La possibilitĂ© dâune hospitalitĂ© inconditionnelle des exilé·es dĂ©pend de lâimage du fait migratoire, celle qui innerve le plus largement lâimaginaire du plus grand nombre de personnes. Elle ne tombe pas du ciel. Elle dĂ©coule de la fabrication dâune langue omniprĂ©sente sur les migrations comme danger et flux illĂ©gal, exerçant une action dĂ©terminante sur « nos façons de sentir, de penser, dâĂȘtre affectĂ©, dâagir » (Georges Didi-Hubermann). Des chercheurs et chercheuses Ă©tudient et dĂ©montent cette langue totalitaire tandis que des artistes Ă©laborent dâautres images, ferments dâune langue alternative, indispensable Ă la pratique de lâhospitalitĂ©.
Sur le terrain, le désir de comprendre, force de partage
Ce sont les rouages de cette fabrication dâimages et de langue que Didier Fassin et Anne-Claire Defossez font sortir de lâombre dans leur livre Lâexil toujours recommencĂ©. Chronique de la frontiĂšren. Lâun, anthropologue et mĂ©decin, et lâautre, sociologue et chercheuse, ont menĂ© durant cinq ans un travail de recherche Ă la frontiĂšre entre lâItalie et la France, recueillant les histoires dâexilé·es, retraçant leurs itinĂ©raires complĂštement dĂ©ments, observant et documentant les stratĂ©gies de passage de la frontiĂšre, participant Ă lâaide apportĂ©e aux personnes en dĂ©tresse, Ă©tudiant les pratiques humanitaires dâhospitalitĂ© et dâaide militante (autour du Refuge solidaire de Briançon), enquĂȘtant sur les pratiques policiĂšres et militaires de contrĂŽle de la frontiĂšre, les mises en application des dĂ©cisions politiques nationales et europĂ©ennes. Une dĂ©marche qui, dĂ©passant de loin lâintention partisane de dĂ©noncer, sâinscrit dans la prise en charge du « dĂ©sirer comprendre, façon de retrouver le sens du partage » (Georges Didi-Huberman, Ă propos de ce qui permit Ă Victor Klemperer de tenir sous le nazisme). Face Ă une langue qui entend imposer la vision totalisante et excluante de migration illĂ©gale et sa logique unilatĂ©rale de frontiĂšres fermĂ©es, le mĂ©lange dâimmersion dans le concret et de distanciation scientifique entretient, par ce dĂ©sir de comprendre toutes les parties confrontĂ©es, la possibilitĂ© dâune langue alternative qui soit instrument de comprĂ©hension mutuelle et affranchie des frontiĂšres.
ContrÎle aux frontiÚres : inefficacité systémique, théùtrale
Les investigations de lâanthropologue et de la sociologue les conduisent Ă constater quâĂ part les cas dramatiques de disparitions ou de morts dans la montagne â liĂ©es aux conditions de passage rendues dangereuses par les contrĂŽles â , finalement, tout le monde finit quand mĂȘme par passer, serait-ce aprĂšs dix tentatives ou plus, et beaucoup dâangoisse, de souffrances et dâhumiliation. Un Ă©tat de fait objectivĂ© par toutes les parties : « Le directeur de la police aux frontiĂšres lui-mĂȘme en convenait, comme bien dâautres policiers et gendarmes rencontrĂ©s : âĂ un moment ou Ă un autre, ils finissent tous par passer.â Comme pour se rassurer, il ajoutait : âMais on a quand mĂȘme ce rĂŽle dissuasif.â Quâest-ce donc, une dissuasion qui ne fait pas renoncer ? » (p. 213) Et ce malgrĂ© des investissements consĂ©quents : « Pour lâannĂ©e 2022, au cours de laquelle 3094 non-admissions ont Ă©tĂ© effectuĂ©es, on peut estimer que la dĂ©pense par refoulement est de 13 900 euros, en rappelant que chacun de ces refoulements est suivi dâun franchissement rĂ©ussi de la frontiĂšre. Le rapport coĂ»t-efficacitĂ©, quâutilisent les Ă©conomistes, ferait de la lutte contre lâimmigration lâune des politiques publiques les plus inefficaces pour le coĂ»t le plus Ă©levĂ©, non par incompĂ©tence des agents, mais par dĂ©calage entre la rĂ©alitĂ© des faits et lâidĂ©ologie sĂ©curitaire. » (p. 214) Ă lire cette Ă©tude fouillĂ©e, on retient lâimpression dâune sinistre sinĂ©cure, une mascarade.
