karcher» la violence des jeunes de banlieue ?

Débat/Conférence, le 23 octobre 2009 à 20h30, aux Halles de Schaerbeek

Née à Alger dans une famille juive, Alice Cherki a collaboré avec Franz Fanon en Algérie, puis en Tunisie et a participé activement à la lutte pour l’Indépendance de l’Algérie. Aujourd’hui basée à Paris, elle se consacre à l’exercice de la psychiatrie et de la psychanalyse, en restant attentive aux fractures intimes liées à l’exil, l’émigration, l’immigration, l’interculturalité, la déculturation, l’exclusion sous ses diverses formes. Tout particulièrement, les éruptions de violence collective – aussi diabolisées qu’indéchiffrables – de certains jeunes de banlieue lui semblent mériter mieux que le « karcher » et l’obturation de la pensée par l’indignation. Le thème de cette soirée est donc la problématique psycho-socio-économico-interculturelle des jeunes de banlieue (notamment française) et le passage, qui peut être psychiquement structurant pour certains, « de la honte à la haine ».

Une façon non réductionniste de faire appel à la psychanalyse pour tenter de penser plutôt que « karcheriser » une problématique qui nous concerne.

Alice Cherki a reçu, en 2007, le prix « OEdipe » pour son ouvrage La frontière invisible. Violences de l’immigration (Ed. Crépuscule, Paris).

Infos :
info@halles.be

 

Sous les palmiers, la mine (Maroc, 1960/1970)

40 photographies de Charles Henneghien à l'Abbaye de Forest, jusqu'au 25 octobre 2009

Dans le sillage des militaires galonnés des aventures coloniales, les technocrates étaient chargés de rentabiliser les territoires conquis. Missionnaires du progrès ! Ou mercenaires des multinationales ? Plus que d’oranges et de dattes, l’Europe avait besoin de fer, de cuivre, de plomb, de manganèse et de charbon !

Ce reportage est un témoignage rare sur huit exploitations minières au Maroc entre 1962 et 1970. Exploitation dans tous les sens du terme : l’éloignement, le manque d’infrastructures et des rapports de force hérités de la colonisation y maintenaient des conditions de travail rappelant notre dix-neuvième siècle : un Germinal exotique.

Au-delà du réflexe d’indignation morale que peuvent susciter ces images poignantes, il est instructif d’apprendre que toutes ces mines sont aujourd’hui fermées, ne laissant derrière elles que ruines et frustrations. C’est que les gisements sont épuisés ! Voilà qui amène à s’interroger sur nos sociétés de consommation et de gaspillage, fondées sur l’exploitation effrénée de ressources qui sont, par nature, limitées et non renouvelables.

Charles Henneghien est arrivé au Maroc en 1962. Jeune médecin au service du Ministère (marocain) de la Santé publique, il y a vécu huit ans. Tous ses temps libres, il les passait à photographier, apprenant l'arabe, parlant avec tous, parcourant le Maghreb en tous sens. Ses images, aujourd'hui, ont un demi-siècle. Elles parlent des gens, surtout des travailleurs. C'est la mémoire d'un Maroc qui n'a rien à voir avec celui des touristes… Un ouvrage (éditions Husson) a été édité.

Infos :
Du mercredi au dimanche, de 12h à 18h, le jeudi jusque 20h
L'Abbaye, 9 place St Denis à 1190 Forest / Bruxelles
Entrée gratuite

 

"La fin des mangeurs de cuivre", une exposition au Parc de Bruxelles.

Cette exposition photographique est organisée dans le cadre du mois de la solidarité internationale. Présentée sur les grilles du Parc Royal à Bruxelles jusqu'au 11 novembre, elle aborde la problématique de l'exploitation minière au Katanga, Congo. Les auteurs, Pauline Beugnies et Colin Delfosse, du collectif Out of Focus, ont une façon atypique d'aborder le reportage, et l'homme…... 

Leurs photographies dressent le constat terrible de l'exploitation sauvage, scandaleuse, des ressources naturelles de la République démocratique du Congo. En noir et blanc, elles disent l'exploitation artisanale dans les mines de cuivre et de cobalt du Katanga. En couleurs, l'état de délabrement de la Gécamines, entreprise d'Etat responsable des ressources minières de la région…

Les deux photographes ont réalisé ce travail en avril et mai 2007 dans l'intention d'aboutir à un tout cohérent. Pauline Beugnies a surtout travaillé dans la région de Likasi et Lubumbashi, Colin Delfosse dans la région de Lubumbashi et de Kolwesi. Agrandies numériquement, présentées en plein air, leurs images investissent l'espace public, comme une fenêtre sur le monde.

Infos : info@outoffocus.be / www.outoffocus.be

 

Carte blanche de Pierre Nikiema dit "Pytha"

Jusqu'au 30 octobre 2009, à la Boutique culturelle

L'exposition de Pierre Nikiema, dit "Pytha", nous offre, à travers des séquences de vie peintes sur le vif, une autre image des jeunes du Mali et d'ailleurs.

"J'essaye dans mon travail de raconter l'histoire des jeunes d'aujourd'hui. De ceux qui veulent s'en sortir mais qui souffrent de l'image négative qu'on leur fait porter ! J'essaye aussi de dénoncer le jugement rapide des adultes face à une jeunesse qui se cherche et dont les styles de vie parfois marginaux sont le reflet d'une inventivité et d'une richesse personnelle."

