Culture & Démocratie

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04/05/2017 n°87

La
lettre

Éditorial

Difficile, en ces temps de sauvageries aux contours multiples, politiques, économiques et guerriers, de poursuivre notre travail sans le penser à la fois dérisoire et nécessaire.

En faisant écho à ceux et celles qui font de la culture et de la création, une expérience de présence à soi, aux autres et au monde, en évoquant ceux et celles qui suscitent de nouvelles manières de penser, de relier, de créer, de produire, nous affirmons, contre toutes les incertitudes, que faire culture et faire société demeure une nécessaire et formidable ambition.

Nous vous donnons ici de nombreux rendez-vous, nous vous informons de notre actualité, nous vous proposons des lectures, des rencontres et des projets.

Bonne lecture ! 

Sabine de Ville

Présidente de Culture & Démocratie

La vie de l’association

L’agenda de Culture & Démocratie

Journée de remue-méninges et de constructions d’alternatives non-marchandes

Dans la foulée du cycle de conférences « Pour un numérique critique et humain », une journée d'ateliers est organisée le mercredi 24 mai prochain dans les locaux de PointCulture Bruxelles

Cette journée a pour objectif de découvrir quels outils logiciels et solutions numériques indépendantes utiliser face à la force de la recommandation algorithmique, pour reprendre la main, comme le suggère le sociologue Dominique Cardon, « en passant en mode manuel ».

> Découvrez le programme de la journée ici !

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Informations pratiques :
PointCulture Bruxelles (145 Rue Royale – 1000 Bruxelles)
Le mercredi 24/05 de 9h30 à 17h
Entrée : 10 euros avec sandwichs
Réservation obligatoire : http://bit.ly/tickpcbxl

En partenariat avec PACCesepCentre LibrexCulture & DémocratieGsaraAction Ciné Média JeunesConcertation des centres Culturels bruxelloisRevue NouvelleArts & PublicsAlliance française

Dernières nouvelles

De quoi les Capitales européennes de la Culture sont elles le nom ?

Comme annoncé dans la précédente Lettre, Culture & Démocratie a organisé les 27 et 28 avril dernier à Mons une projection/débat ainsi qu'une journée d’étude autour de ces questions : La culture européenne fait-elle vivre les valeurs démocratiques ? Comment la définir à l’heure où le projet européen se délite ? Les Capitales européennes de la Culture suscitent-elles un sentiment d’appartenance à cette culture ? Sont-elles, au sein des communautés urbaines et au-delà, l’occasion d’un projet culturel et politique partagé ? Sèment-elles durablement de nouvelles manières de faire culture ensemble ? De faire société ? Créent-elles des communs ? Sont-elles au contraire, plus économico-touristico-urbanistiques que culturelles ? Peuvent-elles, revisitées, inspirer un autre projet européen ? 

Un public enthousiaste d'une soixantaine de personnes a participé à cette journée d'étude et en a nourri la réflexion lors des nombreux moments d'échanges avec les intervenants.

Les actes de ce colloque seront édités dès cet automne dans la collection Les Cahiers de Culture & Démocratie.

Pour aller plus loin :

Ces questions émergeaient déjà du dossier du Journal de Culture & Démocratie n°43, « Ce que sèment les Capitales européennes de la culture », qui porte un regard critique sur l’expérience des Capitales européennes de la Culture et questionne ce que celles-ci ont pu apporter en termes de culture(s), de démocratie et de démocratie culturelle. Ce Journal « scrute les enjeux avoués ou non, le processus, les logiques dominantes, les réussites – il y en eut – et les rendez-vous manqués du label “Capitale européenne de la Culture”. En raison de sa proximité temporelle et géographique, Mons 2015 constitue le cas concret sur lequel nous nous sommes penchés en deuxième partie de dossier. Enquêtes de terrain dans les lieux qui nous importent – écoles, universités, hôpitaux, centres sociaux, prisons – et analyses se partagent l’espace du Journal pour dresser un tableau rigoureux et vigoureux de cette entreprise politico- économico-culturelle. En parallèle, nos contributeurs dressent aussi les contours de ce que pourrait être une autre Capitale européenne de la Culture. Il y est question de processus démocratique, de conception partagée et de modalités nouvelles par lesquelles les capitales culturelles à venir peuvent transcender le modèle actuel. »

> Télécharger ou commander le Journal 43

 

Le 10 mai de 16h à 17h branchez vous sur les ondes de Radio Panik (105.4 FM) pour revisiter cette journée d'étude et plus encore....

Au programme, les interviews de plusieurs intervenants, tels que Damien Vanneste, Sébastien Févry ou Nicolas Burlaud ou encore la diffusion d'un reportage sonore réalisé par Radio Panik dans les rues de Mons. Une émission à ne pas manquer !

 

COLLECT CALL – « Quelle place pour l’art et la culture en détention ? »

« Rencontre avec Isabelle » – © Bibiana Vila

En préparation d’une nouvelle édition des Journées interactives que la commission Culture et prison de Culture & Démocratie organise depuis une douzaine d’années avec le Réseau Art et prison, deux membres de l’association, Valérie Vanhoutvinck et Bibiana Vila ont conçu et mené COLLECT CALL, un projet de collecte d’avis et de paroles dans le monde pénitentiaire, au départ de la question : « Quelle place pour l’art et la culture en détention ? »

Ce travail considérable, qui a pris la forme d’ateliers avec des détenus et d’interviews multiples avec différents acteurs du monde pénitentiaire dans une série d’établissements carcéraux, a donné lieu à de nombreuses traces écrites, sonores et visuelles que Valérie Vanhoutvinck et Bibiana Vila ont rassemblées et mises en forme dans un site Internet au contenu aussi riche que varié.

