Culture & Démocratie

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17/10/2017 n°89

La
lettre

Éditorial

Lettre de rentrée pour Culture & Démocratie qui publie deux ouvrages d’importance. Archipels #2, second numéro d’une revue conçue avec l’association française L’Insatiable (Héritière de Cassandre/Horschamp) poursuit l’exploration de la question migratoire et le Cahier 07 de Culture & Démocratie à paraître sous peu rassemble les contributions de la journée organisée en avril dernier à Mons sous le titre « De quoi les Capitales européennes de la Culture sont-elles le nom ? ». Ces deux parutions s’accompagnent de rencontres organisées en divers lieux puisqu’elles ont vocation à susciter la réflexion et à alimenter, sur le terrain, un débat citoyen.

Cette Lettre de rentrée s’accompagne d’un mot d’adieu à deux acteurs majeurs de « la culture en acte » en Communauté Wallonie-Bruxelles. Catherine Simon, partie discrètement au cœur de l’été mais dûment saluée par la profession au théâtre Varia au début du mois de septembre, fut une combattante magnifique du théâtre jeune public. Elle lui voua son intelligence, son énergie, son exigence et sa détermination. Jo Dekmine fut, on le sait, un grand serviteur du spectacle vivant, visionnaire et aventurier au sens plein du mot.

Tant d’autres comme eux, dans des lieux consacrés ou émergeants, découvrent, créent, partagent et ce faisant, nouent avec des publics, des habitants, des jeunes ou des enfants, du lien et du sens. Une réponse aux impasses de la violence ? Catherine Simon et Jo Dekmine éprouvaient et partageaient la puissance de la création, des œuvres, des mots, des sons et des images. Ils en connaissaient l‘indispensable sel et les portaient, qui vers les enfants et les jeunes, qui vers tous les publics. Ils ont beaucoup semé, qu’ils en soient ici remerciés.

Sabine de Ville

Présidente de Culture & Démocratie

La vie de l’association

L’agenda de Culture & Démocratie

« Crise des migrants » : sortir de la sidération

Rencontre autour d’Archipels #2 – « Langues d’exil »
Samedi 18/11 de 18h à 19h30 – Le Manège Fonck, Rue Ransonnet 2, 4020 Liège

 

« Devant des événements aussi violents que la “crise des migrants”, il est plus commun, plus immédiat, de se laisser sidérer que de considérer », écrit Marielle Macé, la sidération induisant une mise à distance, une paralysie, à l’inverse de la considération qui favorise la compassion, la lutte. Comment, par leurs pratiques, les artistes, les compagnies théâtrales, les associations s’emparent-ils de la question migratoire pour contribuer à provoquer non de la sidération mais de la considération ? C’est l’une des interrogations qui traversent la revue Archipels, dont un deuxième numéro, « Langues d’exil », vient de paraître. 

Nous inviterons Dominique Bela (journaliste en exil), Martine De Michele (metteuse en scène) et France Arets du CRACP (Collectif de résistance aux centres pour étrangers) à venir en discuter, chacun au départ de sa propre expérience, lors d’un débat modéré par Roland de Bodt.

La rencontre débutera par une présentation d’Archipels #2 par Sabine de Ville (présidente de Culture & Démocratie) et Nicolas Roméas (directeur de L’Insatiable, héritier de Cassandre/Horschamp).

Ceux qui le souhaitent pourront prolonger la soirée en assistant à la représentation de la pièce Les Fils de Hasard, Espérance et Bonne Fortune, mise en scène par En Cie du Sud/Martine De Michele (d’après Francis d’Ostuni/Théâtre de la Renaissance).

Infos pratiques :

Samedi 18/11 de 18h à 19h30 (accueil à partir de 17h30)

> La pièce Les Fils de Hasard, Espérance et Bonne Fortune, débutera à 20h15

Le Manège Fonck, Rue Ransonnet 2, 4020 Liège
Accès Bus 4 (TEC), arrêt BAVIÈRE

PAF

Rencontre 18h-19h30 : Entrée libre

Pièce Les Fils de Hasard : 10€ / 8,5€ 

(Réservation via  www.lesfilsdehasard.com*** Places limitées ! ***)

 > Si vous réservez avant le 20/10, vous bénéficiez du tarif réduit.

 (Si vous réservez par téléphone, mentionnez « Culture & Démocratie »)

Petite restauration disponible sur place

Recommandation culturelle : gérer la transition numérique

3 journées de formation : mardi 24 octobre, mardi 7 novembre et mardi 21 novembre 2017

Photo :  © luca-bravo-217276

L’impact du numérique sur les opérateurs culturels et les associations se fait sentir sur la manière dont ils fonctionnent, exercent leurs missions et interagissent avec leurs publics. Face au rouleau compresseur d’une industrie du numérique qui formate et marchande les biens culturels, des alternatives existent qui permettent de s’emparer d’un numérique ouvert pour créer des communs culturels alternatifs. En articulation avec le cycle de conférence « Pour une recommandation culturelle plus critique et humaine » organisé par PointCulture en partenariat avec Action Média Jeunes, Centre Librex, Cesep, Collectif Formation Société-ep, Culture & Démocratie, Gsara, La Concertation ASBL – Action Culturelle Bruxelloise, La Maison du Livre, PAC et La Revue Nouvelle, cette formation vise à enrichir d’outils et d’expériences les possibilités de chacun à faire avec le numérique pour envisager ensemble des pistes d’actions communes résolument plus réfléchies.

JOUR 1 : mardi 24 octobre

  • Introduction générale à la recommandation culturelle.
  • L’action de proximité dans l’univers du numérique – Le cas de Bruxelles.
  • L’action de proximité dans l’univers du numérique – Le cas du Brabant Wallon.
  • L’approche créative-artistique dans l’univers du numérique – iMal (à confirmer) : des activités multi- et transdisciplinaires de sensibilisation à l’usage à la fois créatif et critique des nouvelles technologies.
  • Noodle Brain : Présentation du projet artistique Noodle Brain par la compagnie Arts Nomades qui interroge notre intimité face aux big data en utilisant des outils numériques. Démonstration interactive.
  • Atelier « Comment ça me regarde ? » L’impact du numérique sur les métiers des opérateurs culturels et des associations.

