- 
Dossier

L’agriculture urbaine : une autre vision de la ville

Entretien avec Léna De Brabandere et Francisco Dávila, chercheur·es au Laboratoire d’Agroécologie de l’ULB sur le projet L[ag]UM (FEDER).

13-08-2024

L’agriculture en ville a le vent en poupe, qu’elle soit citoyenne ou professionnelle. Elle n’a pas vocation à nourrir toute la ville, mais sa production est loin d’être négligeable et s’écoule entre autre dans des filières sociales (cuisines de collectivités, CPAS). Multifonctionnelle, elle est une porte d’entrée vers l’insertion sociale, l’éducation ou le soin. Elle est surtout un moteur pour penser la ville de demain, mieux adaptée à la crise climatique, accueillant plus d’arbres et de potagers de quartiers, intégrant l’accès et le partage de plantes comestibles, réintégrant plus de biodiversité dans le tissu urbain. Les pouvoirs publics semblent plutôt apporter leur soutien.

Propos recueillis par Maryline Le Corre, coordinatrice à Culture & Démocratie.

Pourriez-vous définir ce que vous entendez par agriculture urbaine ?
Francisco Dávila : C’est une pratique riche et diversifiée que l’on pourrait définir, dans notre cas, selon quatre critères : les produits proviennent d’une activité agricole sur petites surfaces (légumes, fruits, aromates, fleurs, plantes d’ornement, champignons, produits issus de l’élevage, …) ; le territoire de production se situe à l’intérieur de Bruxelles ou dans des territoires directement limitrophes ; le territoire de vente se situe à Bruxelles ainsi que les porteur·ses de projets (citoyen·nes qui cultivent pour eux·elles-mêmes, professionnel·les, bénévoles ou prestataires de services). Au-delà de ces critères, la définition évolue aussi avec ce que les équipes initiatrices veulent mettre en place sur le terrain. On observe toujours une grande multifonctionnalité au sein des projets : au-delà de la vente de la production, l’agriculture est une porte d’entrée vers autre chose comme l’insertion sociale, l’éducation ou le soin.
C’est l’une des principales différences entre ce type d’agriculture et celui que l’on pratique en milieu rural depuis les années 1970-80. En ville, il y a une grande densité de population et les attentes ne sont pas les mêmes. À la campagne, on ressent moins, comme certain·es en ville, le besoin d’avoir accès à un espace vert ou de mettre les mains dans la terre : cela fait partie du paysage. Ces différences de réalités façonnent la manière dont les projets se développent. Cette multifonctionnalité des projets urbains est un atout à de multiples niveaux : production, économie, circularité, expérimentation, environnement, amélioration socio-professionnelle à l’intérieur du projet, action sociale pour les citoyen·nes autour du projet, santé, formation, éducation, valeur paysagère et urbanistique et catalyseur de changement sociétaux.

Y a-t-il des spécificités propres au territoire bruxellois ?
Léna De Brabandere : Il y a une nette séparation entre agriculture citoyenne et agriculture professionnelle. La première est plus importante en termes d’hectare et de quantité de projets. La quasi-totalité de ceux-ci sont de la culture en pleine terre ou en bacs mais au sol. Ce peut être des groupes de citoyen·nes qui se sont fédérées et gèrent un espace ensemble ou alors une commune qui met à disposition des parcelles individuelles de type jardins partagés.
Au niveau professionnel, ça fourmille. Dans une récente étude, la fédération de l’agriculture urbainen – qui regroupe les professionnel·les bruxellois·es et les représente via des actions de plaidoyer –, a recensé 46 hectares alloués à l’agriculture urbaine professionnelle à Bruxelles. Sur ces 46 hectares il y a 15 hectares d’espaces de pâturage, 15 hectares d’espaces occupés par des fermes pédagogiques et 16 hectares dédiés à d’autres types de production. On compte principalement des projets en pleine terre et sur des surfaces allant d’un peu moins d’un hectare à trois hectares (0,3 hectare pour les tisanières ).
En termes de produits, on trouve de la tisanerie, tout ce qui est maraichage, production de légumes, aromates. Il y a aussi des fleurs à couper et plusieurs exemples d’élevage de moutons utilisés pour la viande mais aussi pour du pâturage extensif. On compte aussi des champignonnières et des chiconnières en cave ou encore des espaces de production en aquaponie (mélange d’élevage de poissons et de production de légumes). La culture de micro-pousses est aussi représentée et vendue principalement aux restaurants.
On parle ici de ce qu’on trouve concrètement sur le terrain, mais tout un écosystème se fédère autour de ces espaces de production. Plusieurs structures accompagnent ces dynamiques, un réseau composé de différents partenaires qui vont apporter une aide en fonction des besoins. Parmi ces structures on peut citer la fédération de l’agriculture urbaine mais aussi l’association Le début des haricots, qui accompagne et soutient des projets, le Crédal qui propose un accompagnement économique ou encore les guichets d’économies locales qui accompagnent les producteur·ices lors de leur installation.

