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Dossier

🌐 ExpĂ©rience d’accueil dans un collectif anticapitaliste

Entretien avec une partie du cercle de travail Hébergement de ZonneKlopper

08-11-2024

Le ZonneKlopper (ZK) tel qu’il est aujourd’hui est nĂ© de deux dynamiques inter-collectifs parallĂšles, autour de l’hĂ©bergement d’urgence pour des personnes en situation de prĂ©caritĂ© et d’un projet d’occupation nanti-capitaliste autogĂ©rĂ© qui s’appuie le plus possible sur l’horizontalitĂ© et l’entraide. Au sein de cette ancienne usine cohabitent la ZK House, dĂ©diĂ©e Ă  l’accueil de personnes Ă  la rue, principalement des Éthiopiens de la communautĂ© Oromo, une « zone hĂ©bergement Â» oĂč habitent les personnes –  aux profils variĂ©s – partie prenante du projet, et diffĂ©rents espaces partagĂ©s pour les activitĂ©s du collectif ouvertes Ă  tou·tes. Cette cohabitation de la ZK House avec le projet politique du ZK est indubitablement l’une des spĂ©cificitĂ©s de ce lieu bruxellois. Confronté·es Ă  de grandes diffĂ©rences au niveau des vĂ©cus, situations administratives, des rĂ©fĂ©rences culturelles, des engagements politiques ou encore des projets de vie, les co-habitant·es composent avec leurs idĂ©aux et leurs aspirations diverses, ils et elles font de leur mieux dans cette rencontre pour prendre soin de leurs relations, sans naĂŻvetĂ© mais sans renoncer Ă  ce qui leur tient Ă  cƓur. Pour Ă©voquer les formes et les difficultĂ©s de l’accueil qui se pratique Ă  la ZK House, nous avons rencontrĂ© une partie du « cercle de travail HĂ©bergement Â» : Jean-Baptiste et Michele, d’abord, et plus tard Alice, puis Omar en coup de vent, et enfin Paul, arrivĂ© en tout dernier pour leur rĂ©union hebdomadaire. Aperçu dans leurs mots des questions qui traversent cette expĂ©rience singuliĂšre.

Propos recueillis en juillet 2024 par HélÚne Hiessler pour Culture & Démocratie.

 

Pour vous, qu’est-ce que l’accueil inconditionnel ?
Jean-Baptiste : Ce serait l’accueil de tout le monde, sans condition de temps, de culture, d’origine, mais il n’y a jamais de vĂ©ritable inconditionnalitĂ©. Il y a toujours une forme de limite d’espace, de temps, de profils. Dans les lieux comme le nĂŽtre, je pense que l’accueil inconditionnel n’existe pas.

Michele : Actuellement 3000 personnes en demande d’asile ne sont pas prises en charge par le systĂšme d’accueil, et hors des chiffres officiels, il y a toutes les autres en marge, sous les radars. Impossible de savoir combien elles sont mais on peut imaginer que la demande est Ă©norme. Il y a vraiment une dĂ©faillance structurelle de l’accueil. Aujourd’hui aucun squat ne peut imaginer ou se permettre l’accueil inconditionnel. Seul un État le pourrait.

Expliquez-moi le ZonneKlopper : qui vit lĂ  ? Quelles sont les diffĂ©rentes parties ?
Jean-Baptiste : ZonneKlopper (ZK) c’est une occupation temporaire et un collectif. Le bĂątiment est celui des anciennes usines Van Roy [de dĂ©coration d’intĂ©rieur] qui a Ă©tĂ© rachetĂ© par le Foyer du Sud (les logements sociaux de Saint-Gilles et Forest) deux ans avant notre arrivĂ©e. Pendant le Covid, il y avait une crise de l’accueil terrible. Beaucoup de personnes exilĂ©es Ă©taient Ă  la rue. Deux dynamiques d’inter-collectifs se sont mises en place en parallĂšle : la campagne de rĂ©quisition solidaire – qui ouvrait des squats de 10 000 mĂštres carrĂ©s toutes les semaines – et ZonneKlopper, qui s’est organisĂ© autour de cette usine Van Roy. Une partie des appartements ont Ă©tĂ© ouverts pour accueillir des Éthiopiens – des Amhariques au dĂ©part. TrĂšs rapidement, nos propriĂ©taires nous ont fait signer une convention pour cette partie du bĂątiment qu’on appelle aujourd’hui la ZK House. Pour les 16 000 mĂštres carrĂ©s restĂ©s vides, le Foyer du Sud voulait faire un appel Ă  projet. Mais comme on Ă©tait dĂ©jĂ  dans une partie du bĂątiment, et pour Ă©viter de se retrouver en concurrence avec des grosses structures comme Communa ou Entrakt qui ont des Ă©quipes dont c’est le mĂ©tier de rĂ©pondre Ă  ce type d’appel, on a demandĂ© Ă  Foyer du Sud de nous laisser le temps de prĂ©parer un dossier. S’ils l’aimaient, on investissait le reste du lieu. Sinon ce serait l’appel Ă  projets. À ce moment-lĂ , plein d’associations se sont regroupĂ©es de façon horizontale pour travailler Ă  ce dossier. Finalement, Foyer du Sud nous a donnĂ© l’aval et on a signĂ© une nouvelle convention. Dans quelques mois, ça fera trois ans.
ZonneKlopper est aussi une ASBL organisĂ©e sur le modĂšle de la sociocratie, avec des cercles de travail. Le cercle « hĂ©bergement Â» existe depuis le dĂ©but. Contrairement au reste de ZK, la ZK House a le droit de demander des subsides. Sur le papier, on hĂ©berge des Oromos d’Éthiopie, maximum 25. Dans la pratique, c’est diffĂ©rent : il y a parfois aussi des femmes, des enfants et des personnes d’autres cultures. En ce moment il y a des Palestinien·nes. On s’était dit au dĂ©part que ces personnes ne pouvaient pas vivre ici dans la durĂ©e. Mais c’est trĂšs compliquĂ© de mettre quelqu’un Ă  la rue. Finalement on pratique un accueil qui est plus inconditionnel dans la rĂ©alitĂ© que sur le papier.

