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🌐 Mark Fisher et la critique du « réalisme capitaliste »
Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles vit un tournant néolibéral particulièrement violent, notamment avec une réforme de l’enseignement que les politiques cherchent à imposer par la force, Sébastien Marandon puise dans les travaux de Mark Fisher des pistes pour analyser ce moment. La récente parution en français de K-punk. Fiction, musique et politique dans le capitalisme tardif (2024) et Désirs postcapitalistes (2025), presque 10 ans après la mort du philosophe britannique, est l’occasion de s’y (re)plonger : il en analyse la pensée au prisme de l’inflation de dispositifs de mensonges qui contrefont aujourd’hui le monde.
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SpecXcraft : des connaissances spéculatives mais ancrées dans l’expérience
Giulietta Lakí, Hélène Gassmann, Florence Peeraer
Le projet Speculative crafting for un/common futures – specXcraft en abrégé – a réuni quatre organisations basées à Bruxelles : Espèces Urbaines, Natagora, le Centre Vidéo de Bruxelles (CVB) et Constant. S’appuyant sur la SF et la fiction spéculative, elles ont exploré les futurs de Bruxelles, a déployé un protocole au cours d’une série d’ateliers créatifs, avec ses publics respectifs, avant un temps de mise en commun. Une publication et quelques court-métrages expérimentaux témoignent de ce processus avant tout basé sur l’expérience. Reprendre le pouvoir sur les récits opère un déplacement au niveau de la pensée qui permet d’appréhender autrement les fictions que l’on vit au quotidien et d’y opposer une multiplicité d’imaginaires.
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Riposte pédagogique dans un monde réactionnaire
Zoé Fauconnier
Face à la prolifération d’idées et d’opinions d’extrême droite dans l’ensemble du débat public, l’asbl liégeoise La Cible propose une série d’outils pédagogiques pour réfuter ces discours. L’objectif de ces formations, animations ou campagnes d’information est de valoriser l’esprit critique, soutenir des valeurs collectives, humanistes et solidaires et de promouvoir des comportements positifs et constructifs face aux discours haineux. Et puisque démonter les manipulations de l’extrême droite ne peut pas être qu’un combat individuel, Zoé Fauconnier appelle la société civile à créer son propre cordon sanitaire, via un travail de veille, d’information, et d’actions en commun.
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Montrer la terre plate
Philippe Braquenier
Un leitmotiv traverse la démarche artistique de Philippe Braquenier : la photographie comme reproduction du réel. Depuis une décennie, l’artiste visuel belge s’intéresse à l’usage intensif que les partisan·es de la théorie complotiste du platisme – selon laquelle la terre serait plate – font de l’image photographique pour constituer une contre-archive contestant le savoir officiel. Sa série Earth Not a Globe reprend le sous-titre de Zetetic Astronomy (1875), ouvrage de référence de Samuel Birley Rowbotham sur la théorie platiste. Il y interroge ses principales croyances en les revisitant à travers photos et installations afin d’amener le public à une pensée critique.
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Complot : de la dissonance cognitive à la fascination
Wu Ming 1
Chemtrails, reptiliens, QAnon… l’époque semble particulièrement propice aux « fantasmes de complot ». Wu Ming 1, auteur notamment de l’ouvrage Q comme Qomplotn, a consacré plusieurs décennies à une recherche extrêmement documentée sur certains de ces fantasmes. Au fil de cet entretien, il revient sur les mécanismes à l’œuvre dans l’élaboration de ces croyances. Autour de quel « noyau de vérité » se forment-elles ? À quels besoins répondent-elles ? Quels affects suscitent-elles ? En s’interrogeant également sur les moyens de démantèlement de ces narrations toxiques, Wu Ming 1 invite à remplacer l’émerveillement du complot par la fascination de la lutte.
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Le rôle des émotions dans la construction de nos croyances
Séverine Falkowicz, Alexander Samuel
Séverine Falkowicz et Alexander Samuel croisent les apports de la psychologie sociale et des sciences pour interroger les liens entre émotions, esprit critique et adhésion aux fausses croyances. À travers une analyse des biais cognitifs, des mécanismes de viralité sur les réseaux sociaux et des logiques de manipulation émotionnelle, tou·tes deux explorent les conditions qui favorisent la désinformation, le complotisme et certaines formes de radicalisation politique. Il·elle plaident également pour une approche plus nuancée des émotions, envisagées comme des facteurs de vulnérabilité, mais aussi comme des leviers de compréhension, de dialogue et d’exercice critique.