Quels sont les différents enjeux questionnés par l’agriculture urbaine ?
L. D. B. : Au niveau social, on constate aujourd’hui une grosse déconnexion entre mangeur·ses et producteur·ices. Il y a un réel besoin de se réapproprier notre régime alimentaire au sens large. Comment cultiver une carotte ? Une tomate ? D’où ça vient ? C’est pour cela que les fonctions autres que la seule production marchent aussi bien. Il y a une réelle demande de pouvoir visiter des lieux comme des fermes pédagogiques qui recréent le lien entre les gens et la terre. En plus, ce sont des projets généralement assez engagés, qui militent pour un changement de système.
On peut les voir comme des laboratoires d’expérimentations où il est possible de tester des changements de pratiques qui pourront avoir une portée à une échelle plus large.

Cette pratique joue un rôle intéressant dans la création de nouveaux imaginaires, dans le fait de développer de nouvelles manières de cultiver et de concevoir son lien à l’alimentation et à l’agriculture. C’est aussi une façon de
voir la ville différemment et de la rendre plus vivable en luttant pour préserver des espaces qui soient dédiés à la conservation de la nature ou à la production nourricière.

F. D. : Il y a un large panel de types de projets et chacun va se focaliser sur des enjeux différents : sensibilisation des consommateur·ices, accès à une alimentation saine, durable et de qualité, souveraineté alimentaire. Il y a aussi des projets qui vont travailler sur la pertinence des circuits courts et leurs aspects économiques.
Au niveau écologique, il faut savoir que les sols de Bruxelles sont pollués, certains sites plus que d’autres. On ne sait pas faire de l’agriculture où l’on veut et la pleine terre n’est pas toujours le bon choix. Que fait-on alors ? On décape les 50 premiers centimètres du sol et on fait venir de la bonne terre arable qui a été prélevée dans une terre agricole en équilibre avec son écosystème. Ce faisant, on détruit des écosystèmes ailleurs pour avoir de la bonne terre à cultiver ici. Ces pratiques soulèvent des enjeux écologiques qu’il faut prendre en compte. Il y a des implications multiples, pour certaines très localisées, mais qui mises bout à bout peuvent avoir des impacts beaucoup plus larges.