Michele : Le rez-de-chaussĂ©e, c’est l’espace commun et Ă  vocation publique. Il y a une donnerie, un atelier vĂ©lo, une salle de concert avec un bar, un espace enfant, un atelier de bricolage solidaire, etc. Au premier Ă©tage et au deuxiĂšme il y a des espaces d’habitation et des ateliers.

Jean-Baptiste : Dans l’espace d’habitation, il y a une zone dĂ©limitĂ©e qu’on appelle le sleeping, rĂ©servĂ©e Ă  l’accueil des ami·es et visiteur·ses, mais au fur et Ă  mesure c’est plutĂŽt devenu une partie de la ZK House, un dortoir pour des hommes cisgenre Ă  la rue. En ce moment il y a un Belge, des Marocains et des Palestiniens. On parle des personnes « hĂ©bergĂ©es Â» pour celles de la ZK House et du sleeping, et des personnes « logĂ©es Â» pour celles qui vivent la partie habitation. Les personnes hĂ©bergĂ©es sont dans une situation prĂ©caire de par leur santĂ© mentale voire leurs traumatismes, et/ou par leur situation administrative. Contrairement aux « personnes logĂ©es Â», on ne leur demande ni un engagement dans le collectif, ni une participation aux frais de gaz, eau, Ă©lectricitĂ©, etc. Les personnes qui sont logĂ©es n’ont pas forcĂ©ment de papiers mais on attend d’elles qu’elles participent aux frais et au projet. On a un collectif ouvert : il suffit de venir Ă  nos rĂ©unions et de payer la cotisation de 10 euros puis d’entrer dans un cercle de travail, mais tous les membres du collectif ne sont pas des habitant·es. Et personne n’est rĂ©munĂ©rĂ©.

Actuellement 3000 personnes en demande d’asile ne sont pas prises en charge par le systĂšme d’accueil, et hors des chiffres officiels, il y a toutes les autres en marge, sous les radars. Impossible de savoir combien elles sont mais on peut imaginer que la demande est Ă©norme. Il y a vraiment une dĂ©faillance structurelle de l’accueil.

Les personnes accueillies sont surtout des exilĂ©es ? Sont-elles impliquĂ©es dans le projet ?
Michele : Ce sont essentiellement des personnes « fragiles Â», sans papiers pour la plupart mais pas seulement. La ZK House est connue dans le milieu de l’accueil, mĂȘme jusqu’en Libye parait-il, comme la « Oromo House Â». Mais sont aussi accueilli·es des Soudanais·es, des YĂ©menites : on ne fait pas de discrimination. Dans la premiĂšre vague il y avait pas mal de personnes coincĂ©es en Europe depuis des annĂ©es, en demande d’asile depuis 6, 7 ans, perdues dans les dĂ©marches administratives. Certaines avaient passĂ© des dizaines d’annĂ©es Ă  la rue ou dans les squats et prĂ©sentaient des troubles, des addictions
 Le lieu Ă©tait connu pour accueillir ces cas un peu problĂ©matiques, exclus des autres hĂ©bergements. Ç’a Ă©tĂ© un moment pas Ă©vident ici. Aujourd’hui, la plupart des gens hĂ©bergĂ©s sont de passage et visent le Royaume-Uni. Ce sont des jeunes de 20 Ă  25 ans. Les personnes qui restent plus longtemps (environ 5%) sont celles qui demandent l’asile ici ou en France.