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Comprendre les mécanismes de l’attention pour retrouver un pouvoir d’agir
Florian Forestier
Quels effets les outils numériques ont-ils sur notre capacité d’attention, nos relations aux autres et notre rapport à la vérité ? À travers une analyse des plateformes, de l’économie de l’attention et des logiques de captation propres aux réseaux sociaux, Florian Forestier examine les transformations de nos modes d’attention et leurs conséquences politiques, culturelles et démocratiques. Le philosophe explore également les pistes d’une « politique publique de l’attention » et les nouveaux enjeux soulevés par l’essor des intelligences artificielles génératives.
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Le champ d’influences comme organologie anti-démocratique
Pierre Hemptinne
Les influenceur·ses sont souvent présenté·es comme des héros et héroïnes de la réussite individuelle sur un marché de l’emploi précarisé. Pourtant, leur succès fulgurant ne vient pas de nulle part et n’est pas dû qu’à leur talent seul. Consciemment ou non, ils et elles contribuent à faire vivre une idéologie du marketing qui travaille l’imaginaire individuel et collectif depuis des décennies. Ils et elles propagent le « capitalisme linguistique », des modes d’expression de soi au profit d’une économie consumériste qui ouvre la voie aux « faits alternatifs » et aux biais négatifs, plus rentables et plus en phase avec l’extractivisme numérique. Une dérive qui n’a cessé d’être pensée pour aider la démocratie à se défendre.
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Désinformation : entre prise de conscience et panique morale
Julien Giry
Julien Giry revient sur les origines et les usages contemporains des notions de désinformation, de fake news et de complotisme. Il analyse le rôle des réseaux socionumériques dans la circulation des contenus trompeurs, tout en relativisant l’idée d’une « crise de la vérité » généralisée. À travers un regard critique sur les politiques de régulation européennes et les discours alarmistes, le chercheur interroge les systèmes de régulation mis en place en Belgique et au niveau européen, ainsi que les tensions qu’ils soulèvent entre lutte contre la désinformation, liberté d’expression et démocratie.
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Information : contre-pouvoir sous pression
Jil Theunissen
Jil Theunissen analyse les multiples fragilisations qui touchent aujourd’hui le monde de l’information, avec une attention particulière portée à l’évolution du paysage médiatique belge. Entre restructurations économiques, concentration des médias, pressions politiques, procédures judiciaires et mutations numériques, elle interroge les conditions concrètes d’exercice du journalisme et leurs effets sur le pluralisme démocratique. L’article aborde aussi les enjeux déontologiques, l’émergence de nouveaux acteurs de l’information et les résistances mises en place pour défendre une presse libre et indépendante.
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🌐 Attachement, patrimoine et vérité
Thibault Galland, Manon Istasse
Cet article interroge la manière dont se posent des questions liées à la vérité dans différentes réalités patrimoniales en Fédération Wallonie-Bruxelles et au Maroc. À travers des exemples concrets de polémiques autour de formes de patrimoine, Thibault Galland et Manon Istasse proposent d’éclairer les relations, les affects, les influences et les formes d’autorité qui traversent les communautés patrimoniales grâce aux notions d’attachement, de prises et de boites noires. Ces dernières permettent de rendre compte de la circulation des significations selon des modalités plus ou moins libératrices.  
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Écologie : pourquoi se sent-on coupable ?
Matthieu Wieser
Face à l’urgence écologique, nous sommes pris·es dans une multitude d’injonctions et d’informations. D’un côté un flux d’informations toujours plus alarmantes sur l’état de nos écosystèmes, de l’autre le constat de l’insuffisance de nos modalités d’action, et quelque part entre les deux, « l’idée commune selon laquelle nous avons tou·tes, dans notre quotidien, une responsabilité à l’égard de ces catastrophes ». Ces tendances, observe Matthieu Wieser, concourent à générer, chez certaines personnes sensibles à l’écologie, « des doutes, une espèce de gêne, une sorte d’inconfort au monde », un certain sentiment de culpabilité. Ce type d’affect et les peurs qui l’entourent sont largement instrumentalisés par nombre de voix de la scène politique pour dénigrer une soi-disant « écologie punitive » − élément de langage qui, avec de nombreux autres, a récemment envahi l’espace socio-politique pour discréditer la prise en compte de l’écologie dans la société. Ce qui intéresse ici Matthieu Wieser, c’est la persistance d’un sentiment de culpabilité. De quoi est-il le nom ? Pour lui, ce sentiment est le témoin de nos manières d’appréhender la question écologique et le signe que l’écologie déborde le cadre de nos organisations politiques actuelles. « Le vivant n’entrera pas dans nos Parlements, sinon pour les faire imploser », écrit-il. Mais si ce sentiment de culpabilité « peut se lire comme la trace […] de notre inconfort à jouer les règles du jeu néolibéral ou représentatif », il témoigne en même temps de « la possibilité d’expérimenter d’autres façons de jouer qui sont d’autres manière d’exister ».
