Articles avec tag « analyse »
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Féminisme et culture populaire : la figure de la bitch
Entretien avec Elena Diouf
Dans les années 1990-2000, dans le monde de la musique en particulier, des voix de femmes (comme Madonna, Neneh Cherry, Britney Spears, Beyonce et d’autres) émergent qui revendiquent l’émancipation féminine. Leur hypermédiatisation fait entrer des valeurs féministes dans la pop culture. On parle désormais de « féminisme pop », qui se diffuse massivement, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Certain·es y voient la fin d’un féminisme « authentique », la récupération marchande des valeurs féministes, et de fait, le féminisme, qui s’affiche désormais sur des t-shirts griffés, n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. Pourtant, à leur manière, ces nouvelles figures féministes résistent bel et bien aux assignations et ouvrent des espaces de contestation du patriarcat. Elena Diouf s’est intéressée à l’une d’elles, celle de la bitch, rappeuse « racisée, indépendante et puissante » qui entend détourner les stéréotypes qu’on lui associe.
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Le roman populaire
Entretien avec Paul Aron
Les best-sellers sont-ils des romans populaires ? Les romans populaires sont-ils un genre en soi ? Qui les écrit, les lit, et de quoi parlent-ils ? Avec la démocratisation de l’écriture et des moyens de publication, la question de la légitimité littéraire se pose différemment. Quelle place donner à l’enseignement d’une littérature populaire aujourd’hui ? Paul Aron propose ici quelques clés et éléments de réponse.
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Pas de culture sans culture populaire
Jan Baetens
Entre ressource et menace, la culture populaire se trouve en tension entre culture instituée et culture de masse. L’une comme l’autre ont tendance à politiquement l’affaiblir et la récupérer jusqu’au risque de voir disparaitre tant la « culture populaire » que « le peuple » qui la constitue, soulève Jan Baetens à la suite des « études culturelles ». Pourtant, comprise non pas comme un objet fixe mais comme une pratique d’existence capable de transformer le champ social, la culture populaire ne cesse de résister à sa propre disparition.
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L’art brut : singularité, hermétisme et spontanéité culturelle
Entretien avec Matthieu Morin
L’art brut est-il un art populaire ?
Si tous deux partagent la spontanéité et l’ouverture au monde extérieur, Matthieu Morin les distingue radicalement. Pour l’auteur de l’ouvrage Des pépites dans le goudron (Frémok, 2019), l’art brut est « un art qui s’ignore »,il relève d’une extrême singularité, d’une spontanéité vitale qui n’en est pas moins attachée à un contexte d’existence, mais au contraire de l’art populaire, il n’a pas de caractère collectif. Et si l’art brut permettait de redessiner des frontières poreuses entre culture, art et production de masse ?
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La mascarade, pratique populaire universelle
Entretien avec Clémence Mathieu
Les traditions carnavalesques sont par essence des traditions populaires – portées par les populations. À Binche, un musée y est consacré : le Musée international du Carnaval et du Masque, qui fait la part belle au carnaval de Binche et à ses objets rituels, mais aussi aux folklores et carnavals de Wallonie et du reste du monde. Clémence Mathieu évoque sa genèse et la place de ces rituels folkloriques dans la société, de l’Antiquité à nos jours.
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Le peuple, infiniment conflictuel
Antoine Chollet
Populaire, populisme : les termes se mêlent dans une confusion qui permet tantôt l’auto-légitimation, tantôt le discrédit. Au cœur de ce flou, le mot peuple, notion inévitablement politique et ambivalente. Antoine Chollet revient sur l’histoire de ce mot et sur ses différents contextes de mobilisation. Peuple-dèmos (assemblée de tou·tes les citoyen·nes), peuple-plèbe, peuple tout ou partie : le peuple démocratique est condamné à « être et demeurer impur, toujours habité par ses autres ».