Jean-Baptiste : Il y a eu plusieurs Ă©quipes en charge de l’hĂ©bergement. Beaucoup de personnes se sont Ă©puisĂ©es. Au dĂ©but de l’équipe actuelle, le fonctionnement du cercle de travail « hĂ©bergement Â» Ă©tait assez vertical pour rĂ©pondre Ă  l’urgence. Entre-temps, on a beaucoup appris de nos erreurs, et on a rĂ©ussi Ă  impulser une forme d’auto-organisation chez les personnes hĂ©bergĂ©es. Pour elles, dans leur situation de transmigration, ZK est juste un lieu de repos sur un trajet. Le projet et les aspirations anticapitalistes du collectif ne les intĂ©ressent pas forcĂ©ment. C’était difficile de les intĂ©grer Ă  la dynamique collective mais maintenant, on y arrive, notamment parce que certaines sont lĂ  depuis longtemps. S’il y avait un turnover constant, ce serait compliquĂ© – depuis 3 ans environ 1000 personnes sont passĂ©es par lĂ , mais certaines y sont depuis 2 ans. Et malgrĂ© la difficultĂ© d’intĂ©grer la communautĂ© hĂ©bergĂ©e aux activitĂ©s sur place, on vit quand mĂȘme ensemble. On partage Ă©normĂ©ment de moments.

Michele : Avec elles, on a pu tisser un lien de confiance. C’est vrai qu’au dĂ©but on Ă©tait un peu rĂȘveurs, on se projetait dans les interactions, le partage, les AG, l’idĂ©e de faire ensemble des activitĂ©s, etc. Mais ça ne s’est pas mis en place. On mĂšne cĂŽte Ă  cĂŽte des vies sĂ©parĂ©es. C’était Ă©videmment naĂŻf et un peu arrogant de notre part de penser que des personnes rĂ©fugiĂ©es qui vivent une rĂ©alitĂ© totalement diffĂ©rente de la nĂŽtre pourraient s’engager dans notre projet anticapitaliste alors qu’en en Ă©tant exclues, elles n’ont mĂȘme pas la possibilitĂ© d’expĂ©rimenter le systĂšme capitaliste.

Jean-Baptiste : L’hiver il y a beaucoup plus de monde parce que les voies de traversĂ©es sont beaucoup plus dangereuses. On se retrouve parfois avec le double ou le triple du nombre de personnes, et il y a aussi plus de mineurs non accompagnĂ©s. La communautĂ© Oromo s’organise de maniĂšre spĂ©cifique : les personnes les plus ĂągĂ©es ont gĂ©nĂ©ralement le leadership. Il arrive que des jeunes se rebellent mais il y a une culture du respect des plus anciens.

Ce sont essentiellement des personnes « fragiles Â», sans papiers pour la plupart mais pas seulement. La ZK House est connue dans le milieu de l’accueil, mĂȘme jusqu’en Libye parait-il, comme la « Oromo House Â». Mais sont aussi accueilli·es des Soudanais·es, des YĂ©menites : on ne fait pas de discrimination.

Quelle est la spĂ©cificitĂ© du ZK par rapport Ă  d’autres occupations et lieux d’accueil ?
Jean-Baptiste : Nous ne sommes pas le seul lieu oĂč cohabitent des personnes avec et sans papiers. Mais notre taille, l’ouverture sur le quartier, les ateliers, et puis aussi le projet, la pluralitĂ© et l’horizontalitĂ© dans le collectif sont peut-ĂȘtre des choses qui font notre spĂ©cificitĂ©. Il y a eu des expĂ©riences qui ressemblaient Ă  ZK comme le GesĂč Ă  Saint-Josse il y a un peu plus de 10 ans mais qui Ă©tait peut-ĂȘtre moins dans une recherche d’horizontalitĂ©. Je dis recherche parce qu’ici la pyramide se reforme constamment. Mais pour moi en tout cas c’est trĂšs prĂ©cieux de pouvoir vivre avec des gens aussi diffĂ©rents en termes de classe sociale, d’origine, d’ñge, etc. Je vois le monde complĂštement diffĂ©remment. Beaucoup de choses de la vie capitaliste europĂ©enne sont devenues fades et futiles Ă  mes yeux depuis que j’ai accĂšs Ă  cette multiculturalitĂ© et Ă  cette diversitĂ©.

Michele : La perception de ce qui compte change quand tu vis aux cĂŽtĂ©s de personnes en situation d’extrĂȘme prĂ©caritĂ©. Il ressort un besoin d’autres vĂ©ritĂ©s. On traite souvent de questions sensibles et vitales, on entre dans une intimitĂ© poussĂ©e avec les gens. Mais c’est vrai que c’est fait avec une certaine simplicitĂ© et avec beaucoup de solidaritĂ© et d’autres valeurs qui, dans notre sociĂ©tĂ©, sont souvent trĂšs intellectualisĂ©es. Quand on sort de ce circuit-lĂ , d’une discussion avec les gars [les hommes hĂ©bergĂ©s dans la ZK House], et qu’on retrouve la « sociĂ©tĂ© normale Â», on se dit que les gens sont fous ! Quelles sont nos valeurs ? OĂč les plaçons-nous ? Leur attitude n’est pas victimiste, du moins dans la communautĂ© que l’on hĂ©berge. On a appris beaucoup de leur maniĂšre de voir toujours un Ă©lan de vie dans ces situations dĂ©sespĂ©rantes.

