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Dossier

Mais où sont les funérailles d’antan ?

Irene Favero, membre de Culture & Démocratie

16-10-2023

Autrefois, la mort était l’occasion de nombreux rites qui marquaient, symboliquement et spirituellement, cette étape de la vie individuelle et collective. Aujourd’hui pourtant, dans les sociétés occidentales, le rapport à la mort a changé, marqué par un déni social et l’affaiblissement des rites funéraires. Cette question est importante dans un dossier qui entend explorer nos rituels ressources face au changement climatique. Et si, plutôt que de nier notre finitude, nous réapprivoisions la mort en lui (re)donnant sa juste place dans la vie ? Irene Favero lève le tabou auprès de son entourage, en « endeuillée lambda » qui refuse de reléguer l’épreuve du deuil à l’individu.

« Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain / de bonne grâce ils en faisaient profiter les copains / “Y a un mort à la maison si le cœur vous en dit / Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi” » Ainsi chantait Georges Brassens en 1960 dans « Les funérailles », en observant avec le sarcasme qu’on lui connait (et qu’on lui pardonne… enfin, moi), la manifeste désaffection et le manque d’ambition des enterrements modernes. Or, une société se connait et se reconnait beaucoup à ses rites funéraires et au rapport qu’elle instaure avec la mort. Nous avons appris beaucoup des civilisations anciennes grâce aux vestiges de leurs rites et sites funéraires et à leur prise en charge de la mort. Ces éléments nous ont permis de reconstruire la vie matérielle et spirituelle de ces communautés . Pourquoi cela ne vaudrait-il pas pour l’Occident de 2023 ? Que racontent de nous nos « ritualités mortelles » ?

En pleines Trente glorieuses, Brassens, dans un réflexe pasolinien, ne faisait que jeter la lumière sur un phénomène qui n’en était qu’à ses débuts : nous avons changé nos rituels collectifs liés à la mort. Au fur et à mesure de notre urbanisation et de notre enfoncement dans le néolibéralisme, nous avons relégué la mort dans un coin qui relève de l’individuel plus que du collectif. On s’est fait discret·es dans le partage de nos deuils et de nos mort·es : il n’est pas bien de les montrer, que les enfants les voient, de les veiller à la maison. D’ailleurs, on ne meurt pratiquement plus « en civil·e », chez soi. On meurt en « patient·es » en institution. Ces mort·es, on les porte – plus silencieusement qu’avant – dans nos cœurs. Chacun·e dans son coin, chacun·e avec son deuil, chacun·e avec son rite.

On parle très peu de nos mort·es en public, parce que oui, ça plombe l’ambiance. Surtout quand le décès est récent et que nous n’avons pas encore les mots pour raconter, pas ceux qu’il faut pour consoler de l’inconsolable sans tomber dans les conventions qui apparaissent comme froides, de circonstance. Un billet, une main serrée : « Toutes mes condoléances. » Bof. Et pourtant, ces dernières années, les mort·es ont pris beaucoup de place, ont fait la une des journaux : on les a même compté·es pendant presque deux ans, tous les jours, aux infos. Ils et elles se sont présenté·es quotidiennement et par légions, leur singularité et unicité disparaissant souvent derrière la statistique du jour. Leurs enterrements se sont déroulés sous le signe de la sobriété imposée.

Malgré les taux très bas de pratiquant·es en Europen, les cérémonies religieuses se présentent encore souvent dans nos imaginaires collectifs comme « l’option par défaut ».

Depuis quelque temps, je me suis mise à explorer tout cela en chercheuse « gonzo » auprès de la vaste communauté des endeuillé·es. En non-thérapeute, en non-anthropologue, en non-philosophe, en endeuillée lambda, il m’arrive de poser le sujet sur la table. Autour d’un verre, d’une conversation inattendue avec un·e collègue. J’ai souvent l’impression de servir d’exutoire pour des pensées, des chagrins et des déceptions qui n’ont pas trouvé d’autres temps et d’autres lieux, d’autres rituels pour s’exprimer.

Des tas d’enterrements nous passent sous le nez (parfois même le nôtre)
Le premier grand non-dit émergeant de cette presqu’année d’échanges mortels aux tables des cafés est la sensation largement partagée de dépossession des cérémonies funéraires, d’être passé·e à côté, d’avoir raté l’enterrement de la personne chère. Le moment venu, en tant que proches du ou de la défunte, il arrive parfois qu’on se tourne vers des ritualités religieuses tout en n’étant pas croyant·e. Malgré les taux très bas de pratiquant·es en Europen, les cérémonies religieuses se présentent encore souvent dans nos imaginaires collectifs comme « l’option par défaut ». Cependant, face à cette sécularisation, ces ritualités ne sont souvent plus reconnues unanimement comme porteuses du sens commun que l’on souhaite partager entre proches le jour du dernier salut.

