Culture & Démocratie

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28/02/2017 n°86

La
lettre

Éditorial

La clôture récente du dispositif Bouger les Lignes et le troisième avis du groupe central pour le Pacte d’Excellence ont mis en évidence la formation culturelle et artistique qui sera désormais assurée à tous dans le cadre de l’enseignement obligatoire.

Formidable apport mais à condition que les textes s’incarnent sur le terrain et que cette formation artistique et culturelle soit conçue comme une opportunité de profond changement pour l’école, pour les jeunes et par extension, pour la société. Car en ouvrant enfin une place structurelle à ce champ de savoirs et de compétences, en y affectant les ressources humaines et budgétaires nécessaires, c’est toute l’expérience scolaire qui peut être transformée.

En inscrivant la dimension culturelle dans tous les savoirs scolaires, on leur donne un sens nouveau au-delà de leur excessive technicité. En ouvrant un temps spécifique pour la culture et les arts, on garantit la connaissance par les jeunes des repères culturels et artistiques multiples qui les fondent, on leur construit ou on leur restitue une mémoire. En développant leur créativité avec les enseignants et les professionnels de la création dûment formés, on ouvre les jeunes à une multitude d’expériences sensibles et intellectuelles possiblement fondatrices. On leur donne des outils différents pour construire leur avenir personnel et citoyen.

À ces conditions, cette formation culturelle et artistique à laquelle Culture & Démocratie et d’autres acteurs ont beaucoup travaillé, contribuera à l’indispensable transformation de l’école.

Nous y veillerons…

Sabine de Ville

Présidente de Culture & Démocratie

La vie de l’association

L’agenda de Culture & Démocratie

Retrouvez Culture & Démocratie et le projet Rives d'Europe à la nocturne de la foire du livre de Bruxelles

Vendredi 10 mars à partir de 17h30, site Tour et Taxis. Entrée libre


Venez découvrir des jeux vidéo citoyens créés lors d'ateliers participatifs !

Arts & Publics vous propose de venir tester les jeux Rives d'Europe. Ces derniers, créés avec un logiciel accessible, auquel vous serez initiés sur demande, prennent pour objet le dialogue entre les cultures, la coopération ou encore l'immigration.

Le chercheur et écrivain Roland De Bodt répondra à vos questions sur la déconstruction de la théorie du choc des civilisations, qui est au cœur des jeux présentés et dédicacera son ouvrage Neuf essentiels pour déconstruire le « choc des civilisations ».

Enfin, l'asbl Action Médias Jeunes vous proposera entre 18h et 22h l’atelier « Le jeu vidéo dont vous êtes le héros » qui vous permettra de créer – voire de devenir ! – en quelques minutes le héros d'un vrai jeu vidéo.

> Les dernières publications de Culture & Démocratie seront disponibles sur le stand.

Tout au long de la Foire du livre de Bruxelles, du 9 au 13 mars 2017, une sélection d'ouvrages de Culture & Démocratie sera disponible sur le stand n°207 de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Culture.be

Foire abordable d'artistes contemporains – L’Art du mouvement perpétuel

Du 16 au 19 mars 2017 – Heures d'ouverture : jeudi : 18h00 ; vendredi : 16h00 ; weekend : 14h00 au BRASS – Centre Culturel de Forest – Avenue Van Volxem, 364 à 1190 Bruxelles. Entrée libre

 

Parce que nous pouvons accueillir toute la richesse du monde, ouvrons les frontières à travers le marché artistique, afin de rassembler des artistes qui incarnent la liberté de circulation dans leur parcours ou dans leurs œuvres et le public le plus diversifié, en utilisant un vecteur commun à tous : l’Art.

L’art comme une révolte, une subversion étincelante qui pulvérise les frontières et brise les préjugés. L’art s’élevant à mille lieues de l’indifférence, de la peur de l’autre et de la différence.

L’exposition sera ponctuée de concerts et DJ Sets, créations d’œuvres participatives, cuisine du monde, ateliers de discussion…

 

 > Programme détaillé sur le site du BRASS

 

 

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Organisé par Bruxelles Laïque en partenariat avec : BRASS, Culture & Démocratie, MedexGlobe Aroma et Refugees Got Talent. Comité artistique présidé par Toma Muteba Luntumbue, artiste et commissaire d’exposition.

L'informatique dans l'histoire graphique de l'Occident – Jean Lassègue

4ème conférence du cycle « Pour un numérique humain et critique », saison 2

Le 21/03/2017 au PointCulture Bruxelles (145 rue Royale) de 10h30 à 12h30. Entrée 5€

Si l’on dépasse le temps court de l’histoire de l’informatique (moins de cent ans) par le temps long de l’histoire de l’écriture (trois millénaires), l’informatique apparaît alors comme l’étape la plus récente dans cette longue histoire. Comment l’informatique se rattache-t-elle à l’histoire de l’écriture ? Quel type d’innovation y introduit-elle ? Si c’est bien l’automatisation du calcul que l’informatique rend possible, en quoi cela a-t-il rapport à l’histoire de l’écriture ? C’est sans doute que l’écriture entretient autant de liens avec les langues qu’avec les nombres… C’est à ces questions que nous nous attacherons à répondre.

Intervenant : Jean Lassègue est né en 1962 à Paris. Philosophe et épistémologue, il est chercheur au CNRS (Institut Marcel Mauss-EHESS), où il enseigne.

Prochaines dates du cycle :

  • Le mardi 18 avril 2017 à 10h30 : Bertrand Bergier – Sans mobile apparent
  • Le mercredi 24 mai 2017 : Salon des alternatives numériques
  • Le lundi 19 juin 2017 à 14h00 : Miguel Benasayag – Cerveau augmenté, humain diminué

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Cycle organisé au PointCulture Bruxelles, en partenariat avec : PACCesepCentre LibrexGsaraAction Ciné Média JeunesConcertation des centres Culturels bruxellois, La Revue NouvelleArts & Publics

Colloque – Quelle Capitale européenne de la Culture pour quel projet culturel et démocratique européen ?

Vendredi 28 avril de 9H à 17H30 à Mons

Pour poursuivre le débat initié dans le dossier du Journal de Culture & Démocratie n°43 – « Ce que sèment les Capitales européennes de la Culture », Culture & Démocratie vous invite le vendredi 28 avril à Mons pour une journée d’étude intitulée « Quelle Capitale européenne de la Culture pour quel projet culturel et démocratique européen ? ».

Chercheurs, sociologues et acteurs de terrains travailleront cette thématique au fil des trois modules qui composeront la journée.

Nous vous communiquerons le programme détaillé ainsi que les modalités d’inscription très prochainement !

 

Dernières nouvelles

Culture & Démocratie – Perspectives 2017

Culture & Démocratie vous proposera toujours en 2017 cinq Lettres d’information sur la vie de l’association et les actualités de ses membres. Nouvelle formule, il y aura à partir de cette année non plus quatre mais trois Journaux et un numéro hors-série de la revue Archipels. Également prévu cette année, le Cahier 07 de Culture & Démocratie reprendra les actes de la journée d’études organisée à Mons sur les Capitales européennes de la Culture et le projet démocratique européen. Le prochain Neuf essentiels sera quant à lui consacré à la thématique culture et communs. Afin de mettre en valeur ces productions, le fonds documentaire de Culture & Démocratie bénéficiera d’un nouvel espace d’accueil partagé avec SMartBe, devenant un véritable centre de documentation lumineux et convivial, alimenté avec soin.

Outre ces publications, les nombreux chantiers entrepris par les commisions de Culture & Démocratie se poursuivront cette année encore : 

- La commission Culture et prison, avec l’asbl Réseau Art et prison, organisera début 2018, une journée de rencontres et de débats.

- La commission Art et santé travaillera sur l'élaboration d'un Neuf essentiels qui paraîtra en 2018.

- La commission Culture et enseignement poursuivra sa collaboration avec le master FOPA (science de l’éducation) à Louvain–La-Neuve et s’associera également au projet européen Move It Kanal piloté par Lasso vzw et la Erasmus hogheschool.

- Le groupe de travail Droits à la culture poursuivra en 2017 sa mue en une plateforme informelle d’observation, en Fédération Wallonie-Bruxelles de l’effectivité des droits culturels et spécifiquement du droit de participer à la vie culturelle.

