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Dossier

🌐L’enfant trouble

Catherine De Poortere, rédactrice à MédiathÚque Nouvelle

25-11-2025

La maniĂšre dont le cinĂ©ma reprĂ©sente l’enfance reflĂšte le concept d’enfant pris dans une relation de domination naturalisĂ©e avec les adultes. Un ĂȘtre en devenir, instrumentalisĂ©. Heureusement, des cinĂ©astes Ă©laborent des narrations oĂč l’enfant devient personnage Ă  part entiĂšre. Avec Hirokazu Kore-eda, oĂč la matrice des rĂ©cits enchevĂȘtrĂ©s, formant intrigue, est un lieu oĂč deux enfant Ă©chappent aux adultes, peuvent tomber les masques. Être eux-mĂȘmes. Avec Idrissa Ouedraogo, oĂč un jeune garçon rĂ©siste aux superstitions et pressions de sa communautĂ©. Avec CĂ©line Sciamma oĂč l’on arpente les lisiĂšres oĂč des enfants, affranchis de l’imposition autoritaire du genre, explore le trouble des identitĂ©s et de l’intime. Jonanthan Glazer convoque le merveilleux et l’irrationnel pour perturber complĂštement la sĂ©paration entre monde adulte et imaginaire d’enfant, questionnant le statut de la parole des jeunes, le poids des illusions adultes. Exemples de fictions qui dĂ©cortiquent la complexitĂ© des relations entre gĂ©nĂ©rations et ouvrent la voie Ă  des regards et Ă©coutes diffĂ©renciĂ©s, conscientisĂ©s, disponibles pour d’autres schĂ©mas relationnels.

Tous les films cités dans cet article font partie des collections de la MédiathÚque Nouvelle. Depuis une décision ministérielle communiquée le 13/10/2025, la MédiathÚque va devoir fermer ses portes. Le transfert des collections sera organisé courant 2026, en partie vers la KBR, et en partie vers le réseau des bibliothÚques.
Nous dĂ©plorons cette dĂ©cision. Outre le cadre plus large dans laquelle elle s’inscrit, celui d’une politique qui fragilise les secteurs clĂ©s d’une dĂ©mocratie fondĂ©e sur le soin et le respect des droits fondamentaux, fragilise les citoyen·nes et renforce les inĂ©galitĂ©s (lire notamment Ă  ce sujet notre communiquĂ© « Essentiel·les et debout Â»), cette fermeture marque la fin pour Culture & DĂ©mocratie, comme pour de nombreux autres partenaires de la MĂ©diathĂšque, d’une collaboration de longue date, riche et nourrie de nombreux projets. Nous tenons Ă  exprimer notre soutien et notre solidaritĂ© Ă  l’égard des Ă©quipes.

Les cinéastes et leurs jeunes personnages
Lorsqu’un enfant apparait sur un Ă©cran, c’est toujours sous le regard d’une personne adulte. Si les cinĂ©astes sont a priori plus Ăągé·es que leurs interprĂštes, le public, dans sa grande majoritĂ©, l’est Ă©galement. Ces annĂ©es d’écart font que, au cinĂ©ma, l’enfant tend Ă  devenir un concept. A priori, sa simple prĂ©sence suscite l’émerveillement. DĂ©positaire des clĂ©s du temps, il ou elle incarne Ă  la fois une promesse d’avenir et la nostalgie d’un paradis perdu, en lui ou elle, on recherche moins ce que l’on a Ă©tĂ© que ce que l’on aurait rĂȘvĂ© d’ĂȘtre. Rien de plus rassurant pour nous que la rĂ©currence de cette figure fantasmĂ©e, hĂ©ritiĂšre de l’imaginaire des contes, avec leurs archĂ©types, leurs espaces symboliques et leurs valeurs Ă©difiantes.

L’exaltation de l’innocence logĂ©e dans un corps lisse n’est pas non plus exempte d’une inquiĂ©tude. Celle que suscite un ĂȘtre en constante mutation. L’image convoque l’idĂ©e d’une sauvagerie originelle qu’il faudrait domestiquer par l’éducation. Dans l’ambivalence de cette reprĂ©sentation adultisten se trouvent naturalisĂ©s les rapports de force qui en disent plus de la sociĂ©tĂ© dans laquelle ils s’inscrivent que d’un vĂ©cu oubliĂ©, Ă  jamais inaccessible. C’est pourquoi, en sa nature inexprimable, l’enfant se voit confier un rĂŽle le plus souvent accessoire dans des fictions qui l’instrumentalisent plutĂŽt que d’en sonder la complexitĂ©.