Pierre Nikiema vit au Mali où il peint depuis une dizaine d'années. Connu comme un artiste engagé, il expose régulièrement en Afrique et en Europe. En résidence d'artiste en Espagne depuis quelques mois, il profite de son escale européenne pour exposer son travail récent.

Infos :
La salle d'exposition de la Boutique culturelle est ouverte du lundi au jeudi de 10h à 15h.
16, Rue Van Lint 1070 Anderlecht
02 522 62 35 - yael@boutiqueculturelle.be

 

Deng Deng !

Du 27 au 29 octobre 2009, au Théâtre 140

Deng Deng ! signifie littéralement Différent ! À chacune de ses immersions au cœur du Tchad, ces trois dernières années, la question identitaire s’est imposée à Farid Berki. À travers un jeu complexe de paroles, d’impulsions, de flux, de rythmes, trois danseurs au parcours et au regard différents tentent de dégager des espaces de possibles pour s’autoriser à rêver un avenir meilleur.

« Deng Deng ! est un trio d’une grâce sans afféterie. Rythmiquement, tout est en place ; et gestuellement, les bras et les mains tchadiens détournent l’ondulation hip-hop. Elles la portent sans limite. Quant à Farid Berki, qui signe cette chorégraphie, il acquiert une douceur qui s’allie à son raffinement. » Libération, Marie-Christine Vernay

Infos :

http://www.theatre140.be/fr/index-action-spectacle-ficheSpectacleId-115.html

Retrouvez Deng Deng !, également à la Maison Folie de Mons le 28/11/09, 20h

 

Canta – festival de la chanson populaire latino-américaine

Les 14 et 15 novembre 2009, au Théâtre Molière

Les rideaux du Théâtre Molière laisseront à nouveau s’illuminer les notes latines les 14 et 15 novembre prochains, au cours de « Canta ! », festival qui met en avant la chanson populaire latino-américaine.

Infos :
www.america-latina.be
Aymeric Lehembre ou Luis Guzmán (Maison d'Amérique latine)
Tél 02/535 93 80
festival.casa@gmail.com

 

Les assises de l'interculturalité 2009-2010

Lors de la conclusion de l’accord du gouvernement fédéral du 18  mars 2008, il a été prévu de lancer des « Assises de l’Interculturalité ».
L’accord de gouvernement précise, en effet, que « Dans le cadre du développement d’une société ouverte et tolérante, le gouvernement favorisera le respect de nos valeurs démocratiques communes et organisera des « Assises de l’Interculturalité » composées de l’ensemble des représentants concernés et chargées de formuler des recommandations au gouvernement en vue de renforcer la réussite d’une société basée sur la diversité, le respect des spécificités culturelles, la non-discrimination, l’insertion et le partage des valeurs communes. »

Le gouvernement a préféré, à la notion de « multiculturalité », celle de l’« interculturalité ». La multiculturalité, en effet, désigne simplement la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses, etc.) au sein d'un même ensemble, alors que l’interculturalité évoque le lien interpersonnel, le dialogue, l’insertion, le projet collectif qui allie unité et diversité, respect des identités et projet collectif.

La Belgique, qui a beaucoup investi dans les politiques d’intégration, peut devenir un pays pionnier en matière d’interculturalité car son existence même se fonde sur le brassage de cultures et de langues différentes. Elle doit faire le pari de la réussite d’une nouvelle forme de pluralisme : le pluralisme culturel, parallèlement à celle du pluralisme politique, un pluralisme qui mise à la fois sur la citoyenneté et les valeurs communes et sur la reconnaissance de différentes identités ouvertes.

Télécharger ici la brochure des « Assises de l'interculturalité » avec le programme des activités...

Coups de cœur

Culture et Citoyenneté

- Back To Normal, espace culturel et démocratique : orchestre et mouvement

Back to normal est un orchestre ouvert à toutes et tous. Avec ou sans formation préalable. Il lie la musique à la poésie, aux arts visuels, au théâtre, à la danse, au cirque. Il est né en 1991 à Liège, de façon spontanée, des artistes de différentes disciplines et pratiquant la musique se retrouvant une soirée par semaine avec d'autres musiciens, étudiants ou professionnels, en un lieu expérimental, "Le Lion S'envoile ". Les créations de chacun étaient transcrites avec des moyens de lecture très graphiques (point, ligne, encadré) qui permettaient d'aborder, tout en jouant, l'écriture musicale traditionnelle (note, clé, portée...). Ainsi disparaissaient les termes "non-musicien /musicien "...

D'abord dirigé par un chef, le répertoire se voit bientôt divisé en deux parties, dirigées par deux musiciens, et enfin chaque morceau par chaque compositeur. La gestuelle de chaque musicien dirigeant est très différente : battre la mesure, réaliser des mouvements cubiques avec les avant-bras, dessiner des grands cercles massifs du bras droit... Dans un premier temps, les chefs sont devant l'orchestre, puis certains restent à leur place de jeu. Et si les musiciens de l'orchestre sont debout, pour la plupart, certains bougent, naturellement et pour toutes sortes de raisons !

Les moments de répétitions sont rares, les musiciens de Back To Normal se retrouvant avant tout pour jouer. Avec ou sans public. Les écarts par rapport au contenu des partitions ne sont pas pris comme des erreurs. Les informations avant les concerts et tournées circulent oralement, sans papier. Un événement déterminant dans l’évolution de Back to Normal a été la rencontre des musiciens pygmées AKA en République centrafricaine avec le groupe AKA Moon et Antoine Prawerman, et la découverte bouleversante de leur polyphonie et de leur polyrythmique. Pourquoi chercher loin quand les secrets de la démocratie sont proches ? Démocratie pure. Communauté oxygénée par le plaisir de vivre, sans chef, écologique dans l'excellence !

