Articles avec tag « analyse »
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🌐Faire famille, faire communauté
Thibault Galland
Les enfants évoluent dans divers groupes sociaux. Parmi ceux-ci, la famille joue un rôle prépondérant, au point que l’on qualifie majoritairement cette socialisation de primaire. Traditionnellement ou selon des points de vue conservateurs, en Occident, on décrit la famille comme composée de deux parents, un homme et une femme, avec un ou plusieurs enfants. Pourtant toutes les expériences de relations parents-enfants ne correspondent pas à ce modèle. Je voudrais questionner les normes en matière de parentalité pour mieux saisir comment les liens familiaux renvoient avant tout à une manière de faire communauté, en soulignant ici la référence aux droits culturels. Cette problématisation nous amènera ensuite à explorer des pistes pour faire famille autrement et de façon critique.
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Écologie : pourquoi se sent-on coupable ?
Matthieu Wieser
Face à l’urgence écologique, nous sommes pris·es dans une multitude d’injonctions et d’informations. D’un côté un flux d’informations toujours plus alarmantes sur l’état de nos écosystèmes, de l’autre le constat de l’insuffisance de nos modalités d’action, et quelque part entre les deux, « l’idée commune selon laquelle nous avons tou·tes, dans notre quotidien, une responsabilité à l’égard de ces catastrophes ». Ces tendances, observe Matthieu Wieser, concourent à générer, chez certaines personnes sensibles à l’écologie, « des doutes, une espèce de gêne, une sorte d’inconfort au monde », un certain sentiment de culpabilité. Ce type d’affect et les peurs qui l’entourent sont largement instrumentalisés par nombre de voix de la scène politique pour dénigrer une soi-disant « écologie punitive » − élément de langage qui, avec de nombreux autres, a récemment envahi l’espace socio-politique pour discréditer la prise en compte de l’écologie dans la société. Ce qui intéresse ici Matthieu Wieser, c’est la persistance d’un sentiment de culpabilité. De quoi est-il le nom ? Pour lui, ce sentiment est le témoin de nos manières d’appréhender la question écologique et le signe que l’écologie déborde le cadre de nos organisations politiques actuelles. « Le vivant n’entrera pas dans nos Parlements, sinon pour les faire imploser », écrit-il. Mais si ce sentiment de culpabilité « peut se lire comme la trace […] de notre inconfort à jouer les règles du jeu néolibéral ou représentatif », il témoigne en même temps de « la possibilité d’expérimenter d’autres façons de jouer qui sont d’autres manière d’exister ».
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Politiser l’inceste, c’est politiser l’enfance. Regard clinique et politique sur cette double nécessité
Samira Bourhaba
L’inceste n’est pas un drame isolé ni un dérapage individuel : il révèle la structure même d’une société adulto-centrée qui organise dépendance, silence et impunité. La psychologue clinicienne Samira Bourhaba montre comment la clinique éclaire le politique : penser l’inceste, c’est penser les rapports de pouvoir entre adultes et enfants, et reconnaitre que protéger, c’est d’abord transformer l’ordre social. À hauteur d’enfant.
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L’enfant, animal politique. Entre immobilité scolaire, asymétries relationnelles et pratiques de démocratie participative
Chiara Foa
L’école italienne, encore marquée par un modèle transmissif et hiérarchique, peine à reconnaitre l’enfant comme sujet politique. Entre immobilité imposée et asymétries persistantes, Chiara Foà explore les contradictions d’une éducation démocratique qui enseigne la participation sans toujours la permettre. À travers l’expérience du Conseil communal des jeunes de Turin, l’enseignante montre comment l’école peut devenir un véritable laboratoire de citoyenneté active.
