Essentiel·les et debout
Face aux réformes menaçant les droits sociaux, le Conseil d’Administration de Culture & Démocratie dénonce un désengagement politique qui fragilise les citoyen·nes et creuse les inégalités. Les membres alertent sur la disparition d’acteur·ices essentiel·les du tissu culturel et social.
Depuis plus de trente ans, notre association observe, échange et sensibilise à ce qui lie les cultures et la démocratie. Représentative de ces entrelacs, notre assemblée générale rassemble un patchwork d’artistes, d’enseignant·es, de soignant·es, de travailleur·ses du socio-culturel, de chercheurs et chercheuses universitaires… Mardi dernier, bon nombre des membres de Culture & Démocratie étaient dans la rue auprès de plus de 140 000 personnes, avec la société civile et les citoyen·nes. Pour s’élever contre des mesures déjà prises et celles envisagées aux différents niveaux de pouvoirs belges. Les conséquences des réformes annoncées le seront sur le niveau de vie, les pensions, les soins de santé, l’accès à la culture, l’enseignement… Autant dire que tout le monde est concerné. Plus encore, celles et ceux qui marchaient déjà sur un fil fragile.
Vendredi 17 octobre était la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté. En Belgique, 1 personne sur 5 est exposée à un risque de pauvreté. Chiffre terrible qui risque d’augmenter encore avec la mise en œuvre des nouvelles réformes. Fragiliser les citoyen·nes, c’est accroitre le risque de repli et d’isolement. C’est réduire les possibilités de chacun·e de participer à la vie en société.
Le désengagement financier et politique à remplir ces missions est, à nos yeux, le catalyseur de la frustration et de l’exaspération des citoyen·nes. Pour beaucoup, nous assistons à une trahison même de l’idée du pacte social. Ne soyons pas dupes : la réduction des services publics ne fait pas seulement économiser des ressources, elle prive aussi des générations entières de leur droit fondamental à une existence digne et à l’accès à des biens communs ou partagés. La suppression des moyens alloués aux CPAS dans le cadre de leurs collaborations avec Article 27 pour soutenir la participation culturelle est un bien triste exemple qui renforce le sentiment de mépris à l’égard des personnes exclues de toute forme de sécurité sociale. Tout comme la disparition annoncée de nos partenaires de longue date de la Médiathèque Nouvelle. Cette institution a accompagné des générations de citoyen·nes, de bibliothécaires, d’enseignant.es, de médiateur.ice.s et de collectivités locales dans leurs projets de diffusion, d’éducation et d’accès à la culture.
Sous prétexte de simplifier l’administration et de faire participer « équitablement » les secteurs socio-culturels déjà malmenés (ou mal aimés ?) aux économies gouvernementales, nous assistons à un triste cercle vicieux de la violence institutionnelle qui mène à une violence populaire et découle sur des projets de réarmement des forces de l’ordre. Là est le signal fort et inquiétant d’une dérive matérialiste où les idéologies politiques oublient l’humain et font place, pas à pas, à une société que nous ne souhaitons pas.
Dans un tel contexte, la violence citoyenne commentée par certains partis politiques ne peut être vue comme un acte de rébellion simpliste mais bien comme un cri désespéré contre un système déconnecté du réel.
Rappelons que nous sommes là. Pour elles, pour eux. Essentiel·les et debout.
Le Conseil d’Administration de Culture & Démocratie
Nous partageons ici plusieurs cartes blanches et appel à signatures de nos partenaires :
- carte blanche de la Fesefa
- appel à signatures d’Article 27
- communiqué du RABKO
- communiqué de la Médiathèque Nouvelle
- carte blanche des organisations des secteurs associatif et syndical
- communiqué de la Fédération des maisons médicales
- recensement des partes d’emploi dans le non-marchand
- appel à signatures des professeurs d’Académie
