La maniĂšre dont le cinĂ©ma reprĂ©sente lâenfance reflĂšte le concept dâenfant pris dans une relation de domination naturalisĂ©e avec les adultes. Un ĂȘtre en devenir, instrumentalisĂ©. Heureusement, des cinĂ©astes Ă©laborent des narrations oĂč lâenfant devient personnage Ă part entiĂšre. Avec Hirokazu Kore-eda, oĂč la matrice des rĂ©cits enchevĂȘtrĂ©s, formant intrigue, est un lieu oĂč deux enfant Ă©chappent aux adultes, peuvent tomber les masques. Ătre eux-mĂȘmes. Avec Idrissa Ouedraogo, oĂč un jeune garçon rĂ©siste aux superstitions et pressions de sa communautĂ©. Avec CĂ©line Sciamma oĂč lâon arpente les lisiĂšres oĂč des enfants, affranchis de lâimposition autoritaire du genre, explore le trouble des identitĂ©s et de lâintime. Jonanthan Glazer convoque le merveilleux et lâirrationnel pour perturber complĂštement la sĂ©paration entre monde adulte et imaginaire dâenfant, questionnant le statut de la parole des jeunes, le poids des illusions adultes. Exemples de fictions qui dĂ©cortiquent la complexitĂ© des relations entre gĂ©nĂ©rations et ouvrent la voie Ă des regards et Ă©coutes diffĂ©renciĂ©s, conscientisĂ©s, disponibles pour dâautres schĂ©mas relationnels.
Tous les films cités dans cet article font partie des collections de la MédiathÚque Nouvelle. Depuis une décision ministérielle communiquée le 13/10/2025, la MédiathÚque va devoir fermer ses portes. Le transfert des collections sera organisé courant 2026, en partie vers la KBR, et en partie vers le réseau des bibliothÚques.
Nous dĂ©plorons cette dĂ©cision. Outre le cadre plus large dans laquelle elle sâinscrit, celui dâune politique qui fragilise les secteurs clĂ©s dâune dĂ©mocratie fondĂ©e sur le soin et le respect des droits fondamentaux, fragilise les citoyen·nes et renforce les inĂ©galitĂ©s (lire notamment Ă ce sujet notre communiquĂ© « Essentiel·les et debout »), cette fermeture marque la fin pour Culture & DĂ©mocratie, comme pour de nombreux autres partenaires de la MĂ©diathĂšque, dâune collaboration de longue date, riche et nourrie de nombreux projets. Nous tenons Ă exprimer notre soutien et notre solidaritĂ© Ă lâĂ©gard des Ă©quipes.
Les cinéastes et leurs jeunes personnages
Lorsquâun enfant apparait sur un Ă©cran, câest toujours sous le regard dâune personne adulte. Si les cinĂ©astes sont a priori plus Ăągé·es que leurs interprĂštes, le public, dans sa grande majoritĂ©, lâest Ă©galement. Ces annĂ©es dâĂ©cart font que, au cinĂ©ma, lâenfant tend Ă devenir un concept. A priori, sa simple prĂ©sence suscite lâĂ©merveillement. DĂ©positaire des clĂ©s du temps, il ou elle incarne Ă la fois une promesse dâavenir et la nostalgie dâun paradis perdu, en lui ou elle, on recherche moins ce que lâon a Ă©tĂ© que ce que lâon aurait rĂȘvĂ© dâĂȘtre. Rien de plus rassurant pour nous que la rĂ©currence de cette figure fantasmĂ©e, hĂ©ritiĂšre de lâimaginaire des contes, avec leurs archĂ©types, leurs espaces symboliques et leurs valeurs Ă©difiantes.