JOUR 2 : mardi 7 novembre

  • Les communs à l’ère du numérique.
  • Quelles alternatives aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) dans nos pratiques numériques quotidiennes ?
  • Initiation aux outils Framasoft (réseau dédié à la promotion du « libre » en général et du logiciel libre en particulier).
  • Le Wiki, une technologie de construction de communs. Wikipédia, l’encyclopédie libre, mémoire vivante des savoirs communs. Devenir rédactrice-teur d’un Wiki.

JOUR 3 : mardi 21 novembre

  • Quels outils numériques pour quels communs ?
  • Atelier « Facebook vs Framasphere ».
  • Atelier de « cartographie culturelle OpenStreetMap ».
  • Pour une recommandation culturelle plus critique et humaine.

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INFOS PRATIQUES

QUAND ? Les mardis 24 octobre, 7 et 21 novembre 2017 (de 9h30 à 16h30)

OÙ ? Au Collectif Formation Société – rue de la Victoire 26, 1060 Saint-Gilles

PRIX ? 150€ (pour les 3 journées de formation, repas inclus)
INFOS ET INSCRIPTIONS ? 067/89 08 65 (contact: Catherine Léonard) ou catherine.leonard@cesep.be

Cette formation fait l'objet d'un remboursement intégral pour les travailleurs du secteur socio-culturel via le Fonds 4S.

Cycle pour un numérique humain et critique, saison 3. La cohabitation numérique urbaine, locale et globale.

Pour cette troisième saison, nous entrerons un peu plus dans le vif numérique de l’humain : comment le numérique réorganise nos manières de vivre et nos environnements. Nous avons détaillé jusqu’ici le face à face entre les individus et les différents dispositifs numériques. Mais comment cela se traduit en termes de co-habitation, en termes de projet d’habiter la société ? Nous nous pencherons sur ce qui symbolise le mieux la tentative de transformer le numérique en globalité qui enveloppe tous nos usages : la smart city. Qu’est-ce que c’est, réalités et fantasmes ? Qu’est-ce que ça raconte et comment ça s’étudie ? Comment composer ou réagir face à cette urbanisation numérique ? Nous y consacrerons deux séances avant de diversifier l’étude du croisement entre numérique et socialisation.

Les réseaux sociaux sont omniprésents, mais que créent-ils comme sociabilité ? Nous présenterons une étude récente sur l’usage social du numérique chez les adolescents : est-ce que, par exemple, ces pratiques réduisent les disparités, les inégalités ? Un autre aspect important de la manière dont le numérique envahit nos quotidiens urbains (et plus seulement urbain) rejoint les demandes accrues de sécurité en mettant à disposition des technologies de vidéosurveillance. Ce thème sera abordé et analysé à travers le regard d’artistes urbains.

Le genre est, d’autre part, une composante active de toute socialisation. Comment cela se transpose-t-il au niveau des pratiques et usages qui forgent les identités numériques ? Pour y voir plus clair, nous plongerons dans les expériences d’un hackerspace féministe.

Nous garderons en tête la façon dont la politique aujourd’hui gère et organise les affects, les émotions, la production de sensible et la définition des modes de vie dans un contexte de mondialisation (amplifié par le numérique). Pour ce faire nous nous intéresserons au concept d’hyper-lieux, ces lieux névralgiques où toutes les problématiques du vivre-ensemble, dans une économie monde, se rencontrent, se questionnent, cherchent de nouvelles connexions entre commun et singularité, entre territoires impersonnels et terrains d’altérité. Dans ces lieux, les sociétés se désagrègent, se recomposent, entretiennent la faculté de se réinventer. Nous verrons que le numérique transforme chaque individu en hyper-lieux. Qu’est-ce que ça signifie ? Comment s’interroger sur cet étrange statut ? L’attention à la dynamique montante des nouveaux communs restera un fil rouge de « pour un numérique humain et critique » car il ne s’agit pas de « réagir à » mais d’inventer autre chose avec… 

Première conférence de ce cycle : « Critique de la ville intelligente » par Corentin Debailleul et Mathieu Van Criekingen

Le 05/12 de 10h30 à 12h au PointCulture Bruxelles. 5€

Souvent présenté comme un progrès inéluctable, l’avènement de la smart city, omniprésent dans les discours sur la ville, tarde pourtant à se matérialiser dans l’espace. Alors ? Véritable projet utopique ou simple élément de discours ? Chamboulement des manières de faire, de vivre la ville ou prolongement de politiques urbaines bien connues ?

Intervenants : Corentin Debailleul est assistant et prépare un doctorat en géographie à l’Université libre de Bruxelles. Ses recherches actuelles se concentrent sur la manière dont les efforts publics et privés en faveur de la « ville intelligente » influencent la production de l’espace.

Mathieu Van Criekingen est géographe, chargé de cours en études urbaines à l’Université Libre de Bruxelles. Ses recherches portent notamment sur les structures et les transformations des quartiers populaires centraux, à Bruxelles et ailleurs, abordées sous l’angle des rapports sociaux de domination.

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Pour aller plus loin 

Expérimenter et apprendre ensemble avec les arts numériques

Pour la deuxième année consécutive, le CAVL – en collaboration avec l'HELMo Sainte-Croix et son Creative School Lab – organise une série de rendez-vous autour du thème « Expérimenter et apprendre ensemble avec les arts numériques ».

Ce projet et les événements qui y sont liés ont pour volonté de mettre en évidence tous les potentiels de la culture numérique dans sa dimension artistique en tant que vecteur d'apprentissages. Un des buts escomptés est la prise de conscience que jusqu'à présent les médias, l'art et le numérique comme outils/usages à observer/déconstruire/expérimenter –comme matière à penser et à travailler – ont du mal à faire leur place dans le milieu de l'éducation. Ce projet souhaite questionner et réfléchir sur l'introduction des arts numériques comme outils pédagogiques pour palier certaines de ces carences. 

Deux conférences/table ronde :

--> Le jeudi 12/10 (de 18h30 à 20h) : Art, Numérique et SavoirS : quels savoir-faire, quels savoirs pour quels savoir-être ?

