Articles avec tag « migrations »
113 Résultats
Les enfants de l’Occupation du Bonheur
Evelyne Bienvenue
Une trentaine de femmes sans papiers vivent et s’organisent pour défendre leurs droits fondamentaux à l’Occupation du Bonheur à Bruxelles. Dans ce lieu autogéré, la vie quotidienne est aussi un acte de résistance. Au milieu de cette lutte, quatre enfants grandissent entouré·es de solidarité, de soin et d’amour collectif. Ici, chaque geste, chaque décision, porte la force d’une communauté qui fait de la précarité un espace de dignité partagée.
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Les droits de l’enfant en Belgique : des acquis menacés
Solayman Laqdim
Solayman Laqdim défend les droits des enfants et des jeunes de moins de 18 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au quotidien, il est force de proposition pour inscrire l’intérêt supérieur de l’enfant à l’agenda politique. Ses meilleurs atouts ? Les jeunes, sujets de droit au cœur de la solution. Il souhaite que le travail d’éducation aux droits de l’enfant se fasse dès le plus jeune âge.
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Lutter contre la disparition. Fierté culturelle et nationalisme minoritaire dans le rap turc allemand
Renaud-Selim Sanli
À la suite de son article « L’arabesk, un déracinement oriental », Renaud-Selim Sanli, suit les traces de cette musique turque jusqu’en Allemagne, auprès des travailleurs immigrés arrivés de Turquie dans les années 1960. Au cours des années 1990, avec l’émergence d’une nouvelle mondialisation, les Turcs d’Allemagne s’emparent du rap comme outil de contestation et de revendication culturelle. L’arabesk y joue, là encoren, un rôle de liant communautaire, mais ses déplacements produisent aussi d’autres formes d’identités et de récits des origines, fantasmées ou non. Le rap turc allemand devient un vecteur de reconstruction identitaire dans une Allemagne en proie à un regain nationaliste excluant, alors même que la diaspora turque considère ce pays comme le sien. La musique devient le lieu d’une construction tant d’un autre chez-soi que d’une fierté culturelle du pays d’où l’on vient. Renaud-Selim Sanli montre comment, dans ce contexte tendu, des tendances majoritaires comme la globalisation américaine ou le nationalisme turc peuvent devenir des outils de luttes minoritaires pour s’opposer aux désirs d’homogénéisation et d’effacement des identités non-hégémoniques.
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L’arabesk, un déracinement oriental
Renaud-Selim Sanli
L’arabesk, musique de variété turque aux influences variées, a connu comme nombre d’autres musiques dites populaires, une trajectoire mouvementée. Celle-ci raconte « une histoire affective et politique du pays », des radiocassettes de bus de campagne à l’Eurovision puis aux soirées de la jet-set turque dans les années 2000, et se poursuit en Europe avec les migrations de travail. Cette trajectoire est le témoignage d’une pratique culturelle d’origine populaire d’abord méprisée et disqualifiée par les élites de la Turquie de Kemal Atatürk, puis récupérée et appropriée dans de nouveaux contextes politiques où sa dimension contestataire s’en trouve diminuée ou détournée. L’histoire de l’arabesk nous rappelle que les cultures populaires sont « une question politique de premier rang, qui touche à la structure d’ensemble de la société », comme l’écrivait Jan Baetens dans nos pagesn il y a quelques années – une question qui ne cesse de s’illustrer aujourd’hui avec la folklorisation des musiques traditionnelles et leur commercialisation.
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🎧 Voix de combattantes sans papiers
Leslie Doumerx
Culture & Démocratie co-crée, soutient et co-produit avec Radio Panik des formats sonores à chaque sortie de publication. Le Journal de Culture & Démocratie n°59 s’interroge sur les pratiques d’accueil inconditionnel et les conditions de leur réalisation au départ de l’expérience de lieux d’accueil en marge des réseaux officiels. Il est essentiel que se constitue une mémoire de toutes ces personnes déshumanisées par les polices des frontières. Ces trois créations sonores sont des témoignages qui viennent compléter ceux du dossier.