Lâexaltation de lâinnocence logĂ©e dans un corps lisse nâest pas non plus exempte dâune inquiĂ©tude. Celle que suscite un ĂȘtre en constante mutation. Lâimage convoque lâidĂ©e dâune sauvagerie originelle quâil faudrait domestiquer par lâĂ©ducation. Dans lâambivalence de cette reprĂ©sentation adultisten se trouvent naturalisĂ©s les rapports de force qui en disent plus de la sociĂ©tĂ© dans laquelle ils sâinscrivent que dâun vĂ©cu oubliĂ©, Ă jamais inaccessible. Câest pourquoi, en sa nature inexprimable, lâenfant se voit confier un rĂŽle le plus souvent accessoire dans des fictions qui lâinstrumentalisent plutĂŽt que dâen sonder la complexitĂ©.
Or, filmer lâenfance suppose dâaffronter des reprĂ©sentations dĂ©licates, de penser sa relation au mal, Ă la sexualitĂ© ou Ă la mort. Reconnaitre lâenfant comme un personnage Ă part entiĂšre se fait au prix dâun certain malaise : il·elle nâest ni totalement transparent·e, ni entiĂšrement comprĂ©hensible. LâambiguĂŻtĂ© sâaccroit encore du fait quâil·elle ne joue pas devant la camĂ©ra autrement quâil·elle ne le ferait dans la vie, en restant lui·elle-mĂȘme. La part documentaire inhĂ©rente Ă toute fiction sâen trouve renforcĂ©e.
Ce nâest pas de la figure dâun·e enfant supposĂ©ment authentique que ce texte est parti en recherche, mais de rĂ©cits qui font dialoguer, souvent de maniĂšre troublante, le regard des adultes et celui des jeunes personnages. Par lĂ on entend mettre en lumiĂšre non pas des modĂšles dâune enfance mythique, mais quelques reprĂ©sentations indociles, rĂ©tives Ă la domestication, plus Ă mĂȘme dâouvrir, par les possibles quâelles incarnent, un regard neuf sur le monde.
Filmer lâenfance suppose dâaffronter des reprĂ©sentations dĂ©licates, de penser sa relation au mal, Ă la sexualitĂ© ou Ă la mort. Reconnaitre lâenfant comme un personnage Ă part entiĂšre se fait au prix dâun certain malaise : il·elle nâest ni totalement transparent·e, ni entiĂšrement comprĂ©hensible.
Fausses pistes : LâInnocence, Hirokazu Kore-eda (2023)
Lâintrigue de ce film, intitulĂ© tour Ă tour Lâinnocence et Monstre (Kaibutsu en japonais), sâarticule autour dâune sĂ©rie dâincidents impliquant deux Ă©coliers, Minato et Yori : un incendie, une chaussure disparue, de la terre trouvĂ©e dans une gourde, le cadavre dâun chat⊠Autant de signes Ă©quivoques quâil va sâagir dâĂ©lucider. Le rĂ©cit, construit en trois volets, en dĂ©ploie les lectures possibles : dâabord celle dâune mĂšre persuadĂ©e que son fils est victime de harcĂšlement ; ensuite celle dâun professeur convaincu de la duplicitĂ© du mĂȘme enfant ; enfin celle des deux garçons, version qui dĂ©place radicalement la perspective. Car le vĂ©ritable secret nâest pas dans les Ă©vĂšnements eux-mĂȘmes mais dans le lien qui unit Minato et Yori : un amour naissant, fragile, figurĂ© comme honteux, trop conscient du risque encouru Ă se montrer sous son vrai jour.
Toute surveillance suppose une rĂ©alitĂ© partagĂ©e : ce que filme Kore-eda, câest au contraire lâĂ©cart, la dissonance du monde adulte avec celui des enfants, les regards qui se cherchent et se manquent. Cette mĂ©connaissance mutuelle est source de tous les drames. Reste cette Ă©vidence : il nây a ni monstres ni innocent·es. Kore-eda, dont le cinĂ©ma sâintĂ©resse depuis longtemps aux phĂ©nomĂšnes dâexclusion et de marginalitĂ©, ne dresse pas le portrait dâenfants idĂ©alisĂ©s. Ce qui isole Minato et Yori de leurs ainé·es travaille aussi les rapports quâils entretiennent avec leurs camarades de classe dont ils se distinguent par les sentiments quâils dĂ©veloppent lâun envers lâautre.