Est-ce que l’agriculture urbaine peut nourrir la ville ?
F. D. : L’autonomie alimentaire n’est pas envisageable sur les 19 communes de Bruxelles. Il n’y a pas suffisamment de surface pour produire de quoi nourrir 1,5 million d’habitant·es, plus tou·tes les navetteur·ses quotidien·nes. Bruxelles est par ailleurs dans une situation très particulière car elle est enclavée en Flandre. Elle ne dispose pas, comme par exemple Liège, Charleroi ou Genève, d’une ceinture alimentaire, d’un territoire nourricier autour d’elle. Autour de Bruxelles c’est tout de suite la Flandre. Même si dans les faits les maraicher·es qui s’installent en périphérie peuvent venir vendre leur production à Bruxelles moyennant certaines autorisations, ça reste une autre région au niveau politique, ce qui complique les choses.
Concrètement, selon la fédération de l’agriculture urbaine, il y a eu 470 tonnes de nourriture produite en 2022 avec 0,1% du territoire, ce qui peut nourrir 0,3% des Bruxellois·ses. On a l’impression que ce n’est pas beaucoup mais ça représente quand même quelques milliers de personnes. Leur plaidoyer enjoint à atteindre 0,4 % du territoire dédié à l’agriculture et 5 % des Bruxellois·es nourri·es quasiment intra-muros.
L. D. B. : Ces chiffres montrent que quel que soit le type de production, l’agriculture urbaine ne pourra pas nourrir l’ensemble la ville. Mais ce n’est pas pour cela que ces projets ne sont pas importants car cette pratique joue un rôle intéressant dans la création de nouveaux imaginaires, dans le fait de développer de nouvelles manières de cultiver et de concevoir son lien à l’alimentation et à l’agriculture. C’est aussi une façon de voir la ville différemment et de la rendre plus vivable en luttant pour préserver des espaces dédiés à la conservation de la nature ou à la production nourricière.
F. D. : Oui ça soulève un imaginaire où la ville serait construite différemment. En 2021, le centre d’écologie urbaine a lancé avec d’autres partenaires une recherche-action intitulée ARBRES, sur le fruitier en ville comme vecteur d’adaptation au changement climatique. Un des principaux emblèmes de cette recherche était le marronnier vs le châtaignier. Pourquoi planter des marronniers alors que les fruits du châtaignier sont comestibles ? Ce sont pourtant des arbres qui se ressemblent, qui ont des écosystèmes proches et peuvent donc se développer dans les mêmes endroits. Alors pourquoi, petit à petit, ne pas remplacer les marronniers malades par des châtaigniers ? Ou planter des fruitiers aux abords des parcs pour que les gens puissent se servir ? C’est aussi une façon de questionner notre vision du bien commun.

En quoi l’agriculture urbaine modifie-t-elle l’espace urbain ?
F. D. : On doit concevoir différemment l’intégration de l’agriculture et des plantes comestibles dans l’espace urbain. Imaginer des logements sociaux qui, au lieu d’être entourés d’une belle pelouse homogène, le soient d’une multitude de petits espaces, des fruitiers, une petite mare avec des choses à manger ici et là. Intégrer cette agriculture absolument partout, dans les balcons, sur les toits… Alors on changera complètement la conception même de la ville, vers un rêve de ville verte, comestible. C’est réalisable mais il faut entièrement repenser la conception des espaces.
L. D. B. : Au niveau architectural, on réfléchit de plus en plus à intégrer des espaces de production. Par exemple, les contrats de quartier durable sont souvent à l’impulsion de potagers citoyens. C’est lors de l’élaboration du contrat de quartier Maelbeek que le projet de toiture potatère L(ag)UM, sur lequel se concentrent nos recherches, a émergé. On peut observer cela dans différentes communes. Mais ce sont des changements à une échelle plutôt micro. Il n’y a pas une vision nourricière accompagnée d’une politique foncière plus globale.

