Culture & Démocratie

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06/06/2013 n°67

La
lettre

Éditorial

Le monde culturel européen est en émoi ! (1) Dans l’accord bilatéral entre les USA et l’UE qui se dessine en vue de créer un formidable marché de libre-échange transatlantique - concrétisation suprême de l’idée de liberté - « l’exception culturelle » ne sera plus respectée !

Ainsi «l’objet culturel» ne serait plus différencié d’un kilogramme d’orange ! Comme l’écrit Fabienne Bidou, directrice de Zone Franche, cette vision prétend orienter l’organisation des échanges culturels en les réduisant à des échanges de produits (ou services) culturels et, de plus en plus, au seul accès à ces produits culturels. La libre concurrence entre les marchands produirait, par la magie du marché libéré de toute intervention extérieure, une vertueuse stimulation, garante indiscutable de la diversité de l’offre culturelle. Ici nous sommes invités à ne pas finasser en questionnant l’écart entre diversité de l’offre et diversité tout court…

Le monde culturel s’insurge contre ce totalitarisme en creux du libre-échangisme, prévoyant un étouffement certain de la création, celle-ci n’étant fondamentalement pas du même ordre que la « production » qui s’échange en d’autres espaces, en d’autres temps que ceux du Marché ; qui ne se pense ni se s’évalue en termes d’offre et de demande, de pertes et profits ; qui ne se consomme pas, qui ne s’industrialise pas…

Mais en ne montant au créneau que pour défendre son exception, le monde culturel (pas celui des industries, non, celui de la création !) ne met-il pas des œillères ? Refusant de voir, ne s’isole-t-il pas ? Car ce totalitarisme en creux du libre-échangisme, compatible avec une certaine démocratie, n’est-il pas en train d'asphyxier d’autres secteurs de la "vie publique" : la santé, l’action sociale, l’aménagement du territoire, le travail, le logement, l’alimentation… N’y-avait-il pas une exception de la santé ? Une exception de l’action sociale ? Une exception de l’enseignement ? Une exception de l’espace public ? Une exception du non-marchand en somme, qu’il aurait fallu défendre contre la norme agressive du Capital et les sabots rageurs du Wall Street Bull ? Pourquoi, si la société civile européenne a accepté la privatisation (en cours) du secteur de la santé ou la gestion managériale du travail social, ne pourrait-elle faire de même avec la culture ? Que voudrait encore dire une exception culturelle maintenue, planant au-dessus d’une réalité soumise, elle, à l’autorité du modèle de la concurrence et de la course au profit ? Serait-elle encore souhaitable ? Cette exception conservée ne perpétuerait-elle pas l’illusion d’une résistance par la culture, uniquement ?

Une artiste travaillant en milieu carcéral interrogée sur les difficultés qu’elle rencontre pour mener à bien son travail dans un tel lieu, nous a répondu : les détenus avec lesquels je travaille sont constamment soumis à l’arbitraire, alors pourquoi pas moi ? Cette belle humilité, cette façon de trouver normal de subir « la même chose que tout le monde » est une véritable proposition éthique pour le monde culturel : en elle s’esquisse la possibilité de son réel ancrage dans « le monde commun » et, du coup, sa véritable puissance de résistance et de changement …

Baptiste De Reymaeker,
Coordinateur de Culture & Démocratie

(1) https://www.lapetition.be/en-ligne/The-cultural-exception-is-non-negotiable-12826.html

Culture & Démocratie

Agenda

Pré-annonce : Journées d’information et de sensibilisation autour du métier d’artiste intervenant en milieu de soin

Les 17 et 18/10/13, à la Petite Maison, Chastres

La commission « Réseau Art et Santé » du Culture & Démocratie proposera, comme les années précédentes, ses deux journées d’information et de sensibilisation au métier d’artiste intervenant en milieu de soins…

Plus d’informations, et modalités d’inscription dans la prochaine lettre.

Pré-annonce : Séminaire sur le droit de participer à la vie culturelle

Le 6/12/13, de 8h30 à 13h30, au Point Culture (nouvel espace de la Médiathéque), Bruxelles

Le séminaire sera consacré au droit de participer à la vie culturelle et à son lien avec les politiques culturelles.

De manière tout à fait générale, le droit de participer à la vie culturelle peut se définir comme un droit ayant pour objet les expressions culturelles et les patrimoines culturels. Il concerne la mise en présence avec cette vie culturelle, la connaissance et la familiarisation avec celle-ci. Il implique la liberté de création, le droit d’accéder à la culture, le droit de prendre part activement à la diversité des vies culturelles, le droit au maintien, au développement et à la promotion des cultures et des patrimoines, le droit à accéder aux patrimoines culturels et à la diversité culturelles qui implique des mesures de protection de la part des pouvoirs publics, le droit au libre choix des vies culturelles auxquelles on veut - ou pas – participer et le droit de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques culturelles et des décisions concrètes concernant le droit de participer à la vie culturelle.

Ce droit recouvre également, comme tous les autres droits fondamentaux, une dimension transversale relative au respect du principe de non-discrimination notamment en raison de son ou de ses « identités culturelles », de son origine sociale, de ses convictions religieuses etc.
L’optique qui a été privilégiée est de mener à bien une approche interdisciplinaire pour explorer ce droit en lien avec les politiques culturelles.

Plus d’informations, modalités d’inscription,… dans la prochaine lettre.

La vie de l'association

AG

L’AG annuelle de Culture & Démocratie s’est tenue en avril dernier. Le mandat de Sabine de Ville en tant que présidente du CA a été reconduit. Georges Vercheval reste à la vice-présidence. 

Le CA, désigné par l’AG, aura pour première tâche de piloter l’association durant l’année de son vingtième anniversaire… En effet, en 1993, le manifeste de Culture et Démocratie/Kunst en democratie est publié et provoque l’adhésion d’un grand nombre de personnalités du monde politique et culturel. En 1994, Culture et Démocratie/Kunst en democratie se constitue en asbl…

Une programmation à l’occasion de cet anniversaire est en préparation… Elle fournira proposera des occasions de faire le bilan de 20 ans d’activités intenses, mais aussi de se tourner vers les années à venir. ..

Centre de doc : trois nouvelles acquisitions (parmi tant d’autres)

Le centre de documentation Smartbe/Culture & Démocratie constitue une mine d’or pour qui cible ses recherches sur des thèmes liés à l’activité de ces deux structures : statut de l’artiste, sociologie de l’art et de la culture, politiques culturelles, inscription de l’œuvre dans le circuit socioéconomique, enjeux politiques, sociaux, économiques et éducatifs de la culture... Il comprend des livres, des études, des guides pratiques, des catalogues, des revues, des dossiers, des DVDs etc.

Trois ouvrages ont récemment été acquis par Culture & Démocratie :

Jean Gabriel, Quand je serai ministre de la culture, Editions de l’attribut
http://www.editions-attribut.fr/Quand-je-serai-ministre-de-la

Olivier Neveux, Politiques du spectateur, Editions la découverte
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Politiques_du_spectateur-9782707175915.html

Guy et Jean Pierre Saez (dir), Les nnouveaux enjeux des politiques culturelles, Editions la découverte
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_nouveaux_enjeux_des_politiques_culturelles-9782707174352.html

Le centre de documentation se situe au 70, rue Emile Féron, à 1060 Saint-Gilles et est consultable par tous, mais uniquement sur rendez-vous (avec possibilité partielle de photocopier). Contactez Quentin de Ghellinck au 02 542 19 73 ou deq@smartbe.be

Productions

Journal 29 - Culture et gratuité. Leurre ou nécessité ?

Les revendications à la gratuité se font aujourd’hui de plus en plus fortes, mais dans une culture où tout semble guetté par les logiques marchandes, incarne-t-elle réellement une alternative ou porte-t-elle plutôt les apparats d’une illusion ? Les articles rassemblés dans le Journal 29 de Culture & Démocratie parcourent cette question à leur manière. Des antinomies de la culture de l’argent et de l’argent de la culture, à l’anthropologie du don, aux droits d’auteurs et culturels, jusqu’à l’idée d’une philosophie de la gratuité ou encore du sens que celle-ci revêt aux musées, le parcours ne se veut pas exhaustif, il interroge plutôt à divers échelons ce qu’il nous est permis d’espérer du concept de gratuité.

L’ensemble est illustré par les photographies d’Alain Janssens.

Le détenu, le chercheur et l’artiste.

L’agenda interculturel a consacré son numéro d’avril à la question carcérale et a demandé une contribution à Culture & Démocratie… Baptiste De Reymaeker propose aux lecteurs de l’Agenda Culturel une courte réflexion au départ de la pensée du philosophe Alain Brossat sur les limites des interventions artistiques en prison, sur ce qu’elles ne « résolvent pas » : la fracture entre le dedans et le dehors, l’ordre qui désigne perdant et vainqueur…

Lire « Le détenu, le chercheur et l’artiste »
Découvrir la revue

Rapport des deux journées « L'art et tout-petits à l’hôpital »

En mai 2012, le colloque "L'art et les tout-petits à l'hôpital", proposé par l’asbl Le Pont des Arts et la commission «Réseau Art et Santé» de l'asbl Culture & Démocratie, connut un vif succès. Une vidéo proposant un reportage de ces deux journées a déjà été partagée. Aujourd’hui, découvrez, dans ce rapport écrit, l’intégralité des propos tenus par Patrick Ben Soussan, Evelio Cabrejo-Parra et Anne Pardou…

Rappel : Image et prison : le reportage radiophonique

En avril 2012, la commission Culture et Prison de Culture & Démocratie, associée au réseau Art et Prison, organisait deux journées de rencontre autour de la thématique « Image et prison ». Une compilation des courtes vidéos projetées lors de ces journées (Montre-moi la prison) ainsi qu’un rapport écrit de certaines interventions… Un montage radiophonique (réalisé par Meddeb Sabri) vient s’ajouter aux traces, riches, que ces deux journées ont laissées.

Par ailleurs :

Découvrez ce témoignage radio 

Et sur Radio Arte, la page web consacrée à des reportages radio autour de la thématique de la justice.

Coups de cœurs

« Hé mec, j’ai à te parler, entends la bonne nouvelle que je viens t’annoncer »

La bonne nouvelle, c’est le premier album du groupe Racine Congo qui vient de sortir. A la composition des textes et de la musique, à la voix et aux rythmes, Baptiste De Reymaeker, l’homme à tout faire de cet album (mais aussi de Culture & Démocratie) qui a « à l’esprit mille folies, mille façons de vivre (sa) vie ».

De la chanson française et du reggae…, un subtil mélange savamment orchestré par les musiciens qu’il a mis à ses côtés pour la réalisation de l’album (Simon Danhier à l’accordéon, Charlotte Danhier au violoncelle, Thibault Nguyen/ Raphaël Debacker à la basse et Lorenzo Di Maio guitare électrique) et qui partagent de façon modulable la scène à ses côtés.

Racine Congo chante avec poésie les méandres du cœur et du désir, mais il ne s’arrête pas là, il nous fait part de ce qui l’interpelle dans la société. « Mon saint et vrai ras le bol, je détruis les idoles qui font d’nous des chiffes molles (….) Aucune guerre ne peut être le projet de Dieu (…) Cesse d’être fataliste, la messe n’est pas dite ». Et avec la chanson « Police » dédicacée à toutes les victimes des violences policières, l’album frôle encore de plus près la thèse politique.