Loin du manichĂ©isme qui ferait des plus jeunes les garant·es dâune puretĂ© intacte, Kore-eda esquisse une sociĂ©tĂ© traversĂ©e par la honte et ses refoulements : Yori a perdu son pĂšre, Minato subit de la maltraitance, la directrice de lâĂ©cole dissimule sa part de responsabilitĂ© dans la mort de sa petite-fille⊠Tous et toutes se dĂ©battent dans un tissu de culpabilitĂ©s et de silences. MalgrĂ© leur grĂące solaire, Yori et Minato ont recours au mensonge et Ă lâesquive, seuls moyens de rĂ©sister aux figures dâautoritĂ© qui, tout en cherchant Ă les protĂ©ger, Ă©chouent Ă leur offrir les conditions dâun Ă©panouissement vĂ©ritable.
Lâespace de libertĂ© des garçons ne vient donc pas de lâĂ©cole ni de la famille, mais dâailleurs : au bord dâune voie ferrĂ©e dĂ©saffectĂ©e, au milieu des champs en friche, ils sâapproprient un wagon abandonnĂ©. Entre rĂ©el et imaginaire, ce refuge façonnĂ© selon leur gout et leur fantaisie leur offre enfin ce qui leur manque : un lieu oĂč tomber les masques.
Une question surgit : qui se montre le plus immature, de lâenfant critique et pondĂ©rĂ©, ou dâune sociĂ©tĂ© gouvernĂ©e par la peur et la colĂšre ?
Voir au-delà des préjugés : Yaaba, Idrissa Ouedraogo (1989)
Dans la petite communautĂ© villageoise Ă laquelle appartient Bila â structure proche de celle oĂč le cinĂ©aste burkinabĂ© a vu le jour â, les savoirs autant que les croyances se transmettent de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. LĂ oĂč les superstitions cimentent le lien social, elles tiennent le garçon Ă distance. TrĂšs investi auprĂšs des siens lorsquâil sâagit de jouer, de danser ou de contribuer aux tĂąches quotidiennes, il sâĂ©carte de ses ainé·es ainsi que de ses camarades dĂšs quâil sâagit de condamner sans preuve ou dâuser dâune violence irrationnelle. SymbolisĂ©e par ses courses Ă travers le dĂ©sert, au-delĂ des limites du village, cette position, empreinte de courage et de loyautĂ©, fait de la marge son horizon moral.
Le regard lucide de Bila le rapproche de celles et ceux dont on se dĂ©tourne, que lâon moque ou que lâon rejette : les sages, les fous, les solitaires. Câest ainsi quâil se lie Ă une vieille femme, soi-disant sorciĂšre, Ă laquelle les autres enfants jettent des pierres. Le garçon apprendra bientĂŽt que la seule « faute » de celle quâil appelle affectueusement Yaaba (grand-mĂšre) est dâavoir trĂšs tĂŽt perdu ses parents. Prendre son parti, de la part de Bila, est un acte rĂ©flĂ©chi. Une question surgit : qui se montre le plus immature, de lâenfant critique et pondĂ©rĂ©, ou dâune sociĂ©tĂ© gouvernĂ©e par la peur et la colĂšre ?
Tout jeune quâil soit, Bila parvient Ă faire entendre son point de vue sans rompre avec lâamour et le respect qui le lient Ă sa communautĂ©. Ses allĂ©es et venues traduisent la fonction dâintercesseur quâil en vient courageusement Ă revĂȘtir : tantĂŽt auprĂšs de Yaaba, tantĂŽt auprĂšs des siens. Souvent, il est accompagnĂ© de sa cousine, dont la proximitĂ© physique avec la vieille femme constitue une autre idĂ©e forte du film. Lâune, encore prĂ©pubĂšre ; lâautre, amaigrie et mĂ©nopausĂ©e, elles apparaissent toutes deux, torse nu, comme dĂ©pouillĂ©es de cette chair fĂ©minine qui, socialement, assigne Ă la maternitĂ©.