- Sur la thématique Culture et travail social, et spécifiquement sur la question Culture, Travail social et Droits culturels, plusieurs membres de Culture & Démocratie interviendront en Auvergne en mars et en novembre 2017. Une publication commune avec le Conseil départemental du Puy-de-Dôme devrait voir le jour. 

- Un nouveau groupe de travail – Culture et territoires – se constitue au sein de Culture & Démocratie. Le premier chantier de ce dernier sera la conception, avec le comité de rédaction du Journal de Culture & Démocratie, du dossier du numéro 45, consacré à la question des friches et de leur occupation par des artistes, des citoyens...

Nous ne manquerons pas de vous informer au fil des prochaines Lettres de la poursuite de ces différents chantiers ainsi que de l'agenda de parution de ces publications.

 

Drink du nouvel an du secteur culturel Bruxellois

Le 16 janvier dernier, le secteur culturel Bruxellois s'est de nouveau réuni pour l’incontournable drink du nouvel an organisé par le RAB/BKO, le conseil Bruxellois des musées et la concertation des centres culturels Bruxellois. Cette année l'événement s’est tenu à l'Ancienne Belgique.

À cette occasion, les ministres invités (Rudi Vervoort, Alda Greoli, Sven Gatz, Rachid Madrane et Pascal Smet) ont partagé leurs souhaits pour la culture pour l’année 2017. Celle-ci sera centrée sur l’importance du dialogue entres les diversités qu’abrite Bruxelles. En préambule, la complexité de cette tâche était mise en scène par des acteurs de la Koekelbergse Alliantie van Kustenaars qui, déguisés en sirènes, ont décrit avec humour les compromis et dialogues difficiles et parfois absurdes au sein du monde culturel bruxellois. Ainsi une place fut réservée à l’artiste, autre point important soulevé par les politiques. Alda Greoli a notamment exprimé sa détermination à créer un véritable statut d’artiste.

Parmi les autres projets présentés, Pascal Smet et Sven Gatz ont relevé la question de la communication de l’agenda culturel Bruxellois. Ils espèrent davantage développer visit.brussels et Agenda. En revanche la distribution du journal culturel BRUZZ au format papier est remise en question, soulevant la question de la place du numérique à l’avenir. Sven Gatz et Alda Greoli ont également souligné leur volonté d’encourager et de faciliter les échanges et la coordination entre associations culturelles Bruxelloises à travers l’accord Culture-Cultuur. « L’objectif est de simplifier la vie des acteurs culturels et des artistes » a souligné Alda Greoli. De leurs côtés, Rudi Vervoort et Rachid Madrane ont tous deux exprimé leur enthousiasme et leur confiance dans les nombreux atouts de Bruxelles en tant que ville au rayonnement « mondial ». Rudy Vervoort a par ailleurs confirmé la candidature de Bruxelles au titre de Capitale européenne de la Culture 2030. Une occasion, selon lui, pour la capitale mais aussi le pays, de faire travailler les deux communautés sur un projet commun à l’heure du bicentenaire de la Belgique. Celui-ci pourrait prendre forme par une collaboration entre Bruxelles et deux autres villes choisies au sud et au nord du pays. La diffusion audio des vœux de Bruxellois a finalement clôturé la soirée sur une note d’espoir et de solidarité.

Internet – Entre construction des communs et machine à rumeurs – Compte-rendu de la conférence d’Hervé Le Crosnier du 21/02 au PointCulture Bruxelles

Par Béatrice Minh – Chargée de projets de Culture & Démocratie

Le 21 février dernier, Hervé Le Crosnier (Université de Caen) intervenait à PointCulture Bruxelles dans le cadre du cycle numérique pour nous parler d’Internet et des communs. La thématique proposée trouvait un écho bien actuel pour nous qui travaillons dans le secteur socioculturel – comment parvenir à s’approprier la théorie des communs en tant qu’association ? Comment œuvrer pour sa mise en pratique et insuffler d’autres manières de faire et d’être ensemble ?

Mais qu’est-ce donc que ce commun ? Comment le définir ? Hervé Le Crosnier nous précise quatre caractéristiques fondamentales : commun signifie qu’il y a ressource en partage soit via un cercle restreint, ou bien largement ouvert ; l’existence de ce commun est menacé par des risques d’enclosure, c’est-à-dire toute action qui réduit l’accès à ce commun, voire en empêcherait totalement l’accès ; sans communauté, le commun n’existe pas car celui-ci représente l’ensemble de l’activité construite par une communauté autour d’une ressource ; le commun est basé sur un faisceau de droits déterminant ce que l’on a le droit de faire (ou non).

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Réflexions autour du Big Data

NoodleBrain, la nouvelle création de la cie Arts Nomades, est un dispositif artistique en espace publique qui interroge notre intimité et notre relation aux réseaux sociaux. Que reste t'il de notre vie privée ? Certains vont jusqu'à dire qu'elle n'existe plus. Pouvons-nous encore décider par nous-même ? Les algorithmes nous gouvernent-ils jusqu'au cœur de notre intimité ? 

Les membres de la cie Arts Nomades partagent ici quelques-unes des réflexions développées au cours de ce travail. Parmi elles une petite définition du mot NoodleBrain. 

 

NoodleBrain

In « Lexique Arts Nomades des définitions utiles et nécessaires »

Page encore à déterminer, l’ouvrage étant loin d’être complet.

Littéralement, Cerveau de Nouilles

Cerveau : Outil garnissant l’intérieur de la boite crânienne et pouvant de temps à autre servir à former une pensée critique, voire même à l’expression de ladite pensée. 

Nouille : Se dit du propriétaire du même cerveau lorsque celui-ci oublie de s’en servir dans la fonction décrite plus haut.

Langage courant : « quelle nouille celui-là ! » Il est amusant de constater que celui qui qualifie un autre de nouille est rarement lui-même une nouille tant sa capacité à l’observation est grande (à noter malgré tout qu’on est souvent la nouille d’un autre).

Cerveau de nouille : 1. Cerveau appartenant à une nouille (voir plus haut), 2. cerveau ayant passé trop de temps dans une casserole d’eau portée très lentement à haute température ; Se référer à l’expérience des gre’nouilles[1] menée par Simson & Bart (NoodleBrain Institute for Disconnected Technology).

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[1]     Pour ceux qui souhaiteraient reproduire l’expérience de Simson & Bart : plongez une grenouille dans un bol d’eau très chaude : elle en ressortira tout de suite. Plongez la même grenouille (ou une autre, si la première s’est fait la malle tant elle sentait en vous le danger qu’elle avait à vous fréquenter plus longtemps) dans un bol d’eau fraîche (que vous pourrez garnir d’un nénuphar si vous êtes esthète) et portez lentement à ébullition. La grenouille s’y sentira toujours à l’aise mais finira par mourir ébouillantée sans s’en rendre compte. Vous serez aussi sadique dans un cas comme dans l’autre, mais la grenouille n’en aura pas conscience dans la deuxième expérience. On peut même, avec un peu d’habilité, faire croire à la deuxième grenouille que si elle meurt, c’est pour son bien.

Publication

Le Journal de Culture & Démocratie n°43 – Ce que sèment les Capitales européennes de la Culture

Le dossier du Journal de Culture & Démocratie n°43 porte un regard critique sur l’expérience des Capitales européennes de la Culture (CEC) et questionne ce que celles-ci ont pu apporter en termes de culture(s), de démocratie et de démocratie culturelle.

« Les contributions réunies ici scrutent les enjeux avoués ou non, le processus, les logiques dominantes, les réussites – il y en eut – et les rendez-vous manqués du label “Capitale européenne de la Culture”. En raison de sa proximité temporelle et géographique, Mons 2015 constitue le cas concret sur lequel nous nous sommes penchés en deuxième partie de dossier. Enquêtes de terrain dans les lieux qui nous importent – écoles, universités, hôpitaux, centres sociaux, prisons – et analyses se partagent l’espace du journal pour dresser un tableau rigoureux et vigoureux de cette entreprise politico-économico-culturelle. 

En parallèle, nos contributeurs dressent aussi les contours de ce que pourrait être une autre Capitale européenne de la Culture. Il y est question de processus démocratique, de conception partagée et de modalités nouvelles par lesquelles les capitales culturelles à venir peuvent transcender le modèle actuel. »

Les textes de ce Journal sont accompagnés de dessins de l’artiste montois Warvin.