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L’infans, l’enfant-roi et l’enfant-coéquipier. Autour d’une lecture de « Philosophie de l’enfance » de Gareth B. Matthews
Baptiste De Reymaeker
Comment repenser la relation entre adultes et enfants ? De la « matrice de toutes les dominations » décrite par Bernard Lahire au mythe contemporain de l’enfant-roi, Baptiste De Reymaeker interroge les représentations qui enferment l’enfance entre dépendance et toute-puissance. Tout autant critique de l’autorité verticale que de l’illusion d’une liberté totale, il invite, à la suite du philosophe Gareth B. Matthews, à une relation qui serait fondée sur la coopération et la responsabilité partagée.
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Une autorité qui pense sa propre abolition
Leia Duval-Valachs
Entre autorité et autonomie, rationalité et émotion, les conseils d’élèves apparaissent comme des laboratoires de socialisation politique. Les enfants y apprennent à débattre, à décider, à parler au nom du collectif. Mais de quelle voix parlent-il·elles vraiment ? Dans ses recherches, Leia Duval Valachs interroge ces dispositifs d’apprentissage : que nous révèlent-ils de notre conception de l’enfance, de la citoyenneté et des inégalités de classe et de genre qui les traversent ?
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🌐Perspectives décoloniales sur l’enfance et les childhood studies
Anandini Dar, Tatek Abebe
Il y a peu, le statut « mineur », naturalisé, de l’enfant rendait improbable l’émergence de childhood studies. Que nous apporte un champ d’enquêtes spécialement dédié à l’enfance, aux différentes interdépendances adulte-enfant à travers le monde ? Un décentrement bienvenu par rapport au concept d’enfant universel, occidental, formaté dans les rouages de la reproduction capitaliste/patriarcale. Les comparaisons entre les multiples conceptions de l’enfance dynamisent une critique des systèmes dominants, renouent avec l’idée de réels échanges entre générations, où l’enfant prend soin de l’adulte autant que l’inverse. Ces études interdisciplinaires indiquent surtout que, face à la crise climatique, aux ruptures avec les autres formes du vivant, il est indispensable de penser le futur avec les enfants. Repenser l’attention aux générations qui viennent est inimaginable sans impliquer l’agentivité des enfants. Qui produisent d’ailleurs sans le savoir d’informelles et indispensables adult studies…
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🌐Une sociologie de l’enfance
Eden Dautaj
L’enfance, les enfants, tout le monde sait quoi en penser. D’où vient ce sentiment de savoir, comme s’il s’agissait de repères tangibles, ayant toujours existé ? L’enfance n’a pas toujours correspondu à ce que nous en percevons aujourd’hui. Il s’agit d’une catégorie socialement construite, qui évolue selon les époques, les régimes politiques et de connaissances, éclairant le statut et le rôle du sujet dans la société. Ce que démontre en détails l’examen historique et sociologique du statut de l’enfant masculin, pour lequel les archives et représentations sont particulièrement étoffées, l’héritier mâle ayant été considéré comme plus crucial par le système dominant dont nous héritons. Cette approche sera donc à compléter par des études similaires sur le sort réservé aux filles. Le principal, ici, est de mesurer combien, dès lors que l’enfance est élaborée pour correspondre à un projet politique, il est possible de convoquer d’autres types de connaissances pour construire autrement l’enfance et repenser le devenir humain au sein du vivant.
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Les droits de l’enfant en Belgique : des acquis menacés
Solayman Laqdim
Solayman Laqdim défend les droits des enfants et des jeunes de moins de 18 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au quotidien, il est force de proposition pour inscrire l’intérêt supérieur de l’enfant à l’agenda politique. Ses meilleurs atouts ? Les jeunes, sujets de droit au cœur de la solution. Il souhaite que le travail d’éducation aux droits de l’enfant se fasse dès le plus jeune âge.
