Fake news, complotisme, influenceur·ses, biais de confirmation algorithmique… La prudence semble de rigueur à une époque où beaucoup dénoncent une « crise de la vérité ».
Mais cette « crise » ne serait-elle pas avant toute chose une faillite des institutions et – du fait de la multiplication des canaux – de « l’autorité de l’information » jusqu’alors détenue par une minorité de médias traditionnels supposés « neutres » et « rationnels » ? Cet éclatement suppose t-il que nous soyons prêt·es à mettre toute rationalité de côté ou encore à renoncer au débat démocratique ? Qu’est ce que cela dit de notre rapport à l’information ? Quels affects sont en jeu ? Qu’est-ce qui fait autorité ? Quelles images ? Quels médias ? Quelle(s) mise(s) en forme(s) ? Quels individus ? Nos « croyances » peuvent-elles aussi être une manière de faire commun ? Y a t-il des mensonges démocratiques ou des fictions qui soient des ressources ? Comment s’outiller pour cultiver le désir de débat ? L’éducation permanente, en développant l’esprit critique, peut-elle être un outil d’autodéfense intellectuelle ?
Nous avons une relation affective à l’information. Les convictions de notre environnement – famille, ami·es, communautés – participent à rendre un fait réel et il est parfois difficile de se défaire de ces attachements, même face à des arguments difficilement contestables. Quels affects sont en jeu ? Nos « croyances » peuvent-ellesaussi être une manière de faire commun ?
Toutes ces questions sont au cœur de ce numéro du Journal de Culture & Démocratie, dont les contenus variés sont à lire, interroger, partager et bien évidemment mettre en débat !