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Politiser l’inceste, c’est politiser l’enfance. Regard clinique et politique sur cette double nécessité
Samira Bourhaba
L’inceste n’est pas un drame isolé ni un dérapage individuel : il révèle la structure même d’une société adulto-centrée qui organise dépendance, silence et impunité. La psychologue clinicienne Samira Bourhaba montre comment la clinique éclaire le politique : penser l’inceste, c’est penser les rapports de pouvoir entre adultes et enfants, et reconnaitre que protéger, c’est d’abord transformer l’ordre social. À hauteur d’enfant.
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L’enfant, animal politique. Entre immobilité scolaire, asymétries relationnelles et pratiques de démocratie participative
Chiara Foa
L’école italienne, encore marquée par un modèle transmissif et hiérarchique, peine à reconnaitre l’enfant comme sujet politique. Entre immobilité imposée et asymétries persistantes, Chiara Foà explore les contradictions d’une éducation démocratique qui enseigne la participation sans toujours la permettre. À travers l’expérience du Conseil communal des jeunes de Turin, l’enseignante montre comment l’école peut devenir un véritable laboratoire de citoyenneté active.
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L’infans, l’enfant-roi et l’enfant-coéquipier. Autour d’une lecture de « Philosophie de l’enfance » de Gareth B. Matthews
Baptiste De Reymaeker
Comment repenser la relation entre adultes et enfants ? De la « matrice de toutes les dominations » décrite par Bernard Lahire au mythe contemporain de l’enfant-roi, Baptiste De Reymaeker interroge les représentations qui enferment l’enfance entre dépendance et toute-puissance. Tout autant critique de l’autorité verticale que de l’illusion d’une liberté totale, il invite, à la suite du philosophe Gareth B. Matthews, à une relation qui serait fondée sur la coopération et la responsabilité partagée.
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Une autorité qui pense sa propre abolition
Leia Duval-Valachs
Entre autorité et autonomie, rationalité et émotion, les conseils d’élèves apparaissent comme des laboratoires de socialisation politique. Les enfants y apprennent à débattre, à décider, à parler au nom du collectif. Mais de quelle voix parlent-il·elles vraiment ? Dans ses recherches, Leia Duval Valachs interroge ces dispositifs d’apprentissage : que nous révèlent-ils de notre conception de l’enfance, de la citoyenneté et des inégalités de classe et de genre qui les traversent ?
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🌐Perspectives décoloniales sur l’enfance et les childhood studies
Anandini Dar, Tatek Abebe
Il y a peu, le statut « mineur », naturalisé, de l’enfant rendait improbable l’émergence de childhood studies. Que nous apporte un champ d’enquêtes spécialement dédié à l’enfance, aux différentes interdépendances adulte-enfant à travers le monde ? Un décentrement bienvenu par rapport au concept d’enfant universel, occidental, formaté dans les rouages de la reproduction capitaliste/patriarcale. Les comparaisons entre les multiples conceptions de l’enfance dynamisent une critique des systèmes dominants, renouent avec l’idée de réels échanges entre générations, où l’enfant prend soin de l’adulte autant que l’inverse. Ces études interdisciplinaires indiquent surtout que, face à la crise climatique, aux ruptures avec les autres formes du vivant, il est indispensable de penser le futur avec les enfants. Repenser l’attention aux générations qui viennent est inimaginable sans impliquer l’agentivité des enfants. Qui produisent d’ailleurs sans le savoir d’informelles et indispensables adult studies…
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Les droits de l’enfant en Belgique : des acquis menacés
Solayman Laqdim
Solayman Laqdim défend les droits des enfants et des jeunes de moins de 18 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au quotidien, il est force de proposition pour inscrire l’intérêt supérieur de l’enfant à l’agenda politique. Ses meilleurs atouts ? Les jeunes, sujets de droit au cœur de la solution. Il souhaite que le travail d’éducation aux droits de l’enfant se fasse dès le plus jeune âge.