 

Commander ou télécharger le Journal de Culture & Démocratie n°43

Coups de cœur

Plaidoyer pour la recherche

Au début de ce mois de février, l’Université catholique de Louvain a remis la distinction Honoris Causa au mathématicien et généticien américain Éric Lander, à Cindy Lee Van Dover, spécialiste américaine des grandes profondeurs et des écosystèmes méconnus et menacés et à l'historien indien Sanjay Subrahmanyam qui a développé et popularisé le concept d'histoire globale ou d’histoire connectée. Cette séance s’est transformée en plaidoyer pour la recherche. Les intervenants et les personnalités primées se sont alarmés des menaces qui pèsent sur celle-ci dans de nombreux pays. Le travail des chercheurs y est mis à mal par la contestation de leurs résultats, l’orientation et l’interruption des financements selon les sujets traités, les obstacles mis aux collaborations internationales voire même pire, leur éviction ou leur arrestation.

Le savoir est culture et la culture est savoir. C’est pourquoi nous nous associons pleinement aux inquiétudes exprimées et aux actions menées par les centres de recherche et les universités à travers le monde. Une journée internationale de la recherche aura lieu en avril prochain. Partie des États-Unis en raison des hypothèques que Donald Trump fait peser sur les budgets scientifiques et leur destination, elle sera organisée dans un nombre important de pays. Nous ne manquerons pas de vous la rappeler.

Sabine de Ville

 

Un œil, une histoire. 9 films 9 historiens de l’art

Par Pierre Hemptinne – directeur de la médiation culturelle à PointCulture

Une série conçue et réalisée par Marianne Alphant et Pascale Bouhénic, Zadig Productions 2015.

Nous regardons sans cesse des images d’art. Elles façonnent notre sensibilité. Les historiens d’art, eux, ont transformé en métier l’étude de ce que nous apprend l’art sur la vie. Voici un formidable coffret de 3 DVD, 9 films sur 9 historiens d’art. Ils nous parlent de ce qu’ils voient. Et nous ?

Ils et elles sont assises et alignent des images. Les ramassent, les mélangent comme un jeu de cartes. Elles étalent à nouveau les figures comme pour commencer une réussite. Ils les changent de position, les regroupent par deux, par trois, essaient diverses combinaisons, tantôt hésitantes, tantôt sans bavure. Ils les regardent surgir comme pour la première fois alors que ce sont eux qui les ont choisies, et ils/elles vivent avec ces images en tête depuis des années, elles viennent du plus profond de leur histoire. Bien qu’elles appartiennent à tout le monde, au domaine public et se présentent sous la forme de carte postale dont tout le monde peut faire l’acquisition, là, elles ont quelque chose de presque trop intime, de la même chair que ces mains et ces yeux qui les manipulent et les scrutent. Et l’on pourrait être gêné d’être témoin de cela, sous l’œil de la caméra. Chacun peut reconnaître certaines de ces images, de manière très précise, en avoir des souvenirs très personnels. D’autres, moins connues, évoqueront inévitablement des images similaires, apparentées. Finalement, elles nous regardent. Elles proviennent d’un imaginaire partagé, public. C’est pour cela que lorsque ces personnes parlent de la fabrication des images et de ce fabriquent les images, en exhibant ces quelques échantillons fétiches, ça nous concerne de si près. Nous participons aussi à ces jeux de construction.

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Labyrinthe-fétiches

Une exposition de Toma Muteba Luntumbue qui s’est tenue du 7 janvier au 26 février à l’espace Rosa Parks à la Cité Miroir Sauvenière à Liège.

Dans un lieu étrange, une piscine transformée en salle d’exposition, Toma Muteba Luntumbue nous propose, à sa manière « artistique, critique et contestataire »[1], une présentation perturbée et perturbante de pièces émanant des collections africaines de l’Université de Liège. Qu’essaie-t-il de nous dire, de nous faire voir en disposant autour de la piscine une armoire, des vitrines, des socles et des étagères avec dedans ou dessus des objets entassés ou rangés, étalés ou dressés dont « l’africanité » reste évasive, indéfinie ? Assurément, il intrigue le spectateur et la spectatrice qui parcourent l’exposition tout en tentant d’y voir clair (y a-t-il un début, une fin ?).

En réalité, le parcours est labyrinthique comme le suggère le titre de l’exposition : on s’y perd. Quant à s’y retrouver, il faut se poser des questions donc réfléchir. Pour nous aider, ici ou là une mince clef comme le mot « classer » écrit phonétiquement sur un carton au-dessous des vitrines. Petit à petit, on s’acclimate puis à condition de s’intéresser plus à la mise en scène qu’aux artefacts proprement dits, on finit par comprendre que l’artiste a condensé dans cet espace divers modes de monstration d’objets africains.

L’armoire aux « fétiches » et aux poteries évoque les cabinets de curiosité des XVIIe et XVIIIe siècles, ces lieux de stockage d’objets exotiques et fascinants ; les vitrines nous renvoient au classement des objets quotidiens et rituels de groupes humains particuliers dans les musées ethnographiques des XIXe et XXe siècles ; puis les socles qui accueillent les chefs d’œuvre quand, au XXe siècle, la logique taxinomique cède le pas à une logique esthétisante et que les pièces désormais élevées au rang d’objets d’art acquièrent une aura.

À chaque fois, Toma Muteba Luntumbue intervient pour nous dérouter : dans le cabinet de curiosité par exemple, le simple fait d’y déposer le livre du Dr Habig fait remonter à la surface tous les présupposés racistes des « scientifiques » ; dans les vitrines anciennes ou plus modernes, en dépit du mot affiché phonétiquement, l’artiste ne classe pas les objets « scientifiquement », d’ailleurs aucun cartouche ne nous précise le lieu d’origine de la pièce, la date de sa fabrication, ni son usage. Ainsi décontextualisés, les objets ont perdu toute identité culturelle, toute appartenance spécifique. Ils constituent une sorte d’ensemble chaotique que le regard colonial symbolisé par des mots défilant au-dessus des vitrines avait unifié sous les termes « nègre, sauvage, primitif, noir, premier, exotique etc. » mais auquel l’artiste donne une vie nouvelle en jouant, écrivant ou dessinant avec eux.

Rien d’étonnant alors que Toma Muteba Luntumbue finisse par « déclasser » quand sur d’étincelantes étagères d’aluminium, il juxtapose ses artefacts à lui : ses statuettes et masques comme autant de clins d’œil irrévérencieux qui moquent l’esthétisation des artefacts africains ; ses ready made, insolites et dérangeants (bouteilles de thermos) qui déconstruisent les mises en scène théâtrales et les hiérarchies esthétiques des musées.

C’est drôle, on rit mais ça grince aussi car à côté de ces objets pseudo-usuels et rituels, de petits écrans vidéo nous montrent des personnages décalqués par l’artiste mais que nous reconnaissons immédiatement pour les avoir vus sur la Toile en train de saccager les objets d’art les plus sacrés du patrimoine mondial de l’humanité. Des vandales des trésors archéologiques, l’artiste ne garde que le contour comme il se contente de découper dans le bois une forme de « fétiche » ou de tordre un fil de fer pour en tracer la silhouette. Il reste des icônes, des « images d’images » dit l’artiste. De là les questions : qu’est-ce qui a été détruit et que nous
dit la barbarie de Daesch de notre propre barbarie ?

Nadine Plateau

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[1] « L’exposition comme lieu d’activisme. Conversation avec Toma Muteba Luntumbue », in Labyrinthe-Fétiches, La cité Miroir, 2017, Liège (catalogue d’exposition), p.75.

Où il est question du Borinage : LaToya Ruby Frazier au MAC’s

L’exposition se poursuit jusqu’au 21 mai 2017 au MAC’s, Site du Grand-Hornu, rue Sainte-Louise, 82, 7031 Hornu (près de Mons). T. : 065 65 21 21 accueil.site@grand-hornu.be 

 

LaToya Ruby Frazier – « Les Mains de Maria C. tenant la photographie de son père dans ses vêtements de mineur », Cuesmes, Borinage, 11 octobre 2016.

Il faut absolument voir les nouvelles expositions du MAC’s ! On connaît évidemment Lewis Baltz, un des artistes annoncés, et des plus célèbres. Et il n’y a là ni surprise, ni déception. Ses images documentaires sont parfaites, neutres, plutôt froides. Très colorées en l’occurrence, elles mettent en évidence une impressionnante collection d’outils industriels, de ces machines qui remplacent les hommes...