Quels sont les réseaux de diffusion/vente de cette production ?
L. D. B. : Il y a plusieurs canaux. On trouve de la vente directe via des marchés ou de l’auto-récolte, le recours à des intermédiaires, telles des coopératives ou de la vente dans des magasins partenaires. On trouve aussi un fonctionnement en paniers via le réseau des GASAP, où une communauté de mangeur·ses est solidaire d’un·e productuer·ice et s’engage à l’année à acheter ses paniers de fruits et/ou légumes. Ça permet à l’agriculteur·ice d’avoir une mise de base pour commencer l’année et de partager le risque en cas de mauvaise récolte. Il y a aussi pas mal de projets qui écoulent leur production dans des restaurants.
En ce moment on voit de plus en plus de projets qui se connectent à des systèmes redistributifs. C’est intéressant par rapport à la question de l’accès à ces aliments. Comme ce type de production nécessite plus de main d’œuvre et ne bénéficie pas des financements de la PAC, les aliments coutent plus cher que dans d’autres types d’exploitation. Pour un ménage aux ressources financières peu élevées, ce n’est pas toujours accessible. Mais aujourd’hui, certains projets se connectent à des systèmes de redistribution, comme des cuisines de collectivités.
Plusieurs communes veulent utiliser des terrains qu’elles ont à disposition pour fournir des cuisines de homes, de crèches ou d’écoles. Il y a aune recherche de plus d’égalité en termes d’accessibilité à l’alimentation. À Etterbeek par exemple, un projet écoule 100 % de sa production dans une épicerie sociale du CPAS.
F. D. : Ce projet à Etterbeek propose par ailleurs un modèle d’emploi intéressant. Il n’y a pas de monétarisation de la production mais une rémunération du service. Pendant les mois de production, la maraichère perçoit un salaire plus ou moins indépendamment de la quantité qu’elle produit. Il me semble que c’est comme ça qu’il faut envisager l’agriculture : un service de production de nourriture qui doit être rémunéré et une alimentation de qualité comme un droit auquel toute personne devrait avoir accès indépendamment − et non en fonction − de ses moyens.

Intégrer cette agriculture absolument partout, dans les balcons, sur les toits… Alors on changera complètement la conception même de la ville, vers un rêve de ville verte, comestible. C’est réalisable mais il faut entièrement repenser la conception des espaces.

Existe-t-il un soutien de la part des pouvoirs publics ? De quel ordre ?
L. D. B. : Au niveau bruxellois, la région a mis en place dès 2015 le plan Good Food qui visait à développer régionalement l’alimentation durable. Il y a une réelle réflexion politique sur ce sujet. Dans la dernière version de ce plan parue en 2020, on trouve un volet sur le soutien aux productions professionnelles citoyennes agroécologiques mais aussi une réflexion sur les canaux de transformation et de distribution. Pourtant, les financements sont insuffisants : l’enveloppe s’élève à 250 000 euros annuels pour une cinquantaine de projets – soit 15 000 à 20 000 euros par projet. On reste dans des logiques d’impulsions, de montée en échelle, ou de changement de pratiques mais on n’est pas dans une vision de pérennisation de l’emploi.
Au niveau communal, beaucoup de choses bougent depuis 2013. Aujourd’hui de nombreux projets accueillent des maraicher·es. Les communes jouent un rôle de facilitatrices en trouvant des financements ou en soutenant la charge administrative des acteur·ices de terrain. Elles peuvent aussi chercher des partenaires ou encore mettre à disposition des terres agricoles. Certaines communes développent également toute une réflexion autour du salariat agricole. Par exemple, le CPAS de la Ville de Bruxelles vient de lancer un projet sur un terrain à Uccle qui engage deux maraichers-formateurs employés par le CPAS.
Ce sont deux échelles différentes : l’aide régionale est plus globale alors que les communes offrent une aide locale en fonction du type de projet mis en place.

Les recherches de Léna De Brabandere et Francisco Dávila au sein du laboratoire d’agroécologie de l’ULB sont financées par la commission européenne et la région dans le cadre du projet L(ag)UM.

 


📻 👂 Un résumé de l’entretien de Léna De Brabandere et Francisco Dávila par Malo Lazé, étudiant en master 1 de journalisme à l’ULB réalisé dans le cadre de la Matinale du lundi 25/11/24 sur Radio Campus, est à écouter par ici !