Cette matière sera à la base du projet de Journée interactive que la commission Culture et prison mettra en chantier pour 2018.

> Visiter le site de Collect Call : weebly.com

>  Voir également : http://www.cultureetdemocratie.be/chantiers/culture-prison/collect-call

L'informatique dans l'histoire graphique de l'Occident – Compte-rendu de la conférence de Jean Lassègue du 21 mars au PointCulture Bruxelles dans le cadre du cycle « Pour un numérique humain et critique », saison 2

Par Sabine de Ville – Présidente de Culture & Démocratie

jean-lassegue.jpgPhilosophe et épistémologue, Jean Lassègue est chercheur au CNRS (Institut Marcel Mauss-EHESS), où il enseigne. Il a consacré de nombreux travaux épistémologiques à l’apparition de l’informatique, en particulier autour du mathématicien britannique Alan Turing (Turing, Les Belles Lettres, Paris, 1998 et Turing… et l’informatique fut, Belin, Paris, 2007). Ses recherches l’ont progressivement conduit à tenter de resituer l’informatique dans le processus même de la culture en l’interprétant comme l’étape la plus récente dans l’histoire de l’écriture. Plus généralement, il aborde la question de la culture à partir d’un point de vue anthropologique d’emblée sémiotique : la question des signes et en particulier des conflits qu’ils engendrent pour que la maîtrise de l’espace public y joue un rôle central.

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Sans mobile apparent – Compte-rendu de la conférence de Bertrand Bergier du 18 avril au PointCulture Bruxelles dans le cadre du cycle « Pour un numérique humain et critique », saison 2

Par Anne Pollet – Chargée de projets de Culture & Démocratie

« Il faut encourager les espaces d’utopies ! »

Bertrand Bergier est éducateur spécialisé et sociologue. Il travaille sur les populations statistiquement négligeables mais comme il aime à le dire : « Ce n’est pas parce que les situations sont négligeables qu’elles doivent être négligées par le chercheur. »

Les personnes sans mobiles, les « non-équipés »

Beaucoup de sociologues se sont penchés sur les usages et usagers du numérique. L’innovation, considérée comme vertueuse, est sujette à de multiples enquêtes. Le regard porté sur les non-équipés est dans ce cas de l’ordre du manque, les personnes qui n’ont pas de portables, ce sont des retardataires.

Mais Bertrand Bergier ne veut pas faire de l’absence un manque. Pour sa recherche sur les « sans mobile apparent », il part à la rencontre de ceux qui au quotidien sont sans portable, sans smartphone. Trois-quarts des personnes interrogées n’ont jamais eu de portable et le quart restant appartient aux ex c’est-à-dire les étourdis qui oublient ou perdent constamment leur téléphone, les malchanceux, les victimes de l’obsolescence programmée, les victimes de la crise économique…

Il a identifié dans le fait de ne pas vivre avec un téléphone portable, trente arguments différents, regroupés en cinq registres : le registre identitaire, historique, contextuel, matériel et technique, et le registre où intervient un tiers.

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Publication

Le Journal de Culture & Démocratie n°44 – Nature Culture

Le dossier de ce Journal n°44 interroge les relations entre nature et culture sous l'ère de l'anthropocène. Pour ce faire « trois axes ont été définis qui explorent comment s’est construit le regard de l’homme sur la nature, quelles sont les conséquences de cette/ces manière(s) de voir aujourd’hui et quelles sont les alternatives, les modèles culturels à inventer pour l’avènement d’une société qui prenne mieux qu’aujourd’hui le "commun" en considération.

Notre dossier revient ainsi sur l’histoire du clivage nature/culture, il déconstruit la culture comme le propre de l’homme, il évoque les mouvements militants et les solutions alternatives, il présente des artistes qui travaillent sur l’anthropocène, il rappelle les dérives du darwinisme social et celles du néo-libéralisme, il évoque les enfants sauvages, la culture animale, les abeilles, les arbres et l’art contemporain.

Un dossier très riche qui ouvre à des réaménagements de pensée vivifiants et au-delà, pourquoi pas, à l’action. »

Les textes de ce dossier sont accompagnés d’illustrations de l’éco-artiste Lina Kusaite.

Commander ou télécharger le Journal de Culture & Démocratie n°44

 

Pour aller plus loin 

Par-delà

Alexandre Galand, dont vous pouvez lire l’article « Revenir sur terre et démentir la fatalité du dualisme nature/culture » dans le Journal n°44 présenté ci-dessus, est à l’initiative d’un cycle de conférences/rencontres/ateliers. Les thématiques abordées toucheront, de près ou de loin, aux notions d’anthropocène et d’altérité, aux domaines de l’art et de l’imaginaire, de la politique et de l’écologie. Y seront invités des chercheurs, militants, artistes, dans différents lieux à Liège, et ailleurs.