Back To Normal est cet espace ouvert où les différences de vitesse de jeu, la quantité de notes, la facilité de lecture et le choix des instruments sont des différences de couleurs sonores et non des différences de niveau. Un espace où le fait de chanter faux ou juste, de ne pas avoir de rythme ou de ne pas avoir d'oreille, sont des non-sens. Sans pour autant que soit niées les notions de travail, de qualité, de beauté, de recherche contemporaine!Le 13 juin 1991 se tenait le premier concert, dans la salle du Conservatoire de Liège. Back To Normal donne ensuite des concerts en Belgique, en Pologne, en Suisse ... Puis ce sont des tournées, des festivals, des concerts sur les places publiques. Des collaborations fortes se concrétisent, notamment avec le saxophoniste et compositeur belge Eric Slekim de Blindman Quartet ou le chanteur saxophoniste anglais Ted Milton avec lequel Back To Normal enregistre le disque "Treize".

A Bruxelles se forme un nouveau Back To Normal : le Cirque des Sons. "Cirque" au sens amphithéâtre acoustique, mais aussi dialogue entre les sons. Au sens "Cirque résonance" s'ajoute "Cirque de déplacement". N'ayant pas de lieu fixe, le Cirque déplace ses lieux de répétitions. Les gens des environs y entrent pour jouer. Le côté obligatoirement itinérant colore la formule. Pendant 6 mois, le mercredi, le Cirque se fixe au Beursschouwburg de Bruxelles. Une collection d'instruments, disponibles pour tous, des ateliers de théâtre et d’arts visuels pour enfants, des discussions sur l'art autour d'un thé. Le Cirque des Sons est un espace de jeux musicaux sans contraintes horaires, un marché d'instruments ...

La collection de 200 instruments voyage dans les écoles, les théâtres, les centres culturels, en France, en Corée avec des opéras d'un jour, en Inde, en Slovénie, en Palestine ...
La formule est la suivante : essayer les instruments, en choisir un, former un orchestre, improviser, inventer des morceaux. Différents participants dirigent l'orchestre. Des connections surgissent entre musique et texte mais aussi avec la danse et le théâtre."Les 7 années de solfège en 7 minutes", c'est préparer le programme du concert, puis le réaliser et inviter le public à essayer les instruments en 30 minutes, ou en 1h,( en 3h maximum !). Pour les enfants de 0 à 4 ans, 5 à 8 ans , 8 à 12 ans... et pour les familles. Le public traverse ainsi les 10 ans d'expérience de Back To Normal et du Cirque des Sons

Back to Normal se multiplie. John Mahy et Bernadette Lusakalulu ouvrent un Cirque des Sons à Kinshasa. Un cours d'éveil musical " Cirques de sons " se met en place à l'académie de Waterloo, des cours et stages démarrent dans une ferme à Seneffe. Pour se fixer à Bruxelles, le Cirque des Sons est accueilli au Centre Culturel Le Botanique pendant 3 jours. Cet évènement rassemble 50 artistes et plus de 1500 participants et visiteurs. Une équipe artistique très professionnelle l’anime. A titre d’exemple, Pierre Van Dormael, Charlie Degotte, Maggy Jacot et Nina danseuse et chanteuse dans les Zap Mama.

Associé à de nouveaux partenaires Laekenois, le projet occupe l'ancienne Maison Communale de Laeken transformée en "Maison de la création Centre Culturel de Bruxelles Nord".
Dans ce nouvel espace, Back to Normal renaît sous le nom de Back2Normal. Couplé à un atelier de composition musicale pour adultes - avec ou sans connaissances musicales préalables - au petit théâtre Varia à Bruxelles, le projet Back To Normal se poursuit dans une proposition « orchestre d'un jour » pour adultes. En 2008-2009, des journées suivies de concerts ont lieu à Flagey, au Centre culturel Jacques Frank, au Théâtre la Balsamine, à la Communauté européenne et au Théâtre Varia.

Aujourd'hui, l’objectif est de poursuivre cette action à l'étranger.

Que ce soit au sein de centres culturels, d’associations ou d’écoles, Back To Normal ne demande qu’à se développer ! Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me contacter : baudouin.dejaer@gmail.com

Baudouin de Jaer, 11-09-09
www.noodik.com

 

Culture et Solidarité

- "Dimension 3"…!

A première vue, on s'étonne. Un coup de cœur pour Le Journal de la Coopération belge, périodique bimestriel de la Direction générale de la Coopération au développement, que l'on imagine convenu, officiel, austère…? Eh bien oui ! Il faut dire que Dimension 3 est un Ovni. Pas luxueux mais bien mis en page, bien imprimé, bien écrit. Le numéro de septembre-octobre, qui justifie notre coup de cœur, est entièrement dédié à un dossier Culture(s) et Développement.

