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Dossier

🌐Éducation Ă  la dĂ©mocratie par les droits culturels dĂšs le plus jeune Ăąge

Anne Aubry et Christelle Blouët, Réseau Culture 21

25-11-2025

En pleine offensive des idĂ©es d’extrĂȘme droite contre la dĂ©mocratie, il est sidĂ©rant de constater le peu de place consacrĂ©e Ă  Ă©duquer aux mĂ©canismes dĂ©mocratiques, aux droits humains fondamentaux et aux droits culturels. L’association française RĂ©seau Culture 21 milite pour l’éducation Ă  la dĂ©mocratie dĂšs le plus jeune Ăąge. Elle a conçu Ă  cet effet le kit pĂ©dagogique DĂ©dale. Retour sur la crĂ©ation de cet outil et sur sa mise en pratique avec des Ă©lĂšves de 9 Ă  11 ans (CM1, CM2 – ou 4Ăšme et 5Ăšme primaire en Belgique). Que se passe-t-il quand les enfants, Ă©veillĂ©s aux enjeux culturels, dĂ©veloppent leur capacitĂ© Ă  s’exprimer et dĂ©couvrent que leur parole compte vraiment ? Qu’est-ce que cela change dans les Ă©changes avec les adultes ? DĂ©dale est un jeu oĂč les connaissances se fabriquent collectivement et peut s’implanter dans la classe comme pratique rĂ©guliĂšre. Il ouvre la piste vers une autre pĂ©dagogie, non verticale, une autre Ă©cole. Une Ă©cole de la dĂ©mocratie.

Quels sont les points de repĂšre Ă©thiques donnĂ©s aux enfants ? Dans un monde oĂč les dĂ©mocraties sont mises Ă  mal par la montĂ©e en puissance des autoritarismes, comment soutenir et dĂ©fendre auprĂšs des plus jeunes un autre modĂšle que la loi du plus fort ? Face Ă  ces puissantes stratĂ©gies de dĂ©stabilisation, il est urgent de rĂ©affirmer que les droits humains fondamentaux ne sont pas une opinion de quelques humanistes, voire une « utopie Â», mais constituent bien le socle inconditionnel de nos dĂ©mocraties. Nous ne pouvons pas nous contenter de les afficher en seul principe sans travailler Ă  leur effectivitĂ©.

La construction d’une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, inclusive et rĂ©siliente se cultive inlassablement. Il y est question de la place et du rĂŽle de chacun·e dans une vie commune, avec une attention particuliĂšre portĂ©e aux personnes fragilisĂ©es, aux formes d’injustices, de domination et de non-reconnaissance qui entrainent sinon irrĂ©mĂ©diablement des violences et la destruction des milieux.

La vie dĂ©mocratique n’est pas innĂ©e : nous avons beaucoup Ă  apprendre pour ĂȘtre Ă  mĂȘme d’en dĂ©fendre les valeurs et les traduire dans nos vies. Il est donc capital de dĂ©velopper l’éducation et la formation Ă  la vie dĂ©mocratique dĂšs le plus jeune Ăąge pour conforter les assises de ces droits fondamentaux et conscientiser les obstacles Ă  leur exercice.

La Convention relative aux droits de l’enfant date seulement de 1989. Si elle pose les assises de la reconnaissance des enfants et de leur protection, comment faire pour que leur participation Ă  la vie dĂ©mocratique soit pleine et entiĂšre ?

La vie dĂ©mocratique n’est pas innĂ©e : nous avons beaucoup Ă  apprendre pour ĂȘtre Ă  mĂȘme d’en dĂ©fendre les valeurs et les traduire dans nos vies.

De la protection de l’enfance Ă  l’éducation Ă  la dĂ©mocratie : un cheminement
RĂ©seau Culture 21 est une association française qui dĂ©veloppe depuis 15 ans des mĂ©thodes et des outils pour accompagner la traduction des droits culturels dans les politiques publiques avec les collectivitĂ©s et diverses organisations de la sociĂ©tĂ© civile. Cet accompagnement est fondĂ© sur l’analyse de pratiques, au regard des 8 droits culturels tels qu’ils sont Ă©noncĂ©s dans la DĂ©claration des droits culturels (Fribourg, 2007). Cette analyse est rĂ©alisĂ©e par les participant·es, dans des dĂ©marches de formation-action au long cours, et les sujets abordĂ©s sont nombreux et riches d’enseignements. La place et le rĂŽle des enfants et des jeunes dans les politiques qui leur sont destinĂ©es ont Ă©tĂ© abondamment analysĂ©s.

