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dossier

Les campements : espaces de résilience des mondes tsiganes au début du XXe siècle

Adèle Sutre,
professeure agrégée et docteure en géographie de l’EHESS

18-12-2019

Le motif du campement tsigane fut dès le XIXe siècle repris et esthétisé par nombre de peintres et de photographes. Synonymes d’un idéal de liberté d’une part, et victimes de stigmatisations dans le même temps, ces campements attirent et questionnent tout à la fois. La géographe Adèle Sutre montre dans ce texte comment les familles tsiganes du début du XXème siècle, conscientes de l’attrait dont elles faisaient l’objet, ont contrôlé et mis en scène leur propre représentation, « particip[ant] ainsi à la fabrique des images les concernant », afin d’en tirer avantage tout en conservant un espace de liberté et d’intimité à l’intérieur même du campement.

Sous le soleil écrasant d’un après-midi de l’été 1888, une famille bohémienne fait halte dans un champ aux environs d’Arles. Deux roulottes et une charrette bâchée forment le campement. Les chevaux paissent à proximité, tandis que les adultes s’affairent à l’ombre des voitures. Seuls les enfants bravent la chaleur et explorent les alentours. À quelques mètres d’eux, un peintre les observe et réalise une « petite étude d’une halte de forains, voitures rouges et vertes ».
Ce peintre n’est autre que Vincent Van Gogh qui achève en août 1888 le tableau qui deviendra célèbre sous le titre Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d’Arles.n

Van Gogh n’est pas le seul à avoir été attiré par l’esthétique des campements bohémiens. Des peintres, puis des photographes, immortalisent l’installation de familles itinérantes en bordure des chemins ou à la lisière des villesn. Eugène Atget photographie ainsi en 1913 les familles habitant dans la « zone » parisienne. Au dos de l’un de ses clichés, il note « Porte de Choisy, zone des fortifications, va disparaitre, Romanichels »n. Charles Commessy, photographe local du Beauvaisis, réalise une série intitulée Nomades, sur la route de Paris dans la première décennie du XXe siècle. Les images montrent une famille cheminant péniblement en tirant sa roulotte à la force des bras puis l’installation au bord de la route d’un campement de fortune. Un autre cliché réalisé à la même période montre un groupe ayant planté sa tente en bordure d’un champ de l’Oisen. Ces images circulent : elles sont reprises par la presse et voyagent sous forme de cartes postales. Parfois, un commentaire vient souligner l’idéal de liberté et de vie au grand air qu’incarnent ces familles, illustrant le versant positif de stéréotypes qui sont parfois beaucoup moins flatteurs. Quelques mots, au dos d’une carte postale dans les années 1910, résument bien cette ambivalence : « Très pittoresque mais aussi très sale vu de près. »n

Le motif du campement tsigane circule à travers le monde et s’inscrit dans un patrimoine culturel transnational, notamment au sein des empires coloniaux et des espaces de peuplement européens. Ces transferts culturels peuvent notamment s’observer à travers la mise en scène de campements tsiganes lors d’évènements festifs. En Australie par exemple, une fête de charité est organisée à Melbourne en 1902 pour récolter des fonds pour la construction d’une église. Les festivités ont lieu dans un Gipsy Encampment animé par des jeunes filles déguisées en Tsiganes.n
À Hawaï, au printemps 1913, un faux campement tsigane, dans lequel évoluent des figurant·es disant la bonne aventure, doit permettre de récolter des fonds pour la construction d’un hôpital pour enfants. Ce sont les élèves de l’école de garçons de Honolulu qui forment la « bande tsigane »n. En 1931, l’école de filles Yu Yuen à Shanghai organise un spectacle dont le décor est constitué par « les éléments pittoresques d’un campement tsigane ».n

« Sur les routes, au milieu de telles scènes, entre les haies, au bord de la rivière, je trouve les vagabond·es qui habitent non pas des maisons mais, littéralement, le lieu, non pas une partie mais la totalité. Ce sont les Tsiganes. » Charles Leland

