- 
Dossier

Rituels, résistance, réciprocité et régénération

Jay Jordan, art activist, sorcière, travailleuse du sexe

20-11-2023

Dans nos sociétés modernes, le désir d’explorer des rationalités non-scientifiques trouve un écho dans des pratiques de rituels qui font dialoguer le matériel et l’imaginaire, le physique et le symbolique. Pour Jay Jordan, les rituels sont un outil de résistance et de rassemblement. En permettant la sublimation de l’oppression et des traumatismes, ils peuvent devenir une force pour souder une communauté et lui redonner sens.

« Le sacré n’est pas cette grande chose devant laquelle se prosterner mais ce qui détermine nos valeurs, ce que l’on est prêt·e à défendre. »
Starhawk

« La politique est cette dimension de la vie sociale dans laquelle les choses deviennent vraies si suffisamment de gens y croient. »
David Graeber

Une manifestation déguisée en rituel
Des milliers de personnes ont apporté des bougies. Des monticules de cire fondue recouvrent les pavés, marquant un endroit de la place Venceslas à Prague. Malgré l’interdiction de manifester, les gens se rassemblent. Ils viennent allumer une bougie en l’honneur d’un acte de défiance contre le régime soviétique qui a eu lieu 20 ans auparavant.

Nous sommes à l’endroit où, le 16 janvier 1969, Jan Palach, étudiant en histoire de vingt ans, s’est immolé par le feu pour protester contre l’écrasement du Printemps de Prague par les chars soviétiques l’été précédent. L’endroit où il a versé de l’essence sur son jeune corps et craqué une allumette est devenu un lieu de pèlerinage pour les dissident·es du régime. Mais en janvier 1989, à l’occasion du 20ème anniversaire de sa mort, cet autel populaire de la résistance est devenu une étincelle pour la poudrière grandissante des sentiments anti-communistes. Lorsque 2000 personnes s’y sont rassemblées, elles ont été attaquées par des chiens policiers et des canons à eau. C’est le premier acte de la « révolution de velours » qui éclate en novembre et renverse le régime en 11 jours.

En 1989, j’étais étudiant·e aux beaux-arts et j’avais 24 ans. Une photo de ces bougies, transformant un bout d’espace urbain banal en un lieu sacré, a eu un puissant effet sur moi. Un sacrifice humain pour la liberté suivi de rituels de masse marquant le deuil qui conduisaient à un soulèvement : il y avait là quelque chose de si simple, d’archétypal, de beau.

Jeune artiste, je réalisais des performances de body art, des actes rituels impliquant mon corps : je me tailladais la peau, je restais allongé·e dans de l’eau recouverte d’huile pendant des jours, j’insérais des hameçons de pêche dans ma chair. L’histoire du monument de cire rassemblait toutes les choses qui m’intéressaient : le rituel, l’art dans l’espace public, la protestation. Pourtant ce n’était pas des artistes ou des chaman·es qui faisaient cela, pas des gens « spéciaux » mais des gens ordinaires… qui faisaient quelque chose d’extraordinaire. L’un de mes professeur·es, Joseph Beuys, a un jour affirmé que « tout le monde est un artiste ». Une autre enseignante et camarade, la sorcière militante écoféministe Starhawk, affirme que la magie ne devrait jamais être monopolisée par des expert·es : « La magie est l’art de changer la conscience à volonté. Tout le monde peut s’adonner à ce travail qui change la vie et renouvelle les mondes.n »

La magie est l’art de changer la conscience à volonté. Tout le monde peut s’adonner à ce travail qui change la vie et renouvelle les mondesn.

Lorsque manifester est interdit, les actes du quotidien peuvent devenir des formes de protestation. À Prague, les personnes qui marquaient leur deuil n’avaient pas nécessairement « l’air » de manifestant·es. C’était une manifestation déguisée en rituel. Peut-être moins dangereux qu’une confrontation frontale, ce rituel mettait les autorités dans une position de dilemme, ce qui est toujours une tactique de résistance puissante. Si les autorités répriment les personnes qui font un rituel avec des bougies, elles exposent l’irrationalité de leur violence ; si elles laissent faire, cela peut inciter les gens à être plus dissidents. Dans les deux cas, les autorités perdent.