Parfois, la faute est attribuée carrément à la personne disparue qui, ayant opté pour des « contrats obsèques » permettant de « décharger la famille et les proches du poids et des tracas de l’organisation des obsèques », avait déjà tout prévu, laissant peu de place à l’agentivité de celles et ceux pour qui les enterrements existent : les personnes qui restent. La cérémonie rend le chagrin et le deuil « habitables ». Delphine Horvilleur écrit : « Les rites du deuil sont là pour accompagner les disparus, mais plus encore pour accompagner ceux qui restent. Le rituel doit leur permettre de traverser une épreuve, celle de la survie, qui par définition n’est pas entre les mains du mortn.. »

Dans d’autres cas, il peut arriver que les proches ne se sentent pas capables d’être dans le partage d’une parole ou d’une ritualité (à inventer) à la hauteur de l’occasion, ou de travailler sur un niveau symbolique partagé, à inventer ex novo. On assiste alors à des célébrations tristes, neutres, sur fond de musiques qui ne racontent rien de l’histoire du ou de la défunt·e, dont la singularité n’est pas suffisamment célébrée. Cela cause aussi des regrets et des frustrations chez les personnes qui restent.

Enfin, malgré les multiples récits écoutés cette année, remplis de cérémonies émouvantes, humaines, chaleureuses, aux tonalités fêtardes, qui poussent presque à s’exclamer « Je veux la même ! », le constat, c’est qu’on manque globalement de rituels funéraires dans lesquels il soit possible de se reconnaitre et trouver un apaisement partagé.

Thanatocapitalisme : petite parenthèse biopolitique à propos de la mort
Le temps est la deuxième grande question. On le sait, beaucoup d’instances et situations de nos vies de mortel·les sont de plus en plus réglementées, minutées, encadrées. Sans faire exception, nos mort·es et nos deuils sont aussi soumis à un encadrement des temps qui ne correspond souvent pas au temps dont on a besoin. Se donner le temps de la prise de conscience, de l’observation, des soins qui guérissent les personnes qui les reçoivent aussi bien que celles qui les prodiguent, même lorsque l’issue de la maladie est inexorablement fatale. Le manque de temps est souvent mis en avant dans les récits des endeuillé·es. Il y a des échecs qui pèsent lourd et longtemps chez celles et ceux qui restent : « Le temps d’arriver, sa chambre avait déjà été libérée. » De fait, la mort et la gestion du deuil n’ont pas échappé aux processus d’encadrement qu’ont subi bien d’autres moments de notre vie biologique et sociale. La mort est médicalisée, prise en charge, minutée, mesurée, constatée, certifiée. Oui, les données le prouvent : « Il est bien mort ! »

À partir de la formule inventée par Freud, le deuil est défini comme un « travail » à faire. En prenant son temps, bien sûr, mais pas trop non plus. « Travail de deuil » : l’expression, n’est-elle d’ailleurs pas particulièrement bien choisie ? On peut même le rater, son deuil. Nombreux sont les récits des personnes qui disent ne pas avoir eu « le temps qu’il fallait » pour accueillir et laisser s’installer ce deuil, apprendre à vivre avec ce chagrin. Les veillées de plusieurs jours, qui effraient un peu aujourd’hui, n’étaient rien d’autres que des formes rituelles qui non seulement permettaient la reconstitution et la manifestation du réseau social dont les proches de la personne défunte auraient besoin dans les semaines, mois, années à venir. Elles fixaient aussi un espace-temps dans lequel il était permis de dire au revoir « comme il le faut » et vivre son chagrin « de plein droit ».

Le rituel doit leur permettre de traverser une épreuve, celle de la survie, qui par définition n’est pas entre les mains du mort.

N’importe quel·le travailleur·se connait la drôle de sensation que l’on a le jour du retour à son poste après la perte d’un·e proche. Recommencer comme avant, entouré·es, comme cela est parfois le cas dans les grosses structures, par des personnes qui ne sont pas toujours, ou pas tou·tes, au courant de l’épreuve que l’on traverse. Aucun signe extérieur ne leur indiquant notre état particulier, elles ne sont pas mises en condition de valider socialement notre deuil et s’activer en tant que communauté bienveillante et empathique. Nous avons créé des milieux très hostiles pour les mort·esn mais aussi pour les endeuillé·es.

