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Démocratie
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✅ 02/10 Forum ouvert « Réinventer la démocratie »
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Dans le cadre des rencontres du cycle « Réinventer la démocratie : savoirs et expériences », Culture & Démocratie fera étape à Liège le 2 octobre 2026. En partenariat avec la Coopération Culturelle Régionale /Liège et le B3 – Centre de ressources et de créativité de la Province de Liège, nous vous convions à un forum ouvert. Parce qu’une démocratie vivante repose précisément sur la capacité d’acteurs multiples – citoyen.es, associations, institutions – à produire, partager et faire circuler des savoirs.
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Documentaires « Mensonges ! »
Cinergie
À chaque sortie de Journal de Culture & Démocratie, notre partenaire Cinergie.be, le site dédié au cinéma belge, propose une sélection de documentaires afin de prolonger la réflexion.
Le dossier « Mensonges ! » de ce Journal questionne l’autorité de l’information. À l’heure des fake news, du complotisme, des influenceur·ses, des biais algorithmiques et de l’information personnalisée, comment préserver des repères communs et notre capacité à débattre collectivement ? Ces questions sont également au cœur des œuvres cinématographiques sélectionnées ici.
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Du livre imprimé, à l’ère nucléaire
Roland de Bodt
Depuis 1985, les Éditions du Cerisier publient « par privilège et prédilection, des romans, des nouvelles, du théâtre, des essais qui, sans fard, traitent de la société d’aujourd’hui ». Donner une place aux voix du monde populaire face à celles d’une « aristocratie omniprésente, sûre d’elle et monopolisant le verbe » est depuis 40 ans, pour celles et ceux qui font Le Cerisier, un combat politique et un enjeu de démocratie culturelle, mais aussi d’intérêt général. Cet engagement, partagé par Culture & Démocratie, a donné lieu à plus d’une décennie de collaboration entre nos deux structures. À l’occasion de ce quarantième anniversaire, Roland de Bodt, auteur du Cerisier, nous rappelle que le livre imprimé, dans la diversité des écritures qu’il rend accessible de par le monde, est un précieux instrument de liberté. Une invitation à se (re)plonger dans le foisonnant catalogue de cette maison d’édition.
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Fight on the ring, not in the street
Nsimba Bafuka
C’est d’abord pour répondre à un besoin de certain·es jeunes du quartier des Marolles à Bruxelles et leur proposer un cadre sportif défini que Nsimba Bafuka crée en 2009 le club Brussel Young Wrestling Style (BYWS). Lui même catcheur professionnel, il déconstruit dans cet entretien nombre de représentations et de fantasmes autour du catch et nous parle d’une pratique sportive exigeante, qui véhicule des valeurs de respect et d’inclusion.
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🌐 Peindre la Toile
Emmanuelle Quertain
À partir de son œuvre My Address, Emmanuelle Quertain propose une réflexion sur notre rapport aux images à l’heure du numérique. Elle explore les liens entre peinture, attention, mémoire et langage, tout en interrogeant les effets de la surabondance des contenus et des images générées par l’intelligence artificielle sur notre perception du réel, de la vérité et des autres.
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Y a-t-il une crise de la vérité ?
Collectif
Qu’est ce que le vrai ? Peut-on le définir ? Vit-on aujourd’hui plus qu’hier une « crise de la vérité » ? Cette « crise » traduit-elle une perte de confiance dans nos institutions et les savoirs établis ? Les technologies numériques accélèrent-elles ce phénomène ? Les contributeur·ices à ce dossier « Mensonges ! » proposent quelques éléments de réponse à ces questions. Ce patchwork en rassemble certains extraits, enrichis de citations extérieures.