Comment se passe l’accueil ? Qui dĂ©cide qui accueillir ?
Jean-Baptiste : Les Oromos sont autonomes dans l’accueil des personnes qui arrivent Ă  la ZK House. Par exemple, rĂ©cemment, un Marocain a dĂ©barquĂ©, il a dormi deux jours dans leur salon, puis comme il n’était pas Oromo ils l’ont invitĂ© Ă  aller dans l’autre partie du bĂątiment [le sleeping] pour que la responsabilitĂ© de son accueil revienne aux autres. À la derniĂšre AG on a dit qu’on arrĂȘtait l’accueil dans le sleeping mais ce n’est pas possible.

Pourquoi c’est un problĂšme pour eux d’avoir de la mixitĂ© communautaire ?
Michele : Au-delĂ  des conditionnements et du racisme sous-jacent qu’on retrouve partout, il y a je crois la situation d’un peuple qui a Ă©tĂ© beaucoup discriminĂ© en Éthiopie et qui, une fois en sĂ©curitĂ© ici, a beaucoup de mĂ©fiance.

Y a-t-il un rĂšglement, une charte ? Qui en dĂ©cide ?
Michele : Au dĂ©but il y avait des rĂšgles gĂ©nĂ©riques, un peu judĂ©o-chrĂ©tiennes comme ça. Une fois, pour Ă©viter de devoir expulser quelqu’un, on a pensĂ© engager les personnes autour d’un contrat. C’était des rĂšgles assez basiques que la team ZK House imaginait comme un petit « check-in Â» Ă  l’arrivĂ©e : on le lisait ensemble, on le faisait signer et on le donnait. Mais on a finalement trouvĂ© ça trop contraignant et on a fini par rĂ©duire le truc Ă  « pas de violence Â».

Jean-Baptiste : Dans notre organisation, on Ă©tait un peu comme certaines sociĂ©tĂ©s d’AmĂ©rique du Nord organisĂ©es sans chef mais en cas de crise, une sorte de chef de guerre apparait, hyper vertical et coercitif. Ici, c’est arrivĂ© qu’on soit face Ă  des situations de violence, ou Ă  des personnes problĂ©matiques qui foutent le bordel partout. Alors le cercle hĂ©bergement se rĂ©unissait comme juge et chef, trĂšs verticalement. On dĂ©cidait et on disait aux gens qu’ils devaient partir. Au fur et Ă  mesure on a compris que ça ne fonctionnait pas, et que si on voulait se sĂ©parer d’une personne problĂ©matique il fallait que ça vienne des gars. Or ça peut ĂȘtre compliquĂ© : certaines personnes problĂ©matiques, qui foutent vraiment le bordel sont protĂ©gĂ©es par la communautĂ©. C’est vraiment un jeu continuel de nĂ©gociation entre entre eux [les Oromos hĂ©bergĂ©s] et nous [les personnes logĂ©es].

Pour elles, dans leur situation de transmigration, ZK est juste un lieu de repos sur un trajet. Le projet et les aspirations anticapitalistes du collectif ne les intéressent pas forcément.

Comment s’organise la vie quotidienne ?
Jean-Baptiste : Le cercle de travail hĂ©bergement se rĂ©unit tous les mardis. On est en connexion avec les personnes hĂ©bergĂ©es sur tout le cĂŽtĂ© logistique : la bouffe, le nettoyage des espaces, les rĂ©parations, les conflits. Et une fois par mois, il y a une grosse rĂ©union avec tout le monde, notamment pour expliquer le lieu aux nouveaux et pour attribuer des rĂŽles de rĂ©fĂ©rent·es. Pour eux, « rĂ©fĂ©rent Â» c’est « chef Â», mais ce n’était pas le but Ă  la base. Autrement, il y a les soirĂ©es. Comme on a besoin d’argent, tous les deux ou trois mois, on organise une soirĂ©e de soutien. On fait beaucoup de rĂ©cup, avec l’association No Javel et plein d’autres, mais on a besoin d’à peu prĂšs 170 euros par semaine pour acheter les essentiels non pĂ©rissables comme de l’huile, le sel, les pĂątes et de la viande hallal, car c’est trĂšs compliquĂ© Ă  trouver en rĂ©cup. Pour cet argent, on est dĂ©pendant·es d’un crowdfunding qu’on a mis en place, de petites fondations alliĂ©es comme Marie-Jacob ou MycĂ©lium, et des soirĂ©es de soutien qu’on organise avec elles, plus des donations sur un compte dĂ©diĂ©n.
Au dĂ©but de ZK, l’inter-squats et les No border nous ont reprochĂ© de faire de l’accueil de personnes polytraumatisĂ©es, avec des problĂšmes d’addiction notamment Ă  l’alcool tout en organisant sur place des soirĂ©es avec bar ouvert. Mais toutes ne sont pas dans cette situation, et si on y rĂ©flĂ©chit, ce sont aussi des personnes qui n’ont jamais accĂšs Ă  nos fĂȘtes de personnes blanches. Avec l’alcool, les fins de soirĂ©e sont souvent problĂ©matiques, surtout avec les personnes qui ont des addictions, mais on trouve important qu’elles puissent avoir accĂšs Ă  cette culture sous-terraine que ce soit les cabarets queers, les concerts de noise, ou autre.