L’accompagnement des enfants dans la protection de l’enfance met notamment en Ă©vidence la difficultĂ© de prise en compte de leur parole et des rĂ©alitĂ©s culturelles du milieu familial. La mĂ©thode des confĂ©rences familiales venue de la culture Maori en Nouvelle ZĂ©lande est trĂšs inspirante pour venir combler ce dĂ©ficit. Cette mĂ©thode rĂ©serve Ă  la famille et Ă  l’entourage de l’enfant une place centrale dans l’analyse de la situation et des propositions Ă  Ă©laborer pour son accompagnement. Ces liens de l’enfant avec son milieu sont rarement pris en compte comme de vĂ©ritables leviers d’action dans un format d’accompagnement social plus conventionnel. DĂ©veloppĂ©e aussi dans quelques pays europĂ©ens et au Canada, cette mĂ©thode est seulement en expĂ©rimentation en France. Par ailleurs, d’autres pratiques, comme l’action communautaire dĂ©veloppĂ©e avec des enfants, des jeunes et leurs mĂšres habitant des quartiers populaires, nous ont paru particuliĂšrement inspirantes tant ces modes d’action s’appuient sur l’expression des personnes et l’analyse collective des problĂšmes rencontrĂ©s.

Ces pratiques dĂ©diĂ©es au dĂ©veloppement du pouvoir d’agir des enfants, des jeunes et de leur entourage sont fondĂ©es, in fine, sur une meilleure prise en compte des droits culturels des personnes concernĂ©es, en ouvrant des espaces de parole et d’action plus autonomes et moins prescrits. Mais aussi efficientes soient-elles, ces pratiques restent marginales, notamment dans les politiques publiques. Ainsi avons-nous dĂ©cidĂ© de nous atteler Ă  l’éducation Ă  la dĂ©mocratie dĂšs le plus jeune Ăąge, en commençant par l’école. Comment apprend-on Ă  s’exprimer, considĂ©rer l’autre, analyser, dĂ©cider ensemble ? Comment faire pour que chaque personne compte rĂ©ellement, y compris les enfants ?

L’accompagnement des enfants dans la protection de l’enfance met notamment en Ă©vidence la difficultĂ© de prise en compte de leur parole et des rĂ©alitĂ©s culturelles du milieu familial. La mĂ©thode des confĂ©rences familiales venue de la culture Maori en Nouvelle ZĂ©lande est trĂšs inspirante pour venir combler ce dĂ©ficit.

Les droits fondamentaux, un enseignement recommandé mais sous-développé
Notre expérience de formation aux droits culturels nous a confronté·es à la grande absence de leur évocation dans les contextes éducatifs. En formation initiale comme en formation professionnelle, personne ou presque ne se souvient avoir entendu parler des droits culturels, pour peu que les droits humains aient été évoqués. Pourtant de nombreux textes-cadres énoncent la nécessité de cet apprentissage.

Les programmes scolaires français inscrivent, tout au long de la scolaritĂ© au sein des enseignements d’éducation morale et civique (EMC) du CP Ă  la terminale, l’histoire et les principes des droits fondamentaux, les conditions de la dignitĂ© humaine, la rĂ©flexion sur la libertĂ©, l’égalitĂ©, la fraternitĂ© en dĂ©mocratie. Il est Ă©noncĂ© dans les programmes que : « L’exercice des libertĂ©s est garanti par la reconnaissance des diffĂ©rences, la lutte contre les discriminations et la promotion du respect d’autrui. Â»

A contrario de cet enseignement, nous rencontrons nombre de professionnel·les enclin·es Ă  l’autocensure quand il s’agit d’évoquer des rĂ©fĂ©rences culturelles liĂ©es Ă  des modes de vie, traditionnels, linguistiques ou religieux par exemple, redoutant une incompatibilitĂ© avec les principes de la RĂ©publique une et indivisible, comme si la diversitĂ© culturelle des personnes contrevenait au principe d’égalitĂ© entre les citoyen·nes.