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🌐 Mark Fisher et la critique du « réalisme capitaliste »
Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles vit un tournant néolibéral particulièrement violent, notamment avec une réforme de l’enseignement que les politiques cherchent à imposer par la force, Sébastien Marandon puise dans les travaux de Mark Fisher des pistes pour analyser ce moment. La récente parution en français de K-punk. Fiction, musique et politique dans le capitalisme tardif (2024) et Désirs postcapitalistes (2025), presque 10 ans après la mort du philosophe britannique, est l’occasion de s’y (re)plonger : il en analyse la pensée au prisme de l’inflation de dispositifs de mensonges qui contrefont aujourd’hui le monde.
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SpecXcraft : des connaissances spéculatives mais ancrées dans l’expérience
Giulietta Lakí, Hélène Gassmann, Florence Peeraer
Le projet Speculative crafting for un/common futures – specXcraft en abrégé – a réuni quatre organisations basées à Bruxelles : Espèces Urbaines, Natagora, le Centre Vidéo de Bruxelles (CVB) et Constant. S’appuyant sur la SF et la fiction spéculative, elles ont exploré les futurs de Bruxelles, a déployé un protocole au cours d’une série d’ateliers créatifs, avec ses publics respectifs, avant un temps de mise en commun. Une publication et quelques court-métrages expérimentaux témoignent de ce processus avant tout basé sur l’expérience. Reprendre le pouvoir sur les récits opère un déplacement au niveau de la pensée qui permet d’appréhender autrement les fictions que l’on vit au quotidien et d’y opposer une multiplicité d’imaginaires.
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Riposte pédagogique dans un monde réactionnaire
Zoé Fauconnier
Face à la prolifération d’idées et d’opinions d’extrême droite dans l’ensemble du débat public, l’asbl liégeoise La Cible propose une série d’outils pédagogiques pour réfuter ces discours. L’objectif de ces formations, animations ou campagnes d’information est de valoriser l’esprit critique, soutenir des valeurs collectives, humanistes et solidaires et de promouvoir des comportements positifs et constructifs face aux discours haineux. Et puisque démonter les manipulations de l’extrême droite ne peut pas être qu’un combat individuel, Zoé Fauconnier appelle la société civile à créer son propre cordon sanitaire, via un travail de veille, d’information, et d’actions en commun.
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Montrer la terre plate
Philippe Braquenier
Un leitmotiv traverse la démarche artistique de Philippe Braquenier : la photographie comme reproduction du réel. Depuis une décennie, l’artiste visuel belge s’intéresse à l’usage intensif que les partisan·es de la théorie complotiste du platisme – selon laquelle la terre serait plate – font de l’image photographique pour constituer une contre-archive contestant le savoir officiel. Sa série Earth Not a Globe reprend le sous-titre de Zetetic Astronomy (1875), ouvrage de référence de Samuel Birley Rowbotham sur la théorie platiste. Il y interroge ses principales croyances en les revisitant à travers photos et installations afin d’amener le public à une pensée critique.
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Complot : de la dissonance cognitive à la fascination
Wu Ming 1
Chemtrails, reptiliens, QAnon… l’époque semble particulièrement propice aux « fantasmes de complot ». Wu Ming 1, auteur notamment de l’ouvrage Q comme Qomplotn, a consacré plusieurs décennies à une recherche extrêmement documentée sur certains de ces fantasmes. Au fil de cet entretien, il revient sur les mécanismes à l’œuvre dans l’élaboration de ces croyances. Autour de quel « noyau de vérité » se forment-elles ? À quels besoins répondent-elles ? Quels affects suscitent-elles ? En s’interrogeant également sur les moyens de démantèlement de ces narrations toxiques, Wu Ming 1 invite à remplacer l’émerveillement du complot par la fascination de la lutte.