Avons-nous désappris à mourir ?
Avec cette mise à distance de la mort, cette distinction nette qui s’est imposée entre les espaces et les temps de la vie et ceux de la mort, nous avons probablement laissé partir et mis de côté aussi des savoirs (savoir-faire et savoir-être) qu’ont constitué un capital social et culturel diffus, ritualisé et largement partagé dans nos sociétés jusqu’à il y a à peine quelques décennies. Il se pose alors, pour la mort, un discours semblable à celui – plus connu et médiatisé – que les femmes ont su mettre sur le devant de la scène en revendiquant leur agentivité dans l’accouchement, en se réappropriant le moment de la naissance. Avons-nous désappris à mourir comme on a désappris à accouchern? L’impression est que oui, un peu, quand même, sans entre-temps avoir réussi le tour de magie de devenir immortel·les.

La mort, comme la naissance, nous a-t-elle été confisquée ? Comment se fait-il qu’on arrive aussi démuni·es face à la mort et à son accompagnement ? La médicalisation de la fin de vie, qui a soulagé beaucoup de peines, le haut taux de personnes qui décèdent en institution, la professionnalisation des compétences utiles à l’accompagnement des mourant·es semblent avoir sensiblement appauvri le bagage de connaissances, la capacité et la possibilité des personnes à s’engager en première personne dans ce type de soins. Renouer avec des capacités telles que l’écoute et l’empathie est aujourd’hui crucial pour permettre à l’espèce humaine de se sortir « en humanité » de cette épreuve ultime.

La lumière au bout du tunnel
Tout n’est pas perdu. Si le constat dressé jusqu’ici semble plutôt sombre, il paraitrait qu’il y ait de la lumière au bout du tunnel. Cette lumière prend différentes formes et illumine un paysage fourmillant d’échanges citoyens sur la mort, des nouvelles façons de concevoir les cérémonies funéraires, d’invention de nouvelles ritualités, d’initiatives culturelles de différentes natures et formes.

Nous observons l’essor, en France notamment, des coopératives funéraires, inspirées d’expériences québécoises. Ces coopératives se donnent comme objectif celui d’accompagner les familles au moment de l’organisation des obsèques selon des modalités qui se fondent sur un temps qualitatif investi dans l’exploration des histoires et des envies des défunt·es et des familles, afin d’arriver à la célébration d’un rite qu’on puisse habiter pleinement et avec du sens. Ces coopératives travaillent aussi beaucoup à la création de temps de rencontres qui permettent de remettre le cimetière au milieu du village… enfin, de poser l’enjeu de la finitude de notre chair au cœur du débat et de l’espace public.

C’est au centre des villes, en non pas à proximité des cimetières ou en face des hôpitaux, que ces coopératives s’installent, laissant la porte ouverte aux endeuillé·es et aux curieux·ses qui s’interrogent sur ces lieux difficilement intelligibles en tant que « pompes funèbres » lorsqu’on cherche à y reconnaitre les codes et les esthétiques qu’on associe d’emblée à ces services.

Casser la nette division que nous avons établie au cours des siècles entre espaces de vie et espaces de mort est clairement une modalité d’action stratégique lorsqu’on œuvre en faveur de la réintroduction de la mort dans nos imaginaires du quotidien. L’habitat groupé Pass-agesn à Forest reste en ce sens un cas exemplaire, mais probablement encore unique, lorsqu’il intègre au projet Calico une maison de naissance ET une maison de mourance pour l’accompagnement des personnes en soins palliatifs.

Dans le rite funéraire, la communauté est le véritable sujet du deuil : face à l’expérience de la perte, c’est la communauté elle-même qui s’impose le deuil, et ces sentiments collectifs la rendent plus forte.

Qu’ils soient portés par des coopératives funéraires ou par des initiatives citoyennes, les cafés mortels – ou « Apéros de la mort » – se présentent comme un outil de plus en plus plébiscité pour ouvrir la parole citoyenne autour du rapport que chacun·e entretient avec sa propre mort ou celle d’un·e proche. Le principe, inventé par l’anthropologue Suisse Bernard Crettaz, est plutôt simple : on se donne rendez-vous dans un café ou dans un espace « de vie » convivial pour y mener une discussion collective autour de la mort, pour partager ses craintes ou les pensées qui n’ont pas trouvé de place dans nos autres cercles de vie. Associations et centres culturels ouvrent souvent leurs portes à ces types de débatsn.

Des nouvelles figures professionnelles, hautes en humanité, ont vu le jour ces dernières années : des célébrant·es de cérémonies laïques aux doulas de la mort, des accompagnateur·ices du deuil aux biographes d’hôpital. De nouveaux services, de plus en plus soignés et personnalisés, sont offerts aux endeuillé·es et aux mourant·es. Ces professionnel·les proposent des réponses très concrètes au manque de sens et à l’absence de ritualités laïques symboliquement chargées et largement partagées. D’ailleurs, si on regarde les profils de ces professionnel·les de l’accompagnement du deuil et des rites funéraires, on découvre une tendance intéressante faite de parcours de comédien·nes, conteur·ses, designers, écrivain·es, ancien·nes travailleur·ses culturel·les.