Michele : D’ailleurs le fait que notre culture de la fĂȘte soit liĂ©e Ă  l’alcool ne pose pas de problĂšmes que pour eux !

Comment gĂ©rez-vous les problĂ©matiques de santĂ© mentale ?
Jean-Baptiste : On a dĂ©jĂ  refusĂ© pas mal de personnes avec des problĂ©matiques lourdes, mais certaines vivent ici longtemps. Il y a des limites au niveau interpersonnel et au niveau du collectif. J’ai l’impression que les outils qu’on pense en inter-squat sont adaptĂ©s pour les personnes comme nous, qui avons une culture squat et sommes ici par choix, mais pas pour les Oromos par exemple. C’est la mĂȘme chose pour nos outils de rĂ©solution de conflits : nos vĂ©cus et nos rĂ©fĂ©rences culturelles sont trĂšs diffĂ©rentes. Il faudrait un Ă©norme travail d’ethnopsychiatrie pour trouver des processus de soin collectifs qui pourraient nous saisir collectivement.

Michele : Il faut mentionner quand mĂȘme le travail de MĂ©decins Sans FrontiĂšres (MSF) qui, depuis le Covid, fait un suivi de toutes les occupations et squats Ă  Bruxelles, mĂ©dical, juridique et aussi psychologique. Mais la santĂ© mentale est un peu un tabou chez les gars. C’est stigmatisant. Les Ă©quipes de MSF essaient Ă  travers les jeux, la patience, des cafĂ©s, du thĂ©, etc., d’entrer dans l’intimitĂ© et les traumas desquels les gars ne veulent pas parler. Nous, tou·tes seul·es, on est dĂ©passé·es par tout ça.

Jean-Baptiste : On avait aussi un partenaire au dĂ©but, le projet ARTHA, qui rĂ©unissait des Ă©quipes mobiles de Lama et de MĂ©decins du monde pour s’occuper des addictions aux drogues de personnes en situation irrĂ©guliĂšre. Les personnes en parcours migratoires ont parfois des addictions particuliĂšres Ă  des mĂ©dicaments qu’on ne connait pas ici, et qu’elles trouvent au parc Maximilien. La dĂ©marche de ces Ă©quipes mobiles Ă©tait de donner des ordonnances au lieu de les mettre en situation d’aller a au marchĂ© noir, pour pouvoir faire venir les personnes auprĂšs d’elles et entamer un suivi psy. Mais elles nous ont mises en garde : avec la possibilitĂ© d’obtenir une ordonnance, notre lieu risquait de devenir une zone de deal. C’était une alternative infernale ! Et puis pour les personnes qui consommaient en plus de l’alcool, ces mĂ©dicaments prescrits sans suivi pour l’alcoolisme, ça nous paraissait compliquĂ©.

Michele : On les appelait quand il y avait un problĂšme. Les personnes accros Ă  ces mĂ©dicaments Ă©taient surtout celles accueillies au dĂ©but, qui Ă©taient restĂ©es longtemps bloquĂ©es Ă  la rue, sans rien faire. Aujourd’hui c’est l’alcool qui est le plus problĂ©matique, et c’est d’ailleurs un problĂšme trĂšs rĂ©pandu, mais il n’y a plus vraiment d’addiction aux drogues dures.

Alice (qui vient d’arriver) : Nous on s’occupe surtout des besoins primaires : manger, se loger, s’orienter pour les papiers, etc. En rĂ©alitĂ© toutes les personnes hĂ©bergĂ©es auraient besoin d’une aide psychologique, mais on n’est pas en mesure de la fournir vraiment.

On fait beaucoup de rĂ©cup […] mais on a besoin d’à peu prĂšs 170 euros par semaine pour acheter les essentiels non pĂ©rissables comme de l’huile, le sel, les pĂątes et de la viande hallal, car c’est trĂšs compliquĂ© Ă  trouver en rĂ©cup. Pour cet argent, on est dĂ©pendant·es d’un crowdfunding qu’on a mis en place, de petites fondations alliĂ©es comme Marie-Jacob ou MycĂ©lium, et des soirĂ©es de soutien qu’on organise avec elles, plus des donations sur un compte dĂ©diĂ©n.