IllĂ©galitĂ© factice et cynique : spectacle des frontiĂšres et chasse Ă lâhomme
DĂšs lors, la conclusion de Fassin et Defossez est que « lâefficacitĂ© doit ĂȘtre ailleurs », inscrite dans une autre Ă©conomie, plus idĂ©ologique, et dans les besoins de propagande iconographique de cette Ă©conomie politique. Ce qui prend la forme dâune « spectacularisation dĂ©libĂ©rĂ©e des frontiĂšres », spectacle organisĂ© de lâirrĂ©gularitĂ© migratoire et qui ne se pratique pas quâen France. Fassin et Defossez Ă©tablissent un parallĂšle avec des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es aux Ătats-Unis : « Parce quâon ne les laisse pas passer aux postes-frontiĂšres, ils sont obligĂ©s dâemprunter des voies alternatives, par le dĂ©sert de Sonora ou le fleuve Rio Grande notamment, ce qui confirme leur irrĂ©gularitĂ©, quand bien mĂȘme, ils seraient demandeurs dâasile. De mĂȘme, en France, les exilĂ©s qui le souhaitent ne peuvent solliciter lâaide Ă la frontiĂšre, ce qui les oblige Ă passer par la montagne en se dissimulant, ce qui visibilise leur irrĂ©gularitĂ©. » (p. 216) Il faut bien noter que les personnes ainsi condamnĂ©es Ă sâengager sur des chemins dangereux sont, a priori, toutes « des demandeurs dâasile potentiels, avec des arguments Ă faire valoir pour obtenir une protection au titre de la Convention de GenĂšve de 1951. » (p. 234) LâĂ©lĂ©ment fictionnel du « spectacle des frontiĂšres » est de nier ce statut lĂ©gal a priori communs aux exilé·es. Leur fermer arbitrairement lâaccĂšs normal Ă une dĂ©marche administrative qui leur est due, crĂ©er une atmosphĂšre palpable de « retournez chez vous » aprĂšs le pĂ©riple infernal qui les a conduit·es jusque-lĂ ne peut que pousser ces personnes au dĂ©sespoir le plus profond.
Et bien entendu, contrĂŽler le poste-frontiĂšre ne suffit pas : il y a des rondes, des patrouilles qui, le zĂšle aidant et selon diffĂ©rentes sources, sâapparentent Ă de vĂ©ritables chasses Ă lâhomme. Avec des situations oĂč en viennent Ă sâexprimer les tendances racistes et les accointances avec lâextrĂȘme droite, complĂštement dĂ©sinhibĂ©es. « Il existe mĂȘme une division du travail, avec les gendarmes qui poursuivent et capturent des exilĂ©s pour les conduire au poste-frontiĂšre oĂč des policiers ont, eux, la charge de les expulser et de les exclure. Du reste, chacune de ces deux opĂ©rations est elle-mĂȘme double. Il faut dâabord poursuivre pour ensuite capturer, fĂ»t-ce en faisant prendre des risques aux fuyards. Et câest en expulsant quâon exclut, ce que montrent les paroles de certains agents qui, en reconduisant Ă la frontiĂšre les exilĂ©s, leur disent quâil nâest plus question pour eux de jamais revenir. » (p. 204) Le climat de peur ainsi instaurĂ©, les situations dramatiques qui en dĂ©coulent font que les exilé·es deviennent les figurant·es-otages dâune mise en scĂšne oĂč ils et elles ne peuvent quâapparaitre comme des ĂȘtres en situation irrĂ©guliĂšre, hors-la-loi, « rĂ©prĂ©hensibles », cherchant Ă franchir « nos » frontiĂšres de façon clandestine, malveillante, que ce soit sur les photos ou dans les rĂ©cits de reportages et tĂ©moignages. MĂȘme dans le cas de reportages qui souligneraient lâinjustice de la politique migratoire, ou du moins ses dimensions inhumaines, la « langue totalisante » qui dĂ©finit en quelque sorte le cadre du reportage et son angle de vue principal aura fait en sorte que sâimpriment dans lâimaginaire des images ou des mots attestant la prĂ©tendue illĂ©galitĂ© de ce « flux migratoire ».