La surprise – et mon coup de cœur ! – concerne l’autre artiste invitée, Latoya Ruby Frazier, à la fois pour ce qu’elle vient de réaliser au cœur du Borinage dans le cadre d’une résidence proposée par le MAC’s que pour les sujets qui lui sont plus familiers, sa famille, sa ville natale, les luttes sociales ! L’exposition s’ouvre en effet avec des images où elle se met en scène brandissant des drapeaux illustrés de documents sortis des archives de la Library of Congress : migrants à Ellis Island, expulsions, manifestations ! Vient alors la (vraie) première salle où, en images purement documentaires, très nettes, voire cruellement détaillées, elle parle de sa famille. Le paysage social, ça commence autour de soi. C’est la cuisine, le salon, la chambre, les objets, les visages de sa maman, de sa grand-mère, le sien, parfois. C’est un autoportrait en grand ! Son ouvrage sur ce thème, The Notion of Family, a d’ailleurs été primé aux États-Unis. 

LaToya Ruby Frazier explore avec empathie la vie des gens ordinaires, dans une ville très ordinaire de la Rust Belt, la ceinture de rouille... Braddock, un faubourg ouvrier de Pittsburgh, était encore une grande ville il y a quelques années. Le haut-lieu d’une sidérurgie performante. Une grande crise plus tard – celle qui (ça avait commencé sous l’ère Reagan) l’a détruite – elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. La région a perdu les trois-quarts de ses habitants. Pour ceux qui restent, il y a le chômage, qui progresse. Enfin, et alors que le travail lourd et la pollution ont altéré la santé de la population, la décision brutale de fermer l’hôpital, sacrifié sur l’autel de la rentabilité, a été le coup de grâce. La Campaign for Braddock Hospital a été une longue révolte, dure, déterminée, désespérée. Elle en était.

LaToya Ruby Frazier a commencé à photographier à l’âge de 16 ans. C’est une artiste qui se définit comme socialement engagée. Avec une vision claire de ce qu’est la politique aux USA, elle dédie sa carrière à l’exploration des notions de pouvoir, de justice, d’injustice. Il s’agit pour elle de combattre l’oppression, les attitudes et les propos asociaux, racistes, sexistes. Une position évidemment liée à sa vie personnelle, celle d’une femme, african-american...

L’an dernier, répondant à l’invitation de Denis Gielen, directeur du MAC’s, elle accepte d’y mener une résidence et s’engage aussitôt dans la découverte du Borinage, une région qui, elle aussi, a vécu une importante désindustrialisation. Ruby a très vite compris l’histoire du Borinage et de ses charbonnages. Elle a multiplié les échanges avec les anciens mineurs ou leurs proches. Elle est allée de maison en maison, découvrant les portraits de parents disparus, les objets et documents soigneusement conservés. Elle a collecté de nombreux témoignages – récits poignants et anecdotes drôles – en même temps qu’elle menait son travail photographique. Après trois semaines d’une résidence intense, elle s’est sentie chez elle et les rues, les maisons, les gens, n’avaient plus de secrets. Le caractère des Borains y est pour beaucoup.  L’accueil était chaleureux. C’était réciproque.

Elle a également réalisé, depuis un hélicoptère, des images aériennes d’une grande précision. Le Borinage vu du haut est plutôt surprenant et LaToya Ruby Frazier en a donné une vision significative. Un bel éclairage à propos d’une région où l’habitat ouvrier, le paysage rural, les friches industrielles, les terrils désormais boisés – Et des terrils, un arbre s’élèvera est le titre de l’exposition – se mêlent inextricablement… Il vous reste à voir cette exposition où se côtoient des tirages classiques somptueux et ceux qui ont été transposés en phototypie par les soins de l’atelier du lithographe Bruno Robbe. Exposition à lire aussi car Ruby a tenu à ce qu’apparaissent de nombreux témoignages, ceux que les mineurs ou leurs descendants lui ont confié. On n’en sort pas indemne.

Georges Vercheval

 

Latoya Ruby Frazier (née à Braddock, Pennsylvania, 1982), lauréate d’un MacArthur Fellowship en 2015 et de la Gordon Parks Foundation en 2016, est particulièrement reconnue aux États-Unis et en France. Elle s’est trouvée aux cimaises du MoMa, du Whitney Museum, du Brooklyn Museum, du New Museum of New York, du Carré des Arts à Nîmes, dans le Gard et a été publiée par le New York Times. Aux côtés de Sophie Calle, Cindy Sherman, Andreas Gurky et autres, elle apparaît notamment dans des ouvrages tels que Art Photography Now (Thames and Hudson).

La voix sensible

Documentaire français de Christelle Véron (2015). 52 minutes.

Ce très beau film réalisé par Christelle Véron et que l’on peut voir sur le site 9docu.com illustre l’accompagnement par le chant des prématurés hospitalisés dans le service néonatal de l’hôpital de Pau, en France. Toute l’équipe néonatale de ce service dirigé par le Docteur T. Mansir se forme au chant depuis 2009, et ce par l’intermédiaire du GAM (le Groupe d’action musicale de Pau). Depuis lors, avec l’accord des parents, le personnel soignant accompagne par une enveloppe musicale les prématurés admis dans ce service.

L’équipe du GAM a constitué avec les soignants un répertoire de berceuses, de comptines, de chansons diverses, en différentes langues et les propose aux parents et à l’enfant. Dans les services de néonatalogie les prématurés peuvent être submergés par des sons agressifs, sans sens pour eux, liés aux machines, au personnel, au travail et parfois difficiles à atténuer de façon satisfaisante. Le chant permet d’entourer ces enfants, nés avec des cerveaux immatures, de « sons à sens » qui feront relais avec les sons entendus au cours de la vie fœtale à une période, celle qui correspond au 3ème trimestre de la grossesse, très critique pour le développement cérébral.

L’académie américaine de pédiatrie recommande depuis 2013 de faire entendre de la musique dans les services de néonatalogie et différentes études scientifiques en montrent les bienfaits tant sur les parents que sur les enfants. En Belgique et en France peu de services néonatals intègrent actuellement le chant et/ou la musique dans les soins.

En Belgique, l’équipe néonatale de l’hôpital Erasme à Bruxelles a formé un groupe d’infirmières dites « infirmières chantantes » avec la collaboration de deux musiciens de l'asbl le Pont des Arts. Trois fois par mois, 3 à 4 personnes de ce groupe proposent de chanter quelques-unes des chansons choisies par les parents dans leur répertoire. Les réactions sont diverses, tant au niveau des bébés qu’au niveau des parents : écoute, sourires, apaisement, endormissement pour les bébés et émotion, larmes, assoupissement, bien-être pour les parents et parfois participation active. Il est important de toujours veiller au bien-être de l’enfant et de ses parents pendant le chant.

Il semble bien que cela amène du réconfort aux parents, diminue leur anxiété et rende plus humain l’environnement médical dans lequel ils séjournent parfois pendant de longues semaines. Ceci encouragera peut-être aussi les parents à chanter berceuses et comptines de leur enfance, dans le service et lors du retour à domicile, et à laisser échapper par la voix les émotions contenues à grand peine et qu’il est bon de laisser s’exprimer…

Anne Pardou, néonatalogiste

L’hôpital des communs

Par Pierre Hemptinne – directeur de la médiation culturelle à PointCulture

L’électoralisme et le populisme actionnent sans vergogne depuis des décennies les problématiques de « sécurité » qui conduisent à des politiques de méfiance et rejet de l’autre. En tout cas qui contribuent à façonner une société inhospitalière. En parallèle, les lois du travail, intégrant de plus en plus le management néolibéral du chacun pour soi, accentuent l’esprit de compétition, de concurrence. Tout ça pour une société dominée par des images d’inégalité et de violence à l’égard des réfugiés, des fragilisés. Et puis, dans ce flux de tensions, vous entrez sur le site « Les Grands Voisins » (à Paris, près de Denfert). Et soudain vous sentez dans un environnement agréable, détendu, baigné de tolérance et d’intelligence collective. C’est un espace immense, plus de trois hectares, autour d’un ancien hôpital désaffecté en 2012. Sa gestion temporaire en a été confiée à trois associations : Aurore, soutien aux personnes en situation de précarité ; Plateau Urbain qui propose de redonner vie à des immeubles abandonnés en privilégiant l’associatif, le culturel et le solidaire ; Yes We Camp, association qui travaille sur le mobilier et la notion d’habiter, étudiant des designs adaptés aux fonctions militantes et temporaires. C’est une véritable âme de village utopique qui se met en place. Avec de l’hébergement de citoyens précaires, des services comme des crèches et une recyclerie, des cours de couture, une ruche didactique, de l’économie sociale, des ateliers pour artistes, une cinquantaine d’associations et entreprises toutes orientées « fabrication de communs », des potagers collectifs, des espaces conviviaux dans la rue, une buvette avec restauration, des galeries d’art…

Au cœur de cet espace urbain de revitalisation, il y a la galerie Ygrec Ensapc qui expose exclusivement les travaux des élèves et professeurs de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Formidable qu’existe une telle vitrine pour ces jeunes artistes et qu’elle permette à ceux-ci d’interagir avec un tel espace où se repense un monde complètement hospitalier. Actuellement, Ygrec présente une exposition intitulée Haunted by Algorithms ou quand l’art plastique multiforme s’empare des algorithmes et de leurs flux d’informations, rationnels ou non, qui nous traversent et nous façonnent. Ce travail sur cette immanence technologique est exploité pour ouvrir d’autres formes de relations au monde.