Or, filmer l’enfance suppose d’affronter des reprĂ©sentations dĂ©licates, de penser sa relation au mal, Ă  la sexualitĂ© ou Ă  la mort. Reconnaitre l’enfant comme un personnage Ă  part entiĂšre se fait au prix d’un certain malaise : il·elle n’est ni totalement transparent·e, ni entiĂšrement comprĂ©hensible. L’ambiguĂŻtĂ© s’accroit encore du fait qu’il·elle ne joue pas devant la camĂ©ra autrement qu’il·elle ne le ferait dans la vie, en restant lui·elle-mĂȘme. La part documentaire inhĂ©rente Ă  toute fiction s’en trouve renforcĂ©e.

Ce n’est pas de la figure d’un·e enfant supposĂ©ment authentique que ce texte est parti en recherche, mais de rĂ©cits qui font dialoguer, souvent de maniĂšre troublante, le regard des adultes et celui des jeunes personnages. Par lĂ  on entend mettre en lumiĂšre non pas des modĂšles d’une enfance mythique, mais quelques reprĂ©sentations indociles, rĂ©tives Ă  la domestication, plus Ă  mĂȘme d’ouvrir, par les possibles qu’elles incarnent, un regard neuf sur le monde.

Filmer l’enfance suppose d’affronter des reprĂ©sentations dĂ©licates, de penser sa relation au mal, Ă  la sexualitĂ© ou Ă  la mort. Reconnaitre l’enfant comme un personnage Ă  part entiĂšre se fait au prix d’un certain malaise : il·elle n’est ni totalement transparent·e, ni entiĂšrement comprĂ©hensible.

Fausses pistes : L’Innocence, Hirokazu Kore-eda (2023)
L’intrigue de ce film, intitulĂ© tour Ă  tour L’innocence et Monstre (Kaibutsu en japonais), s’articule autour d’une sĂ©rie d’incidents impliquant deux Ă©coliers, Minato et Yori : un incendie, une chaussure disparue, de la terre trouvĂ©e dans une gourde, le cadavre d’un chat
 Autant de signes Ă©quivoques qu’il va s’agir d’élucider. Le rĂ©cit, construit en trois volets, en dĂ©ploie les lectures possibles : d’abord celle d’une mĂšre persuadĂ©e que son fils est victime de harcĂšlement ; ensuite celle d’un professeur convaincu de la duplicitĂ© du mĂȘme enfant ; enfin celle des deux garçons, version qui dĂ©place radicalement la perspective. Car le vĂ©ritable secret n’est pas dans les Ă©vĂšnements eux-mĂȘmes mais dans le lien qui unit Minato et Yori : un amour naissant, fragile, figurĂ© comme honteux, trop conscient du risque encouru Ă  se montrer sous son vrai jour.

Toute surveillance suppose une rĂ©alitĂ© partagĂ©e : ce que filme Kore-eda, c’est au contraire l’écart, la dissonance du monde adulte avec celui des enfants, les regards qui se cherchent et se manquent. Cette mĂ©connaissance mutuelle est source de tous les drames. Reste cette Ă©vidence : il n’y a ni monstres ni innocent·es. Kore-eda, dont le cinĂ©ma s’intĂ©resse depuis longtemps aux phĂ©nomĂšnes d’exclusion et de marginalitĂ©, ne dresse pas le portrait d’enfants idĂ©alisĂ©s. Ce qui isole Minato et Yori de leurs ainé·es travaille aussi les rapports qu’ils entretiennent avec leurs camarades de classe dont ils se distinguent par les sentiments qu’ils dĂ©veloppent l’un envers l’autre.