Huit titres à écouter pour danser, vibrer, réfléchir avant d’aller les écouter en live, là où vous pourrez acheter l’album…

« La lune éclaire ce qu’elle veut bien, elle laisse dans l’ombre aussi certains »… Espérons d’elle un peu de lumière sur ce projet musical qui le mérite bien.

Christelle Brüll

Album à écouter intégralement ici : http://racinecongo.bandcamp.com/album/racine-congo
Prochains concerts le 22 juin à Mons, le 3 août au Reggae Geel festival, et le 20 septembre au Mekitburn à Vilvoorde. Plus d’infos : https://www.facebook.com/racine.congo?ref=ts&fref=ts

La partie contre le tout.

La lecture de Kropotkine (http://kropot.free.fr/Kropotkine-Commune.htm) m’a convaincu ! L’organisation politique la plus adéquate à l’homme, celle qui est à son échelle, celle qui ne lui échappe pas, doit se penser au départ des communes, non plus de l’Etat… Je le crois très sincèrement. Il faut rendre aux communes l’initiative première en matière politique : là réside le salut démocratique de notre Europe vacillante …

Ainsi, un récent communiqué de la Ligue des droits de l’Homme m’a tout particulièrement réjoui. Le voici :

Ordre de limiter l’occupation des cellules de la maison d’arrêt de Forest validé par le Conseil d’Etat : un camouflet pour la Ministre de la Justice

L’Etat a décidé de ne pas poursuivre la procédure visant à annuler l’arrêté pris par la commune de Forest afin de limiter l’occupation des cellules de la maison d’arrêt située sur son territoire. La Ligue des droits de l’Homme se réjouit de cette décision et rappelle au gouvernement qu’il a l’obligation de trouver des solutions au problème de la surpopulation carcérale.

Afin d’inciter la ministre de la Justice à étudier des pistes pour désengorger les cellules de la prison de Forest - dont le taux de surpopulation avait atteint 235% dans certaines ailes ! - Magda de Galan, alors bourgmestre de Forest, a pris en juillet 2012 un arrêté de police s’attaquant concrètement aux problèmes des prisons du Royaume. Cet arrêté (confirmé par son successeur, Marc-Jean Ghyssels) visait à limiter l’occupation des cellules par les détenus à leur capacité allouée et ainsi à interdire au gestionnaire de la prison le recours aux trios (à trois détenus dans une cellule de 9 m² prévue pour deux, le troisième détenu du « trio » étant contraint de dormir sur un fin matelas posé à même le sol). Il ordonnait également de limiter l'occupation des cellules dépourvues de lavabos et de toilettes à un seul détenu.

Alors que les autorités communales avaient pu constater une amélioration sensible de la situation, l’Etat belge déposait un recours en suspension et en annulation contre cette mesure. La Ligue des droits de l’Homme décida dès lors d’être partie intervenante à la cause afin de soutenir l’intervention courageuse et légale de l’ex- bourgmestre de Forest.

Un arrêt du Conseil d’Etat et un rapport cinglant du Comité européen pour la prévention de la torture sur l’état de la prison de Forest plus tard, l’Etat belge décide enfin de ne pas poursuivre la procédure devant le Conseil d’Etat. Ce dernier a donc validé l’arrêté de la commune de Forest.

L’Etat se voit donc rappelé à son obligation de trouver des solutions au problème de la surpopulation carcérale et la nécessité d’adopter des « mesures permettant d’accueillir dignement toutes les personnes privées de liberté ». En ce sens, la commune de Nivelles, via son bourgmestre, Pierre Huart, a adopté un règlement de police similaire le 11 avril dernier concernant la prison qui se trouve sur son territoire.

La LDH se félicite que les décisions courageuses de Forest et Nivelles soient validées et espère que la ministre de la Justice proposera rapidement des pistes de solutions viables pour régler le problème de la surpopulation carcérale.

BDR

Les lauréats du Museum Prijs / Prix des Musées. 8ème édition.

Museum over industrie, arbeid en textiel - MIAT, Gent 

Musée des Instruments de musique - MIM, Bruxelles 

Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, La Louvière

Les Prix des Musées sont une initiative de l’OKV* (Openbaar Kunstbezit Vlaanderen, une organisation qui publie une revue culturelle particulièrement intéressante). Soutenue par le généreux mécénat de Linklaters (un Cabinet d’avocats international qui s’impose un soutien à des initiatives culturelles et citoyennes) et avec de nombreux partenaires (dont Culture et Démocratie…), l’OKV a organisé ce Prix pour la huitième année consécutive.

Trois prix, pour trois musées : en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie ! Rappelons le processus et les motivations : distinguer des musées qui soient non seulement intéressants dans leur contenu et dynamiques dans leur fonctionnement, mais également attentifs à ouvrir leurs activités à tous les publics. Le montant des prix – 10.000 euros à chacun - doit nécessairement être utilisé à poursuivre cette disponibilité. Il s’agit donc bien de culture, de démocratie, et d’ouverture à l’autre…

Au départ, ce sont des centaines de personnes (le très large pré-jury de nominateurs**) qui font part aux organisateurs des musées qui les ont marqués, dans les trois régions. Cinq musées par région sont ainsi mis en compétition pour le jury final. Une forme de discrimination positive permet de compléter les 4 premiers… par celui des « petits » musées qui a obtenu le plus de suffrages. 

Cette année, les « Nominés » (une distinction en soi) étaient donc :

Pour la Flandre, le MAS – Museum aan Stroom, Antwerpen ; le MoMu – ModeMuseum Antwerpen ; le ModeMuseum de Hasselt ; le MIAT de Gent ; et la Talbot House, à Poperinghe, qui évoque la Grande Guerre et les soldats qui y trouvèrent, dès 1915, un peu de réconfort… 

En Wallonie, le Grand Curtius, grand musée liégeois ; le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Louvière ; Le Musée Hergé, à Louvain-la-Neuve ; le Musée de la Métallurgie et de l’Industrie à Liège, le MAC’s au Grand-Hornu – Mons, déjà primé… il y a plus de 5 ans. 

À Bruxelles, la Maison d’Erasme, à Anderlecht ; le Centre belge de la Bande dessinée ; Arts et Marges musée – qui s’attache à l’art différencié, ou « outsider »… ; le Musée des Egouts, à découvrir (le « petit » musée…) ; et le Musée des Instruments de Musique, le MIM.

Sous la présidence du Baron Jean-Pierre De Bandt (fondateur du Cabinet d’avocat précédemment cité, amateur d’art et « personne engagée), le Jury final a longuement débattu des mérites de ces musées, qui sont tous de qualité, et décerné les prix qui viennent d’être rendus publics. L’hôte du jour, traditionnellement, est le Musée bruxellois qui l’a emporté l’année précédente. L’organisation revenait donc au Musée Horta, lauréat 2012. Ses espaces ne le permettant pas, c’est la galerie Paris-Beijing qui occupe une superbe maison Horta, rue Hôtel-des-Monnaies à Saint-Gilles qui, par délégation, a accueilli l’événement, ce 4 juin 2013.

Les prix sont donc attribués au MIAT - Museum over industrie, arbeid en textiel, Gent, au Musée des Instruments de musique - MIM, Bruxelles, et au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée à La Louvière.

Parmi ses motivations, le jury final remarque que les activités du MIAT, déjà nominé dans le passé, ne cessent de s’améliorer. Le MIAT –, qui occupe une ancienne filature de coton convertie en musée, permet au visiteur de comprendre la complexité de la révolution industrielle, tant dans ses dimensions techniques que sur la question des rapports humains. La filature n’en d’ailleurs que le point de départ, le programme touchant tout autant à l’électricité qu’à l’imprimerie (que l’on peut pratiquer), à la publicité et au cinéma.

Le MIM a magnifiquement installé ses collections dans l’ancien Old England, superbe immeuble art nouveau dominant le Mont des Arts, à Bruxelles. 1500 instruments européens et autres, 200 enregistrements sonores, des concerts, des animations à destination de tous les publics, le Musée des Instruments de musique est un véritable joyau…

Le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, rue des Amours à La Louvière, a frappé le jury par son dynamisme, ses objectifs premiers étant à la fois la rencontre, la création, la recherche, l’éducation, et l’art de l’estampe sous toutes ses formes. Le musée, qui gère une importante collection en ce domaine, organise de nombreuses expositions temporaires, très diversifiées. 

Mais ce n’est pas tout ! Le public pouvait également voter affirmer ses coups de cœur. Et un jury des enfants les complétait !

Prix du public :
Pour la Flandre : Le Mas - Museum aan de Stroom, Antwerpen
Pour Bruxelles : Art & Marges Musée
Pour la Wallonie : Le Grand Curtius, Liège

Prix des enfants :
Pour la Flandre : Suske & Wiske, Kindermuseum, Kalmthout
Pour Bruxelles : Musée des Sciences naturelles
Pour la Wallonie : Le Musée Ianchelevici, La Louvière

G.V.

* OKV – Openbaar Kunstbezit Vlaanderen : Huis ‘den Rhyn’, Hofstraat, 15, 2000 Antwerpen info@okv.be www.tento.be
**Vous souhaitez faire partie du jury pré-nominateurs l’an prochain ? Faites-nous en part dès maintenant ! Via Culture & Démocratie et/ou directement à l’OKV !

Coups de griffes

Un sous-développement culturel organisé ?

Nos grands musées vont mal. La fermeture brutale du Musée d’Art moderne depuis février 2011 n’y est pas pour rien et la situation ne semble pas devoir s’améliorer. Il est intéressant, pour s’en convaincre, d’analyser l’éditorial de la brochure « Museum Life », signé par Michel Draguet, « Directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique et Directeur général a.i. des Musées royaux d’art et d’histoire » (pour ceux qui n’auraient pas tout compris : Musée d’art ancien « et moderne » / Musée Magritte / Musée Antoine Wiertz / Musée Constantin Meunier / Musée du Cinquantenaire / Musée des Instruments de musique / Porte de Hal / Musées d’extrême-Orient à Laeken… !)

La presse, remarque Michel Draguet, s’est fait l’écho des projets et travaux menés au sein des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et des retards engendrés par les mesures budgétaires qui ont paralysé le fonctionnement de l’Etat fédéral. (…Mais) des signaux positifs témoignent du bien-fondé de la réforme globale menée à l’échelle de la Politique scientifique fédérale (qu’il a lui-même suggérée…). L’avis positif – quoique circonstancié – remis par l’inspection des finances quant à l’installation dans les anciens magasins Vanderborght des collections allant de 1914 à aujourd’hui, ouvre des perspectives sur lesquelles il convient de revenir ici. Et Michel Draguet d’évoquer la « saturation » du site du Mont des Arts qui implique, estime-t-il, le nécessaire déploiement du musée d’art moderne hors du site historique. Il se questionne pourtant : Pour aller où ? Pour répondre à quelle mission ? (…) question d’autant plus cruciale que les attentes qui reposent sur le musée sont grandes. Et que si d’aucuns pensent qu’un musée peut changer la société, je crois au contraire que le trop plein d’aspirations dont on chargera le musée tuera inévitablement celui-ci (ah bon ? - n.d.l.r.). Rappelons ici que celui qui nous parle, ce « je », c’est bien Michel Draguet, un directeur de musée.