Le Jeudi 4 mai à 20h, la première conférence de ce cycle, intitulée « Un cosmos musical – Exploration des rapports entre musique et astronomie », accueillera Pierre Deruisseau (Astrophonie). Il viendra nous entretenir à propos des rapports entre cosmos et musique. Sa présentation sera ponctuée de moments d’écoute (des rituels antiques jusqu’aux musiques populaires contemporaines, en passant par le jazz, l’ambient et différents types de musiques dites « classiques »).

 > Plus d’infos : https://pardelablog.wordpress.com/

 

Quand l’imagination et la fantaisie rencontrent la science…

Jusqu’au 12 mai 2017/ lu. de 13h à 18h et du ma. au ve. de 13h à 16h30 / à l’Espace ArteFac – Woluwé

Vous les avez manquées à Louvain-La Neuve ? les bestioles improbables de ZooOOO envahissent désormais les bassins d’ArteFac à Woluwé…

Connaissez-vous l’Augustis caoutchoutis, organisme dont le régime alimentaire est composé de pneus ? Ou le Gulam Ferrum, capable de percer des boîtes de conserve ? L’Hallowaire, étrange créature qui ne vit qu’une seule nuit, celle d’Halloween ? Non ? Rien d’étonnant : ces animaux (puisqu’il s’agit bien d’animaux) n’existent pas. Du moins pas encore…   Nées de l’imagination des étudiants en biologie sous la houlette du professeur Jean-François Rees, ces bestioles improbables, nageant, rampant ou grimpant sont à découvrir jusqu’au 12 mai à l’Espace ArteFac, à Woluwé.

Plus d’infos

 

Analyse

Tout et rien : ce que peut la culture

Une analyse de Baptiste De Reymaeker 

Le dossier de l’Agenda Interculturel n°335 paru en mars dernier interroge les politiques culturelles : « Si la diversité culturelle ne se décrète pas a priori, il faudrait en faire une question sociale. C’est peut-être là tout l’enjeu de l’action culturelle d’aujourd’hui, celle qui émancipe mais qui rassemble aussi la société sur les questions de son devenir. Les émotions liées à la rencontre de l’art sont peut-être un biais plus facile d’accès pour traiter ensemble des différences qui fâchent. »

Baptiste De Reymaeker, coordinateur de Culture & Démocratie, a contribué à ce dossier en questionnant le pouvoir – supposé ou véritable – de la culture.

« La démocratisation de la culture a été un leurre. Elle n’a pas permis de favoriser des processus de subjectivation singulière qui échappent à la production capitalistique. Aurait-il pu en être autrement ? Cette machine capitaliste semble être parfaite. Il y a seulement une culture : la culture capitalistique. Alors ? Que peut la culture ? Quelle est sa responsabilité ? Ne pouvant produire que des subjectivités aliénées qui eux-mêmes la reproduisent ; ne pouvant dessiner que des sphères fermées sur elle-même ; ne pouvant produire rien d’autre, en fait, que l’état du monde, que son aggravation, la culture ne serait qu’un bête miroir… »

 Lire l’analyse in extenso

Consulter le sommaire de l’Agenda Interculturel n°335 – « Quelles politiques culturelles voulons nous ? »

 

Coups de cœur

Sculpture : Autour de minuit au Palais de Tokyo

Round Midnight – Exposition d’Emmanuel Saulnier à voir jusqu'au 8 mai 2017 au Palais de Tokyo (Paris)

Par Pierre Hemptinne – Directeur de la médiation culturelle à PointCulture

Article paru sur le site de PointCulture : https://www.pointculture.be/article/focus/round-midnight-entre-sculpture-et-standard-de-jazz/