En couverture, un autoportrait en Magritte, œuvre d'Aimé Ntakiyica, artiste burundais. D'emblée, l'éditorial que signe "la rédaction" (en fait Elise Pirsoul, Jean-Michel Corhay et Chris Simoens) (bravo!), entre dans le vif du sujet. Citant le célèbre économiste Joseph Stiglitz (Nobel 2001), qui proposait récemment de remplacer le PNB (produit national brut) par le BNB (bonheur national brut), il affirme une nécessaire révolution dans le système de calcul du bien-être humain, qui substituerait au modèle actuel, essentiellement économique et occidental, d'autres valeurs, plus humaines : développement socio-économique durable, préservation et promotion des valeurs culturelles, défense de la nature, bonne gouvernance…

Quel est le sens du développement : la misère humaine se résume-t-elle à "moins d'un dollar par jour" ? Les éditorialistes citent les peuples autochtones d'Amérique latine, qui ont une autre vision du développement et qui préfèrent parler de "buen vivir", vivre en harmonie avec la nature et avec leurs semblables… (article en p. 9). Plus loin, ils citent Siri Tellier, du siège genevois du FNUAP (un Fonds des Nations Unies) qui affirme dans un dernier rapport que "le développement ne se limite pas à construire des ponts et des centrales électriques, mais qu'il suppose un changement des mentalités et des comportements". Un entretien avec l'anthropologue culturel Thierry Verhelst (p. 18) illustre par ailleurs l'importance de la dimension culturelle dans les projets de développement…

Nous n'irons pas plus loin ici car c'est l'entièreté du numéro qui parle de culture et de cultures, comme une nécessité. Mais il évoque aussi nombre d'événements culturels, souvent ponctuels mais majeurs comme le Fespaco, Festival de cinéma au Burkina Faso (avec un entretien du cinéaste et ancien Ministre de la culture malien Cheick Oumar Sissoko), comme le Festival du Cinéma méditerranéen à Bruxelles, ainsi que des regards sur le rôle d'Esperanzah, de Couleur Café, d'Africalia. Il se termine par une belle présentation des expositions actuelles au Musée royal de l'Afrique centrale, à Tervueren.

L'abonnement à Dimension 3 est gratuit. Rédaction : DGCD, 15, rue des Petits Carmes, 1000 Bruxelles / 02 501 48 81 / info.dgcd@diplobel.fed.be / www.diplomatie.be

 

- Sans-papiers (pas) vus à la télé

Le visible, ce que, entre-autres, les médias nous « font voir », nous « font savoir », nous l’intériorisons comme autant d’éléments constitutifs de nos représentations du monde. Cependant, dans le visible se loge en creux l’invisible : les faits présentés comme constitutifs de l’actualité, avérés, masquent bien d’autres éléments non-dits.

Sans-papiers (pas) vus à la télé est le titre d’une campagne lancée par le Gsara visant à sensibiliser et informer sur les représentations audiovisuelles des sans-papiers. Un site internet http://www.gsara.be/sanspapiers/ centralise toute une série de documents (médias-thèque) et d’outils pédagogiques, ainsi qu’un glossaire à entrées multiples. Il renvoie également à des personnes, collectifs et associations qui, en Belgique et ailleurs, combattent l’enfermement des étrangers et luttent pour que cette politique soit radicalement changée.

Un DVD pédagogique, produit et réalisé par le Gsara, est l'élément central de cette campagne. Il contient trois reportages réalisés par le journaliste Daniel Nokin entre 2006 et 2008 et diffusés par l’entreprise RTL TVi S.A. dans le cadre de l’émission « Reporters », magazine d’information abordant des sujets d’actualité et programmé à une heure de grande écoute.

Chacun des reportages est décortiqué par des personnes ressources : Frédérique Mawet (directrice du CIRé), Henri Goldman (journaliste), Marco Martiniello (politologue) et Andréa Réa (sociologue) par le biais de capsules exploratoires qui abordent de nombreuses questions : les rôles des médias dans la construction des mouvements sociaux, l’impact de ces reportages sur les téléspectateurs et sur leur engagement citoyen, une brève histoire des politiques d’immigration en Belgique, la fonction des centres fermés, les compétences de l’Office des étrangers, ce que disent des dispositifs d’enfermement et d’expulsion sur l’état de la démocratie en Belgique, etc. Ces analyses pointent les amnésies des reportages, démontent leur dramaturgie, et apportent des éléments d’information essentiels pour appréhender la complexité du sujet. Daniel Nokin intervient également dans ces capsules afin d’expliquer son travail, sa démarche, révélant les contraintes de réalisation.

Le DVD est accompagné d’un livret pédagogique. Il reprend également (en document pdf) un entretien avec Daniel Nokin sur les moyens et conditions de production du magazine « Reporters », deux animations pour un usage interactif et ludique du DVD et un petit glossaire des termes utilisés dans les reportages. Et enfin le clip vidéo « Soy un emigrante » de William Sandoval, artiste-poète-sans-papiers.

Ce site et le DVD apportent une belle contribution à la réflexion menée sur la thématique des sans-papiers ainsi que sur le traitement et la répercussion de l’information. Loin d’être une étude comparée des formats et des canaux de diffusion, la démarche du Gsara s’assimile à « une information sur l’information », pointant la complexité du réel, masquant l’évidence.