Rendre sensible Ă une situation lĂ oĂč la mise en scĂšne de migrations illĂ©gales tend Ă rendre insensible, Ă insensibiliser-anesthĂ©sier lâhumanitĂ©.
Rendre une situation sensible, tout un art
Pour montrer autrement ce qui se joue lĂ il faut dâabord refuser de sâinscrire dans les schĂšmes de la langue dominante afin dâĂ©laborer bien plus quâune vision particuliĂšre et singuliĂšre. Il sâagit dâalimenter une autre langue des migrations, une langue habitĂ©e par lâesprit dâhospitalitĂ©, de dĂ©sir de comprendre et de partager. Câest ce quâillustre exemplairement lâartiste Bruno Serralongue. Il dĂ©joue dâemblĂ©e le dispositif dominant via les dimensions temporelles et techniques de sa dĂ©marche : il ne vient pas couvrir un Ă©vĂšnement, il sâimmerge, plonge dans le « bidonville dâĂtat » de Calais de 2006 Ă 2020. Il nâutilise pas un matĂ©riel qui le conduirait Ă photographier en rafales et Ă trier ensuite les clichĂ©s les plus « parlants » : il vient, il Ă©volue sur place avec du matĂ©riel lourd, statique, lent, qui dĂ©termine tout le relationnel, avec les exilé·es, les paysages, les topographies, les attentes, les activitĂ©s, les rapports de force. Une syntaxe de la rencontre qui dĂ©construit la volontĂ© de vue unique du langage dominant et sa volontĂ© de mise Ă lâĂ©cart. Voici comment en parle Jacques RanciĂšre dans les livres Calais. TĂ©moigner de la « junglen » : « Il ne sâagit pas pour Bruno Serralongue de rendre sa prĂ©sence discrĂšte, voire clandestine. Comment le faire, dâailleurs, quand on utilise une chambre photographique Ă lâancienne qui a le double âdĂ©savantageâ dâĂȘtre trĂšs voyante et de nĂ©cessiter un long temps de prĂ©paration ? MĂȘme quand il les prend de dos, les migrants ne peuvent pas ignorer quâil est lĂ . Et il ne saurait pas davantage les prendre sans leur consentement. La distance, lâusage dâun matĂ©riel lourd, le long temps de prĂ©paration dĂ©finissent un mĂȘme mode de prĂ©sence. [âŠ] Cette contrainte technique sâaccorde, bien sĂ»r, avec une conception du rĂŽle du photographe. Son objectif nâest pas de couvrir un Ă©vĂšnement, il est de rendre sensible une situation. » (p. 11) Rendre une situation sensible, dans tous ses aspects et pas uniquement sous lâangle dĂ©terminĂ© par la politique rĂ©pressive qui, Ă lâinstar des rĂ©gimes totalitaires, oriente le regard et le ressenti vers un seul et toujours mĂȘme cĂŽtĂ©. Surtout, rendre sensible Ă une situation lĂ oĂč la mise en scĂšne de migrations illĂ©gales tend Ă rendre insensible, Ă insensibiliser-anesthĂ©sier lâhumanitĂ©. « ⊠mettre en Ćuvre une sensibilitĂ© rĂ©apparue, une pensĂ©e qui recommence, une dignitĂ© qui se retrouve, une possibilitĂ© dâaction et de survie. Câest-Ă -dire une rĂ©ouverture du devenir lui-mĂȘme. » (Georges Didi-Huberman, p. 93)
Lâart retisse lâempathie