Le campement tsigane devient ainsi un élément central de l’iconographie aussi bien savante que populaire. Le motif est également omniprésent dans les écrits d’érudit·es du XIXe et du début du XXe siècle qui sont fasciné·es par le monde tsigane. Charles Leland par exemple, dans son ouvrage The Gypsies publié en 1882, tente d’expliquer l’attrait qu’ont sur lui les campements : « Pourquoi est-ce que j’aime errer sur les routes pour entendre les oiseaux ? Voir au loin les tours de la vieille église s’élever au-dessus de la forêt avec, au premier plan, une rivière et un pont ? […] Pourquoi est-ce que je préfère cela aux images et que cela me procure un sentiment supérieur à la contemplation des Beaux-Arts ? Parce que sur les routes, au milieu de telles scènes, entre les haies, au bord de la rivière, je trouve les vagabond·es qui habitent non pas des maisons mais, littéralement, le lieu, non pas une partie mais la totalité. Ce sont les Tsiganes. »n

Auteur·rices d’articles, d’ouvrages ou simples membres de sociétés savantes telles que la Gypsy Lore Society, leurs connaissances sur les Tsiganes sont issues de nombreuses lectures mais aussi de rencontres effectives. Au fil des textes, certains motifs se répètent. La rencontre est presque toujours présentée comme le fruit du hasard, au détour d’une promenade dans la campagne environnante. Les descriptions de paysages se font écho, images d’Épinal d’un environnement bucolique qui résiste tant bien que mal à la pression de la modernité qu’incarne l’urbanisation. C’est dans ce cadre que « surgit » le campement tsigane. La maitrise du romanès agit alors comme un véritable sésame : il suffit de quelques mots pour que le promeneur ou la promeneuse soit invité·e à prendre le thé sous la tente. Présentées comme pures coïncidences, ces rencontres sont en réalité issues d’une connaissance intime du monde romani.

Le campement constitue avant tout un espace de visibilité. Il attire habitant·es du coin, journalistes, photographes, peintres et dessinateur·rices, ethnographes amateur·rices ou confirmé·es. C’est un élément de repérage des familles tsiganes pour les curieux·ses comme pour les autorités. Ainsi, lorsqu’en 1895, les autorités françaises décident du recensement des « camps-volants », les gendarmes, secondés par les autorités municipales et certain·es habitant·es, dressent la liste de toutes les familles bohémiennes présentes dans chaque commune. Leur identification se fait par le campement. La présence sur le territoire local de Bohémien·nes est donc assimilée à la présence de familles itinérantes, plongeant du même coup dans l’ombre l’existence de familles tsiganes sédentaires installées dans les villes et les villages de France depuis plusieurs siècles.

Ces campements sont des lieux de négociation et de concurrence spatiale. Dès la fin du XIXe siècle, de nombreuses communes interdisent « tout stationnement sur la voie publique ou sur les terrains communaux de voitures servant au logement des Bohémiens et autres individus nomades »n. Le carnet anthropométrique mis en place par la loi du 16 juillet 1912 instaure une surveillance de tous les instants en exigeant l’apposition de visas à l’entrée des communes. Le temps de stationnement est ainsi étroitement contrôlé et généralement réduit à 24 heures. Néanmoins, les familles parviennent parfois à rester plus longtemps : si l’on a besoin de leur force de travail, notamment pour les travaux agricoles, ou lorsqu’elles connaissent les autorités locales ou certain·es habitant·es et ont noué des liens étroits avec eux·elles.

Certaines familles, parmi les plus riches, versent des cautions pour pouvoir s’installer dans une ville. C’est le cas par exemple d’une famille austro-hongroise spécialisée dans l’art de la chaudronnerie. En 1908, ils arrivent à Bruxelles en train après avoir séjourné en France. Ils déposent alors une caution de quinze mille francs à la Sûreté Publique pour garantir de leur bonne conduite lors de leur séjourn. L’année suivante, de retour en France, ils séjournent à Rennes : « En guise de garantie, les chefs des cinq familles autrichiennes ont déposé dans la caisse de la ville une caution de 6000 francs » . Un mois plus tard, à Laval, la presse indique que « les chefs de famille ont déposé entre les mains de l’autorité un fort cautionnement comme garantie de leur séjour »n. Mais parfois la négociation ne tourne pas à leur avantage – toutes les familles n’ont pas les moyens de déposer de telles cautions – et le campement est alors évacué par les autorités ou violemment attaqué par la population locale.