Le Conseil de l’Europe rappelle que « la remise en cause des stĂ©rĂ©otypes va de pair avec la promotion de l’inclusion et la valorisation des atouts de la diversitĂ© Ă  l’école, notamment en incluant les droits de l’homme, la citoyennetĂ© dĂ©mocratique et l’éducation interculturelle dans le programme d’enseignement, tout comme le fait d’encourager le dĂ©bat sur les questions controversĂ©es Â». Les Ă©changes, discussions et mises en dĂ©bat devraient donc pouvoir prendre place dans les contextes Ă©ducatifs car « la parole d’un enfant ou d’un adolescent est en perpĂ©tuelle construction et redĂ©finition. Parce qu’il en va de la mission Ă©ducative des familles et de l’école, il faut donc savoir la susciter, mais aussi la recueillir et l’interprĂ©ter Â», comme le formule prĂ©cisĂ©ment la Ligue des droits de l’homme en France.

Nous rencontrons nombre de professionnel·les enclin·es Ă  l’autocensure quand il s’agit d’évoquer des rĂ©fĂ©rences culturelles liĂ©es Ă  des modes de vie, traditionnels, linguistiques ou religieux par exemple, redoutant une incompatibilitĂ© avec les principes de la RĂ©publique une et indivisible.

La création du kit pédagogique Dédale sur les droits culturels
Le kit pĂ©dagogique DĂ©dalen est le fruit de plus de trois annĂ©es de travail menĂ© dans le cadre de la CitĂ© Ă©ducative de Grigny au sud de Paris. L’école Ă©lĂ©mentaire du BĂ©lier a accueilli la premiĂšre expĂ©rimentation. Deux classes de CM1 et CM2, leurs enseignantes et un directeur particuliĂšrement ouverts Ă  la recherche-action nous ont offert un espace rare de libertĂ© et de confiance, permettant des essais, des ajustements et une vĂ©ritable dĂ©marche de recherche. Le kit a ensuite Ă©tĂ© testĂ© et amĂ©liorĂ© dans d’autres groupes ailleurs en France.

À travers les questions du jeu DĂ©dale créé dans ce cadre, les enfants dĂ©couvrent les 8 droits culturels et en expĂ©rimentent concrĂštement l’exercice. Ils et elles sont invité·es Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  leur personnalitĂ©, Ă  leurs croyances, Ă  l’histoire de leur prĂ©nom ou encore aux prĂ©jugĂ©s. Il·elles questionnent la diversitĂ© qui les entoure, les histoires qui leur sont transmises, ce dont il·elles se sentent les hĂ©ritier·es et ce qu’il·elles aimeraient prĂ©server. Il·elles apprennent Ă  dĂ©battre, Ă  percevoir la valeur du dĂ©saccord en dĂ©mocratie et Ă  envisager des maniĂšres de gĂ©rer un conflit. Le jeu les invite aussi Ă  rĂ©flĂ©chir sur ce qu’ils et elles voudraient apprendre ou pourraient elles·eux-mĂȘmes apprendre aux autres, sur les dĂ©fis de la transmission et de la rĂ©ception des informations Ă  l’ùre des rĂ©seaux sociaux, l’importance de la confiance dans une coopĂ©ration ou encore la prise de dĂ©cision collective.

Avant de jouer, l’enseignant·e peut inviter les Ă©lĂšves Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  : « La culture c’est quoi pour toi ? Â», afin de se rappeler l’étendue du domaine qui sera illustrĂ© et nourri par les questions des 8 droits culturels. AprĂšs le jeu, il ou elle peut revenir sur l’importance de protĂ©ger ces droits fondamentaux dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, en prenant notamment appui sur la Convention internationale des droits de l’enfant dont l’article 29 souligne particuliĂšrement l’importance des droits culturels  : « L’éducation doit viser Ă  favoriser l’épanouissement de la personnalitĂ© de l’enfant, le dĂ©veloppement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialitĂ©s. Elle doit prĂ©parer l’enfant Ă  une vie adulte active dans une sociĂ©tĂ© libre et encourager en lui le respect de ses parents, de son identitĂ©, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que de la culture et des valeurs d’autrui. Â»

Par extension, le jeu DĂ©dale peut devenir un outil permanent de la classe pour discuter des rĂšgles communes, des enjeux sociĂ©taux, du soin Ă  apporter aux relations entre Ă©lĂšves et avec les adultes, permettant par la mĂȘme de prĂ©venir les problĂšmes de discrimination ou de harcĂšlement.