Il met cartes alors sur table et insiste : « Un musée, fut-il « moderne » et «contemporain », est aussi une entreprise qui doit capter un public dont on sait qu’il est aussi exigeant que capricieux ; peu mobile et effrayé par toute sortie des chemins balisés » (merci pour cette appréciation, pour ce peu d’estime pour le public concerné…). (…) Qu’on rêve de dynamiser tel quartier ou telle zone, il faudra intégrer les paramètres économiques qui détermineront la viabilité… » Suivent d’autres considérations à propos de l’éventuelle installation dans les magasins Vanderborght, proche de cette… Grand-Place qui reste le pôle magnétique de la politique touristique de notre capitale » et de ce « Museum Miles qui doit permettre de passer d’un musée à un élément du patrimoine architectural tout en gravissant la pente si dissuasive du Mont des Arts ». Michel Draguet est de plus en plus clair : le public qu’il recherche est dorénavant désigné, visé, et c’est bien le « touriste » ! Au moins il dépense.

Donc, Les magasins Vanderborght seront un premier pas dans la construction de ce chemin du patrimoine qui, de la Grand-Place au Mont des Arts et de ceux-ci au Cinquantenaire… poursuit Michel Draguet qui évoque pourtant… « un enjeu majeur dont la réussite dépendra de l’originalité du contenu de ce musée qui n’aura pas l’outrecuidance de se vouloir « moderne » - y eut-il jamais un art moderne en Belgique ? – et ne se résumera pas à n’être que contemporain – pris pour sa valeur chronologique primaire ». Comment peut-on vouloir un musée d’art moderne auquel on ne croit pas, l’espérer « original » alors qu’il suffirait de le penser « de qualité » ? Il promet de revenir sur ces questions dans le prochain numéro de sa revue. Sans doute pour tenter de convaincre à nouveau du bien-fondé d’une forme de culture à deux vitesses.

Favoriser l’accès aux musées ? À la culture ? Bernard Hennebert (Consoloisirs), dont on connaît l’activité en ce domaine – notamment pour la gratuité du premier dimanche du mois en Communauté française – doit se dire que ce qui est donné d’une main est souvent repris de l’autre… Le gouvernement fédéral et les ministres qui se sont succédé à la tête du secteur portent évidemment (ils ne sont pas les seuls) une responsabilité dans cette situation qui lèse surtout les publics les plus fragiles, les jeunes, les personnes âgées ou à faible revenu, les demandeurs d’emploi, les personnes handicapées.

Aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, depuis mai 2009 (citons Bernard Hennebert), le ticket « Musée d’Art Ancien et Musée d’Art Moderne » est passé de 5€ à 8€ pour une offre moindre, les œuvres de Magritte étant dorénavant regroupées dans un «musée» séparé, spécifique. En 2011, avec une offre muséale réduite à nouveau de moitié par la fermeture brutale du Musée d’Art Moderne, il eût été juste de ramener à 4€ le prix d’entrée au seul Musée d’Art Ancien ! Au Musée des Beaux-Arts de Rennes, par exemple, des salles étant fermées pour travaux, le prix d’entrée a été ramené de 4,45€ à 1,05€.

Mais à Bruxelles, les 8€ restent dus et, de manière générale, les réductions et gratuités en prennent un coup ! L’entrée était gratuite pour les jeunes de moins de 18 ans : seuls les moins de 6 ans (six !) profitent désormais de cette mesure. C’est 2€ de 6 à 18 ans. Passe aussi à la trappe la gratuité mise en place en 2009 pour les demandeurs d’emploi, ainsi que pour les personnes handicapées avec accompagnateur. La réduction aux + de 60 ans n’ira plus qu’aux + de 65 ans ! Sans explication ni concertation alors qu’un débat citoyen aurait pu se tenir avec les usagers culturels du service public. Des évolutions analogues se retrouvent dans les nouvelles tarifications d’autres institutions fédérales : Musée Magritte, Musée des Instruments de Musique, et autres. Pour qui sont ces musées que l’on ne saurait voir… ?

Concrètement : il y a quelques jours, une de mes amies à qui j’avais parlé de « Kandinsky et la Russie » une exposition aux MRBAB, m’a demandé si l’idée était bonne d’y emmener son frère, qui devait lui rendre visite à Bruxelles. Conçue et réalisée par la directrice adjointe du Musée d’Etat russe de Saint-Petersbourg, insistant sur le contexte et la relation avec d’autres artistes, tels Arnold Schönberg, Michail Larionov, Natalja Gontcharova, Kazimir Malevitch, l’exposition est intéressante sur le plan didactique. Quoique la période envisagée soit courte - elle s’arrête avant le Bauhaus -, elle est indéniablement belle.

Ne connaissant pas l’intérêt du frère de cette amie pour le surgissement de l’art non-figuratif à cette époque (1901 – 1922), je lui donne les arguments positifs, mais je la mets aussi en garde car elle n’est pas particulièrement riche et le prix d’entrée (guichet séparé, en relation avec la présence de Brussels Major Events asbl ?) qui est de 13 ou 14,50 euros en semaine (pas donné…) passe à 17,50 euros en week-end ! L’amie a renoncé. Je la comprends.

Où se niche donc la démocratie culturelle ? Et qui, désormais, parmi les politiques, s’en préoccupe ? *

Georges Vercheval

* notons que le 22 mai dernier, Madame Muriel Gerkens, députée fédérale, a interpellé Monsieur Philippe Courard, Secrétaire d’Etat, à propos de la modification des tarifs fédéraux en ce domaine, considérant dans sa conclusion qu’une telle mesure était « anti-sociale, et un frein à l’accessibilité de la culture ».

In Transition - les demandeurs d’asile s’exposent

Le 15 mai s’inaugurait l’exposition « In Transition- les demandeurs d’asile s’exposent » à l’ancienne Quincaillerie Vander Eycken à Ixelles.

« In transition » est une exposition multimédia qui invite le spectateur à pénétrer l’univers, notamment artistique, de ces personnes que l’on désigne communément « migrants » ou « demandeurs d’asile ». Les demandeurs d’asile résidant dans les centres d’accueil du Samusocial ont été invités à s’exprimer, à filmer, photographier, écrire et décrire leur quotidien, leurs histoires, leurs ressentis durant cette période de transition, de suspension, entre deux pays, entre deux futurs possibles.

En septembre 2010, le Samusocial a alerté le gouvernement fédéral sur la saturation des lieux d’accueil hivernaux pour sans-abris, de plus en plus fréquentés par les demandeurs d’asile. Il s’agissait de préserver la capacité du dispositif hivernal pour les personnes sans-abris et de s’assurer que l’hébergement et la prise en charge des demandeurs d’asile soient financés par ceux qui en sont légalement responsables. Le Samusocial a donc été délégué par le Secrétaire d’Etat à l’intégration sociale afin d’organiser un accueil distinct des demandeurs d’asile en lien avec le réseau Fedasil dont le réseau d’hébergement était saturé. Depuis novembre 2010, deux centres à Ixelles ont ainsi vu le jour. Outre l’hébergement et les repas chauds, ces centres offrent aux demandeurs d’asile des permanences psychosociales, médicales et des activités de formations ou d’occupation.

L’exposition met en valeur le travail artistique et d’expression que certains artistes ont mené dans ces centres : atelier d’écriture, de chant, autoportrait photographique, récit de vie audio… Le public est également sensibilisé à la question de l’asile par quelques encarts explicatifs sur la procédure juridique à suivre.

Il va sans dire que ce genre d’initiative de sensibilisation au public est à encourager et que les propositions artistiques pour ces personnes sans voix (ni voie) sont des actes citoyens et politiques à poursuivre.

Cependant, on s’interroge. Outre quelques documents plus réflexifs proposés par les associations partenaires à l’entrée (notamment les publications du Siréas), l’exposition se maintient à un discours neutre, objectif et peu critique sur les politiques d’asile. De plus, les mots utilisés pour la promotion de l’événement posent également question puisqu’ils présentent les ateliers artistiques menés dans ces centres comme des tentatives « d’atténuer certaines pressions émotionnelles ». L’art comme soupape ? Enfin, au regard de la politique actuelle réservée aux demandeurs d’asile, on ne peut que se demander où se trouvaient ces personnes lors de l’inauguration qui a rassemblé plus de 200 personnes dont Madame Maggie De Block et Madame Onkelinx. Car si certains attendent toujours une décision, d’autres ont dû retourner de force dans leur pays. Ne restent alors que les œuvres, témoignages d’un état émotionnel difficile et désormais reliques d’une politique d’asile privilégiant les chiffres à l’humain.

Nous n’avons certainement pas de réponses toutes faites à ces situations complexes et les interrogations se multiplient. Y-a-t-il encore lieu aujourd’hui de parler d’accueil et d’hospitalité ? À ce sujet, la culture possède-t-elle une place privilégiée dans la promotion et la sauvegarde de ces valeurs enfouies sous des appellations parfois sévères ?

Le prochain journal (n°30) de Culture et Démocratie tentera d’y répondre. Rendez-vous pour sa sortie fin juin.

C.B.

In transition, exposition du Samusocial avec la participation de Sireas, Elzenhof, PAC, Annoncer la couleur (CTB) et Pianofabriek. L’exposition, qui sera à Ixelles pendant 5 jours seulement, cherche d’autres endroits pour se déployer (contacter le Samusocial).

Les bonnes pages

Christophe Darmangeat, Conversation sur la naissance des inégalités, Marseille, Agone, 2013, pp. 179-182

Notre conversation s’arrête au seuil de la civilisation, c’est-à-dire de la constitution achevée des classes sociales et de l’Etat. Là encore, sitôt qu’on entre dans les détails, les sociétés sont très loin de présenter un visage uniforme. Entre les palais des Mycènes ou de Crète, Ies cités-Etats de Babylone, les civilisations aztèque, maya ou les empires d’Égypte ou de Chine et les nombreux Etats d`Afrique noire ou d’Asie du Sud Est, les différences sont considérables.

De plus, les traces de la transition aux classes et à l’Etat dont nous disposons sont la plupart du temps fragmentaires ; les civilisations que je viens de citer, qui sont relativement bien connues, se sont pour la plupart constituées sur la base d’autres États qui les avaient précédées. Ainsi, par exemple, l’empire égyptien, dont, pour les périodes les plus anciennes, on connaît assez peu de choses, résultait lui-même de l’unification d’Etats plus petits, fondés plusieurs siècles auparavant. De ceux-ci, on ne possède aucune trace écrite ; seule l’archéologie en dévoile quelques éléments.

Pour plusieurs États directement édifiés à partir de structures tribales, on dispose d’une documentation plus solide ; ainsi sur les conquérants barbares de l’empire romain, sur les États fondés par Mahomet au VIIe siècle, par Gengis Khan au XIIIe siècle ou par Shaka, chez les Zoulous du XIXe siècle. Mais ces exemples restent rares. Et certains d’entre eux intervenaient dans un contexte où le voisinage immédiat était déjà constitué d’autres États.