La psychanalyste jungienne Lugi Zoja affirme que les rituels sont une « nécessité archétypale » pour les êtres humains, et de plus en plus d’éthologues montrent que de nombreux animaux s’y adonnent également. Le rituel est le théâtre de la magie : la transformation par la communication. Magique parce qu’il fonctionne selon la croyance que la réalité peut être façonnée en fonction de ce à quoi nous accordons notre attention. Magique parce qu’il nous aide à concentrer nos intentions malgré les mécanismes de dispersion toxiques du capitalisme. Théâtral parce qu’il y a la dramaturgie, la scénographie, les masques, les costumes. Théâtral parce qu’il s’agit de corps en mouvement et d’ouverture des sens. Les rituels nous rappellent ce qui est sacré, ce que l’on veut défendre.

Le rituel est le théâtre de la magie : la transformation par la communication.

Dans les rituels, nous recréons nos liens les un·es avec les autres. S’y rappelle à nous ce qu’est la vraie liberté : un changement de paradigme par rapport aux électrons libres isolés et déconnectés que sont les individus, capables de faire ce qu’ils veulent, promis par le capitalisme. Il s’agit plutôt d’une liberté incarnée, où les communautés d’êtres humains et plus-qu’humains sont imbriquées, enchevêtrées et liées les unes aux autres. Sans nos relations avec notre nourriture et nos ami·es, l’air et l’eau, la terre et les amoureux·ses, nous ne sommes pas libres de nous épanouir. Nous ne sommes pas seulement imbriqué·es dans des relations, nos identités mêmes sont créées par des relations. Les rituels contribuent à maintenir ces relations réciproques, ils marquent et permettent le changement tout en encadrant la continuité de la vie, avec ses répétitions et ses cycles. Ce sont des actes d’équilibre. Plus important encore, ils donnent de la gratitude et nous rappellent ce que signifie faire partie d’une communauté d’êtres vivants enchevêtrés.

Déjà en 1989, je savais que le pouvoir de l’art et des rituels offrait bien plus de possibilités que ce que la critique d’art Suzi Gablik appelait « les prisons du monde de l’art ». Quatre ans plus tard, je quittais le monde de l’art et me retrouvais à mettre mon corps en travers du chemin des bulldozers pour arrêter la construction d’autoroutes au Royaume-Uni. Mon corps n’était plus seulement une métaphore mais un outil de désobéissance, c’était une performance qui faisait une différence concrète, et je ne le faisais plus seul·e mais avec des milliers d’autres rebelles impliqué·es dans les mouvements d’action directe écologiques. Je n’ai jamais fait marche arrière. Trente ans plus tard, j’écris depuis une yourte, sur 1650 hectares de forêts, de champs et de zones humides qui, si des dizaines de milliers de personnes n’avaient pas mis leurs corps désobéissants en jeu, seraient devenus les pistes de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La ZAD (zone à défendre) est un territoire qui m’a profondément transformé·e. J’y ai découvert que plus on habite un lieu, plus il nous habite. Plus nous nous sommes battu·es pour lui, plus nous en sommes tombé·es amoureux·ses.

Un rituel déguisé en manifestation
La lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a duré plus de quarante ans. Elle a commencé dans les années 1970, lorsque les paysan·nes ont refusé que l’État exproprie leurs fermes. En 2008, un appel lancé par des habitant·es de la région a invité les gens à venir squatter les terres et les bâtiments laissés vides, car « pour défendre un territoire, il faut l’habiter », ont-il·elles écrit dans une lettre ouverte. À la suite d’un Camp Action Climat, une poignée d’activistes est restée sur place et la ZAD est née. Une tentative d’expulsion par la police française au cours du boueux hiver de 2012 a été suivie d’une manifestation de 40 000 personnes pour reconstruire un hameau résistant. La police a été contrainte de battre en retraite et, pendant six ans, 350 personnes ont mené une vie en commun, cultivant et produisant pour contrer la construction de l’aéroport.