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Lina Kusaite et le projet « Plant Kingdom »

D’origine lithuanienne, Lina Kusaite vit et travaille à Bruxelles. Elle se présente comme une « éco-artiste », et de fait, son travail de création et d’illustration est fortement influencé par sa réflexion sur la relation homme/nature. L’illustration « She Tree », en en-tête de cette Lettre n°86, fait partie d’un ensemble d’images qui accompagneront les textes du Journal de Culture & Démocratie n°44 dont le dossier sera consacré au thème Nature/Culture. Mais l’intérêt de Lina Kusaite pour la nature et les écosystèmes ne se limite pas à son travail d’illustratrice : engagée sur les questions écologiques et environnementales, elle organise aussi des ateliers et a notamment initié le projet Plant Kingdom qui existe depuis 2012.

Au départ de cette idée, le constat que le fossé entre l’humain et le « monde de la nature » s’est creusé à l’excès et que la plupart des solutions les plus accessibles à nous se jouent au niveau des pratiques locales, qu’elles soient individuelles ou collectives. Convaincue, notamment, que les enfants qui grandissent dans un environnement urbain à la population très dense ont de plus en plus de mal à établir et maintenir un lien avec le monde végétal dans leur quotidien, Lina Kusaite a imaginé « Plant Kingdom », une série d’ateliers en anglais et en néerlandais s’adressant à la fois aux enfants, à leurs parents et à leurs enseignants avec pour objectif de les sensibiliser à l’équilibre entre la flore locale, les écosystèmes et l’environnement urbain, et aboutissant à la construction d’un jardin de plantes comestibles locales. Ce travail de création collective donne l’opportunité aux participants de promouvoir et de cultiver, par le jeu mais pas seulement, des pratiques de changement social en milieu urbain tout en faisant appel à une grande diversité de ressources : scientifiques, mathématiques, artistiques, savoir-faire pratique...

Les ateliers s’appuyaient au départ sur le PlantKingdom ToolBook, mais avec l’évolution du projet, soutenu aujourd’hui par plusieurs partenaires (le collectif PUM, la VGC, MUS-E Belgium, la Brede School, la bibliothèque et la commune de Molenbeek, Nadine vzw), celui-ci s’est transformé en une « Plant Kingdom ToolBox », une boîte à outils élaborée sur base des expériences d’ateliers déjà menées. Encore un work in progress, la Plant Kingdom Toolbox se veut accessible à un public plus large, de tout âge et de toute culture, et non plus seulement un support aux ateliers. Au terme des étapes de brainstorming, recherche et tests, puis de création visuelle/design, un prototype de la PlantKingdom Toolbox sera présenté fin 2017 lors d’une exposition publique qui mettra aussi en lumière le processus de recherche. Véritable objet artistique en soi, elle comprendra des livrets illustrés par Lina Kusaite reprenant des informations/instructions visuelles et symboliques sur les plantes comestibles et leur mode de culture, notamment en milieu urbain, des jeux de cartes, différentes graines à semer mais aussi des posters. Une initiative à suivre !

Hélène Hiessler

> Plus d’infos : http://www.cocooncharacters.com/projects/plant-kingdom/plant-kingdom-toolbook

 

Contact : linakusaite@gmail.com

Pour être tenu au courant de la suite du projet, vous pouvez aussi suivre Lina Kusaite sur Facebook : https://www.facebook.com/lina.kusaite

Coups de griffes

Soulèvements (un coup au cœur)

La critique fut unanime pour acclamer cette exposition dont le seul nom m’avait fait rêver. Quelle vision nouvelle sur le thème « art et politique » proposerait le curateur dont j’avais adoré Survivance des lucioles pour la sensibilité qu’il y témoignait à la résistance y compris dans des conditions extrêmes comme celle de la perte de sens ? Mon attention passionnée s’est peu à peu transformée en interrogation puis en irritation quand passant d’une salle à l’autre et m’émerveillant des documents et œuvres d’art exposés, quelque chose me sembla manquer. Oui des images de grèves de femmes, oui des combattantes de la guerre d’Espagne mais du féminisme, seules des caricatures de Daumier… Pourquoi, pour reprendre les termes de Butler à propos du soulèvement, Didi-Huberman n’a-t-il pas perçu dans le féminisme « une forme de résistance ponctuelle … une tentative de parvenir à l’émancipation »[1] ? Comment a-t-il pu ne pas intégrer des images du féminisme alors qu’elles existent et témoignent de soulèvements aussi socialement porteurs que bien des événements représentés dans l’exposition ? Il suffit de penser aux milliers de manifestations pour l’avortement dans les pays occidentaux des années 70. Cette absence fait de lui l’héritier non critique de l’antiféminisme historique qui a nié le mouvement social en dénigrant systématiquement toutes ses manifestations et en ignorant sa portée contestatrice. Dans soulèvements, le féminisme reste donc non pensé et les messages envoyés par les femmes engagées dans les actes ou les mots inconnus à l’adresse. Dommage !

Nadine Plateau

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[1] Judith Butler, « Soulèvement », in Georges Didi-Huberman, Soulèvements, Gallimard Jeu de Paume, 2016, p. 30 (catalogue d’exposition).

Lever le secret professionnel, l’avis d’une « démocratie » manipulée

Par Sébatien Gratoir – membre de la commission Art et santé de Culture & Démocratie

©Krasnyi collective/Karim Brikci-Nigassa

Une proposition de loi de la N-VA, soutenue par tous les membres de la majorité au Parlement Fédéral et même par un parti de l’opposition, devait être votée ce jeudi 16 février mais la discussion a finalement été reportée pour cause de renvoi devant le Conseil d’État. Une proposition qui fait débat mais avec une opinion publique largement sous et mal informée, créant une « démocratie » manipulée. Les travailleurs de la sécurité sociale devront, par cette loi, dénoncer passivement (si le procureur du Roi exige une information et pas juste le Parquet comme avant) ou activement des personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme via des « indices sérieux ». Si l’on s’arrête là, sans doute que la majorité des lecteurs de ce « coup de griffe », comme de nombreuses personnes, seront d’accord, trouveront que les députés agissent vraiment avec bon sens. Il sera peut-être facile de juger que les personnes ayant manifesté jeudi, plusieurs centaines, ne sont que des travailleurs sociaux « militants » qui protègent juste leur « corporation » sans aucune considération pour la sécurité.

Stop. Le contexte. D’une part, une petite histoire. 2014 (donc avant les attentats de Paris et Bruxelles), voici un nouveau gouvernement qui annonce qu’il va aller encore plus loin que les précédents dans les politiques sociales désastreuses en s’attaquant au secret professionnel (SP) concernant surtout les « fraudeurs sociaux ». 2015, les attentats. Dois-je vraiment partager l’avis collectif des travailleurs sociaux condamnant ces actes ? 2016, la N-VA, profitant de cette occasion, dépose en commission une proposition de loi attaquant ce SP sur la fraude sociale ET les personnes liées au terrorisme. Un travailleur social peut avoir jusqu’à 1.0000 euros d’amende s’il ne coopère pas. La même année, les fédérations de CPAS réagissent et le Conseil d’État renvoie plusieurs remarques très négatives dont le flou sur les délits concernés. La « fraude sociale » (que je ne condamne pas personnellement vu sa proportion minime et relevant plutôt du « bricolage de survie »), disparaît du texte. Le ministre de l’Intégration Sociale, lui, persiste sur le fait qu’il faut continuer à dénoncer tous les délits (ce qui se fait déjà illégalement dans certains CPAS). Quels éléments tangibles ont-ils alors trouvés pour soutenir une loi uniquement centrée sur les faits de terrorisme ? Ils ont cherché dans les vieux dossiers et en ont trouvé deux (c’est le nombre qui a été donné en commission parlementaire !). Celui d’un terroriste et un autre de la famille d’un terroriste dont le CPAS (pas un travailleur social, mais bien l’institution, présidée par un membre d’un parti de l’opposition, étrange !) a en effet refusé de donner des informations administratives (allocations, …) sous couvert du SP. Cela aurait pu empêcher un attentat ? Sincèrement, je suis certain que non. Conclusion de l’histoire, un secret professionnel détruit au bazooka.

