En pleine offensive des idĂ©es dâextrĂȘme droite contre la dĂ©mocratie, il est sidĂ©rant de constater le peu de place consacrĂ©e Ă Ă©duquer aux mĂ©canismes dĂ©mocratiques, aux droits humains fondamentaux et aux droits culturels. Lâassociation française RĂ©seau Culture 21 milite pour lâĂ©ducation Ă la dĂ©mocratie dĂšs le plus jeune Ăąge. Elle a conçu Ă cet effet le kit pĂ©dagogique DĂ©dale. Retour sur la crĂ©ation de cet outil et sur sa mise en pratique avec des Ă©lĂšves de 9 Ă 11 ans (CM1, CM2 â ou 4Ăšme et 5Ăšme primaire en Belgique). Que se passe-t-il quand les enfants, Ă©veillĂ©s aux enjeux culturels, dĂ©veloppent leur capacitĂ© Ă sâexprimer et dĂ©couvrent que leur parole compte vraiment ? Quâest-ce que cela change dans les Ă©changes avec les adultes ? DĂ©dale est un jeu oĂč les connaissances se fabriquent collectivement et peut sâimplanter dans la classe comme pratique rĂ©guliĂšre. Il ouvre la piste vers une autre pĂ©dagogie, non verticale, une autre Ă©cole. Une Ă©cole de la dĂ©mocratie.
Quels sont les points de repĂšre Ă©thiques donnĂ©s aux enfants ? Dans un monde oĂč les dĂ©mocraties sont mises Ă mal par la montĂ©e en puissance des autoritarismes, comment soutenir et dĂ©fendre auprĂšs des plus jeunes un autre modĂšle que la loi du plus fort ? Face Ă ces puissantes stratĂ©gies de dĂ©stabilisation, il est urgent de rĂ©affirmer que les droits humains fondamentaux ne sont pas une opinion de quelques humanistes, voire une « utopie », mais constituent bien le socle inconditionnel de nos dĂ©mocraties. Nous ne pouvons pas nous contenter de les afficher en seul principe sans travailler Ă leur effectivitĂ©.
La construction dâune sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, inclusive et rĂ©siliente se cultive inlassablement. Il y est question de la place et du rĂŽle de chacun·e dans une vie commune, avec une attention particuliĂšre portĂ©e aux personnes fragilisĂ©es, aux formes dâinjustices, de domination et de non-reconnaissance qui entrainent sinon irrĂ©mĂ©diablement des violences et la destruction des milieux.
La vie dĂ©mocratique nâest pas innĂ©e : nous avons beaucoup Ă apprendre pour ĂȘtre Ă mĂȘme dâen dĂ©fendre les valeurs et les traduire dans nos vies. Il est donc capital de dĂ©velopper lâĂ©ducation et la formation Ă la vie dĂ©mocratique dĂšs le plus jeune Ăąge pour conforter les assises de ces droits fondamentaux et conscientiser les obstacles Ă leur exercice.
La Convention relative aux droits de lâenfant date seulement de 1989. Si elle pose les assises de la reconnaissance des enfants et de leur protection, comment faire pour que leur participation Ă la vie dĂ©mocratique soit pleine et entiĂšre ?
La vie dĂ©mocratique nâest pas innĂ©e : nous avons beaucoup Ă apprendre pour ĂȘtre Ă mĂȘme dâen dĂ©fendre les valeurs et les traduire dans nos vies.
De la protection de lâenfance Ă lâĂ©ducation Ă la dĂ©mocratie : un cheminement
RĂ©seau Culture 21 est une association française qui dĂ©veloppe depuis 15 ans des mĂ©thodes et des outils pour accompagner la traduction des droits culturels dans les politiques publiques avec les collectivitĂ©s et diverses organisations de la sociĂ©tĂ© civile. Cet accompagnement est fondĂ© sur lâanalyse de pratiques, au regard des 8 droits culturels tels quâils sont Ă©noncĂ©s dans la DĂ©claration des droits culturels (Fribourg, 2007). Cette analyse est rĂ©alisĂ©e par les participant·es, dans des dĂ©marches de formation-action au long cours, et les sujets abordĂ©s sont nombreux et riches dâenseignements. La place et le rĂŽle des enfants et des jeunes dans les politiques qui leur sont destinĂ©es ont Ă©tĂ© abondamment analysĂ©s.