Les rituels sont une « nécessité archétypale » pour les êtres humains, et de plus en plus d’éthologues montrent que de nombreux animaux s’y adonnent également.

En janvier 2016, le gouvernement français a annoncé que tous les recours juridiques avaient été perdus et qu’il viendrait donc expulser les habitant·es pour construire l’aéroport à l’automne. Quelques jours plus tard, 20 000 personnes, 500 tracteurs, 1000 vélos bloquaient le pont de Cheviré à Nantes. Le mois suivant, 60 000 personnes faisaient la fête sur l’autoroute, occupant exactement l’endroit où les premiers bulldozers étaient susceptibles de commencer. Les luttes sont toujours des batailles d’imagination. Ces actions ont agi comme des rituels, des sorts pour faire monter l’énergie collective et la concentrer sur une intention claire : l’arrêt des expulsions.

Le 8 octobre, alors que la menace des expulsions avait atteint son paroxysme, 40 000 personnes ont convergé de trois points de la zone pour un rituel magnifiquement déguisé en manifestation. L’appel invitait les gens à simplement apporter un bâton. Ce symbole avait été choisi en partie en honneur à l’un des anciens de la lutte, un paysan décédé depuis peu, qui s’appuyait toujours sur un bâton de berger en souvenir de la lutte victorieuse du Larzac contre l’extension d’une base militaire.

Il avait l’avantage d’être astucieusement polysémique : suggérant à la fois ce qui soutient dans une marche difficile et ce qui peut servir à se défendre (éventuellement contre la police). Plus de 25 000 personnes ont enfoncé leur bâton profondément dans la terre, faisant le serment de revenir le chercher pour défendre la ZAD si le gouvernement venait construire l’aéroport. « Nous sommes là, nous serons là », ont-elles promis. Un talus a été transformé en un porc-épic géant hérissé de dizaines de milliers de bâtons. Alors que les bâtons étaient plantés, dans le champ voisin, l’immense Hangar de l’Avenir était érigé. Cette structure en chêne, semblable à une cathédrale, construite selon des techniques médiévales et qui pourrait durer des milliers d’années, signifiait aux autorités que la ZAD n’était pas un camp précaire fait uniquement de cabanes, mais que nous étions ici pour de bon. Malgré tout, pendant les semaines qui suivirent, les télévisions répétaient en boucle la litanie du Premier ministre : « Les expulsions auront lieu. Il n’y a pas d’autre solution. » Le rituel des bâtons a été la dernière action de masse du mouvement contre l’aéroport. Le gouvernement n’est jamais venu construire son aéroport. La magie ne fonctionne pas en théorie, elle fonctionne en pratique.

Les luttes sont toujours des batailles d’imagination. Ces actions ont agi comme des rituels, des sorts pour faire monter l’énergie collective et la concentrer sur une intention claire : l’arrêt des expulsions.

Rituels de régénération
Après la victoire contre l’aéroport, célébrée par une grande fête où un triton démesuré a enflammé un avion géant en bois, le gouvernement français a attaqué la ZAD, par vengeance. Non seulement nous avions forcé l’abandon d’une infrastructure massive, mais nous avions montré pendant six ans qu’il était possible de vivre collectivement sans police ni gouvernement. Il n’y a rien que les autorités détestent plus que cela. Pendant trois jours, 4000 policier·es, drones, hélicoptères et chars ont détruit un tiers des cabanes de la ZAD, blessant 300 personnes. Un cessez-le-feu nous a contraint·es à signer un accord de légalisation, et les conflits, déjà nombreux, ont atteint leur paroxysme, attisés par les débats virulents autour des risques liés à la normalisation, la capitulation qu’un tel geste représentait, la nécessité de tenir les terres et les relations dans la durée.