Parler de droits culturels avec des enfants peut bousculer la posture Ă©ducative par rapport Ă  elles et eux, en acceptant l’incertitude et la construction du savoir en commun.

RĂ©ticences Ă  ouvrir des espaces de parole : des reprĂ©sentations Ă  dĂ©construire
Parler de droits culturels avec des enfants peut bousculer la posture Ă©ducative par rapport Ă  elles et eux, en acceptant l’incertitude et la construction du savoir en commun. L’expĂ©rience du jeu montre combien il est nĂ©cessaire d’avoir Ă  l’école du temps et des espaces oĂč les enfants s’expriment sur ce qui compte pour elles·eux. Une meilleure connaissance d’elles·eux-mĂȘmes et des autres permet de les accompagner de maniĂšre plus adaptĂ©e dans leur parcours et dans leur propre construction. Les adultes se posant Ă©galement ces questions pour elles·eux-mĂȘmes, le jeu les incite Ă  rĂ©flĂ©chir sur la place et le rĂŽle des enfants dans leur pĂ©dagogie et l’éducation en gĂ©nĂ©ral. Le jeu DĂ©dale agit comme un rĂ©vĂ©lateur : il fait Ă©merger les peurs, mais aussi les possibles d’une Ă©cole oĂč la parole des enfants compte comme celle des adultes.

L’ouverture d’espaces d’expression pour les enfants peut susciter des rĂ©sistances. Quel Ă©quilibre trouver entre ces temps d’échanges et la transmission des savoirs de chaque discipline selon les programmes nationaux ? Comment faire en sorte que l’un contribue Ă  l’autre ? Ces moments vont-il faire surgir des questions auxquelles l’adulte ne saurait rĂ©pondre ? Au travers de l’injonction Ă  l’évaluation permanente, les Ă©ducateur·ices ne sont-il·elles pas conduit·es Ă  devenir jugeant·es sur ce que sont et font les enfants, sur leur capacitĂ© Ă  s’exprimer sur des sujets complexes ou Ă  apprendre ? Comment les enfants sont-il·elles invité·es Ă  s’exprimer elles·eux-mĂȘmes sur leur rapport aux apprentissages ?

L’idĂ©e que les connaissances se construisent collectivement, par l’échange, reste un dĂ©fi. Dans les reprĂ©sentations classiques, l’enseignant·e dĂ©tient le savoir, il ou elle transmet et rĂ©pond. Beaucoup d’adultes redoutent de ce fait de ne pas avoir la « bonne rĂ©ponse Â» face Ă  des interrogations complexes, alors que les enfants, mu·es par leur curiositĂ©, posent volontiers des questions inattendues. Cette crainte de non-maitrise freine l’ouverture au dialogue et Ă  l’échange.

L’intention du jeu DĂ©dale est d’agir comme un dĂ©clencheur dans un cadre sĂ©curisant. Parce qu’il s’adresse d’abord aux enfants, il autorise les adultes Ă  reconnaitre leurs propres zones de mĂ©connaissance des droits culturels puisqu’il s’agit d’apprendre ensemble. Le guide de facilitation accompagne l’enseignant·e dans l’animation : il n’est plus la personne qui doit tout savoir, mais celle qui organise un espace d’échanges, encourage l’expression des diffĂ©rentes opinions et alimente la rĂ©flexion collective.

En dĂ©couvrant le jeu, certain·es adultes sont aussi parfois tenté·es de retirer certaines cartes jugĂ©es dĂ©licates. Cette volontĂ© de tri traduit bien souvent une projection de leurs propres angoisses. Les enfants traversent quant Ă  elles·eux ces sujets simplement, avec plus ou moins de plaisir, mais la rĂšgle du jeu est claire : chacun·e peut choisir de rĂ©pondre ou non Ă  la question posĂ©e, et ce droit de « passer son tour Â» doit ĂȘtre constamment rappelĂ©. Sans exclure la pertinence d’un travail thĂ©matisĂ© sur l’un ou l’autre des droits ou sur certains sujets Ă  partir d’un choix de cartes, le risque est grand de phagocyter la parole de l’enfant en prĂ©supposant Ă  l’avance les questions qu’il ou elle devrait ou non se poser.

Le jeu DĂ©dale agit comme un rĂ©vĂ©lateur : il fait Ă©merger les peurs, mais aussi les possibles d’une Ă©cole oĂč la parole des enfants compte comme celle des adultes.