Lâaccompagnement des enfants dans la protection de lâenfance met notamment en Ă©vidence la difficultĂ© de prise en compte de leur parole et des rĂ©alitĂ©s culturelles du milieu familial. La mĂ©thode des confĂ©rences familiales venue de la culture Maori en Nouvelle ZĂ©lande est trĂšs inspirante pour venir combler ce dĂ©ficit. Cette mĂ©thode rĂ©serve Ă la famille et Ă lâentourage de lâenfant une place centrale dans lâanalyse de la situation et des propositions Ă Ă©laborer pour son accompagnement. Ces liens de lâenfant avec son milieu sont rarement pris en compte comme de vĂ©ritables leviers dâaction dans un format dâaccompagnement social plus conventionnel. DĂ©veloppĂ©e aussi dans quelques pays europĂ©ens et au Canada, cette mĂ©thode est seulement en expĂ©rimentation en France. Par ailleurs, dâautres pratiques, comme lâaction communautaire dĂ©veloppĂ©e avec des enfants, des jeunes et leurs mĂšres habitant des quartiers populaires, nous ont paru particuliĂšrement inspirantes tant ces modes dâaction sâappuient sur lâexpression des personnes et lâanalyse collective des problĂšmes rencontrĂ©s.
Ces pratiques dĂ©diĂ©es au dĂ©veloppement du pouvoir dâagir des enfants, des jeunes et de leur entourage sont fondĂ©es, in fine, sur une meilleure prise en compte des droits culturels des personnes concernĂ©es, en ouvrant des espaces de parole et dâaction plus autonomes et moins prescrits. Mais aussi efficientes soient-elles, ces pratiques restent marginales, notamment dans les politiques publiques. Ainsi avons-nous dĂ©cidĂ© de nous atteler Ă lâĂ©ducation Ă la dĂ©mocratie dĂšs le plus jeune Ăąge, en commençant par lâĂ©cole. Comment apprend-on Ă sâexprimer, considĂ©rer lâautre, analyser, dĂ©cider ensemble ? Comment faire pour que chaque personne compte rĂ©ellement, y compris les enfants ?
Lâaccompagnement des enfants dans la protection de lâenfance met notamment en Ă©vidence la difficultĂ© de prise en compte de leur parole et des rĂ©alitĂ©s culturelles du milieu familial. La mĂ©thode des confĂ©rences familiales venue de la culture Maori en Nouvelle ZĂ©lande est trĂšs inspirante pour venir combler ce dĂ©ficit.
Les droits fondamentaux, un enseignement recommandé mais sous-développé
Notre expérience de formation aux droits culturels nous a confronté·es à la grande absence de leur évocation dans les contextes éducatifs. En formation initiale comme en formation professionnelle, personne ou presque ne se souvient avoir entendu parler des droits culturels, pour peu que les droits humains aient été évoqués. Pourtant de nombreux textes-cadres énoncent la nécessité de cet apprentissage.
Les programmes scolaires français inscrivent, tout au long de la scolaritĂ© au sein des enseignements dâĂ©ducation morale et civique (EMC) du CP Ă la terminale, lâhistoire et les principes des droits fondamentaux, les conditions de la dignitĂ© humaine, la rĂ©flexion sur la libertĂ©, lâĂ©galitĂ©, la fraternitĂ© en dĂ©mocratie. Il est Ă©noncĂ© dans les programmes que : « Lâexercice des libertĂ©s est garanti par la reconnaissance des diffĂ©rences, la lutte contre les discriminations et la promotion du respect dâautrui. »
A contrario de cet enseignement, nous rencontrons nombre de professionnel·les enclin·es Ă lâautocensure quand il sâagit dâĂ©voquer des rĂ©fĂ©rences culturelles liĂ©es Ă des modes de vie, traditionnels, linguistiques ou religieux par exemple, redoutant une incompatibilitĂ© avec les principes de la RĂ©publique une et indivisible, comme si la diversitĂ© culturelle des personnes contrevenait au principe dâĂ©galitĂ© entre les citoyen·nes.