Loin du manichĂ©isme qui ferait des plus jeunes les garant·es d’une puretĂ© intacte, Kore-eda esquisse une sociĂ©tĂ© traversĂ©e par la honte et ses refoulements : Yori a perdu son pĂšre, Minato subit de la maltraitance, la directrice de l’école dissimule sa part de responsabilitĂ© dans la mort de sa petite-fille
 Tous et toutes se dĂ©battent dans un tissu de culpabilitĂ©s et de silences. MalgrĂ© leur grĂące solaire, Yori et Minato ont recours au mensonge et Ă  l’esquive, seuls moyens de rĂ©sister aux figures d’autoritĂ© qui, tout en cherchant Ă  les protĂ©ger, Ă©chouent Ă  leur offrir les conditions d’un Ă©panouissement vĂ©ritable.

L’espace de libertĂ© des garçons ne vient donc pas de l’école ni de la famille, mais d’ailleurs : au bord d’une voie ferrĂ©e dĂ©saffectĂ©e, au milieu des champs en friche, ils s’approprient un wagon abandonnĂ©. Entre rĂ©el et imaginaire, ce refuge façonnĂ© selon leur gout et leur fantaisie leur offre enfin ce qui leur manque : un lieu oĂč tomber les masques.

Une question surgit : qui se montre le plus immature, de l’enfant critique et pondĂ©rĂ©, ou d’une sociĂ©tĂ© gouvernĂ©e par la peur et la colĂšre ?

Voir au-delĂ  des prĂ©jugĂ©s : Yaaba, Idrissa Ouedraogo (1989)
Dans la petite communautĂ© villageoise Ă  laquelle appartient Bila – structure proche de celle oĂč le cinĂ©aste burkinabĂ© a vu le jour –, les savoirs autant que les croyances se transmettent de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. LĂ  oĂč les superstitions cimentent le lien social, elles tiennent le garçon Ă  distance. TrĂšs investi auprĂšs des siens lorsqu’il s’agit de jouer, de danser ou de contribuer aux tĂąches quotidiennes, il s’écarte de ses ainé·es ainsi que de ses camarades dĂšs qu’il s’agit de condamner sans preuve ou d’user d’une violence irrationnelle. SymbolisĂ©e par ses courses Ă  travers le dĂ©sert, au-delĂ  des limites du village, cette position, empreinte de courage et de loyautĂ©, fait de la marge son horizon moral.

Le regard lucide de Bila le rapproche de celles et ceux dont on se dĂ©tourne, que l’on moque ou que l’on rejette : les sages, les fous, les solitaires. C’est ainsi qu’il se lie Ă  une vieille femme, soi-disant sorciĂšre, Ă  laquelle les autres enfants jettent des pierres. Le garçon apprendra bientĂŽt que la seule « faute Â» de celle qu’il appelle affectueusement Yaaba (grand-mĂšre) est d’avoir trĂšs tĂŽt perdu ses parents. Prendre son parti, de la part de Bila, est un acte rĂ©flĂ©chi. Une question surgit : qui se montre le plus immature, de l’enfant critique et pondĂ©rĂ©, ou d’une sociĂ©tĂ© gouvernĂ©e par la peur et la colĂšre ?

Tout jeune qu’il soit, Bila parvient Ă  faire entendre son point de vue sans rompre avec l’amour et le respect qui le lient Ă  sa communautĂ©. Ses allĂ©es et venues traduisent la fonction d’intercesseur qu’il en vient courageusement Ă  revĂȘtir : tantĂŽt auprĂšs de Yaaba, tantĂŽt auprĂšs des siens. Souvent, il est accompagnĂ© de sa cousine, dont la proximitĂ© physique avec la vieille femme constitue une autre idĂ©e forte du film. L’une, encore prĂ©pubĂšre ; l’autre, amaigrie et mĂ©nopausĂ©e, elles apparaissent toutes deux, torse nu, comme dĂ©pouillĂ©es de cette chair fĂ©minine qui, socialement, assigne Ă  la maternitĂ©.

Avec son casting de non-professionnel·les, l’Ɠuvre ouvre une dimension ethnographique tout en interrogeant l’entrelacement des dominations – sociales, familiales et de genre. Inscrit dans la tradition du rĂ©cit d’initiation, le film mĂšnera Bila jusqu’à l’expĂ©rience ultime : la confrontation avec la mort. Cependant, dans un cadre naturaliste oĂč la vĂ©ritĂ© des corps et des paroles Ă©pouse intimement les lieux qu’ils habitent, la fable ne se dĂ©pare pas d’une certaine candeur, gage que Ouedraogo a rĂ©ussi Ă  faire coĂŻncider le peu de moyens dont il disposait Ă  une forme loyale – à l’image de Bila lui-mĂȘme.