S’il est si difficile de reconstituer précisément le basculement vers les classes sociales, c'est aussi parce que celui-ci n’a sans doute été que très rarement un évènement soudain.

J’ai essayé de montrer comment l’exploitation avait fait son apparition dans les interstices des sociétés inégalitaires et comment elle avait pu s’y développer peu à peu, en y élargissant les lignes de fracture. Sur la base d’une mainmise de plus en plus générale exercée par une minorité sur les moyens de production et sur les producteurs, il est bien difficile de trouver un critère formel qui permette de dire à partir de quel moment exact les simples inégalités font place à d’authentiques classes (…).

Quelle que soit la manière dont on en comprend les détails, la formation des classes et de l’Etat a représenté l’aboutissement d’un mouvement global amorcé des siècles ou des millénaires plus tôt. Le passage au stockage et à la sédentarité, en même temps qu’il représentait une libération pour l’humanité, avait ouvert la voie à un nouvel asservissement. La richesse, création humaine, se dressait dorénavant entre les hommes pour les dominer. Au lieu d’être maîtrisée consciemment, la puissance nouvelle engendrée par le travail des hommes avait miné leurs rapports de solidarité et se dressait entre eux comme une force hostile. L’aboutissement de ce mouvement fut la concentration de pouvoirs économiques et politiques aux mains de quelques-uns, et la soumission de la majorité à leur domination et à leurs intérêts.

On se tromperait néanmoins en considérant que ce que les uns ont gagné, les autres l’ont simplement perdu, et que l’humanité dans son ensemble n’a pas avancé depuis l’époque des sociétés égalitaires.

Bien sûr, on ne peut qu’être interpellé par la solidarité économique et l’absence de hiérarchie de l’époque du communisme primitif. Mais celles-ci étaient le produit du faible développement économique, qui entraînait tant l’étroitesse des sociétés que celle des existences individuelles. Le passage aux classes et à l’État, en même temps qu’il sonnait le glas de la liberté et de l’autonomie ancestrales de chaque producteur et qu’il le plaçait dorénavant sous la coupe d’une minorité dominante, a permis l’édification d’ensembles sociaux beaucoup plus larges, qui sont allés de pair avec les progrès de la division du travail et avec elle, sur une échelle inouïe, des capacités de production de l’humanité, et par là, également, avec une forme de libération des hommes.

Si, partout, les inégalités puis les classes sociales et l’État ont été le produit de l’évolution sociale, rien n’oblige à penser que cette évolution serait désormais parvenue à son terme. Plus que jamais, les sociétés humaines sont aujourd’hui mises au défi de maîtriser consciemment les forces que leur science et leur technique ont engendrées. Nul doute que ce pas sera franchi au travers de bouleversements sociaux d’une portée aussi considérable que ceux du passé.

Le Réseau

Opinions

Une rubrique « ouverte » dans laquelle nous publions soit des textes proposés par certains de nos lecteurs, soit des textes « cueillis » çà et là.

Déclaration de clôture du colloque de la Commission culture du Forum Social Mondial (FSM), Tunis 27/3/13.

Paul Biot, administrateur de Culture & Démocratie, était présent au Forum Social Mondial de Tunis. Ci-dessous, la déclaration qu’il y fit…

Partout, des créations artistiques, des actes de nature culturelle, interrogent la cité et le monde et tentent d'éclairer nos chemins. En Belgique, le courant théâtral "Un théâtre-action pour le 21ème siècle", issu du Mouvement des compagnies de théâtre-action francophones, mène cette lutte à des degrés divers. Par notre contribution aux débats de la Commission Culture du FSM à Tunis, nous voulons apporter notre part à la création d’un réseau international dont nous percevons l’ardente exigence. Nous voulons que ceux qui, partout dans le monde, chacun à sa manière et sous le nom que chacun donne à sa démarche, puissent, dans une plate-forme commune, se connaître et se reconnaître les uns les autres.

Les FSM, depuis l'origine, n'accordent à la culture et aux actes artistiques qu’un rôle secondaire, un moment de réjouissance après les débats ou les marches. Si ces instants de solidarité apportent un incontestable souffle de joie, ils ne diffèrent pas en cela de la fonction qui leur est assignée lors d’autres grands événements. Il n’y a pas de honte à cela, mais pas non plus de quoi penser les changements à venir. A l’image du quotidien de nos luttes, le FSM réserve à d'autres moments et à d'autres conclaves les débats où s'imaginent les alternatives : sociales, politiques, économiques. 

Là non plus, même en creux, pas d’alternative culturelle en vue.

Les révolutions peuvent faire basculer un temps les systèmes dominants. Mais pour bouleverser en profondeur leur hégémonie quasi dogmatique et donner aux alternatives leur légitimité populaire, il faut, en même temps que les concevoir, inventer le langage nouveau qui permet de les penser dans tout ce qu’elles bousculent. La culture aussi doit pouvoir se construire de manière alternative, s’inventer une "alterculture". Certains ici, refondant le sens de l’expression, l’appellent « révolution culturelle ».

C’est bien, au sens premier, d’une révolution qu’il s’agit. Pour s'affronter à la pensée dominante, la culture et les actes artistiques qui en sont les expressions vivantes, doivent pouvoir construire un récit différent sur le monde, une autre représentation de ses enjeux, un nouvel imaginaire. Nous avons impérativement besoin de cette pensée alternative pour fonder culturellement les utopies sociales et les mettre en œuvre.

Ce que plusieurs d’entre vous ont dit de leur action ici et maintenant, pendant et depuis la première révolution tunisienne contre la dictature politique, est transposable au monde entier. La différence est que le combat ici en ces jours de 2011, était plus clair et l’ennemi nommé. Il l’est beaucoup moins dans les cités et les pays du nord où les dictatures sont d’un autre ordre, d’apparence plus molle, mais tout aussi destructeur.

Il nous faut poursuivre nos résistances par les outils culturels, localement ou ailleurs en solidarité avec d’autres, au cœur des systèmes que les nations ont bâtis. Mais nous ne pouvons plus nous satisfaire de réagir aux discours convenus des évidences apparentes, assénées comme la justification culturelle de vérités inexorables construites pour le seul privilège d’égoïsmes économiques et financiers qui écrivent dans les corps et dans les têtes une histoire de mort.

Comme le font les révolutions, nos actes culturels et artistiques doivent pouvoir écrire autrement l’histoire des êtres humains. La jouer, la mettre en scène, la danser, la chanter, en inventer les mots et les images, et donner de la voix à nos indispensables utopies. C’est à cette condition qu'elles trouveront leur chemin dans la vie des gens et deviendront, parce qu’ils auront pu les penser et les dire, les évidences de demain, pour à nouveau sans cesse les interroger.

La plate-forme que nous voulons créer, berceau d’un réseau d’information et d’échanges, peut contribuer à créer ce langage, s’inventant de nos expériences et de nos démarches.

La culture n’est jamais un acquis, un bien à posséder ou à jeter au visage des autres. C’est un chemin, c’est l’action même de questionner les traversées humaines, les accidents de l’histoire, les pouvoirs et leurs logiques destructrices, c’est un récit à réinventer sans cesse.

A l’extérieur de cette enceinte se déroule toute cette semaine le Forum Social Mondial. Déclarons aujourd’hui, le 27 mars 2013, le premier jour du Forum Culturel Mondial.

Paul Biot
Cofondateur du Mouvement du théâtre-action en Belgique francophone
Membre fondateur du Théâtre-action pour le XXIème siècle.
Membre du Bureau de Culture et Démocratie asbl.

Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous (Montesquieu)

A. B. tenait à nous livrer un témoignage relatif à des démêlés avec la justice au sujet de ses droits d’auteurs…

France-2009-2012

Une collaboration qu’un graphiste propose à une artiste plasticienne, afin qu’ils réalisent une affiche destinée à un théâtre pour lequel il travaille régulièrement, à partir d’une de ses créations. Ils s’apprécient mutuellement, si bien que l’artiste plasticienne accepte l’offre de collaboration avec enthousiasme. En effet, ils se connaissent pour avoir, chacun dans son domaine, fait de l’affiche de théâtre une activité préférentielle. Cette proposition tombe à point nommé, l’artiste ayant précisément l’intention de soumettre ses nouvelles créations à des théâtres belges et étrangers. Mais le premier s’arrogea le droit d’interférer dans la création de la seconde en introduisant des textes dans la mise en espace originale de celle-ci, et fit dès lors fi de l’unique condition à laquelle cette dernière avait subordonné leur collaboration. La plasticienne fut donc obligée d’interrompre la collaboration entamée.

Et celle-ci constata un mois plus tard que les programmes et les affiches du théâtre réalisés par le graphiste avaient, d’après elle, « parasité »* ses mises en espace (formes et éléments visuels) originales, sans de surcroît citer son nom. Agissements parasitaires* : en droit, selon le professeur Tourneau, le parasitisme existe lorsque quiconque, à titre lucratif et de façon injustifiée, s’inspire largement ou copie sans nécessité absolue une valeur économique d’autrui, individualisée, apportant une valeur ajoutée et procurant un avantage concurentiel, fruit d’un savoir-faire, d’un travail intellectuel et d’investissements. (Lamy droit économique, édition 2009, n° 2799, P.1071)

Les deux protagonistes « se retrouvèrent » à l’initiative de l’artiste dans un face-à-face devant un tribunal français au printemps 2010, après qu’elle ait vainement tenté de conclure un accord amiable avec lui et constaté, notamment, l’absence d’une quelconque proposition d’indemnisation.

La question soumise au tribunal était de savoir si les créations de l’artiste plasticienne avaient été parasitées* par les travaux du graphiste. Le théâtre, en ayant par ailleurs bénéficié à la faveur de son programme et des affiches réalisées par le graphiste qui ne furent pas corrigés rapidement ou retirés nonobstant sa demande, fut également appelé à comparaître devant ce tribunal. L’artiste plasticienne reprochait en effet au graphiste d’avoir gravement nui, par ce qu’elle dénonçait être ses « agissements parasitaires »*, à sa réputation professionnelle et à son avenir tant dans les arts plastiques que dans le milieu théâtral, et au théâtre d’y avoir contribué.

Au terme d’une longue procédure au cours de laquelle de substantielles conclusions (écrits dans lesquels les parties à un procès soumettent leurs arguments) furent échangées de part et d’autre, la décision du tribunal qui résulte de l’examen des documents produits, a été que les travaux du graphiste ne ressemblent pas aux créations de l’artiste plasticienne et sont le produit d’un travail personnel distinct.

Objectivement, ce jugement de novembre 2012 interpelle, tant en fait – précisément eu égard aux documents soumis par les parties à l’appréciation du tribunal – qu’en droit – la défense du « droit d’auteur » y étant mise en avant pour en conclure que la « technique »** utilisée par l’artiste plasticienne ne pouvait en elle-même faire l’objet d’un monopole - ce qu’elle n’avait nullement revendiqué - puisque la procédure entamée avait pour but de stigmatiser dans les deux travaux du graphiste, ce qu’elle considérait comme les « agissements parasitaires » de ses créations, celui-ci n’ayant jamais, avant cette proposition de collaboration, réalisé de tels travaux.