--> La TR du mercredi 29/11 (de 18h30 à 20h30) : Arts numériques et apprentissages collaboratifs  

> Plus d’infos sur la carte mentale qui fait office de site Internet ainsi que sur la  page Facebook

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Conflit à l’ère numérique. La fin de l’utopie internet.

Mercredi 18 octobre 2017 de 9h à 18h. Bruxelles Laïque, avenue de Stalingrad 18 – 1000 Bruxelles. Entrée libre

Assiste-t-on aujourd’hui à la fin d’une époque, celle des promesses de l’utopie Internet ? Que reste-t-il de cet héritage des fondateurs et visionnaires du réseau incarné par la célèbre Déclaration d’indépendance du cyberespace au moment où on évoque quotidiennement cyberattaques, cyberguerres, intrusions, chantages et les dangers associés à l’Internet des objets, pour ne rien dire des polémiques concernant la surveillance ?

Ces questions nous invitent à re-visiter les liens entre frontières et intérêts économiques et politiques à l’ère numérique, acteurs publiques et modèles de légitimité ; à repenser le droit international ; à repenser la protection des infrastructures ; à repenser le libre arbitre et la liberté individuelle.

Le colloque cherchera à proposer des pistes à la fois éthiques, pratiques et théoriques pour engager une réflexion devenue urgente.

Entrée libre mais inscription souhaitée via le formulaire en ligne ou par email à sylvie.traisnel@laicite.net

Plus d’informations: fondation-hlf.mundaneum.org

 

Dernières nouvelles

Ongles rouges

Documentaire écrit et réalisé par Valérie Vanhoutvinck. © 2017 Hélicotronc

 

« Ongles Rouges raconte le trajet singulier que font ensemble 7 femmes. L’une est dehors, les autres sont dedans. L’une face à la mer, les autres en situation d’enfermement. Au fil des ans, de leurs lettres, de leurs rencontres, il est question de gestes quotidiens, de mémoire, de corps intime et de corps social. Ensemble elles évoquent leurs actions journalières, leurs rituels, leurs liens, leur état de femme, de fille, de mère et les marques du temps sur leurs peaux. Au fil du film se tisse un langage commun, une chorégraphie sensible et l’espace d’une vie à venir. »

Le film, soutenu par Culture & Démocratie, sera projeté à partir du 17 novembre à Flagey (Plus d’infos)

Colloque « Éducation et frontières », 27-28 juin 2017, Lyon

Par Sabine de Ville – Présidente de Culture & Démocratie

« Le souhait de consacrer le colloque 2017 de la SOFPHIED, Société francophone de philosophie de l'éducation, à la question des frontières trouve ses premières raisons dans l’état du monde. Le drame des réfugiés lui donne sa figure la plus vive et se détache sur un mouvement de fond qui interroge tout autant l’exigence éducative : des dizaines de millions de personnes, familles et enfants, fuyant les guerres, la misère, les conséquences des dérèglements climatiques sont en quête d’un sol plus hospitalier. L’éducation des enfants relève alors pleinement du devoir d’hospitalité.

Le droit à l’éducation comme le devoir d’éduquer y retrouvent, notamment en Europe, leur pleine signification : l’exigence éducative ne connait pas de frontières, elle est d’emblée universelle et cosmopolite... Le droit à l’éducation reconnu à chaque enfant d’où qu’il vienne est sans doute l’expression la plus achevée de l’universalisme éducatif. Il étend à l’humanité́ comme valeur le sens de l’hospitalité́. Cependant, la peur de l’autre voit aujourd’hui ce droit contesté. Revenir sur ses fondements philosophiques est dès lors une nécessité. [...]»[1]

Ce colloque s’est tenu à Lyon en juin dernier et a rassemblé des philosophes de l’éducation, désireux de faire état de leurs recherches à la lumière des défis auxquels est confronté le monde éducatif.  Nous avons assisté à la seconde journée de ce colloque et ne pouvons en rendre compte qu’imparfaitement mais nous souhaitons l’évoquer parce qu’il a convoqué des sujets tenant à la fois à la permanence et à l’actualité de la question éducative.

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Séminaire annuel des artistes en milieux de soins organisé par Enfance et Musique, à Pantin les 7 et 8 septembre 2017.

Par Fabienne Audureau – Le Pont des arts asbl

Le Pont des Arts est membre de ce réseau qui rassemble des artistes professionnels travaillant en milieux de soins. L'objectif commun à tous les acteurs du réseau est de développer l'accès à l'art et à la culture pour tous les enfants dès le plus jeune âge, de défendre la place de l'éveil culturel et artistique au sein des politiques territoriales afin de soutenir les compétences des enfants et de leur famille à transmettre et partager leur patrimoine, développer leur sens critique et promouvoir des valeurs d'humanisation de la société. Un séminaire annuel a lieu début septembre à Paris afin d’échanger sur nos pratiques et sur l’évolution de la reconnaissance de notre métier.

Le Pont des Arts y participe chaque année afin de représenter un modèle d’association bruxelloise travaillant dans ce secteur spécifique, et échanger avec d’autres professionnels exerçant des activités similaires.

Cette année, 3 membres de l’équipe ont participé au séminaire :

  • Fabienne Audureau a présenté les nombreux changements que le Pont des Arts connait cette année en termes d’équipe et de fonctionnement, ainsi que la réflexion sur la définition de notre projet en tant que compagnie. Cela a permis également aux participants français de découvrir les différences d’organisation, de financement et de problématiques avec notre association belge (et vice-versa).

  • Gauvain Duffy a présenté une mise en situation pratique en racontant un conte comme dans une chambre d’hôpital, et a apporté des témoignages et précisions sur sa pratique de conteur en milieu de soins. Le séminaire rassemblant quasi uniquement des musiciens, cela a permis d’ouvrir des échanges sur une autre discipline.

  • Régine Galle a témoigné de l’historique du projet de chant en home, et apporté ses retours quant à son vécu concernant le film « La Vie est là », et les difficultés pouvant être rencontrés lorsque l’on est confronté au public de personnes âgées. Le film a été visionné dans le cadre du séminaire par tous les participants le jeudi 7 en fin de journée, et ce fut l’occasion d’avoir des retours de pairs.