Dans ce monde dĂ©terministe oĂč les filles se tiennent Ă  distance du terrain de football, Laure renverse non seulement l’image de l’enfant fragile, mais aussi le stĂ©rĂ©otype aggravĂ© de la fragilitĂ© fĂ©minine.

L’infiltrĂ©e : Tomboy, CĂ©line Sciamma (2011)
Ayant jetĂ© un rapide coup d’Ɠil Ă  ses cheveux courts et Ă  sa tenue dĂ©contractĂ©e, Lisa s’adresse Ă  l’enfant qui semble avoir son Ăąge et qu’elle rencontre pour la premiĂšre fois : « T’es nouveau ? Â» L’occasion est trop belle : Laure s’en empare comme d’un adoubement. « Je m’appelle MichaĂ«l Â», rĂ©pond-elle, rĂ©pĂ©tant le prĂ©nom deux fois, comme pour se convaincre elle-mĂȘme de ce qu’elle avance. Son geste n’a rien de prĂ©mĂ©ditĂ©, mais Ă  la faveur de l’étĂ© et d’un dĂ©mĂ©nagement, cette identitĂ© masculine qui est loin de lui dĂ©plaire s’offre Ă  elle comme une expĂ©rience possible, un nouveau dĂ©part.

L’aventure promet une vibrante montĂ©e en force. Devant son miroir, d’abord, puis face Ă  ses nouveaux copains et copines, Laure bande ses muscles, roule des Ă©paules, crache avec dĂ©sinvolture, se met torse nu et, au moindre prĂ©texte, se lance dans la bagarre. L’intermĂšde joyeux propre Ă  l’ñge oĂč tout prend des allures de dĂ©fi se charge pourtant peu Ă  peu d’enjeux plus intimes et sociaux. Car la stricte division genrĂ©e de l’espace et des comportements, si marquĂ©e chez les enfants mais trop souvent ignorĂ©e des adultes, rend la position de Laure Ă  la fois excitante et pĂ©rilleuse : celle d’une infiltrĂ©e. La forĂȘt, lieu mythologique propice aux mĂ©tamorphoses, condense cette ambivalence dans deux scĂšnes dĂ©cisives : le baiser Ă©changĂ© avec Lisa (la petite fille du dĂ©but), et le jugement. Dans la forĂȘt, l’espace ludique rĂ©vĂšle son envers rĂ©pressif. Une logique duelle traverse ainsi tout le film, confĂ©rant au geste de subversion le suspense d’une enquĂȘte policiĂšre.

Quoi de plus dĂ©stabilisant, en effet, que de voir une fille incarner les clichĂ©s virils assignĂ©s aux garçons ? Dans ce monde dĂ©terministe oĂč les filles se tiennent Ă  distance du terrain de football, Laure renverse non seulement l’image de l’enfant fragile, mais aussi le stĂ©rĂ©otype aggravĂ© de la fragilitĂ© fĂ©minine. EntourĂ©e de figures qui incarnent les normes, elle se distingue par son opacitĂ©. On ne lui demande pas de se justifier et elle-mĂȘme n’éprouve nul besoin de le faire : elle n’est ni dĂ©solĂ©e de ce qui lui arrive, ni porteuse d’un discours. La vĂ©ritĂ© du personnage se loge ailleurs, dans le trouble qu’il engendre et qui perdure. Au-delĂ  de la question du genre, CĂ©line Sciamma interroge surtout notre regard.

Ce qui se dĂ©voile, c’est l’ampleur des illusions qui structurent le monde adulte.

L’adulte dans l’enfant : Birth, Jonathan Glazer (2004)
Ce trouble, seul vĂ©ritable sujet de toute fiction qui choisit de filmer les enfants avec justesse, Jonathan Glazer le conduit encore plus loin. LĂ  oĂč tant de cinĂ©astes revendiquent de filmer « à hauteur d’enfant Â», il choisit l’inverse : il adopte le point de vue adulte incarnĂ© dans le corps d’un enfant. Ce renversement qui heurte de plein fouet les tabous surprend par son audace, inquiĂšte. Ainsi s’explique l’attitude Ă©quivoque d’Anna lorsque Sean, un garçon aperçu au pied de son immeuble, lui rĂ©vĂšle qu’il est la rĂ©incarnation de son mari dĂ©funt. D’abord incrĂ©dule, elle se laisse peu Ă  peu gagner par une espĂ©rance insensĂ©e.