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Charles Michel et le n’importe quoi sur les migrations
Pierre Hemptinne
Début novembre 2024, monsieur Michel livre ses réflexions politiques de président du Conseil de l’Europe sur le départ. Une sorte de bilan. Sur la politique migratoire de l’Europe, il assume et s’emploie à la légitimer au mépris des faits, en actionnant une sorte de réalité alternative. Même pas des contre-vérités mais du n’importe quoi – du bullshit. Un registre rhétorique qui se répand, triomphe avec Donald Trump, s’affranchit des règles de la saine controverse, mine la démocratie. À ce jeu, c’est le plus culotté qui l’emporte ! Qui est perdant ? À travers l’exemple des propos tenus par Charles Michel, Pierre Hemptinne aborde la question du régime de vérité démocratique, de ses ressorts et du rôle des médias, des chercheur·ses et des acteurs associatifs dans le renforcement de la démocratie.
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Documentaires « Accueil inconditionnel »
Pour chaque Journal de Culture & Démocratie, Cinergie, le site du Cinéma belge, proposera désormais une sélection de documentaires sur la thématique.
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Le rejet des exilé·es bafoue la démocratie
Pierre Hemptinne
Le discours anti-migration, banal et omniprésent aujourd’hui, tourne le dos aux savoirs des chercheurs et chercheuses sur l’état actuel des migrations. Sociologues, anthropologues, économistes s’accordent pour dire qu’il n’y a pas de vague migratoire incontrôlable, que l’extrême majorité des personnes qui se déplacent fuient des conditions d’existence insupportables et dangereuses et, à ce titre, devraient être protégées par les conventions internationales. En refusant de prendre en considération l’approche scientifique du fait migratoire, une large partie de la classe politique opte pour l’idéologie partisane et l’arbitraire plutôt que la raison et le sens de l’humanité. Le gain espéré étant principalement électoraliste, instrumentalisant les affects des citoyen·nes via la rhétorique bien connue du bouc émissaire : évacuons les migrant·es et tous les autres problèmes se résoudront d’eux-mêmes. Se constitue ainsi une « affaire migratoire » qui ne se traite plus qu’au niveau des affects, censurant et culpabilisant l’usage et le partage des savoirs objectivés quant à un phénomène que la géopolitique et le changement climatique rendront de plus en plus inéluctable. En outre, cette idéologie de non-accueil, « déni des droits fondamentaux » comme nous le rappellent les juristes Nina Jacqmin et Hélène Crokart, engage notre société dans les rouages du rejet de toute culture différente.
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🌐 Accueil inconditionnel dans la culture : entre idéal et réalité
Keisha Strano
L’actuelle gestion déshumanisante des migrant·es banalise le rejet de l’autre. Le fait migratoire est présenté comme menaçant et devant être traité de façon logistique, à l’écart de la « vraie vie » des citoyen·nes. En 2017, en pleine « crise de l’accueil », avec ses images bouleversantes, le secteur culturel non-marchand a rappelé que l’exil et l’hospitalité sont liés à des droits humains fondamentaux, base d’un modèle culturel de société du partage et de la tolérance. Avec une campagne de sensibilisation des publics et d’accueil de personnes en situation de migration ou de précarité, avec l’organisation d’un réseau inventif de solidarité, la volonté était de montrer que cela était inséparable des valeurs culturelles qu’il a pour mission de propager dans la société. Comment cette action évolue-t-elle dans la durée ? Qu’est-ce qui la fragilise ou la renforce ? Comment pourrait-elle inspirer une culture de l’accueil inconditionnel dans l’ensemble de la société ? Avec quels moyens ? Réflexions avec les expériences collectives bruxelloises d’United Solidarity (anciennement United Stages) et Cultureghem.