L’artiste plasticienne pourrait interjeter appel devant la Cour d’appel compétente, en formulant à titre de premier grief une motivation inexacte ou insuffisante du jugement, grief susceptible de pouvoir être tiré, entre autres, de la contradiction des motifs, du défaut de réponse aux conclusions (vices de forme) ou du défaut de base légale (vice de fond).

A.B + B.D.

*
1) Etymologiquement, le « parasite » impose une relation à un autre organisme (en grec ancien « para ») dont il se nourrit (en grec ancien « sito »).
2) Au sens biologique du terme, le « parasite » est un élément importun, animal ou végétal, vivant aux dépens d’un autre organisme. Il se définit donc par l’implantation ou l’intrusion « gênante » d’un élément dans un milieu.
3) Sur un mode plus léger, on a pu dire que parasiter en art revient à « ruser », s’agissant d’une ruse qui consiste à donner le change.

** ce que la plasticienne et des critiques d’art (voir critiques d’art/attestations dans ses conclusions) n’ont jamais considéré comme une technique mais comme une mise en espace d’éléments formels originaux, qui font sens.

De la lecture, encore :

Hugues Lepaige dans ce court article décrit l’incohérence des discours politiques (de la gauche) actuels :

http://blogs.politique.eu.org/L-Europe-et-le-double-langage

Gérard de Selys se lève contre le vote récent de la loi contre « l’incivilité »… 

  http://gerardselys.over-blog.com/article-sacquez-ces-jeunes-117765577.html

Nico Hirtt analyse le lien entre institution scolaire et Capital : 

http://www.skolo.org/spip.php?page=article&id_article=1558

L'Agenda des rencontres, débats et conférences

Les médias, nouveaux jouets de la pensée unique ?

Le 14 juin 2013, de 9h à 17h, Espace Solidarité (Rue de Namur 47 à 5000 Namur)

Lissage du discours médiatique sous la pression des grands groupes industriels et financiers, disparition de la presse « d’opinion », explosion des nouveaux moyens de communication, instantanéité de l’information via les réseaux sociaux… Autant de mutations qui frappent de plein fouet le monde de l’information.

Face à ces changements et à la toute-puissance du dogme de la pensée unique libérale, quels rôles les médias « classiques » peuvent-ils, et veulent-ils encore jouer ? Quelle place reste-t-il au citoyen face à des clefs de compréhension et d’analyse toujours plus formatées ?

Pour répondre à ces questions, le CEPAG a invité Ignacio Ramonet (ancien directeur du Monde Diplomatique) ; Olivier Poche (Observatoire des médias « Acrimed ») ; Benoît Grevisse (UCL) ; Jean-Jacques Jespers (ULB) ; Manuel Abramovicz (Résistance-s)

Infos et inscriptions : cepag@cepag.be / 081/26 51 56 Programme 

Quel rôle les associations jouent-elles dans l’élaboration d’une citoyenneté européenne ?

Le 14 juin 2013, 9h30 - 13h, à la Maison de l’Europe de Paris (35-37 rue des Francs-Bourgeois - 75004 Paris)

Dans le cadre de l’Année européenne des citoyens, la Fonda, la Mairie de Paris, la Maison de l’Europe de Paris et Pour la Solidarité organisent un séminaire sur le rôle des associations dans le processus d’élaboration d’une citoyenneté européenne.

Malgré l’influence croissante du cadre européen sur leurs pratiques, les associations se sentent éloignées de l’Europe institutionnelle et peinent à investir le concept de citoyenneté de l’Union européenne, tel que défini par le Traité de Maastricht. Pourtant, au quotidien, partout en Europe, les associations contribuent à la mobilisation collective autour d’initiatives porteuses de valeurs démocratiques et de cohésion sociale, alimentant de fait un sentiment d’appartenance et d’adhésion à un projet commun.

Comment les associations contribuent-elles à l’animation de la démocratie et au développement de la citoyenneté en Europe ? Quelles sont les nouvelles formes de citoyenneté à l’œuvre au niveau européen ? Quel regard les pouvoirs publics portent-ils sur ces pratiques ? Quelles sont les alliances possibles entre associations et pouvoirs publics pour la construction d’une citoyenneté européenne ?

Telles sont les questions qui seront débattues…

Infos :
Inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles, directement sur le site de la Maison de l’Europe de Paris (www.paris-europe.eu) ou par courriel adressé à Renaud Léon : europe1@paris-europe.eu

Autour du «Fou d’Elsa» : voyage poétique d’une rive à l’autre de la Méditerranée

Le 19 juin 2013, à 19h30, à l’Espace Magh (Rue du Poinçon 17 à 1000 Bruxelles)

Situé en 1492, lors de la chute de Grenade, Le Fou d’Elsa, est un immense poème d’Aragon écrit durant la guerre d’Algérie et inspiré des poètes arabes, en vue de tendre des ponts entre les deux rives de la Méditerranée.

L’Espace Magh et la Société belge des amis d’Aragon vous proposent de franchir les frontières entre les cultures, les civilisations et les identités, entre le passé, le présent et l’avenir de l’homme.

Au programme :

Introduction au Fou d’Elsa et à ses multiples portes d’entrée, par Olivier Barbarant (auteur d’Aragon, la mémoire et l’excès, et directeur de l’édition de l’œuvre poétique d’Aragon à la bibliothèque de la Pléiade)

Lectures croisées d’extraits du Fou d’Elsa et de poèmes arabes par Amid Chaki (comédien) et Philippe Lesplingart (ami d’Aragon)

Hamri - « Que nous reste-t-il ? », duo voix/guembri autour des poèmes de Taha Adnan en arabe classique.

Infos :
+32 (0)2 274 05 10 / info@espacemagh.be

L’art et les formations en prison

Le 20 juin 2013, de 13h30 à 17h30, au National (Bld Emile Jacqmain 111-115, 1000 Bruxelles)

Pour que la prison ne soit pas réduite à une déchetterie sociale, se pose la question du sens du temps passé en détention et de la cohérence d’une politique pénitentiaire visant la réinsertion sociale. Dans ce lieu d’exclusion sociale, les projets culturels et artistiques permettent-ils réellement l’émancipation ? De quoi ces projets sont-ils le nom ? L’offre en formations qualifiantes est-elle suffisante et efficace ? Est-il possible de concilier des objectifs tels que punir, surveiller et réinsérer, réhabiliter ?

Programme :

13h : accueil

13h30 : Projection d’«Ombres et Lumières » [2012], un film d’Antonio Gomez Garcia et Charline Caron, produit par Leïla Films, en coproduction avec le WIP, la RTBF, l’Atelier Graphoui, le CPC et le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Documentaire relatant l’expérience théâtrale avec des détenus de la prison de Lantin. Au départ, il s’agissait d’une excuse pour sortir de sa cellule. Pourtant, rapidement, Alfonso, Angelo, Enzo, Ekrem et Farid découvrent que le théâtre est plus qu’une occupation. Ils parlent de leur réalité, se confient aux autres. Ils apprennent à lâcher prise, à utiliser leur voix et leur corps d’une autre manière.

14h30 : Table ronde animée par Mark Vanderveken, médecin, expert au nom de la Commission de surveillance des prisons bruxelloises, Fedasil.

- Antonio Gomez Garcia, réalisateur du film « Ombres et lumières »
- Juliette Beghin, criminologue, animatrice d’ateliers d’expression citoyenne, Bruxelles Laïque.
- Mélanie Bertrand, chargée de mission à la CAAP (Concertation des associations actives en prison)
- Marie Depauw, directrice de la prison de Nivelles
- Michel Jacobs, secrétaire général CGSP AMIO (administrations et ministères)
- Juliette Moreau, avocate, Observatoire international des prisons

16h30 : Clôture de la rencontre

Infos :
Entrée gratuite - Inscription souhaitée
Pina Manzella : 02 289 70 54
pina.manzella@cbai.be
http://www.cbai.be/news/564/0/

La culture, une valeur ajoutée ?

Du 28 au 30 juin 2013, au théâtre du Nord à Lille

Du 28 au 30 juin se tiendra le premier Forum Libération en partenariat avec les quotidiens belges De Morgen et Le Soir sur le thème : « la culture, une valeur ajoutée ? ». À cette occasion, une quinzaine de débats avec des personnalités de tous horizons permettront d’aborder la question fondamentale de la place de la culture dans le développement économique et social des territoires : culture et monde de l’entreprise, culture et espace public, financement des politiques culturelles, culture et innovation, démocratisation culturelle... 

Infos : inscription sur www.liberation.fr

D'un monde à l'autre : quelle éducation artistique pour demain ? 8ème Congrès Arts de la scène-éducation !

Du 8 au 13 juillet 2013, Paris

Après Ottawa, Hong Kong et Belém, le 8ème Congrès International Arts de la scène - Éducation se tient à Paris du 8 au 13 juillet 2013.

Durant cinq jours, artistes, auteurs, enseignants, universitaires, animateurs, médiateurs, étudiants, directeurs de structures culturelles, élus, acteurs sociaux, représentants de collectivités, professionnels et individuels souhaitent se mobiliser pour la cause de l'éducation artistique... Tous sont invités à se réunir autour de tables rondes internationales, conférences, échanges, ateliers de pratique artistique, spectacles..., pour se former, s'informer, partager, s'impliquer.

Voir programme sur http://www.idea-paris-2013.org/

La réciprocité – pilier pour la culture, la création et la démocratie

Le 10 juillet 2013, Aix-en-Provence 

La culture est la base de nos sociétés, et donc de tout Homme, jeune ou vieux, riche ou pauvre, quelles que soient ses origines.

Dès lors, n’est-il pas arrogant de penser que l’on puisse ‘éduquer’ quelqu’un à la culture ? Depuis la reconnaissance et la valorisation de la diversité culturelle dans nos sociétés, la sensibilisation à l’opéra a largement dépassé une conception caritative des projets éducatifs, selon laquelle les plus démunis auraient l’opportunité d’accéder à la culture venant des plus nantis.

L’éducation s’envisage comme une route à double voie, et la réciprocité comme un principe fondateur de processus d’apprentissages créatifs. Si l’attention est encore trop souvent portée aux effets d’un projet éducatif sur un groupe de participants, il reste plus rare d’identifier les retours sur l’artiste et son institution.

Mais comment définir ce gain, cet enrichissement mutuel ? Quels sont les exemples de processus d’apprentissage où chacun se trouve valorisé, dans un échange authentique et équitable? Comment éviter les projets à sens unique et rechercher un échange culturel fructueux et vital, et ce quel que soit le champ de nos sociétés ?

Ce sujet politique, sociétal et artistique sera débattu par le biais d’interventions d’acteurs issus du monde universitaire et artistique.

Ce symposium s’inscrit dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, ce qui donnera l’occasion aux participants de découvrir une large variété de spectacles de haut niveau.

Le symposium sera interprété en français et anglais. Il est organisé en collaboration avec Culture Action Europe et s'inscrit dans le prolongement de la deuxième rencontre nationale Accord Majeur du 9 juillet 2013. La participation est gratuite pour les membres de RESEO.