Or, on observe aussi qu’avec une population vieillissante et des fins de vies de plus en plus prolongées, le marché de la mort est en plein essor en Europe. Il l’est encore plus de l’autre côté de l’océan où il prend des formes à observer comme des avertissements. Là où le mouvement grandissant de la death positivity a émergé précisément de la volonté de sortir du déni collectif de la mortn, une riche offre commerciale s’est développée, se mélangeant souvent à des esthétiques inspirées des spiritualités nouvelles, permettant une prolifération de services customisés et des ritualités « à la demande ». Ces dernières peinent à trouver un horizon de sens qui dépasse celui de la contractualisation commerciale entre le ou la vendeur·se du rite et son acheteur·se-commanditaire. En ce sens, cette panoplie de rites semble ne pas être en mesure d’assurer les fonctions de dépsychologisation et désindividualisation propres au rite funéraire et qui permettaient l’« habitabilité du deuil » selon les paroles de Roland Barthes.

Dès le premier chapitre de The Disappearance of rituals, le philosophe sud-coréen Byung-Chul Han insiste sur le caractère dépsychologisant des rites qui « produisent une distance de soi » et « protègent des abysses de l’êtren ». S’il est vrai que les rites sont le réceptacle d’un sentiment, « le sujet de ce sentiment n’est pas l’individu en soi, isolé. Dans le rite funéraire, le deuil représente un sentiment objectif, collectif, il est impersonnel. Les sentiments collectifs n’ont rien à voir avec la psychologie individuelle. Dans le rite funéraire, la communauté est le véritable sujet du deuil : face à l’expérience de la perte, c’est la communauté elle-même qui s’impose le deuil, et ces sentiments collectifs la rendent plus forte. »

Les réponses que nous saurons élaborer face à la perte des rituels liés à la mort pourront s’inscrire dans une logique de soin et de sens seulement si elles s’élaborent avec cette communauté, plus ou moins étendue, capable de se reconnaitre en tant que telle dans les rites et dans les narrations que nous saurons produire – ensemble – autour du sens de notre vie et de notre mort.

 

1

En France, par exemple, face aux 5% de pratiquant·es, encore 74% des cérémonies funéraires sont organisées dans un cadre religieux.

2

Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts – Petit traité de consolation, Grasset & Fasquelle, 2022, p. 145.

3

Je me réfère ici à Vinciane Despret, Au bonheur des morts, La Découverte, 2015.

4

Pour retracer l’histoire de la masculinisation et médicalisation de l’accouchement et de la medicine en général, lire notamment Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières, trad. L. Lame, Cambourakis, 2021 (1973).

5

À ce sujet, lire dans notre dossier l’entretien avec Anne-Laure Wibrin, « Habiter autrement : créer des solidarités pour vivre mieux ».

6

À Bruxelles, pour la troisième année en 2023, le Centre culturel Bruegel organise à l’occasion de la Toussaint les festivités du Día de Muertos, donnant place à une célébration festive syncrétique sous influence mexicaine. En France, la scène conventionnée Derrière le Hublot, dans l’Aveyron, a organisé un cycle de rencontres / cafés mortels avec Noémie Robert, célébrante et conteuse, qui développe la thématique et des outils d’animation avec une approche d’éducation populaire.

7

Un déni qui est assez bien présenté dans la scène de la boite de nuit dans le film Barbie.

8

Byung-Chul Han dans The Disappearance of rituals, Polity Press, 2020. Traduction libre depuis la traduction italienne

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Journal 57
Rituels #2
Quels rites pour quelle conscience ?

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Rituels, résistance, réciprocité et régénération

Jay Jordan, art activist, sorcière, travailleuse du sexe

Penser avec les zones humides. En quête d’avenirs désirables.

Valeria Cirillo, doctorante en philosophie (Università degli studi di Roma Tre)
Allan Wei, chercheur en géographie au laboratoire interdisciplinaire d’études urbaines (Université Libre de Bruxelles)

Artivisme, rituels de conjuration, du SIDA au COVID

Antoine Pickels, auteur, performeur, curateur, enseignant

Count Your Blessings

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Mais où sont les funérailles d’antan ?

Irene Favero, membre de Culture & Démocratie

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Inventer les rituels de l’énergie

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Le jeu de rôle grandeur nature et ses potentialités transformatrices

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Médiagraphie « Rituels »

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Fen D. Touchemoulin

Marcelline Chauveau, chargée de communication et de diffusion à Culture & Démocratie