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Des formes d'art inaccessibles ?

Par Raphaëlle Goffaux

C’est difficile pour moi de parler d’art ou plutôt de l’Art. De la même manière que l’Histoire avec un grand H fait encore trop souvent l’économie de la petite histoire, c’est délicat de parler de l’art, celui de l’histoire de l’Art, sans amputer la création d’une part de sa diversité.

Au-delà des catégories hiérarchiques (les Beaux-arts et les autres) ou « techniques », il y a une multitude de ce que j’appellerais des démarches. Ces démarches artistiques s’ancrent dans une époque et sont plus ou moins marquées par l’Histoire et certainement par la petite histoire, celle de l’artiste…

Un jour, un petit garçon qui était allé visiter une exposition d’art conceptuel m’a raconté l’expérience avec une révolte telle que ça m’a interrogée. Me décrivant le travail d’un artiste dont il n’avait pas retenu le nom (et dont je découvrirai plus tard qu’il s’agissait d’Edith Dekyndt), il m’annonça que c’était de l’arnaque de considérer des tapis remplis de pourriture comme étant de l’art, sans parler de cette table sur laquelle était posée une pomme… Quand j’essayai d’ouvrir le champ des possibles en lui disant que l’homme avait beaucoup peint, sculpté et dessiné durant des siècles et qu’aujourd’hui, à la suite de ces peintres, sculpteurs et dessinateurs, montrer ses idées en les exposant, c’était aussi de l’art, il répondit à ma tentative d’ouverture du débat en sortant frénétiquement de son cartable tout ce qu’il y trouvait et en déclarant, énervé, « voilà, ça, c’est de l’art ! »... J’ai pensé un instant à ce qu’avait dû provoquer la Fontaine de Duchamp la première fois qu’elle fut montrée au public. Une chose était certaine concernant ce garçon, c’était trop tôt pour lui d’aborder sereinement ou joyeusement l’art conceptuel, il fallait y aller plus progressivement, il fallait qu’il chemine seul ou accompagné avec bienveillance dans la découverte de cette diversité passionnante de démarches...

Ceci dit, je peux avancer que l’art qui questionne, joue, expérimente, agite a pour effet de me rendre un peu plus vivante. Il n’est pas tout ça à la fois mais il peut l’être. Il ne se donne pas toujours en une fois. Il implique une rencontre parfois. Je me lave la vue et la tête pour y arriver. Est-il pour autant « inaccessible » ? Manque-t-il d’ouverture ? Est-il pour les initiés ? Oui, parfois… Mais peut-être pas au sens où on l’entend…

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Quand la culture marchande…

Par Daniel Lhost – secrétaire Général du Forum Bruxellois de Lutte contre la Pauvreté

L’offre culturelle a explosé ! Juteuse, rentable, sous mille et mille facettes, elle propose. Suivant les goûts ou l’humeur du jour, chacun (ou presque) fait son marché… Dégainer le revolver pour estourbir la culture, non plus, mais bien pour braquer la carte bancaire du fan consommateur. Compulsif, il paiera l’outrance mercantile. Sa vitalité existentielle en dépend. Mais, « l’accès à la culture pour tous » qu’ils disent, « instaurer un dialogue de qualité, jouer les passeurs de mémoire et se nourrir ainsi de vitamines esthétiques » …, au fait avec et pour qui ? Voilà remise sur l’établi pour la sempiternelle fois, la question de l’accessibilité culturelle et citoyenne. Sans raison garder, son traitement inconsidéré équivaudra à réinventer l’eau chaude au risque d’encore se noyer dans la bouteille à encre.  

L’accès, une dimension à ce jour mondialement subjuguée par une économie en apparence « sauvée par la culture » se décline au gré des fluctuations des marchés. Rien de neuf sous les spots sinon un grand désordre dans lequel l’artiste d’abord entrepreneur « à l’ancienne » goûte les tendances avant de produire. Le spectateur, plus « visité » que visiteur interactif s’en retrouve ainsi enfourné dans une espèce de « géodésir » planétaire. La mise en perspective événementielle à vocation marchande induit la ségrégation des publics et le droit d’entrée alors que l’accessibilité devrait incomber à la collectivité tout entière en devoir aussi de réclamer des modèles de gouvernance socialement adaptés. Leur gestion ne devrait donc pas être captée par les « élites », les fondations, les collectionneurs-mécènes ou non. Rappelons-nous la mésaventure des Tournesols de V. Van Gogh qui aussitôt acheté(s), se retrouvèrent dans un coffre-fort au Japon… Mais plus encore, qu’en sera-t-il demain de la dématérialisation, de la numérisation de l’objet culturel, de la massification de son image au détriment d’une confrontation directe et authentique ? N’allons-nous pas vers une reconfiguration de la relation à l’œuvre dont l’impact deviendrait des plus indécis ? Une intime relation véhicule un « récit » autant culturel que mémoriel. Sont appréhendés ici toute la plasticité du principe patrimonial et son espace voulu insaisissable en métamorphose permanente. La gestion du patrimoine est par essence une des prérogatives de l’État. Ce bien commun témoigne du dit et du non-dit d’une mémoire collective dont sont trop souvent dépossédées des populations entières, décalées face à l’histoire, à leur histoire.

Il en va ainsi des États qui relèguent dans une amnésie marchande des pans entiers de lieux et d’aspirations, négation flagrante du droit d’exister. Le pillage depuis des lustres des cultures subsahariennes en est un exemple édifiant. Misère, corruption, mafia, « artnapping », falsification de documents et conflits ont conduit par exemple au pillage du musée national de Bagdad d’où 14.000 pièces ont disparu.

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Les bonnes pages

Il faut tuer TINA – 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde – Olivier Bonfond

Éditions du Cerisier, 2017, 528 pages

 « TINA ». There Is No Alternative: il n’y a pas d’alternative. 

La célèbre expression de Margaret Thatcher est tout sauf vraie. Des alternatives au capitalisme et à la pensée unique néolibérale existent. Elles sont construites par des femmes et des hommes qui, partout dans le monde, se dressent contre l’injustice, les inégalités, l’oppression. Beaucoup de ces alternatives sont simples, cohérentes et, avec un peu de volonté politique, pourraient être mises en œuvre dès aujourd’hui.

Prétendre que l’être humain est fondamentalement égoïste ou que le capitalisme est notre seul horizon revient à forger notre impuissance : en jetant le discrédit sur celles et ceux qui veulent changer le monde, taxés de rêveurs, d’utopistes, TINA nourrit le fatalisme, la passivité et la résignation. En effet, comment penser l’alternative et pourquoi agir si l’on part du principe que, de toute façon, « c’est foutu » et qu’on n’y pourra rien changer ?

C’est le point de départ et l’objectif de ce livre : proposer un outil accessible, pratique, concret et rigoureux pour rompre avec le fatalisme ambiant et montrer que, dans tous les domaines (finance, économie, éducation, culture, démocratie, agriculture, etc.), des alternatives crédibles à la mondialisation capitaliste sont à notre portée.