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Le rôle des émotions dans la construction de nos croyances
Séverine Falkowicz, Alexander Samuel
Séverine Falkowicz et Alexander Samuel croisent les apports de la psychologie sociale et des sciences pour interroger les liens entre émotions, esprit critique et adhésion aux fausses croyances. À travers une analyse des biais cognitifs, des mécanismes de viralité sur les réseaux sociaux et des logiques de manipulation émotionnelle, tou·tes deux explorent les conditions qui favorisent la désinformation, le complotisme et certaines formes de radicalisation politique. Il·elle plaident également pour une approche plus nuancée des émotions, envisagées comme des facteurs de vulnérabilité, mais aussi comme des leviers de compréhension, de dialogue et d’exercice critique.
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Comprendre les mécanismes de l’attention pour retrouver un pouvoir d’agir
Florian Forestier
Quels effets les outils numériques ont-ils sur notre capacité d’attention, nos relations aux autres et notre rapport à la vérité ? À travers une analyse des plateformes, de l’économie de l’attention et des logiques de captation propres aux réseaux sociaux, Florian Forestier examine les transformations de nos modes d’attention et leurs conséquences politiques, culturelles et démocratiques. Le philosophe explore également les pistes d’une « politique publique de l’attention » et les nouveaux enjeux soulevés par l’essor des intelligences artificielles génératives.
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Le champ d’influences comme organologie anti-démocratique
Pierre Hemptinne
Les influenceur·ses sont souvent présenté·es comme des héros et héroïnes de la réussite individuelle sur un marché de l’emploi précarisé. Pourtant, leur succès fulgurant ne vient pas de nulle part et n’est pas dû qu’à leur talent seul. Consciemment ou non, ils et elles contribuent à faire vivre une idéologie du marketing qui travaille l’imaginaire individuel et collectif depuis des décennies. Ils et elles propagent le « capitalisme linguistique », des modes d’expression de soi au profit d’une économie consumériste qui ouvre la voie aux « faits alternatifs » et aux biais négatifs, plus rentables et plus en phase avec l’extractivisme numérique. Une dérive qui n’a cessé d’être pensée pour aider la démocratie à se défendre.
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Désinformation : entre prise de conscience et panique morale
Julien Giry
Julien Giry revient sur les origines et les usages contemporains des notions de désinformation, de fake news et de complotisme. Il analyse le rôle des réseaux socionumériques dans la circulation des contenus trompeurs, tout en relativisant l’idée d’une « crise de la vérité » généralisée. À travers un regard critique sur les politiques de régulation européennes et les discours alarmistes, le chercheur interroge les systèmes de régulation mis en place en Belgique et au niveau européen, ainsi que les tensions qu’ils soulèvent entre lutte contre la désinformation, liberté d’expression et démocratie.
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Information : contre-pouvoir sous pression
Jil Theunissen
Jil Theunissen analyse les multiples fragilisations qui touchent aujourd’hui le monde de l’information, avec une attention particulière portée à l’évolution du paysage médiatique belge. Entre restructurations économiques, concentration des médias, pressions politiques, procédures judiciaires et mutations numériques, elle interroge les conditions concrètes d’exercice du journalisme et leurs effets sur le pluralisme démocratique. L’article aborde aussi les enjeux déontologiques, l’émergence de nouveaux acteurs de l’information et les résistances mises en place pour défendre une presse libre et indépendante.
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Fini le temps de la fausse neutralité
Jérémie Nzita Mambu
En moins de deux ans, Yurbise s’est imposé comme une source d’information incontournable auprès de la Gen Z belge francophone (les actuel·les 14-29 ans). Ses comptes Instagram et Facebook cumulent plus de 61 500 followers. Aujourd’hui organisé en rédaction d’une vingtaine de bénévoles autour de son fondateur, Yurbise entend, selon ce dernier, correspondre à ce que les jeunes recherchent en matière d’actualités : des contenus en ligne courts, clairs avec une pointe d’impertinence, et surtout pas neutres. Témoignage d’une des nouvelles voix médiatiques.