Le séminaire a rassemblé 15 personnes de 8 organisations différentes et fut ouvert par Marc Caillard, président d’Enfance et Musique. Le séminaire a donné envie à plusieurs participants de se rencontrer davantage en-dehors de celui-ci. Certains artistes français ont exprimé la volonté de venir à la rencontre du Pont des Arts en Belgique, afin d’échanger davantage sur la pratique. De nombreux contacts ont été pris, et des échanges pourront avoir lieu également par mail ou téléphone selon les problématiques de chacun. L’idée de créer une plateforme collaborative a été soulevée, afin que les artistes du réseau puissent partager des documents ou expériences à travers quelque chose de commun. Enfin, le séminaire est l’occasion d’avoir des conseils et des renseignements en termes d’outils pour élargir nos pratiques auprès des tout-petits à l’hôpital, ainsi qu’en termes de formation.

Notre souhait pour la ou les prochaines éditions est d’avoir davantage d’échanges pratiques plutôt que théoriques, et davantage de moments de discussion en sous-groupes ou de manière plus informelle, qui sont souvent aussi riches que l’ont été, cette année encore, les présentations.

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Pour aller plus loin

« La vie est là »

Un film d'Isabelle Rey. Produit par Serge Kestemont, Luna Blue film.

Un film qui parle d’engagement poétique.

Cela se passe en hôpital pour enfants et en home pour personnes âgées. Des patients et des artistes au travail. Un partage d’émotions et de recherches du plaisir pour échapper à la peur et aux souffrances quotidiennes.

Isabelle Rey a rencontré les artistes du Ponts des Arts, asbl bruxelloise, qui propose aux patients de plusieurs services pédiatriques d’hôpitaux de Bruxelles (CHU Saint-Pierre, Hôpital des Enfants Reine Fabiola, Cliniques Saint-Luc, CHU Erasme, Cliniques Saint-Jean ...), et aux maisons de repos ("Villa Indigo" et "les Tilleuls"), des moments de partages poétiques avec des artistes. Ils sont plasticien, comédien, conteur, danseur, chanteur et quand ils sortent de leur pratique personnelle, ils prennent le temps de cette entrevue.

Dans le film, on rencontre particulièrement Régine, chanteuse et musicienne. Elle fait chanter les personnes âgées bien souvent esseulées dans les homes. Retrouver de la légèreté et s’échapper de la tristesse, voici les deux intentions fondamentales de Régine. Elle est chanteuse professionnelle, et cherche à faire évoluer sans cesse sa pratique, seule ou avec d’autres musiciens.

On y découvre aussi Véro, artiste plasticienne, graveuse, peintre et dessinatrice.
Elle évolue dans son atelier, cherche, peint, grave, enduit et presse, tous les jours. Régulièrement on peut la croiser en galerie où elle expose son travail tout en délicatesse.
Et Véro donne envie aux enfants hospitalisés de passer des moments avec elle à essayer des techniques comme le pastel, l’écoline ou le crayon. Mais surtout elle sollicite les enfants à créer, à essayer de laisser aller leur imaginaire vers des cieux plus cléments. Elle explique aux enfants comment passer du côté créatif.

Les plans se succèdent de façon à laisser une place énorme aux émotions, on rit, on pleure, on sourit, on s’interroge sur la solitude et la souffrance. La temporalité du film reflète le travail des artistes, constamment interpelés par les réponses des patients en demande d’évasion.

À voir sans conditions !

Après une première diffusion sur la Trois (RTBF) cet été, la première aura lieu cet automne, nous vous en tiendrons informé dès que possible.

 

Publications

Journal de Culture & Démocratie n°45 – Friches

 

Le dossier de ce Journal n°45 revient sur les enjeux liés à l’occupation du territoire urbain, par les artistes notamment, à travers la question des friches.

Ce numéro « quitte les espaces normés, précisément affectés, pour des lieux qui entre mémoire et futur, fixation et nomadisme, pérennité et instants, abandon et patrimonialisation, organisent autrement la relation au territoire, au travail et à la vie en commun. C’est d’une promenade qu’il s’agit ici, ralliant des lieux improbables à l’histoire pourtant longue parfois, situés à Bruxelles, en Wallonie, en France, aux Pays-Bas, en Italie.

Parcourez ces territoires et ces lieux. Chacun d’eux illustre à sa manière les enjeux que recouvrent ces lieux d’imagination, de mémoire et de tension entre utopies nouvelles et rationalité économique et politique. Laboratoires, espaces de liberté et nouvelle modalité du commun, les friches nous disent à leur manière, au-delà des impasses urbaines, ce que pourrait être la société de demain. »

Les textes de ce Journal sont accompagnés des photos de l'artiste Michel Clerbois.

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Pour aller plus loin

BRIK
Du 28/10 au 05/11 au BRASS – Centre Culturel de Forest. Entrée libre

BRIK est un événement, à mi-chemin entre le carnet de voyage, la kermesse et la réflexion sociologique, qui parle des villes discrètes, des villes peu présentes dans l’imaginaire collectif.

Après plusieurs voyages à Wuppertal, en Allemagne, l’équipe de BRIK propose une exposition sensorielle, avec des photographies, des cartes, des textes, des vidéos, des sons, et des concerts.

C’est une invitation à la balade, à la découverte de la ville des autres, et c’est aussi une invitation à raconter votre ville.

BRIK s’ouvrira le 28/10 par une soirée en musique avec 2 concerts : Orage plastique (Bruxelles) et Odd Couple (Berlin).

Le Journal de Culture & Démocratie n°45 sera disponible tout au long de l’exposition !

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Vivre en ville, vivre la ville

Le 26 octobre de 9h30 à 16h30. Auditorium de l’Université du Travail, Bd Roullier, 1 – 6000 Charleroi

Le Musée BPS22 propose une journée de réflexion autour de l’exposition de Raphaël Zarka, Riding Modern Art. Il s’agira de tenter de comprendre comment, dans les contraintes sociales et spatiales qui leur sont imposées, individus comme groupes d’habitants se retrouvent ou se perdent dans la ville. Cette journée, qui s’adresse à tous, offrira une pluralité de regards et de points de vue en invitant les intervenants (architectes, artistes, chargés de projets, etc.) à dérouler leur pensée par le biais de la conversation plutôt que celui de la conférence.