Ces expĂ©riences invitent naturellement Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la relation pĂ©dagogique. Comme le rappelait le pĂ©dagogue Ovide Decroly : « L’enseignant n’est pas l’unique maitre de la classe, ce sont les adultes et les enfants, ensemble, qui crĂ©ent le cours, suivant les attentes et les dĂ©sirs de chacun. Â» Accepter cette co-construction suppose une vraie souplesse, une capacitĂ© d’adaptation et parfois la mise Ă  l’épreuve d’une forme de lĂącher-prise..

Ces moments de partage et d’expression sont aussi l’opportunitĂ© pour les enfants de venir dĂ©poser des paroles importantes. L’espace du jeu n’est qu’une porte d’entrĂ©e Ă  ces Ă©changes qu’il est nĂ©cessaire de prolonger par d’autres propositions, individuelles ou collectives. Les cahiers d’activitĂ©s du kit en proposent un certain nombre pour aller creuser les notions abordĂ©es mais il est nĂ©cessaire que l’enseignant·e ait recours Ă  ses propres outils pour tirer les fils des enjeux apparus dans l’espace du jeu. Peut-ĂȘtre lui faudra-t-il aussi mobiliser d’autres savoirs et compĂ©tences au sein de l’école ou Ă  l’extĂ©rieur, auprĂšs de professionnel·les de l’enfance, psychologues ou travailleur·ses sociaux·ales, pour venir outiller les problĂ©matiques rencontrĂ©es. Ce partenariat de l’école avec d’autres professionnel·les nous parait essentiel Ă  consolider pour ĂȘtre en capacitĂ© d’ouvrir de rĂ©els espaces d’expression des enfants et des jeunes et former une communautĂ© Ă©ducative soutenante. Nous ne pouvons continuer de restreindre les espaces d’expression par peur de ne pouvoir accompagner la parole qui s’y dĂ©pose. Ce kit met ainsi en lumiĂšre un certain nombre de dĂ©fis posĂ©s aux institutions sur leur organisation dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique.

Comme la communautĂ© Ă©ducative a mis du temps Ă  prendre conscience de la nĂ©cessitĂ© de libĂ©rer le corps de l’enfant de l’emprise de l’adulte, il est temps de le libĂ©rer d’une certaine emprise psychique. Il s’agit sans doute de prendre conscience des dĂ©rives d’une culture plus axĂ©e sur le « dressage Â» que sur le sens plein et entier du droit Ă  l’éducation et la formation tout au long de la vie compris comme un droit culturel. Le peu d’espace-temps disponible dans la classe, la posture de sachant·e et une autocensure hĂątive sont autant de rĂ©flexes qui mettent en Ă©vidence les dĂ©ficits d’une culture dĂ©mocratique dans l’éducation, pourtant censĂ©e en ĂȘtre le terreau.

 

 

 

1

Ce kit pĂ©dagogique propose : 1 jeu de cartes pour s’approprier et questionner les 8 droits culturels et les injustices qui y font obstacle ; 1 guide de facilitation pour soutenir son animation et expliquer les enjeux des droits culturels ; 9 livrets d’activitĂ©s pour introduire les droits fondamentaux, la dĂ©finition de la culture et approfondir chacun des 8 droits culturels au travers d’activitĂ©s Ă  mener avec les enfants et les jeunes ; une affiche pour rappeler les 8 droits et leurs dĂ©finitions. Consultable sur https://dedalekit.eu/

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Journal 61
Enfance(s)
Édito de la rĂ©daction
Les mots du comité éditorial invité

Selma et Zola Ben Felix, Alice Bianchi-Capart, Gibril Delhauteur, Marceau Despréaux, Hassibullah Nurzi, Nassim Kasongo, Rosa et Gabrielle Poussin, Marcel et Sacha Van Avermaete, Imane van Ruymbeke, Arda Yasartas

« Qu’est-ce que l’enfance selon toi ? Â»

Aïssatou F.,  Alessia M.,  Anas E.,  Alix D., Arda Y., Devran G.,  Didisonne T., Elvan T., Émilie V., Hassibullah N., Kim R., Leandro M., Lili S., Nassim K., Nour N., Nordin Z., Maïde Y., Melek O., Maelys L., Mohamed N., Paul S., Rumeysa T., Salwa T., Sheryl M., Teddy P., Yezra O.