Quand il y a un incident qui nĂ©cessite de faire un choix, comment rĂ©agissez-vous ?
Jean-Baptiste : J’ai l’impression qu’on a tendance Ă  voir les choses de maniĂšre sombre parce que ce sont des rĂ©alitĂ©s assez dures, mais j’observe aussi qu’étant nombreux·ses – selon les moments on est 100 personnes soudĂ©es Ă  vivre ensemble –, on a plus de force pour accueillir ces problĂ©matiques, et on arrive Ă  apporter un soutien que d’autres squats ne pourraient pas proposer. Ce n’est pas toujours le cas bien sĂ»r, mais il y a clairement des personnes qui se sont fait balader de squat en squat et qui ont pu rester un peu plus longtemps ici. C’est Ă©vident que dans un petit squat de vingt habitant·es, si 5 personnes ont de graves problĂ©matiques de santĂ© mentale, ça plombe le truc.

(Omar rejoint la tablĂ©e) Omar, partager cet espace avec toutes ces personnes qui ont choisi d’expĂ©rimenter un autre mode de vie dans la sociĂ©tĂ© occidentale, qu’est-ce que ça reprĂ©sente pour vous ?
Omar : C’est une bonne chose. Nous ne connaissons pas le pays, nous ne savons pas quoi faire et ils nous aident. C’est bien pour nous qu’ils soient lĂ . Eux et nous sommes diffĂ©rents, on a certaines connaissances, eux en ont d’autres, et c’est super de les partager. C’est bien, le mĂ©lange des couleurs. Des gens venus de France, de Belgique, d’Éthiopie, d’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Proche-Orient
 Ici on a notre espace, une cuisine, un bon lit. Mais je suis bloquĂ© avec la commune de Forest et j’attends toujours mes documents. Que faire si on ne m’autorise pas Ă  travailler ? Manger, boire, dormir ? C’est pourtant bon pour le gouvernement si je travaille parce qu’alors je paierai des impĂŽts, je pourrai acheter moi-mĂȘme des vĂȘtements et de la nourriture. LĂ , je n’ai rien. Je suis jeune et actif, c’est du gĂąchis. Le problĂšme n’est pas de trouver du travail, mais on ne veut pas travailler au noir. Au dĂ©part je voulais aller au Royaume-Uni, mais on m’a proposĂ© de rester en Belgique. J’aime bien ce pays, et on nous a promis de nous aider. On est finalement restĂ©s lĂ , mais on attend toujours.

« Que faire si on ne m’autorise pas Ă  travailler ? Manger, boire, dormir ? C’est pourtant bon pour le gouvernement si je travaille parce qu’alors je paierai des impĂŽts, je pourrai acheter moi-mĂȘmes des vĂȘtements et de la nourriture. LĂ , je n’ai rien. Je suis jeune et actif, c’est du gĂąchis. Â»

Avez-vous Ă  cƓur de transmettre ce qui se passe ici, de raconter ? Gardez-vous des traces de tout ça ?
Alice : Des photos, des PV, mais qui sont plutĂŽt des outils pour nous. Il y a assez peu de traces. On l’a Ă©voquĂ© mais on ne prend pas forcĂ©ment le temps de le faire.

Jean-Baptiste : On aimerait pourtant. La question ne se pose pas forcĂ©ment pour l’hĂ©bergement en particulier mais pour ZonneKlopper en gĂ©nĂ©ral. Il y a beaucoup d’artistes, de jeunes Ă©tudiant·es en socio ou autre qui viennent et Ă©crivent sur nous, et ça pose parfois problĂšme. On a le sentiment qu’il faudrait ne pas tarder Ă  s’emparer de notre histoire et d’écrire notre propre rĂ©cit. J’ai peur qu’à la fin, il ne reste plus que ces mĂ©moires d’étudiant·es qui n’ont passĂ© que trois jours ici. Cette question est touchy. Le « guichet des occupations temporaires Â», lancĂ© par Perspectives Bruxelles, nous a contacté·es. Il·elles voulaient tout savoir sur notre fonctionnement, mais nous on ne veut pas. Si c’est pour servir des machines dĂ©gueulasses, des logiques de gentrification qui tuent le squat en l’institutionnalisant et en le faisant entrer dans la machine capitaliste, c’est hors de question. Donc les archives, c’est dĂ©licat. C’est une chose d’expliquer comment on s’organise, etc., mais on n’a aucune envie que ce soit rĂ©cupĂ©rĂ© par des instances comme celle-lĂ .