Pour recevoir le DVD, gratuitement (sans frais de port), adressez-vous au GSARA asbl, 02/218.58.85 – info@gsara.be

 

Faits et opinions

En introduction aux événements liés à Censures et Subversions, annoncés ci-dessus :

La voie de la subversion


Que faire lorsqu’on se trouve dans un régime où la liberté d’expression n’existe pas ? A première vue, il semble qu’il n’y ait que deux attitudes possibles : se soumettre ou se battre. Ce sont en effet les seules issues habituellement considérées, la première étant généralement valorisée, l'autre particulièrement dépréciée. Pourtant, si le rôle des opposants radicaux n’est pas sans effet – surtout lorsque, par leur action, ils alertent et concernent la communauté internationale –, ce sont rarement eux qui parviennent, seuls, à renverser ces gouvernements. Un rôle majeur dans la remise en cause profonde de ces régimes d’oppression est tenu par ceux que j’appellerais les travailleurs de l’ombre, ceux qui font semblant d’adhérer au régime qui détient le pouvoir (position indispensable pour agir face à un ennemi puissant qu’on ne peut défier purement et simplement) mais qui, de manière souterraine en sapent les fondements.

A moins que l’histoire ne les désigne comme des résistants – situation rare car ils ne font pas sauter des ponts mais sapent les idées, ce qui est nettement moins spectaculaire –, ces personnes ne passent généralement pas pour des opposants, mais pour des collaborateurs et sont donc d’autant plus décriées. Ils jouent pourtant un rôle essentiel, par le minage de l’idéologie.

Comment procèdent-ils pour parvenir à passer pour orthodoxes tout en envoyant un discours subvertissant les valeurs ou les vérités du régime ? Ils jouent en fait de l’équivoque, s’adressant simultanément à plusieurs publics à la fois, de manière à ce que seuls ceux qui ont déjà les critiques à l’esprit puissent les percevoir. C’est ce que Leo Strauss a appelé l’art d’écrire ou l’écriture entre les lignes.

Prenons un exemple tiré de l’histoire. Théophile de Viau (qui fut condamné pour son Parnasse satyrique et dont l’effigie fut brûlée vive à sa place, en 1623) écrit à propos de Dieu au début du XVIIe siècle, alors que l’Inquisition est encore puissante en France : « Qui le craint ne craint rien ». L’affirmation peut passer pour entièrement acceptable même aux yeux de l’Église, puisqu’elle peut se comprendre comme le fait que celui qui craint Dieu et qui, par conséquent, se conduit en suivant scrupuleusement ses commandements n’a rien à craindre et sera sauvé. Mais celui qui a déjà des conceptions athées peut aussi comprendre dans cette formule que Dieu est équivalent à rien et donc qu’il n’existe pas. Il envoie ainsi dans le même temps deux messages opposés à deux lecteurs dont les conceptions diffèrent.

Il existe de nombreuses techniques permettant d’agir de même, tant par les mots que par les images. Prenons un exemple graphique. Cette affiche politique (voir le texte en version pdf) de Gilles Dupuis va s’interpréter très différemment selon l’idéologie des personnes qui la regardent et selon le milieu où elle se trouve. Imaginons-la dans l’Amérique profonde (le titre en anglais sur une affiche rédigée par un Français suggère déjà un tel milieu) au sein d’une société fortement religieuse et absolument convaincue de l’importance du libre accès aux armes à feu, non seulement en tant qu’identité nationale, mais aussi en tant que moyen indispensable à la préservation des libertés individuelles. Dans ce cadre, ou si elle est réalisée par l’un d’entre eux, l’affiche sera perçue comme un rappel du fait que Dieu guide les mains armées de ses fidèles serviteurs et que, parallèlement, il faut une armée – concrète ou non – pour défendre la religion, les deux allant sans doute de pair. Par contre, si cette affiche est placardée ici, elle va plutôt dénoncer les liens étroits entre le lobby des armes à feu et les extrémistes religieux, par exemple. Comme on le voit, que ce soit avec le langage ou avec les images, voire les deux ensemble – car on peut tout à fait concevoir un texte qui démontrerait exactement le contraire de ce qui est exprimé par les images ou inversement, l’équivoque est organisée sciemment, afin que des interprétations différentes ou opposées soient menées par des publics divers.

Mais on peut aussi douter de l’efficacité d’une telle technique ! En effet, si seuls ceux qui ont déjà à l’esprit de telles critiques les perçoivent, quel rôle effectif peut revêtir ce type de message ? Autrement dit, ne prêche-t-on pas nécessairement des convaincus ? En fait, les choses sont un peu plus compliquées. D’une part, sous les régimes où manque la liberté d’expression, celle-ci n’est pas autorisée parce qu’il est important que l’idéologie officielle soit partagée par l’ensemble des membres de la société. Et ce pouvoir est d’autant plus fort qu’aucune critique interne ne met en cause son idéologie. Dans ce cas, le seul fait pour les opposants ou les critiques de trouver un moyen de communiquer entre eux et donc de savoir qu’ils ne sont pas isolés est loin d’être innocent. De plus, si une personne commence à ressentir les défauts du régime sans réussir encore à en prendre tout à fait conscience ou sans être encore à même de critiquer la situation, il y a de fortes chances qu’elle puisse percevoir l’écriture « entre les lignes », qui servira ainsi de déclencheur. Ce type de langage a donc également une fonction éducative.

A cette troisième voie de subversion, bien plus difficile à repérer et dont l'action est moins éclatante, on préfère souvent les héros et les martyrs… Ces travailleurs de l’ombre jouent portant un rôle fondamental dans la transformation de nos sociétés.

Anne Staquet
Université de Mons

Dernières nouvelles

Culture et Citoyenneté :

38 musées gratuits le premier dimanche du mois en Communauté française...

Consoloisirs.be a répertorié 38 musées en Communauté française qui pratiquent la gratuité le premier dimanche de chaque mois et en a fait un guide... Téléchargeable ici !

