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Nature culture
49 Résultats
Bricoler dans les interstices
Fanny Lederlin
L’approche occidentale et contemporaine du monde, son idéal technocratique de maitrise sur la nature et ses promesses de solutionnisme technologique, provoquent une atomisation de la société et ne nous permettent pas de faire monde commun selon des principes pleinement démocratiques. La philosophe Fanny Lederlin propose de résister à cette approche en y opposant une logique « bricoleuse » qui valorise les pratiques amatrices, le soin porté aux objets et la délibération collective.
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D’un théâtre technologique à l’autre : mettre en scène les infrastructures et la maintenance technique
Tyler Reigeluth
Les promesses du solutionnisme technologique en termes d’écologie, de mobilité ou encore de sécurité nous écartent des réalités matérielles des infrastructures censées prendre en charge ces questions, tout en nous détournant de leurs enjeux politiques et socio-économiques. Tyler Reigeluth nous montre le hors-champ des interfaces lisses et standardisées des objets qui nous entourent. Il affirme l’urgence esthétique et politique de reconsidérer les systèmes techniques par les utilisateur·ices, de valoriser le travail de maintenance et d’assurer la permanence des savoir-faire de celles et ceux qui s’en occupent.
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Gouverner par le vivant : autoritarisme environnemental et pouvoir en Chine
Virginie Arantes
La Chine se présente comme une « civilisation écologique », un modèle de développement vert. Pourtant, sous le ciel bleu de Pékin l’écologie est devenue terrain politique et ses narratifs sont instrumentalisés pour servir la stratégie d’un régime totalitaire. Virginie Arantes décortique ici les mécanismes d’une écologie post-politique à l’œuvre et invite nos sociétés occidentales à ne pas neutraliser la question environnementale et à entretenir le débat démocratique pour en comprendre les rapports de pouvoir.
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Entre les limites, le monde balance
Élise Feron
La crise écologique nous impose de revoir nos modes de vies et par là, la manière dont nous consommons les ressources naturelles et limitées à notre disposition. Derrière ce constat, une notion soulève des enjeux centraux et d’une profonde complexité : celle des limites. Elles sont de plus en plus régulièrement évoquées dans le contexte de la crise écologique, souvent à tâtons. Exploration de cette notion et de ses ramifications à travers les perspectives de chercheur·ses et acteur·ices de terrain.
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Nathan Vandenberghe
Marcelline Chauveau
L’ornementation, l’action d’orner une architecture ou un objet d’un détail décoratif, interroge notamment la possession et son pouvoir. Son utilité est questionnable au sens où l’ornement ne sert pas la fonction d’usage mais les fonctions esthétiques et symboliques. « Trop chargé, ou minimaliste ! », « Kitsch ou chic ! », « Lourd ! », « Froid ou chaleureux ! »… L’ornement montre, par son abondance ou son absence, une volonté de distinction : « Je possède donc je suis. » Il représente la richesse ou la pauvreté, entérine les bons et les mauvais gouts. Maitriser les codes esthétiques dominants transmis par les ornements est un marqueur social et culturel, et donc une démonstration de pouvoir. Nathan Vandenberghe se saisit de la question de l’ornement à travers sa production industrielle. Dans les deux séries présentes dans les pages de ce Journal, il s’interroge : comment politiser par l’art le modèle de pouvoir capitaliste et productiviste qu’incarne l’ornementation ?