Pour le premier anniversaire de l’abandon, le 17 janvier 2019, quatre d’entre nous ont formé la Cellule d’Action Rituelle (C.A.R.). Face aux traumatismes et aux conflits qui ont marqué les corps-esprits de notre communauté, nous avons voulu utiliser le pouvoir du rituel comme outil de care pour notre communauté. La marionnette géante en forme de triton construite pour la fête célébrant l’annulation de l’aéroport a été ressortie et a reçu un énorme cœur de velours rouge, brisé en deux. Des CRS fantomatiques de 3 mètres de haut aux monstrueux yeux rougeoyants ont été abattus, et une chanson spéciale sur la renaissance à partir des cendres a été chantée par la foule brandissant des torches enflammées. Pour finir, le cœur a été sorti du triton, réparé par des esprits portant des masques de boue, et des centaines de personnes l’ont reconstitué avec une corde rouge. Les tritons ont des cellules spéciales qui leur permettent de réparer eux-mêmes leur cœur s’il est endommagé. Cela semblait être une métaphore appropriée pour un rite de passage d’une ZAD à l’autre, un rituel pour faire face ensemble à notre chagrin, pour nous relier les un·es aux autres et à nos complices plus qu’humains, qui nous ont tant appris. Le rituel s’est terminé par l’allumage du phare, érigé à l’endroit où la tour de contrôle devait être construite, au son de « Totale Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler. La foule a dansé à l’intérieur du triton qui s’est acheminé vers un somptueux banquet sous un chapiteau de cirque, de l’autre côté de la forêt.

Les rituels constituent une architecture puissante pour ancrer la communauté en lui donnant de la force et des intentions partagées et en participant à l’élaboration d’un récit et d’un imaginaire communs.

Depuis, la C.A.R. conçoit et facilite des rituels sur la ZAD, dont beaucoup marquent les 8 sabbats de sorcières (comme l’équinoxe, le sahmain, etc.). Nous concevons également des rituels dont la communauté a besoin pour des fonctions spécifiques. L’une d’entre elles, nous débarrasser de la police dans nos propres têtes et de nos jugements envers les autres, a impliqué un jeu sauvage avec de la boue et des costumes de cellules géantes, et s’est terminé quand les participant·es ont mis le feu à un véritable casque de CRS. Plusieurs rituels ont utilisé des sigils, des symboles magiques pour focaliser l’intention. Nous les avons utilisés pour protéger les communs de la forêt du contrôle de l’Office national des forêts et sur les nouveaux bâtiments construits (sans permis) sur les ruines des fermes détruites en 2012 pour l’aéroport.

Nous n’aimons pas alourdir les rituels par la solennité, le jeu et la joie sont essentiels pour nous. Ainsi, nous avons parodié un jeu télévisé (Questions pour un Champion) sur l’écologie queer, détourné des chansons punk, incarné un monsieur loyal drag king ou projeté des vidéos sur l’écologie érotique. Inspiré·es par les traditions ancestrales tout en fabriquant notre propre esthétique, que nous nommons « l’Animisme kitsch », le but de la C.A.R. est de réinscrire nos vies dans le cycle des saisons, de célébrer ensemble notre tentative de construire les communs après une lutte incroyable et la joie de faire partie de cette terre et de tou·tes ses habitant·es. Les rituels constituent une architecture puissante pour ancrer la communauté en lui donnant de la force et des intentions partagées et en participant à l’élaboration d’un récit et d’un imaginaire communs. Comme le rappelle Isabelle Stengers, il n’y a pas de communs sans commoning : les communs sont le fruit de relations et de pratiques, au cœur desquelles se trouvent des coutumes qu’il faut créer et déployer dans une culture qui les a presque éradiquées.