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Extrait

in « Décloisonner l'art et l'éducation / Développer l'éducation artistique » p.440

« Dès l'école primaire et tout au long de la vie, l'éducation devrait être nourrie “par un environnement artistique permanent (concerts pédagogiques, ateliers dans les musées, rencontre avec le spectacle vivant, débat avec les artistes)1”. Cette présence de l'art dans l'environnement éducatif est d'autant plus importante qu'elle influence de manière positive les capacités des apprenants dans les autres matières. Jean-Christophe Sellin nous dit en effet “[qu'] on peut apprendre (et mieux apprendre) à lire, écrire et compter avec des projets globaux. Par exemple, la production d'écrits trouvera davantage de sens individuel et collectif, dans un projet de spectacle théâtral 2”. Il est donc du devoir des pouvoirs publics de faire connaître, généraliser et intégrer dans le système éducatif les nombreuses expériences d'éducation artistique qui ont fait leurs preuves. Les cours d'arts plastiques, de spectacles et de productions audiovisuelles devraient être soutenus et dynamisés. Il faut bien sûr aller au-delà du milieu scolaire et soutenir toutes les initiatives favorisant l'envie de pratiquer l'art, comme par exemple les ateliers populaires de création dans les quartiers. »

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1 Sellin Jean-Christophe, Le capitalisme contre les arts et la culture, Graffic– Bruno Leprince, 2012.

Ibid.

Carnet de notes d’un prof à l’école

Les communs

Par Sébastien Marandon – professeur de français, membre de la commission Culture et enseignement de Culture & Démocratie

Qu’est-ce que la politique : partager un monde commun et faire brèche afin d’en inventer un nouveau ?

Des temps rythment nos communs ; des espaces organisent nos vies en séquences plus ou moins répétitives, plus ou moins improvisées qui s’agrègent en « Lieux » : des systèmes de coordonnées que nous investissons et partageons. « C’est seulement quand nous pouvons habiter que nous pouvons bâtir » dit Heidegger.

Voilà notre grande affaire, vivre ensemble et décliner ses modalités : s’abriter, se nourrir, se protéger, échanger, ouvrir ou enclore, accueillir ou s’affronter, agir.

Les jeunes se détournent-ils de la politique ? On se désole parfois de leur abstentionnisme. Mais leur laisse-t-on les places, les opportunités et la visibilité nécessaires ?

« La politique est la manière de s’occuper des affaires humaines qui se fonde sur la présupposition folle que n’importe qui est aussi intelligent que n’importe qui et qu’il y a toujours une autre chose à faire que celle qui est faite. »[1]

Insère-t-on nos nouvelles générations dans de véritables dispositifs activés par de réels enjeux afin qu’ils transforment nos communs ? Pour qu’ils puissent porter leurs parts des responsabilités passées et à venir, encore faut-il leur en donner l’occasion le plus tôt possible. Le consensus autour du retrait du politique de la jeunesse ne correspond pas à un désintérêt mais ce recul résulte peut-être d’une confiscation désabusée, d’une morgue d’une certaine catégorie du savoir qui oblitère tout surgissement, toute émergence de l’imprévu. Tout particulièrement si « consensus veut dire que les données et les solutions du problème sont telles, que tout le monde doit constater qu’il n’y a rien à discuter et que les gouvernements peuvent anticiper cette constatation qui, allant de soi, n’a même pas besoin d’être faite »[2]. Comment leur donner les moyens de travailler les temps et les espaces de demain ? 

Des 7èmes professionnels de l’Institut Sainte Marie en options sérigraphie, décoration et publicité ont travaillé pendant une semaine en résidence à BOZAR. Tine Van Goeten et Alberta Sessa leur ont ouvert l’accès à l’exposition A Feverish Era in Japanese Art. Expressionism in the 1950’s and 1960’s afin de proposer leurs regards, d’agir les corps et de transformer les espaces, le temps d’une soirée. Ils ont pu y réaliser une vingtaine de performances interactives et prendre soin d’un public nombreux dans des salles prestigieuses couvertes de tableaux précieux.

Pendant une semaine, ils ont arpenté d’autres temps. Ils se sont installés dans un autre lieu. Et si – perdre, produire, transformer, faire image et raconter des histoires – signifient travailler pour l’intérêt général, alors ces élèves, en se sentant responsables des visiteurs et des œuvres qui les entouraient, ont accompli un geste politique et démocratique, posé un acte courageux et citoyen.

Des élèves issus de toutes les cultures (belge, turque, portugaise, marocaine, italienne ou espagnole) se plongent dans l’histoire de la peinture abstraite japonaise et tentent de revisiter les formes artistiques de la performance et du happening : celles de Kaprow, de Fluxus et du Gutaï.

Cette semaine en résidence dans le « BOZARLAB » a fonctionné comme un condensateur et un grand collisionneur de familles, de valeurs, de langues et d’époques hétéroclites d’où ont émergé des trajectoires inattendues.

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L'agenda de nos membres

Expositions/Ateliers

Maskbook – Un masque engagé pour le climat

Dans le cadre de la thématique de saison Nature/Culture, PointCulture s’intéresse au rapport qu’entretient l’homme avec la planète et présente à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles le projet Maskbook de l’association Art of Change 21. L’objectif est de récolter de janvier à mars 2017 un maximum de portraits masqués de personnalités, d’artistes et de citoyens belges de tous âges !

Vous êtes curieux ? Faites le détour par le site de l’association où se retrouvent des milliers de portraits venant du monde entier ! Ce projet artistique, international et collaboratif est né lors de la Cop 21 à Paris et permet à chacun de partager son engagement et sa réflexion sur les enjeux que sont le climat, la santé et la pollution.

Pour participer, rien de plus simple. Vous créez ou customisez un masque à votre image avec des matériaux de récup’ ou des végétaux. On vous tire le portrait et il ne reste qu’à poster le cliché sur le site de PointCulture. Envie de créer un masque engagé et d’échanger avec d’autres sur l’impact des pollutions ? Des ateliers sont organisés aux PointCulture Louvain-la-Neuve, Namur et Charleroi.

Exposition

- PointCulture Bruxelles et PointCulture Liège en février

- PointCulture Charleroi en mars

 Ateliers « tout public » Maskbook

- PointCulture Charleroi : le 4 mars de 14h à 17h

- PointCulture Louvain-la-Neuve : le 15 mars de 14h à 17h

- PointCulture Namur : le 18 mars de 14h à 17h

 

Plus d’infos sur le site de PointCulture

 

Atelier photo en résidence animé par Alexandre Christiaens et Emmanuel De Meulemeester

Du 29 juillet au 05 août 2017.

Dans le cadre de la 8e Biennale de photographie en Condroz, intitulée « Rêver », organisée en août 2017 (www.biennaledephotographie.be – site en construction), le centre culturel de Marchin propose un atelier de photo en résidence du 29 juillet au 5 août, animé par Alexandre Christiaens (www.alexandrechristiaens.com) et Emmanuel De Meulemeester (www.realbook.org).

Alexandre Christiaens vous accompagnera sur les chemins et les hors champs de la photographie. Emmanuel De Meulemeester vous aidera dans la conception et le façonnage d’un livre d’auteur, le vôtre. L’esprit de l’atelier : enthousiasme contagieux, travail personnel, suivi individuel, rigoureux, introspectif et engagé ! « Nous guiderons vos recherches, nous créerons du sens, nous irons fouiller le rêve. »

Une partie des travaux réalisés par les stagiaires constituera une exposition de la « 8e Biennale de Photographie en Condroz » organisée par le Centre culturel de Marchin du 5 au 27 août 2017. Celle-ci propose à un public familial la découverte de travaux de photographes belges et étrangers dans des lieux magnifiques du Condroz. Lors de cette édition, intitulée « rêver », ± 20 expositions trouveront place dans deux petits villages : Grand-Marchin (commune de Marchin) et Tahier (commune d’Ohey).

> Plus d’infos sur les ateliers et formulaire d’inscription

> Programme de la Biennale : biennaledephotographie.be

Formations

Prochaines formations Culture Plus

CULTURE Plus  est un plan de formation porté par la FPCEC (Fédération Pluraliste des Centres d’Expression et de Créativité ) et l’ACC (Association des Centres Culturels) à destination des professionnel.l.e.s et bénévoles soucieux de renforcer leurs compétences et d’(ré)intégrer quelques notions indispensables à leurs fonctions et au sein de structures culturelles, notamment dans un CC ou CEC, mais les formations sont ouvertes à tout.e.s ! 