La langue dominante sur les migrations entend escamoter le vocabulaire de lâempathie, dĂ©shumaniser les exilé·es comme il en a toujours Ă©tĂ© fait des « ennemi·es » voué·es Ă ĂȘtre discriminé·es massivement, voire exterminé·es. Face Ă cette entreprise de mise Ă lâĂ©cart des droits humains, les Ćuvres dâart traitant de la question migratoire ont probablement comme premier mĂ©rite de faire remonter lâĂ©motion, la dimension politique du sâĂ©mouvoir. Câest sur cette voie que nous engagent, parmi tant dâautres, les dĂ©marches de Sofhie Mavroudis et Camille Dufour, plasticiennes. Sofhie Mavroudis enquĂȘte sur les alĂ©as douloureux que vivent les personnes migrantes lors de leurs dĂ©placements, et qui font que des familles se trouvent accidentellement dispersĂ©es. Elle retrouve sur Internet des avis de recherche, des appels Ă tĂ©moins, principalement des parents qui tentent de retrouver des enfants disparu·es. Par cela mĂȘme, elle reconstitue en partie les itinĂ©raires, les circonstances. Et elle rĂ©alise des installations oĂč les photos dâenfants perdu·es sont placĂ©es dans des pochettes transparentes remplies dâeau de mer. Chaque enfant est identifié·e par un numĂ©ro. Le contraste entre les visages singuliers, tous diffĂ©rents, tous « si vivants », et le chiffre sinistre qui signifie lâindiffĂ©rence Ă lâĂ©gard de leur devenir, est glaçant. Sur la durĂ©e de lâexposition, les pigments se diluent, les visages sâeffacent sous nos yeux, rĂ©actualisent symboliquement notre impuissance autant que notre inactionn.
Graver la mémoire de ceux et celles que la politique migratoire nie et efface
Camille Dufour rĂ©alise de grandes gravures en noir et blanc, Ă©corchĂ©es, tourmentĂ©esn. Il faut sâapprocher pour distinguer des corps innombrables qui chutent dans les flots. Ils ne semblent pas sây abimer, ni mĂȘme vraiment disparaitre, mais se transformer en ces flots eux-mĂȘmes. Ils restent. Ils deviennent la mer-fosse commune. Les images ont quelque chose dâintemporel : elles sont ces entrailles du monde qui sans cesse absorbent les corps des anonymes, victimes des innombrables tragĂ©dies sociales, Ă©conomiques, politiques, Ă©cologiques. Mais ces images rĂ©sultent surtout dâun rituel qui, Ă travers le temps de la gravure, pratique gestes et pensĂ©es qui matĂ©rialisent « lâautre temps, transversal et souvent anachronique, dâun rapport plus profond entre sujet et histoire ». (Georges Didi-Huberman, p. 77) Lâimage Ă imprimer sur papier provient dâune surface gravĂ©e qui a tout dâune pierre tombale. Une fois la feuille Ă©tendue Ă mĂȘme la surface encrĂ©e, la technique consiste Ă frotter le verso. Ce frottement qui fait remonter Ă la surface lâimage refoulĂ©e du drame â frottement-mĂ©ditation-recueillement, lâartiste sâenfonce dans lâimage en gestation, va Ă sa rencontre, convoque la mĂ©moire de ceux et celles que le pouvoir Ă©clipse â est rĂ©alisĂ© de façon particuliĂšre : en broyant des fleurs au pilon, mĂ©thodiquement, patiemment, obsessionnellement, religieusement. Les fleurs â celles mĂȘmes qui honorent cercueils et caveaux â sont transformĂ©es en pleurs silencieux, en suc colorĂ©, en pigments de lamentations. Ce qui fait que, au verso de lâimage oĂč les entrailles marines avalent les corps sacrifiĂ©s par les « politiques migratoires », apparait une autre image : celle dâune invocation, dâune commĂ©moration. On dirait une brassĂ©e de fleurs jetĂ©es lĂ oĂč ont sombrĂ© embarcations et passager·es, liquĂ©fiĂ©es, brouillĂ©es, floutĂ©es dans les vagues, image aussi dâune ouverture cĂ©leste dans lâabime de la noyade. La dimension de priĂšre est encore plus manifeste, transie, avec la performance collective du groupe vocal RĂ©sonance.