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Habiter attentivement les mondes
Tim Ingold, Jan Masschelein
L’enfance peut-elle, modestement, nous permettre de nous orienter dans le monde qui vient et faire trembler-troubler nos catégories dominantes ? Nous avons posé la question à Tim Ingold et Jan Masschelein, qui depuis leurs champs respectifs de l’anthropologie sociale et de la philosophie de l’éducation, ont accepté de se prêter à l’exercice d’un dialogue croisé. À travers neuf mots clés – attention, enfance, expérience, liberté, génération, présent/présence, relation/rencontre, respons-(h)abilité, vulnérabilité – ils évoquent comment ces notions, ensemble, peuvent figurer des pistes pour affronter les crises présentes et à venir.
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Lutter contre la disparition. Fierté culturelle et nationalisme minoritaire dans le rap turc allemand
Renaud-Selim Sanli
À la suite de son article « L’arabesk, un déracinement oriental », Renaud-Selim Sanli, suit les traces de cette musique turque jusqu’en Allemagne, auprès des travailleurs immigrés arrivés de Turquie dans les années 1960. Au cours des années 1990, avec l’émergence d’une nouvelle mondialisation, les Turcs d’Allemagne s’emparent du rap comme outil de contestation et de revendication culturelle. L’arabesk y joue, là encoren, un rôle de liant communautaire, mais ses déplacements produisent aussi d’autres formes d’identités et de récits des origines, fantasmées ou non. Le rap turc allemand devient un vecteur de reconstruction identitaire dans une Allemagne en proie à un regain nationaliste excluant, alors même que la diaspora turque considère ce pays comme le sien. La musique devient le lieu d’une construction tant d’un autre chez-soi que d’une fierté culturelle du pays d’où l’on vient. Renaud-Selim Sanli montre comment, dans ce contexte tendu, des tendances majoritaires comme la globalisation américaine ou le nationalisme turc peuvent devenir des outils de luttes minoritaires pour s’opposer aux désirs d’homogénéisation et d’effacement des identités non-hégémoniques.
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L’arabesk, un déracinement oriental
Renaud-Selim Sanli
L’arabesk, musique de variété turque aux influences variées, a connu comme nombre d’autres musiques dites populaires, une trajectoire mouvementée. Celle-ci raconte « une histoire affective et politique du pays », des radiocassettes de bus de campagne à l’Eurovision puis aux soirées de la jet-set turque dans les années 2000, et se poursuit en Europe avec les migrations de travail. Cette trajectoire est le témoignage d’une pratique culturelle d’origine populaire d’abord méprisée et disqualifiée par les élites de la Turquie de Kemal Atatürk, puis récupérée et appropriée dans de nouveaux contextes politiques où sa dimension contestataire s’en trouve diminuée ou détournée. L’histoire de l’arabesk nous rappelle que les cultures populaires sont « une question politique de premier rang, qui touche à la structure d’ensemble de la société », comme l’écrivait Jan Baetens dans nos pagesn il y a quelques années – une question qui ne cesse de s’illustrer aujourd’hui avec la folklorisation des musiques traditionnelles et leur commercialisation.
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Écologie commune : réactiver les héritages anarchistes
Catherine Malabou, Matthieu Wieser
La pensée anarchiste peut-elle répondre à l’urgence écologique ? À l’image de la propriété privée, critiquée aujourd’hui au sein des pratiques et des pensées écologiques qui s’approprient l’idée de communs, nombre de nos certitudes politiques classiques sont bouleversées par le contexte climatique. En ce sens, selon la philosophe Catherine Malabou, nous devons renouer avec les pensées de l’anarchisme pour y puiser des ressources théoriques et politiques. Cette nouvelle perspective nous fait entrevoir des héritages fertiles, par exemple celui qui lie les espoirs de Pierre-Joseph Proudhon aux luttes contre l’agro-industrie des Soulèvements de la Terre.
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🌐La communication non-violente comme levier pour l’écologisation
Nathalie Achard
En écho à l’article « Communiquer l’écologisation : la place du conflit », cet entretien poursuit la piste de la communication non violente (CNV) avec Nathalie Achard, autrice du livre Communication NonViolente : à l’usage de celles et ceux qui veulent changer le monde. La CNV permet de favoriser la participation de tout·es au débat et à la prise de décision, avec un réel et profond travail de médiation entre les interlocuteur·ices. En pratique, elle a pour ambition de déconstruire les éléments de langage qui troublent le débat démocratique – notamment sur l’écologie – pour enrichir les connexions et fabriquer du commun.