Archipels #2 – Langues d’exil

 

Découvrez « Langues d’exil », le deuxième numéro de la revue Archipels. Passionnante (et passionnée) publication culturelle sur l’Europe et les migrations, Archipels est le fruit d’une rencontre entre deux équipes exigeantes et engagées de longue date dans la relation art/société : celle, française, de l’Insatiable (héritier de Cassandre/Horschamp) l’autre, belge, de l’association Culture & Démocratie.

Dans la lignée d’Archipels #1, ce deuxième numéro, « Langues d’exil », poursuit le travail de repérage et de mise en valeur de diverses pratiques d’artistes, de compagnies, d’associations qui s’emparent de la question migratoire pour faire apparaître le visage hideux d’une humanité qui refuse l’autre. En interrogeant l’identité et la mémoire européenne, ils réaffirment la place centrale de l’altérité.

La pensée d’Édouard Glissant, dont nous suivons le fil, affirme un possible où « des différences s’ajoutent sans se détruire, et des identités ne varient en ne dépérissant pas », pour afficher les richesses nées des partages et pour maintenir la parole, en-deçà ou au-delà des langues, comme premier lieu commun…

Les textes de cet Archipels #2 sont accompagnés de photos de Laetitia Tura et d’images du collectif Coconut Valley.

Prix de lancement : 10€ jusqu'au 20 octobre !

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Pour aller plus loin

Samedi 21 octobre à 11H branchez-vous sur Radio Panik (105.4 FM) et ne manquez pas la rediffusion de l’émission « Les quenouilles », consacrée au Dictionnaire de l’exil.

« A comme Appartenance, B comme Bienvenue, C comme Croisement, D comme ...

Parce que les Quenouilles refusent le récit que brandissent nos dirigeants pour « régler » la « crise » migratoire, elles ouvrent leur dictionnaire de l'exil pour tenter de faire entendre un début d'histoire commune. »

Livre consacré au Nimis Groupe


Le sixième volume de la collection « Les voies de la création culturelle est consacré au Nimis Groupe et plus particulièrement à leur spectacle « Ceux que j’ai rencontré ne m’ont peut-être pas vu ». Celui-ci a été présenté en Belgique, en France et en Suisse au cours des deux dernières saisons et il est programmé en divers lieux durant toute la saison 2017/2018. 

Le Nimis Groupe a choisi de conjuguer le rôle de l’artiste à celui du passeur de paroles. Après trois ans de recherches et de rencontres avec des candidats réfugiés, ils créent un spectacle où ils intègrent ces témoins du réel directement sur le plateau en mêlant adroitement réalité et fiction.

Ce volume est le fruit d’un travail de plus d’un an entrepris conjointement par l’association Culture & Démocratie et Arsenic2, avec la complicité active des membres du Nimis Groupe. Il est également un album de portraits et de photos du spectacle réalisés par la photographe Laurence Vray.

 

Coups de cœur

À la recherche, Dictionnaire encyclopédique et légèrement critique, L’expérience de L’L – Laurent Ancion, CFC Editions, Bruxelles, 2016.

Par Sabine de Ville – Présidente de Culture & Démocratie

 

L’objet est beau, cartonné et au format carré. Il est volumineux, près de 250 pages pour évoquer sous forme d’abécédaire, l’aventure de L’L qui depuis 1990 date de sa création, travaille à donner aux jeunes artistes ce dont ils ont le plus besoin, du temps. Les entrées sont multiples, le ton est à la fois sérieux et impertinent, le contenu impressionnant. Laurent Ancion dresse le portrait d’une institution, d’un lieu et d’une « animatrice » au sens strict. Il construit le récit d’une aventure singulière dans le territoire des arts de la scène, faite d’audace et d’obstination. Un voyage au cœur de la création, de la recherche et de la passion pour le spectacle. L’histoire d’un espace ouvert aux jeunes créateurs par la volonté acharnée de ceux et celles qui le portent. Un livre – un compagnon au long cours dont on aurait grand tort de se priver.

 

 

Un nouveau master dans les universités francophones

Par Nadine Plateau – Membre du réseau Sophia

Le 15 septembre dernier, un master interuniversitaire de spécialisation en études de genre était inauguré en grande pompe au Palais des Académies. Une étonnante cérémonie dont témoigne la photo de famille prise à l’occasion : dans la grande salle des miroirs, à gauche sept hommes et une femme (les six recteurs, le Ministre Marcourt et la Ministre Simonis), à droite six femmes et un homme (les académiques qui ont conçu ce master). Un déséquilibre symétrique qui résume bien la situation des femmes dans le monde académique : 55% des étudiantes et 11% des professeurs ordinaires. Déséquilibre compensé par la prise de parole ce jour-là : se sont en effet succédées au pupitre la présidente du comité de gestion du master et la présidente du réseau Sophia de coordination des études de genre pendant que les recteurs réduits au silence restaient assis.

À la question du pourquoi le « tuyau percé » (les femmes disparaissent au fur et à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie), pourquoi ce « plafond de verre » et ce « plancher collant » qui affectent les femmes dans les carrières académiques (et les autres d’ailleurs), le master en genre donnera des réponses. Il fournira aux étudiant-e-s des outils théoriques et méthodologiques permettant d’interroger toutes les disciplines dans une perspective critique en posant la question du genre ou des rapports sociaux de sexe. Le master se veut «un programme qui forme des expert-e-s sur les questions liées au genre, à l’égalité des sexes et des sexualités dans tous les secteurs et qui participe ainsi à la lutte contre les discriminations »1. Concrètement, le cursus comprend un tronc commun dispensé au Palais des Académies, des cours à option dans les différentes universités et un mémoire ou un stage. Une soixantaine d’étudiant-e-s ont déjà assisté aux premiers cours dont une bonne partie des personnes actives professionnellement (journalistes, fonctionnaires, milieu associatif) soucieuses d’améliorer leur compréhension des phénomènes sociaux en intégrant la dimension de genre dans leur réflexion et leur pratique.