Avez-vous des liens avec d’autres lieux d’accueil ? Des partenaires ?
Jean-Baptiste : Oui, on a besoin de faire du lien avec les autres squats et occups. Il y a eu deux soirĂ©es de soutien oĂč on a insistĂ© sur cette nĂ©cessitĂ©-lĂ . À la premiĂšre on a organisĂ© une table ronde de partage de pratiques et de problĂ©matiques. À la derniĂšre on a eu un temps oĂč chaque collectif venait se prĂ©senter et donner un peu sa mĂ©tĂ©o, expliquer « il y a une expulsion lĂ , une ouverture lĂ , on a besoin de cela, etc Â», dans le but de tisser un rĂ©seau entre occups et squats qui font de l’hĂ©bergement. Il y a ce mot « d’hĂ©bergement d’urgence Â» qui est dans l’air : on a vu que ça pouvait dire un peu tout et rien ! À Bruxelles, l’inter-squat est en bonne santĂ© : on est trĂšs soudé·es, on partage beaucoup de choses et on aimerait beaucoup plus insister sur le thĂšme de la lutte contre la crise de l’accueil.

« ZK permet d’expĂ©rimenter le fait de vivre ensemble en composant avec nos diffĂ©rentes cultures, communautĂ©s, histoires, etc. On a diffĂ©rentes Ă©chelles de privilĂšges ici, qui peuvent aussi parfois libĂ©rer du temps qu’on peut mettre Ă  contribution ailleurs. Vivre ici m’apporte beaucoup mĂȘme s’il y a une charge. Â»

Avec la perspective du changement climatique, il est indispensable de repenser l’habitabilitĂ© partagĂ©e des territoires. Qu’ont Ă  apprendre, Ă  transmettre des expĂ©riences comme celle de ZonneKlopper dans ce contexte ?
Alice : ZK permet d’expĂ©rimenter le fait de vivre ensemble en composant avec nos diffĂ©rentes cultures, communautĂ©s, histoires, etc. On a diffĂ©rentes Ă©chelles de privilĂšges ici, qui peuvent aussi parfois libĂ©rer du temps qu’on peut mettre Ă  contribution ailleurs. Vivre ici m’apporte beaucoup mĂȘme s’il y a une charge. Il y a un Ă©quilibre Ă  trouver : c’est important de maintenir la bonne santĂ© du collectif, dans lequel des personnes sont elles-mĂȘmes en difficultĂ©. Il faut faire cette balance entre poser des limites pour se prĂ©server et ouvrir grand les portes et les cƓurs au risque de se retrouver dĂ©bordé·es.

Michele : On essaie de compenser l’injustice de notre sociĂ©tĂ©. On ne serait pas lĂ  si tout allait bien. L’accueil et le secours interviennent du fait de la discrimination entre certaines personnes qui ont accĂšs Ă  certains droits et d’autres pour qui ce n’est pas le cas, entre des citoyen·es de sĂ©rie A et d’autres de sĂ©rie B,C, D
 Z. Ça crĂ©e des dĂ©sĂ©quilibres, des extrĂȘmes dont on s’occupe ici. Toutes les fragilitĂ©s et parcours de vie difficiles sont structurellement produits par notre sociĂ©tĂ© capitaliste dĂ©lirante.

Alice : C’est le constat de base qui nous amĂšne Ă  cet endroit-lĂ , Ă  vivre ensemble de cette façon. C’est une nĂ©cessitĂ©, et mĂȘme si c’est bateau de dire ça, des choses magnifiques se passent dans la rencontre avec l’autre, et ça ça n’a pas de prix. On est une communautĂ© hyper mixte au-delĂ  des personnes hĂ©bergĂ©es. On pourrait l’ĂȘtre plus mais dĂ©jĂ , vivent ici des personnes cis, trans, queer, de diffĂ©rents Ăąges, origines sociales, statuts administratifs, cultures, etc. Et je me dis : si on y arrive ici, mĂȘme si parfois c’est le bordel, comment le mettre en place Ă  une Ă©chelle plus globale ?

Jean-Baptiste : Ici, l’entraide et la gratuitĂ© sont aussi trĂšs prĂ©cieuses. Vivre ici demande Ă©normĂ©ment de temps, on met beaucoup de trucs perso de cĂŽtĂ© mais en contrepartie, on peut aussi sortir de certaines logiques. Par exemple, depuis que je vis ici, je n’ai quasiment plus de job alimentaire de merde. On s’est créé une sorte de mini sociĂ©tĂ©. En aidant d’autres gens, en retour, d’autres gens m’aident et ça marche mieux comme ça je pense. Cette dynamique de don contre don est trĂšs puissante Ă  l’intĂ©rieur de ZK et aussi en inter-squats.

Michele : Il y a des aspects plus nĂ©gatifs, plus durs aussi, comme une certaine banalisation de la violence qui fait qu’on devient un peu diffĂ©rent·es des autres gens. Le fait d’assister quotidiennement Ă  de la violence sociale, d’ĂȘtre confronté·es Ă  des personnes qui ont vĂ©cu des trucs horribles, ou mĂȘme des situations qui se passent ici, ça devient un peu habituel, presque normal pour nous.

Ici, l’entraide et la gratuitĂ© sont aussi trĂšs prĂ©cieuses. Vivre ici demande Ă©normĂ©ment de temps, on met beaucoup de trucs perso de cĂŽtĂ© mais en contrepartie, on peut aussi sortir de certaines logiques.