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Tendre à une écriture collective des territoires
Entretien avec Axelle Grégoire
Les cartes qui accompagnent cet article sont, pour la plupart, issues de l’ouvrage Terra Forma. Manuel de cartographies potentielles, écrit à six mains par Frédérique Aït-Touati, Alexandra Arènes et Axelle Grégoire, et paru aux éditions B42. Face au constat de l’invisibilisation du vivant dans la cartographie traditionnelle, les autrices entreprennent de questionner la carte comme outil de représentation du monde. L’objectif n’est pas ici de remplacer les cartes traditionnelles mais de proposer de nouveaux points de vue – sept modèles – sur cet outil. Ce travail résonne avec la thématique de ce hors-série, le chez-soi étant ici entendu comme la perception du vivant, de son « terrain de vie ». Nous avons questionné Axelle Grégoire sur cette nécessité de redevenir acteur·ices de l’écriture de nos territoires.
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Le contretemps de l’émigration et « l’impossible retour » des migrant·es haïtien·nes
Bodeler Julien
On se réfère régulièrement au thème des migrations en les considérant comme des mouvements rectilignes, les individus allant d’un point A à un point B. Or, la réalité est parfois plus complexe comme dans le cas des émigré·es haïtien·nes pour beaucoup attaché·es à deux sociétés en même temps. Le désir de retour ne se pose plus en termes de « choisir une société ou l’autre » pour y vivre : le retour devient une dimension particulière des formes de circulations dans la mondialisation. C’est à travers une démarche ethnographique et de nombreux entretiens que Bodeler Julien étudie ces mouvements migratoires.
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Politiques du retour
Entretien avec Yala Kisukidi
Pour Yala Kisukidi, la question du retour s’inscrit dans une biographie. Fille d’un exilé politique, elle se construit dans des récits de luttes pour la terre et de retour. A contrario de l’idée d’une authenticité du sol ou de la natalité comme ancrage, la philosophe questionne le retour comme réactivation politique des mouvements décoloniaux, comme confrontation des Nords et des Suds du monde. S’il lui semble possible de se revendiquer de deux lieux en même temps, elle insiste sur la nécessité d’interroger les conditions d’habitabilité de ces deux espaces et parfois leurs divergences profondes. Elle invite à éviter le piège des appartenances et développe la notion de « présences multiples » qui implique un investissement réel dans les lieux que l’on se choisit.
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Héros sans domicile fixe
Toma Muteba Luntumbue
Le cadre de l’État-nation a pu circonscrire les limites d’un chez-soi fondé sur une représentation prétendue commune de la nation, de son histoire et de ses figures héroïques. Le « devenir-monde » a déstabilisé l’idée d’une appartenance nationale commune pour venir complexifier les jeux des identités. Désormais ce n’est plus l’État comme limite immuable qui en détient le monopole. Dans ce contexte, Toma Muteba Luntumbue, revient sur les pratiques contestataires et revendicatives de déboulonnage des statues des « héros nationaux ». Pour lui, ces actions ne visent pas à « effacer l’histoire et le passé » de l’espace public mais à engager une réconciliation avec un futur partagé.
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Il n’y a pas de naturalité du chez-soi
Entretien avec Monique Selim
On a pu ces dernières années opposer la construction positive d’un chez-soi habitable aux flux dérégulés de la mondialisation économique. À contre-courant d’une telle pensée, Monique Selim affirme qu’il faut pouvoir appréhender le phénomène de mondialisation comme des flux positifs qui viennent contrecarrer les replis sur soi en termes d’identité et de genre. Pour l’anthropologue, nous sommes d’abord ailleurs avant d’être dans un chez-soi auquel il ne faut conférer aucune naturalité.
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L’os du chez soi
Corinne Luxembourg
Est-ce un luxe d’être chez-soi ? D’habiter un lieu, un territoire ou une communauté sans craindre le changement contraint ? Corinne Luxembourg interroge la grande précarité qui entoure les lieux de vie, ceux qui sont fragiles, ceux qu’on sacrifie à de plus grands impératifs, ceux qui sont aussi branlants que nécessaire. Non sans nous laisser entrevoir l’autre face de la pièce : derrière la sécurité du logis se cache la dignité des êtres, l’ouverture au monde et la liberté de le parcourir.