Ce master est l’aboutissement d’un long travail de l’ombre, initié par l’association Sophia dès 1989 et mené par un réseau croissant de personnes actives dans l’enseignement, la recherche et l’administration universitaires. Ce réseau fut heureusement soutenu par la Direction de l’Égalité des chances et par le Ministre de l’enseignement supérieur qui ont incité les pouvoirs académiques à lancer les négociations en vue du master. En deux années, le comité de gestion du master a relevé le défi de mettre d’accord six institutions ayant leurs cultures propres, avec un financement minimum et sans coordination pérenne. Si les responsables du projet y ont consacré une bonne partie de leur temps y compris libre, c’est que l’enjeu était de taille : quel savoir enseigner à l’université ? La création d’un master en études de genre devrait contribuer à cette réflexion en critiquant la dimension androcentrique du savoir et en créant un savoir non seulement rentable mais utile à la société.

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1 Voir le site www.mastergenre.be/horaires/ (consulté le 7 octobre)

L’internement

Par Aurélie Ehx

Une campagne d’information et de sensibilisation de l'Autre « lieu » – RAPA

L’internement est une mesure de sûreté envisagée lorsqu’une personne atteinte d'un trouble mental grave commet un crime ou un délit. Aussi appelé « mesure de défense sociale », le but de l'internement n’est pas de punir, mais d’associer trois éléments qui s’avèrent difficilement conciliables en pratique : le soin, la réinsertion et la protection de la société.

Par la loi du 5 mai 2014, modifiée en mai 2016 et entrée en vigueur le 1er octobre suivant, la Belgique affirme sa volonté d'offrir aux personnes internées un accès accru aux soins et à l'inclusion sociale, mais le chemin risque d'être long...

Persuadé que chacun peut participer à rendre moins sinueuse la traversée de l'internement (en interrogeant, par exemple, nos représentations de la folie et de la dangerosité), l'Autre « lieu » s'est tourné vers différentes personnes ressources afin de construire le webdoc « INTERNEMENT » qui fait le pari de lever le voile sur ce territoire méconnu.

À travers ce webdoc réalisé en collaboration avec La Ligue des droits de l'Homme et l'asbl Psytoyens, l'Autre « lieu » souhaite ouvrir un débat aux côtés des pouvoirs publics, des professionnels de la santé mentale, des personnes sous statut interné et des citoyen/nes, en les interpellant sur les questions suivantes :

  • Quelles représentations avons-nous de la « folie » couplée à un crime ou un délit ?

  • Faut-il soigner et/ou punir ? Comment construire du soin lorsque celui-ci est imposé ?

  • Quelles trajectoires d'inclusion sont possibles pour celles et ceux qui ont (eu) un statut d'interné ?

Construit comme un territoire découpé en sept zones, le webdoc « INTERNEMENT » est le résultat d'un travail de recherche et de réflexion à l'aune de la nouvelle loi. Il tente de susciter la curiosité, l'envie d'exploration et de réflexion autour de la défense sociale en invitant tout un chacun à naviguer sur ces eaux perçues comme troubles, et dans tous les cas peu explorées et largement méconnues.

www.internement.org

Ensorceler – Guérir

Par Valério Ferreira de Agular

Une exposition qui s’est tenue du 7 septembre au 8 octobre 2017 à La Médiatine

Mais encore ?  Serait-ce le bien contre le mal ? Derrière ce manichéisme familier et dans le caractère antinomique de ces deux verbes titrant à eux seuls cette exposition, se reflètent paradoxalement les aspects d'une seule et même réalité qui constitue, dans la grande majorité des cultures et depuis la nuit des temps, une de leurs préoccupations majeures : leur propre état de santé, tant physique que psychique et, par la même occasion, celle de la mère nourricière de tous les peuples : notre terre.

C’est peut-être pour cette raison que le Centre Albert Marinus, avec la complicité du Musée international du carnaval et du Masque (Binche) et du Surnateum (Bruxelles) ont trouvé bon de s'échapper pour un moment des thématiques liées à notre pays pour nous entraîner à la découverte de ces objets rituels pouvant nous paraître exotiques tout en étant pourtant à la fois culturellement extrêmement proches, tant leur représentation symbolique et matérielle est largement imprimée dans notre imaginaire collectif.

De l'accordéon divinatoire du Congo, en passant par la ceinture de Chamane parée de petites clochettes et ornée et de défenses de sanglier en provenance du Népal, sans oublier masques, parures, coiffes et autres accessoires hétéroclites des quatre coins du monde qui, sans descriptif à l’appui, nous laisseraient souvent interrogatifs voire dubitatifs de par leur singulière étrangeté, une chose est certaine : ces fétiches curieux, mystiques, sombres jusqu’à être parfois anxiogènes, et porteurs d’une histoire ô combien ancestrale ne pourront en tout cas laisser indifférent un public qui, depuis l’avènement des sciences modernes, baigne dans un dogme auquel il croit religieusement : celui de la rationalité.

Les bonnes pages

Dictionnaire des dominations – Collectif Manouchian

Éditions Syllepse, 2012, 336 pages.

Extrait des pages 13-14 – L’émancipation comme processus de destruction du pouvoir d’appropriation

« La domination étant, pour nous, l’exercice d’une contrainte, l’émancipation est le processus de destruction du pouvoir des dominants de s’approprier un sujet ou un groupe social (son temps, son espace, son travail, son corps, etc.), qui signifie dans le même mouvement le développement de la puissance d’agir des dominés. L’étymologie du terme lui-même renvoie à cette puissance d’agir. Issu du latin emancipatio, le terme désignait l’acte juridique par lequel le pater familias libérait son fils de son pouvoir paternel et lui conférait ainsi une puissance d’agir pour lui-même et par lui-même. Notons que dans cette acception, c’est le dominant qui émancipe le dominé. “L’émancipation : l’étymologie de ce terme nous interroge déjà sur sa richesse, sa complexité et sa fécondité : le latin emancipare, qui signifie affranchir un esclave du droit de vente, venant de “e” privatif et manucapare (prendre en main), l’achat des esclaves se faisait en les prenant par la main1. ” C’est d’ailleurs encore cette version d’une émancipation octroyée par le dominant qui préside aux présentations de l’abolition de l’esclavage dans les manuels d’histoire contemporains ou des femmes musulmanes aujourd’hui.