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Communiquer l’écologisation : la place du conflit
Thibault Galland
Le débat écologique fracture la société et les échanges qu’il suscite sont clivants. Toutefois, la dissension ne peut pas être exclue du débat démocratique au risque de perdre notre liberté politique et de tomber dans l’extrémisme d’une « dictature verte ». Thibault Galland défend l’utilisation du conflit et de la rumination comme leviers pour imaginer et construire ensemble un autre possible écologique.
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Pour une réappropriation sociale des techniques et ressources énergétiques
Laure Dobigny
Face à l’urgence du changement climatique, les initiatives citoyennes d’autonomisation énergétique se multiplient dans les communes rurales un peu partout en Europe. La sociologue Laure Dobigny qui a étudié les mécanismes sociaux et politiques à l’œuvre dans cette volonté de réappropriation citoyenne et collective des biens communs, explique leurs bienfaits en termes de solidarité, de cohésion sociale et de rapport au vivant. En contrepoint, elle nous amène aussi à voir du côté de smart buildings lillois dont les promesses d’autonomie se heurtent aux subtilités des pratiques.
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La diplomatie environnementale au gré des haies
Pierre Hemptinne
En 2024, le Fonds mondial pour la nature (WWF) chiffre à plus de 73% la diminution de la population de vertébrés sauvages en 50 ansn. Pourtant, le député MR Yves Evrard déclare au Parlement wallon qu’en ce qui concerne la « sacro-sainte » biodiversité, il n’y a aucun problème, ni en Wallonie ni dans le monde !n L’impuissance politique se décline en culture du déni dangereuse pour la démocratie. Comment retrouver une parole publique digne de ce nom, plurielle et raisonnée, basée sur une appropriation démocratique de la science, une mise en commun de la réflexivité des usages et savoirs vernaculaires, préludant à un imaginaire collectif qui dessinerait une nouvelle manière d’habiter la Terre ? Suivez le guide, Léo Magnin, dans son élaboration d’une sociologie de l’écologisation, de haie en haien.
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Bricoler dans les interstices
Fanny Lederlin
L’approche occidentale et contemporaine du monde, son idéal technocratique de maitrise sur la nature et ses promesses de solutionnisme technologique, provoquent une atomisation de la société et ne nous permettent pas de faire monde commun selon des principes pleinement démocratiques. La philosophe Fanny Lederlin propose de résister à cette approche en y opposant une logique « bricoleuse » qui valorise les pratiques amatrices, le soin porté aux objets et la délibération collective.
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D’un théâtre technologique à l’autre : mettre en scène les infrastructures et la maintenance technique
Tyler Reigeluth
Les promesses du solutionnisme technologique en termes d’écologie, de mobilité ou encore de sécurité nous écartent des réalités matérielles des infrastructures censées prendre en charge ces questions, tout en nous détournant de leurs enjeux politiques et socio-économiques. Tyler Reigeluth nous montre le hors-champ des interfaces lisses et standardisées des objets qui nous entourent. Il affirme l’urgence esthétique et politique de reconsidérer les systèmes techniques par les utilisateur·ices, de valoriser le travail de maintenance et d’assurer la permanence des savoir-faire de celles et ceux qui s’en occupent.
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Gouverner par le vivant : autoritarisme environnemental et pouvoir en Chine
Virginie Arantes
La Chine se présente comme une « civilisation écologique », un modèle de développement vert. Pourtant, sous le ciel bleu de Pékin l’écologie est devenue terrain politique et ses narratifs sont instrumentalisés pour servir la stratégie d’un régime totalitaire. Virginie Arantes décortique ici les mécanismes d’une écologie post-politique à l’œuvre et invite nos sociétés occidentales à ne pas neutraliser la question environnementale et à entretenir le débat démocratique pour en comprendre les rapports de pouvoir.
