Gaza dévastée, mais debout (poème)
Ziad Medoukh est professeur de français et chercheur en sciences du langage à l’université Al-Aqsa de Gaza. Université prise pour cible et détruite comme l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur de l’enclave palestinienne par les forces israéliennes. Poète et écrivain engagé, Ziad Medoukh a fait le choix de rester à Gaza. Culture & Démocratie publiera régulièrement ses chroniques et ses poèmes écrits avec force et justesse depuis Gaza City.
Dans Gaza assiégée et affamée, par la mort et le silence complice, un peuple digne résiste encore, porteur d’espoir et de mémoire malgré l’horreur. Un poème de Ziad Medoukh
La ville assiégée est dévastée, déchirée et démantelée
Vit le chaos général
Atroce actualité avec son lot de carnages,
Une horreur sans nom,
Un cauchemar sans fin et inimaginable.
Elle est habitée par le bruit du silence horrible
Enterrée sans tissu ni dépouille
Sous les décombres de la conscience.
Sur sa tombe, une rose de mémoire mensongère
Dans ses traits, une douleur intense
Une plaie qui saigne sur le sable
Des larmes qui lavent la douleur du ciel
Une folie meurtrière en toute impunité
Devant la sourde oreille des complices.
Elle fait face seule à l’obscurité étrange
Ses enfants dorment sans nourriture
Tant de visages amaigris, anxieux,
Des mères cachent les larmes
De la douleur de la faim
Le son des balles s’élève au-dessus
Du son de la vie et
Des pièges mortels se dressent
Pour les innocents.
Dans la clé, il y a des frissons
Des rescapés
Sur les visages des héros,
Un soleil qui ne se couche jamais sur l’olivier
Le reste d’un rêve brisé
Efface les larmes de la douleur
Ici, la mémoire nait de la terre de la peur
De la profondeur de l’appartenance
La dignité est du côté de ceux
Qui relèvent la tête,
Qui refusent l’humiliation.
Des palmiers majestueux face aux vents
Chaque coin renferme des histoires de lutte
Un peuple qui ne connait pas le gout de la défaite
Chaque cœur triste y compose des mélodies de joie
Elle serre la main du temps avec
Des doigts qui ne tremblent pas
Elle grave la carte de l’espoir sur ton front
Elle sème la vie dans les cendres des jours
L’horreur et le désespoir n’atteindront pas
Le chant des enfants
Pour rayonner l’espoir d’un temps meilleur.
Lire les autres publications de Ziad Medoukh
« Gaza, de l’enclave au continent », dans Journal de Culture & Démocratie, Hors-série, 2020.
« L’aide humanitaire à Gaza, un piège mortel pour les habitants » (chronique), dans Agora, 2025.