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🌐 L’accueil au prisme des droits culturels
Thibault Galland
Le rejet des migrant·es active la peur de voir « notre » culture remplacée par une autre. Explicite dans la victoire de l’extrême droite à Ninove. La médiation culturelle est dès lors une réponse appropriée à ce rejet et à cette peur. En sensibilisant aux droits culturels, complémentaires aux droits humains fondamentaux, elle fournit un cadre pour un accueil authentique qui soit de véritables rencontres et échanges entre personnes exilées et accueillantes. Les droits culturels sont alors ouvertures vers une politique migratoire élaborée démocratiquement, soucieuse de repenser l’habitabilité équitable de la planète, faisant des migrations une chance plutôt qu’un « choc » négatif. Des amorces concrètes, comme au centre culturel de Genappe, montrent que cela relève du possible.
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🌐 Quand des chercheur·ses et artistes ravivent la langue hospitalière
Pierre Hemptinne
La possibilité d’une hospitalité inconditionnelle des exilé·es dépend de l’image du fait migratoire, celle qui innerve le plus largement l’imaginaire du plus grand nombre de personnes. Elle ne tombe pas du ciel. Elle découle de la fabrication d’une langue omniprésente sur les migrations comme danger et flux illégal, exerçant une action déterminante sur « nos façons de sentir, de penser, d’être affecté, d’agir » (Georges Didi-Hubermann). Des chercheurs et chercheuses étudient et démontent cette langue totalitaire tandis que des artistes élaborent d’autres images, ferments d’une langue alternative, indispensable à la pratique de l’hospitalité.
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Faire traces des vies ordinaires pour pluri-penser le monde
Jacinthe Mazzocchetti
L’ethnographie peut conduire à étudier la criminalisation des frontières. Comment s’y effectue le tri entre bon·nes et mauvais·es migrant·es ? Les personnes migrantes sont considérées comme venant profiter de « notre système ». Leur parole, les raisons qui les font fuir, le récit infernal du chemin ne comptent pas, ne sont que mensonges. La police migratoire organise la privation d’histoire des exilé·es, leur refuse le droit à une parole propre, nie leur humanité. Face à cette violence, l’autrice invite à « rendre possibles les effractions narratives » et plaide pour une mémoire collective des traumas migratoires, préalable à transformer le déracinement subi en exil réussi.
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🌐 La protection des personnes déplacées par le changement climatique au défi du droit international
Marine Denis
Le dérèglement climatique entraine l’inhabitabilité de la planète et provoquera de plus en plus de migrations. Une réalité, déjà, pour de nombreuses populations, contraintes de se déplacer vers des territoires plus accueillants. Ce sont des déplacements internes – à l’intérieur d’un même pays − ou transfrontaliers. Adapter le droit international à cette forme de migration collective, encadrer et protéger les déplacé·es environnementaux·ales, implique de déterminer des responsabilités, des protocoles de réparation et des formes d’accueil adaptées. Un chantier en cours qui consistera à actualiser la Convention de Genève en fonction des contextes climatiques.
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L’ambivalence du « faire trace » dans les luttes des personnes sans papiers en Belgique
Youri Lou Vertongen
Politologue spécialisé dans les enjeux de mobilisations sociales autour des phénomènes migratoires, Youri Lou Vertongen est l’auteur de Papiers pour tous (éditions Academia), qui reprend son travail de thèse sur le collectif de La coordination des sans-papiers de Belgique et plus largement sur quarante années de mobilisations sociales en faveur des personnes sans papiers en Belgique. Lui-même militant engagé dans la défense des droits des étranger·es, Youri Lou Vertongen revient sur l’importance de faire trace de cette histoire minoritaire pour constituer une mémoire des luttes appropriable.