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Écologisation : une belle vie pour tou·tes
Pierre Hemptinne
« N’oublions pas que les dispositions humaines à l’intelligence collective sont enracinées dans des bases neurales solides et qu’elles demeurent prêtes à sortir du sommeil pour être utilisées. Nous héritons d’un dialogue long de 2,4 millions d’années entre les humains et leur environnement, bien plus robuste que les formations politiques et les réseaux étalés actuels, vieux de quelques siècles seulement. »
Charles Stépanoff, Attachements. Enquête sur nos liens au-delà de l’humainn
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Écologisation : l’exemple antillais
Anagram asbl (Sarah Aucagos et Guillaume Moreau – co-fondateur·ices)
Les territoires post-coloniaux cristallisent souvent les fractures sociales et les inégalités. Leur éloignement géographique a longtemps facilité leur mécompréhension, participé à un manque de visibilité et à une certaine forme de dénigrement. Du seul point de vue écologique, les départements ultramarins représentent pourtant 80% de la biodiversité française. Cette richesse inouïe, comme nombre de zones tropicales et subtropicales, est particulièrement fragilisée par les conséquences du réchauffement climatique, de l’augmentation des températures marines, de la montée des eaux ou encore des évènements climatiques extrêmes. À cela s’ajoute une histoire (coloniale) qui a largement déstabilisé la biodiversité et creusé les inégalités sociales, et dont il est difficile de s’extraire sans trouver une autre manière d’habiter la Terre. Le philosophe martiniquais Malcom Ferdinand, dans ses écrits Écologie Décolonialen et S’aimer la Terren, suggère ainsi de marquer la rupture avec « l’habiter colonial », cette manière destructrice, raciste et patriarcale d’habiter la Terre.
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❌ Atelier jeu. 3/07 | Comment la culture peut nous relier au vivant ?
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CO-CONSTRUIRE est de retour pour une nouvelle édition à la Maison de la culture de Tournai. Cette édition 2025 invite à revisiter notre rapport au monde, à l’interdépendance avec le vivant et à l’action collective.
Une expérience grandeur nature d’une autre façon d’agir, d’habiter le monde et faire alliance avec le vivant.
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Le nous de la crise
Dipesh Chakrabarty
Le temps des humains n’est pas le temps de la planète. Or, restaurer l’habitabilité de la Terre implique de penser en fonction de cette temporalité planétaire. Mais comment réduire la crise climatique qui impacte toutes les sociétés tout en tenant compte des différences et différends irréductibles à l’intérieur même de chaque société ? En croisant histoire mondiale, temporalités multiples et responsabilités partagées, l’historien Dipesh Chakrabarty propose dans cet entretien une réflexion sur les manières de faire lien à l’échelle de l’humanité.
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The “we” that speaks of a crisis
Dipesh Chakrabarty
Human time isn’t planetary time. Yet, to restore Earth’s habitability means thinking in terms of this planetary temporality. So how can we reduce the climate crisis that impacts humanity as a whole, while taking into account the differences between and within all societies? In this interview, historian Dipesh Chakrabarty combines world history, multiple temporalities and shared responsibilities to explore ways of forging links on a global scale.
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Crise climatique et rituels de justice
Françoise Tulkens, Thibault Galland, Vincent Lefebve
La crise climatique a donné lieu à des mobilisations des institutions juridiques et aux processus de constitution du droit afin de répondre aux besoins de justice. La traduction de préoccupations et de questionnements réels en termes juridiques n’est pas dénuée d’aspects ritualisés qui participent au débat collectif sur notre relation à l’environnement, notamment à travers le terme « écocide ». Cette ritualité prend la forme de deux mouvements, deux dynamiques, du haut vers le bas et du bas vers le haut. Que retenir de ces nouvelles mobilisations du droit pour une justice climatique ?
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Culture et crise climatique
Le secteur culturel se préoccupe de la question climatique. Les grandes institutions planchent sur les moyens de réduire leur empreinte carbone et se heurtent à ce qui fait partie de leur modèle : faire se déplacer un grand nombre d’individus !
La proposition de charte récemment publiée en France à l’initiative de Guillaume Logé, conseiller artistique, chercheur associé à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, et cosignée par de nombreuses personnalités, prend une orientation plus prometteuse : s’attaquer à la production d’imaginaires qui rendront possible et désirable l’émergence de nouveaux modes de vie, en phase avec les enjeux climatiques. En effet, la culture se situe-là, et l’on oublie souvent que cette production du sensible peut faire l’objet de politiques spécifiques, ouvrant des possibles ou reproduisant le même.
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Lina Kusaite
Hélène Hiessler
Lina Kusaite est une illustratrice et éco-artiste. D’origine lituanienne, des études en stylisme l’amènent à séjourner dans divers pays européens, et elle décide finalement de s’installer à Bruxelles au tout début des années 2000, malgré les difficultés administratives importantes à une époque où la Lituanie n’est pas encore membre de l’UE.