Paul (qui vient d’arriver) : Au dĂ©part une partie du collectif ne voulait pas s’occuper d’hĂ©bergement – Ă  commencer par moi. Je faisais plutĂŽt partie du cĂŽtĂ© squat artistes, qui s’occupait de la scĂšne, du public blanc anticapitaliste. Je pensais qu’on n’était pas capables d’assumer ça, qu’on manquait d’outils, qu’on Ă©tait lĂ  pour d’autres raisons. C’est avec le temps que c’est venu. Ça nous apprend notamment Ă  sortir de notre zone de confort, Ă  nous remettre en question, Ă  arrĂȘter de fonctionner avec des bonnes intentions.

Michele : La lutte pour l’accueil et pour la dignitĂ© de toutes les personnes, je la vois comme un Ă©lĂ©ment central de la lutte anticapitaliste. Je ne peux pas imaginer qu’on fasse l’économie de ça, surtout avec l’horizon qui se dessine.

Vous disiez que les personnes s’investissent diffĂ©remment dans la vie collective entre les hĂ©bergé·es et les rĂ©sident·es. Ce que vous trouvez positif dans ce mode de vie, vous le dites depuis vos places de personnes investies dans le projet. En quoi vos positions diffĂšrent ?
Jean-Baptiste : Cette entraide et cette prĂ©caritĂ© – comme on dit pĂ©jorativement – sont pour nous choisies. On peut aussi parler de sobriĂ©tĂ© choisie, mais ces personnes sont venues pour autre chose. On a dĂ©cidĂ© de vivre en occup’ et de manger des poubelles mais ce n’est pas ce qu’elles visent dans la vie. On peut idĂ©aliser notre mode de vie mais Omar, Ă  cĂŽtĂ©, va nous dire « si c’est pĂ©rimĂ©, c’est bon pour la poubelle, je ne veux pas manger ça Â», il a d’autres aspirations dans la vie. Quelque chose d’important se joue lĂ , pas forcĂ©ment par rapport au capitalisme mais par rapport Ă  l’État. Souvent je rĂȘve que les personnes exilĂ©es deviennent anarchistes, qu’on arrive Ă  crĂ©er un petit monde oĂč on puisse nous-mĂȘmes prendre le rĂŽle de l’État via des rĂ©seaux d’entraides. Beaucoup d’initiatives voient le jour Ă  Bruxelles qui pourraient donner une autonomie aux personnes exilĂ©es Ă  l’égard de l’État. On pourrait crĂ©er une mutuelle de santĂ© des personnes sans-papiers : une ASBL pourrait aider des personnes sans papiers Ă  crĂ©er leur asso et lancer leur propre projet. J’ai l’impression que c’est une idĂ©e qui commence Ă  germer dans certains collectifs de sans-papiers.

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Le ZK n’est pas un squat, mais bien une occupation conventionnĂ©e. « Depuis plusieurs annĂ©es, il se dĂ©roule Ă  Bruxelles une institutionnalisation des pratiques d’occupations de bĂątiments vides. Des conventions entre les occupant·es et les propriĂ©taires peuvent ĂȘtre signĂ©es pour lĂ©galiser l’occupation de bĂątiments squatĂ©s. Mais certaines communautĂ©s prĂ©carisĂ©es n’ont pas accĂšs Ă  ces conventions. MĂȘme si les conventions d’occupation temporaires sont des concessions pour le mouvement squat par rapport Ă  la propriĂ©tĂ© privĂ©e, elles permettent plus de stabilitĂ© pour les luttes et les communautĂ©s en prĂ©caritĂ© de logement Â», explique le cercle de travail HĂ©bergement.

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Pour les personnes intĂ©ressĂ©es : zkhouseforest@proton.me

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Journal 59
Accueil inconditionnel
Le rejet des exilé·es bafoue la démocratie

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Politique de non-accueil en Belgique : hypocrisie politique, instrumentalisation du systĂšme judiciaire et dĂ©ni des droits fondamentaux

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Traduit de l’anglais par HĂ©lĂšne Hiessler pour Culture & DĂ©mocratie

GĂ©opolitique de l’accueil inconditionnel Ă  travers six lieux, six entretiens

HélÚne Hiessler pour Culture & Démocratie

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Archiver pour pouvoir raconter, aujourd’hui et demain

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Entretien avec Idriss Yousif Abdalla Abaker (A4)

🌐 La protection des personnes dĂ©placĂ©es par le changement climatique au dĂ©fi du droit international

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🌐 L’accueil au prisme des droits culturels

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🌐 L’inconditionnalitĂ© transpartisane a ses vertus

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Documentaires « Accueil inconditionnel Â»
Ateliers Par OĂč On Passe & Ninon Mazeaud

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Cultiver et démultiplier la démocratie

Luc Carton