Aussitôt les ondes qu’elle dégage, de ses membres disséminés, entrent en contact avec mes organes. Je m’arrête vers le centre… Le centre ? Il n’y en n’a pas, pas de périphérie, pas de murs, ni début ni fin, ni avant ni arrière, c’est un espace dense, en mouvement, sans clôture, autant centripète que centrifuge. Une grande page blanche tridimensionnelle sur laquelle cavalent des traits, des graphes, l’ombre de phrases qui glissent comme, au sol vallonné, l’ombre de nuages. L’impression d’être happé à l’intérieur d’une calligraphie en plein expansion. Vous voyez ? Comme la croissance de l’univers, d’un univers. Il y aurait eu dans le coin de ce grand cube livide, un premier jet d’écriture condensée, fouillée, et il serait en expansion illimitée, à l’infini, chaque fragment cursif de cet écrit ramassé se déliant, se déformant, devenant gigantesque, autonome. L’ensemble appartenant aux branches et racines d’un arbre texte géant dont la totalité serait trop vaste pour être embrassée d’un seul regard, d’une seule vie. Je cherche à parcourir plusieurs fois, en cherchant à identifier les liaisons, l’articulation logique des éléments épars, l’ensemble de ce qui est visible, là, circulaire et carré, sans y parvenir. Chaque fois des ruptures, des syncopes inhérentes au dispositif font diverger vers autre chose, l’imperceptible. Il y a des repères métronomiques, immédiats, des paires d’aiguilles, en compas serrés ou disjonctés, mais bousculés par des groupes de signes dont les mouvements éveillent des traces sonores, fragments mélodiques qui fuient et resurgissent ailleurs, un ressac graphique animé dont se joue des groupes d’animaux espiègles. Et cela dirige l’attention vers les musiques intérieures, les musiques imaginaires. Oui, quand on s’écoute, que l’on cherche à identifier de quelle source symphonique immémoriale, ou immanente, notre souffle est l’interprète. Quel ruisseau ou torrent coule là-bas au fond de soi ? À la recherche d’un fil narratif élémentaire, sonore, ténu, diffus, une sorte de trame permanente variable selon les humeurs, les contextes, mais avec une basse continue définie, identitaire, le chant de nos cellules en quelque sorte, comment elles font musique de ce qui les traverse, qui les nourrit, qu’elles avalent et recyclent. Comment elles traduisent l’ajustement de toutes les composantes chimiques et abstraites qui forgent notre métabolisme, le travail de vivre, les efforts inconscients fournis pour flotter dans le vivant, frayer son chemin, avec de continuels arrangements et ratures, réécritures. Le bruit de fond de l’entropie et des efforts pour l’enrayer, dans nos fibres, nos tissus, nos fluides. Écouter ça comme on écoute les craquements d’un navire ou d’une charpente dans la nuit. En même temps, inévitablement, cet imaginaire musical, spectrale, se constitue de quelques musiques séminales entendues, ressassées, avec lesquelles on a littéralement fini par faire corps, musiques somatisées, sédimentées dans nos chairs. Je déambule hésitant entre les fragments expressifs, noirs, ils dessinent des trajets, là entrer dans leur ronde, ici contourner un corps à corps. Ils déploient leur ballet au sol et aux murs et, incertain, je ne parviens pas à vraiment entendre. Juste un bourdonnement. Quelque chose qui vient. Je me replie alors vers le cartel pour avoir la définition de l’œuvre. Il s’agit, à la manière du fameux coup de dés de Mallarmé, de toutes les composantes fantasmée d’un morceau immortel de Thelonious Monk, Round Midnight, libérées, jetées dans le vide et le silence.

 

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La Classe A008

Isabelle Detournay, photographies. Textes (français-anglais) d’Adèle Santocono, Andrea Rea et Isabelle Detournay. 98 pages. Editions le bec en l’air. Bruxelles, 2017. www.becair.com


A008, c’est le nom d’un local de l’Institut des Arts et Métiers de la Ville de Bruxelles. On y donne des cours de mécanique. Un titre curieux pour ce livre de photographies sous couverture bleue, toilée, avec en sur-collage la photo d’un étudiant en bleu de travail…

Pendant quatre ans, plusieurs heures par semaine, Isabelle Detournay s’est immergée dans la classe A008 pour comprendre le quotidien des étudiants qui s’y activent sous la conduite de Pascal, leur professeur. Ses images sont belles. Est-on sur le versant de « l’art » photographique ? En l’occurrence, même si une étrange beauté émane de ces locaux fatigués, de ce décor impersonnel où se conjuguent le vert des tableaux, le bleu des salopettes, le gris argenté des machines et un rien de rouille, l’esthétique n’est pas sa préoccupation majeure. La question est ailleurs. Mais d’autre part, on peut difficilement parler de « reportage ». Isabelle n’est pas de celles – ou de ceux – qui bouclent un reportage en quelques heures ! Elle s’implique sur le long terme, pour être au cœur du sujet, s’en imprégner, le documenter en profondeur.

Adèle Santocono note qu’Isabelle Detournay s’immisce de préférence dans les environnements que la société stigmatise et qu’avec sa présence insistante, sa manière singulière d’observer, de détailler, de confronter, de s’attacher tant aux dispensaires qu’aux cliques de majorettes ou à la taverne El Carès, dans les Marolles…, elle nous restitue une sorte de chorégraphie du quotidien. Elle donne ici à ces adolescents attentifs, concentrés mais fatigués, un visage particulièrement ressemblant.

Il s’agit d’un document humain, avec une forte dimension sociologique, critique, voire politique et le texte d’Andrea Rea complète bien le propos. Confirmant ce qu’écrivait Bourdieu dans les années 60 : « les inégalités sociales se reproduisent en inégalités scolaires », il ajoute qu’en Belgique (malgré les discours volontaristes…), les constats sont hélas, et depuis plus de trente ans, d’une effroyable constance en ce sens, en particulier depuis la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à dix-huit ans. Il n’y a bien sûr rien de dévalorisant à suivre un enseignement professionnel. Certains l’ont décidé mais ce n’est pas la règle et les récits des élèves se résument souvent à « on m’a dit d’aller là... ». Sous-représentés dans l’enseignement général, les élèves issus des classes populaires sont toujours surreprésentés dans l’enseignement professionnel… La reproduction sociale domine. L’inscription en professionnel est toujours un choix dérivé d’un échec préalable. 

Isabelle Detournay nous offre donc sa vision de la classe A008, de ces jeunes qui étudient, travaillent et parfois rêvent – des regards s’égarent vers la fenêtre – mais qui sont manifestement valorisés par leur implication dans le concret. Ces images s’inscrivent ainsi dans une tradition importante de la photographie, celle du « documentaire ». Une dimension qui traverse son histoire. 

Notons enfin que l’on trouvera – intégrée à l’ouvrage – une belle et grande affiche avec les images des adolescents faites par eux-mêmes.  Spontanées, drôles, vivifiantes !

Georges Vercheval

 

Coup de griffes

Pacte : l’intérêt supérieur de l’enfant ?