 

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique francophone

Un Réseau destiné aux personnes s'intéressant aux Arts et lettres en Belgique francophone vient d’être créé. Après inscription (gratuite), il est possible d'intervenir, de créer gratuitement sa propre page avec photos, des billets de blogue, d'inviter des amis, de renseigner ses événements, d'intervenir sur le Forum, exactement à la manière de « Facebook », mais uniquement réservé au domaine des Arts et Lettres belges.

Consultation ou inscription: http://artsrtlettres.ning.com/

 

Charleroi. Seizième Prix National Photographie Ouverte

Depuis sa création en 1981 et à travers ses 15 premières éditions, le Prix National Photographie Ouverte a largement contribué à mettre en lumière les principales tendances de la photographie en Belgique. De nombreux photographes distingués par ce concours occupent, aujourd’hui, le devant de la scène photographique belge !

Pour sa seizième édition, le Prix National Photographie Ouverte, organisé par le Musée de la Photographie à Charleroi en collaboration avec de nombreuses institutions et sociétés qui offrent des prix, conserve son esprit d’ouverture. Il s’adresse à tous les auteurs nés en Belgique ou y résidant depuis plus d’un an. Il concerne toutes les formes d'expression de la photographie, et aucun thème n'est imposé. Les participants sont invités à déposer leur dossier pour le 31 janvier 2010 au plus tard. Les travaux retenus seront exposés au Musée de la Photographie du 22 mai au 19 septembre 2010.

Infos :

http://www.museephoto.be/concours.html

 

Culture et Ecole

Les Conférences-Débats de Cgé – Changements pour l'égalité

Soucieuse de favoriser le débat public sur des thèmes en rapport avec l’éducation, CGé met des conférencier(ère)s à la disposition des personnes, des écoles ou d'associations intéressées.
Ces conférences-débats peuvent être organisées en soirée ou s’intégrer dans des journées pédagogiques ou de réflexion au sein de votre institution. Elles ont pour ambition d’informer et de mettre des problématiques en débat. La saison 2009-2010 se décline en six grandes thématiques : Culture d'origine et culture scolaire ; Relation famille-école ; Tensions de l'école ; Ecole et Société ; Apprendre la démocratie à l'école ; Construire ses savoirs.

Infos : http://www.changement-egalite.be/spip.php?rubrique141

 

Nouveau rapport sur la situation de l’éducation artistique dans l’Union européenne

Une nouvelle étude présentée aujourd’hui par la Commission européenne fournit une analyse détaillée des objectifs et de la structure de l’éducation artistique, de l’organisation des activités périscolaires et d’initiatives en faveur du développement de cet enseignement à l’école. Elle contient également des informations sur l’évaluation des élèves et la formation des enseignants dans le domaine des arts.

L ’étude « L’éducation artistique et culturelle à l’école en Europe », fondée sur les travaux du réseau Eurydice, a été réalisée par la Commission dans le contexte de l’Année européenne de la créativité et de l’innovation. Elle porte sur l’enseignement obligatoire à temps plein dans trente pays d’Europe (les États membres de l’UE, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège).
Le réseau Eurydice ( www.eurydice.org ) fournit des informations et des analyses relatives aux politiques et aux systèmes d’enseignement européens. Il se compose de 35 unités nationales dans l’ensemble des 31 pays participant au programme communautaire pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (les États membres de l’UE, les pays de l’EEE et la Turquie). Sa coordination et sa gestion sont assurées par l’Agence exécutive «Éducation, audiovisuel et culture», située à Bruxelles, qui rédige ses publications et élabore ses bases de données.

Le rapport, rédigé en anglais, est téléchargeable.

 

Sites et newsletter :


- L’L soutient les jeunes artistes des arts de la scène dans leur travail de recherche à travers un programme de résidence : essai – chantier – présentation. Il existe une newsletter pour être tenu au courant de leurs activités... S'inscrire sur : http://www.llasbl.be/idx.php?lang=FR&p=1&t=0
- Le Théâtre du Copion a une newsletter, inscrivez vous à theatreducopion@skynet.be
- Le CVB (centre vidéo Bruxelles) a un nouveau site internet : http://www.cvb-videp.be/index.html

Pour ne pas rester sur sa faim

Les propositions de Roland de Bodt :

Qui sont les barbares ? Itinéraire d’un penseur d’islam

Seddik, YoussefQui sont les barbares ? Itinéraire d’un penseur d’islam – La Tour d’Aigues (France), Les éditions de l’Aube, « poche essai », 2007 (2005), 73 pages + tables, ISBN : 978.2.7526.0383.8