Infos : 
Tel: + 32 2 217 68 17
reseo@reseo.org
www.reseo.org

Les 42èmes Rencontres Pédagogiques d’été du CGé

Du 18 au 23 août 2013 au Centre Culturel Marcel Hicter - La Marlagne (Chemin des Marronniers, 26 à  5100 Wépion)

ChanGements pour l’égalité organise ses Rencontres Pédagogiques d’été du 18 au 23 août 2013 et propose 11 ateliers de 3 ou 6 jours pour se former, améliorer ses pratiques en vue de "mieux faire apprendre" à tous les élèves.

Changer, c’est oser confronter ses savoirs et ses idées.
Enseignants, éducateurs, directeurs, animateurs, formateurs, parents, nous sommes tous concernés.

Pour favoriser des changements dans le monde éducatif, le CGé propose aux différents acteurs éducatifs des moyens et des outils pour interroger leurs conceptions et leurs pratiques :

- des ateliers de formation sur l’apprentissage, la socialisation et le rapport école-société.
- des soirées-débats pour se donner du temps pour la réflexion pédagogique et sociopolitique.
- une librairie (Point-Virgule) pour consulter ou acheter ouvrages et revues spécialisés.

En savoir plus :
rpe@changement-egalite.be
Téléchargez le programme  

Agenda des expositions

L’enfant, L’art, L’artiste - Six artistes "auprès de l'enfant"

Jusqu’au 29 juin 2013, au Musée des moulages, 3, rue Rachais à Lyon (3e)

« J’ai mis toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant », confiait Picasso à son ami Brassaï. Sans doute était-ce une autre époque, celle où les artistes, dans leur combat pour arracher l’art à ses académismes, trouvaient dans l’art enfantin un « allié substantiel ».

Les artistes accueillis par le Musée des moulages hésiteraient sans doute avant de reprendre à leur compte - ou de refuser - la déclaration de l’artiste emblématique de la modernité picturale. Tou(te)s ont toutefois en partage cette expérience : être ou avoir été en résidence auprès d’enfants, avoir plus ou moins longuement, plus ou moins intensément, poursuivi leur propre aventure artistique « auprès de l’enfant ». Certes, cette rencontre, ce croisement, n’ont pas pour chacune, pour chacun, le même sens, la même valeur. Toutes et tous, cependant, s’accordent sur ce constat : dès lors qu’il s’agit d’expérience esthétique et de démarche artistique, enfants et artistes se tiennent l’un à côté de l’autre sur le même sol, dans le même enracinement, dans la même commune humanité. A égalité ? Certains artistes iront jusque-là : sur le terrain de l’esthétique, disent-ils, la différence enfant adulte s’efface au profit d’une même et commune humanité en partage.

Infos :
Samia Langar – samia.langar@univ-lyon2.fr
http://museedesmoulages.univ-lyon2.fr/actualites/lenfant-lart-lartiste-rencontres-et-resonances-exposition-du-30-mai-au-29-juin-2013/

« Oui », 6ème édition des Promenades photographiques en Condroz

Tous les week-ends du mois d’août 2013, dans le Condroz belge…

Les Promenades proposent 25 expositions qui réunissent des photographes belges et étrangers, dont de jeunes créateurs ainsi que des artistes de renom international.

Une des spécificités de cette édition est que la plupart des expositions sont installées chez l’habitant, en milieu rural, dans des lieux charmants sur le plan architectural, patrimonial et paysager. 

Le mois des Promenades sera également ponctué par des animations diverses (soirée littéraire, cinéma, concert, spectacle de danse… ) proposées par le Centre culturel de Marchin et des collectifs citoyens locaux.

Infos :
www.biennaledephotographie.be/
Nathalie Simon
Centre culturel de Marchin
085/41.35.38

Plus que trop

Jusqu’au 7 septembre 2013, au MADmusée, Parc d'Avroy, à 4000 Liège

L’exposition met en présence les oeuvres de quatre artistes allemands : Karl-Heinz Maukel, Anja Sheffler-Rehse, Stefanie Becker et Adelaida Cue Bär. Quatre univers différents pour un réel dialogue entre les lieux, les œuvres, et les artistes. Les assemblages en tuyaux flexibles et colorés de Karl-Heinz Maukel, érigés en plein air sur le toit du MADmusée, s’inspirent de la structure des façades du bâtiment, au niveau des bureaux et du centre de documentation. Loin d’être un corps étranger, sa création fonctionne comme la continuité du MADmusée.

Avec l’aide du MADmusée, Anja Scheffler-Rehse a collecté des objets de toutes sortes qu’elle a ensuite assemblés dans la galerie, ainsi qu’à l'extérieur, sous forme de collier entourant le bâtiment. C'est pour elle une opportunité de créer un lien entre l'intérieur et l'extérieur, mais aussi entre les villes de Liège et Hamburg, où elle collectionne ses « trésors » et travaille habituellement.

Tout comme Anja Scheffler-Rehse, les photographies de Stefanie Becker font le lien entre l’espace intérieur et extérieur. L’artiste combine également les motifs de l’édifice avec ceux d’autres lieux ainsi que des images d’autres photographes. Son travail est exposé sous forme de photos transparentes recouvrant les fenêtres du MADcafé.

Adelaida Cue Bär a investi la galerie du Madmusée, lui offrant un nouveau design. De son intervention est également né un cadre mettant en valeur les œuvres des trois autres artistes. Son travail dans la galerie est tel un emballage cadeau qui renvoie à la perspective du nouveau musée, prévu dans deux ans et demi.

Infos :
info@madmusee.be
www.madmusee.be

L’envers du décor, une exposition de photographies de Frédéric Pauwels

Jusqu’au 22 septembre 2013, au Musée de la Photographie de Charleroi (11, avenue Paul Pastur à 6032 Charleroi à Mont-sur-Marchienne)

En 43 photographies présentées et tirées à l’aide d’un tout nouveau procédé, Frédéric Pauwels, photojournaliste, et l’ «Espace P…» proposent un éclairage sur le milieu de la prostitution belge. Livrées à elles-mêmes dans un environnement précaire, le manque de considération, l’indécise législation et le tabou qui entourent cette profession, ces femmes sont plongées dans un paradoxal «No Man’s Land».

  Raison pour laquelle l’association «Espace P…» se bat pour faire reconnaître leurs droits, pour offrir aux prostituées un cadre légal de protection mais également pour sensibiliser l’opinion publique et les politiques. Loin de jeter l’opprobre sur la profession ou de fustiger les consommateurs alimentant cette «économie», Frédéric Pauwels s’est immiscé dans le milieu et a acquis la confiance de certaines de ces prostituées. Il en ressort un travail respectueux et sensible s’attachant moins à la prostituée qu’à la femme qui exerce ce métier. Le témoignage est d’autant plus fort qu’il obtient le support de certaines d’entre elles qui ont non seulement accepté d’être photographiées à visage découvert mais aussi de s'exprimer sur leur rapport intime à la prostitution. Métier social, profondément humain pour les unes, stratégie de survie intolérable pour les autres, leurs paroles sont fortes, inattendues. Elles bousculent ! D’un autre côté, l’exposition est loin d’idéaliser la profession. Sa réalité parfois sordide est également présente avec la situation de femmes expulsées par les réaménagements urbains et parfois obligées à travailler dans de véritables cloaques. Sur ce point, «Espace P…» a également recueilli le témoignage écrit de plusieurs femmes que le visiteur pourra découvrir dans un petit livre mis à sa disposition au sein de l’exposition.

Infos :
http://www.museephoto.be/actuelles.html
www.espacep.be

ORLAN : Mens Sana in Corpore...

Jusqu’au 27 octobre 2013 au Musée de l'Hôpital Notre-Dame à la Rose (Place Alix de Rosoit à 7860 Lessines)

Le B.P.S.22 s’associe, pour le second volet d’un triptyque d’expositions, avec le Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, à Lessines, pour un projet original autour d’une grande figure de l’histoire de l’art international, l’artiste française ORLAN. Une exposition d’une vingtaine d’œuvres, historiques et nouvelles, propose à la fois un dialogue avec le Musée et une mini-rétrospective de l’artiste.

Situé dans un ancien hôpital, le Musée de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, à Lessines, est dédié à la vie conventuelle féminine et à la médecine. Son parcours historique aborde, à travers les nombreuses salles consacrées à ces deux thèmes et via les centaines d’objets qui y sont rassemblés, une série d’enjeux socio-historiques précis, qui en font aussi un véritable musée de l’histoire des mentalités occidentales, notamment par rapport au corps humain. Celui-ci point en filigrane, en chaque salle, de manière ambivalente : à la fois craint et phagocyté, car lieu de toutes les passions réprimées dans une institution monacale, et objet de traitements attentifs imposés par les règles d’accueil et de soin de l’ordre hospitalier des Augustines. L’idée de l’exposition Mens Sana in Corpore… (« Un esprit sain dans un corps… ») est ainsi d’actualiser différentes thématiques historiques abordées par le musée, par un contrepoint contemporain, proposé cette fois par une femme. Il apparaissait en effet primordial, après l’exposition d’Alain Bornain, en 2012, de proposer à une artiste du sexe opposé de réagir à ce lieu, jadis consacré à la vie conventuelle. L’œuvre d’ORLAN, qui, depuis les années 60, a fait de son corps le « lieu d’un débat public », pour reprendre l’une de ses formules, s’imposait d’elle-même !

Au parcours didactique du musée s’ajoutent ainsi des pistes de lecture parallèles répondant à des problématiques toujours contemporaines liées au corps (ex. la nudité, la chirurgie), voire à des débats actuels loin d’être définitivement clos (ex. la douleur, le genre). La longue histoire de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose trouve ainsi des prolongations et des amplifications dans le monde contemporain par le biais d’œuvres qui mettent en perspective ses riches collections historiques. Les pièces sélectionnées retracent l’ensemble du travail d’ORLAN, particulièrement certaines créations plus anciennes, désormais entrées dans l’Histoire de l’art, comme les photographies de ses premières performances qui l’ont imposée parmi les grandes figures du genre. Il s’agit d’œuvres parfois connues via des ouvrages, mais qui n’ont jamais été montrées en Belgique et qui proviennent des archives de l’artiste ou de collections publiques. ORLAN a réinvesti, durant une partie de sa carrière, le répertoire iconographique chrétien, réalisant quelques-unes de ses œuvres les plus remarquables. Elle s’est ainsi approprié les figures féminines traditionnelles et les jeux formels afférents, leur imposant un nouveau contenu davantage libertaire. Ce fut particulièrement le cas avec ses travaux sur le plissé baroque qui trouvent, dans la chapelle du même style, un écrin à la mesure de leur éclat.

La sélection privilégie les œuvres « profanatrices », au sens où l’entend le philosophe italien Giorgio Agamben, pour qui une profanation est la restitution de choses, rendues sacrées par le rituel, au libre usage des humains. Un geste qu’ORLAN a répété de nombreuses fois au cours de sa longue carrière et qui souligne également l’histoire de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, couvent devenu musée.