Par Jacques Liesenborghs – Article à paraître dans la revue Plein Soleil, mensuel de l'ACRF, femmes en milieu rural.

Pour la Ligue des familles et les organisations qui défendent les droits des enfants[1], le « Pacte pour un enseignement d’excellence » doit « adopter comme boussole l’intérêt supérieur de l’enfant ». Tentative d’analyse de ce texte à l’intitulé pompeux.

Ambiance
Bastogne, un samedi pluvieux de mars 2017. Une quarantaine d’acteurs de l’école maternelle sont réunis à l’invitation du Ciep-MOC. Ateliers, table-ronde politique, échanges informels, rencontres. Une évidence : les travailleuses du maternel ne parlent pas la même langue que les rédacteurs du Pacte.

Et pourtant. Le niveau maternel est l’enfant gâté du Pacte : 1.100 emplois promis en 3 ans, 15 balises pour un nouveau référentiel, obligation de fréquentation scolaire dès 5 ans. Oui, mais les institutrices sont avant tout attachées à leur autonomie, à développer la créativité des enfants, à respecter l’enfance, à installer la confiance en soi. Elles en ont marre des contrôles tatillons (« toujours plus de papiers »), des pressions de certains parents et de l’école primaire. Elles craignent donc un référentiel (programme) contraignant. Enfin, elles ignorent tout du texte du Pacte : un texte de 320 pages, résultat de 2 années de travail d’experts universitaires, de délégués des Pouvoirs organisations (PO), des syndicats, des associations de parents, autoproclamés « acteurs » de l’enseignement. Un texte rédigé dans une langue nouvelle qui mélange les sabirs du management, des technocrates, de l’université… avec un tout petit peu de pédagogie. 

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Les bonnes pages

L’homme ne pense pas seul

Eduardo Kohn, Comment pensent les forêts, Zones Sensibles, 2017

Par Pierre Hemptinne – Directeur de la médiation culturelle à PointCulture

En étudiant des indiens d’Amazonie, un ethnologue explore l’enchevêtrement des pensées, animales, végétales, humaines et pose les jalons d’une anthropologie au-delà de l’humain. Pour esquisser une écologie de tous les êtres, et non pas une écologie au service de l’homme. Au passage, il rencontre les traces du colonialisme et leur impact sur l’imaginaire de ce peuple.

Le titre, intriguant ou accrocheur, déclenche une série d’interrogations : « Avec quel cerveau pensent-elles, les forêts, et où se cache-t-il ce cerveau sylvestre, en quoi consiste-t-il exactement ? » Aborder la chose ainsi révèle le poids de l’anthropocentrisme qui ramène tout à la configuration humaine, laissant entendre qu’il n’y a de pensée qu’au niveau de l’espèce humaine. C’est exactement ce qu’entreprend de déconstruire cette étude avant tout ethnologique qui questionne tout autant la manière dont pensent les humains. La pensée n’est pas le privilège des individus humains, il y a de la pensée partout, chez les animaux, et il y a création de formes de représentation chez les plantes, voire dans les configurations inanimées de nos environnements. Le langage humain et son système symbolique est une forme parmi d’autres, nourrie de cette pluralité de pensées et de représentations qui l’entourent, il en tire des échanges stimulants, il en a besoin pour rester en prise avec le réel, c’est de cet ensemble qu’il tire du sens. Au lieu de le reconnaître et d’en faire une force, basée sur le principe d’ouverture et d’accueil des systèmes de représentation du réel non-humain, l’homme a voulu construire un langage excluant, qui serait le seul capable de dire la réalité et prétendre à l’universel. Cela, qui se situe par rapport aux expressions non-humaines, s’est exporté, à l’intérieur même du langage, entre les différentes langues où il s’agissait toujours d’en imposer une qui soit plus humaine, plus universelle en son essence, et qui constitue la base des nationalismes. Avoir un soi, être soi, considéré comme le propre de l’homme, étant lié à l’exigence d’avoir une âme et une conscience de celle-ci, Eduardo Kohn le met d’emblée au pluriel : il y a des sois, générant différents systèmes représentationnels du réel, et qui interagissent. Il faut s’habituer à penser le lieu où l’on vit comme une écologie de sois de natures différentes. Cette conception vise à déminer cette erreur qui « consiste à voir le soi comme une sorte de boîte noire (une petite personne à l’intérieur de nous, un homoncule) qui serait l’interprète de ces signes sans être elle-même le produit de ces signes ». Cette erreur détermine nos systèmes culturels depuis très longtemps. En lieu et place de la confiscation du signe et du symbolique par l’homme, Kohn décrit des formes vivantes et ouvertes qui évoluent dans des contextes qui se croisent – au présent, au passé et au futur – et forment ce qu’il appelle une sémiose. Il n’y a donc pas de monopole du sens et de la vérité. Le non-humain y joue à égalité avec l’homme, les interprétations que les uns et les autres êtres produisent pour tracer leur cheminement, mener à bien leurs activités, s’influencent mutuellement au sein de mêmes territoires. Tout le monde doit être attentif aux autres, chercher à se comprendre, se traduire. C’est une sorte d’animisme qu’il décrit de la sorte, rappelant que « le monde dans lequel nous vivons dépasse le symbolique » et que les « touts ouverts » qui en découlent et qu’il s’agit d’étudier, « s’étendent au-delà de l’humain ». C’est pour cela qu’il met son travail d’ethnologue au service de l’émergence d’une « anthropologie au-delà de l’humain ».