Contrairement à cette vision, nous considérons l’émancipation non seulement comme l’augmentation de la puissance d’agir du dominé, mais comme la destruction par les dominés du pouvoir d’appropriation des dominants. Sans cette destruction, l’émancipation est inévitablement contrainte, limitée, apparente, sous tutelle, etc., c’est-à-dire qu’elle masque une transmutation des formes de la domination, qui ne fait pas disparaître celle-ci. C’est dire l’illusion que constitue la croyance en une “émancipation individuelle”, c’est-à-dire la croyance en une émancipation qui n’abolit pas les conditions sociales et matérielles de la domination.»

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1 Garibay, F.&Séguier, M., Pratiques émancipatrices : actualités de Paolo Freire, Paris, Syllepse, 2009, p.63.

Carnet de notes d’un prof à l’école

NOUS commUN

Par Sébastien Marandon – professeur de français, membre de la commission Culture et enseignement de Culture & Démocratie

Problématiques

Monument à la jeunesse est un objet hybride et hétéroclite à plus d’un titre. Il est le produit de différents lieux : L’ISELP avec Pauline Hatzigeorgiou, le CERIA et l’institut Émilie Gryzon avec Philippe Crampagne et ses élèves de 4TQ et enfin Chiara Colombi dont le territoire est plutôt l’espace public où elle crée des œuvres participatives. À cette pluralité des lieux répond une pluralité des logiques : scolaire, artistique, médiale, institutionnelle agrégées autour d’un même objectif, faire œuvre commune. Monument à la jeunesse fonctionne comme un dispositif déployant ses écrans et sa mémoire qui difractent une constellation de questions. Nous avons choisi de n’en retenir que quelques-unes qui n’épuisent pas la richesse de cette expérience.

Nous cheminerons selon un double point de vue entre un texte de Lévinas et le projet artistique et pédagogique mené par Chiara et Pauline afin d’éclairer les questions suivantes. Qu’est-ce que cela signifie de faire entrer dans l’école une artiste et une médiatrice afin de produire un projet artistique ? Et comment cette collaboration parle de notre rapport au savoir et de notre façon de nous y impliquer, de nous engager ? Comment transformer un « nous » hétérogène en « commUN » l’espace d’un projet ?

 Description 

« Ces quatre modules de béton blancs posés au bord du campus abriteront leurs rêves, leurs ripostes et leurs révoltes qu’ils inscriront au fil du temps. Mobilier d’usage pour la jeunesse du lieu qui la forme, un lieu qu’elle vit et qu’elle maudit, il sera le théâtre et le confident de ses espérances. Ce monument rend hommage à leur présent. Monument à la Jeunesse répond à l’immersion de Chiara Colombi durant plusieurs mois dans le cours d’arts plastiques de Mr. Crampagne et ses échanges intenses avec les élèves de deux classes de 4ème secondaire option sciences sociales de l’Institut Emile Gryzon : Alexandra, Anissa, Céline, Chaïma, Christivie, Davide, Degy, Duncan, Emilie, Hayat, Ines, Laura, Lisa, Lola, Magaly, Nabil, Nisrine, Sofiane et Vincent. L’intention initiale du projet était de concevoir et de produire une œuvre d’art commune ; le résultat est un dispositif à l’attention des occupants du campus et des suivants.

Tout au long de l’année, Chiara Colombi et moi sommes venues à la rencontre des élèves et de leur environnement scolaire comme nous les avons amenés à nous, à nos métiers et à l’ISELP. Ensemble, nous avons mené des ateliers d’initiation et des sessions performatives, méditatives, des explorations du campus, des recherches sur les usages des espaces, sur l’historique du lieu et les partages des territoires, des découvertes de recoins auparavant inaperçus. Il s’agissait de scruter le lieu, de le travailler et de se positionner – se responsabiliser – dans celui-ci. De chercher des entrées plastiques, des éléments de réponses à notre problématique : quelle forme pour nos désirs ? Il lui fallait être participative, ouverte aux autres, à tous les autres, et garder les traces de leur passage. Il lui fallait donc être visible, monumentale. Et persister. »1 

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1 Pauline Hatzigeorgiou, chargée de médiation à l’ISELP.

 

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L'agenda de nos membres

Théâtre

Focus pauvres riches !

 Du 9 octobre au 11 novembre 2017 au Théâtre de l'Ancre.

Six spectacles et des résonances (colloques, débats, rencontres...) pour questionner la précarisation croissante et tenter de construire ensemble une société plus juste.

Avec le focus « PAUVRES RICHES ! », L’Ancre réunit 6 spectacles, 6 facettes d’un fléau qui se réinstalle insidieusement en Occident depuis quelques années : la misère.

Licenciements massifs, personnes radiées du chômage, augmentation du nombre de SDF, restos du cœur pris d’assaut... La précarité peut aujourd’hui frapper à la porte de chacun. Les chiffres de la pauvreté explosent en Europe pendant que les mesures d’austérité sont décidées dans les hautes sphères. Mais quelles en sont les conséquences ?

Mais « PAUVRES RICHES ! », c’est aussi des rencontres, des débats et des conférences pour questionner la non-répartition des richesses et tenter de construire ensemble une société plus juste et plus humaine.

Les journaux de Culture & Démocratie n°42,« Culture et lutte contre la pauvreté », et n°35, « Culture et travail social », seront également disponibles à l’Ancre lors de ce Focus.

La guerre des buissons

Dimanche 22 octobre à 15h00 et à 18h00. Théâtre des 4 Mains, 103 rue Longue, 1320 Beauvechain (La Bruyère)

Théâtre jeune public, à partir de 7 ans

« Comment tout ça a commencé, je n’en sais plus rien ! Je ne sais pas combien de temps j’ai marché et rampé… J’ai suivi l’étoile polaire. Elle ne bouge pas l’étoile polaire. Elle m’indiquait la bonne direction. Et puis, je suis arrivée ici … Ici, c’est ailleurs que chez moi, là où les autres ne sont pas encore arrivés. »

La guerre des buissons, c’est le récit de l’exil de Toda, une petite fille de 7 ans, une petite fille d’ici ou de là-bas, peu importe. Dans son pays, les uns se battent contre les autres et il faut fuir. Toda ne comprend pas bien le conflit, elle le subit et essaie tant bien que mal de se l’expliquer avec sa logique : Qui sont les uns et qui sont les autres ? Et si tous les soldats ont le même manuel de camouflage, à quoi cela sert-il de se camoufler ? À quoi reconnaît-on une frontière ? Et si je ne connais pas mes tables de multiplication, quelle famille voudra de moi ?