Dans ce rĂ©cit qui fait de l’amour une forme de foi, l’enfance devient un non-sujet : c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que se loge l’enjeu politique. La gravitĂ© de Sean, sa voix posĂ©e, son assurance dĂ©placĂ©e contrastent avec l’affolement des adultes qui l’entourent. Ses maniĂšres bouleversent, parce qu’elles ne sont supposĂ©ment pas de son Ăąge. Le public se trouve alors invitĂ©, comme Anna, Ă  regarder non plus un enfant, immature et vulnĂ©rable, mais un homme captif du corps d’un garçon. Dans ce qui s’apparente de plus en plus Ă  une mise Ă  l’épreuve, deux scĂšnes en particulier frĂŽlent la limite de la dĂ©cence : un baiser initiĂ© par Sean, puis un bain partagĂ©. Dans les deux cas, Anna ne repousse pas le geste. Croire que l’enfant pourrait ĂȘtre son mari dĂ©funt, c’est franchir avec elle le seuil de l’irrationnel. Mais la fiction de la rĂ©incarnation, seule Ă  suspendre l’interdit, reste inquiĂ©tante et scandaleuse comme tout acte pĂ©dophile qui se justifierait par les sentiments. Si l’émerveillement appartient Ă  l’expĂ©rience cinĂ©matographique et si l’enfant en est souvent le vecteur privilĂ©giĂ©, ici, l’enchantement prend la forme d’une violence Ă  l’égard de l’adulte. Lorsque le fiancĂ© d’Anna, par jalousie, inflige une fessĂ©e Ă  Sean, la honte rejaillit sur lui, le plus ĂągĂ© : non pour sa jalousie, mais parce qu’il a rabaissĂ© l’enfant Ă  sa condition d’ĂȘtre infĂ©rieur.

En tant que moteur narratif, cette brĂšve mais intense mise Ă  Ă©galitĂ© entre un homme et un enfant interroge directement le crĂ©dit accordĂ© Ă  la parole des plus jeunes. Leur pouvoir de fascination – de ce fait trĂšs restreint – tient Ă  leur capacitĂ© Ă  nous faire glisser du rationnel vers le merveilleux. Mais l’inverse est tout aussi possible et dans cette volte-face, ce qui se dĂ©voile, c’est l’ampleur des illusions qui structurent le monde adulte. La conclusion du film condense ce vertige : aux larmes d’Anna rĂ©pond le sourire de Sean, un authentique sourire d’enfant.

 

 

1

L’adultisme est un concept sociologique qui dĂ©signe la discrimination et le traitement inĂ©gal des enfants et des jeunes, souvent justifiĂ©s par l’idĂ©e que les adultes, en raison de leur Ăąge et de leur expĂ©rience, dĂ©tiennent une supĂ©rioritĂ©.

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Journal 61
Enfance(s)
Édito de la rĂ©daction
Les mots du comité éditorial invité

Selma et Zola Ben Felix, Alice Bianchi-Capart, Gibril Delhauteur, Marceau Despréaux, Hassibullah Nurzi, Nassim Kasongo, Rosa et Gabrielle Poussin, Marcel et Sacha Van Avermaete, Imane van Ruymbeke, Arda Yasartas

« Qu’est-ce que l’enfance selon toi ? Â»

Aïssatou F.,  Alessia M.,  Anas E.,  Alix D., Arda Y., Devran G.,  Didisonne T., Elvan T., Émilie V., Hassibullah N., Kim R., Leandro M., Lili S., Nassim K., Nour N., Nordin Z., Maïde Y., Melek O., Maelys L., Mohamed N., Paul S., Rumeysa T., Salwa T., Sheryl M., Teddy P., Yezra O.

Habiter attentivement les mondes

Tim Ingold, professeur Ă©mĂ©rite d’anthropologie sociale (University of Aberdeen)
et Jan Masschelein, professeur Ă©mĂ©rite Ă  la FacultĂ© de psychologie et de sciences de l’éducation (KU Leuven).