Présentation : Nous n’avons jamais lu « l’Odyssée » d’Homère ! – il s’agit de la réédition en langue française d’un texte court et dense consacré par l’auteur à son propre et libre itinéraire philosophique à l’intérieur de l’islam, au regard de la société occidentale, au regard des sociétés musulmanes. Youssef Seddik est philosophe et anthropologue, helléniste et arabisant. Plusieurs titres actuellement disponibles aux éditions de l’Aube : « L’arrivant du soir, cet islam des lumières qui peine à devenir » (2007), « Nous n’avons jamais lu le Coran » (2004), « Le Coran, autre lecture, autre traduction » (2002). Il sera invité, pour une rencontre ouverte au public, ce lundi 26 octobre 2009, au Festival des Libertés qui se tiendra à Bruxelles. Grand caractère lisible, mise en page sobre et équilibrée, papier de grande distribution mais confortable, dos carré collé. Prix annoncé : autour de six euros. Commentaire : Youssef Seddik est un érudit, un philosophe et un croyant. Nourri d’une connaissance doublement étoffée de culture grecque antique et de culture d’expression arabe, il a pris la liberté de recommander aux musulmans – mais pas seulement à eux – de lire le Coran, plutôt que d’en rester à commenter les commentaires. Voilà une suggestion étonnamment audacieuse, que seul un érudit pouvait risquer. Encore fallait-il dresser la table pour un tel banquet ! Avec modestie et sans façon, Seddik conduit une pensée souriante, foisonnante et rigoureuse. Et son intime conviction lui donne beaucoup de liberté. Il ne cherche ni le combat, ni le triomphe : il fraye des passages imprévus où l’air du temps dédaigne à s’engouffrer. Le préjugé de la mode, les stratégies du « conflit des civilisations » et les idées reçues des grands média ne résistent pas devant de telles ouvertures. Il lit le Coran, comme d’autres lisent Homère, à la recherche des grandes figures de la narration mythique, c'est-à-dire essentiellement destinées à nous parler à nous, structurellement à nous, de nous en tant qu’êtres humains. Et à travers cette approche, qui procède par l’intimité de la trame littéraire, il nous laisse supposer que nous n’avons jamais lu l’Odyssée ! Pouvons-nous accepter un tel défi ? Il nous met en danger, par rapport à nos « saintes certitudes » : et si jamais il nous était possible de redécouvrir nos grandes narrations ? Si Ulysse était une clé pour ouvrir de nouvelles lectures de la Bible, voire du Coran, lui-même ? Si la Bible et le Coran offraient, à rebours, des clés de lecture pour redécouvrir l’Illiade ? l’Odyssée ? l’Enéide ? Accepterions-nous de nous laisser surprendre par une approche nouvelle du patrimoine mythique auquel nous avons attaché notre identité effarouchée ? Au nom de ce qu’il traduit les enchevêtrements culturels qui nous relient, quant au fond, à ce que nous avons nommé comme irrémédiablement « Autre » ? « Il est temps en ce début du XXIe siècle, en ce moment où l’islam est réduit à un affrontement binaire qui fait que sa seule volonté défensive est de répondre à la violence par la violence, il est temps de revivifier les savoirs et les débats à partir d’une intelligence neuve » (page 68) ne sommes-nous pas concernés au premier chef ? Ce qui est étonnant chez Youssef Seddik c’est qu’il nous amène à nous mettre en question en nous parlant de lui et de son rapport à la littérature et au Coran. A découvrir. [Mons (Belgique), le 3 septembre 2009, Roland de Bodt] – Publics : Toutes convictions, toutes responsabilités collectives. – Mots clés : barbares, culture, Homère, islam, Orient/Occident, philosophie – Adresse web des éditeurs : www.aube.luContenu : Etre Arabe d’islam (9) ; Ulysse et le manifeste de l’Occidental (37) ; Un itinéraire en bris : le Coran et l’offre d’autoroute (59) ; Conclusion (71)


Culture populaire & démocratie culturelle ; les maisons de jeunes en milieu populaire, entre paradoxes et engagements

Simon, Murielle, Leblanc, Olivier et Evrard, PierreCulture populaire & démocratie culturelle ; les maisons de jeunes en milieu populaire, entre paradoxes et engagements – Bruxelles (Belgique), Fédération des centres de jeunes en milieu populaire, 2008, 147 pages, ISBN : non communiqué.