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L’IA et l’intelligence musicale humaine
Pierre Hemptinne
Alors que se profile la Fête de la musique 2025, les soulèvements contre l’usage de l’intelligence artificielle (IA) par l’industrie musicale se multiplient, souvent au nom des droits d’auteur bafoués. Mais de quoi l’IA est-elle la bande-son ? Si réagir à la destruction de nos milieux de vie implique de sortir de l’économie capitaliste et d’un partage du sensible guidé par les logiques marchandes, comment penser une économie musicale hors du capitalisme ? N’est-il pas temps d’aborder les musiques comme un bien commun ? À quelles conditions ? La diversité des expressions musicales est une voie d’accès privilégiée à l’invisible, à l’immatériel, dont a besoin l’humanité pour rester reliée à l’incalculable du vivant. Cela dépasse de loin une simple mise au pas de l’IA dans le cadre d’un système global qui resterait inchangé et pose la question d’un écosystème musical adapté aux défis que rencontre l’humanité.
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Écologisation : l’exemple antillais
Anagram asbl (Sarah Aucagos et Guillaume Moreau – co-fondateur·ices)
Les territoires post-coloniaux cristallisent souvent les fractures sociales et les inégalités. Leur éloignement géographique a longtemps facilité leur mécompréhension, participé à un manque de visibilité et à une certaine forme de dénigrement. Du seul point de vue écologique, les départements ultramarins représentent pourtant 80% de la biodiversité française. Cette richesse inouïe, comme nombre de zones tropicales et subtropicales, est particulièrement fragilisée par les conséquences du réchauffement climatique, de l’augmentation des températures marines, de la montée des eaux ou encore des évènements climatiques extrêmes. À cela s’ajoute une histoire (coloniale) qui a largement déstabilisé la biodiversité et creusé les inégalités sociales, et dont il est difficile de s’extraire sans trouver une autre manière d’habiter la Terre. Le philosophe martiniquais Malcom Ferdinand, dans ses écrits Écologie Décolonialen et S’aimer la Terren, suggère ainsi de marquer la rupture avec « l’habiter colonial », cette manière destructrice, raciste et patriarcale d’habiter la Terre.
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L’ouverture utopique d’un recommencement
Pierre Hemptinne
Faut-il accepter les règles de la guerre culturelle néofasciste ? Elle attise les peurs, les fragilités. Si l’on déplaçait le terrain des enjeux en soignant blessures et haines ? Ouvrir un autre champ des possibles, une utopie qui rebattrait les cartes du désir et du sensible, avec les savoirs et savoir-faire développés, préservés au sein de l’associatif et de l’éducation populaire ? Un vrai recommencement politique.
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Le nous de la crise
Dipesh Chakrabarty
Le temps des humains n’est pas le temps de la planète. Or, restaurer l’habitabilité de la Terre implique de penser en fonction de cette temporalité planétaire. Mais comment réduire la crise climatique qui impacte toutes les sociétés tout en tenant compte des différences et différends irréductibles à l’intérieur même de chaque société ? En croisant histoire mondiale, temporalités multiples et responsabilités partagées, l’historien Dipesh Chakrabarty propose dans cet entretien une réflexion sur les manières de faire lien à l’échelle de l’humanité.
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The “we” that speaks of a crisis
Dipesh Chakrabarty
Human time isn’t planetary time. Yet, to restore Earth’s habitability means thinking in terms of this planetary temporality. So how can we reduce the climate crisis that impacts humanity as a whole, while taking into account the differences between and within all societies? In this interview, historian Dipesh Chakrabarty combines world history, multiple temporalities and shared responsibilities to explore ways of forging links on a global scale.