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Humain, plus-qu’humain
Entretien avec Anna Tsing··
L’ouvrage d’Anna Tsing Friction. Délires et faux-semblants de la globalité, dont la traduction française vient de paraitre aux éditions La Découverte, raconte l’histoire d’une « zone frontière » en Indonésie à la fin du siècle dernier. Nous assistons à la fin d’une forêt tropicale ...
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Où est le « chez-soi» des éleveur·ses nomades de Mongolie ?
Charlotte Marchina
Charlotte Marchina montre à quel point les modes de vie nomades et pastoraux. développent des relations différentes à l’environnement et comment les êtres humains pensent et définissent leur rapport à un chez-soi en mouvement.
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Sortir de la normale
Guillermo Kozlowski et Renaud-Selim Sanli
Avec une certaine distance, et le confinement est propice justement à produire cette séparation, il peut paraître que tout a changé ou inversement qu’il n’y a aucune rupture. Le problème avec ces deux positions maximalistes est qu’elles sont trop abstraites pour permettre d’agir. Il ne s’agit pas de prôner un juste milieu, mais de comprendre comment tout ceci modifie nos vies.
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La politique des contes : le cas du nationalisme breton
Thibault Scohier
Le conte n’échappe pas à la politique. A travers le cas du nationalisme breton, Thibault Scohier fait du conte et du folklore les personnages d’une histoire ambiguë.
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La transmission des contes : un modèle de démocratie paisible
Nicole Belmont
De bouche à oreille, les contes ont traversé les ans et les générations depuis des siècles. Plus récemment, ils ont été transcrits et sont parfois « entrés en littérature » sous la plume de conteur·ses auteur·rices qui les ont adaptés à cette fin. Bernadette Bricout pointait dans son entretien la difficulté de ce travail, qui demande d’« inscrire dans l’écriture le souffle de la parole vive ». L’anthropologue Nicole Belmont apporte ici un éclairage sur ce qu’elle appelle « le biotope » du conte traditionnel et sur ce qui se joue dans le passage de l’oral à l’écrit.
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Penche-toi, société, et bois à la source du conte
Emmanuel De Lœul
Dans son article, Baptiste De Reymaeker évoquait l’investissement de l’art de raconter par la publicité et le capitalisme à travers le storytelling. Partant de son propre cheminement, Emmanuel De Lœul pose sur le conte un regard à la fois de praticien et de journaliste. Pour lui, l’art de conter suppose de rejeter tout formatage extérieur et constitue en cela un acte subversif, un rempart au storytelling institutionnel, religieux ou politique. Face à l’instrumentalisation du conte à des fins normatives ou mercantiles, il entend « réaffirmer la fonction vitale de l’imaginaire et ses infinies possibilités ». Ainsi l’acte libre du conteur ou de la conteuse permettrait aux individus de se réapproprier ces récits et de leur rendre (ou de préserver) leur capacité à en imaginer d’autres.
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L’art du conte en Fédération Wallonie-Bruxelles
Bernadette Heinrich
Les années 1970 voient en France la naissance du « renouveau du conte ». Parallèlement au début d’un intérêt nouveau pour la littérature orale dans la sphère académique, ce mouvement artistique contribuera progressivement à la reconnaissance du conte comme discipline artistique à part entière. Il faudra attendre les années 1980 pour en voir les premiers effets en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), où plusieurs décennies plus tard, les arts du conte ont désormais une place officielle au sein des arts de la scène. Bernadette Heinrich, conteuse et co-fondatrice de la Fédération de Conteurs Professionnels de Belgique qui fêtait ses 15 ans en 2019, a été à la fois témoin et actrice de cette évolution. Elle revient ici plus particulièrement sur l’histoire institutionnelle du conte et de sa professionnalisation en FWB, et donne un aperçu du foisonnant paysage du conte sur ce territoire.
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Vivre et rêver avec le conte
Anna Angelopoulos
À la différence des mythes, dont les héros et héroïnes étaient bien réels pour les sociétés anciennes, les contes populaires sont des récits de fiction, ancrés dans un espace-temps imaginaire. Quels liens et rapports de croyance entretenons-nous néanmoins avec eux ?