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Géopolitique de l’accueil inconditionnel à travers six lieux, six entretiens
Hélène Hiessler
Nous publions dans ce dossier plusieurs entretiens réalisés à différentes dates avec six lieux d’accueil : La Petite Maison (LPM), l’occupation Rockin’Squat (R’S) et la ZK House (ZKH) à Bruxelles, La Trame (LT) à Die, les Refuges Solidaires (RS) dans les hauteurs de Briançon, la Maison Sésame (MS) à Herzeele près de Dunkerque. Un minuscule échantillon, mais entre ces témoignages – tous datés car les réalités y changent vite –, aux pratiques marquées par des contextes géographiques et matériels singuliers, les échos sont nombreux, les divergences aussi. En préambule, nous proposons une sorte de panorama qui souligne les fortes dynamiques de solidarité qui innervent ces expériences et ce qu’elles ont à nous apprendre. C’est une plongée dans la réalité des migrations que les politiques et les médias dominants évitent d’évoquer et de porter à la connaissance des citoyen·nes. Ces témoignages montrent d’autre part que l’inconditionnalité totale de l’accueil, si elle est non seulement désirable et indispensable au niveau du respect des droits humains par les États, reste un horizon difficile à atteindre à cause précisément des « lois immigrations » promues par l’Europe et les États membres sous influence des discours d’extrême droite.
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Déplacés, sans abri et politiquement actifs. Entretien avec 3 canapés
Shila Anaraki
Face au non-respect par l’État belge des normes minimales en matière d’accueil des exilé.es, différents collectifs se sont mobilisés, parmi lesquels Stop crise de l’accueil, qui a déployé différentes stratégies d’action politique. Shila Anaraki y a pris part en tant qu’activiste mais aussi que chercheuse pour le projet ReROOT (Horizon 2020).
Aujourd’hui membre de l’équipe d’ATLAS (Innoviris), projet de recherche qui entend dégager des pistes pour repenser la citoyenneté précaire d’un nombre grandissant de personnes à Bruxelles, elle a imaginé cet entretien fictif avec trois canapés achetés lors de la vente aux enchères de mobilier saisi au siège de Fedasil, un outil méthodologique insolite permettant d’analyser les différents répertoires d’action.
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Archiver pour pouvoir raconter, aujourd’hui et demain
Abdourahmane Dieng
On l’appelle Pap, mais son nom est Abdourahmane. Il est Sénégalais, arrivé au collectif la Voix des sans-papiers (VSP) à Liège en 2015. Caméraman de formation, il est aujourd’hui responsable technique et audiovisuel, archiviste et l’un des porte-paroles de VSP. Avec les moyens du bord, il pallie l’absence de couverture médiatique sur la réalité migratoire. Il filme, fabrique et collecte des traces des évènements et du quotidien du collectif. Avec ses bonheurs et ses drames. Cette mémoire documente aussi la faillite de l’État et sera indispensable quand il s’agira de réconcilier migration, démocratie et droits humains.
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Faire du soin féministe pour aspirer à une inconditionnalité de l’accueil
Jo Millinship-Brisard
La déshumanisation des exilé·es va de pair avec une prise en charge institutionnelle où s’exercent souvent plusieurs formes de violence : coloniale, genrée, sexiste… Femmes, hommes, LGBTI+, tout le monde est traité comme de la matière anonyme, indistincte. Un accueil digne de ce nom devrait être attentif aux différences et traduire ce soin dans la moindre de ses procédures, depuis l’écoute des histoires individuelles jusqu’à la mise en place d’infrastructures adaptées aux besoins spécifiques. Le care féministe indique la voie à suivre.
Des lieux alternatifs existent, laboratoires d’un tel accueil inconditionnel, citoyen, adapté à tou·tes.