Les prochains modules sont :

  • Extraction et intégration de séquences vidéo : la formation vise à découvrir des logiciels (sur Mac et PC) et toutes leurs fonctionnalités pour extraire, découper et intégrer une vidéo, en vue de réaliser des supports numériques pour les animations, ateliers et/ou des outils de communication. L’objectif est d’approfondir le potentiel d’intégration de séquences audio/vidéo sur les sites internet et/ou les réseaux sociaux. Le 7 mars 2017 chez PointCulture à Auderghem.
  • Construire un partenariat durable : quels sont les principes généraux et les outils à expérimenter pour construire un partenariat durable et sain ? Les participants seront amenés à appréhender le partenariat sous divers aspects, les différentes étapes de la construction et les stratégies et/ou des outils pour faciliter une bonne communication au sein d’une coopération. Le 21 mars 2017 au Mundo-N à Namur. 
  • Démarches créativespour amorcer/relancer/clôturer un projet socioculturel : expérimenter des démarches, en relever collectivement les éléments déterminants et de les confronter à des expériences-témoins expliquées par les formateurs. Comment appréhender les étapes méthodologiques du processus de création et expérimenter les différentes méthodes de stimulation de la créativité en groupe ? Les 25 avril, 18 mai et 22 juin 2017 au Centre culturel de Namur.
  • Toutes les infos sont sur :culture-plus.be
  • Inscriptions ici (Attention les places sont limitées !)

 

Publication

Lectures.Cultures – une nouvelle revue professionnelle !

La nouvelle revue professionnelle Lectures.Cultures vient de paraître. Elle rassemble les informations des secteurs impliqués dans le développement culturel local : centres culturels, bibliothèques, PointCulture (représentés par le Service de l’Action territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Cette revue bimestrielle se veut transversale et tente d’explorer ces différents secteurs. Elle fait la part belle aux projets collaboratifs et met en lumière les métiers, les initiatives originales, des artistes, des professionnel.l.e.s, des publications etc.

Bonne lecture !

 

> Consulter le numéro 1 de Lectures.Cultures  

> Commander la revue ici !

 

Rencontres/conférences

Colloque : Lire et agir

Vendredi 10 mars 2017 à la Bibliothèque de l’Université du Travail de Charleroi, Boulevard Roullier, 1 – 6000 Charleroi. Participation 5€.

On a vu fleurir ces derniers mois quantité d’articles sur les bienfaits de la lecture et sur la notion de bibliothérapie. Engagés dans leurs pratiques quotidiennes en matière de lecture et/ou de bien-être, l’Université Ouverte de la fédération Wallonie Bruxelles, la FUNOC, la Bibliothèque de l’Université du Travail et le Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin ont souhaité y consacrer une journée de réflexion et de partage. Au-delà des bienfaits supposés de la lecture à titre individuel, en quoi la lecture, l’écriture, l’oralité participent-elles à nous construire et, partant, à faire société?

Avec les éclairages de Michèle Petit (Éloge de la lecture : la construction de soi) et de José Morais (Lire, écrire et être libre. De l’alphabétisation à la démocratie) et le partage d’acteurs de terrains.

Programme détaillé et inscriptions

Machines et mutations humaines

Dimanche 12 mars à 14h au 51-53 rue Thiéfry à Schaerbeek. Entrée libre

De l’art cinétique à la mécanique vivante et anthropomorphique, de l’animation de l’inerte à la mécanisation du vivant, de l’apprivoisement de la nature par la machine à l’asservissement de l’humain aux robots…. Quel est l’impact sur l’humain, son image de soi, sa liberté, son comportement, son art, etc. ? Stupéfaction, fascination, aliénation, émancipation … ?

Après une première recherche axée sur les machines en tant que présence formelle particulière dans notre monde, la mutation humaine est maintenant abordée de façon plus précise. Quel impact a le numérique     sur notre monde en termes de liberté, territoire, intimité, gestion des comportements, accélération du temps, modification de la raison, rapport au savoir,     à l’abstraction, etc.

La conférence/débat du dimanche 12 mars tentera d’aborder certaines de ces questions en compagnie des historiens de l’art Vincent Cartuyvels et François Michotte, ainsi que du philosophe Paul Mairesse.

La citoyenneté s’enseigne-t-elle ?

Samedi 18 mars 2017 – 8h30 > 13h00 – Auditoires Sciences, Mercator et Sud (1348 Louvain-la-Neuve)

Cette journée d'étude entend questionner la demande faite au monde de l’éducation et de la formation d'éduquer à la citoyenneté. Entre des éclairages théoriques, des propositions d’interventions et des partages d’expériences, elle tentera de saisir ce qui se fait, ce qui est poursuivi à travers ce qui se fait et ce qui a changé aujourd’hui.

 La matinée débutera par un cadrage visant à préciser les termes du débat et à donner l’une ou l’autre grille de lecture pour participer aux ateliers qui suivront en parallèle. Dans ceux-ci, des éducateurs, des chercheurs, des acteurs de l’éducation citoyenne entraîneront les participants dans leurs analyses, propositions et projets, qu’ils soumettront à une discussion critique.

Programme détaillé et inscriptions (avant le 6 mars)

Réforme APE – matinée d’information

18 mai 2017 au Centre culturel de Huy 

La réforme des aides à l’emploi (APE) devrait prochainement être adoptée par le Gouvernement. Le secteur des Centres culturels ainsi que celui des autres opérateurs culturels inscrits en CP 329.02 sont fortement concernés par cette réforme puisque près de 50% de l’emploi est associé à des aides à l’emploi. 

Dans ce cadre, l’Association des Centres culturels (ACC) a invité les Ministres compétentes Mme Tillieux et Mme Greoli dans ce dossier la matinée du 18 mai 2017 au Centre culturel de Huy.

Mme la Ministre Tillieux, en charge de l’emploi (et donc de la réforme) viendra présenter l’évolution du dispositif APE et Mme La Ministre Greoli (Ministre « fonctionnelle » pour ce sujet) sera également présente lors de cette matinée d’information. 

Toute l’information sur le nouveau dispositif APE vous sera fournie lors de cette rencontre. L’ACC souhaite faire de cette matinée, un moment intersectoriel avec d’autres partenaires : CEC, bibliothèques, musées, éducation permanente etc.

> Pour plus d’informations contacter l’ACC : info[at]centres-culturels.be

 

Théâtre

Ensemble sur scène : extrêmement délicat tout ça !

La récente asbl Zaharra propose de mettre la personne vivant en maison de repos au centre de son accompagnement et d’encourager ses prises de décisions. Tout en respectant ses choix, les membres de l’asbl cherchent avec elle des solutions en suscitant le plaisir de la rencontre, de la réflexion et, pourquoi pas, de la créativité au cours d’ateliers (de réminiscence, de philo...) L’asbl propose également un accompagnement aux proches et aux professionnels. 

Ensemble sur scène : extrêmement délicat tout ça !

Dimanche 12 mars à 15H au Calliclub – Grand’Route, 234 – 1620 Drogenbos. Entrée 5€ (gratuit pour les – de 12 ans). Réservation conseillée : valerievanberlamont@gmail.com

Ce projet théâtral est le fruit d’un partenariat entre l’artiste Babou Sanchez, la résidence Terrasses des Hauts Prés à Uccle, avec Valérie Van Berlamont, référente pour les unités de vie et l'asbl Zaharra , avec Isabelle Parentani.

 L’envie qui a guidé la mise en place de ce projet : le plaisir des rencontres entre le personnel de la maison de repos et les résidents ayant des difficultés de mémoire, quels que soient les noms donnés à leurs symptômes. Se rencontrer toutes les semaines pendant près de 6 mois pour terminer, ensemble, sur scène. Ce plaisir qui amène tout le monde à une meilleure estime de soi, à la fierté de se retrouver tous ensemble sur scène, devant un public, même si c’est extrêmement délicat !

Les consignes de Babou Sanchez étaient un point de départ à la rencontre, principalement des exercices de présence sur scène, présence à soi, présence à l’autre. Après chaque séance d’improvisation, l’idée était de décrypter ces échanges avec le personnel participant, de les analyser, de se poser des questions lors de moments de débriefing avec l’asbl Zaharra et de tenter de les comprendre en changeant le regard sur les résidents.

Participation

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Merci à Marie des Neiges de Lantsheere, Sabine de Ville, Baptiste De Reymaeker, Raphaëlle Goffaux, Sébastien Gratoir, Pierre Hemptinne, Hélène Hiessler, Daniel Lhost, Sébastien Marandon, Béatrice Minh, Anne Pardou, Nadine Plateau, Joël Roucloux et Georges Vercheval pour la rédaction et la préparation de cette Lettre d'information.

Illustration : « She Tree » – ©Lina Kusaite dont les œuvres accompagnent le Journal de Culture & Démocratie n°44, à paraître au mois d'avril 2017.