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Carnet de notes d’un prof à l’école

Culture et Démocratie versus Le maître ignorant 

Par Sébastien Marandon – professeur de français, membre de la commission Culture et enseignement de Culture & Démocratie

 « L’individualité est une bonne chose pour les élites, elle devient un désastre de civilisation si tous y ont accès. »
La haine de la démocratie, Jacques Rancière

La culture pour tous ?
La culture a toujours représenté pour les élites un puissant outil de légitimation des positions et de distinction sociale. D’un autre côté, la culture est aussi une machine à redistribuer les places et qui remet en cause les statu quo et les évidences. Elle interroge les conceptions d’une époque donnée. Elle déplace les lignes et les grilles qui organisent nos réalités. L’enseignement de la culture se situe au croisement de ces deux voies, celles de « l’instruction » ou bien de « l’émancipation », de la méritocratie ou bien du partage du sensible. 

Pourquoi, « si la démocratie est fondée sur rien d’autre que l’absence de tout titre à gouverner »[1], vouloir faire accéder les masses à la culture ou plutôt à la culture cultivée, la culture des élites?

À sa naissance dans le monde grec, le principe de la démocratie s’inaugure avec la pratique du tirage au sort : en d’autres termes, ni étiquette ni coterie, ni camarilla, ni label, ni droit à la parole (cens) ne sont nécessaires pour s’occuper de la chose publique. « Le scandale est là : un scandale pour les gens de bien qui ne peuvent admettre que leur naissance, leur ancienneté ou leur science aient à s’incliner devant la loi du sort. »[2]

Dès lors le paradoxe peut s’énoncer comme suit : toute institution qui veut le bien des minorités dominées dans une société, en voulant les instruire ou leur ouvrir les champs culturels et artistiques, ne fait que reproduire les inégalités en les renforçant ! Le maître ignorant tente justement d’explorer cette impossibilité : peut-on faire abstraction de la différence des places ? Peut-on gouverner sans titre ?

Rancière ne milite pas pour l’ignorance. Mais tout maître qui propose une explication et qui se targue d’un savoir, devient par définition une source d’abrutissement, c’est à dire qu’il engendre ce qu’il cherche à réduire !

Par conséquent, la contradiction qui traverse l’ensemble du Maître ignorant consiste à repérer qu’on a besoin d’un maître ; mais la place du maître se construit à partir d’une validation des connaissances qui, par définition, à partir du moment où elle autorise le savoir à délivrer des explications, enchaîne au lieu de libérer, abrutit au lieu d’émanciper.

La culture ou le savoir offrent des avantages et des places. La médiation et l’école permettent à ceux qui en sont exclus d’avoir une chance de bien figurer dans la course aux positions et aux honneurs. « La distribution du savoir n’a d’efficacité sociale que dans la mesure où elle est aussi une redistribution des positions. »[3] Inversement, l’égalité est affaire de « dissensus » où la politique se caractérise par « la manière de s’occuper des affaires humaines qui se fonde sur la présupposition folle que n’importe qui est aussi intelligent que n’importe qui et qu’il y a toujours une autre chose à faire que celle qui est faite »[4].

Or le « n’importe qui », cher à Rancière, figure de celui qui ne possède ni titre ni distinction, l’anonyme qui ne peut revendiquer ni sa naissance, ni sa richesse ni sa science. « La politique est ce qui échappe à la paternité, l’âge, la richesse, la force ou la science qui ont cours dans les familles, les tribus, les ateliers, les écoles… »[5]

Cette problématique de l’égalité et du n’importe qui, ou de l’égalité des intelligences nous invite à comprendre que l’idéal démocratique s’arrime sur le postulat « de la compétence des incompétents, de la capacité de n’importe qui à forger des rapports entre individus et collectivités, présents et à venir »[6]

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L'agenda de nos membres

Festival

Mini D Festival – Danse contemporaine pour jeune public

Du 06 au 21 mai 2017 à Ixelles et Molenbeek.Tarif unique de 5€.

 

Première édition du festival bruxellois de danse contemporaine pour jeune public, le Mini D déploie mouvement, énergie et poésie à travers 4 spectacles à Ixelles et Molenbeek.

Explorer les univers des chorégraphes, se laisser emporter par l'énergie des danseurs, rêver à l' évocation de la musique, puiser dans la force des costumes... 

Une quadruple invitation à la découverte, adultes admis !

 > Plus d'infos

 

Une initiative du Théâtre Marni, de Pierre de Lune, du Service de la Culture d'Ixelles, de Charleroi Danses et de la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek.

Grande parade

Troisième édition de la Grande Parade de Tout autre chose / Hart Boven Hard

Dimanche 7 mai à 14H à Bruxelles Nord

Tout le monde à table !

Cette année encore, Hart boven Hard et Tout Autre Chose s’unissent pour un rassemblement festif, citoyen et revendicatif. Venez à Bruxelles, avec vos amis et connaissances ! « 25.000 personnes étaient présentes lors des deux premières éditions. Cette année, nous construirons ensemble la plus longue table jamais vue au cœur de Bruxelles. Une table avec une place pour chacun. »

Plus d’infos ici : https://www.toutautrechose.be/grande-parade-tous-a-table

Lecture spectacle

Joli Logis

Jeudi 11 mai à partir de 18h, à la Vénerie (salle des Écuries) – Place Gilson, Watermael-Boitsfort. Entrée libre.