Le Conseil de lâEurope rappelle que « la remise en cause des stĂ©rĂ©otypes va de pair avec la promotion de lâinclusion et la valorisation des atouts de la diversitĂ© Ă lâĂ©cole, notamment en incluant les droits de lâhomme, la citoyennetĂ© dĂ©mocratique et lâĂ©ducation interculturelle dans le programme dâenseignement, tout comme le fait dâencourager le dĂ©bat sur les questions controversĂ©es ». Les Ă©changes, discussions et mises en dĂ©bat devraient donc pouvoir prendre place dans les contextes Ă©ducatifs car « la parole dâun enfant ou dâun adolescent est en perpĂ©tuelle construction et redĂ©finition. Parce quâil en va de la mission Ă©ducative des familles et de lâĂ©cole, il faut donc savoir la susciter, mais aussi la recueillir et l’interprĂ©ter », comme le formule prĂ©cisĂ©ment la Ligue des droits de lâhomme en France.
Nous rencontrons nombre de professionnel·les enclin·es Ă lâautocensure quand il sâagit dâĂ©voquer des rĂ©fĂ©rences culturelles liĂ©es Ă des modes de vie, traditionnels, linguistiques ou religieux par exemple, redoutant une incompatibilitĂ© avec les principes de la RĂ©publique une et indivisible.
La création du kit pédagogique Dédale sur les droits culturels
Le kit pĂ©dagogique DĂ©dalen est le fruit de plus de trois annĂ©es de travail menĂ© dans le cadre de la CitĂ© Ă©ducative de Grigny au sud de Paris. LâĂ©cole Ă©lĂ©mentaire du BĂ©lier a accueilli la premiĂšre expĂ©rimentation. Deux classes de CM1 et CM2, leurs enseignantes et un directeur particuliĂšrement ouverts Ă la recherche-action nous ont offert un espace rare de libertĂ© et de confiance, permettant des essais, des ajustements et une vĂ©ritable dĂ©marche de recherche. Le kit a ensuite Ă©tĂ© testĂ© et amĂ©liorĂ© dans dâautres groupes ailleurs en France.
Ă travers les questions du jeu DĂ©dale créé dans ce cadre, les enfants dĂ©couvrent les 8 droits culturels et en expĂ©rimentent concrĂštement lâexercice. Ils et elles sont invité·es Ă rĂ©flĂ©chir Ă leur personnalitĂ©, Ă leurs croyances, Ă lâhistoire de leur prĂ©nom ou encore aux prĂ©jugĂ©s. Il·elles questionnent la diversitĂ© qui les entoure, les histoires qui leur sont transmises, ce dont il·elles se sentent les hĂ©ritier·es et ce quâil·elles aimeraient prĂ©server. Il·elles apprennent Ă dĂ©battre, Ă percevoir la valeur du dĂ©saccord en dĂ©mocratie et Ă envisager des maniĂšres de gĂ©rer un conflit. Le jeu les invite aussi Ă rĂ©flĂ©chir sur ce quâils et elles voudraient apprendre ou pourraient elles·eux-mĂȘmes apprendre aux autres, sur les dĂ©fis de la transmission et de la rĂ©ception des informations Ă lâĂšre des rĂ©seaux sociaux, lâimportance de la confiance dans une coopĂ©ration ou encore la prise de dĂ©cision collective.
Avant de jouer, lâenseignant·e peut inviter les Ă©lĂšves Ă rĂ©flĂ©chir Ă : « La culture câest quoi pour toi ? », afin de se rappeler lâĂ©tendue du domaine qui sera illustrĂ© et nourri par les questions des 8 droits culturels. AprĂšs le jeu, il ou elle peut revenir sur lâimportance de protĂ©ger ces droits fondamentaux dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, en prenant notamment appui sur la Convention internationale des droits de lâenfant dont lâarticle 29 souligne particuliĂšrement lâimportance des droits culturels : « LâĂ©ducation doit viser Ă favoriser lâĂ©panouissement de la personnalitĂ© de lâenfant, le dĂ©veloppement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialitĂ©s. Elle doit prĂ©parer lâenfant Ă une vie adulte active dans une sociĂ©tĂ© libre et encourager en lui le respect de ses parents, de son identitĂ©, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que de la culture et des valeurs dâautrui. »
Par extension, le jeu DĂ©dale peut devenir un outil permanent de la classe pour discuter des rĂšgles communes, des enjeux sociĂ©taux, du soin Ă apporter aux relations entre Ă©lĂšves et avec les adultes, permettant par la mĂȘme de prĂ©venir les problĂšmes de discrimination ou de harcĂšlement.
