Culture & Démocratie

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Les pro-
ductions

Les productions de Culture & Démocratie, consultables sur ce site, sont soit des publications papier et/ou électroniques, soit des documents audio et vidéo. Les productions, conçues et diffusées par Culture & Démocratie, s’inscrivent dans le cadre de sa mission d’éducation permanente. Parmi celles-ci, le Journal embrasse un thème précis et rassemble des contributions multiples.

Télécharger Du Bon Usage de la folie : réflexions partagées sur la pratique théâtrale en milieu de soins psychiatriques (pdf).

Analyse

Du bon usage de la folie

Du bon usage de la folie, I

Des temps de rencontres entre les trois compagnies ont ponctué ces deux années de création. Ils permettaient un échange de savoirs, de pratiques, de réflexions... Culture et Démocratie, dans le cadre de son axe de travail « Art et santé », a accompagné ces moments de réflexion.

Une première rencontre/débat fut organisée à Liège en 2010, quand le projet « Terra Incogniata.europe » débutait. Une seconde, intitulée: Du bon usage de la folie, fut proposée en clôture de projet, toujours à Liège, en mars 2012.

Ce dernier moment se voulait sans prétention, mais pas sans ambition. Sans prétention, car il s'ajoute, humblement, à une série de colloques, de rencontres, de débats qui ont tenté d’éclaircir le rapport entre ces deux univers a priori antagoniques, celui de l’art et celui du soin . Mais avec une ambition, celle de ne pas répéter tout ce qui a déjà été dit et redit, de faire un petit pas de plus...

Pour Culture et Démocratie, sans arguer avoir proposé des thèmes de réflexions inédits, il s'agissait quand même d'essayer d'interroger la pratique artistique (le théâtre plus spécifiquement ici) par des angles qu'elle n'avait pas l'habitude de prendre.

Le travail de Culture et Démocratie, de sa commission « Réseau Art et santé », était jusqu'alors essentiellement celui d'interroger ces pratiques en se focalisant la démarche de l'artiste : que vient-il faire en milieu de soin ? Comment se distingue-t-il d'un art thérapeute ? Comment garantir le caractère professionnel de sa démarche ?

Pour cette rencontre, deux angles d'investigation supplémentaires ont été ouverts : se pencher d'une part sur la démarche du spectateur, du public et, d'autre part, sur la démarche de l'institution.

Ce sont ainsi trois démarches qui ont été réfléchies, en atelier, lors de cette journée liégeoise. Voici comment elles étaient problématisées et présentées par Paul Biot :

- La démarche de l'artiste :

Ces artistes, metteurs en scène, animateurs de Théâtre-action, qui accompagnent les créations de ces personnes qui « arpentent les rues des cités de la peine » (Dante, l’éloge de la folie cité dans Le dernier cercle du Théâtre de l’Arcane) que cherchent-ils, pourquoi le font-ils ? Pourquoi parfois s’y consacrent-ils de manière presque exclusive ? Comment échappent-ils au piège de la justification extérieure à l’acte théâtral lui-même, a priori et posteriori ? Dans le théâtre ordinaire la création théâtrale n’a pas besoin de justifier son existence : comment ce théâtre autre échappe-t-il à l’injonction (très européenne) du résultat tangible : social, médical, formatif ? En quoi cette démarche de création théâtrale se distingue-t-elle de la théâtro-thérapie à laquelle s’ouvrent un peu partout (surtout dans le monde sous influence anglo-saxonne) les chaires universitaires ?

- La démarche du public :

Le public qui vient à ces spectacles, que vient-il voir ? Et qui vient-il voir ? Que et qui voit-il ? Quelle est la nature de son étonnement ? Entre compassion et voyeurisme, quelle est la place pour un regard différent ? Quels sont les lieux qui conviennent et ceux qui ne conviennent pas à la création ? À la représentation publique ? Qu’impliquent ces lieux du point de vue du public ? De celui des acteurs ? Comment en fait-on l’information (la promotion) ? Le projet européen « changer le regard sur la folie » atteint-il son objectif : le public a-t-il changé son regard ?

- La démarche de l'institution :

Comment et pourquoi les institutions accueillent et parfois sollicitent ces démarches de création ? Quelle est la nature de leur attente ? Quelles sont les contraintes qu’elles imposent ou non dans les conventions de partenariat ? Quelle est la nature des relations entre le milieu médical et le milieu artistique ? Quelles sont leurs exigences réciproques ? Comment l’institution soignante voit-elle ceux-là qui sont à la fois des patients et des acteurs de création et d’invention artistiques ? Comment le milieu hospitalier qui obéit à des règles contraignantes et implique des structures hiérarchisées et des responsabilités portant sur chaque cas individuel, intègre-t-il concrètement et symboliquement l’espace de liberté, d’égalité et de solidarité qu’est l’atelier de création théâtrale collective ? Faut-il quitter l’hôpital pour que la création puisse trouver sa pleine mesure, ou l’intégrer davantage pour le modifier depuis l’atelier ?

Du bon usage de la folie, II
Une autre journée de débats s'est tenue le 13 avril 2012 à Marseille. C'est principalement la deuxième démarche (décrite ci-dessus) qui a été discutée : celle du public. Public compris à la fois comme le public « spectateur » et comme le public « participant ». Seconde manière de concevoir le public qui n'avait pas été proposée lors de la rencontre à Liège.