Infos :
+ 32 68 32 24 03 - www.notredamealarose.com

Agenda des spectacles, projections, événements et manifestations diverses

Les Journées portes ouvertes de la Maison du Livre

Les mercredi 15 et samedi 19 juin 2013, à la Maison du Livre (24-28 rue de Rome - 1060 Bruxelles) 

C’est l’occasion de rencontrer les animateurs de la maison du Livre et de découvrir leurs pratiques sous forme d’ateliers d’initiation d’une durée de 1h30.

Au menu :

Le samedi 15 juin :

- Reliure
- BD Manga
- Mots-Paysages
- Pop up
- Récit de vie
- Écrire et danser autour du rituel

Le mercredi 19 juin :

- Marche créative
- Jeux d’écriture
- Calligraphie japonaise
- Écrire pour la jeunesse
- Calligraphie latine
- Lecture à voix haute
- Dérouillez votre imagination
- Existe-t-il un plaisir plus grand que de …

Infos :
Les ateliers d’initiation sont gratuits et chaque participant peut s’inscrire à un ou deux ateliers de son choix. L’inscription est indispensable !

02 / 543 12 20
info@lamaisondulivre.be –  http://www.lamaisondulivre.be

Le Monde du Rien, une pièce de La Troupe du Possible

 Les 28 et 29 juin 2013 à 20H30, au Théâtre de Poche (1a Chemin du Gymnase, 1000 Bruxelles)

Mise en scène et chorégraphie : Farid Ousamgane
Avec : Sébastien Caramello, Sarah Cavenaile, Janne Deblieck, Joël Derhé, Christine Dessomme, Antoine Dethy, Denis Dewind, Assiya El Mhaier, Pierre Guerrier, Lola Hislaire, Céline Jacobs, Sesiliya Kalisa, Noémie Lannoy, Florine Lefevere, Aurore Lerat, Renaud Maes, Benjamin Philippe Ectors, Camille Pier, Xavier Rosseel, Geoffroy Salustin, Natacha Schrouben, Thierry Snoy, Benoît Vandersteen, Carol Vandevyver, Christel Verlent, Claude Uyttenhove

DSM IV : Normopathie d’une Société bien rangée ; mettait en question la norme invalidante et les firmes pharmaceutiques qui en profitent. L’Hypothèse du Chaos évoquait les affres de l’ordre caché derrière le désordre apparent. Métaphysique de la Bourgeoisie dénonçait le désastre ontologique de la mort derrière l’apologie du travail bureaucratique, tourné en dérision. Cette fois-ci, la Troupe du Possible aborde à la fois le tout et donc aussi le rien. Préférant la forme au fond, elle illustrera l’impact du message quand il emprunte la voie de la forme. Le spectacle Le Monde du Rien s’inspire librement du Dadaïsme qui rejetait le diktat du sens, du rationnellement convenu. La création du Monde du Rien a vu ses artistes à la recherche de la liberté sous toutes ses formes en utilisant une pléthore de modes d’expressions tel que la danse contemporaine, le Djing, le jeu, le chant lyrique, la pole danse, le tissu aérien, le cirque, le Buto ou encore Le Rien. Le tout articule des messages forts, pas toujours nécessairement identifiables via un texte explicite, DaDa ! Mais parfois avec un mouvement plus parlant, lui, justement parce que plus caricatural, DaDa ! Le Monde du Rien, c’est aussi et surtout un lieu de rencontres, d’échanges et de transmissions physiques et aussi psychiques. Dans un décor de type lunaire, Il s’agit également d’un lieu où l’apesanteur semble avoir été sensiblement altérée par… Le Rien, DaDa !

La Troupe du Possible a, une fois de plus, « travaillé » durant plus de 6 mois afin de se donner le temps de la création collective. Celle-ci se doit de ne pas oublier une forme de maïeutique, de slow art, afin de vous livrer sa sensibilité exprimée sans concession. De partager avec vous le scintillement

Infos :
ASBL La Troupe Du Possible : 02-218.46.34
http://www.poche.be

Dernières nouvelles

Pétitions, concours,...

Initiative citoyenne européenne pour le revenu de base inconditionnel

Le revenu de base: un droit humain !

Le 14 janvier 2013 la Commission européenne a enregistré l’initiative Citoyenne Européenne pour le Revenu de base inconditionnel, lançant une campagne d’un an à travers toute l’Union Européenne.

La pétition doit récolter 1 million de signatures de soutien parmi les 500 millions de citoyens de l’Union Européenne, de telle manière que 7 pays au moins aient recueilli leur quota minimum respectif de signatures. D’ores et déjà, des citoyens de 15 États membres sont mobilisés pour cette initiative au sein du Comité de Citoyens Organisateurs et de groupes locaux, nationaux et transnationaux.

Une fois que les organisateurs de cette Initiative Citoyenne Européenne auront rassemblé plus d’un million de signatures de soutien, la Commission européenne sera tenue d’étudier en profondeur cette initiative au sein du Parlement européen, en auditionnant le Comité de Citoyens Organisateurs.

La pétition :
http://basicincome2013.eu/ubi/fr/?doing_wp_cron=1364476210.0790979862213134765625

Un petit film explicatif très bien foutu! (3:07min) :
http://www.youtube.com/watch?v=pZOUv5QQMz0

The Blue House

Initié par la Fondation pour les Générations Futures, le prix The Blue House veut encourager en Belgique la construction ou la rénovation d'habitations qui conjuguent durabilité et accessibilité financière.

L’appel à candidatures est ouvert jusqu'au 10 septembre sur www.bluehouseprize.be.

Infos :
Fondation pour les Générations Futures
Fondation d'utilité publique
« Transmettre un monde habitable »
rue des Brasseurs, 182 à 5000 Namur
T +32(0)476 24 76 30 - www.FGF.be

Halte au démantèlement du droit à l’aide juridique !

La LDH et les signataires du présent Appel sont préoccupés par les projets du Gouvernement fédéral menant au démantèlement du droit à l’aide juridique. Ils exigent du gouvernement le respect de l’accès à la Justice pour tous, un droit fondamental inscrit dans la Constitution, soumis à l’obligation de Standstill et reconnu par la Convention européenne des droits de l’Homme.

Signez la pétition réclamant le maintien de l'aide juridique !

Le texte de l'appel :

Les signataires du présent Appel exigent du Gouvernement fédéral belge le respect de l’accès à la Justice pour tous, qui est un droit fondamental inscrit dans notre Constitution (art. 23), soumis à l’obligation de Standstill et reconnu par la Convention européenne des droits de l’Homme (art. 6).

Ils invitent à la signature d’une pétition mise en ligne.

En ces temps de crise, où les droits sociaux et démocratiques sont soumis à une pression grandissante et où de plus en plus de gens tombent dans la pauvreté, le système de l’aide juridique doit être renforcé en tant que bouclier contre la régression sociale. Nous nous opposons à l’application d’une logique d’austérité à tout prix, qui porte préjudice à ce droit fondamental pour le citoyen.

Afin que cet impératif démocratique soit respecté, nous demandons :

1. L’accès à une aide juridique gratuite de qualité pour toute personne souhaitant faire valoir/défendre ses droits en justice et dont les revenus sont insuffisants.
2. Un refinancement du système d’aide juridique actuel, dont les moyens doivent pouvoir être trouvés ailleurs que dans les poches des bénéficiaires de l’aide juridique, qui représentent les plus démunis de notre société.
3. Une offre de service permettant de répondre à la demande, et des conditions d’accès qui, sous aucun prétexte, ne mettent l’effectivité de l’aide juridique en péril.
4. Une rétribution des prestataires de l’aide juridique correcte et stimulante, basée sur une évaluation précise du travail requis, pour chaque procédure concernée.
5. Le maintien, pour le bénéficiaire d’aide juridique, du libre choix de son avocat ; et la garantie, pour ce dernier, de pouvoir défendre ses clients dans une totale indépendance vis-à-vis de l’Etat.
6. Une formation continue de tous les avocats s’impliquant dans l’aide juridique et un contrôle efficace de leur travail, qui garantissent la qualité des prestations.

Pour signer la pétition, cliquez sur le lien suivant

Appel à projet « Museum Night Fever

Recherche : artistes amateurs, collectifs d’artistes, musiciens, performeurs, danseurs, hautes écoles, écoles d’art, académies, maisons de jeunes, associations de jeunes… souhaitant contribuer aux activités / à la programmation dans l’un des musées participants durant la prochaine édition de Museum Night Fever le 22/012/2014

Profil : artistes débutants, artistes encore en formation ou jeunes qui ne suivent aucune formation artistique spécifique mais aimeraient faire quelque chose de créatif dans un musée durant un grand événement ; être âgé de 16 à 35 ans maximum.

Offre : participation à un grand événement culturel, une première expérience de spectacle, collaboration avec le service éducatif du musée et rétribution forfaitaire.

Intéressé ? Contactez pieter@brusselsmuseums.be

Plus d’infos : www.museumnightfever.be

Formations, ateliers, stages

Formation d'agents de développement et de médiation interculturelle du CBAI

Vous vivez la dimension multiculturelle bruxelloise. Vous souhaitez travailler les questions des migrations et de l'interculturalité sur vos terrains d'action:

- en développant des compétences et en acquérant des grilles d’analyse au service de l’interculturel;
- en vous formant dans un groupe hétérogène qui devient un réseau de réflexions et d’échanges.

La formation s’adresse à toute personne (demandeur d’emploi, militant associatif, volontaire, professionnel, …) engagée dans le champ du travail social et culturel bruxellois.

Séances d'information :
Lundi 10 juin 2013 de 14h à 16h
Vendredi 21 juin 2013 de 10h à 12h
Jeudi 29 août 2013 de 18h à 20h

Infos: Graziella Cutaia : 02/289 70 61 - formation@cbai.be

Formation aux Médias

Les 13 et 14 juin 2013, de 9h30 à 17h, à ITECO (rue Renkin, 2 à 1030 Bruxelles)

Pour mieux comprendre la logique médiatique et mieux utiliser des médias dans une démarche de communication pour le développement, ITECO propose une formation aux médias les 13 et 14 juin 2013.

La formation alternera la présentation de grilles d’analyse, le travail en sous-groupes, l’échange d’expériences entre participants et les exercices pratiques. La méthodologie est participative et basée sur la construction commune de savoirs.

Cette formation est destinée aux animateurs d’ONG et d’associations et à toute personne intéressée par la communication pour le développement.

Formateur : Antonio de la Fuente, chargé de publications et formateur à ITECO.

Infos :
Les frais de participation s’élèvent à 40 euros (à titre individuel) et 50 euros (au nom d’une organisation) à verser sur le n° de compte 068-0915300-35 avec la mention « Formation médias ».

S’inscrire à la formation :www.ITECO.be
+32 2 243 70 30
2, rue Renkin - 1030 Bruxelles

Atelier de découverte « métiers verts, agriculture urbaine et alimentation durable »

Du 20 juin au 2 juillet, à Saint-Gilles

La Mission Locale de Saint-Gilles organise du 20 juin au 2 juillet un atelier de découverte "métiers verts, agriculture urbaine et alimentation durable" en partenariat avec Village Partenaire, guichet d'économie locale de Saint-Gilles.

Cet atelier gratuit de deux semaines, à raison de 4 jours par semaine, est accessible à toute personne inscrite comme demandeuse d'emploi chez Actiris.