Dès fin 2014, le CEC les Ateliers Vénerie et l’artiste Rémi Pons entament un travail de résidence d’artiste en vue de produire une écriture théâtrale sur base documentaire, intitulée Joli Logis. Celle-ci parle de la question du logement à Watermael-Boitsfort, et plus généralement de la dualité socio-économiques et des inégalités sociales au sein de la commune. L’artiste a suivi le quotidien des allocataires et des travailleurs sociaux, rencontré un nombre important de personnes ayant un lien direct avec la question du logement au sein de la commune. Joli Logis s’est également rapproché de l’initiative culturelle Karavane initiée par le service culture. Cette expérience artistique a également généré la création de capsules sonores à partir de témoignages d’habitants autour de plusieurs questions comme : « Qu'est - ce qui fait que vous vous sentez chez vous ? Qu'est - ce qui fait que vous ne vous sentez pas chez vous ? Pour être libre j'ai choisi d'être locataire et vous ? » etc. Ce tout a donné naissance à une première ébauche de texte théâtral qui sera revisité par les participants de l’atelier théâtre Joli Logis.

> Plus d'infos

> Lire l’interview de Rémi Pons parue dans le Journal de Culture & Démocratie n°42, « Culture et lutte contre la pauvreté ».

 

Matinée d’information

La réforme APE. Où en sommes-nous ?

Jeudi 18 mai 2017 de 9h30 à 12h30 au Centre culturel de Huy, avenue Delchambre, 7 – 4500 Huy. Entrée libre. Inscription obligatoire.

Depuis plus d’un an, dans le cadre du Pacte pour l’emploi et la formation, la Région wallonne travaille sur une réforme en profondeur des aides à l’emploi. C'est l'un des grands chantiers du gouvernement Magnette et de sa ministre de l’Emploi, Eliane Tillieux. Le gouvernement wallon a adopté en première lecture le projet de réforme du dispositif APE le 16 février 2017. Le texte est désormais soumis à l’avis des instances consultatives et retournera ensuite au gouvernement wallon avant d’être soumis au vote du Parlement wallon. La Ministre Tillieux souhaite que la réforme entre en vigueur le plus vite possible.

Mais que sait-on à présent sur les changements qui s'appliqueront au secteur non-marchand ?

L’Association des Centres culturels (ACC), la Fédération Pluraliste des Centres d’Expression et de Créativité (FPCEC), l’Association des Archivistes francophones de Belgique (AAFB) et Musées et Société en Wallonie (MSW) s’associent pour organiser une matinée d’information sur la réforme APE.

Olivier Jusniaux, Chef de Cabinet de la Ministre Tillieux, en charge de l’Emploi, présentera le nouveau dispositif.Alda Greoli, ministre en charge de la Culture, interviendra en tant que Ministre dite « fonctionnelle ». Un panel composé de représentant/e/s des secteurs CC, CEC, Archives et Musée lancera le débat.

> Inscriptions : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScEwhUNz8GT0uxv79VfG64L-y0msjv7yrB9TidubplSJ-8nxQ/viewform?c=0&w=1

Formation

Démocratiser le travail, pourquoi et comment ?

Les mardis 16, 23, et 30 mai, et le 06 juin 2017, de 9h30 à 16h30 à Charleroi, Boulevard Devreux, 8.

Cette double question sera abordée au fil des quatre jours de formation, avec l’intention de permettre la mise en œuvre de changements concrets et rapides au sein des organisations.

À partir d’outils proposés par les formateurs, cette formation proposée par le CESEP sera l’occasion de faire le point sur les attentes et projets personnels relatifs au travail, et sur la situation actuelle des associations. Différents modèles organisationnels, techniques et méthodes d’intelligence collective seront présentés et expérimentés. Ils seront aussi critiqués en regard de leur capacité à contribuer pratiquement à une transition démocratique au travail. Cet horizon démocratique constitue en effet le fondement de la démarche et fera l’objet d’une attention particulière.

À la fin de la formation, les participants seront capables de :

  • Répondre à la question « pourquoi démocratiser l’organisation du travail ? »
  • Analyser le contexte et la situation de leur organisation pour développer une stratégie de changement ad hoc
  • Mettre en œuvre plusieurs outils, techniques et méthodes pour avancer concrètement dans le sens d’une transition démocratique au travail. 

PAF

280€ (remboursables par le Fonds 4S pour les associations concernées).

Les inscriptions sont ouvertes dès aujourd’hui auprès de Catherine LEONARD : catherine.leonard@cesep.be

Plus d’infos :  http://cesep.be/index.php/67-formations/travailleurs-associatifs/formations-programmees/662-vers-plus-de-democratie-interne-dans-nos-associations

 

Expositions

Cimetière d’Espace

Exposition du 11 mai au 4 juin 2017 Aux Halles Saint-Géry – Agora bruxelloise 1, Place Saint-Géry 1000 Bruxelles. Entrée libre.

Depuis ces 3 dernières années Lou Delamare, plasticienne et architecte, basée à Bruxelles, développe un travail autour du patrimoine paysager de la friche de Tour & Taxis.