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Habiter attentivement les mondes
Tim Ingold, Jan Masschelein
L’enfance peut-elle, modestement, nous permettre de nous orienter dans le monde qui vient et faire trembler-troubler nos catégories dominantes ? Nous avons posé la question à Tim Ingold et Jan Masschelein, qui depuis leurs champs respectifs de l’anthropologie sociale et de la philosophie de l’éducation, ont accepté de se prêter à l’exercice d’un dialogue croisé. À travers neuf mots clés – attention, enfance, expérience, liberté, génération, présent/présence, relation/rencontre, respons-(h)abilité, vulnérabilité – ils évoquent comment ces notions, ensemble, peuvent figurer des pistes pour affronter les crises présentes et à venir.
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Lutter contre la disparition. Fierté culturelle et nationalisme minoritaire dans le rap turc allemand
Renaud-Selim Sanli
À la suite de son article « L’arabesk, un déracinement oriental », Renaud-Selim Sanli, suit les traces de cette musique turque jusqu’en Allemagne, auprès des travailleurs immigrés arrivés de Turquie dans les années 1960. Au cours des années 1990, avec l’émergence d’une nouvelle mondialisation, les Turcs d’Allemagne s’emparent du rap comme outil de contestation et de revendication culturelle. L’arabesk y joue, là encoren, un rôle de liant communautaire, mais ses déplacements produisent aussi d’autres formes d’identités et de récits des origines, fantasmées ou non. Le rap turc allemand devient un vecteur de reconstruction identitaire dans une Allemagne en proie à un regain nationaliste excluant, alors même que la diaspora turque considère ce pays comme le sien. La musique devient le lieu d’une construction tant d’un autre chez-soi que d’une fierté culturelle du pays d’où l’on vient. Renaud-Selim Sanli montre comment, dans ce contexte tendu, des tendances majoritaires comme la globalisation américaine ou le nationalisme turc peuvent devenir des outils de luttes minoritaires pour s’opposer aux désirs d’homogénéisation et d’effacement des identités non-hégémoniques.
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L’arabesk, un déracinement oriental
Renaud-Selim Sanli
L’arabesk, musique de variété turque aux influences variées, a connu comme nombre d’autres musiques dites populaires, une trajectoire mouvementée. Celle-ci raconte « une histoire affective et politique du pays », des radiocassettes de bus de campagne à l’Eurovision puis aux soirées de la jet-set turque dans les années 2000, et se poursuit en Europe avec les migrations de travail. Cette trajectoire est le témoignage d’une pratique culturelle d’origine populaire d’abord méprisée et disqualifiée par les élites de la Turquie de Kemal Atatürk, puis récupérée et appropriée dans de nouveaux contextes politiques où sa dimension contestataire s’en trouve diminuée ou détournée. L’histoire de l’arabesk nous rappelle que les cultures populaires sont « une question politique de premier rang, qui touche à la structure d’ensemble de la société », comme l’écrivait Jan Baetens dans nos pagesn il y a quelques années – une question qui ne cesse de s’illustrer aujourd’hui avec la folklorisation des musiques traditionnelles et leur commercialisation.
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Écologie commune : réactiver les héritages anarchistes
Catherine Malabou, Matthieu Wieser
La pensée anarchiste peut-elle répondre à l’urgence écologique ? À l’image de la propriété privée, critiquée aujourd’hui au sein des pratiques et des pensées écologiques qui s’approprient l’idée de communs, nombre de nos certitudes politiques classiques sont bouleversées par le contexte climatique. En ce sens, selon la philosophe Catherine Malabou, nous devons renouer avec les pensées de l’anarchisme pour y puiser des ressources théoriques et politiques. Cette nouvelle perspective nous fait entrevoir des héritages fertiles, par exemple celui qui lie les espoirs de Pierre-Joseph Proudhon aux luttes contre l’agro-industrie des Soulèvements de la Terre.
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Communiquer l’écologisation : la place du conflit
Thibault Galland
Le débat écologique fracture la société et les échanges qu’il suscite sont clivants. Toutefois, la dissension ne peut pas être exclue du débat démocratique au risque de perdre notre liberté politique et de tomber dans l’extrémisme d’une « dictature verte ». Thibault Galland défend l’utilisation du conflit et de la rumination comme leviers pour imaginer et construire ensemble un autre possible écologique.
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Pour une réappropriation sociale des techniques et ressources énergétiques
Laure Dobigny
Face à l’urgence du changement climatique, les initiatives citoyennes d’autonomisation énergétique se multiplient dans les communes rurales un peu partout en Europe. La sociologue Laure Dobigny qui a étudié les mécanismes sociaux et politiques à l’œuvre dans cette volonté de réappropriation citoyenne et collective des biens communs, explique leurs bienfaits en termes de solidarité, de cohésion sociale et de rapport au vivant. En contrepoint, elle nous amène aussi à voir du côté de smart buildings lillois dont les promesses d’autonomie se heurtent aux subtilités des pratiques.
