Association

Analyses

Dans le cadre de sa mission d’éducation permanente Culture & Démocratie produit au moins 30 analyses par an. La plupart sont éditées dans le Journal de l’association et dans la revue Archipels, d’autres paraissent dans des publications extérieures.

51 Résultats
Féminisme et culture populaire : la figure de la bitch
Entretien avec Elena Diouf
Dans les années 1990-2000, dans le monde de la musique en particulier, des voix de femmes (comme Madonna, Neneh Cherry, Britney Spears, Beyonce et d’autres) émergent qui revendiquent l’émancipation féminine. Leur hypermédiatisation fait entrer des valeurs féministes dans la pop culture. On parle désormais de « féminisme pop », qui se diffuse massivement, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Certain·es y voient la fin d’un féminisme « authentique », la récupération marchande des valeurs féministes, et de fait, le féminisme, qui s’affiche désormais sur des t-shirts griffés, n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. Pourtant, à leur manière, ces nouvelles figures féministes résistent bel et bien aux assignations et ouvrent des espaces de contestation du patriarcat. Elena Diouf s’est intéressée à l’une d’elles, celle de la bitch, rappeuse « racisée, indépendante et puissante » qui entend détourner les stéréotypes qu’on lui associe.
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Le roman populaire
Entretien avec Paul Aron
Les best-sellers sont-ils des romans populaires ? Les romans populaires sont-ils un genre en soi ? Qui les écrit, les lit, et de quoi parlent-ils ? Avec la démocratisation de l’écriture et des moyens de publication, la question de la légitimité littéraire se pose différemment. Quelle place donner à l’enseignement d’une littérature populaire aujourd’hui ? Paul Aron propose ici quelques clés et éléments de réponse.
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Pas de culture sans culture populaire
Jan Baetens
Entre ressource et menace, la culture populaire se trouve en tension entre culture instituée et culture de masse. L’une comme l’autre ont tendance à politiquement l’affaiblir et la récupérer jusqu’au risque de voir disparaitre tant la « culture populaire » que « le peuple » qui la constitue, soulève Jan Baetens à la suite des « études culturelles ». Pourtant, comprise non pas comme un objet fixe mais comme une pratique d’existence capable de transformer le champ social, la culture populaire ne cesse de résister à sa propre disparition.
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L’art brut : singularité, hermétisme et spontanéité culturelle
Entretien avec Matthieu Morin
L’art brut est-il un art populaire ?Si tous deux partagent la spontanéité et l’ouverture au monde extérieur, Matthieu Morin les distingue radicalement. Pour l’auteur de l’ouvrage Des pépites dans le goudron (Frémok, 2019), l’art brut est « un art qui s’ignore »,il relève d’une extrême singularité, d’une spontanéité vitale qui n’en est pas moins attachée à un contexte d’existence, mais au contraire de l’art populaire, il n’a pas de caractère collectif. Et si l’art brut permettait de redessiner des frontières poreuses entre culture, art et production de masse ?
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La mascarade, pratique populaire universelle
Entretien avec Clémence Mathieu
Les traditions carnavalesques sont par essence des traditions populaires – portées par les populations. À Binche, un musée y est consacré : le Musée international du Carnaval et du Masque, qui fait la part belle au carnaval de Binche et à ses objets rituels, mais aussi aux folklores et carnavals de Wallonie et du reste du monde. Clémence Mathieu évoque sa genèse et la place de ces rituels folkloriques dans la société, de l’Antiquité à nos jours.
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Le peuple, infiniment conflictuel
Antoine Chollet
Populaire, populisme : les termes se mêlent dans une confusion qui permet tantôt l’auto-légitimation, tantôt le discrédit. Au cœur de ce flou, le mot peuple, notion inévitablement politique et ambivalente. Antoine Chollet revient sur l’histoire de ce mot et sur ses différents contextes de mobilisation. Peuple-dèmos (assemblée de tou·tes les citoyen·nes), peuple-plèbe, peuple tout ou partie : le peuple démocratique est condamné à « être et demeurer impur, toujours habité par ses autres ».
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Tendre à une écriture collective des territoires
Entretien avec Axelle Grégoire
Les cartes qui accompagnent cet article sont, pour la plupart, issues de l’ouvrage Terra Forma. Manuel de cartographies potentielles, écrit à six mains par Frédérique Aït-Touati, Alexandra Arènes et Axelle Grégoire, et paru aux éditions B42. Face au constat de l’invisibilisation du vivant dans la cartographie traditionnelle, les autrices entreprennent de questionner la carte comme outil de représentation du monde. L’objectif n’est pas ici de remplacer les cartes traditionnelles mais de proposer de nouveaux points de vue – sept modèles – sur cet outil. Ce travail résonne avec la thématique de ce hors-série, le chez-soi étant ici entendu comme la perception du vivant, de son « terrain de vie ». Nous avons questionné Axelle Grégoire sur cette nécessité de redevenir acteur·ices de l’écriture de nos territoires.
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Le contretemps de l'émigration et « l'impossible retour » des migrant·es haïtien·nes
Bodeler Julien
On se réfère régulièrement au thème des migrations en les considérant comme des mouvements rectilignes, les individus allant d’un point A à un point B. Or, la réalité est parfois plus complexe comme dans le cas des émigré·es haïtien·nes pour beaucoup attaché·es à deux sociétés en même temps. Le désir de retour ne se pose plus en termes de « choisir une société ou l’autre » pour y vivre : le retour devient une dimension particulière des formes de circulations dans la mondialisation. C’est à travers une démarche ethnographique et de nombreux entretiens que Bodeler Julien étudie ces mouvements migratoires.
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Politiques du retour
Entretien avec Yala Kisukidi
Pour Yala Kisukidi, la question du retour s’inscrit dans une biographie. Fille d’un exilé politique, elle se construit dans des récits de luttes pour la terre et de retour. A contrario de l’idée d’une authenticité du sol ou de la natalité comme ancrage, la philosophe questionne le retour comme réactivation politique des mouvements décoloniaux, comme confrontation des Nords et des Suds du monde. S’il lui semble possible de se revendiquer de deux lieux en même temps, elle insiste sur la nécessité d’interroger les conditions d’habitabilité de ces deux espaces et parfois leurs divergences profondes. Elle invite à éviter le piège des appartenances et développe la notion de « présences multiples » qui implique un investissement réel dans les lieux que l’on se choisit.
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Héros sans domicile fixe
Toma Muteba Luntumbue
Le cadre de l’État-nation a pu circonscrire les limites d’un chez-soi fondé sur une représentation prétendue commune de la nation, de son histoire et de ses figures héroïques. Le « devenir-monde » a déstabilisé l’idée d’une appartenance nationale commune pour venir complexifier les jeux des identités. Désormais ce n’est plus l’État comme limite immuable qui en détient le monopole. Dans ce contexte, Toma Muteba Luntumbue, revient sur les pratiques contestataires et revendicatives de déboulonnage des statues des « héros nationaux ». Pour lui, ces actions ne visent pas à « effacer l’histoire et le passé » de l’espace public mais à engager une réconciliation avec un futur partagé.
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bruxelles  
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