Parler de droits culturels avec des enfants peut bousculer la posture Ă©ducative par rapport Ă elles et eux, en acceptant lâincertitude et la construction du savoir en commun.
Réticences à ouvrir des espaces de parole : des représentations à déconstruire
Parler de droits culturels avec des enfants peut bousculer la posture Ă©ducative par rapport Ă elles et eux, en acceptant lâincertitude et la construction du savoir en commun. LâexpĂ©rience du jeu montre combien il est nĂ©cessaire dâavoir Ă lâĂ©cole du temps et des espaces oĂč les enfants sâexpriment sur ce qui compte pour elles·eux. Une meilleure connaissance dâelles·eux-mĂȘmes et des autres permet de les accompagner de maniĂšre plus adaptĂ©e dans leur parcours et dans leur propre construction. Les adultes se posant Ă©galement ces questions pour elles·eux-mĂȘmes, le jeu les incite Ă rĂ©flĂ©chir sur la place et le rĂŽle des enfants dans leur pĂ©dagogie et lâĂ©ducation en gĂ©nĂ©ral. Le jeu DĂ©dale agit comme un rĂ©vĂ©lateur : il fait Ă©merger les peurs, mais aussi les possibles dâune Ă©cole oĂč la parole des enfants compte comme celle des adultes.
Lâouverture dâespaces dâexpression pour les enfants peut susciter des rĂ©sistances. Quel Ă©quilibre trouver entre ces temps dâĂ©changes et la transmission des savoirs de chaque discipline selon les programmes nationaux ? Comment faire en sorte que lâun contribue Ă lâautre ? Ces moments vont-il faire surgir des questions auxquelles lâadulte ne saurait rĂ©pondre ? Au travers de l’injonction Ă lâĂ©valuation permanente, les Ă©ducateur·ices ne sont-il·elles pas conduit·es Ă devenir jugeant·es sur ce que sont et font les enfants, sur leur capacitĂ© Ă sâexprimer sur des sujets complexes ou Ă apprendre ? Comment les enfants sont-il·elles invité·es Ă sâexprimer elles·eux-mĂȘmes sur leur rapport aux apprentissages ?
LâidĂ©e que les connaissances se construisent collectivement, par lâĂ©change, reste un dĂ©fi. Dans les reprĂ©sentations classiques, lâenseignant·e dĂ©tient le savoir, il ou elle transmet et rĂ©pond. Beaucoup dâadultes redoutent de ce fait de ne pas avoir la « bonne rĂ©ponse » face Ă des interrogations complexes, alors que les enfants, mu·es par leur curiositĂ©, posent volontiers des questions inattendues. Cette crainte de non-maitrise freine lâouverture au dialogue et Ă lâĂ©change.
Lâintention du jeu DĂ©dale est dâagir comme un dĂ©clencheur dans un cadre sĂ©curisant. Parce quâil sâadresse dâabord aux enfants, il autorise les adultes Ă reconnaitre leurs propres zones de mĂ©connaissance des droits culturels puisquâil sâagit dâapprendre ensemble. Le guide de facilitation accompagne lâenseignant·e dans lâanimation : il nâest plus la personne qui doit tout savoir, mais celle qui organise un espace dâĂ©changes, encourage lâexpression des diffĂ©rentes opinions et alimente la rĂ©flexion collective.