L’ensemble de ces oeuvres traite du rapport physique à la terre sur le site de Tour & Taxis. Toutes représentent en quelque sorte des « preuves à conviction » qui s’incarnent à travers divers supports : extrait du réel, fiction, écrits, documents administratifs, photographies…

Entre autres, la parcelle de terrain « Tour & Taxis Backup » sera exposée. Elle constitue à ce jour le dernier vestige du bas relief végétal, un « échantillon » d’un paysage disparu, une boite noire qui contient l’ADN biologique du territoire qui fut jadis.

> Plus d'infos  

 

Le travail de Lou Delamare sera également présenté dans le dossier du prochain Journal de Culture & Démocratie consacré aux friches, à paraître fin juin !

Rêver – 8e Biennale de photographie en Condroz

Du 5 au 27 août 2017 Marchin – Tahier. 20 expositions ouvertes les week-ends + lundi 14 et mardi 15 août, de 10h à 19h

« Rêver… Sûrement le premier et le dernier des droits de l’homme sur terre… Peut-être le premier et le dernier réflexe de l’œil, quand il lui faut s’ouvrir sur l’intransigeante réalité du monde…
Si elle a de tout temps (sans toujours en sortir vainqueur) eu partie liée avec le réel, avec le visible et le tangible, avec une hypothétique véracité des faits, la photographie a aussi nourri depuis ses origines des liens privilégiés avec le fantasme et l’imaginaire, avec la rêverie ou le délire, avec les infimes illusions ou les écrasantes aspirations.

À l’heure où d’aucuns voudraient nous vendre un monde sans rêve, et d’autres rêver sans le monde, la Biennale de photographie en Condroz poursuit avec ténacité sa modeste exploration des pans sensibles de l’humain, proche ou lointain. Légers déplacements de sens ou petites clés des songes, lapsus involontaire ou grand projet somnambule, chroniques intimistes ou périples vers l’inconnu : les images d’auteur qui jalonnent le parcours de cette huitième biennale nous rappellent que photographier demeure un des meilleurs moyens de garder les pieds sur terre – tout en ayant la tête en l’air, bien haut s’il le faut, plus haut si l’on peut. »

Emmanuel d’Autreppe (membre de l’équipe organisatrice)


Les photographes invités : Didier Bizet (F), Anne-Sophie Costenoble (B), Alexandre Christiaens (B), Sian Davey (GB), Alexandra Demenkova (RUS/ISR), Jean-François Flamey (B), Karel Fonteyne (B), Anne Greuzat (F), Marc Guillaume (B), Nick Hannes (B), Xavier Istasse (B), LaKabane (B), Baudoin Lotin (B), Marie Moroni (F), Paul Nougé (B), Jacqueline Roberts (F)

> Plus d’infos : http://biennaledephotographie.be/

 

Publications

Deux publications de l’Observatoire de la Santé et du Social

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le cadre du Rapport bruxellois sur l’état de la pauvreté, l’Observatoire de la Santé et du Social vient de publier le rapport thématique « Aperçus du non-recours aux droits sociaux et de le sous-protection sociale en Région bruxelloise ». Le rapport et le résumé sont disponibles ici.

Il publie également les Regards croisés, cahier qui rassemble des analyses du même thème par des acteurs de référence des secteurs de l’aide et/ou du soins aux personnes, il est disponible ici.  

Les Regards croisés 2016 et le Rapport thématique 2016 constituent une base de faits sur le non-recours et la sous-protection sociale à Bruxelles aujourd’hui, afin que nos responsables politiques et membres de l’Assemblée réunie puissent réfléchir aux meilleures mesures à prendre pour lutter contre le développement de la sous-protection sociale dans notre Région. Il constitue également un outil de travail dont peuvent se saisir différents acteurs afin de travailler cette problématique sur un droit ou un secteur en particulier.

 

Site Internet

Nouveau site Internet pour la Concertation des Centres Culturels Bruxellois

Il y a quelques semaines de cela, le site Internet de la Concertation des Centres culturels bruxellois a fait peau neuve. Toujours accessible via la même adresse www.centresculturelsbruxellois.be, ce nouveau site est le résultat de plusieurs mois de travail et met en avant la Concertation, ses activités, son réseau et ses partenariats tout en gardant une place pour les actualités du secteur (rencontres, appels à projets, formations, emplois, annonces spécifiques pour les artistes).

Source d'information et de réflexion incontournables pour le secteur socioculturel et artistique à l’échelle de la Région bruxelloise et au-delà, cette nouvelle interface vise à répondre aux attentes de chacun. Ainsi, et comme vous le faisiez sans doute déjà, n'hésitez pas à leur transmettre toute information qui pourrait bénéficier d'un relais sur leur site !

Plus d’infos : www.centresculturelsbruxellois.be

Contact : info@centresculturelsbruxellois.be

 

Participation

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Merci à Sabine de Ville, Baptiste De Reymaeker, Pierre Hemptinne, Jacques Liesenborghs, Sébastien Marandon, Béatrice Minh, Anne Pollet, Joël Roucloux et Georges Vercheval pour la rédaction et la préparation de cette Lettre d'information.

Illustration : « 2 bears » – ©Lina Kusaite dont les œuvres accompagnent le Journal de Culture & Démocratie n°44 tout juste paru.