Présentation : Il s’agit de l’édition originale en langue française d’une contribution à plusieurs voix conçue et réalisée par la Fédération des centres de jeunes en milieu populaire ; les initiés disent : « Fcjmp ». La publication bénéficie du soutien méthodologique d’Emile Servais (professeur émérite UCL) et des interventions graphiques de Virginie Henrotte. La diffusion en librairie reste probablement discrète, mais l’ouvrage peut être acquis directement au siège de la Fédération, 20, rue de Saint-Ghislain à 1000 Bruxelles (près de la rue Haute) tél. : 00.32.(0)2. 513.64.48. Au sein de la fédération, le trio des auteurs forme un ensemble bien complémentaire : Murielle Simon est particulièrement attachée au développement de la formation continuée des animateurs, Olivier Leblanc a développé ses compétences par des expériences de terrain au croisement des politiques de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse, Pierre Evrard assure la direction de l’association dans une double perspective d’égalité des chances et d’ouverture internationale et notamment d’ouverture européenne. Je ne sais pas si la fédération a édité précédemment d’autre publication. Format poche, petit caractère lisible, papier confortable, d’une facture classique, la mise en page est sobre et soignée, dos carré collé, prix annoncé : 5,00 €. – Commentaire : cette initiative de la Fédération des centres de jeunes en milieu populaire a un défaut et beaucoup de qualités. Donc et paradoxalement, le défaut : c’est la lisibilité ! Des phrases longues, enchevêtrées et articulées à multiples charnières. Parfois, il faut s’y reprendre à plusieurs reprises. La lecture n’est pas aisée, c’est vrai. Mais ce défaut s’estompe devant les qualités, l’exigence et la rigueur de la démarche. Les efforts du lecteur – souvent paresseux, il faut l’avouer ! – sont récompensés généreusement. Car, il faut reconnaître que les auteurs ne sont pas à l’origine de ces mots de « culture populaire », ni de ceux de « démocratie culturelle ». La question qui se posait, d’entrée de jeu – comme elle se pose probablement à tous les animateurs de jeunes en milieu populaire, voire à tous les animateurs en général – c’est donc bien : « qu’est-ce que je peux, moi, faire de cela ? » Et de ce point de vue, la proposition est très juste puisque le lecteur est tout de suite confronté à une parole authentique. Ils ne font pas semblant, les auteurs vont au feu, au grand feu des questions qu’ils posent devant eux. Le feu est nourri de nombreuses lectures, débats et réflexions. Ils montrent les complexités de leurs propres situations d’animateurs dans la cité inégalitaire dont ils héritent ; elle ne leur convient pas, cette cité, mais elle est la leur aussi ; ils veulent la transformer mais ils en procèdent déjà, ils doivent s’en dégager mais ils y sont engagés de tout leur être. Avec beaucoup de pudeur, de sensibilité et d’exigence, ils éclairent leurs propres paradoxes d’écrivains à l’intérieur de la politique culturelle dont ils héritent. Elle ne leur convient pas, cette politique, mais elle est la leur aussi ; ils veulent la transfigurer mais ils en procèdent déjà, ils y sont engagés de tout leur être. Et ces contradictions qui rendent la posture inconfortable ils auraient pu les maquiller, les passer par pertes et profits ou les porter à charge des  « pères ». Point du tout ! Ils les énoncent comme leurs propres contradictions. Et en nommant ces contraintes, comme les leurs propres, ils créent les conditions d’une appropriation de ces questions. Ils ouvrent les possibilités imaginaires d’une issue, d’un dépassement, d’un dénouement de ces tensions. Le langage retrouve ici sa force de libération des nœuds du passé. S’ils évoquent la « culture populaire » c’est pour mieux nommer ce qu’ils en font. S’ils évoquent la « démocratie culturelle » c’est pour mieux nommer ce qu’ils en veulent. Loin d’une variation sur le thème de la démocratie culturelle, nous sommes face à une réelle appropriation de la question. Le tout émaillé de nombreuses références choisies, un dispositif de notes plutôt impressionnant et une bibliographie bien conduite ; c’est du meilleur intérêt. [Mons (Belgique), le 3 septembre 2009, Roland de Bodt] – Publics : Pour un public motivé, les animateurs sociaux et culturels, les administrateurs publics, les mandataires politiques, les enseignants, les journalistes, les artistes, les bibliothèques publiques, les intervenants de l’aide à la jeunesse – Mots clés : culture, culture populaire, démocratie, démocratie culturelle, démocratisation de la culture, égalité des chances, émancipation culturelle, globalisation, jeunes, inégalités sociales, insertion sociale, institutions, modernité, pratiques culturelles. – Adresses numériques des éditeurs : www.fcjmp.beContenu : Présentation de la Fédération (3) ; Remerciements (7) ; Table des matières (9) ; Introduction (11) ; Modernité et démocratie culturelle (17) ; 1. Modernité et situations paradoxales (21) ; 1.1 Individuation et globalisation (22) ; 1.2 Risque et sécurité (28) ; 1.3 Déclin institutionnel et ordonnancement éthique (31) ; 1.4 Système machines et humanisation (36) ; 1.5 Exigence égalitaire et croissance des inégalités (38) ; 2. Démocratie culturelle et formes paradigmatiques ; 2.1 La démocratisation de la culture (42) ; 2.2 La démocratie culturelle (43) ; 3. Situations paradoxales et démocratie culturelle (46) ; 4. Situations paradoxales et questionnement des pratiques (48) ; II. Jeunesse de milieu populaire et démocratie culturelle (51) ; 1. Le populaire ; 1.1 Pluralité sémantique (53) ; 1.2 Hétérogénéité plurielle (57) ; 2. Juvénisation (58) ; 3. Jeunesse de milieu populaire ; 3.1 Jeunesse de milieu populaire et perte de repères (60) ; 3.2 Jeunesse de milieu populaire et culture de masse (64) ; 3.3 Jeunesse de milieu populaire et trajectoires problématiques (67) ; 3.3.1 Trajectoires discontinues et déstructurantes (68) ; 3.3.2 Trajectoires scolaires allongées et production d’exclus de l’intérieur (70) ; 3.3.3 Trajectoires de formation qualifiante ou disqualifiante (71) ; 3.3.4 Trajectoires et comportement problématiques (73) ; 3.3.5 Trajectoires d’implication sociale faible et de citoyenneté distante (74) ; 4. Jeunesse de milieu populaire et démocratie culturelle (75) ; III. Acteurs et activités : regards croisés (79) ; 1. La jeunesse (82) ; 2. Les situations (84) ; 3. Les trajectoires ; 3.1 Des trajectoires familiales conflictuelles et frustrantes (85) ; 3.2 Des trajectoires scolaires semées d’embûches (87) ; 4. La culture (88) ; Le travail et l’insertion sociale (90) ; 6. La citoyenneté (92) ; 7. Activités et animations (94) ; 8. Conclusions (96) ; IV. Conclusions générales et perspectives (97) ; 1. Rétroactes (99) ; 2. Suggestions ; 2.1 Mieux connaître la population des centres et lui permettre de réaffirmer une identité fière (101) ; 2.2 Promouvoir l’intégration sociale et rendre possible des projets (104) ; Evaluer les pratiques pour mieux promouvoir l’égalité des chances (105) ; 2.4 Tirer parti de la diversité des régimes et registres d’action (108) ; 2.5 Faire écho aux débats et enjeux de société (109) ; Notes (111) ; Bibliographie (141)

 

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