L’histoire raconte avec poésie la traversée de la petite Toda, son déracinement, pour atteindre « là-bas », où elle sera en sécurité.

Marionnettes de toutes tailles, castelets mouvants, silhouettes, dessins colorés donnent vie au voyage de Toda.

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Réservations :

Centre culturel de la vallée de la Néthen
Téléphone : 010/86.64 04
Mail : reservations@ccvn.be

Mention du Jury des Rencontres de Théâtre Jeune Public de Huy 2017, pour la pertinence du propos et la qualité artistique & Coup de Cœur de la Presse

 

Expo photo

Filles, garçons, à égalité ?

Du 16 au 28 octobre 2017 – Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale, Rue Mommaerts, 4, 1080 Molenbeek-Saint-Jean. (+ visite guidée le samedi 21/10 de 14 à 16h en présence du photographe)

Des jeunes reporters du Bénin, d'Equateur, du Cambodge et de Belgique ont interrogé des jeunes de leur communauté sur l'égalité de genre. Les témoignages et les portraits sont présentés dans cette exposition.

 

 

 

Formation

Formations Culture Plus – saison 2017-2018

Le plan de formation, Culture Plus porté par l’Association des Centres culturels (ACC) et la Fédération Pluraliste des Centres d’expression et de créativité (FPCEC), soutenu par la FWB, repart de plus belle cette année avec quelques nouveautés !

Deux axes de formations formellement identifiés :
1. Le développement de l’action culturelle pour les matières qui explorent le travail de terrain lié à l’animation, à la gestion de projets, ...
2. Le développement organisationnel des structures pour les matières relatives à la gestion et à l’organisation des asbl socioculturelles.

Un catalogue de formation pensé en décentralisation :
Afin de favoriser au mieux la mixité des acteurs locaux et la transversalité entre les secteurs socioculturels, Culture Plus privilégie l’accessibilité géographique en alternant les lieux de formation fixes (Namur et Bruxelles) avec d’autres lieux établis en partenariat avec des Centres culturels (CC) ou des CEC issus de différents bassins.

Culture Plus s’adresse aux professionnel.le.s et aux administrateur.trice.s des CC et CEC et de tous les secteurs proches qui assument dans leur structure des missions de direction, de coordination, d’animation ou d’administration.

Les différents modules sont organisés sur 1, 2 ou 3 journées. Vous pouvez librement décider de suivre un ou plusieurs modules du catalogue.

Toutes les infos (description des modules, formulaire d’inscription, tarif) se trouvent sur le site : www.culture-plus.be

Prochaines formations :
• 26.10.17 (Namur) – Archivage : comment choisir et conserver ses archives pour écrire l’histoire de son organisation ?
• 14 & 21.11.17 (Namur) – Médiation artistique : quels outils et quelles postures pour une médiation artistique efficace ?
• 05.12.17 (Namur) – Gestion des compétences : comment assurer une meilleure articulation des tâches de l’équipe ?

 

Émission radio et soirée « open mic »

Nuisances Sonores

Une place sur les ondes pour la musique qui dérange !

Émission radio & soirée open mic pour promouvoir la musique engagée.

Quel est le rôle d'un artiste ? Comment passer du divertissement au message citoyen ? Comment les musiciens dit « engagés » s'appliquent-ils à faire passer un message, à travers leurs paroles et/ou leur démarche ? Jusqu'où va cet engagement ? Et au fond, c'est quoi être engagé ?

Quelques vastes questions qui seront abordées à travers le projet Nuisances Sonores. Nous vous proposons d'échanger et de débattre avec nous autour de ces musiques qui vont à l'encontre de l'ordre établi.

Nous vous invitons pour une après-midi/soirée qui se divisera en deux parties :

  • Une émission radio enregistrée avec des musiciens, des acteurs de terrain et un public (vous !). Elle regroupera des débats, des moments musicaux, des chroniques, des capsules d'interviews... On laisse la parole à tous, et de notre côté, on se charge de l’animation ! L'émission Nuisances Sonores sera diffusée en live sur Radio Panik (radio bruxelloise – 105.4)

  • Une soirée "open mic" animée par le collectif Slameke, où chacun pourra venir présenter ses pensée, ses textes, ses morceaux. Le jour j, n'hésitez pas à venir partager vos créations !

Rendez-vous au Pianofabriek à Saint-Gilles le 4 novembre !

Vous pourrez retrouver Nuisances sonores dans la rubrique Vents d’ici, Vents d’ailleurs du prochain Journal de Culture & Démocratie à paraître en décembre !

 

Conférence et ateliers

La Présence, au cœur du travail du soignant et de l’artiste

2 décembre 2017 9h-17h30 – Espace Clémentine 1170 Bruxelles

Inscriptions : 50 euros (avant le 10/10), 60 euros (après le 10/10), 35 euros étudiants 

 

Le Centre de Santé et Créativité Les Bégonias organise une journée de conférences et ateliers sur le thème : « La présence. Au cœur du travail du soignant et de l'artiste ». 

Ouverte aux professionnels intéressés par la rencontre interdisciplinaire, les échanges dans les champs croisés de l’art et la santé.

Le programme de cette journée de la Plateforme A&S des Bégonias est sur le site www.begonias.be

Participation

Une opinion, un texte, un événement à faire connaître ? Envoyez un mail à info@cultureetdemocratie.be pour que nous le diffusions dans notre Lettre. Attention, le Comité de rédaction se réserve le droit de diffuser ou non l'information reçue.

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Culture & Démocratie
70, rue Emile Féron - 1060 Bruxelles
Tél. : 02/502 12 15

Courriel : info@cultureetdemocratie.be

Merci à Sabine de Ville, Fabienne Audureau, Nadine Plateau, Aurélie Ehx, Valerio Ferreira de Agular, Sébastien Marandon et Joël Roucloux pour la rédaction et la préparation de cette Lettre d'information.

Image : ©Coconut Valley, Une pomme parce que c'est doux, dont les œuvres accompagnent «Langues d'exil», le deuxième numéro de la revue Archipels tout juste paru.