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La littérature orale : un continent poétique
Entretien avec Bernadette Bricout
Longtemps déconsidérée par le milieu académique, la littérature orale a aujourd’hui retrouvé ses lettres de noblesse. Dans ce « continent poétique », on retrouve un fourmillement de genres narratifs, parmi lesquels le conte populaire, qui à son tour se décline en différents types – conte merveilleux, conte facétieux, conte de sagesse, etc. L’intérêt de Bernadette Bricout pour ce « trésor de mémoire » est avant tout de l’ordre du sensible, de l’émerveillement. En tant qu’universitaire elle a contribué à faire entrer cette littérature orale à l’université. Rencontrée la veille de son intervention au colloque « Aux sources de l’oralité » organisé par la Fédération de Conteurs Professionnels en 2019, elle nous parle ici des territoires de cette littérature, de son ancrage dans la société, des voix qui la portaient, des temps de vie qu’elle accompagnait. Elle évoque, aussi, les nouveaux chemins que cette mémoire orale emprunte aujourd’hui, riche de supports et formes nouvelles, toujours bien vivante.
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Questionner les imaginaires collectifs, déconstruire les pensées dominantes. Entretien avec les Dimanches du Conte
Entretien avec Aline Fernande et Novella De Giorgi
Pour certain·es conteur·ses, « les contes ne font pas de politique » (voir cet article). Pour d’autres, au contraire, le conte peut être porteur d’une charge politique et sociale forte et détient le pouvoir de modeler ou de changer nos représentations, pour le meilleur et pour le pire. Les Mauricettes, qui animent les Dimanches du Conte, en sont convaincues : il y a dans cet héritage oral des trésors de mémoire à remettre en lumière, mais aussi à interroger. Aline Fernande et Novella De Giorgi, deux Mauricettes, féministes et anticapitalistes, nous font part ici de leur vision, de leur volonté de contribuer, par une programmation soigneusement choisie, à déconstruire les imaginaires dominants et à donner une meilleure place aux voix les moins entendues.
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Le conte comme outil d’éducation permanente : entre co-construction formative et exploration des espaces locaux
Thibault Scohier
Le conte fait l’objet d’une reconnaissance officielle continue depuis les années 2000 en tant qu’outil pédagogique, et plus particulièrement en éducation permanente. S’il est certes une manière de se former à l’expression, il est aussi d’abord une manière de s’ancrer dans ce qui fait nos lieux collectivement à travers l’imaginaire, de les redécouvrir et de les co-construire par la mémoire qu’ils portent. Pour Thibault Scohier, cet usage du conte est primordial afin de l’écarter d’une fonction purement technique et pédagogique tout en renforcant des cultures minoritaires et singulières contre leur commercialisation.
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Une approche perspectiviste du camp
Entretien avec Aurore Vermylen
Aurore Vermylen est anthropologue. Son travail consiste, à travers des immersions dans des camps africains et en particulier auprès des réfugié·es congolais·es au Burundi et au Kenya, à remettre en perspective les visions de ce qu’est un camp et un·e réfugié·e. Elle est en train de finir une monographie sur les questions liées aux camps de refugié·es et aux crises politiques dans la région des Grands lacs en Afriquen. En s’appuyant sur ses observations de terrain, elle donne ici des éléments de réflexion autour de la question des représentations des différent·es acteur·rices du camp de réfugié·es.
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Les camps, une gestion des réfugié·es qui questionne
Entretien avec Alice Corbet
Chercheuse au CNRS, membre du laboratoire Les Afriques dans le Monde de Sciences Po Bordeaux, l’anthropologue Alice Corbet a mené des recherches sur l’humanitaire et les camps de déplacé·es. À l’occasion de ce focus, l’équipe de Culture & Démocratie s’est jointe à un long entretien organisé avec le NIMIS groupe, dont ce texte représente une petite partie. La chercheuse le rappelle : qu’ils soient ou non organisés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et des ONG, les camps sont partout. Leur présence est révélatrice de la gestion politique des migrations à travers le monde. Comprendre leur fonctionnement permet de visibiliser les procédures de gestion, voire d’exclusion, des réfugié·es. Alice Corbet propose ici quelques clés de lecture.