L'objectif est de découvrir les différentes possibilités liées aux métiers verts en matière d'agriculture urbaine et d'alimentation durable. En parallèle, le programme sera axé sur la découverte de l'économie sociale, des micro-entreprises et de l'auto-emploi.

Pour ce qui est du contenu :

- présentation de différents métiers verts en économie sociale
- présentation de l'économie sociale en générale
- présentation de ce qu'est l'auto-emploi
- découverte du modèle Aquaponiris, basé sur l'aquaponie comme méthode d'agriculture urbaine durable
- découverte de ce qu'est l'alimentation durable
- quelles perspectives réelles d'emploi peuvent-elles être envisagées, sous quelles conditions, avec quelle formation et quels moyens ?
- créer sa micro-entreprise, établissement d'un plan financier, informations sur le "parcours de l'indépendant" et initiation au marketing et à la promotion de ses activités

Initiative inédite en Belgique, cet atelier vous offre en outre l’opportunité de faire le premier pas vers l’autosuffisance alimentaire grâce à la découverte de l’aquaponie…

Si vous souhaitez en savoir plus ou si vous souhaitez vous inscrire à un entretien de sélection pour suivre cet atelier, veuillez prendre contact avec la Mission Locale au 02/542.63.21

Stage de Danse-Théâtre du Théâtre du Public

Du 5 au 9 août 2013, de 10h à 16h, à la Maison des Femmes de Schaerbeek (253, rue Josaphat à 1030 Schaerbeek)

Ouvert à toutes, de 16 à 81 ans !
Pas d’expérience nécessaire, ni en danse ni en théâtre: juste de la curiosité et de l’enthousiasme !

Deux sœurs, une comédienne en théâtre-action, Pauline Brouyaux, et une danseuse contemporaine, Fanny Brouyaux vous invitent à explorer votre imaginaire, à lâcher prise, à exprimer ce qui vous habite, vos révoltes et vos rêves à travers le mouvement et le jeu (infos détaillées en pièce jointe).

Pour tout renseignement et pour vous inscrire :

Pauline Brouyaux : 0498/51.46.17 - paulinebrouyaux@yahoo.com

Frais d’inscription : 100 euros
Numéro de compte: 068-2165188-78
Titulaire du compte: ASBL Théâtre du Public
Communication: Stage de danse théâtre
L'inscription sera effective dès le versement effectué.
Inscription pour le 21 juillet au plus tard.

Nouvelle session BAGIC 2013 – 2015 du CIEP

Vous êtes animatrice/teur dans un Mouvement d'éducation permanente, une Organisation de jeunesse ou d'aînés, un Centre culturel, une association de quartier,... Vous travaillez dans un dispositif de prévention, de politiques urbaines, en activités extra scolaire,... Vous développez des projets d'aide à la création et la créativité, d'expression culturelle,... Vos projets sont féministes, interculturels, sociaux, de solidarités internationales... Le C.I.E.P. vous propose une formation à la coordination de projets culturels et sociaux en action collective : le BAGIC

Plus d’infos : http://www.ciep.be/index.php?p=g&id=55

Autres stages d’été :

Les Ateliers d’Art contemporains proposent des stages d’été : http://www.lesaac.net/index.php

Le CESEP aussi : http://www.cesep.be/STAGES_ETE_2013/stages_2013.html

Comme l’asbl Caméléon bavard : http://cameleonbavard.blogspot.be/

Et les Ateliers Malou : http://www.ateliersmalou.be/stages-juillet-2013/

Et la Maison du Livre de saint Gilles : http://www.lamaisondulivre.be/spip.php?article193#été

Et au Dynamusée : http://www.bam.mons.be/espace-pedagogique

Publications

L’anti productivisme, un défi pour la gauche !

Un ouvrage collectif coordonné par Michel Lepesant, paru aux éditions Paragon

La gauche des luttes ne peut-elle se définir que négativement ? Elle est anti libérale, anti capitaliste, souvent anti nucléaire, anti ogm, anti gaz de schiste… Au mieux, quand elle se fatigue des luttes « contre », quand elle essaie de proposer des pour et des avec, semble-t-elle pouvoir se définir en référence au monde qu’elle critique, de façon « alter » : alter mondialisme, alter développement ; ou slow, slow city, slow food, slow money…

Pourquoi devrait-elle maintenant se prétendre anti productiviste ? Est-ce seulement possible ? Car le productivisme a appartenu au logiciel commun de la gauche et du monde qu’elle prétendait critiquer. Une gauche anti productiviste devra doubler sa critique du capitalisme, d’une critique des critiques classiques du capitalisme. Autant dire qu’il y a là un potentiel de radicalité que la gauche n’à peut-être jamais osé approcher.

Comment atteindre une telle radicalité ? Suffit-il d’ajouter au rouge du socialisme le vert de l’écologie pour obtenir une réelle transition vers une société libérée de la religion du progrès et de la croissance ? Suffit-il d’ajouter au refus du productivisme le rejet du consumérisme pour pouvoir construire un monde de juste répartition de la richesse et du respect de la nature ?

Introduction à la psychologie interculturelle

Un livre de Laurent Licata, Audrey Heine, paru chez De Boeck

Aujourd’hui, plus que jamais, il est important de comprendre les influences réciproques entre les cultures et les pensées, les comportements et les émotions. Ce manuel explore les liens entre culture et psychologie au moyen d’exemples pratiques.

La nécessité de mieux comprendre la manière dont les cultures influencent les pensées, les émotions et les comportements humains s’impose aujourd’hui à un nombre croissant de professionnels opérant dans tous les domaines avec lesquels des personnes se référant à des cultures différentes entrent en contact.

Ce manuel d’introduction à la psychologie interculturelle présente de manière attrayante et abordable tant les fondements que les avancées récentes dans le domaine de l’étude des liens entre culture et psychologie.

Il rassemble en un même volume les trois principales branches de la psychologie (inter) culturelle : la psychologie interculturelle comparative, la psychologie culturelle et la psychologie des contacts interculturels. Il couvre aussi bien les approches anglo-saxonnes et internationales que les approches francophones.

La tension entre deux tendances traversant l’ensemble de ce champ sert de fil conducteur : la sous-estimation de l’influence de la culture sur les comportements (tendance universaliste) ou sa surestimation (tendance relativiste). La recherche d’un équilibre entre ces deux extrêmes structure l’ensemble de cet ouvrage destiné aux étudiants en psychologie, en sciences de l’éducation et, plus généralement, en sciences humaines. Il sera également utile aux professionnels dans les domaines de l’interculturel et à toute personne intéressée par les liens entre la culture et la psychologie et/ou par la psychologie des contacts interculturels.

Chemin faisant

Un ouvrage collectif des Travailleurs sans emploi (TSE) de la FGTB Luxembourg, paru aux éditions du Cerisier. 

Ce livre est un assemblage... Un assemblage de trois temps forts ayant le même objet, le même sujet.

Octobre 2010 : un groupe de travailleurs sans emploi (TSE) de la FGTB de la Province du Luxembourg fait une marche de revendication d’une semaine entre Humain et Bruxelles.

Juillet 2011 : le même groupe se retrouve pour participer à un atelier d’écriture animé par Gérard de Sélys sur le thème de l’emploi et du travail.

Août 2012 : les TSE ne veulent pas s’arrêter là, et veulent transcender le récit de la marche et les textes de l’atelier par des illustrations « maison ». C’est dans un nouvel atelier animé par Catherine Wilkin que le groupe se retrouve à nouveau pour produire dessins, peintures, portraits qui s’articuleront autour des textes de 2010 et 2011.

Cette alchimie entre ces différentes approches artistiques et l’engagement social fait la richesse de l’ouvrage. Oui, la vitalité et la résistance sont là. Elles osent emprunter conjointement les voies de l’art, de la culture et de l’action sociale.

Penser l'ethnicité - Identité, culture et relations sociales

Un livre de Marco Martiniello, aux Presses universitaires de Liège.

Le concept d’ethnicité reste souvent insaisissable et ambigu. Le traitement médiatique des “conflits ethniques” qui se déroulent aux quatre coins du monde ne clarifie pas les choses. Il est dès lors utile de proposer au public francophone un ouvrage introductif sur l’ethnicité dans les sciences sociales afin, d’une part, de le familiariser avec les différents contenus théoriques de cette notion et, d’autre part, de faire le point sur la validité théorique de ce concept pour rendre compte des phénomènes sociaux et politiques actuels.

Cet ouvrage offre des outils conceptuels et théoriques permettant une relativisation de l’apport de l’ethnicité en général, et de la thèse de l’ethnicisation des rapports sociaux dans le contexte multiculturel très tendu en Europe comme ailleurs.

Portrait du colonialiste. L’effet boomerang de sa violence et de ses destructions

Un livre de Jérémie Piolat, aux éditions La Découverte

L’auteur nous emmène par une succession de récits, dans l’histoire de la colonisation et de ses ravages sur le peuple africain, mais aussi sur les Européens, qui forts de leur supériorité et de la modernité qu’ils revendiquent, en ont finalement perdu leur culture populaire. Tantôt basés sur sa propre expérience, tantôt sur celle des colonisés, ces récits sont teintés d’humour et posent des questions fondamentales sur le rapport au corps, le néocolonialisme et ses victimes.

« Ce petit livre (…) développe avec pertinence le malheur de l’Européen auquel l’Histoire a volé son propre corps au point de la qualifier de « blanc », sans couleur. Que nous est-il arrivé pour que nous pensions être ceux qui doivent et peuvent donner sans recevoir ? » (Véronique Pétetin, Etudes)

En ligne et en vrac

- La Chronique de la Ligue des droits de l’homme consacre un numéro à la thématique : La culture : l’art de l’émancipation. : http://www.liguedh.be/images/PDF/documentation/la_chronique/chronique156_culture.pdf

- L’esperluette, revue du CIEP, aborde la question du lien entre art et citoyenneté : http://www.ciep.be/documents/Esper_2013_75.pdf

- Tout comme la revue Éduquer de la Ligue de l’enseignement : http://ligue-enseignement.be/assets/Eduquer-99.pdf

- Le premier atlas historique multimédia : http://www.histoirealacarte.com/demos/libre_acces.php

- Une bibliothèque numérique avec tous les classiques ! : http://classiques.uqac.ca/classiques/

- Une étude de l’IEV à l’occasion des 100 ans des Centres Culturels : http://www.iev.be/Etats-de-la-question/Les-centres-culturels-ont-cent-ans--Etat-des-lieux.aspx

- Découvrez une nouvelle initiative éditoriale : le magazine Numéro 0 : http://numzero.foxylounge.com/

- Femmes & hommes dans l'histoire. Un passé commun : un outil pédagogique à destination des (futur-e-s) enseignant-e-s est disponible en ligne sur :
http://www.egalite.cfwb.be/fileadmin/sites/sdec/upload/sdec_super_editor/sdec_editor/documents/2013/Conference_15_mai/Femmes_hommes_histoire.pdf

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Culture & Démocratie
70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
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Cette lettre d'information a été réalisée par Baptiste De Reymaeker, Georges Vercheval et Christelle Brüll grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Illustration : Knossos, fresque au taureau. Photo de Harrieta171, 2006-01-28, edited by Pinpin via Wikimedia Commons