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Maximiser l’exactitude, minimiser l’erreur
Pierre Hemptinne
Une des caractéristiques principales du cerveau humain est sa fonction prédictive. Quasi compulsive, liée aux contextes de survie. Brassant les milliards d’informations et de données qu’il prospecte ou qui le traversent en dépit de sa volonté. Cherchant à comprendre qui il est, où il est, où il va, avec qui, comment. Cherchant à se situer et à se projeter dans ce qui vient. Pour ce faire, « il assimile des patterns avec facilité et rapidité, et extrapole intuitivement ces impressions pour les appliquer à l’événement suivant. L’esprit humain voit partout des récits, quelques fois même là où il n’y en a pas, et remplit les trous pour leur donner sens et cohérence. [D]ans sa construction d’une représentation mentale, il s’efforce de maximiser l’exactitude et de minimiser l’erreur. » (Leor Zmigrodn) Cette activité prédictive, au départ individuelle, nourrit les dynamiques réflexives collectives des dispositifs par lesquels les individus se forment en interaction avec d’autres et en lien avec les institution sociales.
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Emmanuelle Quertain
Emmanuelle Quertain
Les images qui introduisent ce dossier sont quelques-unes des 465 aquarelles qui constituent l’œuvre My Address de l’artiste belge Emmanuelle Quertain. Dans cette pièce monumentale, elle propose un geste pictural qui traduit l’ensemble des datas – non écrites – qu’elle a consommées sur une période de cinq mois sur son ordinateur. Ces aquarelles – qu’elle nomme datas painting – recouvrent les murs des lieux où elles s’exposent dans l’idée de rappeler la notion de quantité et que les spectateur·ices aient la sensation – comme en ligne – d’être immergé·es dans cet ensemble. Libre à chacun·e de les lire toutes, comme un film, en les suivant les unes après les autres ou, de façon plus onirique, de laisser une image arriver, puis une autre, avec l’impression toutefois qu’on ne pourra pas tout voir.
Face à la surabondance d’images auxquelles nous sommes chaque jour confronté·es, cette œuvre questionne notre capacité d’attention, de concentration et de discernement. À une époque de surconsommation d’images et de dissolution permanente, qu’est-on encore capable de distinguer ? À l’heure où les algorithmes associent pour nous les contenus qu’ils nous proposent, quelle est notre réelle part de décision ? Plus qu’un autoportrait numérique de l’artiste, My Address se veut plus globalement un portrait des médias dans leur ensemble, mêlant indistinctement des images de drones, d’incendie et de canadairs, de figures de musique pop féministe, ou encore le portait du footballeur Benjamin Mendy.
Cet ultra-morcellement associé à la rapidité du geste pictural est une façon pour Emmanuelle Quertain de portraiturer notre époque tout en s’interrogeant sur sa posture d’artiste : « En tant que peintre, si je ne choisis plus ce que je regarde, est-ce que je suis encore capable d’avoir un point de vue ? Et est-ce que chercher à en avoir un a du sens, dans un monde où les gens ne s’inquiètent pas de savoir s’ils sont dans un espace fermé ou dans un espace ouvert ? »
Le travail d’Emmanuelle Quertain questionne aussi les rapports sociaux de notre temps. À l’heure où l’intime est exposé en continu, la peinture est pour l’artiste à la fois une forme d’exhibition par excellence mais aussi une manière de se cacher. En disant « regardez ici », Emmanuelle Quertain choisit ce qu’elle montre ou ce qu’elle ne montre pas. L’architecture participe de la monstration tout comme l’époque définit notre capacité à voir, à participer à un espace public ou à un espace de société.
Ainsi, plus largement l’œuvre pointe la tendance à l’actuelle objectivisation des individus, dont l’attention n’est qu’une ressource parmi d’autres, et nous propose de conscientiser la manière dont on devient objet derrière un écran, notamment en nous interrogeant sur notre relation à notre propre langage. Le travail d’Emmanuelle Quertain nous invite ainsi à retrouver notre condition de sujet ainsi que notre capacité à faire société.
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