Habiter attentivement les mondes

Tim Ingold, professeur Ă©mĂ©rite d’anthropologie sociale (University of Aberdeen)
et Jan Masschelein, professeur Ă©mĂ©rite Ă  la FacultĂ© de psychologie et de sciences de l’éducation (KU Leuven).

 

Une autorité qui pense sa propre abolition

Entretien avec Leia Duval-Valachs, doctorante en sociologie Ă  l’EHESS (Paris) et professeure de sciences Ă©conomiques et sociales

🌐L’enfance, angle mort et zone critique de l’existence humaine

Bertrand Ogilvie, philosophe, psychanalyste, professeur Ă©mĂ©rite de l’universitĂ© Paris VIII Vincennes – Saint-Denis

Les enfants et monsieur Jacques

ValĂ©rie Vanhoutvinck, artiste, autrice, cinĂ©aste, meneuse d’ateliers d’écriture multiformes et d’interventions artistiques In Situ, membre de Culture & DĂ©mocratie

🌐Une sociologie de l’enfance

Eden Dautaj, membre du comité de rédaction de Culture & Démocratie

🌐Perspectives dĂ©coloniales sur l’enfance et les childhood studies

Anandini Dar, chercheuse et professeure associĂ©e Ă  l’universitĂ© BML Munjal, co-fondatrice du Critical Childhoods and Youth Studies Collective (CCYSC)
et Tatek Abebe, professeur à la faculté des sciences sociales et éducatives à la Norwegian University of Sciences and Technology

L’infans, l’enfant-roi et l’enfant-coĂ©quipier. Autour d’une lecture de « Philosophie de l’enfance Â» de Gareth B. Matthews

Baptiste De Reymaeker, directeur du centre culturel d’Havelange et membre de Culture & DĂ©mocratie

L’enfant, animal politique. Entre immobilitĂ© scolaire, asymĂ©tries relationnelles et pratiques de dĂ©mocratie participative

Chiara FoĂ , Ă©crivaine, enseignante d’histoire, de littĂ©rature, de gĂ©ographie et rĂ©fĂ©rente pĂ©dagogique chargĂ©e de l’éducation civique Ă  Turin

 

Et si les enfants votaient ?
Les droits de l’enfant en Belgique : des acquis menacĂ©s

Entretien avec Solayman Laqdim, DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral aux droits de l’enfant

🌐Éducation Ă  la dĂ©mocratie par les droits culturels dĂšs le plus jeune Ăąge

Anne Aubry et Christelle Blouët, Réseau Culture 21

Tal Piterbraut-Merx : la domination oubliĂ©e. Politiser les rapports adultes-enfants

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Politiser l’inceste, c’est politiser l’enfance. Regard clinique et politique sur cette double nĂ©cessitĂ©

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Parents-enfants : amour et dĂ©pendance d’une espĂšce culturelle

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« L’enfance majeure Â» : rituels de rĂ©paration de la communautĂ©

Entretien avec Julien Fournet, directeur artistique et metteur en scĂšne

🌐L’enfant trouble

Catherine De Poortere, rédactrice à MédiathÚque Nouvelle

Infantes poetae

Medeber Teatro

Les enfants de l’Occupation du Bonheur

Évelyne Bienvenue, habitante de l’occupation

🌐Faire famille, faire communautĂ©

Thibault Galland, chargé de projets à Culture & Démocratie

🌐Politiser l’enfance ou reconnaitre l’enfant politique ?

David Lallemand, membre et administrateur de la Compagnie du Campus (théùtre-action)

🌐Les droits culturels des enfants

D’aprùs un entretien avec Marine Sabounji
Propos recueillis et restitués par Thibault Galland, chargé de projets à Culture & Démocratie

 

🎧 CrĂ©ation sonore | Le micro aux enfants !
Documentaires "Enfance(s)"

La sélection des films de notre partenaire Cinergie en lien avec le thÚme du Journal

Comme des baleines échouées

Entretien avec Eva Kavian, nouvelliste, romanciĂšre et animatrice d’ateliers d’écriture

 

Gaza, la lumiĂšre du monde

Ziad Medhouk, professeur de français et chercheur en sciences du langage et auteur engagé

3Ăšme et de 4Ăšme primaire de l’école communale de Boncelles 2

Sébastien Marandon, enseignant, membre de Culture & Démocratie.