Véronique Vercheval a été photojournaliste pour le magazine "Voyelles" dès 1979. Elle y réalise des reportages sur la condition des femmes. De 1983 à 1999, avec les "Archives de Wallonie", elle photographie le monde du travail en Belgique francophone. En 2001, elle publie aux éditions Luc Pire un reportage sur les transporteurs routiers, "La route à tout prix" (textes de Réjane Peigny). Elle enseigne la photographie à l'Institut des Arts et Métiers de La Louvière et travaille pour diverses compagnies théâtrales.
Mes images de Palestine relèvent plutôt du "carnet de route" que du reportage au sens classique du terme, dit Véronique Vercheval. Etre photographe, en l'occurrence, c'est rencontrer des gens, tenter de les connaître, témoigner de leur vie. Je n'ai cherché ni le "scoop", ni l'image extraordinaire, préférant rendre compte de la vie quotidienne. Bien sûr, le pays est bouleversé par la guerre. La destruction est partout, maisons privées, institutions, infrastructures civiles, champs d'oliviers ou d'orangers arrachés, et les mots les plus courants sont "check point, camp de réfugiés, laissez-passer, bombardements et couvre-feu" ! Pourtant, les gens s'efforcent de vivre normalement et veulent croire en l'avenir en termes de liberté !
Comment survit-on en Palestine aujourd'hui, sans travail, sans revenu ? Comment est-il possible d'être peintre, musicien, comédien et de le rester ? Je suis admirative devant la détermination de ces artistes qui sont "entrés en résistance". En réalité, ils ne considèrent plus la créativité de la même manière : leur préoccupation première est la sauvegarde des enfants, à travers des ateliers de danse, de théâtre, de musique. Une des actions que mène le Théâtre Ashtar m'a bouleversée. Cela se passe dans une école secondaire. Une classe de filles. Après quelques exercices, les comédiens les incitent à parler, à extérioriser leur peur. Il est arrivé à beaucoup de ces adolescentes, en effet, de se trouver en présence de tanks, ou face à des militaires en armes, parfois mises en joues. Cela reste un véritable traumatisme. Pour moi aussi, ajoute Véronique qui nous disait, il y a quelques jours, qu'elle croyait parfois avoir fait un mauvais rêve...