En dĂ©couvrant le jeu, certain·es adultes sont aussi parfois tenté·es de retirer certaines cartes jugĂ©es dĂ©licates. Cette volontĂ© de tri traduit bien souvent une projection de leurs propres angoisses. Les enfants traversent quant Ă elles·eux ces sujets simplement, avec plus ou moins de plaisir, mais la rĂšgle du jeu est claire : chacun·e peut choisir de rĂ©pondre ou non Ă la question posĂ©e, et ce droit de « passer son tour » doit ĂȘtre constamment rappelĂ©. Sans exclure la pertinence dâun travail thĂ©matisĂ© sur lâun ou lâautre des droits ou sur certains sujets Ă partir dâun choix de cartes, le risque est grand de phagocyter la parole de lâenfant en prĂ©supposant Ă lâavance les questions quâil ou elle devrait ou non se poser.
Le jeu DĂ©dale agit comme un rĂ©vĂ©lateur : il fait Ă©merger les peurs, mais aussi les possibles dâune Ă©cole oĂč la parole des enfants compte comme celle des adultes.
Ces expĂ©riences invitent naturellement Ă rĂ©flĂ©chir Ă la relation pĂ©dagogique. Comme le rappelait le pĂ©dagogue Ovide Decroly : « Lâenseignant nâest pas lâunique maitre de la classe, ce sont les adultes et les enfants, ensemble, qui crĂ©ent le cours, suivant les attentes et les dĂ©sirs de chacun. » Accepter cette co-construction suppose une vraie souplesse, une capacitĂ© dâadaptation et parfois la mise Ă lâĂ©preuve dâune forme de lĂącher-prise..
Ces moments de partage et dâexpression sont aussi lâopportunitĂ© pour les enfants de venir dĂ©poser des paroles importantes. Lâespace du jeu nâest quâune porte dâentrĂ©e Ă ces Ă©changes quâil est nĂ©cessaire de prolonger par dâautres propositions, individuelles ou collectives. Les cahiers dâactivitĂ©s du kit en proposent un certain nombre pour aller creuser les notions abordĂ©es mais il est nĂ©cessaire que lâenseignant·e ait recours Ă ses propres outils pour tirer les fils des enjeux apparus dans lâespace du jeu. Peut-ĂȘtre lui faudra-t-il aussi mobiliser dâautres savoirs et compĂ©tences au sein de lâĂ©cole ou Ă lâextĂ©rieur, auprĂšs de professionnel·les de lâenfance, psychologues ou travailleur·ses sociaux·ales, pour venir outiller les problĂ©matiques rencontrĂ©es. Ce partenariat de lâĂ©cole avec dâautres professionnel·les nous parait essentiel Ă consolider pour ĂȘtre en capacitĂ© dâouvrir de rĂ©els espaces dâexpression des enfants et des jeunes et former une communautĂ© Ă©ducative soutenante. Nous ne pouvons continuer de restreindre les espaces dâexpression par peur de ne pouvoir accompagner la parole qui sây dĂ©pose. Ce kit met ainsi en lumiĂšre un certain nombre de dĂ©fis posĂ©s aux institutions sur leur organisation dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique.
Comme la communautĂ© Ă©ducative a mis du temps Ă prendre conscience de la nĂ©cessitĂ© de libĂ©rer le corps de lâenfant de lâemprise de lâadulte, il est temps de le libĂ©rer dâune certaine emprise psychique. Il sâagit sans doute de prendre conscience des dĂ©rives dâune culture plus axĂ©e sur le « dressage » que sur le sens plein et entier du droit Ă lâĂ©ducation et la formation tout au long de la vie compris comme un droit culturel. Le peu dâespace-temps disponible dans la classe, la posture de sachant·e et une autocensure hĂątive sont autant de rĂ©flexes qui mettent en Ă©vidence les dĂ©ficits dâune culture dĂ©mocratique dans lâĂ©ducation, pourtant censĂ©e en ĂȘtre le terreau.
Ce kit pĂ©dagogique propose : 1 jeu de cartes pour sâapproprier et questionner les 8 droits culturels et les injustices qui y font obstacle ; 1 guide de facilitation pour soutenir son animation et expliquer les enjeux des droits culturels ; 9 livrets dâactivitĂ©s pour introduire les droits fondamentaux, la dĂ©finition de la culture et approfondir chacun des 8 droits culturels au travers dâactivitĂ©s Ă mener avec les enfants et les jeunes ; une affiche pour rappeler les 8 droits et leurs dĂ©finitions. Consultable sur https://dedalekit.eu/