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🌐 Hospitalité contre hostilité
Ninon Mazeaud
Qu’advient-il de l’art et de l’artiste, immergé·es dans la violence du front migratoire, au contact direct des personnes persécutées dans leurs trajets vers une vie meilleure ou fuyant l’horreur de zones génocidaires (Gaza) ? L’imaginaire artiste est mis à rude épreuve dans son projet d’une cartographie de l’accueil, représentation symbolique qui viendrait soutenir, donner du sens à l’hospitalité fragile, opposer la construction solidaire à l’hostilité destructrice. L’art devient pratique de partage, le dessin libère les vécus traumatiques, les rêves refoulés, révèle l’ampleur des dégâts intimes, organise des traces et une mémoire de l’actuel acharnement anti-migration tel que vécu dans la chair de ses victimes. Un travail de fourmi, fondamental, à contre-courant de l’épuisement militant que génère la propagande politique omniprésente de la haine, du rejet, de la peur. Témoignage lucide, sensible.
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« Ceux qui traversent la mer connaissent la terre »
Idriss Yousif Abdalla Abaker
« Ceux qui traversent la mer connaissent la terre », peut-on lire sur la page d’accueil du site d’A4 : ce sont les mots d’Aminata Koita, une proche des fondateur·ices de l’association. Pour ce collectif, la reconnaissance des savoir- faire des exilé.es est centrale. Actif dans les domaines agricole et de l’artisanat, il entend, à sa manière, accueillir des personnes pour qui « trouver des espaces d’habitation et des emplois en accord avec leurs désirs, besoins et expériences de vie » est difficile voire impossible, tout en luttant contre « la déliquescence des appuis institutionnels au milieu paysan, la disparition des métiers agricoles et artisanaux, et la perte de terres par l’agrandissement des surfaces de l’agro- industrie et l’étalement urbain ». Ce que pratique A4, c’est un peu le « deuxième temps » de l’accueil, ce dont une personne a besoin au-delà du toit et de la table. Idriss, basé à l’antenne de Lannion en Bretagne, évoque ici les formes que prend pour A4 cet accueil inconditionnel qui s’appuie sur l’écoute et le soin.
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La Maison Sésame : « comme un phare dans la tempête »
Maison Sésame
Sylvie est engagée auprès des exilé·es depuis 1999 à travers son travail au sein d’Emmaüs et en lien avec de multiples associations. Elle a connu toutes les vagues d’arrivées de plus en plus nombreuses sur la côte d’Opale de réfugié·es en route pour l’Angleterre, et leurs déplacements d’un camp à l’autre, d’une « Jungle » à l’autre, au gré des constructions et démantèlements successifs. La maison de Herzeele devenue « Maison Sésame » est celle où elle a grandi. Avec son mari Benoît, médecin retraité, un·e coordinateur·ice et un réseau de bénévoles et de soutiens locaux, un collectif s’est construit qui y organise aujourd’hui l’accueil de personnes exilé·es le temps d’un répit, en attendant de traverser la Manche.
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🌐 Un réseau de maisons accueillantes
Laura Houis, Marianne Bonnet
Lorsque nous avons demandé à Sylvie, de la Maison Sésame à Herzeele, si l’équipe avait à cœur de transmettre leur expérience d’accueil, elle nous a parlé de l’important travail mené dans ce sens par Toiles, réseau de maisons accueillantes, un projet qui a justement germé au sein de la Maison de Herzeele, et qui avait été aussi mentionné par Benjamin Stahl de La Trame à Die. Depuis 2022, il fédère en France une trentaine de lieux d’accueil de personnes exilées du type de ceux qui nous ont intéressés dans ce dossier – des « expériences d’accueil en collectif […] bien différentes de l’hébergement citoyen, des squats ou des centres d’hébergement [officiels] ». Le réseau organise un partage de savoirs et de savoir-faire entre ces lieux, des retours d’expérience, des outils, qui sont aussi transmis à des projets « en cours ». Il œuvre donc à sa manière à la transmission et au « faire trace » de ces expériences singulières tendant à une inconditionnalité de l’accueil. Marianne Bonnet et Laura Houis reviennent pour nous sur la genèse du projet et ce qui l’anime aujourd’hui.
