Écologie : pourquoi se sent-on coupable ?
Face à l’urgence écologique, nous sommes pris·es dans une multitude d’injonctions et d’informations. D’un côté un flux d’informations toujours plus alarmantes sur l’état de nos écosystèmes, de l’autre le constat de l’insuffisance de nos modalités d’action, et quelque part entre les deux, « l’idée commune selon laquelle nous avons tou·tes, dans notre quotidien, une responsabilité à l’égard de ces catastrophes ». Ces tendances, observe Matthieu Wieser, concourent à générer, chez certaines personnes sensibles à l’écologie, « des doutes, une espèce de gêne, une sorte d’inconfort au monde », un certain sentiment de culpabilité. Ce type d’affect et les peurs qui l’entourent sont largement instrumentalisés par nombre de voix de la scène politique pour dénigrer une soi-disant « écologie punitive » − élément de langage qui, avec de nombreux autres, a récemment envahi l’espace socio-politique pour discréditer la prise en compte de l’écologie dans la société. Ce qui intéresse ici Matthieu Wieser, c’est la persistance d’un sentiment de culpabilité. De quoi est-il le nom ? Pour lui, ce sentiment est le témoin de nos manières d’appréhender la question écologique et le signe que l’écologie déborde le cadre de nos organisations politiques actuelles. « Le vivant n’entrera pas dans nos Parlements, sinon pour les faire imploser », écrit-il. Mais si ce sentiment de culpabilité « peut se lire comme la trace […] de notre inconfort à jouer les règles du jeu néolibéral ou représentatif », il témoigne en même temps de « la possibilité d’expérimenter d’autres façons de jouer qui sont d’autres manière d’exister ».

Écologie : pourquoi se sent-on coupable ?
IntroductionLes petits gestes du néolibéralismeLes petits gestes de l’écologie politiquePolitisation de la natureLa culpabilité de l’écologiste : seulement un affect moral ?La culpabilité comme affect politiqueLa culpabilité, symptôme d’une tensionPerspectives politiques de l’écologie