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Symphonie australe Music Fund et l’enseignement musical à Maputo
Jérôme Giersé, Alexandra Gelhay
Les échos de la Valse en do dièse mineur de Chopin font résonner les couloirs du conservatoire d’une douce nostalgie. Inlassablement, le pianiste polit le geste, assouplit le mouvement, affine le galbe de sa phrase musicale. Le délié du jeu ferait presque oublier la pesante chaleur des lieux, le délabrement des infrastructures. Ici c’est un trait virtuose de violon qui attire l’attention, plus loin la vocalise d’un ténor. Voici quelques jours que nous sommes arrivés en Afrique australe et que nous découvrons la vie musicale de Maputo, la bouillonnante capitale du Mozambique. Plombée par 15 ans de guerre civile, la cité africaine a connu depuis le retour de la paix en 1992 un développement fulgurant. Les grands boulevards rectilignes bardés de gratte-ciel aux enseignes des banques internationales cernent les anciens quartiers résidentiels portugais. Les avenues Karl Marx, Mao Tse Tung ou Vladimir Lénine rappellent un autre temps, celui d’un socialisme radical, soutenu par le bloc de l’Est et qui s’est effondré avec lui. Si les investissements internationaux ont bel et bien changé le visage de l’ancienne Lourenço Marques portugaise, Maputo reste une ville d’une incommensurable misère, à l’image de ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète par l’ONU.
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Désorceler la finance ou fabuler en action
Emmanuelle Nizou, Luce Goutelle
Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’atmosphère d’exaltation et de surexcitation qui règne sur l’image, à mi-chemin entre frénésie et transe. On y voit des hommes –majoritairement – de plusieurs générations, jeunes recrues aux joues roses et rondes, cadres confirmés au visage fatigué, d’âge mûr, à la corpulence volumineuse… Ils sont en costume, gris clair à anthracite, marine, noir, foncé. Plus grand chose à voir avec les criardes survestes de coton épais jaunes, rouges ou bordeaux que revêtaient les traders des salles de marché dans les années 1980. La poignée de résistants du London Metal Exchange se joue d’une bien plus grande sobriété. Ne restent des couleurs que celles des minces cordons rouges pendus aux cous des traders qui retiennent leur fiche d’identité. C’est comme si les cravates avaient absorbé toute la fantaisie possible – des roses, des bleues, des mauves, des rayées – et volé aux chaussettes la palme de la créativité…
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Avant le musée, la forêt
Alain Kerlan
Les institutions culturelles que nous connaissons permettent-elles un réel accès aux œuvres qu’elles exposent ? L’œuvre d’art peut-elle faire sens en étant déconnectée de l’ordinaire ? En réponse à ces questions, le philosophe en appelle à une « éducation esthétique de la sensorialité ».
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À nos amours telluriques
Igor Antic
« La chanson de Vergara et Benzakin » en pages 34 à 35 de ce Journal rassemble les propos des commissaires de la 9ème biennale d’art contemporain de Louvain-la-Neuve intitulée : « Oh les beaux jours ! Une esthétique des moyens disponibles ». Igor Antic est l’un des artistes invités à présenter son travail à cette occasion. Il explique ici sa démarche et la réflexion qui a présidé à la réalisation de son installation « Remodélisation des montagnes ».
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La chanson de Vergara et Benzakin
Baptiste De Reymaeker, Marie des Neiges de Lantsheere, Angel Vergara, Joël Benzakin
"Chante maintenant, chante ta chanson,
il n’y a plus que ça à faire."
Samuel Beckett
Du 6 octobre au 10 décembre 2017 aura lieu à Louvain-la-Neuve la neuvième biennale d’art contemporain, produite par le Centre culturel d’Ottignies Louvain-la-Neuve. Cette neuvième édition, confiée à deux commissaires – Angel Vergara (plasticien) et Joël Benzakin (curateur et critique d’art) – s’intitule « Oh les beaux jours – Pour une esthétique des moyens disponibles ». Les œuvres d’une cinquantaine d’artistes, présentées dans l’espace public, questionneront les limites du monde à l’ère de l’anthropocène*, tout en proposant un « retour sur Terre », une réflexion sur l’idée de communauté. Nous avons rencontré Angel Vergara et Joël Benzakin pour nous faire une idée plus précise de leurs intentions.
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