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« On a gagné le campement » – Des formes de la halte aux régimes de négociation de la présence voyageuse
Un article de Gaëlla Loiseau
Que se passe-t-il lorsque des gens du voyage s’installent quelque part ? Comment sont-ils accueillis, perçus ? Dans la logique du campement – ou de l’encampement –, qu’est-ce qui se joue, se négocie dans ces formes de haltes ? En s’appuyant sur son important travail sur la question, Gaëlla Loiseau propose d’abord un décodage du campement voyageur et montre ensuite les enjeux de contrôle qui se nouent dans ces contextes. Pour la sociologue, faire halte, c’est avant tout « gagner de l’espace de vie dans un contexte d’incertitude ».
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Camps de réfugié·es : un instrument dans une politique globale de contrôle des migrations
Entretien avec Clara Lecadet
Clara Lecadet est spécialiste des politiques migratoires. En revenant ici sur le contexte de création du UNHCR après la Seconde Guerre mondiale et l’émergence du camp comme solution d’accueil temporaire pour les populations déplacées, elle montre comment ces lieux – qu’ils se nomment camps, hotspots ou encore centres de rétention administrative – font en réalité partie d’un dispositif global de surveillance et de contrôle des mobilités. S’appuyant notamment sur son travail sur l’organisation politique des réfugié·es et des expulsé·es, elle fait apparaitre les rapports de force inégalitaires en jeu dans ce dispositif, entre pays du Nord et pays du Sud, mais aussi dans l’interaction complexe entre le UNHCR, les pays d’accueil et les réfugié·es.
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Le business des camps
Un article de Thibault Scohier
Les camps sont-ils un marché ? Oui, indéniablement. Privatisation croissante de la gestion, concurrence entre sociétés, business des nouvelles technologies, tests de nouveaux produits par des entreprises privées : les camps et leurs habitant·es génèrent indéniablement des profits, et les plus grands bénéficiaires ne sont pas toujours celles et ceux que l’on croit. Thibault Scohier propose ici un tour d’horizon de ce « business » juteux qu’est le « système camp ».
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D’un camp à l’autre – Iphigénie à Kos
Un article de Maria Kakogianni
Construit en trois actes, ce texte met en parallèle la tragédie d’Euripide Iphigénie à Aulis et le récit contemporain d’une autre Iphigénie, sage-femme à la retraite, qui aide une jeune Camerounaise à accoucher à proximité d’un hotspot sur l’ile de Kos en Grèce. En entremêlant ces deux récits et en convoquant Giorgio Agamben et son concept de « vie nue », la philosophe s’interroge sur le camp comme construction politique, non pas ouvertement meurtrière mais « mécanisme qui laisse mourir ».
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« Il n’est de frontière qu’on outrepasse »
Entretien avec Hamedine Kane
Pour Hamedine Kanen, l’idée de mouvement ne se limite vraiment pas à un souvenir, à la mémoire de cette route qui l’a mené il y a dix ans de la frontière sénégalo-mauritanienne à la Belgique, au centre de demandeur·ses d’asile d’Yvoir puis à Bruxelles. Ancrée profondément en lui, il s’agit plutôt d’une attitude face à la vie, se conjuguant au présent et au futur, qui le pousse à saisir sans cesse les opportunités se présentant sur son parcours et à devenir, par exemple, via un jeu de rencontres fructueuses, cinéaste et artiste. Considérant les frontières comme des points de passage plutôt que comme des limites, préférant les formes ouvertes et non finies qui permettent de continuer à avancer, cet ancien bibliothécaire et dévoreur de livres conçoit aussi ses projets artistiques à venir comme des possibilités qui lui sont offertes pour se documenter et se frotter à des réalités et des pans de savoir encore inconnus pour lui.
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