Face aux traumatismes et aux conflits qui ont marqué les corps-esprits de notre communauté, nous avons voulu utiliser le pouvoir du rituel comme outil de care pour notre communauté.

Pour nous, le rituel est également l’opposé de ce que nous appelons « l’art extractiviste », car dans le rituel, on ne fait pas une performance « sur » une lutte, exportée dans un espace artistique où la valeur est transférée d’une communauté spécifique au monde de l’art et à la carrière de l’artiste. Le rituel est par nature réciproque, il rend à la terre, à la communauté des êtres humains et plus-qu’humains. Nous voyons tant d’art contemporain et de performances comme des rituels appauvris, des rituels sans lieu, des gestes dépourvus de significations partagées ou de communauté. C’est de la culture sans référence à ses origines étymologiques − culte et terra − pour cultiver et prendre soin de la terre. C’est la culture sans le culte − le respect de la vie dont nous avons tant besoin en ces temps de tempête.

1

Starhawk, The Spiral Dance. A Rebirth of the Ancient Religion of the Goddess, HarperOne, 1979.

2

Starhawk, The Spiral Dance. A Rebirth of the Ancient Religion of the Goddess, HarperOne, 1979.

PDF
Journal 57
Rituels #2
Quels rites pour quelle conscience ?

Pierre Hemptinne pour la rédaction

Rituels, résistance, réciprocité et régénération

Jay Jordan, art activist, sorcière, travailleuse du sexe

Penser avec les zones humides. En quête d’avenirs désirables.

Valeria Cirillo, doctorante en philosophie (Università degli studi di Roma Tre)
Allan Wei, chercheur en géographie au laboratoire interdisciplinaire d’études urbaines (Université Libre de Bruxelles)

Artivisme, rituels de conjuration, du SIDA au COVID

Antoine Pickels, auteur, performeur, curateur, enseignant

Count Your Blessings

Anissa Rouas, membre du Club Zaghareed

Mais où sont les funérailles d’antan ?

Irene Favero, membre de Culture & Démocratie

Habiter autrement : créer des solidarités pour vivre mieux

Entretien avec Anne-Laure Wibrin, sociologue, chargée de projet au Community Land Trust Bruxelles

Inventer les rituels de l’énergie

Grégoire Wallenborn, chercheur-enseignant interdisciplinaire à l’ULB

Célébrer le passage des saisons

Virginie Fizaine, tisanière-sorcière

Crise climatique et rituels de justice

Thibault Galland, coordinateur de la Plateforme d’observation des droits culturels à Culture & Démocratie

Écoscopie sorcière

Jean-Baptiste Molina, chercheur et activiste en fiction spéculative

Le jeu de rôle grandeur nature et ses potentialités transformatrices

Rachel Hoekendijk, philosophe et animatrice en éducation permanente

Culture Sound System : un rituel de résistance

Dany Ben Felix, médiateur culturel à PointCulture

L’ile

Raphaël Venin, musicien, compositeur, nouvelliste

Une politique du care dans le milieu festif

Entretien avec Sara Lovisetto et Margaux Notarianni, fondatrices du collectif Osmose

Le mouvement d’aïkido comme transformation du quotidien

Nathalie Hiessler et Gilles Rovere, aïkidokas, co-fondateur·ices du club Aïki-Tanren Montpellier

Émeute de soins dans l’art contemporain

Échange entre Fen D. Touchemoulin, artiste visuelle transdisciplinaire et Marcelline Chauveau, chargée de communication et de diffusion à Culture & Démocratie

Autour de Cassandra

Entretien avec Bernard Foccroule, compositeur, organiste et claveciniste, membre fondateur de Culture & Démocratie

Médiagraphie « Rituels »

PointCulture

Polygl(o)ussons

Nadine Plateau, membre de Culture & Démocratie

Fen D. Touchemoulin

Marcelline Chauveau, chargée de communication et de diffusion à Culture & Démocratie