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🌐 Expérience d’accueil dans un collectif anticapitaliste
ZonneKlopper
Le ZonneKlopper (ZK) tel qu’il est aujourd’hui est né de deux dynamiques inter-collectifs parallèles, autour de l’hébergement d’urgence pour des personnes en situation de précarité et d’un projet d’occupation nanti-capitaliste autogéré qui s’appuie le plus possible sur l’horizontalité et l’entraide. Au sein de cette ancienne usine cohabitent la ZK House, dédiée à l’accueil de personnes à la rue, principalement des Éthiopiens de la communauté Oromo, une « zone hébergement » où habitent les personnes – aux profils variés – partie prenante du projet, et différents espaces partagés pour les activités du collectif ouvertes à tou·tes. Cette cohabitation de la ZK House avec le projet politique du ZK est indubitablement l’une des spécificités de ce lieu bruxellois. Confronté·es à de grandes différences au niveau des vécus, situations administratives, des références culturelles, des engagements politiques ou encore des projets de vie, les co-habitant·es composent avec leurs idéaux et leurs aspirations diverses, ils et elles font de leur mieux dans cette rencontre pour prendre soin de leurs relations, sans naïveté mais sans renoncer à ce qui leur tient à cœur. Pour évoquer les formes et les difficultés de l’accueil qui se pratique à la ZK House, nous avons rencontré une partie du « cercle de travail Hébergement » : Jean-Baptiste et Michele, d’abord, et plus tard Alice, puis Omar en coup de vent, et enfin Paul, arrivé en tout dernier pour leur réunion hebdomadaire. Aperçu dans leurs mots des questions qui traversent cette expérience singulière.
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🌐 La Trame, une expérience de solidarité citoyenne
Benjamin Stahl
« [La Trame] accueille des personnes pour lesquelles l’accès aux droits les plus élémentaires est entravé ou refusé : logement, activité, travail, santé. La Trame propose un espace ou les individus peuvent poser leur valise, et prendre le temps d’une reconstruction physique, mentale, sociale et citoyenne », peut-on lire dans la charte de l’association, constitué sur le modèle des Organismes d’Accueil Communautaire et d’Activité Solidaire (de même que les communautés Emmaüs). Elle a ouvert deux appartements à Die, dans les pré-Alpes, qui accueille 6 personnes, qu’elle accompagne et invite à prendre part à différents chantiers. Face à la fatigue militante et aux difficultés rencontrées pour pérenniser un projet ne reposant que sur le bénévolat, La Trame a fait le choix de « professionnaliser » l’accueil. Benjamin Stahl, lui-même employé par l’association, nous expliquait en janvier dernier la genèse et le fonctionnement du projet.
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🌐 Un refuge en montagne
Jean Gaboriau
Les Refuges Solidaires c’est avant tout un collectif de militantes et militants qui s’est formé en 2017 dans un contexte qui voyait affluer de nombreux exilé·es à la frontière franco-italienne, résolu·es à franchir les dangereux cols alpins au péril de leur vie. Ces mêmes années, les opérations de police se multiplient et tou·tes les militant·es qui viennent en aide à ces personnes dans leur traversée risquent une condamnation. Malgré tout, la solidarité citoyenne n’a pas faibli, pas plus que le nombre de passages d’exilé·es – au contraire. Les Refuges ce sont aujourd’hui deux lieux, les Terrasses solidaires, un ancien sanatorium de 80 places sur les hauteurs de Briançon, et le plus modeste Abri Janvier à Guillestre. Jean Gaboriau, administrateur de l’association à l’époque de cet entretien, parle des Terrasses comme d’un paquebot, et on comprend l’image en l’écoutant nous décrire le lieu avec ses centaines de bénévoles et son équipe salariée – des choix inévitables pour faire tenir le projet, explique-t-il. Malgré tout, les affluences sont telles en été que des accidents arrivent et le lieu a subi plusieurs fermetures. La dernière en date : le 14 juillet 2024 (4 mois après cet entretien), suite à un incendie qui n’a fait heureusement aucune victime. Ce sont les Terrasses solidaires que Ninon et Clac avaient choisi comme première étape de leur projet de cartographie, et c’est là que Ninon a réalisé la plupart des ateliers dont les traces illustrent ce dossier.