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La diplomatie environnementale au gré des haies
Pierre Hemptinne
En 2024, le Fonds mondial pour la nature (WWF) chiffre à plus de 73% la diminution de la population de vertébrés sauvages en 50 ansn. Pourtant, le député MR Yves Evrard déclare au Parlement wallon qu’en ce qui concerne la « sacro-sainte » biodiversité, il n’y a aucun problème, ni en Wallonie ni dans le monde !n L’impuissance politique se décline en culture du déni dangereuse pour la démocratie. Comment retrouver une parole publique digne de ce nom, plurielle et raisonnée, basée sur une appropriation démocratique de la science, une mise en commun de la réflexivité des usages et savoirs vernaculaires, préludant à un imaginaire collectif qui dessinerait une nouvelle manière d’habiter la Terre ? Suivez le guide, Léo Magnin, dans son élaboration d’une sociologie de l’écologisation, de haie en haien.
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Bricoler dans les interstices
Fanny Lederlin
L’approche occidentale et contemporaine du monde, son idéal technocratique de maitrise sur la nature et ses promesses de solutionnisme technologique, provoquent une atomisation de la société et ne nous permettent pas de faire monde commun selon des principes pleinement démocratiques. La philosophe Fanny Lederlin propose de résister à cette approche en y opposant une logique « bricoleuse » qui valorise les pratiques amatrices, le soin porté aux objets et la délibération collective.
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D’un théâtre technologique à l’autre : mettre en scène les infrastructures et la maintenance technique
Tyler Reigeluth
Les promesses du solutionnisme technologique en termes d’écologie, de mobilité ou encore de sécurité nous écartent des réalités matérielles des infrastructures censées prendre en charge ces questions, tout en nous détournant de leurs enjeux politiques et socio-économiques. Tyler Reigeluth nous montre le hors-champ des interfaces lisses et standardisées des objets qui nous entourent. Il affirme l’urgence esthétique et politique de reconsidérer les systèmes techniques par les utilisateur·ices, de valoriser le travail de maintenance et d’assurer la permanence des savoir-faire de celles et ceux qui s’en occupent.
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Gouverner par le vivant : autoritarisme environnemental et pouvoir en Chine
Virginie Arantes
La Chine se présente comme une « civilisation écologique », un modèle de développement vert. Pourtant, sous le ciel bleu de Pékin l’écologie est devenue terrain politique et ses narratifs sont instrumentalisés pour servir la stratégie d’un régime totalitaire. Virginie Arantes décortique ici les mécanismes d’une écologie post-politique à l’œuvre et invite nos sociétés occidentales à ne pas neutraliser la question environnementale et à entretenir le débat démocratique pour en comprendre les rapports de pouvoir.
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Entre les limites, le monde balance
Élise Feron
La crise écologique nous impose de revoir nos modes de vies et par là, la manière dont nous consommons les ressources naturelles et limitées à notre disposition. Derrière ce constat, une notion soulève des enjeux centraux et d’une profonde complexité : celle des limites. Elles sont de plus en plus régulièrement évoquées dans le contexte de la crise écologique, souvent à tâtons. Exploration de cette notion et de ses ramifications à travers les perspectives de chercheur·ses et acteur·ices de terrain.
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L’IA et l’intelligence musicale humaine
Pierre Hemptinne
Alors que se profile la Fête de la musique 2025, les soulèvements contre l’usage de l’intelligence artificielle (IA) par l’industrie musicale se multiplient, souvent au nom des droits d’auteur bafoués. Mais de quoi l’IA est-elle la bande-son ? Si réagir à la destruction de nos milieux de vie implique de sortir de l’économie capitaliste et d’un partage du sensible guidé par les logiques marchandes, comment penser une économie musicale hors du capitalisme ? N’est-il pas temps d’aborder les musiques comme un bien commun ? À quelles conditions ? La diversité des expressions musicales est une voie d’accès privilégiée à l’invisible, à l’immatériel, dont a besoin l’humanité pour rester reliée à l’incalculable du vivant. Cela dépasse de loin une simple mise au pas de l’IA dans le cadre d’un système global qui resterait inchangé et pose la question d’un écosystème musical adapté aux défis que rencontre l’humanité.
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