Culture & Démocratie est une plateforme de réflexion, d’observation, de sensibilisation et d’échange sur ce qui lie la culture et la démocratie.
Lou Chaussebourg, Noémie Maughan
Le pain, symbole de notre système alimentaire, est lié à l’histoire du blé, une des premières céréales domestiquées par l’être humain. L’agro-industrie en a fait un aliment aseptisé issu de monocultures aux sols dégradés par la chimie. À l’image d’une société où s’appauvrit toute commensalitén. L’agroécologie réinvente la relation au vivant, à la terre, avec un pain qui rassemble chercheur·ses, boulanger·es, paysan·nes, science et savoirs locaux, ancestralité et invention, professionnalisme et émotion. La saveur du pain retrouvée : c’est le levain d’un monde à réinventer. Récit passionnant de deux chercheuses en agroécologie.
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Il s’agit d’une initiative citoyenne basée sur un système de gouvernance démocratique et en grande partie bénévole.
Thibault Galland
Relier « démocratie » et « alimentation » démontre que le « manger » est central dans un modèle de société et déconstruit un système qui réduit l’individu à un rôle de consommateur, sans droit de cité sur le contenu de son assiette. C’est un vaste chantier qui recrée, par exemple, des liens de sens entre producteur·ices et mangeur·ses ; qui milite pour l’application d’un droit à l’alimentation croisant le droit à la santé, à l’habitat, à l’éducation et pour la création d’un système alimentaire équitable, écologique et inséparable des droits humains. C’est instaurer l’alimentation comme un bien culturel public géré par les citoyen·nes, via une dynamique délibérative à tous les étages.
Francisco Dávila, Léna De Brabandere
L’agriculture en ville a le vent en poupe, qu’elle soit citoyenne ou professionnelle. Elle n’a pas vocation à nourrir toute la ville, mais sa production est loin d’être négligeable et s’écoule entre autre dans des filières sociales (cuisines de collectivités, CPAS). Multifonctionnelle, elle est une porte d’entrée vers l’insertion sociale, l’éducation ou le soin. Elle est surtout un moteur pour penser la ville de demain, mieux adaptée à la crise climatique, accueillant plus d’arbres et de potagers de quartiers, intégrant l’accès et le partage de plantes comestibles, réintégrant plus de biodiversité dans le tissu urbain. Les pouvoirs publics semblent plutôt apporter leur soutien.
Nora Bouazzouni
Tout le monde est-il égal devant le « bien manger » ? Quand la gastronomie envahit les médias l’insécurité alimentaire touche de plus en plus de personnes (16 % à Bruxelles, 13 % en Wallonie). S’appuyant sur les food studies, Nora Bouazzouni, autrice de Mangez les riches, s’insurge contre les sentences morales : se nourrir correctement serait donné à tout le monde, à condition de le vouloir ! Elle analyse les ressorts de la précarité alimentaire, via les logiques de marché et la fabrication de la précarité économique ; elle éclaire les logiques de domination – genrées et coloniales – d’un « véritable système de pénurie organisée ». Un exercice critique qui devrait aider à solutionner les « violences alimentaires » qui mine notre société de la bonne chère !
Mais que sont les rituels ? Quel rapport entretenons-nous avec eux et que produisent-ils ? Pour la philosophe Maririta Guerbo, qui introduit ce dossier, « les conditions du rituel sont la croyance en un récit et la prise du collectif sur l’individu ». Questionner nos rituels revient donc à s’interroger sur les croyances qui structurent notre société et la façon dont nous choisissons, individuellement et collectivement, de nous y inscrire, d’y contribuer. Le récit néolibéral dominant, en glorifiant la croissance, la valeur marchande et l’individualisme, a colonisé l’imaginaire avec de nouveaux rituels consuméristes tels que le Black Friday ou l’organisation de méga-évènements sportifs et culturels aux empreintes carbone monstrueuses, tout en multipliant et en banalisant les rites de célébration de soi, comme en témoigne l’immense succès des ouvrages de développement personnel.
Damien Charles
Souveraineté alimentaire, oui, mais agroécologique, sans intrants ! Les choses ne changent pas assez vite. Comment élargir la communauté activiste ? C’est le rôle des Brigades d’actions paysannes avec un bel imaginaire antifasciste qui renvoie aux années 1930. Ce sont des chantiers solidaires et des formations pour recréer des liens entre paysan·nes et citoyen·nes, partager les savoirs sur l’état critique de notre système alimentaire, installer un terrain d’échanges et de passages à l’acte. Il s’agit de faire le poids face aux lobbys des pesticides. Quitte à prôner la désobéissance civile ou d’autres types d’actions capables de faire bouger les lignes. Selon une conflictualité qui reste dans les clous démocratiques.
Présentation et commentaire de ce livre au sein du Neuf essentiels pour des politiques culturelles réparatrices.
Présentation et commentaire de ces livres au sein du Neuf essentiels pour des politiques culturelles réparatrices.
Françoise Tulkens, Thibault Galland, Vincent Lefebve
La crise climatique a donné lieu à des mobilisations des institutions juridiques et aux processus de constitution du droit afin de répondre aux besoins de justice. La traduction de préoccupations et de questionnements réels en termes juridiques n’est pas dénuée d’aspects ritualisés qui participent au débat collectif sur notre relation à l’environnement, notamment à travers le terme « écocide ». Cette ritualité prend la forme de deux mouvements, deux dynamiques, du haut vers le bas et du bas vers le haut. Que retenir de ces nouvelles mobilisations du droit pour une justice climatique ?
Pour son 30ème anniversaire, Culture & Démocratie consacre un deuxième numéro de son journal à identifier et rendre accessible l’émergence de rituels positifs et bienfaisants, amorces de fictions qui renforcent le besoin d’une culture des communs, reliés à des pratiques du changement qui ne se conçoivent pas sans l’intelligence collective, ADN de la démocratie. Autant de manières de repenser la place des émotions, de renouer raisonnablement avec la magie et l’invisible, de retisser des liens réparateurs avec le vivant et entrevoir la possibilité d’une autre éco-politique locale, globale, mondiale.
Luc Carton
L’incertitude grandit sur la capacité des démocraties libérales de s’ordonner encore aux droits humains. La crise de l’accueil des personnes exilées est l’un des symptômes les plus flagrants du risque de naufrage des États de droit, à l’échelle de l’Europe entière. Un processus de « déshumanisation » est en cours.
Ce catalogue inventorie et présente toutes les publications disponibles de Culture & Démocratie en date du 01/01/2024.
On y trouve aussi bien les parutions téléchargeables au format PDF sur notre site que les éditions papier, ainsi que des instructions pour vous les procurer. Bonne lecture !