Lieu de visibilité et de négociation de la présence dans l’espace public, le campement est, du point de vue des familles elles-mêmes, un espace de l’intimité où se déroule la vie quotidienne partagée entre l’intérieur des roulottes ou des tentes et l’extérieur. Les visites des campements par une foule de curieux·ses peuvent au premier abord sembler porter atteinte à l’intimité des familles – et c’est en effet parfois le cas. Mais elles révèlent cependant un autre aspect : rarement subies (sauf lorsqu’elles sont l’œuvre de la police ou des autorités municipales), elles sont bien souvent suscitées car très rémunératrices. Ainsi, la famille austro-hongroise évoquée précédemment fait payer le droit d’entrée de son campement établi dans la banlieue londonienne au début des années 1910 et gagne 15 livres en un seul dimanche ! Le campement devient alors un lieu où se déploient les stratégies de présentation de soi : les familles tirent parti de l’intérêt qu’elles suscitent et se mettent en scène pour répondre à la demande de visiteur·ses curieux·ses de voir les Tsiganes d’encre et de papier prendre vie sous leurs yeux fascinés.

Parfois la mise en scène va plus loin. En 1913, des familles tsiganes originaires de l’empire russe sont engagées au Jardin d’Acclimatation de Paris pour y figurer comme de véritables « Tcherkesses caucasiens ». La presse annonce « une exhibition des plus intéressantes [qui] va attirer la foule au Bois de Boulogne »n. Leur campement est dressé sur la grande pelouse. Les nombreux·ses visiteur·ses peuvent les observer en train d’accomplir des tâches quotidiennes sous les tentes décorées de tissus aux motifs variés et de tapis. Il·elles se produisent également tous les jours sur une petite scène où il·elles chantent et dansent.
Le succès est immédiat : « Grande affluence dimanche dernier, au Jardin d’Acclimatation : le contrôle a enregistré 22 000 entrées. Dès une heure, la foule se pressait autour du campement Tcherkesse.»n

L’écrivain rom Matéo Maximoff évoque cet épisode dans son roman autobiographique Dites-le avec des pleurs : « On nous a conduits dans un endroit appelé le Jardin d’Acclimatation. Il y avait là des animaux de toutes sortes  c’était un zoo. Au fond, il y avait également un parc d’attraction, avec de vastes hangars entourés de palissades  c’est là que nous avons installé nos roulottes et nos tentes. Dans les autres hangars, il y avait d’autres gens appartenant à des peuples d’Asie ou d’Afrique, et tous les jours, surtout quand il faisait chaud, des milliers de visiteurs venaient nous voir. En payant bien entendu. Les recettes étaient partagées entre les organisateurs et nous. Il y avait aussi une baraque dans laquelle nos femmes lisaient les lignes de la main. Dans un autre coin, nos marteaux résonnaient sur nos enclumes et nos forges primitives restaient toujours allumées. La belle vie, quoi ! »n

À la fin du mois d’octobre 1913, il·elles débarquent en Angleterre et s’installent dans la banlieue londonienne. Certain·es exercent comme chaudronniers tandis que les autres se produisent en tant qu’artistes dans des music-halls. Les familles n’installent pas de campement mais logent dans des maisons qu’elles louent. En juin 1914, plusieurs d’entre elles animent un « authentique village des Balkans »à Southend-on-Sea, à l’embouchure de la Tamise. Faisant de la mise en scène de soi un véritable savoir-faire professionnel, elles n’ont aucun mal à s’adapter à la demande de leur public et à passer tour à tour pour des Tcherkesses caucasien·nes ou de véritables habitant·es des Balkans. Ces exemples montrent la complexité de l’entrelacement des représentations provenant de l’extérieur et réappropriées de l’intérieur. Les familles tsiganes participent à la fabrique des images les concernant. Certaines d’entre elles, devenues expertes dans l’art de la présentation de soi, ont su se saisir des stéréotypes rattachés au motif du campement tsigane pour en jouer et les tourner à leur avantage.

Lieu de négociation de la présence tsigane, le campement est au cœur de stratégies d’appropriation de l’espace. Mais il reste un lieu de fascination où se précipitent les curieux·ses, amateur·rices et confirmé·es. Et c’est ainsi qu’il devient ressource : où que l’on soit dans le monde, il est possible d’en ouvrir les portes contre quelques pièces. En faire une attraction locale est aussi une façon de le rendre désirable dans l’espace public et de négocier habilement sa présence tout en en tirant profit. Certaines familles n’hésitent pas à faire de leurs campements de véritables décors de parcs d’attraction comme, par exemple, en 1913 au Jardin d’Acclimatation ou à Southend-on-Sea l’année suivante.