Avec son casting de non-professionnel·les, lâĆuvre ouvre une dimension ethnographique tout en interrogeant lâentrelacement des dominations â sociales, familiales et de genre. Inscrit dans la tradition du rĂ©cit dâinitiation, le film mĂšnera Bila jusquâĂ lâexpĂ©rience ultime : la confrontation avec la mort. Cependant, dans un cadre naturaliste oĂč la vĂ©ritĂ© des corps et des paroles Ă©pouse intimement les lieux quâils habitent, la fable ne se dĂ©pare pas dâune certaine candeur, gage que Ouedraogo a rĂ©ussi Ă faire coĂŻncider le peu de moyens dont il disposait Ă une forme loyale â à lâimage de Bila lui-mĂȘme.
Dans ce monde dĂ©terministe oĂč les filles se tiennent Ă distance du terrain de football, Laure renverse non seulement lâimage de lâenfant fragile, mais aussi le stĂ©rĂ©otype aggravĂ© de la fragilitĂ© fĂ©minine.
LâinfiltrĂ©e : Tomboy, CĂ©line Sciamma (2011)
Ayant jetĂ© un rapide coup dâĆil Ă ses cheveux courts et Ă sa tenue dĂ©contractĂ©e, Lisa sâadresse Ă lâenfant qui semble avoir son Ăąge et quâelle rencontre pour la premiĂšre fois : « Tâes nouveau ? » Lâoccasion est trop belle : Laure sâen empare comme dâun adoubement. « Je mâappelle MichaĂ«l », rĂ©pond-elle, rĂ©pĂ©tant le prĂ©nom deux fois, comme pour se convaincre elle-mĂȘme de ce quâelle avance. Son geste nâa rien de prĂ©mĂ©ditĂ©, mais Ă la faveur de lâĂ©tĂ© et dâun dĂ©mĂ©nagement, cette identitĂ© masculine qui est loin de lui dĂ©plaire sâoffre Ă elle comme une expĂ©rience possible, un nouveau dĂ©part.
Lâaventure promet une vibrante montĂ©e en force. Devant son miroir, dâabord, puis face Ă ses nouveaux copains et copines, Laure bande ses muscles, roule des Ă©paules, crache avec dĂ©sinvolture, se met torse nu et, au moindre prĂ©texte, se lance dans la bagarre. LâintermĂšde joyeux propre Ă lâĂąge oĂč tout prend des allures de dĂ©fi se charge pourtant peu Ă peu dâenjeux plus intimes et sociaux. Car la stricte division genrĂ©e de lâespace et des comportements, si marquĂ©e chez les enfants mais trop souvent ignorĂ©e des adultes, rend la position de Laure Ă la fois excitante et pĂ©rilleuse : celle dâune infiltrĂ©e. La forĂȘt, lieu mythologique propice aux mĂ©tamorphoses, condense cette ambivalence dans deux scĂšnes dĂ©cisives : le baiser Ă©changĂ© avec Lisa (la petite fille du dĂ©but), et le jugement. Dans la forĂȘt, lâespace ludique rĂ©vĂšle son envers rĂ©pressif. Une logique duelle traverse ainsi tout le film, confĂ©rant au geste de subversion le suspense dâune enquĂȘte policiĂšre.
Quoi de plus dĂ©stabilisant, en effet, que de voir une fille incarner les clichĂ©s virils assignĂ©s aux garçons ? Dans ce monde dĂ©terministe oĂč les filles se tiennent Ă distance du terrain de football, Laure renverse non seulement lâimage de lâenfant fragile, mais aussi le stĂ©rĂ©otype aggravĂ© de la fragilitĂ© fĂ©minine. EntourĂ©e de figures qui incarnent les normes, elle se distingue par son opacitĂ©. On ne lui demande pas de se justifier et elle-mĂȘme nâĂ©prouve nul besoin de le faire : elle nâest ni dĂ©solĂ©e de ce qui lui arrive, ni porteuse dâun discours. La vĂ©ritĂ© du personnage se loge ailleurs, dans le trouble quâil engendre et qui perdure. Au-delĂ de la question du genre, CĂ©line Sciamma interroge surtout notre regard.