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Valeur et Monnaie
Michel Bauwens
En 2024, Culture & Démocratie a rejoint le réseau de la Zinne, la monnaie locale et citoyenne bruxelloise, afin de soutenir une économie alternative au modèle spéculatif capitalisten. Afin de nous éclairer sur le principe de l’économie collaborative, nous avons fait appel à Michel Bauwens, l’un de ses théoricien·nes belges. Cet article retrace l’évolution historique de la comptabilité en Europe pour mettre en lumière ses changements de régimes et de valeurs, du don/contre-don médiéval à la monnaie à intérêt et à l’extractivisme contemporains. Comment faire advenir aujourd’hui un nouveau changement de régime de valeurs ? Plusieurs pistes sont déjà expérimentées à travers les systèmes de comptabilité contributive, de flux ou thermodynamique et ce, à différents niveaux planétaires… Explication et présentation dans cet article !
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Charles Michel et le n’importe quoi sur les migrations
Pierre Hemptinne
Début novembre 2024, monsieur Michel livre ses réflexions politiques de président du Conseil de l’Europe sur le départ. Une sorte de bilan. Sur la politique migratoire de l’Europe, il assume et s’emploie à la légitimer au mépris des faits, en actionnant une sorte de réalité alternative. Même pas des contre-vérités mais du n’importe quoi – du bullshit. Un registre rhétorique qui se répand, triomphe avec Donald Trump, s’affranchit des règles de la saine controverse, mine la démocratie. À ce jeu, c’est le plus culotté qui l’emporte ! Qui est perdant ? À travers l’exemple des propos tenus par Charles Michel, Pierre Hemptinne aborde la question du régime de vérité démocratique, de ses ressorts et du rôle des médias, des chercheur·ses et des acteurs associatifs dans le renforcement de la démocratie.
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🌐 L’accueil au prisme des droits culturels
Thibault Galland
Le rejet des migrant·es active la peur de voir « notre » culture remplacée par une autre. Explicite dans la victoire de l’extrême droite à Ninove. La médiation culturelle est dès lors une réponse appropriée à ce rejet et à cette peur. En sensibilisant aux droits culturels, complémentaires aux droits humains fondamentaux, elle fournit un cadre pour un accueil authentique qui soit de véritables rencontres et échanges entre personnes exilées et accueillantes. Les droits culturels sont alors ouvertures vers une politique migratoire élaborée démocratiquement, soucieuse de repenser l’habitabilité équitable de la planète, faisant des migrations une chance plutôt qu’un « choc » négatif. Des amorces concrètes, comme au centre culturel de Genappe, montrent que cela relève du possible.
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Faire traces des vies ordinaires pour pluri-penser le monde
Jacinthe Mazzocchetti
L’ethnographie peut conduire à étudier la criminalisation des frontières. Comment s’y effectue le tri entre bon·nes et mauvais·es migrant·es ? Les personnes migrantes sont considérées comme venant profiter de « notre système ». Leur parole, les raisons qui les font fuir, le récit infernal du chemin ne comptent pas, ne sont que mensonges. La police migratoire organise la privation d’histoire des exilé·es, leur refuse le droit à une parole propre, nie leur humanité. Face à cette violence, l’autrice invite à « rendre possibles les effractions narratives » et plaide pour une mémoire collective des traumas migratoires, préalable à transformer le déracinement subi en exil réussi.
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L’ambivalence du « faire trace » dans les luttes des personnes sans papiers en Belgique
Youri Lou Vertongen
Politologue spécialisé dans les enjeux de mobilisations sociales autour des phénomènes migratoires, Youri Lou Vertongen est l’auteur de Papiers pour tous (éditions Academia), qui reprend son travail de thèse sur le collectif de La coordination des sans-papiers de Belgique et plus largement sur quarante années de mobilisations sociales en faveur des personnes sans papiers en Belgique. Lui-même militant engagé dans la défense des droits des étranger·es, Youri Lou Vertongen revient sur l’importance de faire trace de cette histoire minoritaire pour constituer une mémoire des luttes appropriable.
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