À travers la figure du campement, c’est donc à la fois un enjeu de négociation de la présence tsigane dans l’espace qui se joue, et un enjeu de présentation de soi et d’habileté dans l’art de se mettre en scène pour les autres qui leur permet de se maintenir dans le mouvement. C’est ainsi que l’on entrevoit la capacité historique de résistance des mondes tsiganes, c’est-à-dire la capacité à se mettre en scène, à se placer sous le feu des projecteurs dans un « spectacle indéfiniment remonnayable », tout en préservant un espace de l’intimen. La profusion de motifs et de représentations, kaléidoscope vertigineux, éblouit l’observateur·rice qui les perd de vue « dans un essaim d’images »n. Les campements offrent ainsi aux mondes tsiganes un espace de liberté, une respiration dans un espace de contraintes, « rosée des hommes qui trace et dissimule ses frontières entre le point du jour et l’émersion du soleil »n.

 

Image : Des résident·es et rapatrié·es de République dominicaine du camp de Tête-à-l’eau (Anse-à-Pitres, sud-est Haïti) lors d’une réunion avec les représentant·es de l’OIM (20 avril 2016 © Pierre Michel Jean)

1

Vincent Van Gogh, Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d’Arles, 1888. Huile sur toile, 45 x 51 cm, Musée d’Orsay, Paris.

2

Concernant le regard des photographes sur les sociétés tsiganes, voir notamment Ilsen About, Mathieu Pernot et Adèle Sutre (dir.), Mondes tsiganes. Une histoire photographique, 1860-1980, Actes Sud, 2018.

3

Eugène Atget, Porte de Choisy, zone des fortifications, va disparaitre, Romanichels, 1913. Tirage sur papier albuminé, 17,3 x 22,3 cm, Musée Carnavalet, Paris.

4

Charles Commessy, Nomades, sur la route de Paris, Allonne (Oise), vers 1900-1914. Négatif sur verre, 13 x 18 cm. Archives départementales de l’Oise, collection Charles Commessy, 5Fi 455-459. Charles Commessy, Groupe près d’une tente au hameau de Villers-sur-Thère, Allonne (Oise), vers 1900-1914. Négatif sur verre, 13 x 18 cm. Archives départementales de l’Oise, collection Charles Commessy, 5Fi 467.

5

Jardin d’Acclimatation. Caravane de Tcherkesses caucasiens, Paris, 1913. Carte postale, 10 x 15 cm, éd. N. D. Phot., collection privée.

6

« Exhibition Gipsy Encampment », The Age, 8 septembre 1902.

7

Honolulu Star, 11 avril 1913  Honolulu Star, 24 avril 1913.

8

« Yu Yuen School Girls Give ‘Wishing Cup’ For Charity », The China Press, 1er avril 1931.

9

Charles Leland, The Gypsies, Houghton, Mifflin and Company, 1882, p. 11. Traduit par mes soins.

10

De nombreux arrêtés municipaux similaires sont pris dès 1885, suite à la loi du 5 avril 1884 qui élargit le pouvoir décisionnel des maires. Il s’agit ici d’un extrait de l’Arrêté municipal de la commune de Sainte-Eulalie, 15 avril 1885, Archives départementales de la Gironde, 4M 246.

11

France Nézer, La Sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers (1858-1914), Presses Universitaires de Louvain, 2011, p. 157.

12

« Une tribu de romanichels aux portes de Laval », L’Ouest-Éclair, 6 octobre 1909.

13

« Jardin d’Acclimatation », L’Aurore, 10 mai 1913.

14

« Jardin d’Acclimatation », La Croix, 21 mai 1913.

15

Matéo Maximoff, Dites-le avec des pleurs, éd. par l’auteur, 1990, p. 116-117.

16

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Les Éditions de Minuit, 2009, p. 32.

17

Patrick Chamoiseau, Frères migrants, Le Seuil, 2017, p. 56.

18

René Char, Feuillets d’Hypnos, La Pléiade, 1983, p. 214.

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