Face Ă Â lâentreprise de mise Ă lâĂ©cart des droits humains, les Ćuvres dâart traitant de la question migratoire ont probablement comme premier mĂ©rite de faire remonter lâĂ©motion, la dimension politique du sâĂ©mouvoir.
Quand lâart restaure lâhumanitĂ©. HospitalitĂ© post-mortem
Ces deux dĂ©marches, parmi bien dâautres, contribuent Ă rĂ©intĂ©grer les exilé·es dans la communautĂ© des humain·es. Elles prennent tout leur sens de contribution Ă une langue alternative face aux Ătats anti-migration, anti-droits humains : « Il ne faut pas de traces, ni des cadavres, enterrĂ©s furtivement et anonymement, ni des rĂ©cits, qui pourraient dire ce quâont Ă©tĂ© ces personnes et ce qui conduit Ă leur fin tragique. Les Ătats ne savent pas combien dâexilĂ©s meurent Ă leurs frontiĂšres, ne cherchent pas Ă le savoir. » (Defossez, Fassin, p. 351) Les pratiques artistiques ainsi dĂ©veloppĂ©es sâinscrivent dans un activisme beaucoup plus large de lâĂ©motion et de la mĂ©moire. Elles sâentretissent Ă bien dâautres dĂ©marches militantes, comme celle des « experts du Labanofn qui cherchent Ă reconstruire les identitĂ©s et les noms pour montrer que les morts Ă©taient des ĂȘtres humains avec des vies interconnectĂ©es, des familles, des amis et des projets », des dĂ©marches dans lesquelles sâinventent « de nouvelles formes dâhospitalitĂ© post-mortem » qui « sâexprime[nt] aussi dans la crĂ©ation de cimetiĂšres pour exilĂ©s et dans la commĂ©moration des tragĂ©dies, visant ainsi Ă inscrire cette histoire dans la terre et dans la mĂ©moire des Italiens. » (Defossez, Fassin, p. 355)
Câest une production artistique et de recherche dont lâaudience reste limitĂ©e tout autant que la langue alternative qui sây Ă©labore. Rien Ă voir avec la force de frappe, dans lâimaginaire collectif, de la langue « migration illĂ©gale ». Lire ces recherches et leur dĂ©sir de comprendre, frĂ©quenter ces Ćuvres et leur partage dâĂ©motions contribue Ă Ă©largir lâassise dâune langue et dâune culture de lâhospitalitĂ© dont nous avons tous et toutes besoin.
Georges Didi-Huberman, Le TĂ©moin jusquâau bout, Minuit, 2022, p. 33.
Anne-Claire Defossez, Didier Fassin, Lâexil toujours recommencĂ©. Chronique de la frontiĂšre, Seuil, 2024
Bruno Serralongue, Jacques RanciĂšre, Florian Ebner, Calais. TĂ©moigner de la « jungle » (2006-2020), Heni Publishing/ FRAC Ăle-de-France, 2022.
Camille Dufour, « Eaux anonymes ».
Labanof : Il Laboratorio di Antropologia e Odontologia Forense (laboratoire dâanthropologie et dâondotologie mĂ©dico-lĂ©gales) de lâuniversitĂ© de Milan : labanof.unimi.it

