La photographie, pour Frédéric Pauwels, c'est la mémoire de ce qu'il a vécu, et il tient à ce que la réalité de ces faits ne soit pas trahie. Conscient de ce que la faculté de la photographie à restituer le réel est toute relative, il cherche à stimuler la réaction du spectateur en proposant des images "décalées", différentes de celles, immédiates et triviales, que propose la télévision. En ce sens - c'est un choix - il apprécie la distance que procure le noir et blanc.
Frédéric Pauwels est né à Anderlecht, il y a vingt-huit ans. Il vit à Kraainem. Il a étudié la bande dessinée à Saint-Luc avant de se tourner vers la photographie, à l'ERG. Elle pouvait contribuer à enrichir sa création, pensait-il. Il découvre bientôt qu'elle est une expression à part entière et c'est lorsqu'il photographie la "Marche blanche" qu'il réalise son incroyable potentiel de témoignage. Il entreprend dès lors de rendre compte des situations qui le touchent : les sans papiers qui occupent l'église du Béguinage (un reportage publié dans Le Vif-L'Express et dans Le Matin), les sans abris et le Samu social. Il soutient "une note pour chacun"*, une association de musiciens qui jouent pour les enfants dans les hôpitaux. La photographie, une arme contre l'indifférence ? Pour Frédéric, c'est une manière de vivre...