Les arts contemporains, pour qui et pour quoi ? Les arts plastiques en débat
… La poésie est indispensablemais on ne sait dire à quoi elle sert…Jean Cocteau
S’il est aujourd’hui accepté que l’art peut être autre chose que du « beau en soi », de « l’art pour l’art », comment s’intègre-t-il à la vie de tous les jours et à ses imprévus ? Quelle place lui est accordée dans l’espace public ? Dans quelle optique est-il promotionné par les galeries, les musées, les centres culturels? Ouvre-t-il de plus larges horizons à la génération montante ? Et qu’en est-il de l’art engagé ? De l’art en marge ? Des créations virtuelles ? En témoignant des déséquilibres et malaises de la société, les arts plastiques démocratisent-ils la culture, propagent-ils la démocratie? Est-ce parce que, comme cette incernable démocratie, ils sont considérés comme « acquis » qu’ils sont passés sous silence dans les discours des politiques ? Absents des programmes scolaires ? Fréquentés, si ce n’est pour les habitués des vernissages et les convaincus des colloques, par une audience symbolique ?
Pour les 100.000 plasticiens de Belgique – qu’ils se définissent ou non comme artistes –, l’art est-il autant un outil d’introspection ou d’ouverture à l’autre qu’un vecteur de statut social et qu’une source de revenus ? N’est-il pas trop facilement considéré comme un objet de spéculation pour les nantis ou de consommation réservé à quelques privilégiés et initiés ? Peut-il vraiment être, entre les créateurs et leurs discrets ou hypothétiques interlocuteurs, un ferment d’épanouissement individuel, d’autonomie critique, d’émancipation démocratique ? Être plus qu’une fabrique de questions ?