Ce qui se dĂ©voile, câest lâampleur des illusions qui structurent le monde adulte.
Lâadulte dans lâenfant : Birth, Jonathan Glazer (2004)
Ce trouble, seul vĂ©ritable sujet de toute fiction qui choisit de filmer les enfants avec justesse, Jonathan Glazer le conduit encore plus loin. LĂ oĂč tant de cinĂ©astes revendiquent de filmer « à hauteur dâenfant », il choisit lâinverse : il adopte le point de vue adulte incarnĂ© dans le corps dâun enfant. Ce renversement qui heurte de plein fouet les tabous surprend par son audace, inquiĂšte. Ainsi sâexplique lâattitude Ă©quivoque dâAnna lorsque Sean, un garçon aperçu au pied de son immeuble, lui rĂ©vĂšle quâil est la rĂ©incarnation de son mari dĂ©funt. Dâabord incrĂ©dule, elle se laisse peu Ă peu gagner par une espĂ©rance insensĂ©e.
Dans ce rĂ©cit qui fait de lâamour une forme de foi, lâenfance devient un non-sujet : câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que se loge lâenjeu politique. La gravitĂ© de Sean, sa voix posĂ©e, son assurance dĂ©placĂ©e contrastent avec lâaffolement des adultes qui lâentourent. Ses maniĂšres bouleversent, parce quâelles ne sont supposĂ©ment pas de son Ăąge. Le public se trouve alors invitĂ©, comme Anna, Ă regarder non plus un enfant, immature et vulnĂ©rable, mais un homme captif du corps dâun garçon. Dans ce qui sâapparente de plus en plus Ă une mise Ă lâĂ©preuve, deux scĂšnes en particulier frĂŽlent la limite de la dĂ©cence : un baiser initiĂ© par Sean, puis un bain partagĂ©. Dans les deux cas, Anna ne repousse pas le geste. Croire que lâenfant pourrait ĂȘtre son mari dĂ©funt, câest franchir avec elle le seuil de lâirrationnel. Mais la fiction de la rĂ©incarnation, seule Ă suspendre lâinterdit, reste inquiĂ©tante et scandaleuse comme tout acte pĂ©dophile qui se justifierait par les sentiments. Si lâĂ©merveillement appartient Ă lâexpĂ©rience cinĂ©matographique et si lâenfant en est souvent le vecteur privilĂ©giĂ©, ici, lâenchantement prend la forme dâune violence Ă lâĂ©gard de lâadulte. Lorsque le fiancĂ© dâAnna, par jalousie, inflige une fessĂ©e Ă Sean, la honte rejaillit sur lui, le plus ĂągĂ© : non pour sa jalousie, mais parce quâil a rabaissĂ© lâenfant Ă sa condition dâĂȘtre infĂ©rieur.
En tant que moteur narratif, cette brĂšve mais intense mise Ă Ă©galitĂ© entre un homme et un enfant interroge directement le crĂ©dit accordĂ© Ă la parole des plus jeunes. Leur pouvoir de fascination â de ce fait trĂšs restreint â tient Ă leur capacitĂ© Ă nous faire glisser du rationnel vers le merveilleux. Mais lâinverse est tout aussi possible et dans cette volte-face, ce qui se dĂ©voile, câest lâampleur des illusions qui structurent le monde adulte. La conclusion du film condense ce vertige : aux larmes dâAnna rĂ©pond le sourire de Sean, un authentique sourire dâenfant.
Lâadultisme est un concept sociologique qui dĂ©signe la discrimination et le traitement inĂ©gal des enfants et des jeunes, souvent justifiĂ©s par lâidĂ©e que les adultes, en raison de leur Ăąge et de leur expĂ©rience, dĂ©tiennent une supĂ©rioritĂ©.