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Expérimenter un autre partage des espaces
Rim Idmiloud
Rim Idmiloud a une formation de travailleuse sociale. Cofondatrice du collectif Rockin’Squat, elle s’y occupe de l’accompagnement social et du lien avec l’extérieur (politiques, institutions, etc.) : « À Rockin’Squat chacun·e a un rôle en fonction de ses compétences et savoirs. » Depuis septembre, le collectif est installé à Woluwé-Saint-Pierre, mais au printemps, c’est dans le grand bâtiment qu’il occupait rue du Trône que nous avons rencontré Rim. Dans cet ancien home Orpéa, futur centre d’accueil Fedasil (!), le collectif a subi plusieurs tentatives d’expulsion musclées. Mais le collectif Rockin’Squat est bien organisé et ses soutiens sont nombreux. Rim nous parle ici de son histoire et de cette expérience singulière de vie en communauté.
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Avoir un toit, au moins
Bachir Ourdighi
Bachir Ourdighi vit en Belgique depuis 2007. Nous l’avions rencontré en 2019, avec l’artiste Ninon Mazeaud, et ce premier échange avait donné lieu à l’article « La Petite Maison : un lieu où habiter l’exil », dans un dossier sur les « camps » qui se questionnait déjà sur les pratiques d’accueil européennes. « Parce que [La Petite Maison] interroge notre rapport au logement, à la ville, à la démocratie, [elle] est exemplaire ! » y écrivait-on. Bachir regrettait pourtant à l’époque le manque de place depuis leur déménagement à Schaerbeek. Aujourd’hui installé en face des Abattoirs d’Anderlecht, rue Ropsy Chaudron, le lieu s’est encore rétréci mais le collectif tient bon. Bachir nous parle de la vie de la Maison, et de leur vision de l’accueil.
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De quel cordon sanitaire parle-t-on ?
Pierre Hemptinne
Suites aux dernières élections communales, et avec les succès remportés ici et là par l’extrême droite, les discussions un peu sidérantes pour les constitutions de majorité ont fait ressortir la question du « cordon sanitaire ». Nombreux sont les partis à jurer, « yeux dans les yeux », qu’il n’est pas question de le rompre, ce cordon. Et s’il y a localement un petit accroc, ça ne porte pas à conséquence au niveau national. Mais de quoi parle-t-on ? De cordon sanitaire ou de cache-misère ?
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Politique de non-accueil en Belgique : hypocrisie politique, instrumentalisation du système judiciaire et déni des droits fondamentaux
Hélène Crokart, Nina Jacqmin
L’État belge a fait le choix d’une politique de non-accueil, bafouant sciemment droits fondamentaux et obligations légales. Il a été, pour cela, condamné par les Tribunaux et par la Cour européenne des Droits de l’Homme. Ce dont il ne tient pas compte. Dès lors, sa politique migratoire relève de l’arbitraire et s’affranchit des règles démocratiques. À l’encontre du grand n’importe quoi sur les migrations, deux avocates du cabinet ARADIA effectuent une salutaire mise au point. Écrit en 2022, ce texte n’a, hélas, pas pris une ride. Indispensable pour comprendre que ceux et celles qui s’efforcent d’accueillir les exilé·es, tentant de réparer une défaillance de l’État.
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Count Your Blessings
Hélène Hiessler, Valérie Vanhoutvinck, Anissa Rouas
Le youyou est un cri-chant traditionnel arabe, principalement féminin, et qui jaillit, puissant, dans des moments de fête. Une bénédiction de ce que la fête produit et que l’on veut préserver. Un club de Bruxelloises étudie et cultive cet art, le décline en performances dans l’espace public. Autant de rituels qui entendent protéger les dimensions immatérielles de ce qui nous relie aux autres, aux choses, au passé et au futur. Un élément clé d’un kit de survie à construire.
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