1

FEDEAU – Fédération bruxelloise des profesionnel·les de l’agriculture urbaine : www.fedeau.be

PDF
Journal 58
Nourrir | Se nourrir
Pour un système alimentaire durable et démocratique

Pierre Hemptinne pour la rédaction

Le pain nourricier

Lou Chaussebourg, doctorante en agroécologie au Laboratoire d’Économie et Développement Rural à Gembloux Agro-Bio Tech, ULiège
Noémie Maughan, bio-ingénieure et chercheuse au Laboratoire d’Agroécologie de l’ULB

Les pieds nus dans le plat

Valérie Vanhoutvinck, artiste, autrice, cinéaste, meneuse d’ateliers d’écriture multiformes et d’interventions artistiques In Situ. Écrivaine publique, formatrice à l’écoute active et à la création participative. Membre du réseau Art et Prison et de Culture & Démocratie.

Refonder notre système alimentaire : les voies d’une bifurcation vers la soutenabilité

Julien Fosse, docteur vétérinaire et docteur en biologie, inspecteur en chef de santé publique vétérinaire, ancien auditeur du Cycle des hautes études européennes de l’École nationale d’administration (ENA), chargé d’enseignements en géopolitique de l’environnement à l’Université Paris 1 et au Centre de formation sur l’environnement et la société (CERES)

Valoriser le métier d’agriculteur·ice en Wallonie et permettre la transition

Entretien avec Timothée Petel, chargé de mission Politique & Groupements de producteurs à la FUGEA

L’assiette et le local. Une alimentation soucieuse de la biodiversité et de la santé publique est possible, à grande échelle

Pierre Hemptinne, écrivain et membre de Culture & Démocratie

Le maraichage biologique sur petite surface : entre dévalorisation économique et symbolique

Nicolas Loodts, doctorant en anthropologie, Laboratoire d’anthropologie prospective, UCLouvain

L’agriculture urbaine : une autre vision de la ville

Entretien avec Léna De Brabandere et Francisco Dávila, chercheur·es au Laboratoire d’Agroécologie de l’ULB sur le projet L[ag]UM (FEDER).

Idéologies du « bien manger » et mépris de classe

Entretien avec Nora Bouazzouni, journaliste, traductrice et écrivaine

Pour une approche systémique de l’alimentation

Entretien avec Line Nguyen, animatrice et formatrice à Rencontre des Continents asbl

Le projet de sécurité sociale de l’alimentation : le gout de l’avenir

Inès Barfleur, FIAN Belgium

Démocratie alimentaire et droit à l’alimentation

Thibault Galland, chargé de recherche à Culture & Démocratie

Alimentation et manque de ressources financières : le bât blesse. Récit d’un atelier sur les colis alimentaires

Rémi Pons en discussion avec Hugo Fortunato, Étienne Vincke et Enzo Fati

Protection des consommateur·ices et sécurité alimentaire

Awilo Ochieng Pernet, licenciée en droit, Master of science (MSc), certificat d’université en nutrition humaine, présidente de la Commission FAO/OMS du Codex Alimentarius (2014-2017)

Brigades d’actions paysannes

Entretien avec Damien Charles, chargé de mobilisation chez Quinoa asbl, Brigades d’observation au Chiapas et Brigades d’actions paysannes

Quels soulèvements démocratiques ?

Pierre Hemptinne, écrivain et membre de Culture & Démocratie

Zone sensible : nature/culture/nourriture

Entretien avec Lucas Vachez, chargé de développement au parti poétique et coordinateur des activités de Zone Sensible

Pour une maison de la souveraineté alimentaire : la Ferme du Chaudron

Entretien avec Clara Dinéty, coordinatrice de l’asbl Ferme du Chaudron et Louise Martin Loustalot, coordinatrice et co-fondatrice des Gastrosophes.

Genèse du productivisme : la croissance sans limite

Thibault Scohier, critique culturel, rédacteur chez Surimpressions et membre de Culture & Démocratie.

La croisée des chemins : fin ou faim démocratique ?

Isabelle Ferreras, professeure à l’Université de Louvain, maitre de recherches du FNRS, membre de l’Académie royale de Belgique, senior research associate, Labor and Worklife Program, Harvard University

Émilie Gaid

Marcelline Chauveau, chargée de communication et de diffusion à Culture & Démocratie