 

Une autorité qui pense sa propre abolition

Entretien avec Leia Duval-Valachs, doctorante en sociologie Ă  l’EHESS (Paris) et professeure de sciences Ă©conomiques et sociales

🌐L’enfance, angle mort et zone critique de l’existence humaine

Bertrand Ogilvie, philosophe, psychanalyste, professeur Ă©mĂ©rite de l’universitĂ© Paris VIII Vincennes – Saint-Denis

Les enfants et monsieur Jacques

ValĂ©rie Vanhoutvinck, artiste, autrice, cinĂ©aste, meneuse d’ateliers d’écriture multiformes et d’interventions artistiques In Situ, membre de Culture & DĂ©mocratie

🌐Une sociologie de l’enfance

Eden Dautaj, membre du comité de rédaction de Culture & Démocratie

🌐Perspectives dĂ©coloniales sur l’enfance et les childhood studies

Anandini Dar, chercheuse et professeure associĂ©e Ă  l’universitĂ© BML Munjal, co-fondatrice du Critical Childhoods and Youth Studies Collective (CCYSC)
et Tatek Abebe, professeur à la faculté des sciences sociales et éducatives à la Norwegian University of Sciences and Technology

L’infans, l’enfant-roi et l’enfant-coĂ©quipier. Autour d’une lecture de « Philosophie de l’enfance Â» de Gareth B. Matthews

Baptiste De Reymaeker, directeur du centre culturel d’Havelange et membre de Culture & DĂ©mocratie

L’enfant, animal politique. Entre immobilitĂ© scolaire, asymĂ©tries relationnelles et pratiques de dĂ©mocratie participative

Chiara FoĂ , Ă©crivaine, enseignante d’histoire, de littĂ©rature, de gĂ©ographie et rĂ©fĂ©rente pĂ©dagogique chargĂ©e de l’éducation civique Ă  Turin

 

Et si les enfants votaient ?
Les droits de l’enfant en Belgique : des acquis menacĂ©s

Entretien avec Solayman Laqdim, DĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral aux droits de l’enfant

🌐Éducation Ă  la dĂ©mocratie par les droits culturels dĂšs le plus jeune Ăąge

Anne Aubry et Christelle Blouët, Réseau Culture 21

Tal Piterbraut-Merx : la domination oubliĂ©e. Politiser les rapports adultes-enfants

Lola Massinon, sociologue et enseignante

Politiser l’inceste, c’est politiser l’enfance. Regard clinique et politique sur cette double nĂ©cessitĂ©

Samira Bourhaba, psychologue clinicienne

Parents-enfants : amour et dĂ©pendance d’une espĂšce culturelle

Pierre Hemptinne, écrivain, membre de Culture & Démocratie

« L’enfance majeure Â» : rituels de rĂ©paration de la communautĂ©

Entretien avec Julien Fournet, directeur artistique et metteur en scĂšne

🌐L’enfant trouble

Catherine De Poortere, rédactrice à MédiathÚque Nouvelle

Infantes poetae

Medeber Teatro

Les enfants de l’Occupation du Bonheur

Évelyne Bienvenue, habitante de l’occupation

🌐Faire famille, faire communautĂ©

Thibault Galland, chargé de projets à Culture & Démocratie

🌐Politiser l’enfance ou reconnaitre l’enfant politique ?

David Lallemand, membre et administrateur de la Compagnie du Campus (théùtre-action)

🌐Les droits culturels des enfants

D’aprùs un entretien avec Marine Sabounji
Propos recueillis et restitués par Thibault Galland, chargé de projets à Culture & Démocratie

 

🎧 CrĂ©ation sonore | Le micro aux enfants !
Documentaires "Enfance(s)"

La sélection des films de notre partenaire Cinergie en lien avec le thÚme du Journal

Comme des baleines échouées

Entretien avec Eva Kavian, nouvelliste, romanciĂšre et animatrice d’ateliers d’écriture

 

Gaza, la lumiĂšre du monde

Ziad Medhouk, professeur de français et chercheur en sciences du langage et auteur engagé

3Ăšme et de 4Ăšme primaire de l’école communale de Boncelles 2

Sébastien Marandon, enseignant, membre de Culture & Démocratie.